Il est temps de lever l’hypothèque qui pèse sur France Ô

Résolution France Ô – CSE 9 juillet 2020

France Ô et France 4 diffuseront-elles leurs programmes sur la TNT le lundi 1O août ?

A un mois de la date d’arrêt des deux chaînes publiques telle qu’elle a été annoncée en début d’année, les salariés concernés ne savent toujours pas si la mise en œuvre de cette décision gouvernementale débattue depuis deux ans sera maintenue, repoussée ou abandonnée.

Les membres du CSE de l’établissement France télévisions de Malakoff, siège de France Ô, attendent des nouveaux responsables gouvernementaux en charge de ce dossier qu’ils mettent un terme à ces incertitudes.

La crise sanitaire a remis en cause bon nombre de dogmes. Parmi eux, l’idée selon laquelle il y aurait en France trop de chaînes publiques. C’est dans cet esprit que le précédent gouvernement a demandé en avril à la direction de France télévisions de lui proposer un projet pour le maintien de France 4 et France Ô.

De nouveaux responsables politiques se sont installés lundi à Matignon, Bercy, rue de Valois et rue d’Oudinot, sièges des ministères concernés au premier chef par ce sujet.

Au moment où le secteur de la culture et de l’information sort partiellement du confinement, il revient au nouveau gouvernement d’adresser un signal positif aux salarié.e.s de l’audiovisuel public et notamment à celles et ceux qui travaillent au service des Outre-mer.

La “visibilité des Outre-mer” souhaitée par le gouvernement ne saurait commencer par la fermeture de la chaîne dédiée aux Outre-mer sur la TNT hexagonale. Visibilité sur l’ensemble des radios et chaînes publiques, exposition dans l’hexagone via France Ô de la production TV du réseau des 1ères, portail numérique des Outre-mer, radio numérique ; ces outils se complètent et aucun n’est superflu.

Résolution adoptée à l’unanimité des élus et organisations syndicales

Malakoff, jeudi 9 juillet 2020

La crise n’est pas la réponse à tout !

PREALABLE CSE CENTRAL 1er JUILLET 2020

Madame la présidente,

Lors de la séance du CSE Central du 15 avril dernier, le sort de France 4 et France Ô avait été abordé et vous aviez alors précisé que les décrets concernant les fermetures de ces deux chaînes n’étaient pas encore signés. Nous pouvions donc espérer un maintien de ces chaînes sur la TNT ! A l’époque, il faut l’avouer, nous étions très loin de penser qu’il faudrait attendre jusqu’au mois de juillet pour connaître les arbitrages de Franck Riester ! Enfin, au point où nous en sommes, il faut envisager que ce soit un autre ministre de la Culture qui annonce la décision du gouvernement, dans les prochaines semaines…

D’ici là, les salariés de France Télévisions, en particulier ceux qui travaillent pour ces antennes, ont le sentiment d’avoir été placés « en attente » pendant deux mois et demi, puis d’avoir été oubliés par nos interlocuteurs. Ce retard, personne ne semble vouloir l’assumer puisque le ministre de la Culture indiquait aux organisations syndicales, fin mai, qu’il venait tout juste de recevoir les documents lui permettant de prendre une décision motivée.

Même si la direction tente d’accompagner et de soutenir les équipes de France4 et France Ô, c’est indéniable, ce retard aura mis une pression inutile sur les équipes. Un stress supplémentaire qui sera plus facile à évacuer si France 4 et France Ô sont maintenues sur la TNT, ce que nous espérons toujours. Dans le cas contraire, cette attente inutile aura été un épisode pénible, un de plus, dans la gestion de ce dossier.

Autre attente difficilement supportable, celle que subissent des milliers de salariés non-permanents de France Télévisions. Fin mai, trois organisations syndicales représentatives ont signé avec la direction un accord sur la mise en place d’un fonds de soutien. Nous sommes maintenant en juillet et de très nombreux CDD, pigistes ou intermittents n’ont toujours pas reçu le moindre message personnel, le moindre mail pour confirmer leur éligibilité au fonds de soutien. Nous regrettons une nouvelle fois que la direction affiche, depuis trois mois, une telle différence de traitement entre ses salariés permanents et les autres.

Incertitude aussi pour les salariés qui travaillent dans les stations, en outremer, en régions ou au Siège. Le retour à une situation normale, ou quasi normale, c’est pour quand ? La reprise d’activité liée aux élections municipales n’a pas permis de lever les doutes sur la place du télétravail ou sur le retour à des méthodes de travail traditionnelles, notamment en montage ou en production. Le calendrier de reprise progressive est encore flou dans de nombreux sites, et il est trop rarement construit avec les salariés et leurs représentants. Sans oublier que des mauvaises habitudes se sont installées, notamment un « casting » imposé trop souvent aux équipes des éditions nationales d’information. Il nous faut l’assurance que cette pratique insultante, humiliante, qui divise les équipes, cesse à l’avenir. Elle a créé énormément de traumatismes à un moment où chacun participait du mieux possible aux efforts dans le cadre de notre mission de Service Public. Un directeur mal inspiré a même osé la comparaison, en parlant de salariés, entre des « 2CV et des Ferrari ». Une expression scandaleuse qu’il aurait dû laisser au garage. Des centaines de salariés sont donc appelés à partir en vacances dans les prochains jours sans vraiment savoir dans quelles conditions ils reprendront le travail.

Inquiétude enfin pour l’avenir de l’emploi au sein de France Télévisions. En 2019, la direction avait annoncé un plan de recomposition des effectifs de l’entreprise étalé jusqu’en 2022 mais aujourd’hui, nous voyons surtout les départs et quasiment pas les recrutements. Or, sans une politique ambitieuse de recrutement, comment « recomposer » les effectifs, équilibrer la pyramide des âges et soutenir les projets de développement ? Le SNJ avait négocié mais n’avait pas signé la version finale de l’accord de mai 2019, estimant que les garanties sur les recrutements étaient trop faibles. A ce stade, nous déplorons que l’application de l’accord nous donne raison, et nous craignons que la crise sanitaire devienne un prétexte.

Toutes ces questions en suspens s’ajoutent évidemment à l’incertitude autour de la gouvernance de France Télévisions, mais celle-ci revient tous les cinq ans et elle fait partie de la vie de l’entreprise. En revanche, nous souhaitons que tous les sujets essentiels que nous venons de citer soient abordés et débattus sérieusement au cours de ce CSE Central. La crise sanitaire ne fait pas encore partie de notre passé, elle pèse encore sur le présent, mais elle ne peut pas justifier durablement toutes les incertitudes qui affectent aujourd’hui France Télévisions et ses salariés.

Paris, le 1er juillet 2020

Motion de soutien aux salariés de France Ô et France 4

 – ASSEMBLEE GENERALE DU SNJ FRANCE TELEVISIONS –

Réunis en Assemblée Générale, les journalistes membres du SNJ FTV apportent tout leur soutien aux salariés de France Ô et France 4, qui voient leur avenir assombri et leurs emplois menacés par des décisions de la tutelle et de la direction de France Télévisions.

Ils mandatent le Bureau National pour mener toutes les actions nécessaires pour que ces fermetures annoncées ne mettent pas en péril l’emploi et les métiers des salariés concernés.

Cette violence sociale, qui conduit à fermer aveuglement deux chaines importantes de France Télévisions, ne doit pas abîmer davantage ceux qui participent à l’effort collectif depuis des années.

Paris, le 16 octobre 2018

2018-10-16 AG SNJ – Motion de soutien aux salariés de France o et France 4

Réforme de l’audiovisuel public : notre mission d’informer en danger !

  – ASSEMBLEE GENERALE SNJ FRANCE TELEVISIONS –

Il y aura donc une réforme de l’audiovisuel public en 2019. Mais quelle réforme ? Quelles conséquences pour France Télévisions ? A en croire notre direction, tout va bien se passer. Les synergies avec Radio France et les autres entreprises de l’audiovisuel public régleraient tout.

Ce discours ne nous rassure pas. C’est celui que tiennent les directions de toutes les entreprises concernées auprès de leurs salariés respectifs !

En réalité, le programme de casse de notre entreprise et de nos emplois est en marche. Disparition de France Ô et France 4 de la TNT ; nouvelles suppressions d’emplois, avec des départs, sans doute plus forcés que volontaires ; fusion imposée avec le réseau de France Bleu pour France 3 ; volonté de renégocier l’accord collectif avec augmentation du temps de travail, dégradation des conditions de travail et compétences complémentaires à gogo ; voilà ce qui nous attend, si nous ne réagissons pas.

Réunis en assemblée générale, nous, journalistes membres du SNJ France Télévisions réaffirmons notre volonté et notre mobilisation pour défendre notre profession, ainsi que tous les métiers de l’entreprise, nécessaires à la qualité de l’information de service public. 

Paris, le 16 octobre 2018

2018-10-16 AG SNJ – Réforme AV

Angoisse à tous les étages

/// Comité d’Etablissement Siège \\\

Nous aurions aimé être dans la légèreté des vacances qui approchent pour une bonne partie des salariés ! Mais elle serait bien coupable.

Les rédactions nationales traversent comme jamais une crise qui fait d’énormes dégâts ! Autoritarisme exacerbé, chasse aux ETP, brimades à répétition, intimidations organisées, le tout sur fond de mise en œuvre d’une fusion qui consomme toutes les énergies et détourne de l’essentiel.

Un climat délétère qui semble être le fruit de la concentration extrême du pouvoir. A la direction de l’information comme à la DRH, tout s’accélère ! Licenciements abusifs, licenciements de précaires, dans les services comme dans les équipes des magazines, pression au quotidien sur la planification au détriment de la vie privée des salariés. Et lorsque les élus et les représentants syndicaux abordent ces problèmes, le déni est de sortie, une fois de plus !

Mais bien évidemment, tout cela n’est pas dû au hasard… A quelques jours d’annonces a priori mortifères, ceux qui nous dirigent nous préparent au pire, parce qu’il semble au programme !

Économies plus que drastiques, plan de départs, fermeture de France ô, de France 4, éditions nationales en sursis… Mais nos inquiétudes ne seraient liées qu’à notre volonté d’être rétifs au changement ! Ce sera donc avec nous ou sans nous. Voilà le discours sous-jacent distillé en instance, dans les réunions au sommet, ou révélé par certaines indiscrétions qui font état de l’inquiétude de certains cadres de l’entreprise.

Oui le moment est grave ! Comme s’il fallait instiller dans tous les esprits, la seule peur du lendemain pour que tout le monde reste bien dans son coin ! Dans la série « à qui le tour ? », voilà que dans les collectifs de travail, la crainte est devenue le principal sujet de conversation. De quoi pousser à l’abattement, de quoi affaiblir celles et ceux qui sont déjà atteints. Alors s’enchaînent les arrêts maladies, les comportements proches du burn-out un peu partout, à tous les étages ! Les pratiques qu’on pensait appartenir au passé reviennent dans le paysage des rédactions. Casting à la demande des rédacteurs en chefs, blacklistage en fonction des éditions, exclusion par l’âge dans certains services,  tournages ou missions annulés faute de JRI, économies obligent.

Nous ne sommes pas catastrophistes, c’est la politique de la direction qui est anxiogène ! Il est donc de notre devoir en interne et en externe de donner l’alerte. Un management de plus en plus brutal s’installe, même là où certains pensaient être protégés. Ces méthodes ne sont jamais dues au hasard. Ne nous laissons pas abattre, ce n’est qu’ensemble que nous pourrons contrer le dessein de quelques-uns.

Paris, le 2 juillet 2018

2018-07-02 Préalable CE Siège – Angoisse à tous les étages

Transformer mais sans fragiliser

– RÉFORME DE L’AUDIOVISUEL PUBLIC –

Tout d’abord les élus du SNJ réaffirment ici leur opposition à la fusion des rédactions nationales ! Pleinement engagés dans le conflit du jour nous restons convaincus des effets néfastes de ce projet funeste. À la fois parce qu’il touche au pluralisme, pilier du rapport entre information et démocratie, mais aussi parce qu’au regard des 3 premières phases déjà mises en œuvre, « Info 2015 » n’est pas un projet fédérateur mais bien une entreprise d’érosion des différences, contrairement à ce qui est décrit par les directions successives dès son annonce en 2012 ! Mais le choix a été fait de continuer coûte que coûte, pour afficher nous ne savons quelle victoire face au rejet des salariés, qui se sont prononcés à multiples reprises contre ce projet, ainsi que l’ensemble des instances représentatives du personnel. Il n’y a pas de fatalité dans cette affaire et malgré son développement, « Info 2015 » reste pour nous une organisation à combattre au quotidien !

S’ajoute donc à cette actualité, une plus grande inquiétude et a minima un grand questionnement que ce CCE va nous permettre d’aborder largement. D’abord en vous écoutant, Madame la présidente ! Après les déclarations de la ministre Françoise Nyssen et de l’ensemble des PDG de l’audiovisuel public, nous avons bien compris ce qui se joue. Focus sur les contenus, viendra ensuite le temps de la gouvernance et du financement !

Pour autant ce dernier point est malgré tout fondamental et vous l’avez énoncé vous-même, lundi 4 juin au ministère de la culture : « La collectivité a mille priorités à financer et n’a plus les moyens d’accompagner les dynamiques budgétaires de l’audiovisuel public » !

 

Désolé mais nous ne partageons pas cette politique du fait accompli. Un audiovisuel public fort, indépendant, nécessite un financement volontariste et pérenne et pas un coup de rabot permanent ! Mais reprenons votre citation énoncée plus haut. Clairement, nous allons devoir faire des économies. Combien ? La fourchette s’est resserrée pour être aujourd’hui proche des 400 millions ! Quelle sera notre part ? Sur quel calendrier ?

 

Puis la question du changement de paradigme a été avancée. Certains constats peuvent être partagés sur les pratiques de consommation de nos programmes, de notre information qui ont changé. Mais cela doit-il pour autant nous emmener dans une transformation totale sans faire prendre un risque à ce qui malgré tout fonctionne ? Un service public fort, de qualité et qui rassemble, malgré tous les dénigrements, encore un public nombreux sur l’ensemble des offres du groupe.

Alors sans doute, y a-t-il une nécessité d’un besoin de plus de numérique ? Lorsque vous proposiez une  nouvelle offre d’info, objet exclusivement numérique à l’époque nous vous avions dit « chiche »! Depuis France Info est née dans une toute autre construction éditoriale et sociale.

Donc il n’est pas pour nous  question ici d’opposer les supports, mais bien d’essayer de comprendre où cela peut nous mener. Et de se demander si à chercher de nécessaires mais encore virtuels  nouveaux publics, qui désertent la télévision en général, nous ne prenons pas le risque de perdre ceux qui nous sont fidèles ! Sans doute allez-vous répondre qu’il faut choisir son risque mais cette question, nombreux sont ceux qui se la posent…

 

Innover, oser, nous dit la ministre ! Et on supprime France 4 de la TNT, avec ses programmes innovants, ses prises de risques et ses réussites ! Au passage, une disparition qui fragiliserait économiquement le secteur de l’animation ! On nous parle ici d’une bascule digitale mais sans en connaître les contours que peut-être vous allez nous préciser. Comme sans doute, vous allez devant nous rassurer les salariés de cette chaine.

France Télévisions qui se veut une vitrine de la diversité, alors que les échanges autour du label se profilent, pourrait aussi faire disparaître France ô de la TNT. Choix de la ministre, dites-vous, dans le Parisien de dimanche dernier ! Dont acte mais quel est votre regard sur ce dossier et sur ce nécessaire équilibre entre le réseau incontournable des 1eres et France ô ? Nous ne sommes pas candides quant à imaginer des transferts de ressources entre ces entités. Nous nous souvenons que la fermeture de l’AITV n’avait engendré aucune redistribution, si ce n’est le redéploiement de postes au Siège et à Malakoff avec quelques départs de l’entreprise à la clé après la disparition de l’Agence.

Troisième point sur lequel nous allons vous écouter attentivement, Madame la présidente ! La synergie entre France Bleu et le réseau régional de France 3, avec l’augmentation des programmes régionaux qui passeraient donc de 2 à 6 heures par jour. Vous disiez le 4 juin dernier qu’enfin la régionalisation était en marche. Simple rappel, en 2002, existait le projet des TNR (Télévisons Numériques Régionales) voulant créer 8 chaînes de plein exercice. Cela s’est arrêté aux portes du financement mais aussi par choix politique !

Voilà donc, Madame la présidente, les questions du jour pour le SNJ. Sans surprise bien sûr, en espérant que vos réponses éclairent ce qui nous apparaît encore un peu sombre…

Mais au-delà de cette réforme des contenus, nous allons assister également à une nouvelle réorganisation du groupe. Finies une fois de plus les directions de chaines alors que vous souhaitiez une plus grande autonomie pour ces dernières au début de votre mandat ! Et comme l’avait remis au goût du jour votre prédécesseur, après la tentative Carolis d’une nouvelle transversalité !

Vous comprendrez donc que ces différents chantiers nous interrogent parce qu’à vouloir changer de paradigme, nous ne voulons pas risquer de nous éloigner de l’essentiel. Être un service public qui cultive, qui informe, avec un souci permanent d’exemplarité. Les salariés œuvrent sans cesse pour atteindre ces objectifs. Pour que la qualité soit au rendez-vous, notre tutelle ne peut pas continuer à théoriser qu’avec moins de personnel, et moins de moyens, nous pourrions faire plus et mieux encore !

Et au même chapitre, lorsque vous déclarez, Madame, nous vous citons :

« Nos ressources vont diminuer et il nous faudra trouver nous-mêmes nos marges de manœuvre à travers des gains d’efficacité », là aussi les salariés méritent des explications !

 

Paris, le 12 juin 2018

 

2018-06-12 Prealable CCE

 

Le virage numérique ne doit pas oublier l’essentiel

– RÉFORME DE L’AUDIOVISUEL PUBLIC –

Après le temps des spéculations sur l’avenir de l’entreprise, voici venu celui de la perplexité.

Car, loin d’éclairer les salariés sur les attentes et décisions de la tutelle, les déclarations prononcées lundi au Ministère de la Culture n’ont fait que renforcer leur méfiance :

– Faire plus avec un budget inconnu mais que l’on annonce déjà contraint ;

– Tripler le volume quotidien des programmes régionaux sans baguette magique ;

– Renouer des liens avec Radio France en régions 30 ans après les avoir rompus ;

– Annoncer la fermeture de France 4 sans se soucier des conséquences en cascade d’une telle mesure ;

– Jouer les Ponce Pilate sur le dossier France Ô ;

–  Différer le débat sur le financement et la gouvernance de l’audiovisuel public.

La cohérence de ces annonces ne saute pas aux yeux.

Une priorité semble toutefois se détacher autour du numérique.

Pour le syndicat national des journalistes, la question des supports n’est pas un problème. Cela fait un siècle que le SNJ accompagne la profession dans son appropriation des médias successifs. Presse écrite, radio, actualités filmées, télévision, internet, peu importe le support. Le fondement du journalisme demeure sa déontologie.

Le sérieux de l’enquête, la présence sur le terrain, la vérification des sources, la résistance à l’urgence et aux pressions, l’esprit critique, c’est cela qui fonde la crédibilité d’un organe de presse avec des moyens bien sûr, pour que ces principes puissent être appliqués.

France Télévisions peut relever les défis éditoriaux que posent les nouveaux supports : avec 3000 journalistes dans ses rédactions, dont 2700 en CDI, France Télévisions est le premier employeur de journalistes de ce pays. Sur le papier, cela semble devoir suffire. A supposer que soient réglés les problèmes de répartition des effectifs, de déséquilibre entre les filières, de mode d’organisation, de choix éditoriaux, mais aussi de mise à l’écart ou encore parfois de démotivation.

Cependant, quel que soit le support choisi, le traitement de l’information  nécessite aux côtés des journalistes, la présence de techniciens experts dans leurs domaines. Le numérique n’échappe pas à cette règle.

Il a fait émerger de nouveaux métiers techniques et artistiques qui ne correspondent pas toujours à la liste de ceux recensés dans notre accord d’entreprise. Une mise à jour est sans doute nécessaire pour cet accord signé en mai 2013 et qui comporte une nomenclature des métiers en grande partie déjà rédigée à l’ouverture des négociations en 2009.

Mais une chose est certaine, ce n’est pas en faisant du journalisme une compétence complémentaire que France Télévisions conservera sa crédibilité éditoriale.

Au bout du compte, capter l’attention des « digital natives » et faire évoluer nos métiers n’implique pas de renoncer aux règles de la déontologie, de mettre en péril la certification que confère le label service public.

Cela ne peut être non plus le prétexte à une politique anxiogène.

Dix ans après le séisme du passage à l’entreprise unique, il est temps d’en finir avec ses répliques.

Paris, le 8 juin 2018

2018-06-08 Prealable comite de groupe

Qui va perdre des millions ?

« Nos ressources vont diminuer et il nous faudra trouver nous-mêmes nos marges de manœuvre à travers des gains d’efficacité ».  Ainsi s’est exprimée Delphine Ernotte-Cunci, hier au ministère de la culture !

Alors on peut changer de paradigme, nous expliquer que le tout numérique ou presque est la seule issue, il faudra quand même attendre les informations budgétaires précises pour commenter tout cela. Cette réforme pour France Télévisions est avant tout un transfert de fonds, un jeu d’écriture comptable !

Avec des ressources sans doute en forte baisse (Mme Nyssen évoque ce matin « près de 300 millions d’euros » !), renforcer les investissements des uns signifie d’ores et déjà limiter ceux des autres. Alors qui va perdre des millions ? On ne le sait pas ! Disparition de France 4 de la TNT, faux semblant autour de l’avenir de France Ô, la belle affaire !

La présidente, au-delà des particularités de ces deux antennes s’est-elle posée la question du devenir de ces salariés sur ces deux chaînes, de la diffusion des 350 heures de sport annuelles sur ces deux canaux en linéaire ? A-t-on vraiment pesé le pour ou le contre quant au caractère innovant de France 4, chaîne qui serait sacrifiée sur l’autel de la libération du canal 14 ?

Oui le plan numérique peut avoir sa cohérence… mais il fait peser sur nous de nouveaux sacrifices que nos dirigeants se gardent bien de chiffrer précisément !

Nous ne sommes pas pour les polycompétences à marche forcée, nous ne sommes pas pour que sous prétexte de conquérir d’éventuels nouveaux publics, nous puissions tourner le dos à ceux qui nous suivent aujourd’hui et qui font du groupe malgré tous les dénigrements un acteur majeur du secteur !

La présidente dit vouloir renforcer France Info, et sa rédaction en a bien besoin, mais pas au détriment des équipes de France 2 / France 3 et des magazines qui subissent déjà d’inquiétantes restrictions budgétaires, et alors que nos rédactions régionales et ultra-marines ont déjà payé un fort tribut.

Voilà ce que nous voulions vous dire pour les réformes qui concernent les secteurs du Siège. Cette réforme en trompe l’œil ne semble être qu’un plan d’économies qui ne dit pas encore son nom.

Malgré la pertinence de certains constats, ce sont bien ces économies à venir qui entachent toute réflexion sur notre avenir. L’important est ce qui est dit, l’essentiel est ce qu’on nous cache !

Paris, le 5 juin 2018

2018-06-05 Préalable CE Siège – qui va perdre des millions