CSE réseau régional France 3 du 12 juin 2020 : liminaire du SNJ

FIN DU CONFINEMENT DE L’INFORMATION DE PROXIMITEENFIN !

Le SNJ se félicite de la reprise d’activité. Une reprise partielle, une reprise tardive, un mois après le déconfinement du pays, mais une reprise réelle. Et il était temps ! Pour nos téléspectateurs, mais aussi pour les salariés, qu’ils soient en CDI ou en CDD.

Ce confinement a apporté plusieurs éléments de réflexion, liés notamment à des audiences fortes. Des audiences qui confirment la capacité de la télévision à rassembler un large public.

Oui, la télévision est toujours un vecteur de lien social et les téléspectateurs sont attachés à une information de proximité. Ces audiences sont à conjuguer avec les pratiques liées aux nouvelles technologies. Des pratiques qui soulignent le besoin de participation du public. Internet et télévision ne s’opposent pas, mais se complètent.

Aujourd’hui le déconfinement de l’info de proximité amène son lot de questions. L’état d’urgence sanitaire est maintenu jusqu’au 10 juillet, ce qui permet à France Télévisions de continuer à imposer le télétravail.

Un télétravail avec ses avantages : moins de déplacements, gains de temps et de concentration, voire amélioration de la relation travail/famille pour certains.

Mais un télétravail qui, pour d’autres, a de nombreux inconvénients : privation de contact physique, d’échanges informels, d’interactions, d’expressions du visage. Des disparitions qui dégradent parfois considérablement l’exercice de l’activité : fatigue, baisse de concentration, solitude face à une surcharge de travail ou à des consignes floues.

Alors dans l’immédiat, nous avons des questions qui appellent des réponses concrètes de la direction :

– Pour les salariés vulnérables. Un certificat d’isolement médical  permettait jusque-là de les maintenir en télétravail. Pourtant aujourd’hui des cadres de FTV sollicitent des arrêts maladies et remettent en cause ce qu’ils accordaient encore hier.

– Pour des salariés qui souhaitent reprendre le travail sur site. Le SNJ soutient leurs demandes et à toutes fins utiles rappelle à la direction qu’elle doit des indemnisations pour les frais engagés par le télétravail.

Pour les élus du SNJ, le montage boite noire dans les voitures, sur les parkings des antennes doit cesser après plus de 3 mois de pratique.

Les reporters vivent mal cette situation commandée pour des raisons épidémiques mais ces raisons tendent à s’estomper aujourd’hui. Les équipes de tournage doivent pouvoir revenir sur les sites.

A cette fin, la direction doit tout mettre en œuvre dans les emprises afin de faciliter le travail sur site : parcours de circulation adaptés à chaque antenne, cloisonnement des lieux partagés, protection individuelle des salariés en présentiel et surtout repenser dans un avenir très proche les espaces de travail comme les openspace qui ont montré toutes leurs limites pendant la crise sanitaire.

Les jours qui viennent ne sont ni bons, ni mauvais, ils sont incertains. Et l’incertitude peut être une chance autant qu’une difficulté. Il n’est pas inutile de réfléchir ensemble à un après constructif et solidaire.

Ce qui fera la différence c’est notre capacité à réfléchir ensemble ! Cette fameuse intelligence collective qui semble tant inquiéter nos dirigeants…

Paris, le 12 juin 2020

CSE Réseau régional France 3 du 14 mai 2020 : liminaire des élus SNJ

Avec le confinement, depuis le 16 mars, les 3/4 des éditions d’information du réseau régional ont disparu. Un chiffre éloquent qui ne peut que nous interroger.

Malgré votre dernier communiqué, Mme la directrice, le réseau est dormant ! Et vous avez décidé de le laisser en l’état à l’heure où le pays se réveille d’une longue léthargie.

Déjà 8 semaines que nous sommes en mode survie ! Et vous nous en imposez 5 de plus, dans le meilleur des cas ! Certains de nos directeurs régionaux nous préparent déjà au pire, avec 15 semaines d’antenne réduite en plus ! D’autres directions régionales ont d’ores et déjà annoncé un retour « tronqué » d’éditions locales mutualisées avec comme sujet unique « la solidarité »… N’est-ce pas ce dont nous avons parlé dans les JT Grande région depuis 2 mois ?

Il semble pourtant clair que plus nous attendons, plus nous prenons des risques pour notre avenir. Que restera-t-il de nos collectifs de travail et de notre relation avec le public après 5 à 6 mois d’antennes très réduites?

Et ce n’est pas en laissant les pratiques sauvages fleurir ici et là, sans aucune concertation ni accord que le dialogue social pourra réellement s’épanouir au sein de l’entreprise.

En terme de sécurité des salariés, face à la pandémie, ce sont aussi des mauvaises conditions de travail qui se répandent ! Par exemple, lorsqu’on interdit aux équipes de reportage d’entrer sur les sites, ou lorsqu’on laisse se développer un immense sentiment d’inutilité pour celles et ceux auxquels aucun travail n’est demandé. Dans quel état seront ces salariés après des mois sans activité ?

Sans parler des CDD et intermittents qui redoutent d’être les laissés pour compte de France Télévisions.

Le SNJ demande plus d’autonomie pour une vraie reprise dans les rédactions et les centres techniques. L’autonomie, n’est pas la liberté de faire ce que l’on veut, mais celle de co-construire le travail, de penser et de réfléchir ensemble dans le respect des nouvelles normes sanitaires.

C’est dans les moments difficiles que l’on peut créer du lien entre tous les salariés. Et cette sortie progressive de la crise sanitaire devrait être justement, ce moment unique et intéressant pour rebâtir le réseau, en n’infligeant pas à nos téléspectateurs qui tentent de reprendre une vie normale, de longues semaines supplémentaires d’antennes en mode dégradé.

C’est ce que nous espérons pouvoir faire avec vous, dans nos instances mais aussi dans nos rédactions et dans tous les collectifs de travail.

le 14 mai 2020

France TV : « Le retour à la normale prendra des mois »

COMPTE-RENDU DE CSE CENTRAL DU 15 AVRIL 2020

Une deuxième réunion du Comité Social et Economique (CSE) Central a eu lieu en visioconférence, mercredi 15 avril en fin de journée.

En introduction, Delphine Ernotte-Cunci affirme que ses priorités sont, et resteront, la santé et la sécurité des salariés. Pour la présidente, ces priorités nous obligent à être « très prudents pour notre reprise d’activité, qui sera progressive et probablement étalée sur plusieurs mois : nous ne pouvons pas faire revenir les 10.000 salariés dans les stations le 12 mai ! ».

La direction envisage donc de maintenir un grand nombre de salariés en télétravail pendant encore plusieurs semaines, voire plusieurs mois. L’adaptation éditoriale sera maintenue tant que la situation sanitaire ne sera pas suffisamment stabilisée : les « journaux grande région » du réseau France 3, par exemple, ne sont pas près de disparaître, tout comme la mutualisation des sujets des JT nationaux.

La présidente envisage une grille de rentrée « pas avant janvier 2021 ». D’ici là, il faudra s’adapter mais aussi réfléchir à l’offre éditoriale de France Télévisions (« la télé d’après ») mais aussi à notre fonctionnement.

Par ailleurs, la direction confirme que les suppressions de France 4 et France Ô sont toujours envisagées mais pas totalement certaines puisque les décrets ne sont pas signés. Visiblement, l’arbitrage définitif n’est pas encore rendu pour France 4.

Le SNJ demande toujours le maintien des activités de ces deux chaînes très importantes pour la continuité du service public sur l’ensemble du territoire, notamment dans les outre-mer. France Ô est la télévision qui sert de lien entre les stations ultramarines et l’hexagone. Les téléspectateurs sont de plus en plus nombreux à suivre les programmes.

Concernant le « chômage partiel » : la présidente confirme que France Télévisions ne sera pas éligible à ce dispositif. C’est une décision conjointe des ministères de tutelle (Culture et Économie), qui concerne d’ailleurs tout l’audiovisuel public. Les filiales de France Télévisions n’auront pas recours non plus à ce dispositif.

Un rapport de la Commission Santé, Sécurité et Conditions de Travail (CSSCT) permet d’obtenir des informations complémentaires sur les mesures sanitaires à France Télévisions. Arnaud Lesaunier (directeur général en charge des RH et de l’organisation) avance le chiffre de 12 % de salariés sur site ou en reportage.

La direction affirme notamment que le port du masque sera recommandé dans les locaux, voire obligatoire dans certains lieux (régies, Nodal…). France Télévisions devrait se doter de deux types de masques : des chirurgicaux « classiques », produits en Chine, et des masques en tissu, réutilisables.

Des formations liées à la situation sanitaire seront bientôt disponibles (à distance, en « e-learning »).

Concernant les salariés qui ne sont plus sur site, et dont le métier n’est pas facilement praticable en télétravail, il y a un risque de rester « inactif » longtemps et de se sentir inutile. Cette situation potentiellement anxiogène sera « traitée par un dispositif spécifique », affirme la direction.

La direction de la sécurité et de la sûreté présente ensuite une synthèse du « Plan de Continuité de l’Activité » (PCA), une obligation légale en cas de crise majeure.

La direction rechigne à revenir sur le retard de cette présentation, plus d’un mois après le début du confinement.

Il apparaît que le risque de pandémie a été préparé à France Télévisions dans les années 2013-2014, mais ce travail n’a pas été terminé… conséquence, début 2020, aucun document solide et mis à jour n’existait.

Dans l’attente du document complet, ou quasi-complet, c’est donc un résumé de ce PCA qui est présenté aux élus. Ce plan rappelle notamment que le groupe France Télévisions « doit concilier la mise en œuvre des décisions des pouvoirs publics, la protection des salariés et la poursuite de l’exercice de ses missions et obligations de service public ». Il détaille aussi l’articulation des différentes cellules de crise et l’activité actuelle de toutes les directions. Il apparaît que de nombreuses directions, notamment au Siège (antennes et programmes, RH, finances, juridique, communication…) fonctionnent à 99 % ou 100 % en télétravail.

La fin du document est consacrée à la reprise de l’activité, qui se fera progressivement et secteur par secteur, sous la direction d’un groupe de travail dédié.

La question du télétravail est ensuite longuement abordée. La direction convient qu’il est parfois difficile de le mettre en place, notamment dans les stations ultramarines où peu de salariés peuvent bénéficier d’ordinateurs de l’entreprise. Cette mise en place est aussi conditionnée à la qualité des connexions internet au domicile des salariés, et cette qualité varie beaucoup. Malgré tout, la direction affirme qu’elle va généraliser et améliorer certaines méthodes de télétravail (type « montage à distance ») dans les prochaines semaines, et ce tant que le retour dans les locaux ne sera pas complètement sécurisé.

Frédéric Brochard (Directeur des Technologies) annonce la signature d’un contrat avec Microsoft pour le déploiement de nombreux outils, parfois très adaptés au télétravail. Cette mise en place des outils Microsoft devrait être effective fin juin.

De nombreux élus des stations ultramarines critiquent la mise en place de la « playlist » commune des programmes : pas adaptée aux différents territoires, horaires de diffusion contestables, etc.

Une commission Outre-Mer exceptionnelle doit avoir lieu prochainement pour travailler sur ces questions spécifiques.

Concernant les conséquences sociales de la crise, la direction rappelle que :

les salariés permanents seront payés à 100 %

aucune prise de congés ou RTT ne sera imposée dans un premier temps, seulement une incitation à les prendre régulièrement, mais si « l’esprit de responsabilité de chaque salarié ne suffit pas, alors la direction prendra les siennes et pourra imposer des dates de congés ou RTT au second semestre ».

Les représentants du personnel exigent des engagements fermes pour les salariés non permanents qui sont durement touchés en période de crise. La direction refuse de définir un dispositif à long terme. Elle s’engage uniquement sur « la garantie de rémunération » des intermittents, pigistes et CDD qui étaient programmés en avril et dont l’activité a été annulée.

Plusieurs représentants syndicaux rappellent alors que les non-permanents ne pourront pas bénéficier du « chômage partiel » (France TV n’y étant pas éligible), et ne pourront probablement pas trouver de travail ailleurs (tout le secteur audiovisuel souffre) ! Si France Télévisions doit réduire son activité pendant plusieurs mois, ce serait un coup terrible pour des centaines de non-permanents qui verraient leurs revenus baisser très fortement.

Interpellée sur le dispositif mis en place à Radio France (revenu garanti pendant la crise pour les non-permanents) qui pourrait servir de modèle, la direction affirme que ce dispositif « ne sera pas repris à France Télévisions car il n’est pas adapté à notre entreprise ».

Par ailleurs, la présidente s’est brièvement exprimée sur les révélations dans le journal « L’Équipe » d’une ancienne journaliste de la direction des Sports.

Delphine Ernotte-Cunci rappelle qu’elle « ne doute jamais de la parole d’une femme qui témoigne des violences qu’elle a subies » mais qu’une enquête interne a lieu actuellement pour « analyser précisément la situation et déterminer les éventuelles responsabilités à la direction des Sports ». Cette enquête, qui est menée auprès des équipes des Sports mais aussi auprès d’anciens salariés et de représentants du personnel, devra dresser un état des lieux dans toute cette direction.

Paris, le 16 avril 2020

Coronavirus : dialogue social en mode confiné ?

Avec une pandémie d’une telle gravité, on est en droit d’exiger de la direction de France Télévisions des mesures de protection exceptionnelles pour tous les salariés. Or, selon les antennes et les sites, on est parfois loin du compte.

Le SNJ met la direction en garde : en refusant d’entendre la parole des salariés et de leurs représentants, la continuité du service public audiovisuel ne pourra pas être assurée très longtemps alors que la crise sanitaire pourrait durer des semaines, voire des mois.

Au troisième jour du confinement national, direction et syndicats représentatifs au niveau de l’entreprise ont échangé ce jeudi en audio conférence durant deux heures sur l’impact à France télévisions de la crise sanitaire.

Premier constat, une majorité de salariés se trouve confinée à domicile. Certains y pratiquent le télétravail, d’autres ne le peuvent pas et sont de fait en absence autorisée. Plusieurs emprises régionales et ultra-marines ont dû fermer leurs portes pour raisons sanitaires, parfois pendant plusieurs jours. Dans les sites restés ouverts, le nombre de salariés présents est très faible : selon la direction, environ 270 personnes étaient hier au Siège contre plus de 3000 un jeudi en temps normal. Même constat dans les antennes régionales et stations ultramarines avec le plus souvent, entre 15 à 30 salariés présents selon les sites. Arrêt total de l’activité pour les équipes régionales de la Fabrique, télétravail pour la majorité du personnel administratif, pour un grand nombre de journalistes mais aussi certains techniciens, flou artistique pour beaucoup d’autres. La direction ne le cache pas, elle entend recourir au chômage partiel (avec maintien intégral du salaire) pour les personnes concernées.

Deuxième constat, nul ne veut opposer notre mission d’information à l’obligation de protéger les salariés, mais concilier ces deux impératifs s’avère difficile. Surtout quand les moyens consacrés à la protection ne semblent pas à la hauteur des ambitions éditoriales. La direction affirme que les mesures de sécurité mises en œuvre sont suffisantes quand elles sont respectées. Les équipes de reportages et les salariés présents dans les établissements sont loin d’en être tous convaincus ! Le SNJ ne prétend pas détenir une vérité scientifique sur ce point mais craint que les certitudes affichées par la direction soient en partie liées à la pénurie de matériels de protection constatée à France TV comme dans tout le pays.

Dans ce contexte, le SNJ estime que les salariés confrontés à d’importantes failles dans le dispositif de prévention de la contamination (comme ce fut le cas mercredi au Siège, et en particulier à la rédaction de France 3 le-de-France) peuvent légitimement faire valoir leur droit de retrait, comme la loi le permet en pareilles circonstances. Même si la direction a choisi comme posture de le contester.

Troisième constat, face à cette menace sur la santé des équipes et compte tenu des attentes de la population, l’offre d’information de France Télévisions devra encore évoluer dans la forme comme dans le fond. La mutualisation des éditions, les JT « grandes régions » et la réduction du nombre de tournages sont déjà des réponses à ces contraintes inédites. L’exceptionnel du moment reste pour le SNJ exceptionnel. Au sortir de cette crise sanitaire nous serons extrêmement vigilants.

Pour remplir nos missions dans la durée (la crise sanitaire pourrait durer des semaines, voire des mois) il faudra sans doute équilibrer différemment l’offre d’information entre chaînes de télé et les plateformes numériques, plus adaptées au télétravail. C’est d’ailleurs la piste qui semble privilégiée par la direction pour les stations d’outre-mer, où l’articulation entre télé, internet et radio serait provisoirement modifiée.

Pour les reportages télé, les plus « lourds », il faudra sans doute mieux planifier les équipes disponibles, organiser des roulements, fonctionner en petits groupes avec véhicule et matériel dédié, favoriser l’autonomie, mais aussi proscrire les interactions risquées sur des tournages qui ne semblent pas toujours incontournables. 

Si la sécurité immédiate des salariés est aujourd’hui une préoccupation majeure, il faudra également trouver des réponses pour les nombreux CDD, pigistes et intermittents réguliers, pour qui France Télévisions est un employeur important et qui ont vu des promesses de contrats disparaître.

Menaces sur la santé des salariés, entrave de l’activité, dégradation de l’emploi, les différentes facettes de la crise du COVID-19 nous imposent de sortir sans tarder les instances représentatives du personnel de leur confinement actuel. Ces instances, qui doivent trouver le moyen de fonctionner différemment mais efficacement, ont un rôle essentiel à jouer dans la protection et l’information des salariés de France Télévisions.

Paris, le 20 mars 2020

Malaise et inquiétude chez les reporteurs au siège de France TV

MESURES COVID-19

Depuis aujourd’hui, face à l’expansion du Covid-19, des mesures de confinements sont appliquées à l’ensemble de la population de notre pays.

Nous, journalistes-reporteurs de FranceTv, sommes également concernés, mais nous n’oublions pas notre devoir d’informer. Et si les conditions d’exercice de nos métiers sont profondément bouleversées par ces mesures, nous comprenons qu’un temps d’adaptation est nécessaire.

Or, depuis quelques jours, nous constatons et déplorons certaines des actions mises en place, qui traduisent un manque d’anticipation et d’organisation dans les rédactions du Siège.

D’un point de vue sanitaire tout d’abord, les conditions de départ en reportage sont contestables. Pas de masques dignes de ce nom, les seuls disponibles étant remis à la main ! Un matériel commun pour plusieurs JRI dans la journée, vaguement nettoyé avec des lingettes quand cela est possible.

Seuls les véhicules sont désormais désinfectés par des personnels dédiés.

Dans le fonctionnement des services ensuite. Alors que les besoins en personnels seront bien évidemment revus à la baisse, de trop nombreux reporteurs et JRI attendent d’être envoyés sur des tournages. Cette promiscuité dans les openspaces étant contraire aux mesures que le gouvernement nous demande de suivre.

Le télétravail, impossible pour la majorité d’entre nous, d’autres modes de fonctionnement seraient possibles.

Nous remettons également en cause certains des sujets qu’il nous est demandé de réaliser, comme si rien n’avait changé. Le fond est souvent occulté par la forme avec les fameux micros-trottoirs, degré zéro du journalisme. En cette journée par exemple, des équipes sillonnent les villes en quête de témoignages de citoyens sur la situation que nous vivons. On « vadrouille », comme le disent certains encadrants ! On vadrouille et on contamine peut-être notre public…

Afin de pouvoir exercer correctement notre métier de reporteur, nous demandons :

– Des conditions sanitaires dignes de ce nom afin de protéger nos équipes.

– Une organisation qui évite des attentes « au cas où » dans nos services. On pourrait imaginer un volant de quelques équipes avec un matériel dédié, engagés sur quelques jours, les autres étant disponibles, mais chez eux.

– Un droit de regard sur le contenu des sujets que l’on nous demande de réaliser et surtout la fin de ces micros-trottoirs.

Nous exigeons par ailleurs que toutes les mesures prises, ou à prendre, s’appliquent de la même façon à l’ensemble des antennes de l’entreprise. Ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.

Nous vous rappelons que les circonstances exceptionnelles actuelles ne doivent pas mettre en péril notre intégrité physique. L’entreprise a pour obligation de protéger ses salariés. Par notre présence, nous ne devons pas non plus être une menace pour nos interlocuteurs.

En cas de doute, nous disposons d’un droit individuel de retrait que nous ne manquerons pas d’utiliser.

Paris, le 17 mars 2020