Le transfert autoritaire des salariés à France TV Studio est abandonné

Ce matin, lors du Comité Social et économique du Siège, le secrétaire – au nom des élus – a fait la déclaration suivante :

Suite à une alerte pour danger grave et imminent, hier en CSE Central extraordinaire, la Présidente de France Télévisions a donné en partie raison aux élus des instances qui demandaient soit un retrait du projet de transfert des émissions produites en interne , soit un transfert des salariés de FTV SA vers FTV Studio sur la seule base du volontariat.

Cette deuxième option à été retenue. Le recours à l’article L-1224-1 du Code du travail qui permettait de transférer de force les salariés dans la filiale est abandonné, enfin ! Rien ne pourra se faire sans leur consentement.

Il aura malheureusement fallu un drame (la tentative de suicide d’une salariée) pour que les salariés concernés soient entendus et leurs représentants avec ! C’est bien une pitoyable conduite de projet qui a été stoppée hier ! C’est bien un mauvais projet également qui s’arrête ! 

Il va falloir désormais réparer les dégâts causés à ces salariés bien inutilement plongés dans le stress pendant plus de 6 mois. Il va falloir aussi préciser les conditions du volontariat et se pencher sérieusement sur le management pathogène qui a causé le drame.

Que cela serve de leçon à celles et ceux qui s’accrochent à des projets qui abîment les collectifs de travail et les personnes qui les composent.

Et que cela nous donne aussi confiance dans les combats à mener ! Sans cela, ils seraient tous perdus d’avance ! 

Bien sur le SNJ s’associe largement à cette déclaration. En séance, vos élus ont demandé que la direction prenne ses responsabilités au regard de ce cruel échec dans la conduite de ce projet. Et que celles et ceux qui ont défendu le transfert forcé pendant des mois tirent toutes les leçons de ce fiasco managérial et politique.

Paris, le 19 octobre 2021

Une journaliste bousculée en plein tournage

MAUVAISE SCENE AU FESTIVAL LUMIERE DE LYON

Jeudi 14 Octobre, une journaliste reporteure d’images de la rédaction de Lyon, qui couvrait le Festival cinématographique Lumière, a été agressée sur la voie publique.

Des anti-presse ? Point du tout ! Il ne s’agissait rien de moins que le directeur du Festival, par ailleurs délégué général du Festival de Cannes.

La scène a lieu dans la rue, rue du Premier Film, alors que les journalistes attendaient l’arrivée du Prix Lumière 2021 : Jane Campion.

Le directeur, soi-disant « gêné » par la petite lampe d’appoint, s’est précipité vers notre consœur, et a donné un grand coup sur la caméra, qui était en train de tourner.

Une réaction hors de contrôle, bien éloignée de la maitrise de soi et de l’élégance qu’on peut attendre d’un professionnel du monde du cinéma, habitué à fréquenter les grands du 7e Art. Qui plus est dirigée contre une femme. Notre collègue, choquée, a eu beaucoup de mal à continuer son travail.

La scène a été filmée et diffusée dans le JT du lendemain pour dénoncer ce geste violent dont à aucun moment l’auteur ne s’est excusé.

Très vite, le rédacteur en chef de Lyon et la directrice régionale ont tenté de joindre l’intéressé pour protester contre cette attitude. Recevant en retour une réponse déniant toute responsabilité et même accusatoire.

Mais au-delà, quel silence assourdissant de la part de la direction du réseau et de celle de l’entreprise !

Quel manque de considération pour cette consœur, unanimement reconnue pour son professionnalisme toujours exercé dans une grande discrétion et qui ne faisait que son travail !

Est-ce à cause du carnet d’adresses bien rempli du directeur du festival dans lequel figureraient les noms des plus hauts responsables de France Télévisions ?

Loin de vouloir s’excuser de son comportement, l’auteur de ce geste violent menace désormais d’attaquer en diffamation ceux qui osent le dénoncer !

Les journalistes et les techniciens de l’antenne lyonnaise soutiennent leur collègue et sont indignés du traitement de cette affaire par l’entreprise.

Leurs délégués syndicaux et les représentants de proximité demandent à la direction de France Télévisions d’intervenir fermement publiquement, comme ils ont l’habitude de le faire pour d’autres agressions d’équipes de reportages.

Etre gêné par une petite lumière au festival du même nom pourrait prêter à rire : une sorte d’ « Arroseur Arrosé » (film de Louis Lumière de 1895 !).

Mais quand on se présente comme l’héritier des inventeurs du cinéma, de tels comportements sont inexcusables.

Lyon, le 19 octobre 2021

Sans nous, pas de journaux !

Préalable SNJ du CSE siège des 19 et 20 octobre

Dans notre précédente communication syndicale, « A la croisée des chemins », nous réclamions une cohérence dans les offres entre les émissions de programme et d’information, mais aussi entre chaines du groupe dans le cadre du traitement de l’élection présidentielle. Confusion entre journalistes qui participent à la fois à des émissions politiques et de divertissement, confusion entre programmation d’invités politiques qui acceptent certaines invitations et pas d’autres, et encore confusion entre programmes de certaines chaines et d’autres de notre groupe. Voilà de quoi rendre la campagne présidentielle illisible en interne comme en externe.

Il ne s’agit pas, bien sûr, de fixer une ligne politique mais bien une ligne éditoriale à tout cela ! Après nous avoir dit que nous exagérions, et que nous n’étions pas très « corporate », il a été annoncé par la direction, lors du dernier Comité Social et économique Central, que cette mission de régulation, pourrait-on dire, serait confiée à Yannick Letranchant. Comme quoi la question qui n’existait pas, lorsqu’elle était portée par notre organisation, trouve quand même une réponse lorsque la direction finit par s’en saisir…

Et nous précisons une fois de plus, que tout cela va bien au-delà de l’arbre qui cache la forêt, ce polémiste qui veut supprimer la redevance mais accepte d’être invité par le service public !

Mais attention, une ligne a été fixée par la direction ! Il viendra quand il sera candidat ! Nous verrons en novembre puisqu’il est annoncé comme principale tête d’affiche de l’émission « Elysée 2022 ».

Autre point évoqué, que nous abordions dans ce précédent texte, les dérives déontologiques dans certaines rubriques « Consommation » du 13 heures en particulier. Cela ne concerne pas nos consœurs et nos confrères bien sûr, mais la ligne éditoriale de cette édition. Trop de place est faite au patrimonial, au touristique, à un certain traitement de la consommation. Le tout parfois très proche d’une certaine forme de promotion ! Confondant volontairement notre critique éditoriale et une attaque en règle de ladite édition, la direction réfute nos arguments, balayant nos remarques, considérant que la ligne éditoriale, c’est un choix de direction et rien d’autre.

Nous tenons à dire ici solennellement qu’à force de ne pas tenir compte de nos revendications éditoriales, il faudra un jour que nous fassions la démonstration que sans journaliste, ces éditions n’existent pas ! Et dans la continuité, cela passera bien évidemment par un rééquilibrage dans les choix journalistiques entre les éditions et les services, et dans les services entre les encadrants et les journalistes de terrain. Nous le rappelons, nous sommes indépendants et pas des prestataires de l’information !

Paris, le 19 octobre 2021

France 3 Auvergne : Préavis de grève SNJ CGT FO

JT communs Auvergne-Rhône-Alpes

L’antenne de France 3 Auvergne s’oppose à la décision de faire des JT communs avec les antennes de Lyon et Grenoble les 3 week-ends des vacances de la Toussaint, le premier étant programmé les 23 et 24 octobre et piloté par Clermont-Ferrand.

Cette mutualisation est tout, sauf un vrai choix éditorial. Elle ne relève que d’une logique comptable pour assurer les nouvelles tranches d’informations, produites à moyens constants. Le 18h30, lancé en janvier, nous avait été vendu par Isabelle Staës, directrice régionale, avec cette promesse : nous ne toucherons pas aux moyens des journaux régionaux !

Promesse non tenue : à la rentrée, six week-ends communs sont programmés pendant les vacances de la Toussaint et de Noël. Lyon et Grenoble pratiquaient déjà cette alternance forcée depuis des années. Pourquoi y rajouter l’Auvergne, une région avec une identité très forte, très éloignée des préoccupations des Rhône-Alpins ? C’est une aberration !

Quel est le sens de cette mutualisation imposée sans discussion alors que l’on nous répète au quotidien l’importance de notre mission d’information de proximité ? Notre présidente Delphine Ernotte a défendu elle-même haut et fort le projet de régionalisation qui doit permettre un meilleur maillage territorial. Ces week-ends communs ne feraient que nous éloigner de nos téléspectateurs fidèles et attachés à l’antenne clermontoise.

Ici, le retour des téléspectateurs a été catastrophique pendant le confinement avec son lot de JT en mode dégradé. L’Auvergne a toujours su gérer son antenne et son indépendance. Les audiences en témoignent, avec 27% d’audience chaque soir à 19h.

Autre conséquence de cette mutualisation : l’impact financier sur la rémunération des techniciens. Ces week-ends « chômés » seront un manque à gagner important pour le personnel. Beaucoup s’inquiètent également de l’avenir de leur métier alors que l’on remet en cause leur expertise en faisant des économies sur leur dos.

Pour toutes ces raisons, les salariés de France 3 Auvergne réclament la suppression des week-ends communs avec Lyon et Grenoble. 

Les organisations syndicales appellent donc les salariés de France 3 Auvergne à la grève du samedi 23 octobre 00h00 au dimanche 24 octobre minuit.

Clermont-Ferrand, le 15 octobre 2021

À la croisée des chemins

À notre demande, le SNJ a rencontré la direction de l’information pour un rendez-vous de début de saison. Un échange qui a eu lieu vendredi dernier, en présence de Laurent Guimier donc, du directeur de la rédaction nationale Michel Dumoret et de l’un des directeurs adjoints Sébastien Vibert.

Au programme, énormément de points. A commencer par la campagne présidentielle. Nous réclamons une cohérence dans les offres entre les émissions de programme et d’information, mais aussi entre les chaines du groupe. La confusion entre journalistes, qui participent à la fois à des émissions politiques et de divertissement, confusion entre programmation d’invités politiques, qui acceptent certaines invitations et pas d’autres, et encore confusion entre programmes de certaines chaines et d’autres de notre groupe. Voilà de quoi rendre la campagne présidentielle illisible en interne comme en externe.

Il ne s’agit pas, bien sûr, de fixer une ligne politique, mais bien une ligne éditoriale à tout cela ! Le moins qu’on puisse dire c’est que la direction, tout en comprenant la demande sans forcément la valider, semble être bien impuissante à pouvoir réguler ce que nous considérons comme très chaotique. Tout cela bien au-delà de l’arbre qui cache la forêt, ce polémiste qui veut supprimer la redevance, mais accepte d’être invité par le service public ! Mais attention, une ligne a été fixée par la direction : il viendra quand il sera candidat ! Nous verrons en novembre, puisqu’il est annoncé pour l’émission « Elysée 2022 ».

Autre point évoqué, les dérives déontologiques dans certaines rubriques « Consommation » du 13 Heures en particulier. Cela ne concerne pas nos consœurs et nos confrères bien sûr, mais la ligne éditoriale de cette édition. Trop de place est faite au patrimonial, au touristique, à un certain traitement de la consommation. Le tout parfois très proche d’une certaine forme de promotion ! Confondant volontairement notre critique éditoriale et une attaque en règle de ladite édition, la direction réfute nos arguments, balayant nos remarques, considérant que la ligne éditoriale, c’est un choix de direction et rien d’autre. Mais en revanche, faire des journaux sans nous, cela va être plus compliqué, avons-nous répondu.

Fort logiquement nous avons réitéré notre impatience quant au rééquilibrage entre éditions et services. Nous avons rappelé que nous n’étions pas des prestataires, et bien que salariés de France Télévisions, nous restons des journalistes indépendants, comme cela est défini dans notre charte d’éthique professionnelle. Là-dessus, on nous demande du temps, ce que nous pouvons comprendre, mais pendant les travaux, les mauvaises pratiques continuent
Nous avons enfin eu le temps d’évoquer la nécessaire surveillance de certaines dérives de management. Nous sommes bien entendu défenseurs du respect mutuel, mais pour autant le « deux poids deux mesures » dans la prise en compte des signalements reste défavorable aux salariés de base. La prérogative des sanctions est celle de l’employeur, notre rôle est d’alerter et pas d’instruire, et c’est à ce titre que nous avons fait passer le message.

Nous profitons de ce compte-rendu pour ajouter notre inquiétude en termes d’emploi et de moyens. La rédaction nationale est entrée depuis plusieurs mois dans une période de diète coupable que nous ressentons tous dans nos services respectifs. Nous interpellerons notre direction lors d’une prochaine rencontre. Il n’est plus possible d’assurer notre mission dans ces conditions, qui, de plus, a pour conséquence un non-respect des amplitudes horaires.

Paris, le 13 octobre 2021

Grève à France 3 Alpes le 12 octobre : un moment historique !

Ce mardi 12 octobre, la mobilisation est massive et sans appel, aussi bien chez les techniciens que chez les journalistes : 70 % de grévistes !

Techniciens vidéo, scriptes, OPS, monteurs : 100 % de grévistes !

La directrice régionale AURA, Isabelle Staes, vient d’annoncer son départ.

Les salariés des Alpes interpellent donc Mr Martinetti, Directeur du réseau France 3, et lui demandent de s’asseoir à la table des négociations.

Paris, le 12 octobre 2021

Transfert de salariés : Danger Grave et Imminent

Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Voilà comment nous qualifions la situation de blocage dans laquelle la direction s’est installée dans le dossier des transferts de salariés de France Télévisions SA vers France Télévisions studio.

Mercredi 6 octobre, à la demande de la CSSCT (Commission santé, sécurité et conditions de travail) sous la houlette du secrétaire du Comité social et économique, nous étions réunis en CSE extraordinaire pour une alerte DGI (danger grave et imminent).

Une alerte pour interpeller en urgence la direction sur les risques psychologiques qui pèsent sur les femmes et les hommes concernés par ce transfert (plus de 80 salariés). La direction dit ne pas nier les témoignages que les élus ont produit en séance, mais pour autant propose un plan d’accompagnement inadapté !

Le souci n’est pas un manque de soutien psychologique, c’est bien le projet lui-même qui est nocif. Des témoignages validés par la médecine du travail en séance, ce qui est imparable pour la direction si elle était tentée de nier les propos des élus.

Le SNJ réitère donc sa demande claire et cohérente depuis le début. Ce projet doit être arrêté immédiatement ! De plus, les garanties données aux salariés et que la direction a communiquées par courrier individuel sont des garanties en trompe l’œil, car rien n’est dit quant à leur avenir si les émissions sont supprimées. Rien n’est dit non plus sur le régime appliqué en cas de licenciement !

Les élus du CSE siège, soutenus par le SNJ, la CGT, l’UNSA et la CFDT ont voté une résolution qui donne mandat au secrétaire du CSE pour qu’une enquête soit réalisée auprès des personnels en souffrance avec l’appui de psychologues indépendants. Le syndicat Force Ouvrière s’est abstenu, choisissant la voie de la négociation avec la direction, validant en quelque sorte le transfert.

La direction doit préserver la santé de ses salariés et mener toutes les actions nécessaires pour les protéger. Ce n’est pas le cas ici en maintenant ce projet, elle met clairement en danger des personnes qui se disent trahies, qui ont perdu toute confiance après avoir tant donné à l’entreprise ! Des détresses que vos élus SNJ ne laisseront pas dériver encore plus longtemps.

Paris, le 8 octobre 2021

Guyane et Covid 19 : menaces et entraves contre des journalistes et des médias

Alors que la Guyane est durement touchée par la 4ème vague de l’épidémie de Covid, des journalistes locaux et personnel de média sont pris à partis par des militants « anti-vaccins » et/ou « anti-obligation vaccinale », ce qui créé un climat peu propice à la liberté d’informer, alertent les sections du Syndicat National des Journalistes (SNJ) de Guyane la 1ère et de france-guyane.fr. Peu après le 20 septembre, dans un audio largement partagé sur whatsApp, un homme qualifie de « propagande » les chiffres de décès de la covid, et cite nommément une journaliste de Guyane la 1ère, comme étant « la pire en ce moment des journalistes », ajoutant : « il faut qu’on la rappelle à l’ordre (…) on va s’occuper de son cas ». 

Le 17 septembre, dans le Journal télévisé de Guyane la 1ère, cette journaliste avait fait un « fact checking » sur le caractère non expérimental du vaccin Pfizer, contrairement à ce qui est martelé sur des réseaux sociaux.  

Le 20 septembre, la même journaliste a fait un reportage sur des faits de la veille : des militants d’une association d’usagers de la santé et d’autres engagés contre l’obligation vaccinale ont fait irruption devant un stand de vaccination de la Croix Rouge Française dans une zone d’habitat précaire à Cayenne, invectivant notamment avec un mégaphone l’équipe médicale et les gens venus se faire vacciner, qui ont quitté les lieux. Le reportage montre des vidéos tournées par les militants et la réaction de la Croix Rouge.  

Le 26 septembre, la direction régionale du média public transmet le message WhatsApp au procureur de la république pour un « suivi judiciaire ». 

Dans un communiqué du 22 septembre, le collectif « caravane pour la liberté » engagé contre l’obligation vaccinale, dément tout fait violent et lien avec l’incident de la Croix Rouge, menace de « diffamation » Guyane la 1ère et France-Guyane, taxés de « désinformation » et de connivence avec l’Etat et l’ARS.  

Le 13 septembre, Guyane la 1ère couvre le blocage par les militants anti- obligation vaccinale d’un pont sur la RN1, axe majeur de circulation. « Si je vois ma voiture dans ton reportage, ça va mal aller », menace un manifestant.  

Le 3 septembre, des militants de l’association « Trop Violans », membre de ce collectif, bloquent l’entrée de la radio « Radio Peyi » pour empêcher le préfet, invité, de s’exprimer sur ce média. Il pourra entrer après l’intervention de la police. Le directeur de « Radio Peyi » est qualifié de « traitre » par un auditeur et dénigré sur sa vie privée sur whatsApp et une radio associative le lendemain.    

Le Syndicat National des Journalistes (SNJ) dénonce ces pressions et adresse son soutien aux journalistes et personnel de média menacés ou entravés dans l’exercice de leur métier. La presse peut être critiquée, mais cela ne doit pas aller jusqu’aux menaces, pressions ou blocages, qui nuisent à la recherche d’une information sourcée et vérifiée, garante de la démocratie.  

Guyane, le 4 octobre 2021