Rédaction Nationale : les journalistes votent la défiance

Nous prenons acte du résultat du vote des SDJ (Sociétés des journalistes). La défiance envers Laurent Guimier s’est très nettement exprimée ! Delphine Ernotte a néanmoins décidé de maintenir le directeur de l’information à son poste. Mais pour le SNJ (Syndicat national des journalistes), la présidente ne pourra pas se contenter de cette seule réponse. Pour être tout à fait clairs, nous attendons autre chose ! Un changement global des lignes éditoriales ainsi que des pratiques managériales ; un abandon de la prédominance des éditions sur les services, la fin de la précarité organisée, le comblement des postes laissés vacants par la RCC (Rupture conventionnelle collective) et le respect des métiers afin de préserver la qualité de l’information de l’audiovisuel public ! Le SNJ demandait déjà tout cela à Laurent Guimier avant ce vote de défiance. Le SNJ reste donc vigilant mais avec une impatience accrue.

Paris, le 1er juillet 2022

Service des missions : l’été de tous les dangers !

Après avoir pris la décision brutale de fermer le service des missions, la direction a trouvé la solution ! Faire porter la charge supplémentaire sur les assistant(e) s des services de la rédaction nationale de France Télévisions et sur la coordination ! Les réservations de trains, d’avions et de véhicules de location, seront dès lundi prochain dans les nouvelles attributions de ces salarié(e)s, déjà surbmergé(e)s de travail. Voilà donc la nouvelle politique de la maison qui transfère les tâches de service en service pour régler le problème de l’emploi ! Il est hors de question que les assistant(e)s des services se retrouvent désormais à gérer les départs en missions.

Car cela prendrait beaucoup trop de temps entre les recherches, la validation de l’éditorial et du financier ! Les personnels sont en souffrance et, face à cette situation, les journalistes ont de quoi s’inquiéter pour leurs départs en reportage cet été. Pour Laurent Guimier, directeur de l’information, « ce n’est pas le signal d’une volonté d’externalisation rapide et généralisée, on a un problème de recrutement ».

Externaliser ou surcharger ! Dans les deux cas, pour le SNJ c’est non !

Paris, le 30 juin 2022

CDD à la rédaction nationale : premier recul de la direction

Le SNJ est impatient. À peine après avoir appris que la direction allait sacrifier 5 de nos CDD historiques à la fin du mois de juin et début juillet, nous avons réagi dans un tract intitulé Régime Sec. Aujourd’hui nous avons été reçus par le directeur de l’information qui annonce le maintien des 5 CDD (sur 16 CDD longue durée à la rédaction nationale) jusqu’à la fin de l’année et promet 2 embauches en CDI. C’est en partie ce que nos réclamions mais nous  restons vigilants ! La pression d’une organisation comme la nôtre n’est pas à négliger, malgré un discours anti-syndical primaire, comme toujours ! Si les promesses ne sont pas tenues, nous renouvelons notre soutien aux CDD concernés pour toute procédure possible et imaginable.
Par ailleurs concernant les rediffusions de sujets envisagées durant l’été, la direction affirme revoir sa copie et travaille à la réduction de la durée des éditions.

Paris, le 24 juin 2022

Battue aux élections, retour à la case rédaction ?

Le SNJ interpelle la direction sur le retour de l’ex-députée Sandrine Mörch au sein de France Télévisions.

Voici la question que nous posons pour la réunion de la commission déontologie qui se réunira le 1er juillet.

Que prévoit la direction de France télévisions pour une éventuelle réintégration de Sandrine Mörch, ex-députée LREM battue au second tour des élections législatives, dans les effectifs de France TV ? Est-il envisageable pour la direction qu’elle soit affectée à un poste où elle serait susceptible de traiter des sujets politiques ou en lien avec des interlocuteurs politiques ?

Par ailleurs, ses déclarations au micro de France Bleu Occitanie, le soir du second tour, même si elles ont été prononcées dans l’amertume d’une défaite, nous ont fortement surpris : après avoir porté des jugements extrêmement violents sur le personnel politique, en parlant de « guerre de partis avec un Mélenchon fou à lier », elle ajoute en fin d’interview : « les citoyens ont beaucoup d’avance sur vous les journalistes, ce que je vais redevenir d’ailleurs moi aussi, et sur les politiques. On est has been, complètement has been. (…) J’espère me venger dans une nouvelle carrière de journalistes (rires…)».

Ses propos nous interrogent sur la façon dont elle envisage de pratiquer son métier au sein des rédactions de France TV.
Et nous souhaitons savoir, dans ces conditions, comment la direction de l’information prévoit la poursuite de ses collaborations journalistiques dans notre entreprise.

Toulouse, le 23 juin 2022

Régime sec

REDACTION NATIONALE

La direction annonce les mauvaises nouvelles à bas bruit ! Entre la fin juin et début juillet, 5 CDD sur 16 seront dirigés vers la sortie. Des détachements dans certains services s’arrêtent, des départs ne sont pas remplacés, et des transferts de postes sont effectués entre services.
Une saignée à la rédaction nationale sans que le mot “embauche” ne soit jamais prononcé !

De qui se moque-t-on ? Il y a quelques jours, la direction s’exprimait sur ce sujet en disant qu’aujourd’hui, on ne peut pas faire avec moins de personnel… Un double discours inacceptable !

Le SNJ l’avait hélas prédit en mars dernier dans son tract sur l’emploi ! Le régime sec se précise, la diète s’installe au moment où le pouvoir politique s’attaque à nos ressources, avec la suppression de la redevance. La Rupture Conventionnelle Collective, qui fait peser une charge de travail toujours plus importante sur les épaules de ceux qui restent, n’était donc qu’un avant-goût d’une politique de destruction massive du service public.

Le SNJ propose d’ores et déjà aux CDD remerciés sans ménagement, dans la violence sociale la plus totale, de se rapprocher de leurs représentants SNJ pour envisager des procédures aux prud’hommes, afin d’obtenir des requalifications. A moins que la direction ne revienne à la raison et à des pratiques conformes au droit du travail.

Nous ne laisserons pas nos consœurs et confrères sur le bas-côté. Sans les pigistes et les CDD, nos éditions ne seraient pas ce qu’elles sont. Qu’on se le dise…

Paris, le 23 juin 2022

Tristes coulisses d’un voyage officiel en Ukraine…

Non, vous n’avez pas rêvé. Le déplacement du président de la république en Ukraine a bien été le théâtre d’une humiliation médiatique.

Pas d’interview d’Emmanuel Macron à l’aller dans le train, ni au retour. Pas de journaliste de la rédaction nationale avec le locataire de l’Elysée. Aucun de ceux qui suivent habituellement le président n’était du déplacement. Le Château avait choisi. TF1, BFMTV et… « C à Vous ». Certes une émission de France 5, mais une production en externe et qu’on ne peut pas qualifier d’émission d’information. L’Elysée avait donc choisi sciemment en refusant un représentant de la rédaction nationale de France Télévisions.

Un affront, une insulte doublée d’une désorganisation au plus haut niveau. Ce scoop donné à un journaliste de « C à vous  » était arrivé jusqu’aux oreilles de la direction de l’information, la veille du déplacement en Ukraine. A ce moment-là, l’Elysée ne confirmait toujours pas auprès de nos équipes la réalité de ce déplacement. Et donc le jour venu, rien sur nos antennes, pas de duplex au plus près du président de la République, pas d’interview d’Emmanuel Macron en privatif. Rien de tout cela, pendant que les chaînes privées qui étaient du voyage faisaient leur travail. Le journaliste de « C à vous » était, dit- on, équipé d’un moyen de transmission, mais nous n’avons pas vu la couleur d’une image ni le son d’un plateau, même enregistré  ! Il n’y aura sur nos antennes qu’un extrait de son interview avec le président, le lendemain, avant la diffusion de l’ensemble sur France 5. 36 heures après !

Quel fiasco ! Quel échec pour la direction de l’information et toute notre hiérarchie qui se sont ainsi retrouvées le bec dans l’eau. Seule consolation, une envoyée spéciale présente à Kiev a donné l’illusion que nous étions sur le coup. Il suffisait de zapper sur les autres chaînes, où les directs et interviews exclusives se succédaient, pour se convaincre du contraire.

Alors, beaucoup de questions se posent. Pourquoi Emmanuel Macron a-t-il préféré « C à vous », l’une des émissions produites par Médiawan pour France 5 ? La proximité avec le pouvoir en place du patron de cette société est-elle entrée en ligne de compte pour que ce choix soit fait au détriment de notre rédaction ? Qu’en pensent notre présidente et notre numéro 2 directeur des antennes et des programmes ? Ont-ils validé sans broncher cette nouvelle attaque en règle contre la rédaction nationale venant directement de l’Elysée ? Ce pouvoir qui s’apprête à affaiblir considérablement l’audiovisuel public en supprimant la redevance semble nous avoir déjà rayé de la carte. Avec la complicité d’une direction plus que défaillante dans cette affaire !

Paris, le 20 juin 2022