Sombres horizons

Préalable CSE Siège des 9 et 10 mars 2021

Un audit pour seul projet… Voilà à cette heure ce que nous savons des perspectives de l’actuelle direction de l’Information. Une étude initiée avant la crise sanitaire, parait-il, et qui a commencé il y a peu. Des objectifs énoncés mais obscurs, un contexte mais sans sous-texte. De quoi nous inquiéter quant à sa finalité. Planification de notre activité, conformité des organisations du travail avec les accords collectifs – la belle affaire ! – une dose de gestion de congés, répartition des tâches entre les services. Et ce qui nous chagrine le plus en ce moment, ce sont les conditions des recours aux CDD. Un serpent de mer souvent mis en avant quand la direction veut faire des économies et se séparer de précaires ayant acquis des droits à l’intégration. Nous n’avons pas à avoir peur d’un audit, tant la rédaction nationale est à flux tendu depuis des lustres. Mais en revanche, si cette étude met en avant les castings exacerbés, les journalistes mis à l’écart, brimés, maltraités, discriminés, alors nous sommes preneurs. Si cet audit met en avant le trop grand nombre d’encadrants dans nos services et notre direction, là aussi nous disons banco. Et enfin si cela remettait seulement l’information au cœur de nos journaux, nous pourrions accompagner la démarche. Mais rien de tout cela… mais on nous dit quand même de ne rien y voir de suspect. L’éditorial attendra… nous verrons a priori fin avril ce que donnera cet audit et surtout à quoi il sera utilisé. Nous, pendant ce temps- là, nous aimerions voir tellement de choses changer…

Autre question cruciale pour les rédactions du Siège : à quoi sera utilisée l’agence de presse interne que France Télévisions vient de créer, via sa filiale france.tv studio ? Cette structure sera-t-elle un outil permettant aux journalistes et techniciens du service public de produire plus de magazines et de documentaires pour nos antennes ? Ou, au contraire, cette filiale va-t-elle siphonner les rares magazines encore produits au Siège ?

Le SNJ exige des engagements fermes de la direction sur ce point. Nous souhaitons d’ailleurs qu’à l’occasion du lancement imminent de l’émission « Affaires Sensibles » sur France 3, le CSE Siège puisse examiner la répartition des productions des magazines d’information nationaux de 2015 à 2020 : quelle part pour la production interne, quelle part pour les achats extérieurs ?

Nous souhaitons aussi interpeller la direction sur la situation de certains correspondants. Certains journalistes de France 2 en régions vont connaître un changement radical de leurs conditions de travail. À Rennes et à Poitiers, ces correspondants de la rédaction nationale vont perdre leur bureau indépendant pour intégrer les « newsrooms » des rédactions régionales de France 3 à la faveur d’un déménagement dans de nouveaux locaux.
Il nous semble nécessaire que la CSSCT (Commission Santé, Sécurité et Conditions de Travail) du siège se saisissent de ce dossier dans le cadre d’une dégradation des conditions de travail. Devoir se fondre dans une « newsroom » dont les missions diffèrent avec un encadrement différent est un non-sens journalistique. Avec une perte importante de confort de travail. 

En outre, avec la pandémie, cette intégration est également un non-sens sanitaire, d’autant que ces correspondants n’ont aucune possibilité de télétravail.

Nous voyons dans cette absorption les prémices d’un changement de mission des équipes, voire leur disparition pure et simple en tant que journalistes dédiées aux éditions nationales.

Il est important que la CSSCT du siège se penche sur ce dossier car elle concerne des journalistes de la rédaction nationale confrontés à un changement de structure. ‌

Ce liminaire alerte aussi sur la situation que nous avons déjà évoquée à multiples reprises auprès de l’actuelle direction de l’information. Celle du service des journalistes reporteurs d’images. Des alertes qui ne sont pas prises au sérieux, renvoyant les intéressés à leur encadrement. Mais l’un des soucis réside justement dans la gestion de ce service. Sans détailler outre mesure les problèmes rencontrés par les salariés, nous demandons que le directeur de l’information reçoive les élus pour aborder les graves dysfonctionnements qui abiment ce service, entité essentielle dans notre rédaction.

Paris, le 9 mars 2021

LIMINAIRE SNJ CSE RÉSEAU Monsieur le directeur, maîtrisez vos nerfs !

Le ton employé à l’égard des élus lors de notre dernier CSE nous a laissé un goût amer et n’augure rien de bon pour la suite du dialogue social au sein du réseau, si tant est que ce dialogue a toujours cours dans une instance que vous avez peu à peu vidée de son sens.

Un CSE qui se délite à coups de remarques désobligeantes, d’envois tardifs de documents, de méconnaissance des réalités régionales et d’indifférence pour un conflit social qui a durablement marqué ce début d’année.

Vos réflexions à haute voix, votre légèreté à l’égard de certains points abordés en séance, ont été blessantes.

Vous avez tancé l’enquête sur la santé des élus réalisée par une étudiante en psychologie sur ce ton, « Je ne vois pas en quoi le gentil rapport de la petite stagiaire nous apporte quelque chose. Tout ce qui est dedans nous le savons», comme le ferait un professeur revêche, la règle à la main, devant une classe de cancres ou de mauvaises têtes.

Vous n’êtes pas notre maître d’école et nous ne sommes pas vos élèves ! Et vous n’êtes surtout pas notre directeur de conscience en distribuant les bons et les mauvais points. Monsieur le directeur, maîtrisez vos nerfs !

Peut-être qu’avec la nomination d’un nouveau DRH à la tête du réseau, nous y gagnerons en dialogue, en écoute et en respect des élus. Car le précédent n’a pas fait montre d’une grande imagination dans la recherche de solutions, notamment sur les problèmes de santé au travail.

Nous avions souvent le sentiment d’être peu entendus, et même d’être disqualifiés sur nos alertes dans le réseau (26 au total, excusez du peu !) et que les expertises à peine restituées étaient vite glissées sous le tapis.

Dernier exemple en date, ce rapport des experts Lillois qui pointe les carences de la direction dans la gestion catastrophique d’un dossier douloureux. A Lille, des salariés sont toujours en souffrance après la restitution d’une enquête maladroite de la ligne directe harcèlement, instrumentalisée par une direction avide de désigner rapidement des boucs émissaires.

Dans ce cas précis, comme dans bien d’autres, comment allez-vous ramener les managers à leur rôle essentiel : gérer l’humain ? Plutôt que de gérer des cases, des produits, des audiences, du cross postage, comment allez-vous replacer les salariés au cœur de l’activité et de vos préoccupations ?

Et puis, comment allez-vous gérer les métiers que vous semblez vouloir remettre en cause à travers des négociations tronquées ? Les scriptes avec le projet NRCS ? Les techniciens avec les régies transformées en automates ? Les journalistes avec un 18h30 chronophage et si peu ambitieux ?

D’ailleurs, la réunion de la commission économie et structures élargie a été révélatrice de l’inertie qui semble vous gagner, malgré votre signature apposée au bas du protocole de sortie de grève SNJ-SUD-CGT, pour tenter de répondre à nos demandes …

Que veut dire votre signature, après 14 jours de conflit, si c’est pour bloquer tout recours à l’emploi non permanent, là où pourtant les besoins sont les plus criants?

Chaque antenne se voit attribuer des moyens dérisoires, insuffisants pour faire une tranche d’information de proximité et de qualité qui puisse répondre aux attentes de nos publics. Quelle déception pour les salariés du réseau !

Alors en conclusion, pour parodier le dernier message de la communication interne (« écrivons ensemble notre raison d’être ») écrivons ensemble cette régionalisation, mais vraiment ensemble ! En associant tous les salariés, pas en les mettant devant le fait accompli, comme vous continuez de le faire, sans scrupule ni réflexion.

Sachez que le SNJ prendra à nouveau toutes ses responsabilités au plan social et juridique si vous n’entendez pas ce message qui est, n’en doutez pas, un véritable ultimatum.

Le 24 février 2021

Dénis en séries

Préalable au CSE Siège 9 et 10 février 2021

Confiance, respect, dialogue social, double langage ! Facile de trouver l’intrus : c’est celui qui qualifie le mieux le comportement de la direction.  

Dans cette instance, à plusieurs reprises, nous avons demandé des comptes sur les expérimentations concernant le métier de journaliste/monteur. Car une expérimentation est prévue dans un document officiel du plan de formation, puis démentie par la direction : « c’est une erreur, ne vous inquiétez pas, rien ne se fera sans consultation préalable des organisations syndicales. »

Le mois dernier, profitant de la présence au CSE du siège du rédacteur-en-chef de France Télévisions Régions (FTR) – rédaction basée à Vaise – nous lui posons la même question puisque l’expérimentation semblait annoncée entre autres sur son site. « C’était en effet programmé, dit-il, mais ce n’est plus d’actualité ». « Vos arguments nous ont convaincus », confirme alors le président de l’instance. 

Une semaine plus tard, les organisations syndicales  reçoivent une convocation pour assister à une discussion dans le cadre de l’ « Espace métiers », antichambre des négociations ! Et là, quelle mauvaise surprise ! À l’ordre du jour : FTR, les bureaux excentrés de France 3 et les 1ères seront concernés par des expérimentations de journaliste/monteur. Voilà comment la direction envisage le dialogue, tout simplement en nous faisant croire qu’à l’instant où elle nous répond, elle dit la vérité. Mais tout peut évoluer… en quelques jours, voire en quelques heures…

C’est tout simplement scandaleux ! Pire encore, cela ne gêne pas certaines organisations syndicales, tant sur la forme que sur le fond, ce qui en dit long sur les envies de cogestion de quelques-uns. Le tout évidemment au détriment des salariés qu’ils sont censés défendre, en tout cas quand on lit leur littérature électorale. Parce qu’en séance : ils se taisent.  

On n’insulte pas l’avenir en disant oui à tout au présent. 

Autre double discours de la direction, celui de l’emploi. Le SNJ n’a pas signé la Rupture Conventionnelle Collective, rebaptisée par les signataires Plan de Recomposition des Effectifs ! La belle affaire !  

Nous avons appris la semaine dernière que des CDD longs à la rédaction nationale vont s’arrêter. Nos jeunes consœurs et confrères seraient victimes d’une étude organisée par la direction pour jauger les effectifs dans les services. Ce ne serait pas lié à une trajectoire budgétaire pré-établie, mais aux effectifs présents en début d’année, qui ne nécessiteraient pas de conserver certains CDD. Ce qui est faux.

Au-delà de notre inquiétude légitime, les annonces faites à quelques jours de la fin de ces contrats en dit aussi long sur la méthode. Une direction sans boussole, qui placardise d’un côté avec des castings exacerbés qu’elle ne reconnait d’ailleurs pas, et qui de l’autre se sépare de jeunes talents mis en avant sur toutes nos antennes nationales. La concurrence, TF1 en tête, sait en profiter au grand dam de France télévisions ! 

Alors, parle-t-on vraiment d’une recomposition ou d’une décomposition des effectifs ? Rien sur l’encadrement pléthorique, comme sur le nombre de directeurs adjoints ou d’encadrants dans les services et les éditions ! Ni sur le coût en part variable qu’ils génèrent ! Non bien sûr, ceux qui nous dirigent n’ont que faire de la précarité des uns et de la souffrance au travail des autres. 

Revenons aux castings exacerbés. Le 28 janvier dernier, lors d’une rencontre avec le directeur de l’information, le SNJ a une nouvelle fois dénoncé ce fléau qui place certains journalistes au premier plan, dans le beau rôle de ceux qui passent à l’antenne. Et les autres dans un second rôle, celui de petites mains. Vos représentants ont rappelé cette phrase tristement célèbre du directeur de la rédaction nationale, selon laquelle « il y a des Ferrari et des 2 CV ». 

Cette dérive qui persiste depuis de nombreuses années, provoque beaucoup de souffrances. Elle s’est aggravée à cause du Covid, arme de destruction massive avec la mutualisation des sujets entre les différents JT nationaux. Certains journalistes ex-France 3, non acceptés parl’encadrement de France 2, ayant été empêchés, notamment pendant le premier confinement, de réaliser certains sujets pour France 3 car ils devaient être rediffusés dans le 20 heures !!  

Le directeur de l’information a soutenu que nous étions sortis « d’une période plus compliquée » du point du vue des castings au 20 heures. Et d’ajouter : « Les mots que vous employez sont graves, tout ce qui est de l’ordre de la discrimination est à bannir, toute situation mise au jour ne sera pas acceptée ». Le SNJ a insisté, en parlant de système qui broie certains salariés, en particulier au 20 heures. Démenti ou tentative de minimiser de la part d’un directeur adjoint pour qui « ce n’est pas systémique ». Et d’ajouter : « on n’est saisi que rarement » sur cette question. Pourtant, lorsque ce ne sont pas les rédacteurs-en-chef des éditions qui font le casting, les chefs-de-services s’en chargent à leur place.  

D’ailleurs, le détachement d’équipes itinérantes en régions, n’est-il pas, parfois, un moyen de sélectionner des journalistes au « profil 20-heures », sans doute au détriment de certains correspondants en régions ?  

La direction précise qu’elle posera la question du « qui fait quoi dans les services ? ». Une sorte d’audit, mais pas pour évaluer la productivité de chacun, selon le directeur de l’information.  

Mais alors pour quoi faire ? Pour se poser des « questions individuelles », « si des cas sont mis au jour, on les traitera», ajoute-t-il sans plus de précision. Va-t-on tenir compte du fait que celles et ceux qui ne sont pas dans le casting font inévitablement moins de sujets ? Le piège se refermera-t-il ainsi sur les journalistes que l’on veut écarter ? Le risque est patent. La ficelle est un peu trop grosse, et nous ne laisserons pas faire…  

Nous n’en sommes plus à dénoncer ces faits, nous voulons que la direction sorte du déni et mette fin à ces situations. Nous sommes prêts aujourd’hui à porter devant la justice, un certain nombre de témoignages édifiants. La direction est prévenue. 

Paris, le 9 février 2021

Le réseau compresseur !

LIMINAIRE DU SNJ CSE RESEAU – Décembre 2020

Après une année très éprouvante, une année hors du commun marquée par une crise sanitaire sans précédent qui nous a tous affectés, nous tirons un bilan à la fois amer et singulier.

Singulier car le réseau n’aura pas été épargné, les atermoiements de la direction pour veiller à la protection des salariés comme l’affaire du gel hydro alcoolique défectueux ou l’absence de masques auront pesé sur le moral des troupes.

La mise en place du télétravail fut tout aussi poussive et incertaine sans les moyens que doit mettre en place une entreprise moderne et responsable.

Que dire aussi de la vraie fausse prime covid, dite « exceptionnelle », qui génère des tensions, des incompréhensions dans les antennes entre salariés et qui est laissée au pouvoir discrétionnaire des seuls managers ?

Malgré cela, les salariés ont tenu leurs rangs et ils sont fiers d’avoir pu continuer à assurer un service public de l’information et la qualité des antennes au plus près des téléspectateurs.

Mais que penser des traces que va laisser cette pandémie qui perdure et à laquelle il va falloir ajouter les économies encore demandées à l’entreprise pour répondre aux difficultés du moment ?

Le réseau a déjà payé un lourd tribut en termes de perte d’ETP !

Quant aux engagements non tenus, ils provoquent amertume et dépit chez un grand nombre de salariés.

Tous ces départs massifs dans le cadre de la RCC (Rupture Conventionnelle Collective), qui ne sont pas remplacés. Et malgré tout, la direction s’obstine à faire passer au forceps une réforme de la régionalisation à flux tendus et sans aucuns moyens humains et financiers pérennes.

La restitution des fameux ateliers de réflexion est un véritable simulacre de concertation.

Chaque direction tire vers le bas ces 13 minutes supplémentaires qui seront mises à l’antenne à la rentrée avec une impréparation totale, pour ne pas dire une improvisation qui laisse à désirer.

Avec « ce projet industriel ambitieux et nécessaire », comme vous l’avez-vous-mêmes qualifié, monsieur Desnoyers, lors de notre dernier CSE, on risque désormais l’accident industriel brutal !

Avec comme corollaire, la casse méthodique des métiers et les risques psychosociaux qui gagnent du terrain chaque jour sur des personnels épuisés.

Et que dire de l’égalité femmes hommes, qui n’est toujours pas atteinte et a même reculé ?

Dans le réseau régional, malgré un deuxième mandat pour une femme à la tête de l’entreprise FTV,  le plafond de verre encore épais est toujours là.

Nous vous avons alertés à plusieurs reprises sur toutes ces questions cruciales.

Vous dites que vous entendez, certes, mais vous faites encore la sourde oreille !

C’est pourquoi le SNJ prendra ses responsabilités et étudiera tous les moyens nécessaires pour être vraiment entendu, et ce, dans l’intérêt de l’ensemble des salariés du réseau France 3.

Le 17 décembre 2020

CSE Réseau France 3 des 26-27 novembre et 4 décembre 2020 : notre compte-rendu

EN MODE CONFINEMENT, UN CSE TOUJOURS SOUS TENSION

Décidément le CSE du réseau régional France 3 vit un automne bien compliqué. Le nouveau président de l’instance, François Desnoyers, a pris ses fonctions mi-octobre mais il semble avoir un peu de mal à prendre la main sur une instance marquée jusque-là par une grande instabilité directoriale.

Les élus veulent parler de sujets généraux comme la régionalisation ou les nouvelles tranches d’information qui débutent dans à peine six semaines, mais la direction n’est pas disposée à argumenter sur le fond et elle  fait reporter ces sujets aux CSE de janvier ou février !

Des élus abordent des sujets plus concrets, comme les conditions de travail par temps de confinement hivernal… et ils se font vertement rembarrés par un DRH très nerveux ! Ce ne serait ni le moment ni l’instance pour en parler, alors que les directeurs régionaux renvoient sans cesse les questions des représentants de proximité vers le CSE !

Tour à tour étonné ou agacé par nos questions, notamment sur les moyens du futur 18h30, le nouveau directeur du réseau, malgré plus de douze heures d’échanges, n’a pas pu vraiment répondre à nos questions pourtant très diverses . Et résultat : plus de la moitié des points prévus à l’ordre du jour ont dû être reportés.

Nouveau système d’information des rédactions (NRCS) à France 3 Paris Ile-de-France.

Le NRCS se veut l’articulation de deux logiciels Newsboard et Open Média qui vont à terme remplacer Gilda au national, Mona Lisa dans les régions, inews pour les rédactions d’outre-mer, et Dalet à France Info.

Le déploiement de ces nouveaux systèmes se fera jusque fin 2023 dans le réseau régional, mais l’urgence du moment c’est F3 Paris-Ile-de-France.

Intégrées dans les outils techniques du siège, la rédaction et les équipes techniques d’IDF doivent adopter au plus vite les systèmes qui se déploient pour la rédaction nationale. D’où la consultation en urgence de notre instance.

Le responsable des équipes techniques au siège, porteur du projet informatique, se veut très rassurant. « Il n’y aura aucun impact direct sur les métiers et les pratiques… du moins dans l’immédiat », précise Romuald Rat. Pour autant, les élus n’ont pas voulu donner carte blanche à la direction sur les déploiements de ces nouveaux logiciels. Pour plus d’efficacité, ils ont simplement élargi la mission d’expertise donnée par le CSE central au cabinet Secafi, et ont chargé les experts de ce cabinet de nous donner un éclairage particulier sur ses conséquences sur l’emploi et les métiers pour tous les actuels et anciens personnels d’IDF.

Charte de téléphonie pour le projet “Un smartphone pour tous”

Au détour de ce projet de charte, les élus SNJ ont dénoncé le risque d’une atteinte au principe de la protection des sources. Si nous avons obtenu quelques promesses de modification, ces compléments sont très succincts et ne règlent pas deux problèmes essentiels à nos yeux :

  • comment fournir aux personnels non permanents, notamment aux CDD « longues collaborations », des téléphones devenus indispensables à l’exercice de nos métiers ?
  • comment protéger réellement les sources des journalistes qui nous semblent potentiellement menacées à travers ce projet de charte ?

Nous avons finalement participé à l’expression unanime des élus et organisations syndicales sur ce sujet, tout en réitérant notre demande de négociation d’un accord syndicats/direction pour mieux protéger les sources et les données des journalistes. Face à nos arguments, le directeur du réseau a bien concédé qu’à son avis « il y a là un vrai sujet. Je ne peux mengager sur louverture dune négociation mais je mengage à porter la demande de négociation sur le sujet de la protection des sources des journalistes. »

Nous vérifierons très vite si cet engagement est tenu et si ce n’est pas le cas, le SNJ entamera toutes les démarches nécessaires pour protéger les journalistes dans l’exercice de leur métier.

Compte rendu de la commission Antennes numériques et linéaires, et de l’information régionale et locale du 24 novembre 2020

A l’occasion de ce compte rendu de cette commission « Antennes », nous aurions bien voulu faire le point sur les projets des rédactions régionales pour le nouveau 18h30… mais selon le directeur du réseau, « c’est trop tôt ». Un mois et demi avant la mise en place les différents directeurs ont été incapables de nous parler concrètement de ce projet ! Chaque région devra avoir écrit le contenu de son projet au 15 décembre.

Si le directeur du réseau a repoussé le démarrage de cette tranche d’infos au 25 janvier, il précise : « Mais ce 18h30 nest pas du tout représentatif de la logique de régionalisation que je veux mettre en œuvre lan prochain. »

François Desnoyers affirme qu’il faut inventer de nouvelles méthodes mais ne dit pas lesquelles. Et il agite de possibles menaces sur le service public de télévision s’il n’est pas au rendez-vous de la régionalisation. « Mon projet, je vous le présenterai fin janvier, au plus tard mi-février ! » Difficile d’en savoir plus.

La principale contrainte pour tout le monde, c’est l’absence de moyens financiers spécifiques pour ces nouveaux créneaux, contrairement à ce qui nous avait été annoncé à la fin de l’été. Il faudrait donc faire plus d’antenne sans récupérer les moyens alloués jusque-là aux programmes du national dans la même case de programme ! Une consigne assumée par François Desnoyers :

« Dans le réseau, on va donc continuer nos projets mais en lissant [c’est-à-dire en reportant] le déploiement des France Bleu sur France 3 et on va éviter de prendre de largent dans la poche des programmes. Et leffort d’économies du réseau régional ne devrait plus être aussi haut.  »

Quant aux UTS (unités de tournage avec smartphone), présentées comme une solution pour Germain Dagognet, directeur du projet de régionalisation, « ce n’est pas une fin en soi », pour Valérie Giacomello, directrice de l’information régionale. Pour l’un, cet outil s’impose aujourd’hui, pour l’autre, les UTS ne doivent pas représenter une obligation… juste un outil au service d’un mode de narration. 

Bilan de l’emploi au premier semestre 2020

Le DRH, Olivier Godard, s’est montré peu bavard et souvent très tendu lorsque des précisions lui ont été demandées. Les élus du CSE ont pu constater qu’il y a en la matière de vrais problèmes dans la gestion RH des quelques 3000 salariés du réseau.

Le réseau régional perd de l’emploi permanent de façon importante – 94  PTA et – 42 journalistes sur un an. Ce n’est pas nouveau et ça fait mal à l’heure où le projet de la régionalisation devrait au minimum conduire à maintenir les effectifs. Seul lot de consolation, il y a un léger rééquilibrage avec plus de femmes présentes parmi les journalistes.

-10 postes en AURA, = en BFC, – 4  en Bretagne, = en Centre Val-de-Loire, – 7 pour Grand Est, – 8 en Hauts de France, – 2 en Normandie, – 12 en Nouvelle Aquitaine, – 10 en Occitanie, – 60 pour PIDF mais attention transfert de salariés PTA dans les effectifs du siège, – 3 en Pays-de-la-Loire, – 13 en PACA, – 10 pour les services centraux du réseau. Y compris DRH, qui conserve plus de 90 postes.

Sans compter une perte d’effectifs de 27 postes pour la Fabrique.

Le plus dur à encaisser c’est que cette perte de postes de permanents s’accompagne d’une réduction très forte des CDD et intermittents : au global – 72,3 ETP (équivalent temps plein) pour les PTA, et – 21 ETP de journalistes. Et par région AURA – 6,9, BFC – 4,2, Centre-Val-de-Loire – 6,4, Grand Est – 9,5, Hauts de France – 14,1, Normandie – 5,3, Nouvelle Aquitaine – 10,5, Occitanie – 14,1, Paries-Ile-de-France – 17,1, Pays de la Loire – 1,8, PACA – 4,9.

A noter que ces réductions d’ETP concernent très majoritairement les PTA, sauf en Nouvelle Aquitaine et en Occitanie. Cette dernière région est même la seule où la réduction d’ETP CDD concerne majoritairement les journalistes.

La commission a également souhaité faire un focus avec beaucoup d’interrogations sur l’organisation du service RH du réseau ce qui a, à nouveau, passablement agacé son directeur. Le DRH Réseau s’est contenté de renvoyer à la présentation prévue en CSE central d’une nouvelle organisation de la RH de France Télévisions.

Les grandes lignes du plan de formation

Côté plan de développement des compétences, les élus de la commission ont souligné l’absence de présentation des orientations du projet stratégique de formation, ce qui a conduit le DRH Réseau à présenter le projet de plan 2021 comme un outil se construisant et s’adaptant en permanence, « au fil de l’eau ». Les élus ont reconnu la nécessité de s’adapter à ces circonstances exceptionnelles comme les épisodes de confinement et la crise sanitaire, mais ils ont estimé que cela n’exonérait pas la direction de présenter ses véritables intentions de formation et également de distinguer entre les formations obligatoires et non obligatoires.

Là encore, malgré la volonté de dialogue affichée par le Président de la commission, les élus qui y siègent ont du faire leur travail d’analyse avec des informations incomplètes ou mal mises en forme. Sans nier l’effort global de formation réalisé par FTV, les élus ont pointé ces carences importantes dans la présentation qui leur en a été faite.

Santé au travail : compte rendu des CSSCT extraordinaires du 23 novembre 2020 et du 1er décembre 2020.

Les points « Santé, sécurité et conditions de travail » ont donné lieu encore une fois à des échanges très tendus.

A la demande de la direction, les élus devaient en urgence donner leur avis sur les 23 Papripact (programme annuel de prévention des risques). Mais ni les membres de la commission SSCT ni les élus du CSE n’ont eu connaissance de ces documents suffisamment en avance pour rendre un avis motivé et éclairé. D’où une résolution très critique votée à l’unanimité des élus, par laquelle ils demandent au CSE central de rendre un avis négatif sur la politique de prévention des risques à FTV.

Puis la rapporteuse de la CSSCT a poursuivi la lecture des comptes rendus par le rapport d’enquête pour danger grave et imminent concernant une salariée de Grenoble détachée au siège. Cette enquête menée conjointement par une élue et une RRH représentant la direction a listé un certain nombre de préconisations très concrètes, dont certaines n’ont pas encore été réalisées. 

Mais déstabilisé par cette présentation, le DRH du réseau a souhaité y mettre un terme brutalement. Après discussion, il a été décidé de remettre à la CSSCT du 9 décembre les échanges sur ce rapport d’enquête et que la question reviendrait de façon plus synthétique au CSE des 17 et 18 décembre. Une décision prise après des échanges assez houleux, le DRH prenant à partie nommément certains élus et les accusant de mettre de l’huile sur le feu.

Des propos clairement menaçants auxquels le président a mis un terme en levant la séance. La suite du rapport de la CSSCT aura donc lieu au prochain CSE, avec encore des gros dossiers suite aux expertises ou enquêtes menées dans les antennes de Côte d’Azur et de Lorraine.

Prochain CSE, en visioconférence les 17 et 18 décembre 2020

Vos élus et représentants syndicaux SNJ :

Jean-Manuel Bertrand, Myriam Figureau, François Ollier, Hervé Colosio et François Latour