L’émotion, mauvaise conseillère…

PREALABLE CSE SIEGE DU 4 NOVEMBRE

Bien sûr, l’heure est à la solidarité ! Notre métier n’est pas hermétique aux douleurs du monde. Nous sommes des témoins privilégiés, pas des citoyens sans humeur. Être aux premières loges de l’horreur, pousse souvent à s’endurcir mais n’oblige pas à ne plus rien ressentir. 

L’honnêteté de nos propos percute des murs de provocations. Trop souvent, nos mots mesurés ne pèsent pas lourd face aux messages de haine, notre neutralité nous laisse parfois sans armes face aux surenchères. Pour autant, nous ne devons pas servir de marchepied aux extrémismes, à ceux qui remettent en cause l’état de droit, à ceux qui fracturent à dessein notre société. 

Nous devons apporter de la sérénité, du recul, des explications ! Ne pas faire d’une polémique une aubaine mais la décoder, la mettre en perspective, et la dénoncer si elle est nauséabonde au regard de nos règles et de nos lois. Privilégier le travail d’enquête et non le micro-trottoir du bas de la rue. Ce n’est pas d’un prétendu journalisme de solutions dont nous parlons mais bien d’une solution pour le journalisme. Revenir aux fondamentaux, sans parti pris idéologique ! Mais redéfinir des angles, échanger avec nos pairs, ne pas faire de hiérarchie entre des donneurs d’ordres, et des équipes sur le terrain qui sont malheureusement reléguées au rang de prestataires ! La seule hiérarchie qui tienne c’est celle de l’information, le reste n’est qu’organisation.

Les crises que nous traversons posent à nouveau les questions que les crises précédentes posaient également. Nous défendions déjà les mêmes valeurs, celles que le SNJ défend inlassablement. Mais on préférait voir en nous des « idéologues », comme si nous ne participions pas au quotidien à l’effort d’information. Comme si l’expression syndicale ne représentait pas ici des reporters et des techniciens qui, chaque jour, concourent à cette mission de Service Public. Comme si nous regardions tout cela de loin. Non, le SNJ ce n’est pas cela ! 

C’est le terrain qui nourrit notre expérience et notre propos au quotidien. Dans les rédactions, nous portons ce nécessaire débat éditorial devenu une exception alors qu’il devrait être la règle ! Et il n’est pas question ici d’opposer les journalistes entre eux ! Non, ici nous en appelons à cet incontournable sursaut qui doit, au pire des moments pour notre démocratie, jouer pleinement son rôle ! 

Ramener le pluralisme de l’information sur le devant de la scène. Ne pas oublier que la pandémie et les terribles attentats terroristes de ces dernières semaines ne doivent pas éclipser le reste de l’actualité du monde. Ne pas occulter que ces sujets qui nous inquiètent tout autant à titre personnel, ne doivent pas être traités par la seule émotion, même si elle est grande. Il faut interroger les contradictions du pouvoir en place et les manquements des précédents, il faut dénoncer la communication quand elle se pare injustement des vertus de l’information, il faut expliquer à ceux qui soufflent sur les braises qu’ils sont aussi dangereux pour la démocratie que ceux qu’ils dénoncent. 

Nous ne nous plaçons au-dessus de personne, bien au contraire. Mais ce que nous dénonçons ici, c’est que nous ne sommes pas sollicités au quotidien pour penser nos journaux… juste pour les fabriquer. Pas pour les construire mais les alimenter. Et qu’on ne nous oppose pas l’argument de la distanciation physique qui empêcherait TOUT DÉBAT éditorial, c’était déjà le cas avant ! Distanciation, un drôle de mot d’ailleurs quand nous journalistes, nous avons besoin de prendre du recul, de la distance, et ce n’est pas la même chose…

Nos journaux montrent la force de nos rédactions partout dans le monde, et l’investissement de nos équipes n’est pas en question. Doit–on se taire parce que les crises nous ébranlent ? Nous avons répondu non à chaque fois ! Il en va de cette nécessaire confiance du public et de la crédibilité de nos offres, qui doivent rester une référence.

Paris, le 4 novembre 2020

Préalable au CSE Siège des 20 et 21 octobre 2020

TRISTES DÉPARTS…

Ce Comité social et économique n’est pas, pour les élus SNJ, un CSE comme les autres. Comme trop souvent ces derniers mois, nous avons à statuer sur des dossiers d’inaptitude définitive. Des inaptitudes qui posent question régulièrement, mais qui par nécessaire souci de confidentialité, ne font pas l’objet de commentaires de notre part. Mais rendons-nous service aux salariés en nous taisant ? Sans livrer les secrets de nos délibérations, nous ne sommes pas du tout ravis de voir partir bon nombre de nos collègues dans ces conditions.

Certes, il y a des situations strictement médicales qui ne méritent pas de notre part un développement qui serait déplacé et de fait inutile. Mais au-delà de ces trajectoires, doit-on pour autant imaginer que l’entreprise n’aurait, dans certains dossiers, aucune responsabilité ?

L’usure des salariés, jusqu’à les rendre malades, ne serait donc causée que par nos vies privées, nos histoires personnelles, nos parcours hors entreprise… La belle affaire !

Dans nos rédactions, et partout dans l’entreprise nous le savons, nous les élus, la souffrance au travail n’est pas une expression de tribune mais une réalité de notre quotidien. Générée par un collectif anxiogène, ou par des individus toxiques dans leur manière de manager.

Cette souffrance peut être multiple. Un manager qui parle mal, qui parle fort, qui humilie en public, qui insulte en coulisses. Mais pour nous, les journalistes, cela peut aussi venir d’un déni professionnel, de refus systématique de nos propositions de reportages, de manque de moyens donnés pour réaliser ce qui est enfin accepté, de pressions exercées pour que le produit fini corresponde au fantasme éditorial du chef, la liste n’est pas exhaustive… Mais d’autres facteurs s’ajoutent à ces souffrances insupportables. Pour peu que vous commenciez à prendre de l’âge, notion qui peut différer en fonction du sexe, vous voyez disparaitre toute perspective, et face à cela le silence assourdissant des managers éditoriaux ou des ressources humaines. On ne nous tend pas la main, on nous met la tête sous l’eau.

Alors à un moment, il faut prendre une décision, quand on en souffre trop… On pense à s’en aller à quitter l’entreprise ! C’est tout un système qui pousse vers la sortie, après avoir subi ces attaques permanentes. La santé se dégrade, l’envie professionnelle est atteinte… Aujourd‘hui à l’heure d’une Rupture conventionnelle Collective qui n’atteindra pas les objectifs annoncés, s’est développée en marge comme une triste piste de départs parallèle. Des découragés, des salariés usés, en souffrance, qui ne sont pas éligibles au plan de départ non, juste au départ… Aujourd’hui une de nos consœurs se prépare à quitter l’entreprise. Une perte professionnelle, c’est une évidence, mais c’est aussi une richesse humaine qui s’éloigne et qui nous laisse bien tristes ! À travers ce simple dossier, c’est toute une souffrance qu’il faut entendre, celles des salariés d’une entreprise en mauvais état psychologique. Il faut en finir avec le déni, le mantra de nos dirigeants depuis trop longtemps.

Paris, le 20 octobre 2020

CSE Siège du 9 septembre 2020 : notre compte-rendu

La crise sanitaire a largement dominé les débats. Mais la fermeture de France Ô, le sursis de France 4 et la situation financière du groupe ont également été abordés lors de ce CSE du siège du 9 septembre. En ouverture de séance, les élus SNJ ont fait cette déclaration liminaire (Delphine Ernotte Saison 2).

France Télévisions face au COVID, trop de salariés au siège

Dans le cadre de la présentation du rapport de la CSSCT (Commission santé, sécurité et conditions de travail), le nombre de 8 salariés du siège positifs au COVID à la date du 3 septembre est communiqué aux élus. Aucun détail n’est fourni sur les services concernés. 

Le 2 septembre, on comptait 1445 personnes présentes dans les locaux de FTV, une proportion que la direction entend réduire de manière significative. « Il y a beaucoup trop de monde au siège », affirme Muriel Sobry, responsable de la sécurité. 

185 000 masques en papier ont été distribués à FTV en juillet, selon la direction qui estime disposer de stocks et d’un approvisionnement suffisants pour faire face à une éventuelle pénurie. 

Selon le rapport de la CSSCT, une deuxième campagne de distribution de masques en tissu va commencer en ce mois de septembre après 100 jours d’utilisation des premiers. 

La responsable de la sécurité de FTV indique que la dotation de masques en tissu répond à l’une des priorités du groupe : le respect de l’environnement. « Des masques de catégorie 1 qui ont une capacité de filtration supérieure à 90 % », alors que « les masques chirurgicaux ont une capacité  de filtration de 94 % », précise-t-elle. 

Le mystère des masques KN 95 enfin élucidé  

La responsable de la sécurité de FTV a fait amende honorable après sa promesse non tenue concernant les masques KN 95, similaires aux FFP2. Lors du CSE du mois de juin qui précédait les élections municipales, elle s’était engagée à en fournir aux équipes de reportages mobilisées sur des regroupements et manifestations. 

Seulement voilà, le magasin à Paris n’était pas achalandé. Et notre courrier aux directeurs de l’information et de la rédaction était resté sans réponse.

« Je m’étais avancée et je m’en excuse », a dit Mme Sobry. Les médecins ont trouvé que « ce n’était pas une bonne idée de ma part », sans donner plus de précisions. Vos élus SNJ n’ont jamais lâché sur ce point, et précisent que les médecins que nous avons contactés démentent de s’être opposés à l’utilisation de ces masques plus protecteurs par les journalistes. 

Finalement, les équipes qui couvraient la manifestation des gilets jaunes à Paris ont pu bénéficier des KN 95. De plus, Romuald Rat nous a informés que ces masques sont envoyés cette semaine aux équipes en région. Les élus SNJ ont bien fait de ne pas lâcher ce dossier.

Protocole en cas de symptômes : des trous dans la raquette 

Les personnes symptomatiques sont invitées à rentrer chez elles (pas en transports en commun), mais selon la CSSCT, « en cas de survenue d’un cas avéré, l’encadrement en concertation avec la médecine du travail  procède à une enquête, et s’il constate que les gestes barrière ont bien été respectés, la mise en quarantaine et les tests ne sont pas demandés ».

Et d’ajouter avoir constaté que « ces enquêtes n’ont pas été systématiquement menées », notamment au sujet d’un chef d’édition de France Info testé positif, connu pour positionner son masque « sous le menton ».

Six mois après la première vague de Covid-19, « nous ne sommes pas au niveau, on est au bord du droit d’alerte, on fait semblant d’être à la hauteur, mais l’entreprise ne fait pas son travail », a martelé l’un de vos élus SNJ. 

Un exemple éloquent : un journaliste du service politique présente des symptômes laissant planer une suspicion de Covid, mais l’information ne passe pas  et il faut attendre 3 jours avant d’obtenir une désinfection (légère) des locaux.

« On vous l’accorde, la réactivité n’a pas été suffisante, il faut que chacun puisse s’approprier les procédures pour que ce type d’événement ne puisse pas accroître le risque », concède Stéphane Chevallier, président du CSE du siège. 

Le 17 mars dernier, l’un de vos représentants du SNJ faisait valoir son droit de retrait pour non prise en charge du foyer épidémique de France 3 Ile-de-France. Ce droit n’était pas reconnu dans l’entreprise qui cependant, s’engageait à ne pas aller en justice, trop aimable. Aujourd’hui, nous en sommes encore là, réduits à batailler pour que la direction respecte son obligation de sécurité envers les salariés. 

PRIME COVID, une mesure en trompe l’œil

Le président de l’instance, M. Chevallier a rappelé que le dispositif s’élevait à 3,2 millions d’euros pour 2020. L’objectif est de « valoriser la contribution des uns et des autres pendant la crise sanitaire ». L’enveloppe budgétaire a été notifiée aux différentes directions. Les préconisations se situent « entre 300 et 450 euros avec la possibilité de s’écarter à la hausse ou à la baisse ». 

La décision reviendra aux managers en relation avec les DRH. Des mesures attribuées en toute opacité, comme le déplorent vos élus SNJ. 

Rappelons à celles et ceux qui auraient la tentation de se réjouir trop vite que la hausse du budget NAO (augmentations pour 2020) est siphonnée par cette prime. Autrement dit, ce versement se fera au détriment du nombre et des montants des mesures salariales. Une mesure en trompe l’œil, un tour de passe-passe de la direction. 

Climatisation, vecteur de propagation du virus ? 

Selon la CSSCT, « une grande partie des salariés est très méfiante vis-à-vis du système d’aération/climatisation du siège et le considère comme un vecteur de propagation du virus ». 

La commission regrette « qu’aucune communication n’existe concernant l’entretien de la climatisation » et indique que « la direction se veut rassurante », en affirmant que « les filtres ont été changés fin juillet et que l’apport d’air se fait à 100% en air neuf sans recyclage ». 

Les élus des différents syndicats demandent depuis longtemps à la direction de produire une fiche pratique sur le fonctionnement du système. Des paroles… nous attendons les actes. 

Tests de dépistage, que fait l’entreprise ? 

La direction envisage de positionner un camion au pied du siège de FTV à Paris afin que le personnel puisse se faire tester. Ce dispositif, qui serait mutualisé avec Radio France, France Medias Monde et l’Ina, devrait être mis en place d’ici la fin du mois de septembre. 

La médecine du travail devrait alors orienter vers ce camion les salariés ayant des symptômes ainsi que les cas contacts, les tests devant se réaliser sur la base du volontariat. La CSSCT indique que « ceci répondrait à la demande de nombreux salariés, d’autant qu’il est toujours compliqué de réaliser un test, surtout à Paris où il faut faire la queue pendant plusieurs heures ». 

Par ailleurs, la direction de FTV prévoit le dépistage systématique et obligatoire des salariés mobilisés sur Rolland Garros, d’après la CSSCT. 

Télétravail, un accord en négociation

Avec l’augmentation du nombre de cas en France, la règle à FTV n’est plus le « présentiel mais le télétravail ». A ce sujet, Stéphane Chevallier, président de l’instance, rappelle qu’une négociation est ouverte à l’échelle de l’entreprise. Deux dispositifs doivent, selon lui, être mis en place : l’un devant être appliqué hors crise sanitaire et l’autre en période de pandémie. 

Pour le moment, le télétravail est régi par un avenant à l’accord QVT (que le SNJ n’a pas signé) et il donne droit au maximum à deux jours de télétravail par semaine. Notre syndicat estime qu’il n’est pas nécessaire d’aller au-delà afin d’éviter d’avoir des salariés à distance qui finiraient par être coupés du collectif. 

Le télétravail doit être possible pour les journalistes, pour le web, mais aussi dans le but de préparer des reportages depuis son domicile.

Finances 2020, le coût du Covid estimé à 10,2 millions d’euros

Lors d’un point sur les finances 2020, la direction a estimé le coût du Covid pour toute l’entreprise à 10, 2 millions d’euros : masques, gels, nettoyages, plexiglas… 

Ces dépenses ne sont pas prises en compte dans le projet de budget, idem pour l’annulation des JO de Tokyo. 

Mais la direction envisagerait une perte globale pour cette année d’environ 10 millions d’euros, même si pour l’instant la perte prévue est de 22 millions. Même si FTV a continué de payer les salaires, de nombreuses économies ont pu être faites, car il y a eu des arrêts d’activités, les frais de mission ont été moins importants. Les pertes publicitaires ont été en partie rattrapées pendant l’été. 

Sur la RCC en 2020, la direction financière explique qu’elle ne constitue pas une charge particulière, car elle constitue cette année une reprise de provisions. 150 millions ont été provisionnés afin de financer la totalité du plan. 

Que représente financièrement le maintien de France 4 pour l’année ? Pour l’instant, cela n’a rien coûté, nous dit-on, car 10 millions avaient été gelés, au cas où la chaîne continuerait.

Pour France 4, soumise à un changement de ligne éditoriale, 2021 devrait nécessiter un investissement plus important en matière de programmes. En général, pour tout le groupe, l’année prochaine pourrait être plus délicate à aborder sur le plan financier. 

Fermeture de France Ô, sursis pour France 4, « une torture sociale »

Lors d’un point sur le triste destin de ces deux chaînes – arrêt de France Ô le 23 août et sursis pour France 4 jusqu’au 20 août 2021 – vos élus SNJ ont dénoncé « une torture sociale, un scandale en supprimant des chaînes linéaires et en supprimant la dignité des salariés ». Le président du CSE du siège, Stéphane Chevallier, s’est associé « d’une certaine manière à ce qui est dit là » : « avoir fait perdurer cette situation a pu être une période extrêmement difficile à vivre ». 

La direction qui a fait un point sur le reclassement des salariés des deux chaînes a réfuté s’être inclinée devant la tutelle. 

Pour France Ô, le pacte de visibilité des outre-mers sur les autres chaînes du service public nous paraît très insuffisant, il ne compensera en rien cette fenêtre qui était offerte par France Ô.

Par ailleurs, la direction est venue présenter la dernière saison de France 4 basée sur trois axes éditoriaux : l’éducatif, l’informatif et le récréatif. Une déclinaison des programmes Lumni, Okoo et une synergie de programmes de divertissement avec les autres chaînes en donnant une nouvelle exposition par exemple au « Monde de Jamy ». 

Concur, un logiciel inadapté à nos missions

Concur a été sous le feu des critiques des élus du CSE du siège, dont ceux du SNJ bien sûr, lors de la présentation de la réorganisation de la Direction Déléguée Infrastructures Technologiques et Services (ITS). D’abord, aucun chiffre n’est donné sur le coût de ce logiciel. 

Selon la direction, il n’y a pas de bug, nous avons une version extrêmement sophistiquée et des évolutions avec le processus de dématérialisation des factures ont permis de simplifier. 

Non, les nombreuses difficultés rencontrées ne sont pas liées à la complexité des modalités de remboursement mais à ce système qui s’avère inadapté, selon vos élus SNJ. 

La direction ITS était présente afin de détailler un nouvel organigramme -avec une suppression de poste, permettant de se transformer en centre de services. 

Cette direction gère la hotline, répond aux demandes d’espaces informatiques sur le cloud ou en data center afin de mieux gérer les différents projets.  

Par exemple, pour le projet NRCS (futur nouvel outil regroupant entre autre Dalet et Gilda), 30 serveurs ont été mis à disposition. La nouvelle messagerie via Microsoft a pour objectif de permettre une meilleure sécurité à l’heure où les attaques sont de plus en plus nombreuses, assure la direction. Mais le fait de voir ainsi un grand nombre d’informations externalisé, peut également être une source d’inquiétude.

Vos élus SNJ ont protesté car la tenue du CSE Siège sur une journée ne permet pas d’aborder sereinement tous les points à l’ordre du jour. 

A notre demande, le vote sur le changement de statut du CI Ortf a été reporté. 

Prochain CSE du siège, les 13 et 14 octobre

CSE Siège du 25 juin 2020 : notre compte-rendu

« A France TV, le service des Sports est un bastion sexiste »

C’est ainsi que Mediapart titre son article sur la direction des Sports. Une enquête de plusieurs semaines qui fait suite aux déclarations dans le journal L’Equipe d’une ancienne journaliste du service. Mediapart a recueilli de nombreux témoignages qui confirment l’existence de comportements sexistes, notamment au sein de la rédaction (voir notre texte du 26 juin: Direction des Sports — Après l’enquête et le constat, nous exigeons des actes !

Un article paru le jour même où le rapport du cabinet indépendant Interstys a été présenté aux équipes du service et à la commission « égalité professionnelle et lutte contre les discriminations » du CSE. La direction de France Télévisions avait en effet décidé de confier à ce cabinet une enquête sur les suspicions de harcèlement et de discrimination aux Sports.

Alors évidemment, cela a été le point fort de ce CSE.

« Il faut être intransigeant et ne pas laisser des situations intolérables perdurer », annonce le directeur des Sports, Laurent-Eric Le Lay. L’objectif affiché est « que le Service des Sports soit exemplaire, je m’y engage personnellement ». Quand on entend les conclusions du cabinet Interstys et quand on lit l’article de Mediapart, on comprend qu’un gros travail est nécessaire. Rappelons que le SNJ exige depuis des années que ce travail soit mené! 

Pour y parvenir, le DRH du secteur, Olivier Pinson, a détaillé un plan d’actions individuelles et collectives. Formations obligatoires destinées à tous (encadrement compris), groupes d’échange et de parole, entretiens professionnels, cellule d’écoute en présentiel dans le service.
Les faits de harcèlement (pas uniquement moral) et de possibles discriminations avec implication sur la carrière ne semblent pas niés par la direction. Mais Laurent-Eric Le Lay nous dit être déterminé à y mettre fin, tout comme aux propos et comportements sexistes.

Quant à une féminisation de la rédaction (7 femmes titulaires aujourd’hui, sur un effectif d’une soixantaine de journalistes), « la situation actuelle ne permet pas forcément des embauches immédiates »,selon la direction, mais elle annonce qu’elle fera un gros effort sur l’appel aux consultantes sportives pour certains événements.

Ce dossier a évidemment ému les élus du CSE, d’autant qu’il intervient un an après celui de la rédaction numérique de Franceinfo. La question du harcèlement et du sexisme à France Télévisions n’est clairement pas l’affaire d’une génération ou d’un service en particulier.

D’autres faits, comme les méthodes de management brutales observées ailleurs dans l’entreprise, sont également inadmissibles et nous les condamnons fermement. Les élus SNJ seront extrêmement attentifs à la mise en place des mesures annoncées à la direction des Sports et à l’accompagnement des salariés. 

Vers un retour à la normale ?

La présence sur site augmente doucement, pour atteindre ces derniers jours 900 collaborateurs et environ 150 prestataires. Toutes les emprises sont rouvertes, sauf en Guyane où des cas avérés de Covid ont conduit à des quatorzaines.

Le Siège compte aujourd’hui 3 malades, 273 sont guéris depuis le début de la pandémie.

La règle demeure d’éviter toute concentration et croisement de personnels, d’où des parcours fléchés et des entrées-sorties distinctes dans le bâtiment. Sur ce dernier point, nous regrettons toutefois que le nombre de portes d’accès n’ait pas été augmenté pour éviter des détours.

Quant au restaurant, arrêt du zonage et accès à tout l’espace, avec toutefois un nombre limité à chaque table.

Pour les travaux de réaménagement, arrêtés depuis de longs mois déjà, pas de redémarrage au mieux avant septembre.


Et demain ?

Environ 20% de présence sur site en ce moment, l’objectif est de passer à 30% à la mi-juillet, fin de la période d’urgence sanitaire. Après les vacances d’été, tous les personnels devraient retravailler en présentiel. Ils y retrouveront leurs beaux openspaces, dont le principe n’est pas remis en cause par la direction, qui se contente de mettre en avant les séparations en plexiglas pour limiter les contaminations.
Et puis cette fois, Madame Sobry nous l’assure (elle est en charge de la sécurité), France Télévisions est prête à affronter une éventuelle deuxième vague. L’expérience est là, les stocks sont conséquents. Du gel, des masques en tissu (90.000 de plus disponibles pour septembre), sans compter des modèles plus filtrants (type FFP2) réservés à des situations plus spécifiques. Justement, les élections municipales et les meutes de journalistes autour des candidats étaient une bonne occasion de s’en servir. Or, malgré notre demande auprès de la direction de l’info de veiller à ce que les équipes du Siège, des bureaux en régions et de France 3 en disposent, pas de réponse. Outre les antennes, les pirates informatiques ont peut être bloqué leurs messageries !

Et pour finir, va-t-on assister à la disparition des opérateurs-prompteurs ?

Demain, Télématin va devoir s’en passer, soit deux postes supprimés (un reclassement et un départ).
Alors, est-ce le début de la fin pour tous ces personnels ? Si la direction nous assure qu’ils seront maintenus pour les journaux, pouvons-nous la croire sur parole ?

Souvenons-nous du Soir 3 où des postes d’assistants n’ont pas été maintenus, alors qu’à l’époque on nous jurait le contraire !

Paris, le 29 juin 2020

Le temps du changement est venu [préalable SNJ au CSE Siège du 4 juin 2020]

Cette direction ne fera pas l’économie d’un bilan de mandature, et la crise sanitaire l’impose encore plus. Quel manque d’humilité, quelle morgue, quelle supériorité supposée… Mais au bout du compte toutes ces postures ont servi quel type de gouvernance ?

Celle du déni, de la discrimination, des inégalités, de l’humiliation, du refus de la remise en cause, du monologue social, du casting exacerbé ! Le tout au profit d’un clan, comme toujours, au détriment du plus grand nombre comme toujours.

Alors qu’aujourd’hui nous allons évoquer la reprise d’activité ou encore les moyens de remédier aux lacunes en termes d’expositions aux risques, nous constatons, une fois de plus, que nous écouter n’est pas dans les projets de l’entreprise.

Il faut remettre en cause toute l’organisation spatiale du Siège, mais on nous répond plexiglas. Il faut revoir de fait l’organisation éditoriale des rédactions nationales, on nous dit que la fusion a montré toute sa force pendant la crise sanitaire. Il faut en finir avec les nombreuses mises à l’écart de certains journalistes, on nous répond que c’est de l’ordre du fantasme. Et pourtant les témoignages sont nombreux, étayés, vérifiables. Mais dans les services, comme une consigne respectée par les bons petits soldats de l’encadrement, on s’attaque aux messagers, histoire de ne pas donner crédit au message.

Depuis plusieurs années, les représentants du SNJ paient cash cette critique du système mis en place depuis longtemps à France Télévisions. Du management brutal, à la mise à l’écart professionnelle, tout y passe, de président en présidente, de directeur en directeur. Une discrimination syndicale, une discrimination professionnelle qui va au-delà de notre organisation syndicale et qui fait de notre entreprise une pathétique machine à détruire les enthousiasmes. La reprise d’activité qui se profile, avec entre autre le deuxième tour des élections municipales, ne sera pas,  nous le savons déjà, l’occasion de cette nécessaire remise en cause. Nous l’avons déjà écrit, ce monde d’après à France Télévisions ressemble déjà furieusement au précédent… Logique, ce sont toujours les mêmes profils qui détiennent le pouvoir… Nous n’avons jamais supporté que nos propositions restent à l’état de témoignage. La direction ne respecte pas les instances et donc pas les salariés que nous représentons. Il est définitivement temps que tout cela cesse.

Paris, le 4 juin 2020

CSE Siège du 14 mai 2020 : notre compte-rendu

Ce CSE Siège était qualifié d’ordinaire, contrairement aux précédents tenus depuis mars. Un ordre du jour, quasi classique sans points concernant le Covid-19, même si les élus avaient des questions sur le sujet.

Où sont les masques en tissu promis lors de la dernière instance ?

Pourquoi la direction, de manière unilatérale, a-t-elle réduit le nombre de monteurs en télétravail ?

Pourquoi les lingettes manquent toujours sur site ?

Ce sont toutes ces questions toujours sans réponses concrètes qui tendent un peu le dialogue social, entre ce qu’on nous dit en séance et la réalité du terrain, comme le SNJ l’a résumé dans son préambule.

Un point a été fait sur la Rupture Conventionnelle Collective. Au 20 avril, sur l’ensemble de l’entreprise, 772 départs dont 72 projets professionnels. La direction précise que les dossiers présentés pour des projets professionnels et pas encore traités, pourront être retirés par les intéressés qui souhaiteraient donc se rétracter au regard de la crise sanitaire, qui compromet sérieusement de nouveaux projets à court et moyen terme voire plus. Ce sera du cas par cas, bien évidemment.

Autre point qui concerne tout le siège, la reprise du restaurant d’entreprise. La cantine rouvrira le 25 mai, une semaine avant, pour le personnel qui aura pour tâche difficile de tout remettre en état pour nous recevoir au  mieux !

Sans trop s’avancer sur cette réouverture, il est prévu de :

– Comptabiliser les entrées

– Réguler les flux

– Permettre 350 repas étalés sur 3 heures

Il est prévu tous types de protections pour les salariés et les consommateurs, pour éviter toute propagation du virus. A priori, une chaise par table pour une configuration qui, selon nous, posera problème en fonction du nombre de salariés, lorsque les télétravailleurs reviendront. Mais nous n’en sommes pas là, et nous comprenons que cette réouverture est importante et délicate à la fois. Nous suivrons bien sûr les conditions d’exploitation de la cantine, avec bienveillance. La réouverture de la cafétéria est quant à elle prévue le 2 juin.

Le prochain CSE aura lieu le 4 juin, entre temps les questions Covid et, nous l’espérons, celles autour du plan de reprise d’activité seront évoquées lors de la Commission Santé Sécurité et Conditions de Travail du 27 mai.

Vos élus SNJ FTV

Paris, le 18 mai 2020

CSE Siège du 14 mai 2020 : préalable du SNJ

Nous regrettons le double discours de la présidence et de toute la direction ! Que cela vienne du dialogue social ou des opérationnels !

Le déconfinement ressemble à la tête de notre entreprise, à un retour accéléré au monde d’avant en tentant d’y ajouter quelques nouvelles règles inspirées du confinement.

Aucun respect des engagements pris devant les élus ou le personnel dans les différents services ! Que ce soit le télétravail supprimé pour certains monteurs, certaines règles sanitaires en reportage, sans parler de ce gigantesque manque de respect pour les précaires !

La direction veut donc aller plus vite que la musique mais elle joue faux.

Les élus SNJ l’ont déjà écrit et restent bien sûrs vigilants sur ce double discours qui abime nos relations sociales et l’engagement de tous les salariés en cette période si difficile.

Paris, le 14 mai 2020