Suppression des éditions nationales de France 3 : le combat commence !

PREALABLE SNJ AU CSE EXTRAORDINAIRE SIEGE DES 29 et 30 AOÛT 2022

Chers membres de la direction, nous vous avons attendu le 12 juillet dernier ! En vain… Vous avez délibérément choisi de snober le CSE du Siège. Pourtant, d’une manière générale, vous êtes plutôt en avance pour nous faire des mauvais coups ! Et pour venir plastronner en séance, en nous expliquant généralement qu’ils relèvent du “sens de l’histoire”. Le dernier en date, c’est donc votre projet « Tempo ». Un projet ou plutôt, si nous appliquons le verbiage du directeur de l’information, nous devrions parler d’intention ou d’orientation stratégique. La nuance est de taille. Cela signifie simplement que le vocable utilisé jusqu’ici était une sorte de paravent empêchant la direction de répondre à nos questions.

Nos questions, là aussi soyons précis. Parlons plutôt de nos fortes inquiétudes. Car depuis la révélation présidentielle, « Tempo » est dans tous les esprits. Le mal est fait ! Avec cette annonce juste avant les vacances d’été, la technique de la sidération ultime a fonctionné. Une belle méthode RH, bien pensée, comme toutes ces réformes pétries de violence sociale. La dernière en date souvenons-nous, c’était le transfert des salariés de France Télévisions SA vers France Télévisions Studios. Un transfert imposé sans discussion possible, si ce n’est l’accompagnement des salariés vers la sortie. Il aura fallu un drame, et une tentative de suicide à Télématin pour que la direction daigne enfin corriger le projet, dont nous attendons la version définitive.

« Tempo » démarre de la même manière. On annonce le pire en voulant nous faire croire que cette réforme annonce le meilleur. Non, c’est bien le pire pour les salariés du Siège qui travaillent sur les éditions d’information : la fin des journaux nationaux de France 3. Au SNJ, nous ne sommes pas surpris.

Au moment de l’annonce de la fusion des rédactions, il y a une dizaine d’années, nous écrivions que cela se terminerait par la disparition du 12/13 et du 19/20. Les directions successives ont menti, affirmant que cela ne serait pas le cas.

La politique du mensonge également au sujet du Soir 3, supprimé en 2019 au profit du 23 heures de France Info. Une disparition programmée malgré les démentis de la présidence ou du directeur de l’information de l’époque. Un 23 h dont l’audience n’a jamais atteint les niveaux de celui de France 3 et qui disparaît finalement en cette rentrée. Son identité se retrouve noyée dans une grande tranche horaire vespérale de la chaîne Info.

Avec le recul, tout le monde s’accorde à dire que ce transfert de quelques salariés de France 3 vers France Info n’était qu’un cheval de Troie pour nous préparer à ce qui devrait arriver en 2023. La suppression des deux autres éditions nationales de France 3. Et nous ne sommes pas dupes. L’objectif d’une régionalisation low-cost n’est qu’un leurre ! L’enjeu est bien de renforcer à moindre coût la chaine Info de la présidente. Il n’est pas question de remettre en cause le travail de nos collègues. Jamais ! La direction a bien tenté, en déformant nos propos depuis sa création en 2016, d’opposer le personnel de France Info à notre organisation syndicale. Mais elle n’a pas réussi. Le SNJ n’a rien fait d’autre que de s’opposer au projet de Madame Ernotte. En dénonçant les métiers hybrides, le manque de personnel dès l’origine, le management brutal, et les mauvaises conditions de travail ! Nous contestons également un projet éditorial qui, en changeant régulièrement, déstabilise les salariés, car France Info n’est pas dimensionnée pour être une réelle chaine de « Breaking news », par exemple. Et à force de se chercher, le canal 27 fait peser sur les épaules du personnel toutes les carences que nous dénonçons depuis six ans dans cette instance et ailleurs.

Et voilà donc qu’une fois de plus, la trahison s’installe ! La présidente nous parle de régionalisation, alors qu’elle pense en fait uniquement à redéployer une partie des salariés de la rédaction nationale vers France Info. Soit physiquement soit à minima par le fruit de leur travail. Et qui sait si, à la marge, certains seront tentés de partir vers les antennes régionales ? Et que fera la direction si le nombre de volontaires n’est à ses yeux pas suffisant ? Forcera-t-elle la main aux salariés qui ne sont pas dans le casting des éditions de France 2 en les incitant à partir ? La direction va nous répondre que non, bien sûr ! Le problème, c’est que nous ne pouvons plus vous croire…

Ce CSE extraordinaire a donc été demandé par certains élus, et c’est légitime.
Mais entre temps, à l’initiative du SNJ, cinq organisations syndicales ont déposé un préavis de grève pour le 12 septembre prochain. Un préavis, né dans notre esprit après l’affront subi par les élus du Siège le 12 juillet dernier, quand vous n’avez pas daigné venir devant nous. En préférant un « tchat » avec les salariés » pour la présidente, ou aller à la rencontre des journalistes en ce qui concerne les directeurs de l’information et de la rédaction nationale.

Pas une minute pour les élus ce jour-là ! Rien ! Le CSE du mois de juillet s’est tenu sans nous, sans les représentants des salariés et sans les organisations syndicales représentatives du Siège. Pas par susceptibilité non ! Mais en initiant ce mouvement, le SNJ a voulu vous envoyer un message clair. Nous nous plaçons d’ores et déjà sur votre route ! Celle qui selon vous doit nous faire disparaître d’un claquement de doigts. En niant les métiers, le professionnalisme et la vie de chacun d’entre-nous ! Certains portent les éditions nationales de France 3 depuis des décennies, d’autres depuis quelques années, mais nous sommes tous au rendez-vous deux fois par jour, 7 jours sur 7 pour informer notre public fidèle. Avec une ligne éditoriale qui n’est pas celle de France 2. Et vous, tels des fossoyeurs de l’intérieur, vous allez nous expliquer votre intention ? Le préavis du 12 septembre sera négocié le 5, car vous n’avez même pas trouvé le temps de le faire avant ! Une semaine avant, soi-disant pour que nous ayons toutes les informations après la réunion des instances du Siège et du Réseau. Mais pour nous, élus du SNJ, avec la CGC, la CGT, la CFDT et l’UNSA notre préavis est facile à comprendre. Nous ne discuterons pas de « Tempo » tant que le préalable que nous posons ne sera pas accepté : le maintien des éditions nationales de France 3. Nous parlons au nom du SNJ, le syndicat qui s’est battu contre la fusion, jusqu’au bout ! Nous nous sommes battus pour préserver le Soir 3, jusqu’au bout ! Vous considérez sans doute que vous pourrez encore passer en force ! Soyez prévenus que nous sommes déterminés à défendre notre outil, nos « savoir –faire », notre dignité ! Nous défendons ce Service Public de l’information, face à vous qui au fil des années n’avez cessé de l’affaiblir, de le détruire !

Paris, le 29 août 2022

Suppression des éditions nationales de France 3 : la direction rompt le dialogue social

Déclaration de l’intersyndicale au CSE Siège du 12 juillet 2022

Fait sans précédent, l’ensemble des organisations syndicales du CSE Siège a quitté la salle, après le refus de la direction d’expliquer le projet TEMPO. La suppression brutale des éditions nationales de France 3 aura des conséquences pour de nombreux salariés : journalistes, techniciens, administratifs… En réponse, quelle attitude ont adopté les principaux porteurs du projet ? Pire que le mépris, la politique de la chaise vide. 

Ni la présidente, ni le directeur des antennes et des programmes, ni le directeur de l’information, ni le directeur du réseau régional France 3 n’ont jugé bon de venir s’expliquer face aux élus du Siège. 

Mais où étaient-ils ?

Déjà en vacances après avoir lancé leur bombe à fragmentation ? 

Pas du tout !

Delphine Ernotte, devant sa webcam, répondait « en direct » aux questions posées par les salariés.

Laurent Guimier, était en mission déminage du projet Tempo à France Info puis à la rédaction nationale.

Et ce n’était pas la première fois, puisqu’il avait déjà échangé avec la SDJ de France 2. Celui que certains surnomment « l’illusionniste » a ainsi fait disparaître les corps intermédiaires. M. Guimier n’a pas eu l’aplomb de faire face aux élus du CSE Siège qui sont pourtant les premiers remparts face à ce funeste projet. 

Son courage légendaire, l’aurait-il abandonné ? A-t-il été empêché ?

A-t-il craint de voir ses propos, parfois à géométrie variable, retranscrits dans un procès-verbal ? Que les salariés ne s’y trompent pas, les promesses de la direction dans le cadre de discussions informelles, n’engagent que ceux qui les croient.

En revanche, ce qui est prononcé en CSE fait foi. Depuis vendredi, tout a été fait pour contourner cette instance et éluder le débat avec vos représentants. Un scénario à rebondissements qui a parfois frisé le ridicule. Un point inscrit à l’ordre du jour que le président a d’abord souhaité reporter avant de se raviser à la dernière minute. Le risque d’un délit d’entrave a-t-il conduit la direction à revoir sa copie ? En clair, la proposition faite à vos élus consistait finalement à débattre, mais avec le seul président du CSE qui n’a ni l’expertise, ni la maîtrise du projet. Sans lui faire offense, une mascarade !!!

Une provocation supplémentaire ! Tous les syndicats qui ont dénoncé cette volonté de contourner les instances ont donc décidé de ne pas siéger. L’unanimité dans la volonté de claquer la porte. Une réponse à la hauteur du mépris affiché par la direction qui n’a absolument pas pris la mesure de la détresse et de l’inquiétude des salariés. Le président de l’instance a ensuite fait le choix de dérouler les points à l’ordre du jour, en l’absence des organisations syndicales. 

Une stratégie non pas de dialogue social mais de monologue social que vos élus dénoncent unanimement car elle n’augure rien de bon… Avec le projet Tempo, la direction est à contretemps pour ne pas dire à côté de la plaque. 

Cela ne fait aucun doute, la rentrée sera chaude à France Télévisions. Les organisations syndicales vous assurent de leur vigilance et de leur mobilisation pour que Tempo ne soit pas un projet de destruction massive.

Paris, le 12 juillet 2022

Une si grande éclipse

PREALABLE AU CSE SIEGE DES 12 ET 13 JUILLET 2022

Tempo quel joli nom, pour une si triste nouvelle. Tempo, c’est la vitesse d’exécution d’une œuvre… 14 mois, nous disent les métronomes et leur présidente en chef. En septembre 2023, les éditions nationales de France 3 seront supprimées. 12/13, 19/20 basta cosi !!! 4 ans après la fin du Soir 3, la récidive ! Nos consœurs et confrères du réseau régional récupèrent le créneau pour deux heures d’information locale, régionale, nationale et internationale. Nous n’en savons pas plus sur le reste de la grille, mais sans doute que l’actuelle tranche de 18H30 serait remplacée. Nous verrons plus tard pour ce qui est de l’articulation de ces tranches baptisées « ici midi » et « ici soir ».

Mais revenons au sort réservé aux équipes du Siège toujours sidérées par l’annonce. Il y a encore quelques mois, les directeurs de l’information et de la rédaction nationale évoquaient un nouveau 19/20 national… Pardon ? « Des ateliers seront lancés en septembre  » ! Pardon ? « On a l’idée de faire de la réelle différenciation » ! Voilà le résumé du cynisme de ceux qui nous dirigent. Les patrons du réseau travaillaient en secret de leur coté sur cette disparition des éditions nationales pendant qu’au Siège, on nous faisait croire à un nouveau projet, certes, à minima mais quand même à un nouveau souffle.

Soyons clairs. Le SNJ écrit depuis que la fusion est annoncée que la disparition des éditions de France 3 étaient inscrites dans l’agenda. Mais parfois, on aimerait avoir tort. Une fois de plus, nous avions vu juste, tristement !

Alors maintenant, quel Tempo allons-nous subir ? De ce qui est sorti du CSE Central et de la conférence de rentrée mercredi dernier, la rédaction nationale va être écartelée. Il reste les journaux de France 2, et pour le reste ?

Qui travaillera pour ces éditions-là ? Avez-vous oublié, chers présidente et directeurs, que la fusion des rédactions est passée par là et qu’il n’y a plus de journalistes de France 2 ou de France 3 ? Alors qui choisira d’affecter tel ou telle aux éditions de France 2 et de réduire la mission des autres à du seul desk.

Un nouveau casting au-dessus du casting, qui fait déjà tant de dégâts. Ajoutons à cela des modules sur l’actualité nationale et internationale fabriqués par les journalistes-deskeurs de France Info et envoyés à toutes les régions pour les inclure dans leurs journaux XXL. Une circulation de contenus qui prétend détruire toutes les barrières constituées par les accords d’entreprises à France Télévisions et France Info. Une attaque en règle qui justifiera, sans doute, un arbitrage de la justice.

Et l’emploi dans tout ça ?

Alors que la rupture conventionnelle collective (RCC) vide nos rangs, la présidente n’a visiblement pas l’intention d’embaucher de nouveaux journalistes à la rédaction nationale. 1 heure de moins à produire par jour, 7 jours sur 7, voilà qui va dégager une marge en termes d’effectifs !

Alors, destination les régions sur la base du volontariat ? Des redéploiements, selon la terminologie de nos chers DRH ! Pour qui et dans quelles conditions ? De la pure casse sociale, éditoriale… Et que dire de celles et ceux qui sont en régie, en plateau, au montage, au mixage et tous ceux qui participent activement et avec passion à la fabrication de ces éditions nationales ? 14 mois avant la fin, c’est long ! Un supplice chinois pour les salariés frappés en plein cœur. Mais nous ne resterons pas les bras croisés.

La présidente n’a pas accepté de venir devant les élus du CSE Siège pour évoquer son projet. Le point reste inscrit à l’ordre du jour mais sans les bons interlocuteurs. Au même moment, le directeur de l’information préfère s’exprimer devant la SDJ de France 2, et parlera cet après-midi à la rédaction. C’est son choix, mais contourner les élus de cette façon est tout simplement une faute. On nous rétorque que « c’est seulement une intention stratégique et non un projet défini dans ses moindres détails », et qu’il est encore trop tôt pour venir en parler devant les élus du Siège.

Mais on peut parler à tout le monde en dehors de l’instance… Tout cela est pathétique d’improvisation et laissera des traces, socialement parlant.

Les élus SNJ ont décidé de quitter la séance de ce CSE du mois de juillet pour répondre à cet affront.

C’est le point de départ de notre combat pour défendre les éditions nationales de France 3 et éviter ainsi une si grande éclipse !

Paris, le 12 juillet 2022

Forfait mobilité durable: le SNJ ne portera pas les bidons !

L’accord sur le forfait mobilité durable vient d’être remis à la signature par la direction de Ftv. Mais ce sera sans le Snj.
Évidemment, nous ne sommes pas opposés à ce forfait qui permet à environ 700 salariés d’utiliser un vélo pour venir travailler. L’idée est bonne car aujourd’hui chacun peut désormais choisir entre les transports en commun et sa bicyclette, en location ou en propriété.
Nous avons donc logiquement soutenu ce projet qui s’est appliqué dès 2021, initialement pour un an.
En mai dernier, malgré un retard de six mois et avant de signer à nouveau cet accord, la direction devait nous présenter un bilan de la mesure. Or, lors de cette réunion, rien, aucun document ne nous a été fourni ! Vous avez pu lire dans un tract intersyndical que nous dénoncions cette désinvolture.

Aujourd’hui il nous est proposé de reconduire cet accord, applicable jusqu’à fin décembre 2022. On nous dit que les documents d’étude que nous demandions seront présentés en septembre, mais c’est un peu tard ! Nous ne voulons pas signer sans savoir.

Les autres organisations syndicales ont décidé de parapher l’accord. C’est leur choix.
Mais même sans aucune signature, la direction aurait la possibilité de maintenir le dispositif. Alors, on ne peut pas dire que signer c’est protéger les salariés qui bénéficient de la mesure.
Nous agissons simplement en cohérence, estimant que l’on ne peut pas critiquer en mai et signer en juin. Alors que rien n’a changé.

Paris, le 5 juillet 2022

L’ultime trahison

RÉDACTION NATIONALE

La présidente est toujours au rendez-vous lorsqu’il s’agit de trahir les salariés. Fermeture de France Ô pour soi-disant améliorer la visibilité de l’outre-mer. Suppression du Soir 3, dernier rendez-vous d’information d’une chaîne généraliste au cœur de la nuit et au succès jamais démenti tout au long de ses 40 années d’existence. Et maintenant, l’ultime trahison avec l’annonce de la disparition des éditions nationales de France 3 !

Oui, vous avez bien lu. Fini le 12/13, fini le 19/20 dès septembre 2023. Des suppressions suggérées par des propos peu respectueux de notre travail. La présidente laisse entendre que ces éditions ne sont que reboutiquage de reportages de France 2, sans aucune valeur ajoutée… Totalement faux ! Ces éditions ont une identité propre, mais la présidente préfère réduire à néant cette forme de pluralisme éditorial de l’information nationale, pourtant inscrite dans l’histoire du service public.

Le discours qui accompagne la fin de ces éditions emblématiques évoque un avenir obscur pour les journalistes de la 3 qui « travailleront et fabriqueront pour le réseau régional… », a dit la présidente sans autre précision !
Mais de quels journalistes parlez-vous madame ? Avez-vous oublié que la fusion des rédactions est passée par là et qu’il n’y’a plus de journalistes de France 2 ou de France 3 ? Alors qui choisira d’affecter tel ou telle aux éditions de France 2 et de reléguer les autres à des tâches beaucoup moins gratifiantes ? Un nouveau casting au-dessus du casting qui fait déjà tant de dégâts ? Tout n’est que cynisme dans ce choix. Cette transition brutale vers une info low-cost donnera l’illusion au pouvoir politique d’un vrai changement de logiciel à France Télévisions. Mais il n’en sera rien. Si des consœurs ou confrères en régions sont sans doute ravis de cette pseudo-régionalisation, comment relever ce défi impossible  ? Mais comment vont-ils faire pour assumer 1 heure et demie d’info par jour sans moyens supplémentaires ? 1/2 heure à 12H30 et 1 heure entre 19H et 20H. Quelle mascarade !!!

Ajoutons à cela, des modules sur l’actualité nationale et internationale fabriqués par les journalistes-deskeurs de France Info et envoyés à toutes les régions pour les inclure dans leurs journaux XXL. Une circulation de contenus qui prétend détruire toutes les barrières constituées par les accords d’entreprises à France Télévisions et France Info. Une attaque en règle qui justifiera, sans doute, un arbitrage de la justice.

Et l’emploi dans tout ça ?

Alors que la rupture conventionnelle collective (RCC) vide nos rangs, la présidente n’a visiblement pas l’intention d’embaucher de nouveaux journalistes à la rédaction nationale. 1 heure de moins à produire par jour, 7 jours sur 7, voilà qui va dégager une marge en termes d’effectifs !

Alors, destination les régions sur la base du volontariat ? Des redéploiements, selon la terminologie de nos chers DRH ! Pour qui et dans quelles conditions ? De la pure casse sociale, éditoriale… Une faute de plus !

Le SNJ n’accepte plus que cette entreprise soit dirigée par une présidente qui gouverne contre l’intérêt des salariés et contre la volonté d’un public fidèle à cette articulation locale, régionale, nationale et internationale !

Quant à nos directeurs qui, encore récemment, disaient travailler sur un nouveau 19/20, que pensent-ils de ces disparitions pures et simples ?

Sauvés la semaine dernière par Delphine Ernotte, voilà qu’elle se moque d’eux en faisant du passé table rase ! Qu’ils s’en aillent tous ! Ils ne sont pas dignes du service public. Nous exigeons de la présidente qu’elle vienne s’expliquer en face à face, au CSE du Siège.

L’heure n’est plus à la défiance mais à la résistance.

Paris, le 5 juillet 2022

Un numéro d’illusionniste

RETOUR SUR LE SEMINAIRE EMPLOI ET COMPETENCES

Une méthode nouvelle pour redonner confiance à la rédaction nationale. C’est la feuille de route donnée par Delphine Ernotte à Laurent Guimier, considérablement affaibli par le vote de défiance. Cela tombe bien, le SNJ (Syndicat national des journalistes) demande lui aussi au directeur de l’information de revoir sa copie.

Lors d’un séminaire emploi et compétences (la veille du vote des Sociétés des journalistes), rien n’a été annoncé pour consolider les effectifs à la rédaction nationale. Malgré nos demandes, il faudra repasser pour avoir un état des lieux sur la RCC (rupture conventionnelle collective) et ses dégâts collatéraux dans les services. Aucune perspective à long terme n’a été donnée aux CDD longue durée du siège, dont cinq sur 16 ont été récemment « repêchés » (jusqu’à la fin de l’année).

Nous demandons des garanties sur les embauches des précaires, l’arrêt des méthodes managériales violentes qui consistent à mettre des CDD à la porte pour des motifs fallacieux au bout de quelques années. « Je ne suis pas tortionnaire au point de penser qu’on doit être CDD pendant cinq ans », rétorque M.Guimier. Mais d’après lui, le problème des nouveaux arrivants se situerait plutôt à l’embauche. En substance, nous ne serions pas suffisamment attractifs pour des jeunes sortis d’écoles de journalisme, frustrés de ne pouvoir exercer à France Télévisions les polycompétences acquises pendant leurs études.

Surréaliste et faux ! Nous n’avons jamais entendu un jeune journaliste tenir de tels propos. D’après le directeur de l’information, les CDD doivent désormais considérer que « la voie sacrée » entre Télématin et les différents services vers une intégration systématique à la rédaction nationale, est un modèle dépassé. La direction attend qu’ils postulent davantage à France Info ou dans les régions de France 3 ! En résumé, des précaires toujours plus mobiles et malléables…

Le SNJ appelle à une remise à plat de cette politique, les CDD doivent être accompagnés et avant tout être respectés. Tout comme les alternants qui sont de potentielles futures recrues.

Au lieu de prendre à bras le corps la souffrance de beaucoup de journalistes, soumis à une pression et à des amplitudes horaires toujours plus élevées, le directeur de l’information remet sur la table… la question des JRI-monteurs. Laurent Guimier part d’un exemple particulier, la difficulté de trouver des monteurs pour la couverture du conflit en Ukraine… D’abord, quelques JRI qui seraient en demande deviendraient aussi monteurs… Et après ? Des économies d’échelle, des emplois de monteurs en moins et la qualité des reportages tirée vers le bas ? Rappelons qu’aucun accord n’existe à France Télévisions autorisant la fonction de JRI-monteur.

C’est la raison pour laquelle le SNJ a mis le pied sur la pédale de frein. D’autant que la direction prend dangereusement la pente d’une information de France Télé low-cost ! Avec la nouvelle trouvaille du réseau France 3 en régions : des reporters en résidence (RER) sur le modèle de Radio France pour densifier le maillage. Des équipes de deux a priori… un autre cheval de Troie pour tenter d’imposer les JRI-monteurs ? Rien ne pourra être fait dans ce domaine sans l’accord des organisations syndicales. Ces nouveaux reporters à domicile découleront-ils de créations ou des transferts de postes ? Et pourquoi ne pas renforcer les BEX ou les locales ?

« Pas de plan caché », tente de rassurer le directeur du réseau, Philippe Martinetti. Pour l’instant, un flou qui n’a rien d’artistique entache ce projet. Mais ce qui est sûr, c’est que l’objectif est bien de tout tirer vers le bas au nom des sacro-saintes économies…

Le dernier étage de la fusée, montre également que la direction prend ses désirs pour des réalités en matière de polycompétences. Il lui serait difficile, voire impossible, de renégocier les accords actuellement en vigueur, afin de permettre aux « journalistes-deskeurs » de France Info de continuer à exercer leurs compétences de montage, en cas de mutation à la rédaction nationale. Alors Laurent Guimier contourne le problème et propose une politique de rediffusion à grande échelle. Reprogrammer des sujets du canal 27 dans les éditions de France 3 et France 2 ! La circulation des contenus, ce n’est pas les emplois, précise habilement la DRH. Un pôle d’actualité chaude serait donc à terme constitué parmi les effectifs de France Info, sa mission consistant à faire les premières cabines pour toutes les éditions de la rédaction nationale.

« L’équipe de France Info produit beaucoup et bien, et doit faire profiter les autres antennes de son expertise », selon Laurent Guimier. Les reportages réalisés à l’intérieur du périmètre de France Info par des « journalistes-deskeurs », un métier hybride qui n’existe pas à la rédaction nationale, pourraient ainsi être diffusés partout !

Indirectement, et même si M. Guimier s’en défend, cela permettrait d’imposer de nouvelles pratiques et donc de nouveaux métiers dans la fabrication des journaux de France 3 et France 2. Bien joué monsieur l’illusionniste ! C’est une digue déjà franchie par le passé et à chaque fois condamnée par notre organisation syndicale. Nous ne sommes pas dupes…

Le SNJ s’opposera à ce tour de passe-passe et à tout nouveau projet de casse des métiers.

Rédaction Nationale : les journalistes votent la défiance

Nous prenons acte du résultat du vote des SDJ (Sociétés des journalistes). La défiance envers Laurent Guimier s’est très nettement exprimée ! Delphine Ernotte a néanmoins décidé de maintenir le directeur de l’information à son poste. Mais pour le SNJ (Syndicat national des journalistes), la présidente ne pourra pas se contenter de cette seule réponse. Pour être tout à fait clairs, nous attendons autre chose ! Un changement global des lignes éditoriales ainsi que des pratiques managériales ; un abandon de la prédominance des éditions sur les services, la fin de la précarité organisée, le comblement des postes laissés vacants par la RCC (Rupture conventionnelle collective) et le respect des métiers afin de préserver la qualité de l’information de l’audiovisuel public ! Le SNJ demandait déjà tout cela à Laurent Guimier avant ce vote de défiance. Le SNJ reste donc vigilant mais avec une impatience accrue.

Paris, le 1er juillet 2022