Non à la privatisation de l’information de Service Public !

AA lettrine articles L’information est la première mission du Service Public audiovisuel. La direction actuelle de France Télévisions l’aurait-elle oublié ? Ou bien choisit-elle délibérément de bafouer ce principe au profit d’autres intérêts ?

En cette rentrée 2014, ses décisions concernant l’information sont inquiétantes et affligeantes. Depuis plusieurs semaines, de nombreuses éditions régionales de France 3 sont amputées de plusieurs minutes, affaiblissant notre mission d’information de proximité. La justification ? Faire de la place pour diffuser un programme réalisé « en partenariat » avec l’Union européenne. Un programme produit par une société privée, sans la moindre implication des équipes rédactionnelles de France 3. Un programme diffusé dans des conditions opaques.

En mai dernier, dans son livret « L’avenir du réseau régional de France 3 » * le SNJ avait exigé un renforcement de l’information de proximité sur France 3. Quelques semaines plus tard, le rapport ministériel confié à Anne Brucy exprimait le même souhait. Aujourd’hui, la direction de France Télévisions fait tout l’inverse, avouant ainsi que l’information de proximité n’est pas sa priorité. Le SNJ a interpellé à ce sujet François Guilbeau, directeur du réseau, qui n’a apporté aucune réponse satisfaisante.

Mais l’information nationale n’est pas épargnée pour autant. France 4 s’apprête à lancer, dans quelques jours, un rendez-vous quotidien d’information. Interrogée à ce sujet par le SNJ, Tiphaine De Raguenel (directrice des programmes de la chaîne) avouait que cette tranche d’information serait entièrement réalisée à l’extérieur de l’entreprise ! Pour quelle raison ? C’est tout simple : « Il n’y a pas eu le souhait de fabriquer ce programme en interne ».

Le SNJ a écrit au directeur de l’information de France Télévisions, Thierry Thuillier, pour exiger que ce rendez-vous d’information quotidien, une première sur France 4, soit réalisé par des journalistes du Service Public.

Le SNJ dénonce ces choix et ces méthodes qui expriment une défiance à l’égard des équipes de France Télévisions et un mépris de nos missions de Service Public.

Paris, le 16 octobre 2014

* : http://snj-francetv.fr/lavenir-du-reseau-regional-de-france-3/

2014-10-16 Non à la privatisaton de l’information…

Plan de départs volontaires : des « résultats » inquiétants

AA lettrine articlesCinq mois après la fin des négociations sur le plan de départs volontaires, la direction devait présenter un premier bilan au Comité Central d’Entreprise, le 30 septembre. À l’ouverture des débats, les représentants du SNJ ont lu le texte suivant : 

Le plan de suppressions d’emplois, dit plan de départs volontaires, a été bâti sur l’arbitraire et la tromperie. Sans surprise, il débouche aujourd’hui sur l’échec et la contrainte. Nous vous avions mis en garde mais vous n’avez rien voulu entendre. Aujourd’hui le premier bilan établi par vos services confirme malheureusement nos plus sombres prévisions.

C’est dans l’arbitraire qu’ont été identifiés les 339,5 postes que vous avez décidé de supprimer en les inscrivant au PDV. Cet arbitraire se heurte à la réalité. Seuls 118 salariés dits de rang 1 se sont déclarés volontaires pour quitter l’entreprise via un départ à la retraite pour la grande majorité d’entre eux.

Restent donc dans votre viseur 221 gêneurs, désignés volontaires, que vous cherchez à éjecter de leurs postes.

Vous avez pour cela imaginé un jeu de chaises musicales qui se révèle au fil des semaines être un jeu de bonneteau. 309 salariés dits de rang 2 ont rempli des dossiers pour quitter l’entreprise. Ils constatent aujourd’hui que vous les avez bernés. Le départ de chacun d’entre eux est en effet subordonné à la mobilité d’un salarié de rang 1.

Or, malgré la promesse de carottes et la menace du bâton, seuls 45 salariés de rang 1 se sont portés volontaires pour une mobilité dans les délais que vous avez fixés unilatéralement.

45 candidats à la mobilité pour permettre le départ de plus de 300 volontaires, le compte n’y est pas. Jusqu’à quand allez-vous mener ces volontaires en bateau ?

Chacun d’entre eux s’est engagé « irrévocablement » par écrit à quitter l’entreprise. Quelle réponse irrévocable êtes-vous en capacité de leur adresser en retour ?

L’échec est patent et la suite ô combien prévisible : après le volontariat, la contrainte.

D’où cette question : quelle nouvelle menace allez-vous désormais agiter au dessus de la tête des salariés qui refusent d’abandonner leur poste de travail ?

A moins que la justice, que nous avons saisie, ne change la donne en imposant la négociation d’un plan alternatif de départ construit sur un véritable volontariat.

C’est ce que nous souhaitons pour l’entreprise et ses salariés.

 

Paris, le 30 septembre 2014