Grève massive à la rédaction de franceinfo.fr

« En raison d’un appel à la grève de l’intersyndicale SNJ et SNJ-CGT, à France Télévisions, le fonctionnement du site franceinfo.fr est perturbé mardi 30 novembre. Nous vous prions de nous en excuser ». Pendant 24 heures, ce bandeau s’est affiché sur les écrans, pour informer les lecteurs de franceinfo.fr.

Une grève suivie à près de 93% ne peut être ignorée par la direction. Le SNJ et le SNJ-CGT, qui ont déposé le préavis de grève, à la demande de la rédaction numérique de franceinfo.fr, saluent la mobilisation exemplaire des journalistes et de l’assistante de la rédaction.

Les deux syndicats ont d’abord déposé une saisine, le 20 octobre, avec des revendications sur les effectifs et la charge de travail, puis un préavis de grève pour le 30 novembre. A chaque fois, dans les négociations, la direction de l’information et la RH n’ont pas apporté de réponses satisfaisantes, renvoyant aux arbitrages budgétaires et à la « trajectoire de baisse des ETP »  (équivalents temps-plein).

Seules propositions, pour alléger la lourde charge de travail : « faire moins, limiter la copie, réduire les ambitions, adapter l’offre, renoncer à des projets… », privilégier les activités de desk, le « chaud », c’est-à-dire revenir à la vision du web d’il y a dix ans. L’offre d’information du service public, sur le numérique, ne saurait se résumer à ça.

Ce serait donc, à quelques mois de l’élection présidentielle, la seule ambition de France Télévisions pour le média global de l’audiovisuel public ? Réduire la voilure, alors que franceinfo.fr se classe parmi les tout premiers sites d’information français ? Cantonner les journalistes à l’actu chaude, leur demander de renoncer à des papiers d’analyse, des angles originaux, des « grands formats » qui font la valeur ajoutée du site et permettent aux journalistes de mettre en pratique leur expertise ?

Les journalistes en grève (rédacteurs, secrétaires de rédactions et rédacteurs en chef adjoints) ont clairement exprimé que leur santé et leur vie privée ne devaient pas faire les frais d’une charge de travail devenue trop lourde. Ils disent non aux horaires et aux journées de travail sans fin. Pour autant, la solution ne passe pas par un rabougrissement, mais par des créations d’emplois, à la hauteur des enjeux d’information et des missions du service public.

Franceinfo.fr ne doit pas être condamnée à devenir essentiellement un « hub », une plateforme de contenus produits pour la télévision. Il s’agirait d’une stratégie vouée à l’échec, face à la concurrence des grands médias privés.

La rédaction tient à défendre la spécificité de ses métiers, son projet éditorial, avec des formats propres au web. Elle demande au directeur de l’information de s’engager et de dire comment il conçoit l’avenir et le développement de franceinfo.fr.

Le SNJ et le SNJ-CGT rappellent les revendications de la rédaction de franceinfo.fr :

  • Un renforcement des effectifs à franceinfo.fr, avec le recrutement immédiat en CDI de deux rédacteurs-journalistes spécialisés (pôle Inter et pôle Police Justice), d’un secrétaire de rédaction et d’un rédacteur en chef adjoint.
  • Le maintien du poste de rédacteur vidéo à franceinfo.fr et l’intégration en CDI du journaliste présent sur ce poste en CDD depuis 22 mois.
  • La confirmation du remplacement de la journaliste quittant franceinfo.fr dans le cadre de la RCC, dès son absence du planning en janvier 2022.
  • Le maintien des ETP à franceinfo Afrique et franceinfo Culture. Dans cette dernière rédaction, nous demandons également le comblement du 2/5e d’ETP laissé vacant par le temps partiel d’une salariée, ainsi que le remplacement des arrêts maladie.
  • L’intégration des activités de community management et de motion design au sein de la rédaction de franceinfo.fr.

Les deux syndicats en appellent au directeur de l’information, pour qu’il réponde sans tarder aux demandes de la rédaction numérique, dont la mobilisation massive témoigne d’un fort attachement à ses missions d’information.

Paris, le 1er décembre 2021

Le SNJ soutient les appels à la grève à Limoges et en Nouvelle-Aquitaine

Le SNJ soutient les appels à la grève à Limoges et en Nouvelle-Aquitaine contre l’externalisation de nos émissions.

Pour des raisons techniques, il n’a pas pu s’associer à temps aux deux préavis concernant l’externalisation des émissions, et en particulier de celle de la fabrication de « Vous êtes formidables » les 30 novembre et 1er décembre.

Mais soyons clairs : notre syndicat soutient pleinement ce mouvement. Il encourage tous les salariés, journalistes et PTA, à faire grève sur la base des préavis :

  • de SUD à Limoges pour trois jours, à partir du 29 novembre ;
  • et/ou de FO, CFDT et CGT en Nouvelle-Aquitaine, pour le 1er décembre.

Il en va, à terme, de l’avenir de l’activité à la station de France 3 Limousin. Journalistes, PTA, tous dans le même bateau ! Le SNJ considère comme essentiel de pérenniser l’activité en interne, sur site, en Limousin comme sur toute la Nouvelle-Aquitaine.

Alors que la direction du Réseau France 3 se projette vers une « régionalisation » annoncée, avec le renforcement de l’information de proximité, c’est un très mauvais signal envoyé à l’ensemble des salariés de Limoges et de Nouvelle-Aquitaine.

Fait à Limoges, le 26 novembre 2021

France 3 Auvergne : Préavis de grève SNJ CGT FO

JT communs Auvergne-Rhône-Alpes

L’antenne de France 3 Auvergne s’oppose à la décision de faire des JT communs avec les antennes de Lyon et Grenoble les 3 week-ends des vacances de la Toussaint, le premier étant programmé les 23 et 24 octobre et piloté par Clermont-Ferrand.

Cette mutualisation est tout, sauf un vrai choix éditorial. Elle ne relève que d’une logique comptable pour assurer les nouvelles tranches d’informations, produites à moyens constants. Le 18h30, lancé en janvier, nous avait été vendu par Isabelle Staës, directrice régionale, avec cette promesse : nous ne toucherons pas aux moyens des journaux régionaux !

Promesse non tenue : à la rentrée, six week-ends communs sont programmés pendant les vacances de la Toussaint et de Noël. Lyon et Grenoble pratiquaient déjà cette alternance forcée depuis des années. Pourquoi y rajouter l’Auvergne, une région avec une identité très forte, très éloignée des préoccupations des Rhône-Alpins ? C’est une aberration !

Quel est le sens de cette mutualisation imposée sans discussion alors que l’on nous répète au quotidien l’importance de notre mission d’information de proximité ? Notre présidente Delphine Ernotte a défendu elle-même haut et fort le projet de régionalisation qui doit permettre un meilleur maillage territorial. Ces week-ends communs ne feraient que nous éloigner de nos téléspectateurs fidèles et attachés à l’antenne clermontoise.

Ici, le retour des téléspectateurs a été catastrophique pendant le confinement avec son lot de JT en mode dégradé. L’Auvergne a toujours su gérer son antenne et son indépendance. Les audiences en témoignent, avec 27% d’audience chaque soir à 19h.

Autre conséquence de cette mutualisation : l’impact financier sur la rémunération des techniciens. Ces week-ends « chômés » seront un manque à gagner important pour le personnel. Beaucoup s’inquiètent également de l’avenir de leur métier alors que l’on remet en cause leur expertise en faisant des économies sur leur dos.

Pour toutes ces raisons, les salariés de France 3 Auvergne réclament la suppression des week-ends communs avec Lyon et Grenoble. 

Les organisations syndicales appellent donc les salariés de France 3 Auvergne à la grève du samedi 23 octobre 00h00 au dimanche 24 octobre minuit.

Clermont-Ferrand, le 15 octobre 2021

Grève à France 3 Alpes le 12 octobre : un moment historique !

Ce mardi 12 octobre, la mobilisation est massive et sans appel, aussi bien chez les techniciens que chez les journalistes : 70 % de grévistes !

Techniciens vidéo, scriptes, OPS, monteurs : 100 % de grévistes !

La directrice régionale AURA, Isabelle Staes, vient d’annoncer son départ.

Les salariés des Alpes interpellent donc Mr Martinetti, Directeur du réseau France 3, et lui demandent de s’asseoir à la table des négociations.

Paris, le 12 octobre 2021