Temps de travail : qu’ils se calment, et vite !

AA lettrine articlesUne véritable révélation. Et même une croisade. Depuis la signature de l’accord collectif de France Télévisions, certains cadres ont bien compris la consigne de la direction : ils sont devenus les prédicateurs zélés du forfait jours. Selon la loi, le forfait jours dépend obligatoirement d’un accord individuel. Personne ne peut imposer cette option. Quelle horreur, que ce libre arbitre ! Alors, depuis deux semaines, tout y passe :

  • Sondages auprès des journalistes « pour mieux organiser le travail et le service»
  • Propos ambigus ou mensongers devant les instances représentatives du personnel : le choix proposé aux journalistes ne serait « que » forfait jours ou décompte horaire à 35h00, sans RTT
  • Calendrier des entretiens « carrière » avancé, convocations informelles, discussions entre deux portes : « Si tu ne choisis pas le forfait jours, il sera dur pour nous de t’envoyer en mission comme avant »
  • Chantage auprès des salariés qui s’apprêtent à signer un contrat à durée indéterminée
  • Enfin, certains laissent entendre que les futures promotions et augmentations salariales seraient données de préférence à celles et ceux qui choisiront le forfait jours.

Nous sommes en train de recueillir les témoignages des journalistes qui subissent ces pressions. Nous ne reculerons pas devant des procédures pour faire condamner cette forme de discrimination qui se profile. En attendant, nous rappelons que chaque journaliste devra choisir le mode de calcul du temps de travail cet automne, pas avant.

Nous exigeons donc que la direction de l’entreprise siffle la fin de cette triste récréation, comme le directeur des ressources humaines s’était engagé à le faire devant les organisations syndicales. Le SNJ rappelle qu’un accord signé engage toutes les parties La direction doit donc condamner ces pratiques, calmer ses managers et cesser toute forme d’intimidation. Il en va d’un climat social apaisé. A nos dirigeants d’être responsables, ou de subir les foudres des tribunaux.

Paris, le 4 juillet 2013

Négociation égalité professionnelle : la comm’ ne suffit pas !

AA lettrine articlesLa négociation d’un accord sur l’égalité professionnelle femmes/hommes vient de s’ouvrir à France Télévisions. Le SNJ, bien évidemment s’en félicite. Mais cette négociation aurait dû intervenir il y a plus de 3 ans. Coïncidence troublante : l’entreprise est aujourd’hui en pleine démarche de labellisation « diversité ». Et la direction sait aussi qu’une épée de Damoclès est suspendue au-dessus de sa tête : une pénalité de 1% de la masse salariale à payer si elle ne rétablit pas rapidement l’égalité professionnelle au sein de FTV.

Et soudain, quelques actions s’enclenchent : l’ouverture d’une négociation, la nomination opportune de quelques femmes dans l’encadrement des journalistes. Disparités salariales, sous représentation des femmes aux postes d’encadrement, comportements sexistes : tous ces faits ont depuis des années été dénoncés par les représentants du personnel et les commissions égalité professionnelle de FTV. Leurs constats et leurs demandes d’actions concrètes ont été accueillis, au mieux par une indifférence polie, au pire par le mépris.

La direction n’aurait-elle donc pour seule motivation que l’image d’entreprise vertueuse qu’elle pourra véhiculer à grand renfort de communication (si toutefois elle obtient ce label) ? A cette fin, la direction diffuse des chiffres opaques concernant le taux de femmes dans l’encadrement des journalistes. Afin de présenter un bilan pas trop honteux, elle inclut la filière édition qui ne fait pas partie de l’encadrement.

Le SNJ jouera le jeu de la négociation mais n’est pas dupe de ces manoeuvres.

Paris, le 4 juillet 2013

CCD, pigistes et cachetiers : l’emploi précaire, un dossier urgent et prioritaire

AA lettrine articlesC’est un plan de liquidation prémédité. Mis en place avec cynisme. Qui sème la confusion. Ce plan frappe tous les contrats précaires : CDD, pigistes, cachetiers ou intermittents. Il faut à tout prix le stopper. Pour le SNJ c’est la priorité.

Préméditation. Depuis des années, la direction réduit l’activité, supprime éditions d’information et programmes. Dernières preuves en date : disparition de l’édition de la nuit de France 2, suppression de la locale de Strasbourg, nouvelles fermetures estivales d’éditions et JT communs entre antennes de France 3. Enfin, activité réduite pour les salariés de la filière de production.

A la préméditation s’ajoute le forcing pour que les journalistes choisissent le forfait jours. Objectif affiché : en échange d’une augmentation de salaire, demander plus de productivité, alors que le forfait jours valide surtout une autonomie dans le travail. Ces gains de productivité, dont la direction rêve, se feront au détriment de l’emploi.

Cynisme. La direction sait qu’elle devra payer les conséquences de ses actes. Les tribunaux multiplient les condamnations. Mais le calcul est simple et cynique : en raison des délais des procédures, il faudra payer plus tard. Sur un futur budget annuel. Autre posture : quand le procès est perdu d’avance, la direction propose une transaction. Un chèque contre le silence et l’arrêt des poursuites.

Le sort des centaines de salariés réduits au chômage ou au RSA ? La direction s’en moque. Honteux, quand on connaît les gabegies dans les hautes strates de France Télévisions.

Confusion. Ouverte en janvier, la négociation sur l’emploi « non permanent » s’enlise. L’objectif de baisser la précarité en intégrant pigistes, CDD et cachetiers, s’éloigne : partout, la direction réduit l’activité et met les précaires à la porte. Deuxième source de confusion : la proposition, faite par la direction, d’un accord global. Il regrouperait différents sujets : la précarité, le contrat de génération, les compétences complémentaires mais aussi le plan de départ volontaire.

Pour le SNJ, il n’est pas question de négocier ce dernier point, dont la seule responsabilité incombe à la direction. Un accord sur l’emploi précaire passe donc par l’abandon de ce « paquet-cadeau » sur l’emploi.

Troisième source de confusion : l’incohérence et l’irresponsabilité de la direction. Certes, l’Etat actionnaire demande des efforts. Mais c’est bien la direction qui a gonflé de manière éhontée les effectifs de la hiérarchie, au détriment des équipes de terrain. De très gros salaires qui plombent tout France Télévisions. Elle doit réparer ses erreurs.

Le SNJ exige de négocier au plus vite un accord sur la réduction de l’emploi précaire, avec des priorités d’embauche pour les plus anciens. Il y a urgence. Pour les précaires, comme pour tous les salariés de France Télévisions. Un plan social serait une aberration et une mise en danger de toute l’entreprise.

Paris, le 27 juin 2013

France 2 : Les maux de minuit

AA lettrine articlesAprès avoir affiché sa volonté de supprimer le « Journal de la Nuit » de France 2, c’est à l’émission culturelle « Des Mots de Minuit » que la direction décide de s’attaquer. Une des rares émissions du service public qui permet aux artistes et écrivains de s’exprimer en longueur, de se découvrir, d’échanger et de s’étonner les un(e)s, les autres. Nul doute que « Les Enfants de la Télé » et autres suiveurs du privé vont se délecter à rediffuser à satiété les nombreux moments exceptionnels de cette émission, servie par une équipe très pro et un journaliste connaisseur et passionné.

Sa suppression serait également un mauvais coup porté contre la qualité des programmes de la nuit sur les chaînes du service public. D’autres émissions de 3ème partie de soirée seraient menacées. L’antenne de France 2 va-t-elle un jour « fermer » après 23h ? En attendant, le « Journal de la Nuit » et « Des Mots de Minuit » sont tous les deux réellement emblématiques du service public et de ses missions.

Le Comité d’Etablissement du Siège de France Télévisions vient de voter à l’unanimité ce jeudi 23 mai 2013 la tenue d’une séance extraordinaire afin d’étudier tous les moyens de s’opposer à ces suppressions arbitraires.

Paris, le 24 mai 2013

Emplois précaires : liste noire

AA lettrine articlesEn Languedoc Roussillon, il n’y a plus de CDD pour les journalistes qui ont osé engager une action aux Prud’hommes contre France 3. Lorsqu’en septembre 2012, la rédactrice en chef nous avait déclaré que son objectif était « zéro CDD », nous n’avions pas tout compris. Huit mois plus tard les choses sont hélas plus claires.

Il ne s’agissait pas seulement de réduire le nombre de jours de CDD, mais d’éjecter les précaires historiques et longues collaborations de l’antenne de Montpellier. Parce qu’aujourd’hui des contrats à durée déterminée, il y en a toujours, sauf qu’ils sont attribués à d’autres journalistes. Des précaires plus jeunes, avec moins d’ancienneté… mais à qui l’entreprise réserve le même triste sort dans quelques années?

User des femmes et des hommes jusqu’à la corde (parfois entre 10 et 17 ans de CDD à répétition), pour ensuite les virer et les remplacer par d’autres est une méthode détestable qui perdure aussi dans l’audiovisuel public. Rédacteurs en chef, directeurs d’antenne, directeurs des ressources humaines : tous justifient ces « remplacements » en habillant les nouveaux venus d’aptitudes qui seraient rares et indispensables (compétence complémentaire, présentation, etc…).

Ce serait pathétique et risible si la vie professionnelle et personnelle de nos collègues n’était pas en jeu. Car ces remplacements ne sont en rien liés à des CV rares et recherchés. Rien qu’à Montpellier, plus de 10 journalistes CDI exercent la compétence complémentaire, tout comme une consoeur CDD, pourtant « black listée ». Pour la présentation, il y a au moins sept journalistes CDI avec de l’expérience sur Montpellier, mais aussi une consoeur CDD, pourtant « black listée ».

Le 15 avril nous étions 93 % en grève pour réaffirmer notre soutien à nos collègues et dire notre opposition à ces sales méthodes. Ceux d’entre nous qui ont pu se rendre à l’audience des Prud’hommes ont été particulièrement choqués par le témoignage de la rédactrice en chef. Nous attendions de cette consoeur de la solidarité, voire de la compassion, de l’humanité ou du courage.

Nous avons eu un témoignage à charge contre nos consoeurs et confrères en CDD (« ils ont refusé des contrats… »), un témoignage qui pour nous relève de la délation. Alors OUI, il y a « black-listage » à Montpellier et NON rien ne justifiera jamais une telle attitude humiliante et discriminante vis à vis de salariés.

Montpellier, le 22 mai 2013

« Mur des cons » : mensonge, mur et vidéo

AA lettrine articlesLa “spirale du mensonge” entraîne les petits comme les puissants. Voilà que le journaliste auteur de la vidéo du “mur des cons” avoue, après un week-end de dénégation. Il confirme ne jamais avoir informé sa hiérarchie de cette vidéo “par peur de la censure d’une rédaction contrôlée par les syndicats, tous proches du syndicat de la magistrature” ! La défiance vis-à-vis de ses consoeurs et confrères. Un procès politique en guise de défense. La volonté délibérée de nuire à des magistrats, à travers un de leurs syndicats. La violation de toutes les règles éthiques. On l’a connu meilleur chroniqueur judiciaire.

Donc cette vidéo, quoi qu’on pense de son contenu, a bien été filmée par un journaliste de la rédaction nationale de France 3, avec son téléphone professionnel, pendant un reportage. Problème, dans les jours qui suivent, il n’en fait part à personne au sein de la rédaction. Pire, il multiplie mensonges et manoeuvres malhonnêtes. Dès publication de la vidéo par « Atlantico », il insiste lourdement pour que le sujet soit traité par France 3, en dissimulant à la rédaction la véritable origine des images ! Puis, sur le point d’être confondu, il nie face à ses confrères et à sa hiérarchie être l’auteur de la vidéo.

Aujourd’hui, il nie uniquement l’avoir transmise, mais affirme en avoir donné copie à un magistrat. Mensonge après mensonge, quelle audace, quel talent ! A la lumière de cette confession, la direction devra prendre ses responsabilités. Nous ne nous substituerons pas à celle-ci. En revanche, le SNJ, premier syndicat de la profession, utilisera tous les moyens nécessaires pour défendre l’honneur et l’intégrité des journalistes. Car cette affaire porte un préjudice grave aux consoeurs et confrères de la rédaction nationale de France 3, à tous les journalistes de France Télévisions et à notre profession.

Paris, le 30 avril 2013

Suppression du journal de la nuit : la nuit, je mens

AA lettrine articlesNous y voilà. Sept mois après l’annonce du plan Info 2015 et de la fusion des rédactions, le directeur de l’information éteint une première lumière et supprime le Journal de la Nuit de France 2. Parmi les raisons avancées : le « doublon » avec le Soir 3 sur France 3. Ces deux éditions existent pourtant depuis des années, chacune avec son identité et ses équipes.

Ce choix regrettable et condamnable démontre bien que la direction ne défend plus l’autonomie des chaînes et l’indépendance des rédactions. Elle prépare une fusion / disparition. Ce printemps, c’est France 2 qui trinque en premier avec son édition de la nuit, mais qui sait demain ce que deviendront les éditions du « 19/20 » face au 20H et le « 12/13 » face au 13H ? Combien de JT seront supprimés au nom de la « cohérence de groupe » ?

Depuis l’annonce du plan Info 2015, Thierry Thuillier parlait « d’instinct de survie pour  l’information » à France Télévisions. C’est donc l’instinct du liquidateur qui a pris le dessus. Depuis des mois, notre direction jure ses grands dieux que la fusion, « si elle doit se faire, ne menacera pas l’existence des éditions ». Triste volte-face, une fois de plus.

Le SNJ défend un service public audiovisuel fort, pluraliste et indépendant. La première mission du service public est l’information. Le SNJ demande a Thierry Thuillier de revenir sur sa décision, de tenir ses engagements de ne pas supprimer d’édition, et de rétablir la programmation du Journal de la Nuit pour la saison prochaine et les suivantes.

Paris, le 25 avril 2013

Déontologie : le numérique aussi !

AA lettrine articlesL’application de l’accord journalistes du 15 septembre 2011, dans sa partie déontologie et principes professionnels, n’est visiblement pas la même sur tous les supports et dans toutes les antennes. A France 3 Centre, pas de problème pour mettre en ligne des sujets, des magazines entiers (y compris sur des sujets sensibles) sur le net, sans aucun synthé, bien avant la diffusion sur l’antenne “premium”. Sans doute dans le but de générer des “clics”.

Depuis le 8 mars, un magazine de 14 minutes sur les “Identitaires” de Touraine, un groupe d’extrême-droite, a été mis en ligne sur le site de France 3 Centre. Les protagonistes ne sont pas synthétisés sur le support vidéo, mais simplement mentionnés dans un texte d’accompagnement. Le logo France 3 n’apparaît même pas. Les utilisations dans le montage d’images tournées par ce groupuscule ne sont pas mentionnées, comme le prévoit clairement l’article 2.3 de l’accord du 15 septembre 2011 :

« Toute image doit être correctement identifiée (lieu et date, heure si nécessaire, mention archives…) quels que soient les supports. […]  Les sources d’images se sont diversifiées et le risque est grand, dans plusieurs secteurs de l’actualité , que les journalistes soient associés, même malgré eux, à la réalisation de «plans médias» initiés par des intérêts extérieurs. Les images fournies par des amateurs directement ou via internet et réseaux sociaux, des sociétés ou organismes extérieurs doivent faire l’objet d’une attention particulière lors de leur utilisation. Elles ne doivent pas constituer un reportage à caractère publicitaire, promotionnel ou partisan. La source sera clairement identifiée à l’antenne. « 

Les “Identitaires“ se sont emparés ce week-end de la version brute de ce magazine et l’ont postée sur You Tube, puis sur leur propre site, accompagné de leur logo. Evidemment toujours sans synthé. Les partisans de Marine Le Pen, constatant sans doute que la vidéo reste en ligne en toute impunité, la postent également sur leur forum. Alors que l’émission Enquête au Centre ne sera diffusée que ce vendredi 22 mars au soir !

Que France 3 mette en ligne des sujets dans des conditions aussi peu respectueuses du travail journalistique et des internautes est navrant. Qu’elle en facilite la récupération par un groupe virulent à des fins politiciennes est inacceptable. Sous couvert d’exclusivité, elle bafoue à la fois la déontologie et le droit moral des journalistes.

Par son inaction face à ces faits, la direction permet à ces groupuscules aux idées et aux propos haineux d’associer leur image à celle de la télévision publique et d’instrumentaliser sans être inquiétés le travail des journalistes. La direction, pourtant prompte à faire saisir par huissier des tweets quand elle estime qu’ils nuisent à l’image de France Télévisions, brille dans cette affaire par son inaction, alors même que l’encadrement rédactionnel est parfaitement au courant du problème.

Le SNJ exige donc que la vidéo du magazine dans sa version non titrée soit sans délai retirée du site de France 3 Centre, et que la direction somme immédiatement les “Identitaires“ et les partisans de Marine Le Pen de retirer la vidéo de leurs sites, ainsi que de You Tube. Les sujets d’information doivent être mis en ligne avec toutes les données journalistiques nécessaires, quel que soit le support. Hors de question sous couvert de contraintes techniques, de diffuser sur le web unreportage qui ne se retrouverait jamais sous cette forme à l’antenne. Le SNJ va par ailleurs saisir le Comité de suivi “déontologie“ de l’accord journaliste, et se réserve le droit d’aller en justice pour faire respecter les droits moraux des journalistes.

Paris, le 22 mars 2013

Déontologie : une information porteuse, mais fausse

AA lettrine articles“Une information puis un démenti, ça fait deux informations”, disait le fondateur de France Soir, journaliste certes brillant, mais aux propos parfois très cyniques. L’affirmation semble, hélas, devenir un principe à l’heure du flux et du reflux. Ce week-end, à la une du journal “Le Parisien”, un témoignage exclusif, dont ce quotidien aime à faire ses choux gras. Une mère porteuse de Calais dit tout de son expérience de gestation pour autrui. Branle-bas de combat dans toutes les rédactions. Voilà que la petite dame tourne en boucle sur toutes les chaînes d’information en continu.

La rédaction nationale de France 3 attend avec fébrilité le reportage de l’équipe de France 3 Nord-Pas-de-Calais. Celle-ci trouve porte close. La mère porteuse ne répond plus. Etrange. Mais aucune interrogation sur le pourquoi de cette dérobade : ce qui compte, c’est de faire comme tout le monde, non ? Alors, on ne change pas une équipe qui perd.

Au réveil, dimanche matin, on achète le témoignage à BFM-TV, fournisseur de plus en plus fréquent de nos éditions, euros à l’appui. Tout va bien, jusqu’à lundi matin. On apprend alors que cette femme a tout inventé et que son témoignage est bidon. Mardi soir, cette « info » est toujours en ligne sur le site de France 3 Nord-Pas-de-Calais…

La belle affaire. Comme si de rien n’était, notre direction de l’information continue à vouloir aller plus vite que la musique. Diffusons parce que le voisin a diffusé. Répétons parce que l’autre a répété. Reproduisons parce que l’autre a copié. Quand l’information circulaire prend le pas sur le journalisme. Ce n’est pas le rectificatif lu dans le 19/20 national de lundi qui règlera le problème de fond. Il est temps de traiter les causes plutôt que d’avoir à subir les conséquences : le déshonneur pour la profession, et le discrédit aux yeux de notre public.

Paris, le 12 mars 2013

Fusion des rédactions : quand le directeur des rédactions dérape dans la presse

AA lettrine articlesLe 28 février dernier, dans un article du journal professionnel « Satellifax », Thierry Thuillier avait pleine page pour s’exprimer à la fois sur le Grand Soir 3 et sur le plan de fusion des rédactions (Info 2015). Réservant une fois de plus ses annonces à la presse, et pas aux salariés des rédactions
concernées par la fusion, il a dérapé en évoquant l’attitude des différentes SDJ (Société des Journalistes).

Si la SDJ de France 2 semble déjà avoir accepté d’entrer au comité de pilotage d’Info 2015, Thierry Thuillier s’avance sur le choix de la SDJ de France 3, qui doit se prononcer bientôt sur sa participation ou non à ce comité “pilote” de la fusion des rédactions. Il affirme que deux attitudes sont possibles : “celle de l’autiste” et “celle de l’échange”. Voilà donc la vision du dialogue prônée par Thierry Thuillier.

Au delà du choix proprement indigne du terme, il présente donc les journalistes de la rédaction nationale de France 3 (très largement hostiles à la fusion des rédactions), comme des gens psychologiquement incapables d’accepter ses réformes. En creux, est-ce une menace dirigée vers tous ceux, SDJ ou syndicats, qui ne suivraient pas le mouvement ?

Sachez, Monsieur le directeur, qu’il n’y a pas d’opposition systématique à vos projets. Le SNJ s’est montré impliqué et constructif dans plusieurs dossiers que vous portez, comme celui du serveur informatique Ifab-Inat. Loin de se limiter à un “non” de principe, le SNJ a échangé, débattu, proposé. Hélas en vain.

Aujourd’hui, c’est parce que nous sommes convaincus que la fusion des rédactions menace le pluralisme et la richesse de l’information de service public que nous refusons Info 2015. Un conseil alors. Que vous assumiez votre choix et votre politique est une chose, mais que notre opposition sur ce projet vous pousse à déraper est inacceptable. Nous espérons que cette tentative d’intimidation n’empêchera pas la communauté de l’atrium de refuser massivement de participer au comité de pilotage d’Info 2015.

Paris, le 5 mars 2013