CDD à la rédaction nationale : premier recul de la direction

Le SNJ est impatient. À peine après avoir appris que la direction allait sacrifier 5 de nos CDD historiques à la fin du mois de juin et début juillet, nous avons réagi dans un tract intitulé Régime Sec. Aujourd’hui nous avons été reçus par le directeur de l’information qui annonce le maintien des 5 CDD (sur 16 CDD longue durée à la rédaction nationale) jusqu’à la fin de l’année et promet 2 embauches en CDI. C’est en partie ce que nos réclamions mais nous  restons vigilants ! La pression d’une organisation comme la nôtre n’est pas à négliger, malgré un discours anti-syndical primaire, comme toujours ! Si les promesses ne sont pas tenues, nous renouvelons notre soutien aux CDD concernés pour toute procédure possible et imaginable.
Par ailleurs concernant les rediffusions de sujets envisagées durant l’été, la direction affirme revoir sa copie et travaille à la réduction de la durée des éditions.

Paris, le 24 juin 2022

Battue aux élections, retour à la case rédaction ?

Le SNJ interpelle la direction sur le retour de l’ex-députée Sandrine Mörch au sein de France Télévisions.

Voici la question que nous posons pour la réunion de la commission déontologie qui se réunira le 1er juillet.

Que prévoit la direction de France télévisions pour une éventuelle réintégration de Sandrine Mörch, ex-députée LREM battue au second tour des élections législatives, dans les effectifs de France TV ? Est-il envisageable pour la direction qu’elle soit affectée à un poste où elle serait susceptible de traiter des sujets politiques ou en lien avec des interlocuteurs politiques ?

Par ailleurs, ses déclarations au micro de France Bleu Occitanie, le soir du second tour, même si elles ont été prononcées dans l’amertume d’une défaite, nous ont fortement surpris : après avoir porté des jugements extrêmement violents sur le personnel politique, en parlant de « guerre de partis avec un Mélenchon fou à lier », elle ajoute en fin d’interview : « les citoyens ont beaucoup d’avance sur vous les journalistes, ce que je vais redevenir d’ailleurs moi aussi, et sur les politiques. On est has been, complètement has been. (…) J’espère me venger dans une nouvelle carrière de journalistes (rires…)».

Ses propos nous interrogent sur la façon dont elle envisage de pratiquer son métier au sein des rédactions de France TV.
Et nous souhaitons savoir, dans ces conditions, comment la direction de l’information prévoit la poursuite de ses collaborations journalistiques dans notre entreprise.

Toulouse, le 23 juin 2022

Régime sec

REDACTION NATIONALE

La direction annonce les mauvaises nouvelles à bas bruit ! Entre la fin juin et début juillet, 5 CDD sur 16 seront dirigés vers la sortie. Des détachements dans certains services s’arrêtent, des départs ne sont pas remplacés, et des transferts de postes sont effectués entre services.
Une saignée à la rédaction nationale sans que le mot “embauche” ne soit jamais prononcé !

De qui se moque-t-on ? Il y a quelques jours, la direction s’exprimait sur ce sujet en disant qu’aujourd’hui, on ne peut pas faire avec moins de personnel… Un double discours inacceptable !

Le SNJ l’avait hélas prédit en mars dernier dans son tract sur l’emploi ! Le régime sec se précise, la diète s’installe au moment où le pouvoir politique s’attaque à nos ressources, avec la suppression de la redevance. La Rupture Conventionnelle Collective, qui fait peser une charge de travail toujours plus importante sur les épaules de ceux qui restent, n’était donc qu’un avant-goût d’une politique de destruction massive du service public.

Le SNJ propose d’ores et déjà aux CDD remerciés sans ménagement, dans la violence sociale la plus totale, de se rapprocher de leurs représentants SNJ pour envisager des procédures aux prud’hommes, afin d’obtenir des requalifications. A moins que la direction ne revienne à la raison et à des pratiques conformes au droit du travail.

Nous ne laisserons pas nos consœurs et confrères sur le bas-côté. Sans les pigistes et les CDD, nos éditions ne seraient pas ce qu’elles sont. Qu’on se le dise…

Paris, le 23 juin 2022

Tristes coulisses d’un voyage officiel en Ukraine…

Non, vous n’avez pas rêvé. Le déplacement du président de la république en Ukraine a bien été le théâtre d’une humiliation médiatique.

Pas d’interview d’Emmanuel Macron à l’aller dans le train, ni au retour. Pas de journaliste de la rédaction nationale avec le locataire de l’Elysée. Aucun de ceux qui suivent habituellement le président n’était du déplacement. Le Château avait choisi. TF1, BFMTV et… « C à Vous ». Certes une émission de France 5, mais une production en externe et qu’on ne peut pas qualifier d’émission d’information. L’Elysée avait donc choisi sciemment en refusant un représentant de la rédaction nationale de France Télévisions.

Un affront, une insulte doublée d’une désorganisation au plus haut niveau. Ce scoop donné à un journaliste de « C à vous  » était arrivé jusqu’aux oreilles de la direction de l’information, la veille du déplacement en Ukraine. A ce moment-là, l’Elysée ne confirmait toujours pas auprès de nos équipes la réalité de ce déplacement. Et donc le jour venu, rien sur nos antennes, pas de duplex au plus près du président de la République, pas d’interview d’Emmanuel Macron en privatif. Rien de tout cela, pendant que les chaînes privées qui étaient du voyage faisaient leur travail. Le journaliste de « C à vous » était, dit- on, équipé d’un moyen de transmission, mais nous n’avons pas vu la couleur d’une image ni le son d’un plateau, même enregistré  ! Il n’y aura sur nos antennes qu’un extrait de son interview avec le président, le lendemain, avant la diffusion de l’ensemble sur France 5. 36 heures après !

Quel fiasco ! Quel échec pour la direction de l’information et toute notre hiérarchie qui se sont ainsi retrouvées le bec dans l’eau. Seule consolation, une envoyée spéciale présente à Kiev a donné l’illusion que nous étions sur le coup. Il suffisait de zapper sur les autres chaînes, où les directs et interviews exclusives se succédaient, pour se convaincre du contraire.

Alors, beaucoup de questions se posent. Pourquoi Emmanuel Macron a-t-il préféré « C à vous », l’une des émissions produites par Médiawan pour France 5 ? La proximité avec le pouvoir en place du patron de cette société est-elle entrée en ligne de compte pour que ce choix soit fait au détriment de notre rédaction ? Qu’en pensent notre présidente et notre numéro 2 directeur des antennes et des programmes ? Ont-ils validé sans broncher cette nouvelle attaque en règle contre la rédaction nationale venant directement de l’Elysée ? Ce pouvoir qui s’apprête à affaiblir considérablement l’audiovisuel public en supprimant la redevance semble nous avoir déjà rayé de la carte. Avec la complicité d’une direction plus que défaillante dans cette affaire !

Paris, le 20 juin 2022

18 points à l’ordre du jour à ce CSE de juin… Qui dit mieux ?

LIMINAIRE SNJ AU CSE RESEAU DES 15 ET 16 JUIN 2022

Le nouveau mandat à peine débuté et déjà le calendrier social déborde de toutes parts et les élus sont déjà écrasés sous le poids des dossiers, réunions, commissions et négociations qui s’empilent.

En supprimant l’instance de juillet, on rentre tout au chausse-pied et pourtant rien ne permet d’affirmer que deux jours suffiront pour aborder toutes ces questions.

Tout cela n’est pas très respectueux pour le mandat des élus qui ont par ailleurs un métier à assumer.

Notre liminaire se bornera donc à appeler l’attention sur certains points cruciaux…

La menace de suppression de la contribution à l’audiovisuel public (CAP, ex-redevance) est un vrai sujet d’inquiétude et nous avons besoin que la direction soit à nos côtés pour défendre l’indépendance du réseau dans l’audiovisuel public.

Si on fait un focus sur la régionalisation ou ce qu’il en reste : hyper proximité, terme choisi par la direction pour cacher un mot désormais poussiéreux, le constat est tout autant alarmant et notre désillusion sur ce sujet est immense.

Lors du dernier CSE Central, Stéphane Sitbon-Gomez, qui supervise le projet, a clairement évoqué un rapprochement avec les 44 stations locales de Radio France. Il a parlé aussi de redéploiement des postes gelés ou cachés par des directions régionales soucieuses de les garder jalousement au fond d’un tiroir de peur de se les faire dérober.

Quand aurons-nous un tableau lisible de tous les ETP avec la correspondance par métier pour chaque région au regard des départs en RCC ?

Il est question aussi de revoir le dispositif de maillage territorial pour – citons le n°2 de France TV – « remplir les angles morts », ces territoires ruraux qui seraient délaissés par les BRI au profit des grandes métropoles.

M. Martinetti, nous avons besoin de réponses claires et concises sur ces propos qui ne lassent pas de nous interroger.

La santé des salariés, vous le savez, est au cœur de nos préoccupations mais aussi des vôtres, votre obligation de sécurité à notre égard n’est pas une option.
Pourtant, le rapport Secafi sur la fabrique de Bordeaux est accablant par la somme de constats désolants qu’il dresse dans la gestion désastreuse de salariés qui vivent un sentiment d’abandon.

Toutes les cases y sont cochées pour le concours du plus grand nombre de RPS dans un même collectif de travail.

Nous avons le sentiment d’être dans un trou d’air, un entre-deux reformes prévues de longue date pour nous essorer encore. La mise en place prend un peu plus de temps que prévu et dans plusieurs métiers les postes sont gelés dans tout le réseau.

Les métiers de scriptes, par exemple, que vous avez prévus de faire évoluer avec l’arrivée de l’assistant de production. Cela entraîne une pénurie de scriptes qui dure, faute de vivier et de formations sur site. Les RP de France 3 Limousin viennent justement de déposer une alerte pour danger grave et imminent suite à cette pénurie de scriptes qui était pourtant prévisible. D’autres antennes ont dû se résoudre à des JT communs avec leurs voisins faute de scripte, comme ce fut le cas en Côte d’Azur. Et cela sans aucun regret de la part de la direction.

On retrouve ce même décalage à la fois dans le suivi du projet de proximité, quasiment à l’arrêt, et aussi dans le bilan du plan de formation. Les grandes lignes stratégiques développées par la direction viennent totalement contredire une réalité dans les antennes qui se comptent en « moins » tous les jours et en engagements non tenus.

Vous juriez la main sur le cœur, il y a encore quelques mois, que les installations de France Bleu dans les locaux de France 3 n’étaient qu’un hasard, une opportunité de bâtiment, pourtant toutes les pistes explorées par notre tutelle ne parlent même plus de rapprochement, mais plutôt de fusion, on comprend aisément que la manœuvre a commencé depuis longtemps.

Nous aimerions vous entendre dire que nous savons où nous allons, que la route est tracée, que les financements sont présents, pérennes et garantissent notre indépendance garante de notre démocratie. Mais même avec votre vocabulaire très inventif en novlangue ce n’est pas possible.

Nous sommes fragilisés comme jamais et dans une incertitude totale. Ce liminaire est donc forcément un peu amer, et nous nous souhaitons du courage pour sauver notre bien commun.

Paris, le 15 juin 2022

Ras-le-bol !

PREALABLE SNJ AU CSE SIEGE DES 15 ET 16 JUIN 2022

Nous n’avons jamais réellement cru à l’illusion d’un management bienveillant. Ni au contenant, ni au contenu.

Un certain nombre d’événements récents nous donnent malheureusement raison…

Un journaliste écarté de l’antenne de France info pendant la quinzaine de Roland Garros, remplacé par une consœur venant de l’extérieur, sans avoir été prévenu en amont. Ce choix est d’autant plus incompréhensible qu’il intervient à un moment où l’on nous parle de forte contrainte budgétaire. Depuis, la direction de France Info a présenté ses excuses au salarié concerné au cours d’un entretien réclamé par le SNJ.

Des journalistes expérimentés à qui l’on impose des formations de quasi-débutants sous prétexte de lutter contre les castings des éditions. Cette initiative particulièrement humiliante est un aveu, de la part du directeur de l’information et du directeur de la rédaction nationale qui reconnaissent en filigrane l’existence d’un management pyramidal, et d’une mise à l’écart de certains journalistes. Ce fléau à l’origine de tant de souffrances, voilà donc comment ils souhaitent le traiter, en étant forts avec les faibles, et faibles avec les forts ! Le SNJ aurait préféré que l’on s’en prenne aux méthodes autoritaires de certaines éditions, et notamment du 20h de France2. Mais pour cela, il faudra repasser !

Autre exemple, une formation qui n’en est pas une autour de l’illustration sonore. Une véritable usine à gaz résumée en quelques pages et qui ne définit en rien le « qui doit faire quoi ». Le SNJ le dit clairement, ce mode de fonctionnement est inadapté à la pratique au quotidien des journalistes et des monteurs. Mais il est vrai que ceux qui décident de notre avenir ne passent pas beaucoup de temps à s’inquiéter de nos conditions de travail, trop occupés qu’ils sont à nous imposer leurs visions éditoriales.

Enfin, le deux poids deux mesures au registre des sanctions disciplinaires. Il existerait donc pour certains salariés, une deuxième chance. Un cadre, un ex-cadre même, puisque il a été sanctionné, vient d’être discrètement détaché quelques semaines pour… encadrer dans une autre rédaction que celle du Siège ! Oubliées les victimes qui lui reprochaient son autoritarisme, ses propos plus que déplacés et son penchant pour la stigmatisation à tour de bras. La tolérance zéro vient donc de s’autodétruire avec la complicité du directeur de la rédaction nationale qui assume cette décision. Les élus SNJ demandent maintenant à la présidente de redéfinir sa ligne en matière de procédure disciplinaire. Un dispositif qui ne serait sans pitié que pour les petits ? Doit-on considérer que toutes les victimes ne se valent pas ?

Le SNJ est engagé dans la lutte contre un certain nombre de comportements qui hélas n’ont toujours pas disparu et reviennent même en force. Management brutal parce que pyramidal, pressions sur les salariés précaires et titulaires, humiliations professionnelles… Oui tout cela est toujours d’actualité ! Nous demandons aux salariés de ne plus l’accepte. Signalements à la médecine du travail, auprès de vos élus, et à la RH, tout doit être fait pour que ces abus d’autorité soient connus puis sanctionnés.

Quand on nous parle de respect mutuel, il faudrait déjà que l’exemplarité soit au programme de la part de ceux qui nous dirigent. Pour toutes ces raisons, nous ne sommes pas dupes devant ce concept de management bienveillant. Il ne suffit pas de changer les mots, pour mettre les MAUX sous le tapis.

Paris, le 15 juin 2022