Guide des mauvaises pratiques du management

Rédactions Nationales

La direction de l’information vient donc de franchir un nouveau cap, en rédigeant un guide dit des « bonnes pratiques du tournage ». Sous couvert de répondre aux attentes et conclusions d’ateliers organisés de février à mai 2019, elle organise tout simplement la mise en place du tout TVU (système de transmission de type 4G). Aimons-nous les uns les autres et n’oublions pas de mettre le TVU dans le coffre de la voiture, dans le train, dans l’avion…

Oui sans doute, il faut partager les tâches, porter ensemble le matériel, respecter les métiers, dans le seul but de faire au mieux notre travail ! Mais ce n’est pas cela que nous dit ce document. Il instaure la généralisation des moyens de transmission 4G, partout, pour tous, sans poser les bonnes questions éditoriales, et d’ailleurs il n’en pose aucune .Un outil ne peut en aucun cas faire office de ligne éditoriale. Emiettement des tournages, morcellement des sources, taylorisme de l’info, nous transforment depuis des années en simple prestataire de service sur le terrain. Notre profession est niée, déniée par manque d’anticipation, par volonté de mettre en image les fantasmes éditoriaux de certains.

Alors on peut tenter de régir ce qui est de l’ordre de la bonne intelligence, et sans doute certains se sont plaints de dérives de comportements sur le terrain, et cela est bien sûr inexcusable. Mais que la direction se cache derrière cela pour rendre l’utilisation du TVU obligatoire, formation comprise, est un procédé infantilisant et dangereux éditorialement. Précisons au passage que pour nous cela ne change rien ! Nous pouvons toujours refuser d’utiliser le TVU, et il faut le faire. Ce n’est pas ce guide de direction qui change la donne.

Le SNJ a été reçu vendredi dernier, avec les autres organisations syndicales, pour discuter de ce guide : 3 pages de politique du fait accompli. Encore une preuve que c’est un guide des bonnes pratiques du management qu’il faudrait rédiger. Associé d’ailleurs à la pratique du journalisme qui disparaît de plus en plus dans le rapport entre les équipes de terrain et ceux qui nous dirigent.

Apres la fusion des rédactions, la disparition du Soir 3, ce guide ajoute du stress à notre lassitude. A chacun de se positionner et de nous faire savoir ce qu’il pense de ce guide, pour rédiger ensemble des contre-propositions éditoriales et d’organisation de nos rédactions. Nous ne baisserons jamais les bras, à vous de nous aider pour vous aider !!!

Paris, le 6 décembre 2019

Info 2015 tape l’incruste

« Info 2015 » n’a pas fini de nuire. Apres avoir écarté de nombreuses scriptes des journaux de France 3, il faut maintenant que leur travail soit fait par d’autres. Il s’agit, à partir du 14 janvier prochain, de répartir la collecte et la saisie des synthés des reportages. Assistants-es de service, assistants-es des éditions et les  journalistes des rédactions nationales sont concernés.

Dès lundi, le 12/13 et le 19/20 seront calqués sur les éditions de France 2, et les synthés des reportages seront donc saisis par les assistants-es de service, puisqu’une seule scripte est maintenant affectée à ces éditions. A court terme, pour le soir 3, ce seront les journalistes eux-mêmes qui le feront. Quant aux éditions du week-end, au regard du manque de personnel dénoncé dans les services, cette opération est à haut risque. A la fois parce qu’elle fait peser sur les épaules des salariés la bonne marche d’une organisation imposée par la méthode Coué : un « tout va bien se passer » comme seule réponse aux nombreuses  interrogations qui viennent de tous les personnels concernés.

On promet une formation pour tous les journalistes de la rédaction unique, comme ils disent, à priori uniquement pour les éditions du Soir 3. Mais à terme, ce seront bien les journalistes et seulement les journalistes, qui saisiront les synthés sur les deux chaines, et ce dans la perspective de la mise en place d’une nouvelle application établissant techniquement un conducteur identique  aux deux rédactions.

Cette partie d’« info 2015 » a donc commencé par déclasser et déprofessionnaliser les scriptes, puis maintenant elle alourdit la charge des assistants-es de service et d’édition, en préparant aussi les journalistes à la saisie des synthés. Et tout cela dans une bascule qui s’opère dans quelques jours ! Quel aveuglement atteint donc la direction pour ne pas se rendre compte qu’elle fait prendre des risques à tout le monde, tant l’impréparation est de mise, et tant le personnel n’a pas son mot à dire sur les dangers d’un gigantesque fiasco à l’antenne !

Notre refus de collecter ainsi et saisir les synthés n’est pas un caprice d’enfants gâtés. Mais il est lié à la spécificité de certaines de nos productions à l’antenne. Préparez-vous donc, lorsque vous aurez 7 à 8 sources d’images différentes, des interviewes venant de plusieurs équipes ou de plusieurs régions, de plusieurs endroits et de différentes chaines du groupe, à passer plus de temps à la collecte et la saisie des synthés qu’à la fabrication du reportage ! Nos rédacteurs en chefs et leurs adjoints n’ont rien opposé à cette réforme alors que ce sont aussi leurs journaux qui se verront malgré l’investissement de toutes et tous, fragilisés dans leur fabrication, dans une ambiance encore moins sereine qu’aujourd’hui !

Malgré toutes les alertes du SNJ depuis des mois ,peu importe, cette obsession d’« info 2015 » rend nos directeurs aveugles et sourds, et sous couvert d’harmoniser les « process » de fabrication, elle fait le choix de dérégler tout ce qui fonctionnait bien. Sans parler de la réforme de la filière édition qui est en discussion dans les instances.

Nous pouvons, si les salariés nous suivent, faire obstacle à cette idée folle, par la mobilisation des uns et des autres, tous métiers confondus. Si tel n’était pas le cas, chacun se plaindra alors dans son coin que cette organisation n’est pas viable, mais sans effet ! Les dangers de cette fusion sont nombreux, nous l’écrivons depuis le début ! Petit à petit, éditorialement et en terme de management les dégâts sont là !! Il  n’est jamais trop tard pour réagir.

Paris, le 11 janvier 2019

‘inscrute

La fusion de tous les dangers

Responsables et coupables ! Oui celles et ceux qui ont lancé, imposé et mis en place la fusion des rédactions nationales, sont responsables et coupables.

Responsables, on peut facilement le comprendre puisque l’initiative datant de 2012 est de fait  une prérogative de la direction. A l’époque c’était Thierry Thuillier qui était à la manœuvre, sous la présidence de Remy Pflimlin. Les bases étaient posées, rien de plus, mais déjà le SNJ communiquait sur ce que contenait ce projet funeste. Puis la présidente Ernotte, pressée par une feuille de route écrite par toutes les tutelles, décide de ne pas arrêter le processus. Et c’est l’éphémère patron de l’information Michel Field qui installe les bases d’« info 2015 » en 2015.

Depuis, service après service, la fusion dévore nos rédactions. A marché forcée, contre l’avis massif des salariés de la rédaction nationale de France 3, contre l’ensemble des instances représentatives du personnel, « info 2015 » crache son venin. Derrière la façade d’un projet éditorial, c’est bien une mise sous tutelle de tous par quelques-uns. Déclassement, déprofessionalisation, taylorisme appliqué à l’information, management brutal. Journalistes, techniciens, administratifs, tout le monde passe à la moulinette !

Le service Économie, l’un des deux premiers services fusionnés avec la culture, perd de nombreux journalistes de la 3, brisés par le manager de l’époque, parti rejoindre Thierry Thuillier. Considérés comme des « sous professionnels » par ce dernier, l’ambiance est au jeu de massacre, et c’est toujours le cas aujourd’hui.

Plus tard, la résistance du service politique côté 3 fera reculer le couperet d’un an. Avec en apogée la menace de licenciement de 2 élus SNJ qui s’opposaient fermement au projet. Une menace d’une direction aux abois et qui voulait faire de ce bras de fer un exemple. Suivront les autres services et une cerise sur le gâteau : le démantèlement du service édition, et les scriptes de la 3, sacrifiées sur l’autel d’une mauvaise réforme. Un volet d’« info 2015 », où l’humiliation est érigée en mode de gestion.

En cours, la fusion des services JRI et Société ne nous fait pas baisser les bras pour autant. Et ce n’est pas le seul problème des journalistes de la 3, et on s’en rend bien compte à France 2. La fusion n’épargne personne et transforme jour après jour le traitement de l’information, elle abîme  au quotidien le travail de chacun. Certes il y a toujours ceux qui sont privilégiés, comme tout système clanique.

Mais les modes se démodent… Alors ça craque à tour de rôle, et le management intermédiaire n’est pas épargné, loin de là. Des directeurs éditoriaux opérationnels et des chefs de services qui chapeautent les services fusionnés. Voilà les gardiens du temple de la fusion ! Et à l’intérieur, ça passe ou ça casse !

Ensemble, nous pouvons freiner les effets pervers de la fusion des rédactions ! Non pas en nous opposant les uns aux autres, mais en mettant du collectif là où la direction ne met que de l’individualisme. Car la plus grande illusion de cette fusion, c’est bien de dire que ce projet est éditorial ! Il n’est que le premier épisode des réductions de périmètre de l’information nationale à France 3 comme à France 2. La construction d’une armée bleue et rouge au service de quelles éditions demain ? 

Si vous partagez ces interrogations, aidez-nous à les porter en votant SNJ !

Paris, le 1er octobre 2018

2018-10-01 La fusion de tous les dangers

Disparition des rédactions nationales de France 2 et France 3

– LE PLURALISME EN DEUIL –

Malgré l’opposition des salariés engagés, nombreux, dans la grève de ce 12 juin, malgré des années d’opposition à ce projet, la direction a mis fin au processus d’information/consultation d’ « Info 2015 », en recueillant l’avis des élus du CCE concernant la phase 4. Un avis négatif, une nouvelle opposition des instances représentatives du personnel, comme tout au long de ce projet !

Donc deux rédactions nationales viennent de disparaitre, au détour de ce mardi 12 juin ! Oui celle de France 2, et celle de France 3 !!! La direction vient donc de tourner volontairement le dos non pas à l’histoire mais au pluralisme ! Cette fusion est un deuil et comme tous les deuils, il est douloureux !

Le SNJ n’abandonne pas la partie pour autant, demain, comme hier, comme aujourd’hui, nous serons avec les salariés, journalistes, techniciens et administratifs touchés au cœur par la fusion ! Au quotidien, nous pèserons sur ceux qui ont décidé de la disparition des rédactions nationales et qui seront sans doute demain ceux qui feront disparaitre des éditions nationales.

Ce projet funeste, feuilleton depuis 6 ans, trouve donc aujourd’hui une première conclusion. La mise en œuvre de la phase 4, se superpose sur les 3 précédentes sans tenir compte de toutes nos remarques, nos reproches, nos souffrances.

Il ne faut pas considérer que cet ouvrage de la fusion se referme comme un mauvais livre de chevet. Nous comptons bien ajouter nos pages au chapitre des luttes et des combats pour la défense de nos autonomies !

Paris, le 12 juin 2018

2018-06-12 Pluralisme en deuil

Au-delà du réel

– FUSION DES RÉDACTIONS NATIONALES –

Après des mois d’attente, des réclamations incessantes de la part des élus des instances du Siège et de ceux du CCE, nous avons enfin reçu les « retours d’expériences » des phases 1 et 2, concernant la fusion des services « économie/social » et « politique intérieure ». C’est toujours ça de pris ! Mais quelle surprise en les découvrant…

Ces « retours d’expériences » reconnaissent, certes, quelques points critiques, tous en voie d’amélioration, bien sûr. Mais sinon quelle indigence, quel vide sidéral, quelle gifle morale et professionnelle !

Ces « retours d’expériences » ne sont en fait que le résultat d’entretiens entre cadres, sans la base. Bien sûr, ceux qui nous dirigent ont tout à fait le droit à la parole dans cette affaire, puisqu‘ils sont eux-mêmes, parfois contre leur gré, les acteurs de cette fusion des rédactions. Mais de là à oser produire de tels documents qui ne reprennent en rien les revendications collectives des journalistes et du personnel technique et administratif de ces services, c’est tout simplement surréaliste et coupable. Oui, coupable.

Parce qu’à cacher la réalité, à faire du déni un mode de management, ce sont bien des trajectoires abîmées que la direction camoufle. Des risques psycho-sociaux qui ne sont pas pris en compte. Une souffrance au travail qu’on ne veut pas voir, et un tour de passe-passe éditorial qui n’a pour but que de faire disparaître le pluralisme.

Alors nous demandons solennellement que, sous l’égide de la direction de l’information, avec les salariés des services concernés et des représentants des organisations syndicales représentatives, que de réels « retours d’expériences » soient mis en place, pour qu’enfin la parole soit entendue librement pour dire de quoi la fusion est véritablement le nom.

Paris, le 14 mai 2018

2018-05-14 Fusion des redactions – Au-dela du reel