On ne nous dit pas tout !

~ SUPPRESSION DE FRANCE Ô ~

Le Monde, dans son édition datée du mercredi 15 novembre, a dévoilé un document de travail du ministère de la Culture qui propose la fermeture pure et simple de la chaîne France Ô. Une idée en contradiction totale avec les engagements de campagne d’Emmanuel Macron.

Le 8 avril dernier, Emmanuel Macron, candidat à l’élection présidentielle, déclarait lors d’une rencontre avec les associations ultramarines : « France Ô sera maintenue. Il n’y aura pas de suppression de France Ô. Je l’ai dit, je pense qu’il y a une multiplication de chaines qui parfois ne se justifiaient pas mais France Ô a un programme et a une justification pleine et entière. Je me suis déjà exprimé sur le sujet pour dire que je souhaitais tout à fait consolider dans le paysage audiovisuel français sa place parce qu’elle reflète cette diversité. »

Le contrat d’objectifs et de moyens 2016-2020 entre l’Etat et France Télévisions avait redéfini les objectifs de France Ô il y a un an seulement, pour se consacrer « exclusivement aux Outre-mer afin de mieux les faire connaitre à un large public, de l’Hexagone et des Outre-mer eux-mêmes et de favoriser le maintien des liens entre les originaires des Outre-mer vivant dans l’Hexagone et leurs collectivités d’origine », ainsi que d’en faire une « vitrine des productions des stations et des Outre-mer en général ».

Le SNJ s’étonne de cette idée de fermeture de France Ô, d’autant que sa disparition « ne permettrait pas de réaliser des économies, à moins de ne plus produire » les programmes diffusés sur le réseau des 1ère, selon plusieurs experts cités par Le Parisien du 15 novembre.

Les conséquences seront en revanche très lourdes pour ceux directement liés aux fabrications estampillées France Ô. Scriptes, techniciens plateaux, techniciens en régie… En cette fin d’année, quel mauvais signe apporté à ces femmes et ces hommes qui s’inquiètent a juste titre pour leur avenir.

Il faut croire que le « réflexe outre-mer » tant vanté par la ministre des Outre-mer, et censé inspirer toutes les décisions gouvernementales, n’a pas encore franchi les portes du ministère de la Culture.

Lors du CE siège de ce 22 novembre, la présidente de l’instance a été claire : la fermeture de France Ô ne fait pas partie des pistes de travail de la direction de France Télévisions pour réaliser des économies.

Qui veut donc la peau de France Ô ?

Que penser alors quand la direction de Malakoff incite son personnel à se tourner sur le numérique et le prépare mentalement à délaisser l’hertzien ?

En arriver à une fermeture éventuelle, c’est gommer le travail fait au quotidien depuis plusieurs années, et fragiliser tout l’édifice de l’info outre-mer

Paris, le 23 novembre 2017

2017-11-23 Suppression de France Ô – On ne nous dit pas tout

Tout doit disparaître !

~ COMITÉ D’ÉTABLISSEMENT SIÈGE ~

Hasard du calendrier ou pas… alors que nous devons être consultés sur l’évolution de l’organisation du site de Malakoff lors de ce comité d’entreprise, nous apprenons dans la presse qu’un rapport du ministère de la culture préconise la fermeture pure et simple de France Ô ! Comment interpréter cette concomitance des faits, surtout quand on se rend compte que dans ce projet de la direction, les moyens alloués à France Ô vont considérablement baisser… Une façon de la faire agoniser ? Si elle ne meurt pas brutalement, ce sera donc à petit feu… C’est moins violent !

Cette chaîne née d’une volonté gouvernementale, et dont l’actuel président affirmait en avril 2017, qu’il consoliderait France Ô dans le PAF une fois élu, finira par mourir par une volonté managériale. C’est pire ! Quel mépris pour les ultramarins installés dans l’hexagone qui peuvent par cette fenêtre sur la TNT, maintenir un lien avec leur territoire. France Ô n’aurait donc plus aucune utilité ?

Mais cette fermeture si elle se confirme, ne résoudra en rien les problèmes financiers de France Télévisions. Alors il faut chercher d’autres économies. Mettre France 4 sur le numérique, fermer les bureaux de France 2, réduire le nombre de magazines d’information et supprimer le « 19h le dimanche » sur France 2, « le soir 3 week-end » sur France 3, rapprocher le réseau France 3 avec celui de France Bleu… En résumé, ce rapport gouvernemental veut refaire l’ORTF avec une fusion des entreprises publiques. Du déjà fait, du déjà vu…

Un énorme bond en arrière, accompagné par une dernière trouvaille de notre direction : revoir l’accord collectif.

La casse sociale est donc en marche, au mépris des salariés.

Face à ces « soi-disant fuites » quelle est la position de la direction ? Approuve-t-elle ? S’y oppose-t-elle ? À quoi rime la consultation d’aujourd’hui ?

Paris, le 22 novembre 2017

2017-11-22 Préalable CE Siège – Tout doit disparaitre

Abattement Sécurité sociale 2018 : Une déduction à bien maîtriser

Les journalistes en CDI de France télévisions ont reçu dernièrement un courrier de la direction les invitant à indiquer, avant le 15 décembre, s’ils optent en 2018 pour la déduction forfaitaire spécifique de 7600€. Une déduction applicable pour l’essentiel aux cotisations de sécurité sociale et étendue aux cotisations formation, construction et transport. (Attention, il ne s’agit pas de l’allocation fiscale !)

Vous êtes nombreux depuis à nous interroger sur les conséquences des deux options qui vous sont proposées.

Choisir la déduction signifie bien, comme l’indique la note de FTV, payer moins de cotisations sociales en 2018 mais peut avoir des conséquences négatives demain, selon votre âge et votre salaire, sur le montant de votre pension de retraite de base de la sécurité sociale, voire aussi pour des remboursements de santé.

Confrontées à un déséquilibre persistant, certaines URSSAF estiment en effet que par équité avec celles et ceux qui cotisent à 100%, les salariés qui cotisent moins au régime devraient avoir une décote correspondant à leur déduction. Cette menace ne doit pas être sous-estimée.

Pour la retraite, les conséquences de la déduction ne sont pas identiques pour tous les journalistes. Elles varient selon les carrières, l’âge et le niveau de rémunération de chacune et de chacun. En effet, à partir d’un certain montant salarial le plafond de cotisation du salarié est atteint et l’abattement n’a aucun impact négatif sur la future retraite.

Pour 2018, ce seuil devrait être de 47452€ brut, qui correspond au futur plafond de la sécurité sociale (39852€, plafond préconisé par la commission des comptes de la Sécu) + 7600€ (déduction sociale de 7600 à ne pas confondre avec l’allocation fiscale).

De même, pour certains jeunes journalistes dont le salaire annuel brut 2018 serait inférieur à 47452€, opter pour l’abattement n’aura sans doute pas de conséquences négatives sur leurs futures retraites s’ils ont moins de 37 ans.

En effet, avec un départ en retraite à 62 ans, dans la mesure où le calcul de la pension est basé sur les 25 meilleures années, ce sont dans la plupart des cas les cotisations acquittées à partir de 37 ans qui seront prises en compte pour déterminer le montant de la future pension.

Pour les plus de 37 ans dont le salaire brut annuel 2018 sera inférieur à 47452€ – soit un salaire brut de 3650€ sur 13 mois – le SNJ ne peut qu’alerter les journalistes concernés sur les risques de la déduction pour leurs futures retraites.

Le SNJ rappelle que ces dispositions concernent également les journalistes rémunérés à la pige et les CDD, auxquels la direction doit adresser ce questionnaire.

Paris, le 20 novembre 2017

2017-11-20 Déduction forfaitaire spécifique 2018

Faute inexcusable de l’employeur, France Télévisions de nouveau condamnée !

« C’est par de justes motifs, que la Cour adopte que les premiers juges ont considéré que la Société FRANCE TÉLÉVISIONS avait ou aurait dû avoir conscience des risques encourus par son salarié, en sa qualité d’employeur de nombreux journalistes exposés à des situations dangereuses notamment dans des zones de conflits ou de catastrophes naturelles, qu’elle aurait dû prendre connaissance du « Guide de survie à l’usage des journalistes », publié en 2005, qui comprend un chapitre consacré au « stress post traumatique » et met en évidence les risques psychiques engendrés par les missions dans des pays en guerre. /…/ FRANCE TÉLÉVISIONS  étant tenue à l’égard de ses salariés d’une obligation de sécurité de résultat.

Au regard de l’ensemble de ces éléments, il convient donc de confirmer le jugement entrepris en ce qu’il a reconnu la faute inexcusable de la société FRANCE TELEVISIONS à l’origine de la maladie professionnelle de MR Franck Brisset, déclarée le 9 février 2010. »

La Cour d’appel de Paris motive ainsi, dans son arrêt du 9 novembre 2017, la condamnation de France Télévisions.

Notre confrère, grand reporteur dans le service des JRI de France 2, vient ainsi de remporter une victoire éclatante !

Le Syndicat National des Journalistes (SNJ), à ses côtés, le félicite et le remercie d’avoir mené ce long combat au service de la profession.

C’est la quatrième condamnation pour FTV dans ce dossier.

Le SNJ fustige la direction de FTV qui, au lieu d’aider un journaliste qui a mis toutes ses compétences professionnelles, son énergie et sa santé au service de l’information de service public, a tout fait pour le décourager, n’a pas pris en compte ses justes demandes et a vilipendé ses actions en justice.

Qu’a fait concrètement la direction de FTV, depuis ces dernières années, pour cesser de maltraiter ses salariés ? L’instauration d’une direction de la qualité au travail  s’avère sans effet. La DSQVT n’a aucune influence sur les directions « opérationnelles » qui poursuivent brutalement leurs gestions « managériales » des équipes et continuent à leur en demander toujours plus en empilant les tâches et le stress.

Les vrais responsables, en toute impunité, en toute incompétence, puisqu’ils sont toujours couverts, continueront-ils à démolir ?

Quel budget juridique record d’argent public faudra-t-il atteindre pour que les tutelles s’émeuvent et demandent des comptes à cette direction ?

Paris, le 17 novembre 2017

’employeur – FTV condamnée

Le Grand bond en arrière

~ RÉFORME DE L’AUDIOVISUEL PUBLIC ~

La plainte contre X déposée par la ministre de la culture, au-delà de l’atteinte scandaleuse à la liberté de la presse, valide la crédibilité du projet de démantèlement de l’audiovisuel public, publié par le quotidien Le Monde. Faire exploser l’audiovisuel public est la seule feuille de route de l’actuel gouvernement.

Alors que, dans une démocratie, l’audiovisuel public est un marqueur majeur de la pluralité de l’expression publique, la fusion ou la disparition des différentes chaînes de France Télévisions (France Ô, France 4 sur le numérique, maillage de l’information régionale, suppression des bureaux de France 2) ainsi que celui de Radio France (fusion Radio France / France Télévisions, France bleu / France 3 régions, et le Mouv’ sur le numérique) illustre une réforme dépourvue d’ambition et frappée du seul sceau d’une volonté d’économie. Une volonté illusoire, puisque le rapprochement voulu par la tutelle ne garantit en rien la réalité d’éventuelles économies. Les fusions à marche forcée ont toujours accouché d’échecs, financiers et organisationnels.

Pour le SNJ, ce projet de rapprochement et de suppression de chaînes est mortifère, et va creuser la tombe d’un audiovisuel public rendu malade par un sous-financement chronique et une succession de PDG, au rythme des changements politiques, au détriment du développement de nos entreprises.

Nos dirigeants actuels ont religieusement suivi des contrats d’objectifs et de moyens (COM) que la tutelle s’est d’ailleurs empressée de jeter à la poubelle, reniant ainsi sa parole.

Un projet qui démontre l’incompétence de ses rédacteurs

Le projet gouvernemental va à l’encontre de l’intérêt du public, de la pluralité de l’information et du maillage territorial. Il va mettre à mal l’une des principales missions du service public : tisser du lien social.

Au-delà des dégâts prévisibles sur l’emploi, dans des entreprises qui font déjà face à des plans de réduction des effectifs, un tel bouleversement de l’audiovisuel public dénote de la part du gouvernement un mépris pour nos entreprises, nos métiers et pour nous, salariés.

Une réforme de l’audiovisuel public devrait être portée par le souffle de l’ambition, pas portée par les vents contraires du mépris et de l’incompétence.

Paris, le 16 novembre 2017

2017-11-16 Réforme audiovisuel public – Le grand bond en arrière

Vergès 1ère : idolâtrie sur les ondes publiques à La Réunion

Le fondateur du PCR (Parti communiste réunionnais) et ancien président du Conseil Régional a marqué la Réunion et constitue une sorte de monument qui a traversé l’histoire de notre île. Il est légitime que nous profitions de cet anniversaire pour le rappeler. Pour autant, le SNJ s’étonne de la diffusion sur notre antenne radio de 78 chroniques (excusez du peu) et deux magazines à l’occasion du 1er anniversaire de la disparition de Paul Vergès. Le premier souci réside dans le fait que cette « opération spéciale » constitue un éloge sans nuance d’un homme politique qui a aussi ses détracteurs, ce qui n’a pas sa place sur les ondes d’une radio publique. Par ailleurs la diffusion de ces éléments se fait hors de toute concertation avec la rédaction qui n’a pas été informée, à proximité immédiate des journaux mais lancés par les animateurs, voire dans les créneaux dédiés à la rédaction. Enfin le SNJ s’interroge sur l’éventuel coût de cette opération : ces chroniques et magazines ont-ils été achetés ? À quel prix ? Pourquoi ne pas avoir sollicité la rédaction qui dispose d’une matière première, de très longs entretiens avec Paul Vergès et des archives ?

Enfin, le SNJ regrette la qualité sonore –très médiocre- de ces chroniques et magazines. Elle n’est pas à la hauteur du niveau d’exigence de notre antenne.

Saint-Denis, le 10 novembre 2017

2017-11-10 Réunion – Vergès 1ère

Et la Palme d’Or de la dérive déontologique est attribuée à…

~ COMMISSION DÉONTOLOGIE DU 8 NOVEMBRE 2017 ~

La commission déontologie, prévue par l’accord collectif de France Télévisions, s’est réunie le 8 novembre. Comme d’habitude, la direction n’a pas fourni l’intégralité des documents nécessaires à son bon fonctionnement. Il manque par exemple les collaborations extérieures de France 3 et des Outremers 1ères. Voici le palmarès des plus graves dérives relevées par le SNJ.

Le Zéro d’Or à France 3

Le SNJ attribue le Zéro d’Or à la direction du réseau France 3 : aucun directeur n’a daigné assister à la réunion. La déontologie de l’information semble moins l’intéresser que la présentation des nouveaux décors des JT, qui s’est déroulée le même jour à Marseille. À chacun ses priorités… Le SNJ aurait pourtant bien aimé entendre la direction de France 3 sur plusieurs points :

– L’ordre moral qu’elle semble vouloir imposer çà et là : de nombreux journalistes de la rédaction nationale ont eu des remarques concernant des plans à ne pas mettre dans des montages. Exemple : l’image d’une piqûre dans le bras pour un sujet vaccin ou l’image de seins en gros plan pour un sujet sur le dépistage du cancer.

La pression sur les journalistes, avec menaces de sanctions, s’ils refusent de livrer gratuitement à une entreprise privée (Facebook) des « lives » et autres reportages complets.

Les mensonges proférés, toujours à propos des réseaux sociaux, sur de prétendus accords avec ces entreprises privées qui garantiraient la protection des droits moraux et patrimoniaux (droits d’auteurs) des journalistes.-

Le Tartuffe d’Or à la direction de l’information

Le 20H00 de France 2 a diffusé un sujet avec la personne qui a déposé plainte pour viol contre Tariq Ramadan qui, de son côté, a déposé plainte pour dénonciation calomnieuse. Pourquoi nos journaux (à l’exception de FranceInfo) n’ont-ils pas fait de sujets autour de la plainte de notre consœur Anne Saurat-Dubois contre Eric Monier, l’ex directeur de la rédaction de France 2 ?

Réponses de la direction : « Êtes-vous sûrs qu’une plainte a bien été déposée ? En avez-vous la preuve ? » et aussi « il n’y a pas eu consigne de taire l’information (…) il ne faut pas se précipiter pour être le premier dans ce genre d’information ».

Les Menottes d’Or à France 2

Le 26 octobre, le 20H00 de France 2 diffuse l’interview d’un djihadiste français prisonnier des Kurdes. Cette personne est filmée les yeux bandés, menottée dans le dos et en présence de deux gardiens, l’un flouté, l’autre recouvert d’une cagoule. La loi française nous interdit de filmer des prisonniers menottés, pourquoi avoir accepté de contrevenir à cette règle de droit ? De plus, cela ne respecte pas la convention de Genève qui considère tout « combattant » participant à un conflit comme un « prisonnier de guerre ».

Réponse de la direction : « il n’était pas reconnaissable (…) mais c’est vrai qu’on aurait dû expliquer aux téléspectateurs les conditions du tournage ». Et la violation de la convention de Genève ? Pas de réponse…

Le Ménage d’Or au service des Sports

Le recrutement de Thomas Thouroude pour présenter « Tout le Sport » a fortement ému la rédaction qui ne comprend pas comment un journaliste peut travailler chaque jour sur une chaîne de radio privée tout en présentant le JT des sports du service public. Ne trouvez-vous pas ce choix regrettable et dangereux dans une rédaction qui est déjà abîmée par un vaste système de ménages ? Réponse de la direction des sports : « il n’y avait pas en interne une personnalité qui s’imposait ». Et le mélange des genres public/privé ? La source de confusion pour nos téléspectateurs ? Et les salariés en CDD privés de contrats au nom des « nécessaires économies » alors que la direction permet ce cumul d’emplois ? Pas de réponse…

La Casse d’Or à la direction de Réunion 1ère

La direction de Réunion 1ère a transformé la station en laboratoire de casse de la déontologie de l’information. Les dernières expériences en date :

– La rédaction en chef a recruté une pigiste qui est par ailleurs blogueuse pour plusieurs sites de voyages, BudgetAir.fr et Lastminute.com. Ce mélange des genres entre journalisme et communication ne vous semble-t-il pas porter atteinte à l’indépendance et l’intégrité de cette journaliste et de la rédaction de France TV qui l’emploie ?

– Le 3 août dernier, la rumeur d’une prise d’otages dans un supermarché de St Paul se propage sur l’île. Loin de son devoir d’information, Réunion 1ère diffuse sur sa page Facebook des vidéos amateurs, sans aucun recul, et un animateur radio réalise des lives, relayés sur la page Réunion 1ère, qui participent à la propagation de la rumeur. Il faudra finalement que le public attende le lendemain pour apprendre qu’il ne s’agissait que d’un braquage (sans otage donc) ayant eu lieu quelques heures plus tôt. Le soir du braquage, un article signé du responsable de la cellule internet indiquait encore que les « otages » (sic) étaient sains et saufs.

– Après avoir offert – malgré les alertes du SNJ – pendant plus de six mois une vitrine télé hebdomadaire à une avocate/conseillère régionale et députée suppléante socialiste avant d’être candidate LREM aux dernières législatives, la direction de Réunion 1ère a récemment poussé le vice encore plus loin. Ainsi, début octobre, une salariée PTA a participé à la couverture de la visite de la ministre des outremers Annick Girardin dans le cirque de Mafate (vidéos live, interviews…). Outre le fait que cette collaboratrice n’est pas journaliste, le SNJ rappelle qu’il s’agit d’une élue de la majorité municipale de St Denis.

Pour faire face à la concurrence et booster les audiences, le directeur régional de Réunion 1ère s’est demandé récemment devant les IRP s’il serait judicieux de faire gagner de l’argent liquide au public. Soit pour des jeux, soit pour obtenir des scoops.

Le Lâchage d’Or à la direction de Polynésie 1ère

Lors du CE du 20 octobre, le directeur régional s’en est pris aux journalistes auxquels il a reproché des reportages « à charge » contre le gouvernement de Polynésie et ses ministres. Il a invité en plateau un ministre pour « déminer » le terrain et s’est offusqué ensuite de la façon dont l’interview avait été menée. Comment un directeur peut-il ainsi désavouer publiquement le travail de toute une rédaction en émettant des doutes sur sa probité ?

Paris, le 10 novembre 2017

‘Or

Préavis de grève du 16 novembre 2017

C’EST MAINTENANT QU’IL FAUT DIRE NON !

Baisser votre salaire de base, supprimer votre prime d’ancienneté ou votre treizième mois, modifier votre lieu de travail : vous êtes jusqu’à présent protégés de ces périls grâce aux accords de branche, comme la Convention collective nationale de travail (CNTJ) pour les journalistes.

Avec les ordonnances Macron sur le code du Travail, ces protections nationales ne joueront plus dans les entreprises où les directions parviendront à imposer des accords locaux dérogatoires par clientélisme ou chantage à l’emploi.

Cette menace, comme celles qui pèsent sur la représentation des salariés ou la capacité pour les prud’hommes de réparer les préjudices subis, demeure encore virtuelle.

Tant que le Parlement n’a pas ratifié les ordonnances publiées fin août, celles-ci n’ont pas force de loi et peuvent être contestées devant les tribunaux administratifs.

Il est donc encore temps d’exprimer notre refus de cette régression sociale de grande ampleur pour amener les parlementaires à un sursaut. C’est pourquoi le SNJ se joint au mouvement national du 16 novembre 2017, pour faire obstacle à la casse du code du Travail.

Manifestations, arrêts de travail, interpellation de parlementaires, tous les moyens doivent être mis en œuvre pour défendre vos droits face au chantage du patronat.

Les effets de cette politique ne s’arrêteront pas aux portes de France télévisions. L’Etat actionnaire est un patron comme les autres. Le non respect du COM que représente la réduction du budget 2018 le rappelle à ceux qui en douteraient.

Il est urgent de dire stop à ce pouvoir qui teste les différentes catégories de la population pour mesurer qui est résigné à accepter l’austérité, l’accroissement des inégalités, la précarité.

Le SNJ appelle les salariés de France télévisions à se faire entendre en cessant le travail pour 24 heures le jeudi 16 novembre à partir de 00H00 pour réclamer :

  • le respect par France télévisions des dispositions des conventions de branche ;
  • le maintien du maillage de proximité des instances ;
  • le respect des droits des salariés et de leurs contrats de travail, en particulier en écartant les contrats de chantiers.

Paris, le 8 novembre 2017

2017-11-08 Préavis de grève pour le jeudi 16 novembre

Motion comité des salaires France 3 Aquitaine

Les délégués du personnel et le représentant syndical SNJ de France 3 Aquitaine constatent que les informations fournies dans le cadre du comité des salaires 2017 relèvent une fois de plus d’une lecture restrictive de l’accord du 28 mai 2013.

Il leur est impossible de remplir leur rôle de contrôle et de vigilance en amont de l’attribution des mesures individuelles.

Parodie de dialogue social, suppression assumée du paritarisme, les années passent et le constat reste identique : surtout ne donner aucun document aux représentants du personnel qui leur permettrait d’effectuer sérieusement leur travail.

Reconstituer l’historique des carrières des salariés, relever les inégalités de salaires à situations professionnelles identiques et soulever les disparités, tel devrait être l’objectif d’un comité de salaires. Nous constatons notamment l’absence d’enveloppe dédiée à la résorption des disparités hommes/femmes.

Le rôle assigné aux délégués du personnel et représentants syndicaux consistant à « émettre des propositions et formuler des observations concernant les salariés qui n’auraient pas bénéficié de mesure depuis 4 ans révolus » est une mascarade.

La masse salariale de France télévisions a augmenté de 1,40 % en 2015 puis de 1,58 % en 2016. Dans le même temps, la somme des dix rémunérations les plus élevées de l’entreprise passait de 3 835 000 € en 2014 à 4 885 000 € en 2016 soit une augmentation de plus de 27 % en deux ans. Ces chiffres, fournis par la direction, dépeignent une entreprise inégalitaire. D’un côté une majorité de salariés soumis à une stricte rigueur, de l’autre, les membres d’un “top dix” pour lesquels tout paraît possible. Entre les deux, toutes les nuances du favoritisme.

Cette situation accentue d’autant le sentiment d’injustice éprouvé par une majorité de salariés de France Télévisions et la nécessité de donner aux comités des salaires les moyens de remplir leur mission.

Nous constatons comme en 2016 la diminution sévère de l’enveloppe de mesures individuelles et l’absence d’augmentation générale depuis maintenant 4 ans.

Nous demandons une fois de plus que l’accord des salariés sur la communication des données soit, comme auparavant, implicite, et que seuls ceux qui refusent se manifestent. Cela aurait évité que cette année encore en Aquitaine, seulement 19 situations de journalistes sur 72 soient portées à notre connaissance (pour rappel : 14 sur 74 en 2016 et 22 sur 75 en 2015).

Nous réclamons en outre que la totalité des informations individuelles d’un même collectif de travail (fonction, salaire, ancienneté, historique des mesures et positionnement dans la grille) soient transmises aux représentants du personnel dans ces comité des salaires.

Dans cette attente, les délégués du personnel et le représentant syndical SNJ laissent la direction assumer seule l’arbitraire et l’opacité dans lesquelles les mesures 2017 seront attribuées.

À Bordeaux, le 8 novembre 2017

2017-11-08 Comité des salaires Bordeaux – Motion du SNJ

Préalable

~ COMITÉ DES SALAIRES SIÈGE ~

C’est un nouveau rendez-vous manqué. En premier lieu parce que la direction applique une fois de plus de manière restrictive l’accord collectif de mai 2013. Elle réussit même la performance de délivrer encore moins d’informations que l’année dernière. De plus, le SNJ réitère une de ses revendications, qui est de rétablir un accord de principe des salariés pour nous permettre de travailler sur leur situation salariale, sauf opposition de leur part. L’inverse instauré par l’accord de 2013 fait que cette année seulement 15 pour cent des salariés ont répondu positivement à la demande. La direction obtient alors, en compliquant la démarche, une opacité qui sert ses intérêts.

Une volonté affichée donc de déposséder les élus de cette nécessaire étude en transparence de la situation salariale de chacun. Malgré cela, nous avons fait notre travail et les constats sont accablants. Sans connaître l’enveloppe des mesures individuelles, les élus SNJ peuvent d’ores et déjà avancer que le compte n’y sera pas.

Quelques années seulement après le chantier de l’harmonisation, le fait du prince, çà et là, désorganise lourdement ce qui ressemblait alors à une volonté de faire disparaître un certain nombre de disparités entre journalistes de la toute nouvelle entreprise unique.

À ce titre, près de 150 journalistes sur les 544 inscrits dans les tableaux proposés aux élus sont clairement en situation de disparités. Des journalistes de « base » toujours pas « journaliste spécialisé » après 15 ans d’ancienneté, des « JS » toujours pas GR1 après 20 ans d’ancienneté et des salariés avec plus de 30 ans d’ancienneté toujours bloqués au niveau plancher de GR1.

Et ce ne sont pas les quelques pauvres mesures de cet exercice 2017 qui pourront inverser cette bien triste tendance. Après l’accident industriel du comité des salaires 2016 (une quarantaine de mesures), il y aura, nous l’espérons, un peu plus de noms sur la liste. Mais cela ne suffira certainement pas à changer une situation dont la direction a l’entière responsabilité, avec la complicité des chefs de service et de l’ensemble de l’encadrement intermédiaire. Tout ce beau monde se renvoie la balle, laissant entendre à tour de rôle que la situation leur échappe et qu’ils font toujours le maximum pour satisfaire le plus grand nombre.

Mais le constat est intolérable. Des disparités qui se creusent, des discriminations syndicales toujours d’actualité, et des situations individuelles qui n’ont pas bougé, certaines depuis près d’une dizaine d’années. Le SNJ se réserve alors le droit de saisir la justice, puisque la démocratie sociale en panne ne suffit pas à faire entendre raison à nos managers, complices de l’inégalité et de l’injustice.

Cette tragédie se jouera sans nous. Les élus du SNJ quittent donc cette séance. Nous défendrons en dehors de cette réunion les dossiers qui nous semblent prioritaires. Les oubliés des oubliés, les sanctionnés pour leur engagement, et ceux à qui on laisse entendre qu’une fois de plus cette année on récompense ceux qui travaillent. De fausses excuses en cynisme permanent, votre politique assumée continue à créer de nouveaux laissés pour compte dans des rédactions à deux ou trois vitesses.

Paris, le 08/11/2017

2017-11-08 Comité des salaires Siège – Préalable