Déontologie : une information porteuse, mais fausse

AA lettrine articles“Une information puis un démenti, ça fait deux informations”, disait le fondateur de France Soir, journaliste certes brillant, mais aux propos parfois très cyniques. L’affirmation semble, hélas, devenir un principe à l’heure du flux et du reflux. Ce week-end, à la une du journal “Le Parisien”, un témoignage exclusif, dont ce quotidien aime à faire ses choux gras. Une mère porteuse de Calais dit tout de son expérience de gestation pour autrui. Branle-bas de combat dans toutes les rédactions. Voilà que la petite dame tourne en boucle sur toutes les chaînes d’information en continu.

La rédaction nationale de France 3 attend avec fébrilité le reportage de l’équipe de France 3 Nord-Pas-de-Calais. Celle-ci trouve porte close. La mère porteuse ne répond plus. Etrange. Mais aucune interrogation sur le pourquoi de cette dérobade : ce qui compte, c’est de faire comme tout le monde, non ? Alors, on ne change pas une équipe qui perd.

Au réveil, dimanche matin, on achète le témoignage à BFM-TV, fournisseur de plus en plus fréquent de nos éditions, euros à l’appui. Tout va bien, jusqu’à lundi matin. On apprend alors que cette femme a tout inventé et que son témoignage est bidon. Mardi soir, cette « info » est toujours en ligne sur le site de France 3 Nord-Pas-de-Calais…

La belle affaire. Comme si de rien n’était, notre direction de l’information continue à vouloir aller plus vite que la musique. Diffusons parce que le voisin a diffusé. Répétons parce que l’autre a répété. Reproduisons parce que l’autre a copié. Quand l’information circulaire prend le pas sur le journalisme. Ce n’est pas le rectificatif lu dans le 19/20 national de lundi qui règlera le problème de fond. Il est temps de traiter les causes plutôt que d’avoir à subir les conséquences : le déshonneur pour la profession, et le discrédit aux yeux de notre public.

Paris, le 12 mars 2013

Fusion des rédactions : quand le directeur des rédactions dérape dans la presse

AA lettrine articlesLe 28 février dernier, dans un article du journal professionnel « Satellifax », Thierry Thuillier avait pleine page pour s’exprimer à la fois sur le Grand Soir 3 et sur le plan de fusion des rédactions (Info 2015). Réservant une fois de plus ses annonces à la presse, et pas aux salariés des rédactions
concernées par la fusion, il a dérapé en évoquant l’attitude des différentes SDJ (Société des Journalistes).

Si la SDJ de France 2 semble déjà avoir accepté d’entrer au comité de pilotage d’Info 2015, Thierry Thuillier s’avance sur le choix de la SDJ de France 3, qui doit se prononcer bientôt sur sa participation ou non à ce comité “pilote” de la fusion des rédactions. Il affirme que deux attitudes sont possibles : “celle de l’autiste” et “celle de l’échange”. Voilà donc la vision du dialogue prônée par Thierry Thuillier.

Au delà du choix proprement indigne du terme, il présente donc les journalistes de la rédaction nationale de France 3 (très largement hostiles à la fusion des rédactions), comme des gens psychologiquement incapables d’accepter ses réformes. En creux, est-ce une menace dirigée vers tous ceux, SDJ ou syndicats, qui ne suivraient pas le mouvement ?

Sachez, Monsieur le directeur, qu’il n’y a pas d’opposition systématique à vos projets. Le SNJ s’est montré impliqué et constructif dans plusieurs dossiers que vous portez, comme celui du serveur informatique Ifab-Inat. Loin de se limiter à un “non” de principe, le SNJ a échangé, débattu, proposé. Hélas en vain.

Aujourd’hui, c’est parce que nous sommes convaincus que la fusion des rédactions menace le pluralisme et la richesse de l’information de service public que nous refusons Info 2015. Un conseil alors. Que vous assumiez votre choix et votre politique est une chose, mais que notre opposition sur ce projet vous pousse à déraper est inacceptable. Nous espérons que cette tentative d’intimidation n’empêchera pas la communauté de l’atrium de refuser massivement de participer au comité de pilotage d’Info 2015.

Paris, le 5 mars 2013


Journalistes-monteurs : haro sur les apprentis-sorciers

AA lettrine articlesIl n’est de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Concernant la vision hybride des métiers que nos directions veulent nous imposer, le SNJ revient sur les « JRI / monteurs » pour dénoncer à nouveau cette incongruité. Journées de grève, interpellations des délégués du personnel et des élus du comité d’établissement, la direction de l’entreprise a toujours fait la sourde oreille. Pire encore : elle avait même tenté, dans le cadre d’un préavis de grève, de valider le statut de journaliste – monteur via une négociation. La belle affaire.

Mais au delà de la morgue de nos dirigeants voilà qu’aujourd’hui le SNJ reprend la main. Comme nous l’avions dit nous avons saisi l’inspection du travail. Voici des extraits du courrier envoyé par l’inspecteur à la direction :

« Si ces faits sont avérés ils me conduisent à rappeler que les postes de monteurs et de journalistes sont distincts et sont associés à des missions différentes qui figurent dans les contrats de travail (…) cette utilisation des personnels contrevient aux accords collectifs de FTV sur les classifications professionnelles qui définissent précisément la profession de journaliste. (…) il convient de veiller à ce que les équipes de reportage soient constituées en respectant les classifications professionnelles et les missions de chacun »

Un courrier édifiant et qui inscrit clairement noir sur blanc ce qu’il est interdit de faire. Ce que nous dénonçons depuis des mois mais que le directeur des rédactions et sa garde rapprochée ignorent. Ils ignorent les accords signés et bafouent l’équilibre social de notre entreprise avec cette brutalité déjà dénoncée dans d’autres textes.

Ce courrier de l’inspection du travail nous permet aussi de rappeler nos principes. Le SNJ réaffirme donc aujourd’hui que l’accord du 21 septembre 2012 signé par le SNJ, la CFDT et FO sur les compétences complémentaires JRI/rédacteurs apporte la réponse appropriée et suffisante aux besoins des rédactions en matière de double compétence. L’extension à toute l’entreprise de dispositifs qui ont fait leur preuve à France 3 et à RFO est une bonne chose pour France Télévisions et ses salariés.

Le SNJ rappelle que :

  • le journalisme n’est pas une compétence complémentaire
  • la responsabilité éditoriale et juridique ne peut être exercée que par un journaliste
  • la qualité de l’information doit être le critère principal qui guide toute évolution des métiers et des compétences, qu’elles soient éditoriales ou techniques. La qualité « service public » doit être un label reconnu.
  • Il est urgent que la direction de FTV prenne la mesure des problèmes de santé et des accidents de travail dont sont victimes de très nombreux JRI. Un dossier crucial que la direction ne réglera pas en imposant aux JRI de nouvelles tâches, comme le montage, ou la réalisation de directs en extérieur.

En attendant que la direction réponde à l’inspection du travail, il est d’ores et déjà évident que cette fonction hybride de « journaliste / monteur » ou « monteur / journaliste » n’a plus sa place dans l’entreprise. Il est temps que ceux qui nous dirigent se souviennent que des accords d’entreprise signés sont faits pour être respectés.

Paris, le 26 février 2013

Le SNJ, première organisation de journalistes

AA lettrine articles

Le SNJ, premier syndicat de journalistes en France, est au service de tous les journalistes. Déontologie, juridique, salaires, conditions de travail etc… Pour toutes vos démarches, voici les contacts :

 

La permanence du SNJ à France Télévisions

Tous les jours, du lundi au vendredi, nous sommes là pour vous recevoir :

  • Sur place, au siège de France Télévisions, pièce D142
  • Téléphone : 01 56 22 88 28
  • Courriel : SNJ@francetv.fr
  • Site internet : snj-francetv.fr

La permanence du SNJ au siège du syndicat, 33 rue du Louvre, à Paris

Le SNJ est un syndicat indépendant. C’est l’assurance de conserver la souveraineté de ses décisions. Rejoignez-nous !

 

 

 

 

 

Sarkozy, FTV et Rue89 : non lieu et victoire pour la liberté de l’information

AA lettrine articlesUn non lieu final vient d’être rendu dans l’affaire où quatre journalistes, deux de France 3, deux de « Rue 89 »  et un technicien du Service Public avaient été mis en examen à la suite d’une plainte contre X pour « vol et contrefaçon ».

Le 30 juin 2008, le président de la République, qui doit être interviewé dans le 19/20 de France 3, se rend à France Télévisions. Il n’apprécie probablement pas d’y être accueilli par une manifestation extérieure des salariés du service public, en colère contre sa volonté, qu’ils estiment meurtrière, de réformer l’audiovisuel. Lors du JT de France 3, il est longuement interviewé. Puis, sur le site « Rue89 », apparaît une petite
séquence pré-interview où Nicolas Sarkozy s’emporte, notamment parce qu’on ne lui répond pas alors qu’il salue un technicien.

On peut voir l’ex-Chef d’Etat agacé : « Quand on est invité, on a le droit qu’on vous dise bonjour, ou alors on n’est plus sur le service public. Ça va changer » déclare-t-il. Avant de lancer à l’un des journalistes présent sur le plateau pour l’interroger: « Tu es resté combien de temps au placard ? ».
Ses propos sont tenus en public, dans les locaux du service public

La direction de France 3 dépose alors une plainte que certains assurent avoir été téléguidée par l’Elysée. Un dossier vide, une longue enquête et, quelques années plus tard tout le monde a été finalement mis hors de cause.

Que d’énergie et d’argent dépensé ! ll reste que la direction de France Télévisions n’en sort pas grandie. Le SNJ qui, pendant ces années lui a
demandé de lever cette plainte n’a jamais été entendu. Le Syndicat National des Journalistes (SNJ), première organisation de la profession, à chaque instant aux côtés des mis en cause, se félicite de cette fin heureuse.

Car si les poursuites se sont exercées sur le terrain du vol, c’est bien d’accès à l’information qu’il s’agissait, d’information concernant le premier personnage de l’Etat, dans l’exercice de ses fonctions, et à un moment politiquement délicat – la réforme de la nomination des dirigeants de l’audiovisuel public – qui était d’intérêt général. Le droit à la libre circulation de l’Information est bien réaffirmé.

Paris, le 4 juillet 2012

Non aux « deux poids, deux mesures » à France Télévisions

AA lettrine articles« Nous vous notifions…/…une mise à pied conservatoire…/ votre rémunération sera suspendue pendant votre période de mise à pied. »

Sans plus de précisions sur sa « faute », notre confrère Joseph Tual s’est vu notifier par courrier sa mise à pied, mercredi dernier. Sans avoir reçu le moindre appel ou même un quelconque avertissement. Ce grand reporter se voit menacé de licenciement après 25 ans passés à travailler pour la rédaction nationale de France 3, avec notamment des enquêtes décisives sur un certain nombre d’affaires : l’assassinat de Mehdi Ben Barka, la disparition de notre confrère Guy-André Kieffer en Côte d’Ivoire, etc…

Son badge a même été rendu inopérant mercredi dernier, l’empêchant de rentrer dans les locaux : une disposition parfaitement illégale puisque le confrère est élu du personnel. Ce genre de procédure est du jamais vu dans l’audiovisuel public.

Qu’est-il reproché à ce « dangereux criminel » ? D’après nos informations, des tweets hostiles envers la présidence de France Télévisions et la Direction de l’Information, et des épanchements de joie à l’annonce des résultats de l’élection présidentielle et de ses répercussions possibles.
Chacun est responsable de ses écrits, notamment un journaliste, et au SNJ nous ne l’ignorons pas. Mais dans cette affaire, notre syndicat refuse l’arbitraire.

Si la direction de FTV souhaite, à tort ou à raison, punir un salarié, elle le convoque en commission de discipline et lui permet de s’expliquer. Puis la direction prend sa décision en tenant compte de l’avis émis par la dite commission. La mise à pied avec privation de salaire est déjà une sanction très grave qui a des répercussions immédiates sur la vie professionnelle, sociale, et personnelle de tout salarié. Une sanction qu’une
direction ne peut pas prendre à la hâte.

Le SNJ, quant à lui, constate qu’il y a actuellement à FTV un système de « deux poids deux mesures » qui est odieux et inacceptable. Par exemple, un cadre de France 3 condamné en première instance pour avoir, publiquement, et gravement diffamé un de ses confrères de France 2 n’a pas, à notre connaissance, été inquiété. Les entorses à la déontologie se multiplient à l’antenne. Des cadres enchaînent toujours les ménages où les conflits d’intérêts sont évidents. Sur ces dossiers, la direction se fait remarquer par son silence alors que le SNJ a demandé qu’il y soit mis fin.

Cette politique du « double standard » est insupportable. Le SNJ demande que la mise à pied de Joseph Tual soit levée, et qu’il puisse être écouté et défendu en commission de discipline le cas échéant. Ce n’est pas par l’arbitraire qu’une direction s’honore et que les rédactions de FTV vont retrouver un climat de travail constructif et serein.

Paris, le 22 mai 2012

Campagne présidentielle : le CSA invente l’inéquité de traitement

AA lettrine articlesIl fallait s’y attendre. Après avoir déclenché de sérieux maux de tête dans les rédactions de France 3 soumises aux règles successives et contradictoires de l’équité et de l’égalité de temps de parole lors de la campagne présidentielle, le CSA a fini par se mordre la queue. Avec toute la mauvaise foi dont il est capable dès qu’il peut s’en prendre au service public, le CSA épingle 6 stations régionales de France 3 et « déplore » qu’aucun candidat ou l’un de ses représentants n’ait eu accès à l’antenne lorsque le moment de l’ « égalité de temps » a suivi celui de l’ « équité dans le traitement ». Dans la foulée, il met France 2 en demeure pour la maladresse sans conséquence d’un reporter lors du JT de 13 heures le jour du scrutin.

Dans un texte récent, le SNJ dénonçait les règles absurdes du CSA obligeant les rédactions à des contorsions éditoriales grotesques lors de cette présidentielle et en appelait à l’indépendance et à la responsabilité professionnelle comme meilleur garant d’un débat démocratique digne de ce nom.

A France 3, les règles du CSA ont provoqué ordres et contre-ordres en provenance de la Direction de l’information de France Télévisions, semant la pagaille dans les rédactions, déresponsabilisant les journalistes et leur encadrement, ce que le CSA ne pouvait bien sûr ignorer. Mais il a choisi la politique du chronomètre, d’une affligeante pauvreté, plutôt que celle donnant aux journalistes la responsabilité de leurs images et de leurs textes, ignorant ainsi superbement la Charte du SNJ, en vigueur à France Télévisions depuis le 15 septembre dernier.

A France 2, la maladresse d’un journaliste se traduit non pas par une « mise en garde » (c’est bon pour les chaînes privées quand elles font de pourtant bien grosses boulettes) mais par une mise en demeure, antichambre de la sanction financière. Il n’y a avait pourtant pas de quoi fouetter un « sage ». En direct dans le journal de 13 :00, un reporter a le malheur de laisser dire deux mots totalement anodins à un candidat, Jean-Luc Mélenchon, qui vient de voter : « Je me détends avant ce soir ». Quelle horreur ! Infraction aux règles du CSA et mise en demeure par des « sages » pas très détendus et imperméables à cette règle intangible du droit qui fixe la proportionnalité de la peine et l’opportunité des poursuites.

En matière audiovisuelle, le CSA est devenu avec le temps un censeur, beaucoup plus soucieux de contrôler l’information que d’aider les journalistes dans le combat pour l’indépendance de leur profession. Le CSA n’est plus une instance indépendante de régulation, c’est une instance captive au service des intérêts de ceux qui ont nommé ses membres. Comme une pendule déréglée qu’il faut remettre à l’heure.

Paris le 26 avril 2012

Antenne de France 3 Nancy : le management par la bêtise

AA lettrine articlesAlors que nos audiences déclinent, une partie de l’encadrement de l’antenne de Nancy préfère ignorer ce vrai danger et pratiquer la calomnie à l’égard de ses salariés. Il faut dire que cet encadrement compte maintenant quelques « killers » fraîchement nommés, de nouveaux managers pour qui les professionnels de Nancy sont avant tout un méprisable cheptel de « personnels », comme ils aiment à les qualifier (petits personnels, ça va de soi). 

Ces « managers » avaient clairement annoncé, à leur arrivée, notamment en parlant des journalistes, qu’ils « allaient les remettre au travail ». Depuis, les remarques acerbes et méprisantes pleuvent, à coups de noms d’oiseaux (à plumer), de courriels (vengeurs) et de SMS (vindicatifs). Bref, l’ambiance est à la hauteur du management qui l’anime : détestable !

Dernier incident en date, l’interview par une consoeur, en duplex depuis Florange en Moselle, du groupe musical toulousain Zebda venu soutenir les salariés d’Arcelor. L’interview se déroule dans les règles. Il est professionnellement irréprochable. Mais cet entretien déplaît à un téléspectateur, qui l’estime « partisan ». Il adresse un courrier de protestation au bureau de l’édition locale de Metz, ce qui est son droit. Et là, la situation bascule. Le responsable de l’édition de Metz envoie une note manuscrite au rédacteur en chef de Nancy.

Que dit cette note dont nous avons pris connaissance ? « Tu trouveras ce courrier très critique à l’égard de notre consoeur présentatrice qui ne cesse d’afficher ses opinions politiques à l’antenne […]Tu pourrais peut-être le sortir en conférence de rédaction histoire de l’humilier ? »

Pour le SNJ, l’auteur de cette note n’est pas digne de la fonction qui lui a été confiée par sa Direction. Preuve à l’appui, il est un « anti-manager ». A la Direction de mesurer ce que nous considérons comme une faute et d’en tirer les conséquences. Le SNJ suivra de près la suite de cette lamentable affaire et assure les rédactions de Nancy et de Metz, ainsi que notre consoeur si mal traitée, de son attentive solidarité dans l’épreuve.

Nancy, le 27 avril 2012

Négociation de l’accord collectif : « putain… 3 ans ! » ou l’histoire d’un combat permanent

AA lettrine articlesA lire la propagande délirante de certains, la cause semble entendue : le SNJ n’aurait qu’une seule volonté, détruire les conditions de travail et les métiers. Avec la complicité d’une direction qui a « déclaré la guerre » à tout le personnel. Pour ne pas céder à la psychose et se rafraîchir la mémoire, voici l’histoire des trois années d’une course de fond au service des salariés.

5 mars 2009

Le Parlement adopte la réforme du secteur audiovisuel public. Pour France Télévisions, cela implique le bouleversement du mode de financement, la fusion des anciennes sociétés et la mise en cause des accords sociaux appliqués à tous les salariés. La direction « Carolis » prétend imposer en seize mois un texte unique se substituant à la convention PTA, à l’Avenant audiovisuel journalistes et aux accords d’entreprises. Le SNJ refuse cette approche. D’une part, il faut tenir compte de la Convention Collective Nationale applicable aux journalistes de l’entreprise ; d’autre part, le contexte politique, défavorable, incite à temporiser. La défense des automatismes salariaux, du paritarisme ou de la réduction du temps de travail ne sont pas dans l’air du temps.
Le SNJ choisit donc la négociation et les recours devant les tribunaux, avec la CFDT et la CGC.

3 juin 2010

Notre obstination paye, la Justice nous donne raison. La Cour d’Appel de Paris prolonge les délais de survie de la Convention PTA au 8 octobre 2012 et de l’Avenant journalistes au 8 février 2011.

4 juin 2010

La grève massive et réussie des salariés de France Télévisions fait le reste et oblige la direction à céder sur toute la ligne.

7 juin 2010

Une prorogation de l’ensemble des accords d’entreprise est signée jusqu’au 8 février. Tous les salariés restent donc protégés par ces textes.

22 août 2010

Rémy Pflimlin succède à Patrice de Carolis. A la rentrée, priorité est donnée au découpage en établissements distincts, à l’organisation d’élections professionnelles, et à la détermination de la représentativité des organisations syndicales. Le SNJ est renforcé par ces scrutins, malgré la quasi-disparition des collèges électoraux « journalistes » voulue par la CGT. Ce processus se déroule jusqu’en avril 2011. Il entraîne la suspension des négociations sur les accords collectifs et une nouvelle prorogation des accords sociaux jusqu’au 30 juin 2011.

Avril 2011

La négociation des textes collectifs reprend. La Direction change de ton : il ne s’agit plus d’établir une « Constitution sociale » mais de parvenir à de bons accords.

30 juin 2011
Un premier pas important est franchi pour les journalistes grâce à la signature par le SNJ et la CFDT d’un relevé de conclusions sur la déontologie, les fonctions et filières des journalistes mais la négociation se poursuit sur le système de rémunération.

15 septembre 2011

Le relevé de conclusions débouche sur un accord signé par le SNJ et la CFDT, rejoints par FO. La négociation se poursuit sur le dossier du temps de travail avec une échéance au 31 décembre 2011.

22 décembre 2011

Une nouvelle prorogation de l’ensemble des accords au 15 février 2012 est signée afin de poursuivre la négociation sur le temps de travail.

15 février 2012

Le SNJ et la CFDT obtiennent in extremis une nouvelle prorogation de l’Avenant audiovisuel « journalistes » et des accords d’entreprise jusqu’au 8 octobre 2012, qui est aussi la date d’expiration de la convention collective PTA. Ce nouvel accord de prorogation est accompagné d’un relevé de conclusions de l’état de la négociation sur le temps de travail à cette date. A défaut d’un accord d’ici au 8 octobre 2012, les dispositions de ce relevé de conclusions s’appliqueraient au 1er janvier 2013.

Mars 2012

La négociation se poursuit. Elle permet de compléter le relevé de conclusions établi le 15 février. Notre signature d’un accord définitif sur le temps de travail sera conditionnée par la prise en compte complète de nos demandes.

Pour l’heure, restent en suspens le mode d’organisation des rédactions sur 4 jours ; celui des équipes du week-end (Vendredi, samedi, dimanche), des équipes en missions longues, des matinales. Et surtout un point crucial pour nous, le nécessaire rééquilibrage entre la
formule du décompte en jours et celle du décompte en heures des journalistes (aujourd’hui limitée par la direction à 35H sur 5 jours sans RTT), afin qu’un véritable choix puisse s’exercer.

Pour la suite, le calendrier prévoit de négocier les classifications, les salaires et la grille PTA. Le dossier des commissions paritaires devrait être abordé en mai. Sur ce dossier, le SNJ espère que la direction abandonnera ses positions dogmatiques. Ce serait de sa part une attitude raisonnable. Dans tous les cas, grâce à notre signature du 15 février, nous avons le temps de négocier. Jusqu’au 8 octobre, nous avons aussi le temps de mobiliser.

Paris, le 9 mars 2012