12/13 : L’impensable « hiérarchie » de l’info

AA lettrine articlesL’horreur venait de frapper dans les locaux de Charlie Hebdo. Dans l’ensemble des rédactions, les dépêches et les flashes annoncent déjà un attentat sans précédent et le Parquet de Paris fait état d’au moins 10 morts. Ces informations sont connues (et diffusées dès midi sur l’antenne de France 3 Ile-de-France) quand s’ouvre le journal national de la mi-journée sur France 3. Et quoi ? Des titres déroulés comme si de rien n’était : on commence par « Soldes d’hiver, prix doux » pour terminer par les « Baignades d’hiver » et la météo…

Au bout de l’improbable, enfin, sous la classique formule « on l’a appris juste avant ce journal », voilà enfin qu’on parle de l’horreur du jour. Une consœur en direct au téléphone nous raconte brièvement les faits… et on s’arrête là, on passe vite à autre chose. Le journal reprend son cours, comme annoncé par les titres. Inexorablement, l’impensable se déroule sous nos yeux et ceux de nos téléspectateurs. Il faudra plus d’un quart d’heure pour que l’information soit à nouveau abordée dans le journal, avec images, témoignages et interventions en direct de l’envoyée spéciale de la rédaction.

Oui, le 12/13 national a choisi de passer à côté de cet événement tragique.
Le mois dernier, déjà, la même édition avait traité l’attaque d’une école au Pakistan et son bilan terrible (141 morts) avec une « brève », un simple « off ». Un choix incompréhensible qui avait fait sortir de sa réserve le directeur de l’information, lors du Comité Central d’Entreprise qui s’était tenu le jour même. Quel regard portent aujourd’hui nos concitoyens sur ces éditions du Service Public où la hiérarchie de l’information n’a plus aucun sens ?

Alors devant l’indignation collective suscitée par ce journal du 7 janvier, indignation ressentie dans l’ensemble des rédactions de France 3, le SNJ demande au directeur de l’information d’établir les responsabilités qui ont conduit à cette faillite. Nous devons en tirer toutes les conséquences éditoriales et structurelles pour ne pas laisser ces erreurs se répéter indéfiniment, sans remise en question d’une certaine « grille de lecture » de l’actualité qui fait perdre toute dignité à ces éditions. Il en va aussi de la crédibilité d’une rédaction qui souffre déjà d’un manque de débat éditorial depuis des années. Notre rôle d’organisation syndicale de journalistes est de rappeler ce que sont les fondamentaux de notre profession, trop souvent oubliés à la rédaction nationale de France 3.

Nous le faisons ici, une fois de plus, dans un moment grave pour notre pays et pour la liberté de la presse. Le délai de décence nous a amené à ne pas réagir plus tôt, mais le temps est venu pour la direction des rédactions nationales de prendre la mesure de ces égarements.

Paris, le 08 janvier 2015

2015-01-08 L’impensable hiérarchie de l’info

Charlie-hebdo : c’est la liberté qu’on assassine

AA lettrine articles Charlie-Hebdo : c’est la liberté d’expression qu’on assassine

 

Il n’y a pas de mot assez fort pour exprimer aujourd’hui la tristesse et la colère de la profession. Le massacre perpétré contre la rédaction de « Charlie-Hebdo » est une horreur qui nous frappe toutes et tous. Quand on tue des journalistes, c’est pour faire peur à toute une profession, c’est pour faire taire. Attaquer un journal, c’est vouloir museler la liberté d’expression dans une démocratie.

Le fait que ce soit Charlie-Hebdo qui ait été visé est un symbole important. C’est la liberté d’expression qu’on assassine. Le Syndicat National des Journalistes (SNJ), première organisation de la profession, tient à assurer « Charlie-Hebdo » de tout son soutien en ce moment particulièrement cruel. Il tient à assurer les familles de toutes les victimes de cette attaque de toute sa solidarité.

Le SNJ rappelle que, depuis l’été 2014, pas moins de 5 journalistes sont directement menacés de mort pour des articles publiés sur des sujets divers. Hier encore, mardi 6 janvier 2015, un de nos confrères du Monde à reçu une quatrième menace de mort. Le SNJ demande un rendez-vous au Ministre de l’Intérieur pour avoir connaissance de l’état de l’enquête sur l’attentat commis contre « Charlie Hebdo » ce terrible mercredi 7 janvier et des autres enquêtes concernant tous les journalistes menacés.

Le SNJ appelle toutes les rédactions à observer une minute de silence, et à un rassemblement citoyen à 18 heures près du siège de Charlie-Hebdo, place de la République à Paris.

 

Paris, le 07/01/2015

Une chaîne d’information de qualité ? Chiche !

AA lettrine articlesOn en sait désormais un peu plus sur ce projet de chaîne d’information que le groupe France Télévisions souhaite lancer en 2015.

Annoncé dans la presse, début décembre, ce chantier pourrait voir le jour dès septembre prochain ! C’est en tout cas le calendrier annoncé par Thierry Thuillier aux représentants du personnel.

Le directeur général délégué à l’information a saisi l’occasion d’un Comité Central d’Entreprise, mardi 16 décembre, pour distiller les premières infos sur ce projet. Le timing ne doit rien au hasard : chargé de présenter le plan de fusion des rédactions (« Info 2015 »), Thierry Thuillier a semé la confusion en évoquant d’abord un autre chantier, celui d’une chaîne d’information de France Télévisions, diffusée sur internet. Surprise : dans le document de 128 pages intitulé « Info 2015 », cette chaîne d’information est inexistante ou presque (une ligne et demie en tout et pour tout).

S’agit-il uniquement d’une vague promesse pour rendre plus digeste cet indécent projet de fusion, rejeté par la majorité des salariés ?

« Non« , se défend le directeur de l’information, « ce n’est pas lié, ce projet de chaîne d’information aurait pu être lancé sans Info 2015, c’est une ambition complémentaire ». Avant tout de même d’ajouter : « mais Info 2015 est la seule organisation qui permettrait aujourd’hui de lancer cette chaîne sans trop de difficultés, et sans menacer les éditions ».

Une affirmation contestable, qu’aucune étude ne peut étayer, et une promesse cynique : laissez-nous détruire, on reconstruira peut-être…

On apprend ensuite qu’une petite équipe, dirigée par Hervé Brusini, doit commencer dès janvier 2015 à construire la « grille » de cette chaîne d’information. Elle pourrait être lancée en septembre, quelques heures par jour dans un premier temps, puis 24h/24 à terme. Cette chaîne serait visible sur le site FranceTV info, puis éventuellement disponible via des applications mobiles, sur l’ADSL et sur les grands sites de vidéo du web.

Thierry Thuillier n’a pas donné beaucoup de détails sur le contenu. Tout juste met-il en avant « du plateau, avec des flashs info, du breaking news dès que possible et l’utilisation intensive en direct des pools que nous produisons : voyages présidentiels, conférences de presse, débats parlementaires, événements politiques, etc… ».

Voilà qui ressemble à s’y méprendre au menu proposé par les chaînes privées d’information en continu mais, différence de taille, « les régions et les stations d’outre-mer pourraient être associées« . Sans plus de précisions.        

Le SNJ a toujours été favorable à la création d’une chaîne dédiée à l’information, la première mission du Service Public. France Télévisions a d’ailleurs failli en lancer une sur la TNT, il y a une douzaine d’années. Aujourd’hui, il s’agirait (enfin) de corriger une anomalie historique.

Hélas, le calendrier de cette annonce incite à la méfiance. Lier, comme le fait la direction, la création hypothétique d’une chaîne sur le web au démantèlement de plusieurs rédactions, c’est éditorialement inacceptable et socialement insupportable. Ce projet ne serait donc qu’une tromperie de plus, un effet de manche opportuniste pour faire oublier les fusions-disparitions ?

En lançant ce projet aujourd’hui, à la surprise générale, la direction de l’Information prend une grande responsabilité. Pour le SNJ, cette chaîne doit être à la hauteur des ambitions affichées. Elle doit mettre en avant la force du Service Public, sa diversité, son exemplarité en matière d’information, son exigence déontologique, son refus de l’immédiateté comme seule ambition. Elle doit s’appuyer sur l’ensemble des rédactions, avec un projet éditorial partagé et débattu en amont par des équipes motivées, et dans le respect de notre charte d’éthique et des engagements sociaux de l’entreprise.

Le SNJ appelle naturellement de ses vœux la création d’une telle chaîne, qui refuserait la tentation du « low cost » au profit d’un projet mobilisateur pour les 3000 journalistes (permanents et non-permanents) de France Télévisions. A l’inverse, il serait honteux et indigne de brader, de dévoyer un tel projet et d’en faire le pitoyable cheval de Troie du funeste plan « Info 2015 ».

Paris, le 19 décembre 2014

2014-12-19 Une chaîne d’info de qualité… Chiche

Projet « Info 2015 » : la fusion, un poison pour l’information

AA lettrine articlesC’était donc ça ! Les séminaires, les comités de pilotage, les groupes de travail estampillés « Info 2015 » ont travaillé deux ans pour produire ce soi-disant « grand projet » pour l’info de France Télévisions.
Après lecture des 128 pages du document, il y a de quoi être stupéfait. On s’attendait à un projet éditorial d’ampleur, on découvre un schéma technique d’état-major. Une organisation verticale, construite sur de nouveaux postes de directeurs, de chefs, de superviseurs. Un plan d’attaque conçu par et pour des hauts cadres. La préparation méticuleuse d’une offensive, d’une opération brutale, où les cibles sont les rédactions du Service Public et leur pluralité.

Paradoxalement, ce document est à la fois très complet et totalement vide. A quelques mois d’un nouveau mandat à la tête de l’entreprise, la direction n’a visiblement plus le temps d’enrober le projet avec de belles déclarations d’intention, ou de s’intéresser à l’avenir professionnel des non-cadres.

« Info 2015 » tel qu’il est présenté ici n’a pas grand-chose d’un projet journalistique (d’ailleurs le mot « journalisme » est quasiment absent du document). C’est une fusion-disparition, une matrice détaillée, un instrument de contrôle rédactionnel où la hiérarchie se partage le pouvoir. Les grands oubliés du projet ? Les salariés (journalistes, techniciens, administratifs), qui ne sont plus que des exécutants anonymes et interchangeables. En 128 pages, aucune mention des votes organisés dans les rédactions, qui refusent ce projet. Rien sur le risque social que représente une énième réorganisation, où la direction affirme clairement vouloir faire table rase des anciennes « règles de vie collective ». Les chefs monteurs côté France 3, en grève ces dernières semaines contre la suppression totale de leurs jours de RTT, apprécieront…

Alors à qui profite le crime, à qui ce projet funeste peut-il servir ? Toute cette opération lancée en septembre 2012 n’a probablement qu’un objectif majeur. Donner le change, présenter quelque chose dans le bilan, amadouer le CSA et les ministères (de Bercy à la rue de Valois) afin de préparer l’avenir de quelques-uns. Que ce soit l’actuel PDG ou le directeur de l’information, ils s’accrochent à la marque « Info 2015 » comme à une bouée de sauvetage pour leur plan de carrière.

« Rapprochement des rédactions » entendions-nous au début, « projet éditorial, pas économique », « nécessaire à la survie de l’information pour le groupe ». Peu à peu, le nuage de fumée s’est estompé et aujourd’hui, devant la presse, la Cour des comptes ou les députés, il s’agit bien avant tout de se montrer prêt à tout réduire au nom « d’une situation budgétaire tendue ». Et que reste t-il du pseudo affichage éditorial ? Rien si ce n’est la « baisse tendancielle » des sujets culture dans les JT, baisse que la direction valide et accompagne avec le « redéploiement » de 9 journalistes vers le site internet Culture Box.
Pas question pour nous d’opposer les journalistes de la 2, de la 3 ou du numérique. Tout le monde y perdrait dans cette affaire. La fusion serait, d’après la direction, le moyen de faire différent… en regroupant tout. Nous préférons rappeler que si le partage est une bonne chose, le pillage n’apportera rien à l’information et à sa diversité de traitement sur nos différentes antennes.

Pillage des images, pillage des talents, pillage des diversités de traitement. La fusion c’est l’uniformisation, la voie vers un journalisme « industriel » où les équipes seront de moins en moins responsables de leurs reportages (ou bouts de reportages), où le débat éditorial sera confisqué par les cadres dirigeants et les fameux « directeurs éditoriaux opérationnels ».

Ce document de 128 pages reprend beaucoup d’inepties révélées l’an passé par le SNJ avec la publication des conclusions du comité de pilotage. Une fusion totale, qui serait structurée en trois phases… mais seule la première, consacrée à l’installation des cadres dirigeants, est présentée ! La direction a t-elle peur d’avouer que tout le monde n’atteindra pas la troisième phase ?

Même terriblement lacunaire, ce document fait déjà peser de lourdes menaces sur la diversité des éditions d’information. D’ailleurs le terme « éditions » disparaît peu à peu, au profit de « tranches d’information ».

Aucune garantie sur la pérennité du 12/13 national ou du 19/20 national, des journaux décrits comme des éléments de « sessions d’informations ». Que comprendre alors ? Que cette fusion sera bien une fusion-disparition ? Disparition des rédactions nationales, puis des éditions, et enfin de nos emplois ?

Pour toutes ces raisons (défense du pluralisme, maintien des éditions sur chaque chaîne, sauvegarde de l’emploi et surtout respect de l’autonomie et de la responsabilité des journalistes) nous dénonçons ce projet sans âme, qui servira de programme « low cost » pour séduire les partisans d’un Service Public à l’économie.

Les journalistes des rédactions nationales ne seront pas les complices d’un plan de destruction de l’information. Les militants du SNJ sont prêts, comme ils l’ont toujours été, à discuter des orientations éditoriales des différentes éditions pour éviter doublons, gaspillage et absurdités en tout genre. Cela doit passer par des projets éditoriaux distincts et ambitieux, en évitant une fusion des équipes et la destruction de l’identité des rédactions. Cette concentration forcée, dont les objectifs réels commencent à se dévoiler, serait un poison pour nos pratiques professionnelles et pour l’information de qualité du Service Public.

 

Paris, le 16 décembre 2014

2014-12-16 Projet Info 2015 – La fusion, un poison pour l’info

Plan de départs « volontaires » : AITV, mise à mort d’une rédaction

AA lettrine articlesCe lundi 8 décembre, les locaux de la rédaction de l’Agence Internationale d’Images de Télévision (AITV) étaient vides. Pour la première fois depuis 28 ans et la création de cette agence, aucune équipe n’a préparé de reportage, aucune conférence de rédaction n’avait lieu, aucun sujet n’était en montage, aucun JT ou « monito » n’a été diffusé. La direction de France Télévisions n’a pas accepté les demandes de moratoire sur la suppression totale de cette rédaction, et a donc signé l’arrêt de mort de l’AITV au 8 décembre 2014.

Jusqu’au bout, le SNJ s’est montré prêt à discuter de l’évolution de cette agence, éditorialement et socialement. Notre syndicat a interpellé la direction de France Télévisions, les ministères de tutelle et le pouvoir politique, jusqu’au plus haut niveau. Des représentants de plusieurs entreprises audiovisuelles publiques (TV5 Monde, France 24 notamment) ont publié une tribune dans « Libération ». De nombreux syndicats, en France comme en Afrique, ont exigé la poursuite de l’AITV. Mais la direction de France Télévisions a choisi de tirer un trait sur ces compétences, ce savoir-faire, cette histoire. Et l’actionnaire, l’Etat, a laissé faire.

Jusqu’au bout nous serons aux côtés de ces consœurs et confrères, aujourd’hui éjectés de ce projet professionnel, de cette aventure collective. La direction, soucieuse de sauver les apparences et d’éviter des licenciements, a procédé à la hâte à des mutations d’office. Parfois sans la moindre concertation, elle disperse les 26 journalistes permanents de l’AITV dans d’autres services, sans respecter les fonctions de chacun, proposant de changer de rédaction, de conditions de travail et même de métier en quelques jours !

La situation est quasiment similaire pour de nombreux salariés du service du sous-titrage info, supprimé fin novembre. On est bien loin du « volontariat » qui devait imprégner le plan de suppression de postes…

A ce jour, la direction n’a toujours pas annoncé aux représentants du personnel ce qu’elle compte faire pour la trentaine de journalistes pigistes travaillant pour l’AITV en Afrique. Pour certains d’entre eux, l’AITV représentait l’essentiel de leurs revenus depuis des années. Hors de question de les abandonner à une terrible précarité, parfois lourde de menaces dans certains pays.

Sur le site de Malakoff, la direction n’a toujours rien annoncé aux personnels techniques et administratifs qui travaillaient avec la rédaction AITV : quelles conséquences pour l’activité ? quels seront les plannings des prochaines semaines ?

Dans cette affaire, l’attitude de la direction est aussi choquante qu’inquiétante. Elle tourne le dos à l’Afrique, à la coopération mais aussi à ses propres salariés. Cette souffrance, ces violences infligées laisseront des traces. Est-ce le sinistre « pilote » d’une série de plans sociaux dont chaque épisode serait plus brutal que le précédent ?

Aujourd’hui, si chacun peut témoigner sa solidarité envers nos collègues du sous-titrage info et de l’AITV, nous devons nous interroger collectivement sur la responsabilité de la direction et de l’actionnaire.

Paris, le 9 décembre 2014

2014-12-09 AITV – Mise à mort

France Télévisions : le vrai scandale est ailleurs

AA lettrine articles S’offusquer d’autant d’inepties, de mensonges, d’accusations absurdes est bien légitime. Les réactions indignées, après l’article « Le scandale de France Télévisions » paru dans l’hebdomadaire Le Point du 30 octobre, sont donc parfaitement justifiées.
Pour autant, cet article reflète surtout la grille de lecture « anti-Service Public » de l’hebdomadaire. Ce n’est pas une nouveauté, et cela ne mérite pas plus d’attention. Même pour une parution largement soutenue par l’argent public par le biais des aides à la presse…

En revanche si notre confrère avait fait minutieusement son travail, il aurait pu évoquer le vrai bilan de la direction sous les présidences de Patrick de Carolis et de Rémy Pflimlin. Ce que s’apprêterait d’ailleurs à faire le CSA en pointant du doigt les errances directoriales. Car le vrai scandale de France Télévisions est ailleurs : il s’agit de 10 ans de gabegies, de violences sociales, de projets funestes, de plans sociaux déguisés et de risques psychosociaux aggravés. Alors là oui on aurait pu parler de scandale.

Ces attaques récurrentes contre les salariés de France Télévisions, comme on en trouve dans certains passages de l’article de l’hebdomadaire, sont inacceptables. Ces mises en cause de toutes nos équipes, de Carcassonne jusqu’à Wallis-et-Futuna, ne font que blesser des personnes et affaiblir la télévision publique. Mais au quotidien c’est bien notre direction qui attaque ses propres salariés en fermant des rédactions, en n’écoutant pas les élus dans les instances, en avançant sur chaque projet à marche forcée, en transformant nos antennes en machine à flux produites par des entreprises privées… souvent bien loin de l’exemplarité que devrait avoir le Service Public en matière d’information et de programmes.

Quelques exemples :

• Les nombreuses émissions et programmes réalisés par des sociétés privées alors que les compétences, les talents et les équipements sont sous-employés en interne. On peut citer la régie 3, au Siège, seulement utilisée deux jours par semaine pour Thé ou café et Stade 2.
• Les échecs successifs des programmes de fin d’après-midi sur France 2, tous réalisés par des sociétés privées (Jusqu’ici tout va bien, L’Emission pour tous) et leurs coûts pour le Service Public.
• Les frais de justice des contentieux sociaux ont pratiquement doublé en quelques années puisque les salariés, plus que maltraités par des directions brutales et irresponsables, gagnent leurs procès.
• La triste affaire « Bygmalion » qui est loin d’avoir démontré toutes ses implications.

Le journaliste de l’hebdomadaire pouvait parfaitement les connaître et les exposer puisque le SNJ, et il n’est pas le seul, a abondamment publié et dénoncé des exemples concrets.

Voilà le vrai scandale de France Télévisions et si le SNJ défendra toujours les salariés contre les attaques extérieures, il sera tout aussi vigilant face à ces équipes de direction qui depuis trop longtemps abîment notre entreprise et son personnel, sous les yeux indifférents des ministères de tutelle.

Paris, le 10 novembre 2014

2014-11-10 FTV – Le vrai scandale est ailleurs

COMITÉ NATIONAL DES SALAIRES ET DE L’EMPLOI

AA lettrine articles Timide reprise d’une régulation sociale

Depuis 2013, l’accord collectif France TV institue un nouveau dispositif de concertation entre direction et délégués du personnel, au niveau local, en amont de toute mesure.

Une nouvelle régulation sociale pour les mesures salariales individuelles et pour l’emploi (mutation, recrutement).

2013/2014 fut une très mauvaise année pour ces nouveaux comités.

En matière salariale, la direction n’a pas communiqué les documents prévus et a refusé dans la quasi-totalité des comités salaires tout échange avec les élus. Dans ces conditions, impossible pour les représentants du personnel de défendre correctement des situations de salariés « oubliés » par la direction.

En matière d’emploi: en 2013, 34% des postes furent attribués sans passer par les bourses de l’emploi. Des nominations directes, sans consultation, sans appel à candidatures, en toute opacité. 2014 s’annonce pire : nous ne serions pas loin des 50% de nominations directes !

Le 17 novembre, lors de la première réunion du comité national de suivi de l’emploi et des rémunérations, l’ensemble des syndicats a donc « invité » la direction à réaffirmer son engagement à faire vivre le dialogue social tel que négocié dans l’accord d’entreprise.

Une régulation cruciale pour la vie de l’ensemble des salariés de France Télévisions.

En matière de mesures salariales individuelles, l’accord instaure bien une concertation avec les délégués du personnel de chaque établissement. La direction a fini par admettre que « concertation » signifie bien échange, débat et justification des choix de l’encadrement. La décision finale, qui revient toujours à la direction, n’étant pas prise lors de la concertation.

Nous avons également réussi à nous entendre pour simplifier les procédures de recueil des autorisations auprès de chaque salarié. Désormais, un simple retour de mail suffit pour autoriser l’examen de sa situation salariale lors du comité des salaires.

La réunion du 17 novembre semble avoir permis de débloquer la position de la Direction des Ressources Humaines en matière de dialogue social. Reste que l’implication des chefs de service dans l’animation des comités locaux est indispensable à leur bon fonctionnement. A ce niveau, combien de managers pensent que le dialogue social est nécessaire au fonctionnement serein de France Télévisions ? L’avenir nous le dira.

Le SNJ, lui, maintient son engagement afin de garantir à chaque salarié un maximum de transparence et d’équité dans les mesures salariales individuelles, les mutations et les intégrations.

Pour défendre les intérêts de chacun, nous invitons l’ensemble des salariés à autoriser la communication de leur situation salariale aux comités des salaires, comme ils le faisaient pour les commissions paritaires.

Les mutations de l’entreprise se poursuivent, chaque salarié y a sa place, le dialogue social en est la garantie.

Paris, le 21 novembre 2014

2014-11-21 Comité salaires et emploi

Non à la privatisation de l’information de Service Public !

AA lettrine articles L’information est la première mission du Service Public audiovisuel. La direction actuelle de France Télévisions l’aurait-elle oublié ? Ou bien choisit-elle délibérément de bafouer ce principe au profit d’autres intérêts ?

En cette rentrée 2014, ses décisions concernant l’information sont inquiétantes et affligeantes. Depuis plusieurs semaines, de nombreuses éditions régionales de France 3 sont amputées de plusieurs minutes, affaiblissant notre mission d’information de proximité. La justification ? Faire de la place pour diffuser un programme réalisé « en partenariat » avec l’Union européenne. Un programme produit par une société privée, sans la moindre implication des équipes rédactionnelles de France 3. Un programme diffusé dans des conditions opaques.

En mai dernier, dans son livret « L’avenir du réseau régional de France 3 » * le SNJ avait exigé un renforcement de l’information de proximité sur France 3. Quelques semaines plus tard, le rapport ministériel confié à Anne Brucy exprimait le même souhait. Aujourd’hui, la direction de France Télévisions fait tout l’inverse, avouant ainsi que l’information de proximité n’est pas sa priorité. Le SNJ a interpellé à ce sujet François Guilbeau, directeur du réseau, qui n’a apporté aucune réponse satisfaisante.

Mais l’information nationale n’est pas épargnée pour autant. France 4 s’apprête à lancer, dans quelques jours, un rendez-vous quotidien d’information. Interrogée à ce sujet par le SNJ, Tiphaine De Raguenel (directrice des programmes de la chaîne) avouait que cette tranche d’information serait entièrement réalisée à l’extérieur de l’entreprise ! Pour quelle raison ? C’est tout simple : « Il n’y a pas eu le souhait de fabriquer ce programme en interne ».

Le SNJ a écrit au directeur de l’information de France Télévisions, Thierry Thuillier, pour exiger que ce rendez-vous d’information quotidien, une première sur France 4, soit réalisé par des journalistes du Service Public.

Le SNJ dénonce ces choix et ces méthodes qui expriment une défiance à l’égard des équipes de France Télévisions et un mépris de nos missions de Service Public.

Paris, le 16 octobre 2014

* : http://snj-francetv.fr/lavenir-du-reseau-regional-de-france-3/

2014-10-16 Non à la privatisaton de l’information…

Plan de départs volontaires : des « résultats » inquiétants

AA lettrine articlesCinq mois après la fin des négociations sur le plan de départs volontaires, la direction devait présenter un premier bilan au Comité Central d’Entreprise, le 30 septembre. À l’ouverture des débats, les représentants du SNJ ont lu le texte suivant : 

Le plan de suppressions d’emplois, dit plan de départs volontaires, a été bâti sur l’arbitraire et la tromperie. Sans surprise, il débouche aujourd’hui sur l’échec et la contrainte. Nous vous avions mis en garde mais vous n’avez rien voulu entendre. Aujourd’hui le premier bilan établi par vos services confirme malheureusement nos plus sombres prévisions.

C’est dans l’arbitraire qu’ont été identifiés les 339,5 postes que vous avez décidé de supprimer en les inscrivant au PDV. Cet arbitraire se heurte à la réalité. Seuls 118 salariés dits de rang 1 se sont déclarés volontaires pour quitter l’entreprise via un départ à la retraite pour la grande majorité d’entre eux.

Restent donc dans votre viseur 221 gêneurs, désignés volontaires, que vous cherchez à éjecter de leurs postes.

Vous avez pour cela imaginé un jeu de chaises musicales qui se révèle au fil des semaines être un jeu de bonneteau. 309 salariés dits de rang 2 ont rempli des dossiers pour quitter l’entreprise. Ils constatent aujourd’hui que vous les avez bernés. Le départ de chacun d’entre eux est en effet subordonné à la mobilité d’un salarié de rang 1.

Or, malgré la promesse de carottes et la menace du bâton, seuls 45 salariés de rang 1 se sont portés volontaires pour une mobilité dans les délais que vous avez fixés unilatéralement.

45 candidats à la mobilité pour permettre le départ de plus de 300 volontaires, le compte n’y est pas. Jusqu’à quand allez-vous mener ces volontaires en bateau ?

Chacun d’entre eux s’est engagé « irrévocablement » par écrit à quitter l’entreprise. Quelle réponse irrévocable êtes-vous en capacité de leur adresser en retour ?

L’échec est patent et la suite ô combien prévisible : après le volontariat, la contrainte.

D’où cette question : quelle nouvelle menace allez-vous désormais agiter au dessus de la tête des salariés qui refusent d’abandonner leur poste de travail ?

A moins que la justice, que nous avons saisie, ne change la donne en imposant la négociation d’un plan alternatif de départ construit sur un véritable volontariat.

C’est ce que nous souhaitons pour l’entreprise et ses salariés.

 

Paris, le 30 septembre 2014