DECLARATION LIMINAIRE INTERSYNDICALE, 21 mai 2021 – Projet d’Avenant Rémunération de l’accord collectif, le compte n’y est pas !

Alors qu’un nouvel avenant « rémunération » devait être signé avant le début de la négociation annuelle obligatoire (déterminant les augmentations individuelles 2021), les organisations syndicales représentatives FO, CFDT, CGT et SNJ déplorent le manque d’ambition affiché par la direction pour permettre la conclusion de ce nouvel avenant 11.

Elles ne l’ont donc pas signé, et demandent, en ouverture de la NAO, la poursuite des négociations, en remettant sur la table certaines revendications qui n’ont pas été prises en compte lors de la rédaction de la version mise à la signature.

Certes, des avancées ont été actées dans le projet d’accord :

  • Augmentation minimale fixée à 2% du salaire de base, avec un plancher à 620 €
  • Indication en pourcentages de l’écart entre le salaire et le salaire médian correspondant.
  • Forfait-jours à 5 % immédiatement.

Mais nous estimons que le nouvel avenant doit aussi être l’occasion d’acter des garanties supplémentaires. Les organisations syndicales représentatives se sont  concertées, afin de vous présenter leurs propositions :

  • Primes ponctuelles : nous demandons le plafonnement de l’enveloppe des primes à 10% de la RMPP.
  • Traitement des disparités : Priorité aux salariés dont la rémunération est inférieure à 95% de la tendance de rémunération 
  • Prévention des disparités :
  • priorité aux salariés n’ayant bénéficié d’aucune revalorisation individuelle depuis 3 ans et plus 
  • Examen à 3 ans de la situation du salarié : le salarié bénéficie d’une mesure individuelle tous les 3 ans; en cas de refus d’attribution de la mesure,  ce refus doit être argumenté et des dispositions doivent être prises pour permettre au salarié de bénéficier d’une mesure l’année suivante (formation, remise à niveau, évaluation des compétences, etc.). Au cours de l’entretien annuel qui est mené l’année des 3 ans, le responsable hiérarchique expliquera sa décision au salarié concerné (p. 8).
  • Une mesure automatique est attribuée à 4 ans (au lieu de 5).
  • Salaires d’embauche : nous demandons qu’il soit écrit que le salaire à l’embauche ne peut se situer en dessous de la courbe de tendance.

Nous demandons également que le périmètre de cette courbe de tendance soit bien celui de l’entreprise FTV.

  • Pas de cumul de mesures 2 années de suite, sauf pour les salariés en disparité.
  • Gel de mesures individuelles pour l’encadrement, dont les salaires sont supérieurs de x % à la médiane. Notre objectif est de réduire les écarts entre encadrement et salariés « de terrain »
  • Nous demandons un palier d’ancienneté à 35 ans pour les journalistes (30%)
  • Paliers et fonctions des journalistes : l’accès à la fonction JS après 15 ans d’ancienneté et après 20 ans pour la fonction GR doit être acté.
  • Durée de stationnement sur une fonction et un palier : ce point doit être rediscuté.
  • Nous demandons communication, comme en 2020, du tableau RH « Courbes de tendance au 1er janvier 2021 PTA et journalistes »
  • Comités locaux des salaires : L’encadrement concerné, chef de service ou rédacteur en chef, qui décide des mesures et peut éclairer le comité sur ses choix, doit y participer.
  • Comité salaires : le comité doit pouvoir examiner la situation salariale des encadrants qui le souhaitent.
  • Informations communiquées aux membres du comité : Le comité doit pouvoir travailler à partir des courbes de tendance entreprise, qui seraient la référence pour évaluer la situation des salariés. Ces courbes de tendance FTV doivent être fournies aux membres des comités suffisamment en amont.

Les tableaux proposés doivent différencier les éléments qui composent le salaire : salaire de base, prime d’ancienneté, primes intégrées, reconversion, CC ou biqual.

LE SNJ, la CFDT, la CGT et FO

Paris, le 21 mai 2021

Préalable CSE siège – A FTV, la casse continue …

Qui défend les valeurs d’un service public exemplaire ?
Qui défend réellement notre collectif en plein doute ?
Qui met en avant la qualité de nos professionnels en respectant les métiers de chacun ?

Il est peut-être présomptueux de répondre que nous nous reconnaissons dans ces combats. Mais pour autant, nous ne minimisons pas la force de nos engagements.
Au Siège comme ailleurs, sur le terrain et dans les instances, nous sommes sur une ligne cohérente qui allie défense de l’éthique, de la déontologie, respect des métiers et du savoir-faire des uns et des autres. Le journalisme télé est un sport individuel qui se pratique à plusieurs, pourrait-on ironiser. Mais l’important c’est le plusieurs.

Et justement, voilà que la direction, dans sa volonté de transformer l’entreprise, s’attaque à grands pas au service « son » de la rédaction nationale. Des départs non remplacés, des preneurs de sons multitâches, des tournages qui se réduisent comme peau de chagrin…

Un peu comme les illustrateurs sonores, on va sans doute nous expliquer qu’on veut professionnaliser le son en supprimant les professionnels…. La direction en est capable. Le SNJ demande d’urgence que la liquidation entamée cesse, et que les responsables réunissent les organisations syndicales pour exposer leur triste dessein. Le SNJ sera aux côtés de ces professionnels, si une mobilisation de salariés est nécessaire.
Les résultats de cette politique funeste sont déjà perceptibles. Aujourd’hui, des jeunes à peine embauchés, PTA comme journalistes, et dégoutés, pensent déjà à quitter FTV. L’entreprise ne fait plus rêver et la relève semble compromise. Mais finalement, après moi le déluge.

N’est-il pas plus important de réduire les ETP et les coûts ?

Dans ce non-respect des salariés, la présidence y va depuis des semaines de son couplet autour du transfert des troupes de France Télévisions vers France Télé Studios.
Une filiale qui devrait donc gérer la production en gestion directe de « Télématin », « Thalassa », « Des racines et des ailes » ou encore « Faut pas rêver »…. Près de 90 personnes embarquées sur le navire de la délocalisation. Et on ose nous dire que contester cela, c’est ne pas aimer la grande famille du Service Public ! Ce sont les propos du numéro 2 de l’entreprise, numéro 1bis devrait-on dire. Stéphane Sitbon Gomez décide tout et dans tous les domaines ! On entend dire que la direction de l’information aimerait renouveler la présentation de « Vous avez la parole » ? Il s’y oppose et laisse s’installer en interne des cumuls pour certains présentateurs ! Il réforme « Télématin », mais est-ce que les nouveaux présentateurs vont eux aussi faire partie des nouveaux salariés de FTS ? Là, a priori, non. Comme quoi déléguer la production ne rend pas obligatoire de se délester des salariés qui y participent !

C’est ça l’ambiguïté de cette direction. Les deux poids deux mesures en permanence ! Forte avec les faibles, et faible avec la tutelle… Faible par exemple, lorsqu’il s’était agi de défendre France Ô et France 4 ; Et crise sanitaire oblige, la présidente s’est convertie à la défense du canal 14 … après nous avoir expliqué que son maintien n’avait aucun sens.

Nous persistons et nous signons ! Il faut pérenniser France 4 et arrêter de passer de sursis en sursis.
Nous évoquons de ligne en ligne le respect des professionnels… Cela passe aussi par les moyens donnés à l’information nationale. À quoi joue cette direction ? La Rupture Conventionnelle Collective fait des dégâts partout, et dans les services de la rédaction nationale bien évidemment. Pendant que l’audit interne fait son chemin, la situation des services se dégrade. Pendant que se constituent les ateliers pour le chantier « Démocratie », nos rangs sont de plus en plus clairsemés. Et pendant que nous alertons sur la situation, on entend des rumeurs de transferts de salariés du Siège vers les régions de France 3.
Pour clore ce liminaire, à l’instar de nos élus du réseau, les élus SNJ du CSE Siège demandent que soit mis fin au confinement à MFTV dans le cadre de la fabrication des journaux. Régie commune et plateau commun sont des facteurs de transmission accélérée du Covid ! Le temps limité pour enchainer les éditions, régionales et nationales, ne permet pas sereinement de prendre toutes les mesures sanitaires nécessaires de protection. Sans parler bien sûr, du rythme imposé aux salariés.
Nous demandons donc à la présidence de prendre la décision de mettre fin à cela !

Paris, le 11 mai 2021 

Motion – LE JOURNALISME EN DANGER A FTV

Aujourd’hui, dans de nombreuses rédactions, la pratique du journalisme est souvent abîmée, hélas, par le manque d’anticipation et par le « remplissage » qui doit le compenser !

Dans les rédactions nationales, le fléau s’appelle « sujet en kit ». Les reporters sont transformés en journalistes prestataires de services, fournisseurs d’éléments, pour des « plumes » qui ne sortent pas de leurs salles de montage, sous le regard d’un encadrement pléthorique.

Mais au-delà de ces dérives professionnelles, il y a un contexte social qui nous inquiète.

Depuis plusieurs mois, nous assistons à une offensive majeure de la direction, qui s’attaque à notre profession. Elle tente par exemple, en vantant « de nouveaux horizons et de nouvelles pratiques », de faire passer un texte global sur les unités de compétences complémentaires (UCC) qui s’appliqueraient à France Télévisions.

Les compétences complémentaires, le SNJ y est favorable, quand elles sont encadrées et qu’elles représentent un progrès. Nous sommes signataires des textes qui ont permis à des journalistes rédacteurs de suivre une formation JRI, et inversement. Tout comme nous avons accompagné les reconversions professionnelles, souvent couronnées de succès, de PTA vers le journalisme, quand elles se font avec une formation sérieuse et conséquente.

Mais le texte sur les UCC inspire la méfiance : il s’agit d’une casse organisée, motivée par l’obsession de la direction de faire plus avec moins de salariés. L’objectif : supprimer un maximum d’emplois, en créant des fonctions hybrides qui permettent à des salariés sans carte de presse, mais avec des compétences éditoriales acquises à la hâte, de remplacer les journalistes.

Une menace qui plane notamment sur le réseau régional France 3, où la direction souhaite généraliser les unités de tournages avec smartphones (UTS), là encore, pour semer la confusion entre journalistes et « contributeurs ».

Le journalisme est en danger à France Télévisions car la direction enchaîne les projets décevants, où les économies font office de boussoles.

Dernier exemple révélateur : la régionalisation de France 3, qui devrait être un projet essentiel, soutenu par des investissements, aboutit finalement à la mise à l’antenne d’un 18h30 indigent.

Autre sujet d’inquiétude : les conditions de travail imposées aux journalistes du web. Nous refusons que ces rédactions soient des rédactions low-cost.

Impossible de conclure cette liste sans évoquer la renonciation sociale que représente chaque départ non remplacé. Nous les subissons aujourd’hui avec la rupture conventionnelle collective, que le SNJ avait refusé de signer, mais bien avant aussi.

Cette obsession des soustractions d’emplois a des conséquences terribles : transfert scandaleux de rédactions entières* à une filiale, effectifs insuffisants des rédactions des réseaux régionaux et ultramarins, manque de moyens dans certains services de la rédaction nationale, CDD « gelés » partout…

Réunis en assemblée générale, le vendredi 9 avril 2021, les adhérents du SNJ France Télévisions mandatent leur Bureau National pour mettre tout en œuvre, au quotidien et pendant les négociations en cours, pour protéger notre profession et sa pratique.

Nous ne sommes pas des salariés interchangeables de l’audiovisuel. Nous sommes des journalistes, des techniciens et des administratifs, qui dans le respect de nos métiers et de nos spécialités, participons tous à la défense des valeurs du Service Public.

Paris, le 9 avril 2021

*(« Thalassa », « Faut Pas Rêver », « Télématin », « Passage des Arts » et « Des Racines et des Ailes »)

Direction de l’information – Démocratie en chantiers

« Démocratie » : c’est le nom du grand projet présenté hier par le directeur de l’information, Laurent Guimier, aux organisations syndicales du siège.

Un projet qui définit l’évolution de l’information nationale sur France Télévisions pour les années à venir, sans échéance définie, ni objectif chiffré, mais avec un postulat :

« Nous sommes la plateforme d’information de la démocratie ».

Le projet se décline en 4 grands thèmes :

  1. Dynamiser nos rendez-vous et nos contenus
  2. Reprendre un temps d’avance
  3. Unir toutes les forces de l’info
  4. Ouvrir nos rédactions

A l’intérieur de ces thèmes, 17 projets éditoriaux. Entre autres, la direction veut :

  • redéfinir le cahier des charges de nos contenus ;
  • garantir une meilleure transparence de nos sources (sans remettre en cause leur protection) ;
  • créer une cellule de vérification des images et de fact-checking ;
  • consolider l’alliance entre l’information nationale et les deux réseaux France 3 et des 1ères ;
  • constituer un vivier de talents qui nous mettra au diapason de la société (une expression pour parler de diversité ?) ;
  • coordonner la production des matinales (Télématin et France info).

Des grandes ambitions donc, et certains constats que nous pouvons partager.

Mais ce projet ne peut être hors sol.

Pour arriver à le mener à bien, alors qu’une élection présidentielle se profile, il faut être réaliste. Et la réalité du moment, c’est que nos rédactions croulent sous des problèmes qu’il faut régler en urgence avant de se lancer dans un chantier pharaonique.

La fusion des rédactions nationales, étalée sur près de 8 ans entre son annonce et sa conclusion, a généré des tensions, des inéquités, des discriminations, de nombreux problèmes éditoriaux. S’y ajoutent depuis plusieurs mois de nouvelles difficultés liées aux restrictions budgétaires.

Comment embarquer tout le monde dans un projet quand, au quotidien, beaucoup se sentent oubliés, déclassés, déprofessionnalisés, dans des services à plusieurs vitesses ?

Depuis des années, nous constatons et dénonçons les effets délétères de la fusion. Ce bilan alarmant se heurte à l’indifférence, voire au déni de certains… Le directeur de l’information affirme vouloir aujourd’hui donner un sens à la fusion. Il est grand temps, presque trop tard…

Concernant son projet, le directeur de l’information veut faire le point régulièrement avec les organisations syndicales sur l’avancée des travaux. Le SNJ y est favorable. Pas dans un objectif affiché de cogestion, mais dans une volonté permanente et quotidienne de dire ce qu’est la réalité de notre rédaction nationale.

Le lendemain, nous avons dit la même chose au nouveau directeur de la rédaction nationale, Michel Dumoret. Nous jugerons tout cela sur pièces en exigeant que cette équipe, en partie nouvelle, se départisse des mauvaises pratiques que nous dénonçons depuis si longtemps. Et c’est non négociable.

Paris, le 24 mars 2021

LIMINAIRE SNJ CSE RÉSEAU Monsieur le directeur, maîtrisez vos nerfs !

Le ton employé à l’égard des élus lors de notre dernier CSE nous a laissé un goût amer et n’augure rien de bon pour la suite du dialogue social au sein du réseau, si tant est que ce dialogue a toujours cours dans une instance que vous avez peu à peu vidée de son sens.

Un CSE qui se délite à coups de remarques désobligeantes, d’envois tardifs de documents, de méconnaissance des réalités régionales et d’indifférence pour un conflit social qui a durablement marqué ce début d’année.

Vos réflexions à haute voix, votre légèreté à l’égard de certains points abordés en séance, ont été blessantes.

Vous avez tancé l’enquête sur la santé des élus réalisée par une étudiante en psychologie sur ce ton, « Je ne vois pas en quoi le gentil rapport de la petite stagiaire nous apporte quelque chose. Tout ce qui est dedans nous le savons», comme le ferait un professeur revêche, la règle à la main, devant une classe de cancres ou de mauvaises têtes.

Vous n’êtes pas notre maître d’école et nous ne sommes pas vos élèves ! Et vous n’êtes surtout pas notre directeur de conscience en distribuant les bons et les mauvais points. Monsieur le directeur, maîtrisez vos nerfs !

Peut-être qu’avec la nomination d’un nouveau DRH à la tête du réseau, nous y gagnerons en dialogue, en écoute et en respect des élus. Car le précédent n’a pas fait montre d’une grande imagination dans la recherche de solutions, notamment sur les problèmes de santé au travail.

Nous avions souvent le sentiment d’être peu entendus, et même d’être disqualifiés sur nos alertes dans le réseau (26 au total, excusez du peu !) et que les expertises à peine restituées étaient vite glissées sous le tapis.

Dernier exemple en date, ce rapport des experts Lillois qui pointe les carences de la direction dans la gestion catastrophique d’un dossier douloureux. A Lille, des salariés sont toujours en souffrance après la restitution d’une enquête maladroite de la ligne directe harcèlement, instrumentalisée par une direction avide de désigner rapidement des boucs émissaires.

Dans ce cas précis, comme dans bien d’autres, comment allez-vous ramener les managers à leur rôle essentiel : gérer l’humain ? Plutôt que de gérer des cases, des produits, des audiences, du cross postage, comment allez-vous replacer les salariés au cœur de l’activité et de vos préoccupations ?

Et puis, comment allez-vous gérer les métiers que vous semblez vouloir remettre en cause à travers des négociations tronquées ? Les scriptes avec le projet NRCS ? Les techniciens avec les régies transformées en automates ? Les journalistes avec un 18h30 chronophage et si peu ambitieux ?

D’ailleurs, la réunion de la commission économie et structures élargie a été révélatrice de l’inertie qui semble vous gagner, malgré votre signature apposée au bas du protocole de sortie de grève SNJ-SUD-CGT, pour tenter de répondre à nos demandes …

Que veut dire votre signature, après 14 jours de conflit, si c’est pour bloquer tout recours à l’emploi non permanent, là où pourtant les besoins sont les plus criants?

Chaque antenne se voit attribuer des moyens dérisoires, insuffisants pour faire une tranche d’information de proximité et de qualité qui puisse répondre aux attentes de nos publics. Quelle déception pour les salariés du réseau !

Alors en conclusion, pour parodier le dernier message de la communication interne (« écrivons ensemble notre raison d’être ») écrivons ensemble cette régionalisation, mais vraiment ensemble ! En associant tous les salariés, pas en les mettant devant le fait accompli, comme vous continuez de le faire, sans scrupule ni réflexion.

Sachez que le SNJ prendra à nouveau toutes ses responsabilités au plan social et juridique si vous n’entendez pas ce message qui est, n’en doutez pas, un véritable ultimatum.

Le 24 février 2021

CSE Siège 9 et 10 février 2021 – DÉNIS EN SÉRIES

Confiance, respect, dialogue social, double langage ! Facile de trouver l’intrus : c’est celui qui qualifie le mieux le comportement de la direction.  

Dans cette instance, à plusieurs reprises, nous avons demandé des comptes sur les expérimentations concernant le métier de journaliste/monteur. Car une expérimentation est prévue dans un document officiel du plan de formation, puis démentie par la direction : « c’est une erreur, ne vous inquiétez pas, rien ne se fera sans consultation préalable des organisations syndicales. »

Le mois dernier, profitant de la présence au CSE du siège du rédacteur-en-chef de France Télévisions Régions (FTR) – rédaction basée à Vaise – nous lui posons la même question puisque l’expérimentation semblait annoncée entre autres sur son site. « C’était en effet programmé, dit-il, mais ce n’est plus d’actualité ». « Vos arguments nous ont convaincus », confirme alors le président de l’instance. 

Une semaine plus tard, les organisations syndicales  reçoivent une convocation pour assister à une discussion dans le cadre de l’ « Espace métiers », antichambre des négociations ! Et là, quelle mauvaise surprise ! À l’ordre du jour : FTR, les bureaux excentrés de France 3 et les 1ères seront concernés par des expérimentations de journaliste/monteur. Voilà comment la direction envisage le dialogue, tout simplement en nous faisant croire qu’à l’instant où elle nous répond, elle dit la vérité. Mais tout peut évoluer… en quelques jours, voire en quelques heures…

C’est tout simplement scandaleux ! Pire encore, cela ne gêne pas certaines organisations syndicales, tant sur la forme que sur le fond, ce qui en dit long sur les envies de cogestion de quelques-uns. Le tout évidemment au détriment des salariés qu’ils sont censés défendre, en tout cas quand on lit leur littérature électorale. Parce qu’en séance : ils se taisent.  

On n’insulte pas l’avenir en disant oui à tout au présent. 

Autre double discours de la direction, celui de l’emploi. Le SNJ n’a pas signé la Rupture Conventionnelle Collective, rebaptisée par les signataires Plan de Recomposition des Effectifs ! La belle affaire !  

Nous avons appris la semaine dernière que des CDD longs à la rédaction nationale vont s’arrêter. Nos jeunes consœurs et confrères seraient victimes d’une étude organisée par la direction pour jauger les effectifs dans les services. Ce ne serait pas lié à une trajectoire budgétaire pré-établie, mais aux effectifs présents en début d’année, qui ne nécessiteraient pas de conserver certains CDD. Ce qui est faux.

Au-delà de notre inquiétude légitime, les annonces faites à quelques jours de la fin de ces contrats en dit aussi long sur la méthode. Une direction sans boussole, qui placardise d’un côté avec des castings exacerbés qu’elle ne reconnait d’ailleurs pas, et qui de l’autre se sépare de jeunes talents mis en avant sur toutes nos antennes nationales. La concurrence, TF1 en tête, sait en profiter au grand dam de France télévisions ! 

Alors, parle-t-on vraiment d’une recomposition ou d’une décomposition des effectifs ? Rien sur l’encadrement pléthorique, comme sur le nombre de directeurs adjoints ou d’encadrants dans les services et les éditions ! Ni sur le coût en part variable qu’ils génèrent ! Non bien sûr, ceux qui nous dirigent n’ont que faire de la précarité des uns et de la souffrance au travail des autres. 

Revenons aux castings exacerbés. Le 28 janvier dernier, lors d’une rencontre avec le directeur de l’information, le SNJ a une nouvelle fois dénoncé ce fléau qui place certains journalistes au premier plan, dans le beau rôle de ceux qui passent à l’antenne. Et les autres dans un second rôle, celui de petites mains. Vos représentants ont rappelé cette phrase tristement célèbre du directeur de la rédaction nationale, selon laquelle « il y a des Ferrari et des 2 CV ». 

Cette dérive qui persiste depuis de nombreuses années, provoque beaucoup de souffrances. Elle s’est aggravée à cause du Covid, arme de destruction massive avec la mutualisation des sujets entre les différents JT nationaux. Certains journalistes ex-France 3, non acceptés parl’encadrement de France 2, ayant été empêchés, notamment pendant le premier confinement, de réaliser certains sujets pour France 3 car ils devaient être rediffusés dans le 20 heures !!  

Le directeur de l’information a soutenu que nous étions sortis « d’une période plus compliquée » du point du vue des castings au 20 heures. Et d’ajouter : « Les mots que vous employez sont graves, tout ce qui est de l’ordre de la discrimination est à bannir, toute situation mise au jour ne sera pas acceptée ». Le SNJ a insisté, en parlant de système qui broie certains salariés, en particulier au 20 heures. Démenti ou tentative de minimiser de la part d’un directeur adjoint pour qui « ce n’est pas systémique ». Et d’ajouter : « on n’est saisi que rarement » sur cette question. Pourtant, lorsque ce ne sont pas les rédacteurs-en-chef des éditions qui font le casting, les chefs-de-services s’en chargent à leur place.  

D’ailleurs, le détachement d’équipes itinérantes en régions, n’est-il pas, parfois, un moyen de sélectionner des journalistes au « profil 20-heures », sans doute au détriment de certains correspondants en régions ?  

La direction précise qu’elle posera la question du « qui fait quoi dans les services ? ». Une sorte d’audit, mais pas pour évaluer la productivité de chacun, selon le directeur de l’information.  

Mais alors pour quoi faire ? Pour se poser des « questions individuelles », « si des cas sont mis au jour, on les traitera», ajoute-t-il sans plus de précision. Va-t-on tenir compte du fait que celles et ceux qui ne sont pas dans le casting font inévitablement moins de sujets ? Le piège se refermera-t-il ainsi sur les journalistes que l’on veut écarter ? Le risque est patent. La ficelle est un peu trop grosse, et nous ne laisserons pas faire…  

Nous n’en sommes plus à dénoncer ces faits, nous voulons que la direction sorte du déni et mette fin à ces situations. Nous sommes prêts aujourd’hui à porter devant la justice, un certain nombre de témoignages édifiants. La direction est prévenue. 

Paris, le 9 février 2021

18h30 réseau régional F3 : Le préavis de grève CGT-SNJ-SUD est levé ce dimanche 31 janvier à minuit

Après deux semaines de grève, les organisations syndicales CGT, SNJ et SUD constatent que la mobilisation a permis quelques avancées :

  • Suspension de la diffusion du 18h30 pendant la période des congés d’hiver toutes zones ;
  • Examen des moyens nécessaires dédiés, antenne par antenne, afin de proposer à notre public un 18h30 de qualité, sans dégrader celle des autres éditions d’information ;
  • Contrôle de cet examen des moyens par les délégués syndicaux et les instances représentatives du personnel (Comité social et économique du réseau et représentants de proximité).

Les organisations syndicales sont conscientes que sur la principale revendication, le report du 18H30 ou un programme FTR de substitution obligatoire dans toutes les antennes jusqu’au 8 mars, la direction n’a pas cédé. Elle en refuse toujours le principe, en renvoyant la responsabilité aux directions régionales.

Mais contrairement à cette direction, qui se montre inflexible, nous ne voulons pas prendre la responsabilité de mettre les salariés qui sont déjà en insécurité sanitaire, dans une insécurité financière, en les entrainant dans un bras de fer, dont aujourd’hui nous voyons les limites.

Toutefois, la direction s’engage à faciliter la mise à l’antenne de ce programme de substitution qui sera de fait indispensable partout, de même que le recours aux CDD puisque des renforts pourront être mobilisés sous la forme d’ETP non permanents.

Nous mettons en garde la direction du réseau régional : elle est tenue à une obligation de résultat. En levant le préavis de grève, nous nous ouvrons la possibilité de déposer autant de préavis locaux ou régionaux sur des créneaux horaires définis pour une durée reconductible, si des directions régionales refusaient d’entendre les demandes de moyens supplémentaires.

La direction est désormais prévenue que pour la régionalisation de France 3, elle devra compter avec les salariés et leurs organisations syndicales.

Nous invitons les salariés qui, pendant cette grève, ont listé tous les problèmes concrets de leur antenne, à se préparer si besoin à faire valoir leur cahier de revendications.

Le préavis de grève CGT-SNJ-SUD est levé ce dimanche 31 janvier à minuit.

La CGT Le SNJ et SUD

Le 31 janvier 2021

18h30 réseau régional F3 :

La direction refuse toute concession, le préavis de grève CGT-SNJ-SUD est reconduit jusqu’au 1er février

Au 12ème jour de mobilisation, les organisations syndicales CGT, SNJ et SUD, constatent qu’elles ont fait d’importantes concessions au cours des négociations.

La direction, aucune.

Nous avons accepté de renoncer au report en septembre du 18h30. Nous avons proposé à la place une simple suspension pendant la période des congés d’hiver toutes zones, dans toutes les antennes, avec un programme de remplacement, pour laisser le temps à l’évaluation des moyens dédiés nécessaires.

De son côté, la direction entend toujours procéder au cas par cas.

D’un côté les antennes qui manquent de moyens, et bénéficieraient donc d’une attention particulière, ainsi qu’un recours aux CDD, dans l’attente de moyens pérennes.

De l’autre, des antennes que la direction considère bien dotées (!), qui n’auraient pas besoin d’une telle attention, et seraient privées de moyens et d’emplois supplémentaires.

Un traitement au cas par cas désastreux pour les salariés !

La direction a toutes les cartes en main pour dénouer le conflit, permettre au 18h30 et à la régionalisation de débuter dans de bonnes conditions, offrir à notre public une antenne de qualité, tout en respectant les salariés, leurs conditions de travail et leur santé. Alors, pourquoi cet entêtement dogmatique ? Ce vendredi 29 janvier, à 18h00, la direction a envoyé une nouvelle proposition de protocole de levée du préavis de grève, avec des petites avancées à étudier.

Les organisations syndicales CGT, SNJ et SUD, appellent les salariés à maintenir la pression sur la direction, et à poursuivre leur mobilisation. Le préavis de grève est reconduit jusqu’au lundi 1er février.

La CGT – Le SNJ et SUD

Paris, le 29 janvier 2021