Hommage à Frédéric Leclerc-Imhoff, journaliste tué en Ukraine

Ce vendredi 10 juin, à 18h30, le SNJ appelle ses militants, ses adhérents et ses sympathisants à rendre hommage à Frédéric Leclerc-Imhoff, place de la République, à Paris.

Tué en reportage en Ukraine le 30 mai, Frédéric Leclerc-Imhoff était journaliste pigiste pour BFMTV. A 32 ans, ce journaliste que ses amis et ses proches décrivent comme passionné et discret, a été mortellement touché par un éclat d’obus dans la région de Severodonetsk.

Le SNJ perd un membre de sa famille, Frédéric Leclerc-Imhoff étant adhérent. Il était impliqué dans sa rédaction et incitait ses collègues à adhérer au syndicat.

Le SNJ présente ses plus sincères condoléances à sa famille et ses proches.

Huit journalistes ont été tués en Ukraine depuis le début de la guerre.

Pour les membres du SNJ, rendez-vous ce vendredi 10 juin à 18h30 au pied de la statue de la République à Paris.

Paris, le 10 juin 2022

Qui veut la peau de l’audiovisuel public ?

« Le groupe France Télévisions est en plan social depuis 10 ans » : Ce sont les mots de Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, devant les députés fin 2021. 15% des effectifs, 1500 postes en moins : c’est ce qu’il aura fallu subir pour faire face au trou de 450 millions d’euros créé par la suppression de la publicité après 20 heures voulue par Nicolas Sarkozy en 2008…

Dominique Pradalié élue présidente de la Fédération internationale des journalistes

Militante acharnée, Dominique Pradalié a été élue, ce jeudi 2 juin 2022, présidente de la Fédération internationale des journalistes (FIJ) lors du 31e congrès de la FIJ du 31 mai au 3 juin à Mascate (Oman). Elle est la deuxième femme à accéder à ce poste depuis la création de la FIJ en 1926.

Candidate sortante du comité exécutif de la FIJ, Dominique Pradalié est très attachée aux libertés fondamentales. Secrétaire générale du SNJ pendant des années, elle continue à ferrailler en France avec combativité. Nous ne doutons pas qu’elle le fera avec la ténacité qu’on lui connaît au sein de la FIJ, notamment en luttant contre l’impunité des assassins de journalistes et leurs commanditaires.

De son premier congrès du SNJ au Touquet en 1973 jusqu’à son poste de secrétaire générale au SNJ, Dominique Pradalié milite depuis 1970 au sein de la première organisation de la profession en France. Elle a effectué sa carrière professionnelle, par choix, dans le service public de l’audiovisuel jusqu’à la fonction de rédactrice en chef à France Télévisions.

Le SNJ lui souhaite une pleine réussite dans son nouveau mandat, qui se terminera par la célébration du centenaire de la FIJ en 2026. La date et le lieu du prochain congrès ne sont pas encore déterminés. Précisons que la FIJ a été fondée par un certain Georges Bourdon, l’un des fondateurs du Syndicat national des journalistes.

Mascate, le 2 juin 2022

Festival de Cannes sur France 3 : mais à quel prix ?

TRACT INTERSYNDICAL SNJ CGT SUD FO

Le Festival de Cannes vient de s’achever et en guise de clôture, les salariés des antennes de France 3 Côte d’Azur et France 3 Provence Alpes ont eu droit à 4 jours de JT communs… un lendemain de fête aux allures de gueule de bois…

Pour la première fois, France TV récupérait les droits du Festival, une chance historique… vite dit car côté coulisses, les salariés ont eu droit à un bien mauvais scénario.
Le casting d’abord… plus d’une quinzaine de Marseillais ont été envoyés sur place au prétexte que Côte d’Azur n’avait pas les troupes suffisantes… Faux, des CDD et des CDI azuréens étaient disponibles et partants !

On ne peut que regretter que les salariés de Côte d’azur rompus à l’exercice n’aient pas été privilégiés ni concertés dans le dispositif spécial mis en place pour l’occasion.

La trame : entre problèmes de planification, absence d’anticipation, manque de clarté dans le partage des tâches, de nombreux salariés ont eu l’impression d’une grande improvisation sur le terrain.
Au milieu des strass, ils ont eu droit au stress. Les tensions étaient quotidiennes, parfois vives. Les conditions de travail, ubuesques.

Face à ce constat, les salariés des antennes de Côte d’azur et de Provence Alpes veulent aujourd’hui des réponses de la part de leur Directeur régional.

Combien a coûté cette opération en termes de frais de mission ? Quels enseignements vont être tirés de cette édition 2022 pour qu’à l’avenir les erreurs endurées ne se reproduisent pas ? Pourquoi avoir envoyé autant de personnels marseillais ? Pourquoi tant d’opacité sur le casting des personnels détachés pour la circonstance (exemple: 5 nuitées pour une stagiaire, un détail !) ?

L’heure des comptes a bien sonné.

Les salariés exigent des chiffres et des explications.
Les élus et les délégués syndicaux de France 3 Côte d’Azur et de Provence Alpes exigent de leur côté transparence et clarté et saisiront toutes les instances IRP, CSE et COMECO pour obtenir des réponses.

Dans un contexte inédit d’incertitude sur l’avenir de notre financement, non, le directeur régional ne peut pas faire, seul dans son coin, des choix budgétaires et éditoriaux qui impactent ainsi nos antennes, au risque de les fragiliser et d’entamer un budget régional incertain.

Antibes et Marseille, le 2 juin 2022

Les aveux en filigrane du directeur de l’information

LETTRE OUVERTE A M. LAURENT GUIMIER

Monsieur le directeur,

En obligeant des journalistes spécialisés ou grands reporters à participer à des stages de quasi-débutants, vous assurez vouloir travailler en faveur de l’égalité pour tous les journalistes de la rédaction nationale. Mais par cette affirmation, vous reconnaissez implicitement l’existence d’une rédaction à deux vitesses, et donc de castings pour ne pas dire d’une politique discriminatoire.

En vous fixant comme objectif un changement de culture et une meilleure articulation entre services et éditions, vous confirmez en filigrane, l’existence d’un management pyramidal qui existe depuis de trop nombreuses années, sur lequel nous ne cessons de vous alerter, en particulier au sujet du 20h de France 2.

En identifiant des journalistes et en les désignant pour ces formations (ils sont au nombre de 8), parfois sans concertation ni information préalable, vous leur signifiez finalement et officiellement qu’ils ne font pas partie du casting, ce qui a le mérite de sortir du « non dit » mais qui est une démarche particulièrement stigmatisante.

En précisant que ces stages doivent leur permettre d’être plus à l’aise dans l’organisation, le montage et l’écriture de leurs sujets, même en situation d’urgence, avec un rappel des règles sur le tournage en séquences, vous détaillez par là-même des compétences normalement acquises en école de journalisme. Des objectifs qui peuvent être humiliants pour des salariés expérimentés.

En indiquant vouloir ainsi « améliorer leur employabilité », afin d’être davantage sollicités au quotidien et d’être mieux considérés et insérés dans la rédaction, vous admettez que dans un contexte de baisse des effectifs avec la Rupture Conventionnelle Collective, la charge de travail pèse essentiellement sur les épaules d’un nombre limité de journalistes.

En ajoutant que ces formations obligatoires dans le cadre du plan de développement des compétences, visent à adapter les salariés à leur poste de travail, vous insinuez donc qu’ils ne sont pas en phase avec des missions qu’ils exercent pourtant depuis de nombreuses années. C’est particulièrement choquant !

En concluant par le fait qu’un salarié ne saurait refuser de suivre ces formations parce qu’elles constituent « une modalité particulière d’exécution de son contrat de travail qui peut-être assimilée à l’exécution d’une mission professionnelle », vous sous-entendez clairement qu’un refus peut-être considéré comme une faute professionnelle.

En résumé, vos arguments sont clairs : ce sont les journalistes qui doivent s’adapter au formatage de certaines éditions, en particulier au 20h. En aucune manière, vous ne remettez en cause une hiérarchie autoritaire qui demande de multiples corrections sur les sujets, comme un enseignant à ses élèves, en éludant le débat éditorial. Jamais, vous ne pointez la faute qui consiste à mettre des salariés expérimentés sur la touche. Vous tentez de nous persuader de votre bonne volonté, mais comme le disait en substance un grand écrivain qui était aussi journaliste, celle-ci peut faire d’énormes dégats si elle n’est pas éclairée. Et c’est malheureusement le cas à la rédaction nationale.

Le SNJ sera bien évidemment aux côtés des journalistes qui ont refusé ces « formations ». Nous vous demandons de vous attaquer aux véritables racines du mal, autrement dit au management pyramidal, et non aux salariés qui en sont les victimes.

Paris, le 31 mai 2022

Aviwest et TVU Pack : où est la protection de la santé des équipes de reportage ?

A l’heure où les responsables d’éditions et les rédacteurs en chef multiplient et exigent des interventions en duplex avec ces outils, le SNJ constate que les règles de prévention n’existent pas partout.

En 2017, des fiches de sécurité accompagnaient ces boîtiers de diffusion dans les placards des salles de départ déconseillant leur utilisation près de femmes enceintes et de détenteurs de pacemakers en raison du caractère néfaste des ondes électromagnétiques.

Aujourd’hui la réalité du terrain en reportage est toute autre.

Ces fiches ont bel et bien disparu de certaines emprises quand elles ne sont pas dissimulées au fond du sac de transport des aviwest et TVU pack.

Certains JRI portent au quotidien ces boîtiers de transmission en sac à dos pour suivre un reporter ou une situation en mouvement sur consigne de managers soucieux avant tout d’animer en extérieur leurs éditions.

Les études menées dans une salle fermée sur le mode d’une conférence de presse indiquent clairement que plusieurs boîtiers de transmissions réunis dans un même lieu émettent des fréquences nocives ( migraines et nausées chez certains de nos confrères ) et pourtant … la direction continue d’imposer leur utilisation sans la moindre précaution.

Il est maintenant question d’équiper les rédactions de nouveaux boîtiers en 5G encore plus puissants et capables d’émettre l’équivalent de 200 smartphones simultanément.

Cette pratique va à l’encontre de toute prévention de l’entreprise en faveur de la santé des salariés.

Le SNJ rappelle que France Télévisions est pénalement responsable et que cette faute inexcusable engage la responsabilité de l’employeur devant la justice.

A l’heure où une négociation débute pour trouver un nouvel accord sur la qualité de vie au travail , la direction est donc sciemment en faute.

C’est pourquoi le SNJ demande solennellement le retour des règles de prévention par voie d’affichage dans toutes les rédactions.

Nous exigeons aussi une étude scientifique indépendante sur les conséquences de ces boîtiers de transmissions sur la santé de leurs utilisateurs.

Enfin le SNJ prône le volontariat pour l’utilisation de ces moyens de diffusion comme c’est le cas à la rédaction nationale.

Paris, le 30 mai 2022

Déménager, ce n’est pas seulement changer d’adresse

PREALABLE SNJ AU CSE CENTRAL DU 25 MAI 2022

Le document transmis aux membres du CSEC contient des informations en matière de localisation, de surfaces, de prix, de calendrier mais ne renseigne en rien les représentants des salariés sur les caractéristiques des sites retenus, Seine Ouest et Quadrans.
Pour apprécier la qualité de ces locaux, les données fournies doivent être complétées. Il nous parait nécessaire de disposer d’informations, notamment sur la performance énergétique de ces bâtiments, leur impact sur l’environnement, ainsi que sur leur exposition aux risques naturels, en particulier aux crues de la Seine. A l’heure du réchauffement climatique et de la transition énergétique cet angle mort de la documentation transmise aux élus pose problème.
En termes d’organisation, si la majorité des sites concernés par le projet relève d’un même établissement, celui du Siège, ce n’est pas le cas du centre Pierre Bourdan de Malakoff. Son cas est particulier parce qu’il s’agit d’un établissement distinct, mais aussi parce qu’il constitue un élément du réseau Outre-mer.
La fermeture de Malakoff pénalisera mécaniquement les stations si les services qu’assument pour elles aujourd’hui les équipes de Malakoff ne sont pas tous maintenus dans un futur site. Malakoff est un centre de conception éditoriale, de fabrication de programmes et de diffusion. Malakoff répond aux demandes des stations et formule des propositions. Sa rédaction exerce un rôle d’agence en radio et télé pour les chaînes 1ères.
L’établissement assure également des prestations RH pour l’ensemble des stations et contribue à la visibilité des Outre-mer par la fourniture de journaux TV et radio sur les antennes du groupe, celles de Radio France et de France Médias Monde.
Ces missions pourront-elles être maintenues à l’identique une fois Malakoff fermée ?
La question n’est pas théorique. Le déménagement de la direction régionale Ile-de-France de Vanves au Siège a permis de mesurer l’impact d’une telle migration sur le potentiel du collectif de travail concerné. Le risque pour les stations des Outre-mer serait que la fermeture de Malakoff débouche sur l’instauration d’une relation entre elles et le siège analogue à celle qui prévalait à l’époque de FR3 DOM-TOM avant la création de RFO en 1982.
La mise en œuvre de ce projet constituera par ailleurs, pour de nombreux salariés des sites parisiens déjà présents dans l’entreprise en 2009 lors de la fusion des ex-sociétés, une nouvelle épreuve de réorganisation. De nombreux salariés qui travaillent actuellement à EOS, Boulogne ou Linois ont déjà été confrontés à ce type de situations. Un facteur générateur de risques psycho-sociaux à ne pas négliger. Une catégorie d’impacts à prévoir pour le futur bilan du projet.

Paris, le 25 mai 2022