PRÉAVIS DE GRÈVE RÉSEAU RÉGIONAL CGT SNJ SUD :

3ème confinement à l’horizon

Une raison  supplémentaire pour reporter le 18h30 en septembre, 

Notre présidente qui nous dit être consciente des nombreuses difficultés que nous avons traversées, doit comprendre qu’il est primordial de reporter ce 18h30 si elle ne veut pas nous faire prendre des risques inconsidérés. L’agenda politique est une chose mais on ne joue pas avec la santé des salariés.

Les syndicats CGT, SNJ et SUD reconduisent donc le préavis de grève reconductible ce lundi 25 janvier à 00h, jour du lancement du 18h30.

La mobilisation de toutes et tous est impérative.

Pour le lire la suite, voir communiqué CGT SNJ et SUD

RESEAU France 3 ET TRANCHE DU 18H30 :

Préavis de grève réseau régional CGT SNJ SUD : le report du 18h30 en septembre, oui c’est possible !

Depuis des semaines, les organisations syndicales demandent le report de la mise à l’antenne du 18h30. Manque de préparation, manque de moyens dédiés, crise sanitaire : la raison plaide en ce sens !

Pourtant, depuis des semaines, la direction affirme qu’elle ne cédera pas, ce sera le 25 janvier, point final… Sauf que cette même direction vient de valider le report du nouveau 18h30 en septembre, à France 3 Corse !

Ce qui est possible en Corse ne le serait pas dans le reste du réseau ? Interrogé sur ce point, en réunion de négociation du préavis le 20 janvier, le directeur du réseau régional s’est perdu dans des justifications alambiquées.

Il a poussé la mauvaise foi jusqu’à reprocher aux organisations syndicales de ne pas avoir fait remonter les alertes et difficultés en amont du dépôt de ce préavis de grève ! Un comble, alors que les élus du Comité Social et Economique ne cessent d’alerter la direction depuis le mois d’octobre.

La direction illustre ici le manque de considération qu’elle porte à la parole des représentants du personnel. Elle préfère écouter les remontées d’un certain nombre de directeurs régionaux qui semblent plus attachés à plaire à leur hiérarchie qu’à prendre en compte la santé des salariés.

Nous appelons les salariés du réseau régional France 3 à poursuivre leur mobilisation exemplaire, et reconduisons le préavis de grève pour le vendredi 22 janvier.

Notre santé, notre qualité de vie au travail, et la qualité du travail que nous devons à notre public, ne sont pas négociables !

CGT SNJ et SUD

Paris, le 21 janvier 2021

CSE Réseau régional des 17 et 18 décembre 2020 – 2020 : Une année éprouvante et un bilan amer !

Situation générale du réseau et régionalisation au forceps.

« On ne va pas se raconter des histoires sur des moyens illimités » François Desnoyers n’en démord pas et à chaque CSE nous avons droit à la même litanie.

Il défend mordicus le nouveau projet de régionalisation car, selon lui « c’est une réalité imposée tout autant que l’attente des publics en régions ».

Pour tous les élus, c’est surtout une équation impossible à résoudre sans aucun moyen supplémentaire pour accompagner des projets éditoriaux viables à 18h30 à partir du 25 janvier prochain.

Voir sur ce point le liminaire du SNJ ici : Le réseau compresseur !

Quand nous dénonçons ce projet comme un modèle d’improvisation dénué de réalisme, le directeur qualifie nos propos d’ironiques, voire de caricaturaux. Les siens sont parfois lyriques souvent proches de la méthode Coué : « le 18h30, on peut aussi le voir comme une chance en début de soirée, au moment où les publics se rassemblent ».

L’ironie, on la retrouve surtout dans les ateliers vécus comme des simulacres de concertation par les salariés invités à y participer à des horaires contraignants ou décalés.

Quant au journalisme de solutions et aux nouvelles écritures présentés comme le nouveau « Graal » par Valérie Giacomello, la directrice de l’info régionale, on se demande qui est le plus caricatural surtout quand elle affirme sans sourciller que les effectifs des cadres intermédiaires se sont « étoffés » dans les antennes.

En tout cas, ce n’est pas encore apparent sur les plannings des rédactions et elle ne répond pas à la question des remontées inquiètes ou négatives de ces cadres.

Le 18h30 en alternance par antenne se fera majoritairement en plateau et très peu en tournages extérieurs.

Exemple : en Auvergne Rhône Alpes (Aura) 1 présentateur dédié pour chacune des 3 antennes, en studio avec une question du jour à décoder sous forme de chroniques et d’invités.

Même idée en Provence Alpes Côte d’Azur (Paca) où l’on est loin des initiatives proposées par les rares participants aux ateliers.

Autre exemple : Bourgogne-Franche-Comté (BFC) envisage des extérieurs enregistrés au préalable au plus près des habitants mais ce régime sera-t-il tenable à long terme ?

Malgré nos alertes répétées, François Desnoyers reste droit dans ses bottes.

Il ne veut pas reporter la mise à l’antenne ni entendre le pragmatisme des élus, qui ne rejettent pas un tel projet mais fustigent son impréparation, son manque de cohérence et s’inquiètent des conséquences sur des collectifs de travail déjà usés par de longues années de réorganisations et d’économies.

En conséquence, les élus ont voté à l’unanimité une motion pour suspendre le lancement du 18h30 et ils ont demandé, dans la foulée, un vrai projet cohérent sur la régionalisation. Toutes les organisations syndicales sans exception se sont associées.

Le compte rendu du CSE siège a été évoqué aussi devant l’instance pour rappeler que FTV a perdu 3000 postes en douze ans. « un équarrissage », comme l’a qualifié un élu politique, membre du conseil d’administration et qui impacte aussi le réseau.

La nouvelle organisation de l’entreprise, avec la multiplication de nouveaux postes de direction (RH, sport), est-elle vraiment pertinente à l’heure où des économies sont encore exigées dans l’entreprise.

Même si FTV annonce un budget 2021 qui serait à l’équilibre, malgré la crise sanitaire et l’absence de financement de l’Etat pour 2021, le réseau va aussi en faire les frais.

La présidence table sur 234 départs de postes équivalents temps pleins (ETP) soit une baisse de 2,5% mais le directeur précise que le réseau ne perdrait que « 21 ETP et non 80 comme prévu soit une baisse de 0,7% des effectifs hors RCC ».

François Desnoyers annonce que le réseau va bénéficier d’un petit plus de 3 millions d’euros, destinés à l’origine au financement de la diffusion des matinales de France Bleu sur France 3. Pour faire des économies,

Il confirme que seules 12 matinales France Bleu/France 3 seront mises à l’antenne en 2021 soit 4 de moins que prévu pour une économie substantielle de 800k€. Cette manne sera-t-elle redistribuée dans le réseau dans l’optique de la régionalisation? L’avenir le dira vite mais pour la direction : il est interdit d’en rêver dès aujourd’hui.

Alertes sur la santé à répétition dans le réseau.

Ce point crucial a mobilisé une demi-journée de réunion en raison de la multiplication des alertes dans certaines antennes.

La CSSCT a rendu les conclusions d’un questionnaire réalisé par le groupe SECAFI sur le travail à domicile pendant le 1er confinement et ses effets sur les salariés concernés. Une majorité d’entre eux évoque une surcharge d’activité et une désorganisation des services. Premier constat, les atteintes à la santé sont préoccupantes : fatigue, manque de sommeil et troubles musculo-squelettiques (TMS).

Le télétravail a été mieux vécu par les administratifs que par les journalistes mais d’autres symptômes sont apparus comme l’isolement, un facteur de dépréciation du salarié.

Le rapport note une conjonction inquiétante de ressentis négatifs comme la perte de sens, la qualité empêchée ou la désorganisation du travail.

Autre fait notable : les relations avec l’encadrement sont rares car 50% des salariés reconnaissent n’avoir eu aucun échange avec leurs DRH locaux, ce qui laisse pantois.

Il y a surtout un problème de reconnaissance et un sentiment d’iniquité qui se développent et les élus redoutent que « les vraies fausses primes covid » ne vont rien arranger dans certaines antennes, où relationnel et collectif ont tendance à se déliter.

A la documentation de France 3 Côte d’Azur à Antibes, un accompagnement a permis de faire des préconisations après des diagnostics de problèmes récurrents de pilotage et d’organisation de l’activité mais aussi d’application dévoyée de l’accord UCC encouragée, c’est un comble, par un encadrant.

Trois mois après ce rapport, seule une petite partie des préconisations a été mise en œuvre et le malaise perdure. Les demandes des documentalistes (formation et renfort) ne sont pas entendues par la RRH de PACA et une des salariées, en souffrance psychologique, est toujours en arrêt de travail. La CSSCT préconise une équipe de veille locale avec un médecin du travail pour veiller justement au respect du rapport sur place.

Une expertise du cabinet CEDAET a été rendu sur France 3 Lorraine, suite à une alerte pour « danger grave » ressenti aussi bien à l’antenne de Nancy qu’à la locale de Metz, dont les salariés souffrent d’un défaut d’organisation du travail.

A la locale de Metz, qui avait failli disparaitre, le passage à 18h53 a obligé les journalistes à ne plus traiter l’actualité sur leur périmètre, provoquant un désintérêt sur place. On y a recensé jusqu’à 17 rédacteurs en chef- adjoints en 20 ans.

A Nancy, les expertes décrivent dans leur rapport cette « boucle infernale » ou « effet domino » : « l’absence de prévisions, des décisions au dernier moment avec une obligation à produire qui entrainent une perte de contrôle sur les sujets à tourner et un renforcement de la perte de sens ». Une analyse qui fait écho à beaucoup de situations similaires dans d’autres antennes.

L’expertise conclut à la nécessité de mettre en place une réorganisation des moyens et un recentrage sur le management.

Olivier Godard prétend que « ce sont des tensions interpersonnelles » qui sont à l’origine des risques psychosociaux (RPS) et que l’organisation comme le manque de moyens ne sont en rien liés à cette situation. Là encore, côté DRH réseau, on est nettement dans le déni et parfois même dans une forme de provocation.

Francois Desnoyers parle d’un contexte global qui s’est amélioré et Jean-Marc Dubois, le directeur régional, évoque un travail d’écoute du management et un meilleur dialogue social pour répondre à tous ces problèmes

« La planification est à améliorer » selon le directeur du réseau qui annonce un vaste chantier pour l’année à venir dans les antennes. C’est ce que réclame le SNJ depuis longtemps avec le retour de temps de préparation.

Enfin, une expertise confiée à SECAFI a été déclenchée par le CSE en Languedoc Roussillon pour incidents graves et répétés en raison du climat délétère qui règne dans cette antenne entre l’encadrement et une majorité de la rédaction et des PTA qui se disent en souffrance et en mal être au travail, selon les résultats édifiants d’un questionnaire interne.

Égalité professionnelle femmes-hommes en 2019 : on est encore loin du compte !

La part des femmes était de 43% en 2019 dans le réseau, le plus mauvais score des établissements de FTV, en baisse, comparée aux deux années précédentes.

On ne peut se contenter d’attendre les départs « naturels » d’hommes pour féminiser certaines tranches d’âge.

Dans l’encadrement journalistes, la progression est de 4% chez les rédactrices en chef-adjointes. Tandis que la part des femmes cadres supérieures chez les techniciens dégringole de 8 points.

La direction peine à augmenter les effectifs dans une grande partie des filières de techniciens. L’alternance, qui constitue un vrai apport pour la féminisation des journalistes peine à se développer dans la formation, côté personnel technique.

Le « plafond de verre » est surtout visible dans les écarts de rémunérations : dans plusieurs catégories de fonctions il dépasse les 3 points et devrait faire l’objet d’une action prioritaire comme prévu par l’accord.

Pour résorber ces différences persistantes, seule une enveloppe de rattrapage le permettrait, si possible en dehors de la négociation annuelle obligatoire pour la distinguer des primes.

Là-dessus le DRH du réseau ne ferme pas la porte et dit vouloir étudier sa faisabilité.

On a parfois l’impression désagréable que les indicateurs globaux sont privilégiés pour l’affichage, au détriment de la réalité dans le réseau régional.

Les élus ont voté une résolution qui demande à la direction de revoir sa copie et d’apporter une réponse à toutes ces disparités. Une nouvelle réunion de cette commission est demandée lors du premier trimestre 2021, afin d’étudier les chiffres de l’année 2020 et d’éclairer la négociation du nouvel accord qui vient de démarrer.

Les structures d’encadrement technique en mouvement.

La direction a souhaité faire monter en grade des techniciens vers des fonctions d’encadrement.

Pour Oliver Godard, le but était d’assouplir la planification et de promouvoir des futurs cadres techniques désireux d’évoluer. Résultat, des chefs de centres adjoints ont disparu de certaines entités et des chefs d’équipement, chefs de régie, chefs de fabrication et même de nouveaux profils génériques ont vu le jour.

Mais pour bon nombre d’élus cette situation a dévoyé l’accord existant en prévoyant de créer de fait, de nouveaux métiers à l’encadrement technique qui n’étaient pas répertoriés dans les nomenclatures.

Olivier Godard reconnaît qu’une erreur s’est glissée dans un profil de poste d’encadrement à Rennes avec une compétence « mixage » demandée.

Le DRH réseau a juré la main sur le cœur que cela n’avait rien à voir avec les futurs profils rêvés par la direction dans le cadre de l’expérimentation de la régie automatisée à Rouen.

En attendant, la direction technique du réseau n’a pas su anticiper à l’antenne de Côte d’Azur, puisqu’après le départ du directeur technique adjoint, c’est le chef de centre lui-même, qui a fait ses adieux. Laissant ainsi une vacance bien inquiétante à la veille du démarrage de la nouvelle tranche.

Prochain CSE en visioconférence les 28 et 29 janvier 2021.

Vos élus et représentant syndical SNJ : Myriam Figureau, Jean-Manuel Bertrand, Vincent Habran et François Latour vous souhaitent de bonnes fêtes de fin d’année et vous donnent rendez-vous en 2021.

F3 Occitanie : Prime Covid – Les boulets de Noël

« …être des facilitateurs…pas un poids ou un frein ; être capable de faire des pas au bénéfice du collectif et ne pas être centré sur soi-même ».

Rose Paolacci, directrice d’Occitanie, a révélé aux RP de Montpellier les critères d’attributions des « primes Covid ».

Avec une improbable légèreté, sur des critères hautement subjectifs, la direction déclare 2/3 des salariés néfastes au collectif.  Place à l’arbitraire des préjugés.

Ne parlez plus de mission de service public, mais approuvez par exemple, la suppression de tous les abonnements presse de Montpellier. Rendez-vous compte,  23000€/an d’économie, de quoi garantir les primes d’objectifs des cadres.

Un fonctionnement de cour, où l’on est reconnu que si on fait sien les intérêts de son supérieur. Avec au final la certitude d’y perdre le peu d’estime de soi qui resterait !

Une allégeance à des individus qui renforce le processus hiérarchique et les jeux de pouvoir, pas l’information ni la démocratie.

Comment l’équipe d’encadrement imagine-t-elle les développements futurs ? Par la multiplication de services à deux vitesses ?

Sans critères partagés sur le travail bien fait, pas de confiance.

Alors nous le réaffirmons : éthique, créativité, réactivité, autonomie et engagement sont indispensables. Débats et délibérations font vivre les collectifs de travail. Ils nous permettent d’adapter quotidiennement les injonctions des contrôleurs/planificateurs à la vie des territoires.

A l’équipe d’encadrement nous disons : « n’insultez pas l’avenir ! ». 

En cette période de fêtes de fin d’année, nous allons retrouver les nôtres, nous réconforter et prendre de bonnes résolutions.

Le père noël aura peut-être quelques « boulets » dans sa hotte pour la rentrée…

Bonnes fêtes à toutes et tous !

Le SNJ, La CFDT, La CGT et FO

Montpellier, le 18 décembre 2020

Chaîne NoA, « Nouvelle Aquitaine » – Nouvelle prorogation de l’expérimentation : le SNJ ne signe pas

Il faut savoir mettre un terme à une expérimentation. Celle-ci n’a que trop duré. Expérimenter n’est pas pérenniser.

Plus de 2 ans 1/2 se sont écoulés depuis la signature de l’accord initial, même si les pratiques des activités expérimentées se sont interrompues durant quelques mois, en raison de la pandémie. Face à cette situation exceptionnelle et imprévisible, nous avions accepté de reporter l’échéance de la fin de l’été, au 31 décembre de cette année. Une prorogation de plus, après le doublement de la durée initiale de cette expérimentation, que nous avions accepté. La direction voulait alors plus de temps pour prendre la pleine mesure de l’exercice. Mais l’exercice a largement montré ses limites.

Moins d’une centaine de volontaires, sur plus de 400 salariés que compte France 3 Nouvelle Aquitaine, se sont lancés dans l’aventure, en quête de nouveaux horizons, mais pas seulement. Certains ont déchanté, jusqu’à payer de leur personne. Les alertes pour risques et dangers graves se sont enchaînées, à l’initiative des instances représentatives du personnel. La direction a tenté tant bien que mal d’y remédier. Mais force est de constater qu’aujourd’hui que le mal est bien plus profond.

Le projet se voulait ambitieux. Il s’est révélé insuffisamment préparé et sous-dimensionné. La direction pensait compenser le manque de moyens par le recours à de nouveaux outils dits « agiles », comme l’unité de tournage avec smartphone (UTS) ou en tablant sur la bonne volonté et l’enthousiasme des salariés.

Réaliser des gains de productivité pour rendre le projet viable, tout en préservant et en améliorant la qualité de vie au travail, était l’objectif affiché. Mais l’organisation du travail s’est faite au détriment de l’antenne linéaire, et la fracture entre volontaires et non volontaires s’est creusée. Inquiétude, mal-être, voire souffrance au travail, le rapport à l’entreprise s’est détérioré.

La très grande majorité des salariés de France 3 Nouvelle Aquitaine subit au quotidien les conséquences néfastes de cette expérimentation, dans le cadre de la mise en œuvre d’une nouvelle offre de télévision publique régionale. Des dégâts qui laissent augurer des lendemains difficiles, dans la perspective de la régionalisation à venir, laquelle va grignoter encore un peu plus nos moyens humains déjà entamés par NoA.

C’est pour toutes ces raisons que le SNJ, cette fois, n’a pas signé la nouvelle prorogation de l’accord d’expérimentation NoA.

Paris, le 18 décembre 2020

France 3 Provence Alpes – 15 secondes de liberté et une faute éditoriale fâcheuse !

Les Marches des Libertés ont rassemblé, samedi 28 novembre partout en France, des centaines de milliers de personnes, toutes générations confondues, pour défendre nos libertés et demander le retrait de la loi de Sécurité Globale. 200 000 personnes ont défilé à Paris, formant une marée humaine ininterrompue de la place de la République à la Bastille. 500 000 personnes ont marché dans toute la France où plus de 100 mobilisations ont été dénombrées.

A Marseille, ils étaient plus de 3000 selon les autorités à battre le pavé entre le vieux port et la préfecture et pourtant, malgré cette mobilisation hors du commun, les téléspectateurs du journal de France 3 Provence Alpes n’ont eu droit qu’à un court off de quelques secondes sans aucune interview au bout de 6 minutes consacré exclusivement à la réouverture des commerces non essentiels dans cette édition de 19h.

Le SNJ s’interroge et pose légitimement des questions à l’encadrement.

Quel message veut renvoyer une télévision régionale aux téléspectateurs dans le cadre d’une manifestation d’actualité relative aux libertés publiques et où il est question avant tout du droit d’informer les citoyens ?

Réponse de la rédaction en chef : « la décision a été prise en conférence de rédaction en concertation avec l’ensemble des équipes et il est toujours plus facile de dire à postériori qu’il aurait fallu traiter autrement ».

Le SNJ répond qu’il y avait 4 équipes de planifiées samedi dernier dont une en décalé ainsi qu’un journaliste de desk et un contributeur web.

Un effectif hors du commun pour un week-end et, malgré cela, la rédaction en chef pouvait très bien arbitrer en faveur d’une couverture par un sujet complet sur le linéaire et/ou le numérique en raison de l’actualité forte du jour à travers une mobilisation nationale et régionale.

Non, cette dernière a préféré couvrir la ruée commerciale du samedi avec plusieurs entrées au détriment d’une proposition de loi très critiquée sur le plan éthique et politique par des milliers de manifestants.

Comment expliquer dès lors dans la deuxième grande ville de France ce sous traitement fâcheux à travers 15 petites secondes d’images en faveur des libertés publiques ?

À Grenoble et Lille avec des mobilisations massives, les téléspectateurs n’ont eu droit qu’à un petit « off » d’une poignée de secondes eux aussi alors que partout ailleurs dans le réseau France 3, des reportages complets ont été diffusés parfois même en ouverture des JT.

Résultat : les téléspectateurs de ces régions et les journalistes dans leur ensemble s’estiment les premières victimes de ces mauvais choix éditoriaux qui ne font que sous-traiter une liberté fondamentale : celle d’informer, tout simplement …

Marseille, le 1er décembre 2020

F3 Paris Ile-de-France : le bureau des légendes

Mercredi 18 novembre, nous apprenons vers 13h00, via le secrétariat national du SNJ, que l’un de nos confrères de France 3 Paris IDF a été placé en garde à vue, mardi soir, pour avoir filmé des échauffourées lors d’une manifestation alors qu’il rentrait chez lui. N’ayant pas d’autres détails, nous allons au bureau des adjoints où se trouvaient le responsable du JT de midi ainsi que celui du 19/20. A l’annonce de la nouvelle, le cadre du midi tombe des nues, mais son collègue nous répond : « je suis au courant, MAIS il est sorti de garde à vue il y a 2 heures ». Il nous dit également qu’il est au fait de cette histoire depuis 6h00 ce matin… Nous lui indiquons qu’il semblerait que des journalistes d’autres médias aient été également placés en garde à vue. Réponse de l’adjoint : « oui, mais je ne vais pas pleurer, pour certains ils l’ont bien mérité » !!!

Plusieurs questions se posent : à quel moment comptait-il partager l’information avec son collègue du midi ? Pourquoi n’avoir rien dit à la conférence de rédaction du matin qu’il « anime » ? pourquoi la rédaction en chef et la direction régionale n’ont-elles rien dit ? Notre encadrement espérait-il passer une affaire aussi grave sous silence ?

Nous n’avons d’autres choix que de mettre sur la place publique les errements d’une direction et d’un encadrement qui nous ont conduits à ce scandale prévisible, qui s’ajoute à plusieurs défaillances graves :

  • Couverture du procès des attentats de janvier 2015, demande de l’encadrement : « tu me fais un 6’ sur l’augmentation de la menace terroriste et comment les services de renseignement travaillent ». Question de la journaliste mandatée : « et pour les images et les interviews ? ». Réponse : « ben tu demandes une autorisation pour suivre les renseignements, tu as trois semaines ». A trop regarder les séries télé…
  • Manque d’anticipation toujours : un coup de fil réveil matin à 7h00 pour l’actu M. La mission : trouver au débotté une école qui accepte de nous recevoir pour un sujet sur l’hommage rendu à Samuel Paty dans les établissements scolaires.
  • Dans la même veine, la couverture du 5eme anniversaire des attentats du 13 novembre 2015 s’est limitée à un sujet donné à un CDD qui n’avait aucun contact le 13 au matin pour une diffusion à midi…

A la décharge de nos adjoints, la majorité d’entre eux est issue de l’édition, et cette absence de culture du reportage se révèle souvent un handicap. La RH s’est contentée de leur faire suivre une formation au management. Extraire des journalistes compétents à l’édition pour les promouvoir sur des postes qui demandent d’autres aptitudes professionnelles se révèle un échec. Trop de cadres intermédiaires sont aux ordres, incapables d’argumenter sur un métier, celui de reporter, qu’ils connaissent mal.

Le résultat est pathétique. Pour éviter d’être confronté à leur impéritie, la conférence de rédaction n’est plus qu’une chambre d’enregistrement dirigée par des « yakafokons ».

Nos adjoints, conscients de leurs faiblesses sont devenus imbattables dans l’art de l’évitement : pas d’audioconférence avec les BEX, des conducteurs bouclés la veille pour éviter le débat collégial avec la rédaction et s’ils ne peuvent y échapper, faute d’arguments, ils font valoir leurs galons pour se faire obéir. Entre eux, c’est le chacun pour soi. Impréparation, rétention d’informations sont les maîtres mots. Tout cela dégrade au quotidien la fabrication des JT.      

Depuis maintenant quatre ans, la rédaction de France 3 Paris IDF assiste impuissante à l’éloignement de sa hiérarchie. L’encadrement intermédiaire faute d’expertise, ne peut jouer son rôle : débattre, aider, diriger, conseiller, voire critiquer des reporters de métier. Pourtant les théoriciens du travail, les spécialistes RH, conviennent tous de cet axiome : « l’employé heureux est avant tout celui qui est dirigé par un supérieur hiérarchique capable de faire son travail ».

Ce n’est clairement pas le but recherché par la RH de France 3 Paris IDF. La rédaction est en souffrance. Plus de la moitié des dernières embauches dans cette rédaction se sont faites via une action de justice. Les femmes sont quasi absentes dans l’encadrement de la rédaction : pourtant contrairement à ce que veut faire croire la RH en l’espèce il n’y a pas eu pénurie de candidatures féminines.

France 3 Paris IDF est devenu le laboratoire du contre-exemple des bonnes pratiques RH. La DRH réseau aurait dû faire barrage aux mauvais choix de recrutement de la direction régionale et non accompagner cette succession de mauvaises décisions. Malgré ses années de service, elle semble n’avoir toujours rien compris au journalisme et au fonctionnement d’une rédaction.

Une rédaction qui fait pourtant preuve d’une résilience inébranlable. Malgré les incendies, un déménagement traumatique et le fardeau des encadrants sur le dos, elle avance et reste réactive, professionnelle et responsable. Pour preuve, le jour de l’attentat contre Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine, c’est cette rédaction, sans moyens comparé à ses grandes sœurs, qui a assuré les directs pour le 20h00, le 19/20 et France Info. 

D’ici quelques semaines, un(e) nouveau (elle) directeur (trice) régional(e) devrait être nommé(e). Réparer les dégâts causés par son prédécesseur, recréer ex nihilo un encadrement capable de penser un journalisme au service du public est un défi, nous espérons qu’il ou elle le relèvera. Nous serons vigilants !    

Paris, le 24 novembre 2020

Atteinte à la liberté de la presse – Un journaliste de France 3 placé en garde à vue pour un reportage sur une manifestation

Alors qu’une proposition de loi dite « de sécurité globale », en discussion devant le Parlement, fait craindre le pire pour la liberté dans notre pays, un journaliste de France 3 Ile-de-France a été interdit d’exercer sa profession et placé en garde à vue, toute la nuit du 17 au 18 novembre.

Mardi 17 novembre, vers 21h00 un journaliste de la rédaction de France 3 Paris Ile-de-France rentre chez lui.

Au croisement entre le boulevard St Germain et la rue de Bellechasse, dans le 7ème arrondissement, il assiste à des échauffourées entre des manifestants et les forces de l’ordre.

Réflexe professionnel : il sort son téléphone portable, sa carte de presse et commence à filmer la scène. Des policiers s’approchent et lui demandent d’arrêter de filmer. Il fait valoir son droit de filmer en montrant sa carte de presse. Les policiers s’éloignent.

Quelques minutes plus tard, un commandant de police l’aborde lui signifiant à nouveau d’arrêter de filmer. Il refuse, disant qu’en qualité de journaliste, il a le droit de filmer une manifestation avec son portable.

Le commandant le fait alors asseoir par terre. Il est ensuite emmené au commissariat du 17ème arrondissement pour une garde à vue qui a duré jusqu’à ce mercredi 18 novembre à midi.

Plusieurs reporters, travaillant pour différents médias, ont également été molestés ou interpellés lors de cette manifestation.

Le SNJ apporte tout son soutien à ces consœurs et confrères, victimes d’une grave atteinte à la liberté de la presse.

Les forces de l’ordre se sont appuyées sur le nouveau schéma national de maintien de l’ordre, qui permet l’arrestation de personnes pour non dispersion d’une manifestation après sommation.

Ce schéma a été dénoncé avec force par le SNJ parce que nuisible à la liberté de la presse.

Le SNJ appelle la direction de France Télévisions (première rédaction du pays avec plus de 2500 journalistes) à prendre la mesure du danger que représente la proposition de loi « sécurité globale » pour la liberté d’informer.

Nous ne croyons pas le ministre de l’Intérieur quand il affirme que cette loi garantirait aux journalistes la possibilité de filmer et diffuser librement des actions de police. 

Les graves incidents du 17 novembre doivent tous, journalistes, dirigeants de presse et citoyens, nous rappeler que la liberté d’informer est menacée. 

Paris, le 18 novembre 2020

Premières infos du CSE Réseau F3 avant confinement

Un CSE réseau reconfiné dans l’urgence et abrégé dans la durée en raison des annonces présidentielles de re confinement présentées hier soir. La plénière se poursuivra toute la journée demain mais uniquement en visioconférence.

Il n’a donc été question que de la situation générale du réseau et le nouveau directeur a présenté aux élus une série de mesures applicables dès maintenant.

François Desnoyers annonce un mode d’emploi qui doit se calquer sur la conférence de presse de Matignon prévue en fin de journée.

A ce stade, il déclare que « les emprises sont en situation normale de travail et que nous allons développer à nouveau le télétravail pour les métiers qui le permettent et sans mode dégradé pour l’instant ».

Une note de communication interne de la présidence n’a pas attendu la tenue de la conférence de presse du gouvernement comme le nouveau patron du réseau le souhaitait en ouverture de séance pour dresser des préconisations qui entrent en vigueur dès demain.

Les salariés PTA et journalistes qui concourent aux antennes seront choisis sur sites par les managers mais pas de JT grande région à l’horizon comme ce fut le cas la dernière fois du moins pour le moment.

Jusqu’à nouvel ordre les locales restent ouvertes et les contrats en cdd devraient se poursuivre.

Tous les personnels qui ne concourent pas à la fabrication des journaux et des programmes sont invités au télétravail à leur domicile avec matériel informatique et mobilier type chaise de bureau.

Les monteurs restent sur site pour le moment selon la direction mais en dehors de l’actualité chaude, le montage à distance est préconisé pour les sujets dits froids et ce sur la base du volontariat par la direction technique.

Ce qui continue de nous interroger car tout semble décidé par la cellule Covid qui est  du coup très éloignée du libre choix des rédactions et des encadrements sur place pour déterminer et hiérarchiser l’information à monter en présentiel.

Pas de dispositifs de garde d’enfants comme au printemps en raison de l’ouverture des écoles, collèges et lycées.

Des certificats d’isolement pour les personnels fragiles seront à nouveau étudiés par les RH.

Les formations UFTV sont annulées à Linois.

Rien de nouveau non plus sur l’attribution de masques FFP2 pour les équipes sur les situations à risques sanitaires (hôpitaux, Ehpad) avec une pandémie qui évolue pourtant de manière inquiétante.

Nous vous communiquerons les derniers arbitrages dans notre prochain compte rendu de ce CSE qui doit se poursuivre demain.

Vos élus et représentant syndical SNJ au CSE Myriam Figureau , Jean-Manuel Bertrand , Vincent Habran et Hervé Colosio

Paris, le 29 octobre 2020.