Loin de la bienveillance

Préalable SNJ au CSE Siège des 13 et 14 avril 2021

Deux histoires pour illustrer la violence sociale constitueront aujourd’hui le préalable du SNJ.

Depuis le début du 3ème confinement généralisé, la direction a changé de pied et de ton. « Télétravail déguisé en garde d’enfants, vous êtes bien assez payés, vous pourriez être au chômage partiel, vous avez bien assez de congés, alors arrêtez de vous plaindre ». Voilà en résumé ce qu’on a pu lire ou entendre, concernant les demandes de dispense d’activité faites par certains parents à l’occasion de la mise en place de l’école à la maison, décidée par le Président de la République. La direction ponctionne donc d’abord toutes les RTT employeurs ou les récupérations qui sont à sa main avant éventuellement d’envisager des dispenses d’activité. Un discours tenu à celles et ceux par exemple qui n’ont pas de RTT au regard de leur organisation du temps de travail. Aucun discernement, un discours unique et sec comme seule réponse. Parent solo, crèches fermées pendant les nouvelles dates de vacances scolaires, situation de couple particulière en termes d’activité professionnelle… Non, rien n’y fait, la direction considère qu’elle a été assez “gentille” jusque-là. “Gentille”, oui ce terme a été utilisé par des encadrants. Même par certains qui font tout de chez eux depuis des mois, sans rendre de compte…

Les élus SNJ condamnent cette attitude vis-à-vis des salariés qui se retrouvent alors victimes d’une double peine. Une décision unilatérale de l’exécutif et une politique de rigueur économique inhumaine de la direction. Avec, en filigrane, un chantage au siège : si la direction accepte les absences, on reviendra aux sujets communs comme l’an dernier. La belle affaire… En effet, en même temps on rogne sur les remplacements et on fragilise les précaires. La réponse n’est donc pas liée à la crise sanitaire mais bien à la seule ligne qui compte pour Delphine Ernotte : faire des économies. Nous demandons ici à la direction de revoir sa copie, à la fois pour cette période de vacances qui s’ouvre, mais aussi pour la dernière semaine d’avril, nouvelle période d’école à la maison pour certains parents.

Le deuxième exemple de cynisme social commence ainsi :

« Merci pour tout ! Acceptez nos conditions ou partez ! »

C’est en substance ce qu’une centaine de nos collègues a retenu à l’issue de plusieurs réunions organisées en visioconférence, il y a deux semaines par la direction des Antennes et des Pro-grammes.

Des réunions qui ont laissé nos collègues, parmi lesquels on compte de nombreux journalistes, totalement désemparés, choqués, angoissés. Ils travaillent depuis des années pour des émissions emblématiques du service public, comme « Thalassa », « Télématin », « Passage des Arts », « Des racines et des ailes », « Des chiffres et des lettres », ou « Faut pas rêver ».

Des programmes historiques de nos chaînes, mais que la direction de France Télévisions ne veut plus fabriquer en interne. Pour ne plus avoir à assurer « la gestion directe » de ces émissions, la direction a l’intention de les céder à une filiale, FTV Studio.

Les collègues qui fabriquent ces émissions n’ont pas leur mot à dire et sont priés de préparer leurs cartons, se sentant abandonnés par une direction qui organise leur déclassement. 

Nous, élus du SNJ, sommes ici pour les représenter. Pour  rappeler  à  la direction l’état de sidération dans lequel la plupart de nos collègues se trouve depuis une semaine.

Ils ont le sentiment d’être balancés dans l’inconnu, et nous posent des dizaines de questions :

« Que va-t-il advenir de mon contrat ? De mon salaire, de mes  primes,  de  mon  ancienneté ?  De mes   jours   de  congés,   de   RTT ?   De   mes   souhaits   de   formation,  d’évolution professionnelle ? L’accord collectif de France Télévisions ne s’applique pas dans cette filiale, alors comment vais-je travailler ? Dans quelles conditions ? »

Toutes ces questions, ils ne devraient pas avoir à se les poser. Parce que les programmes qu’ils fabriquent depuis 10, 20 ou 30 ans sont des émissions de France Télévisions, créées au sein de France Télévisions, et elles doivent rester au sein de l’entreprise. Notre cœur de métier est de fabriquer de l’information et des programmes : on  ne  délègue  pas  son  cœur  de  métier  à  une filiale !

La direction annonce vouloir renoncer à la gestion directe de tous nos magazines de découverte, magazines culturels, émissions de plateau et jeux. Demain, que va-t-on transférer dans une filiale ? Nos cars-régie, nos moyens de production, La Fabrique ? Nos magazines d’information ou de sport ?

Combien de salariés seront alors transférés contre leur gré ?

Mais revenons à aujourd’hui. Les salariés que la direction souhaite « sortir » de France Télévisions dès septembre 2021sont sidérés, inquiets, en colère.

Nous le sommes aussi.

Parce que nous refusons de voir France Télévisions, jeune entreprise unique, être à nouveau morcelée à coup de transferts et de cessions d’actifs. Parce que nous nous opposons au développement de filiales lorsqu’il s’agit de servir d’alibi à une dangereuse réduction des effectifs, une sorte de tour de passe-passe destiné à masquer l’échec de la RCC. 

Parce que nous refusons que France Télévisions se transforme en simple entreprise de diffusion, une coquille vide qui commanderait ses programmes à des filiales ou à des producteurs privés.

Nous demandons donc à la direction de renoncer au transfert de nos collègues, et des émis-sions qu’ils fabriquent, vers FTVStudio.

Paris, le 13 mars 2021

Le SNJ, la CFDT et FO se félicitent de la signature de l’accord intéressement

L’été dernier, la négociation engagée sur l’idée d’un intéressement à France TV aboutissait à la conclusion d’un accord pluriannuel entre la Direction et 3 organisations syndicales – CFDT, FO et SNJ – sur les exercices 2020, 2021 et 2022. Le 28 août dernier, l’entreprise s’engageait ainsi à verser une prime à l’ensemble des salariés pour un total pouvant s’élever jusqu’à 6 millions d’euros pour chaque résultat d’exploitation consolidé bénéficiaire.

Outre l’existence de ce résultat bénéficiaire, 3 autres critères devaient être respectés :

  • un objectif lié à la maîtrise de la masse salariale ;
  •  un objectif d’audiences, relatif à la couverture hebdomadaire 4 écrans ;
  •  et un objectif lié à la réduction des émissions des gaz à effet de serre.

Pour cet exercice 2020, si particulier, nous redoutions un déficit, annihilant tout espoir de percevoir un intéressement. C’est donc une bonne nouvelle inattendue qui a été confirmée lors du dernier conseil d’administration, validant ce résultat.

L’intéressement devrait être versé en mai. 

Par ailleurs, un dispositif de plan d’épargne entreprise (PEE) et de plan d’épargne retraite d’entreprise (PERCOL) est en cours de négociation, afin de permettre à chaque salarié de choisir un mode de placement qui lui convient (ou pas). 

Durant cette négociation, la direction a proposé un abondement des dépôts sur ce PERCOL (l’équivalent d’un jour offert par l’entreprise pour 4 jours déposés), mais a proposé en contrepartie de limiter le nombre de jours que les salariés peuvent déposer dans leur CET.

Pour les organisations syndicales, on ne doit pas toucher au chiffre des 22 jours maximum par an d’alimentation du CET, car cela permet à tous les salariés de réaliser un projet personnel.

Il faut que le salarié soit libre de pouvoir choisir entre accepter un abondement en contrepartie de la réduction de l’alimentation de son CET à 5 jours par an ou garder le fonctionnement actuel du CET.

La direction doit nous proposer prochainement une date de réunion pour négocier sur ce thème.

Paris, le 1er avril 2021

Direction de l’information – Démocratie en chantiers

« Démocratie » : c’est le nom du grand projet présenté hier par le directeur de l’information, Laurent Guimier, aux organisations syndicales du siège.

Un projet qui définit l’évolution de l’information nationale sur France Télévisions pour les années à venir, sans échéance définie, ni objectif chiffré, mais avec un postulat :

« Nous sommes la plateforme d’information de la démocratie ».

Le projet se décline en 4 grands thèmes :

  1. Dynamiser nos rendez-vous et nos contenus
  2. Reprendre un temps d’avance
  3. Unir toutes les forces de l’info
  4. Ouvrir nos rédactions

A l’intérieur de ces thèmes, 17 projets éditoriaux. Entre autres, la direction veut :

  • redéfinir le cahier des charges de nos contenus ;
  • garantir une meilleure transparence de nos sources (sans remettre en cause leur protection) ;
  • créer une cellule de vérification des images et de fact-checking ;
  • consolider l’alliance entre l’information nationale et les deux réseaux France 3 et des 1ères ;
  • constituer un vivier de talents qui nous mettra au diapason de la société (une expression pour parler de diversité ?) ;
  • coordonner la production des matinales (Télématin et France info).

Des grandes ambitions donc, et certains constats que nous pouvons partager.

Mais ce projet ne peut être hors sol.

Pour arriver à le mener à bien, alors qu’une élection présidentielle se profile, il faut être réaliste. Et la réalité du moment, c’est que nos rédactions croulent sous des problèmes qu’il faut régler en urgence avant de se lancer dans un chantier pharaonique.

La fusion des rédactions nationales, étalée sur près de 8 ans entre son annonce et sa conclusion, a généré des tensions, des inéquités, des discriminations, de nombreux problèmes éditoriaux. S’y ajoutent depuis plusieurs mois de nouvelles difficultés liées aux restrictions budgétaires.

Comment embarquer tout le monde dans un projet quand, au quotidien, beaucoup se sentent oubliés, déclassés, déprofessionnalisés, dans des services à plusieurs vitesses ?

Depuis des années, nous constatons et dénonçons les effets délétères de la fusion. Ce bilan alarmant se heurte à l’indifférence, voire au déni de certains… Le directeur de l’information affirme vouloir aujourd’hui donner un sens à la fusion. Il est grand temps, presque trop tard…

Concernant son projet, le directeur de l’information veut faire le point régulièrement avec les organisations syndicales sur l’avancée des travaux. Le SNJ y est favorable. Pas dans un objectif affiché de cogestion, mais dans une volonté permanente et quotidienne de dire ce qu’est la réalité de notre rédaction nationale.

Le lendemain, nous avons dit la même chose au nouveau directeur de la rédaction nationale, Michel Dumoret. Nous jugerons tout cela sur pièces en exigeant que cette équipe, en partie nouvelle, se départisse des mauvaises pratiques que nous dénonçons depuis si longtemps. Et c’est non négociable.

Paris, le 24 mars 2021

Démocratie en chantiers

« Démocratie » : c’est le nom du grand projet présenté hier par le directeur de l’information, Laurent Guimier, aux organisations syndicales du siège.

Un projet qui définit l’évolution de l’information nationale sur France Télévisions pour les années à venir, sans échéance définie, ni objectif chiffré, mais avec un postulat : « Nous sommes la plateforme d’information de la démocratie ».

Le projet se décline en 4 grands thèmes :

  1. Dynamiser nos rendez-vous et nos contenus
  2. Reprendre un temps d’avance
  3. Unir toutes les forces de l’info
  4. Ouvrir nos rédactions

A l’intérieur de ces thèmes, 17 projets éditoriaux. Entre autres, la direction veut :

  • redéfinir le cahier des charges de nos contenus ;
  • garantir une meilleure transparence de nos sources (sans remettre en cause leur protection) ;
  • créer une cellule de vérification des images et de fact-checking ;
  • consolider l’alliance entre l’information nationale et les deux réseaux France 3 et des 1ères ;
  • constituer un vivier de talents qui nous mettra au diapason de la société (une expression pour parler de diversité ?) ;
  • coordonner la production des matinales (Télématin et France info).

Des grandes ambitions donc, et certains constats que nous pouvons partager.

Mais ce projet ne peut être hors sol.

Pour arriver à le mener à bien, alors qu’une élection présidentielle se profile, il faut être réaliste. Et la réalité du moment, c’est que nos rédactions croulent sous des problèmes qu’il faut régler en urgence avant de se lancer dans un chantier pharaonique.

La fusion des rédactions nationales, étalée sur près de 8 ans entre son annonce et sa conclusion, a généré des tensions, des inéquités, des discriminations, de nombreux problèmes éditoriaux. S’y ajoutent depuis plusieurs mois de nouvelles difficultés liées aux restrictions budgétaires.

Comment embarquer tout le monde dans un projet quand, au quotidien, beaucoup se sentent oubliés, déclassés, déprofessionnalisés, dans des services à plusieurs vitesses ?

Depuis des années, nous constatons et dénonçons les effets délétères de la fusion. Ce bilan alarmant se heurte à l’indifférence, voire au déni de certains… Le directeur de l’information affirme vouloir aujourd’hui donner un sens à la fusion. Il est grand temps, presque trop tard…

Concernant son projet, le directeur de l’information veut faire le point régulièrement avec les organisations syndicales sur l’avancée des travaux. Le SNJ y est favorable. Pas dans un objectif affiché de cogestion, mais dans une volonté permanente et quotidienne de dire ce qu’est la réalité de notre rédaction nationale.

Le lendemain, nous avons dit la même chose au nouveau directeur de la rédaction nationale, Michel Dumoret. Nous jugerons tout cela sur pièces en exigeant que cette équipe, en partie nouvelle, se départisse des mauvaises pratiques que nous dénonçons depuis si longtemps. Et c’est non négociable.

Paris, le 24 mars 2021

Le SNJ signe l’accord sur le télétravail, avec des réserves

Le télétravail, imposé depuis le début de la pandémie, va rester une pratique courante en temps normal. Il est donc nécessaire de l’encadrer. Le SNJ a choisi de signer l’accord proposé par la direction. Toutefois, nous serons vigilants quant au respect des droits des salariés, et nous proposerons d’améliorer le dispositif dès qu’un premier bilan sera effectué. 

Cet accord était très attendu par de nombreux salariés, pour qui un peu de télétravail permet un meilleur équilibre personnel : pas de perte de temps dans les transports et possibilité de mieux gérer son temps de travail.

Il sera donc possible pour chaque salarié de solliciter un avenant « télétravail » à son contrat, sous réserve du feu vert de sa hiérarchie. 

Dès le préambule de l’accord, des engagements importants sont rappelés :

– « la mise en place du télétravail résulte d’un choix du salarié » ;

– « le télétravail n’aura pas de conséquences sur l’aménagement des locaux (…) France Télévisions ne lie pas télétravail et diminution des bureaux attribués ».

Tout au long de la négociation, qui s’est étalée sur plusieurs mois, la direction n’a cessé de vanter un mode d’organisation du travail qui constituerait une nouvelle forme de liberté pour les salariés. Pourtant, l’accord signé comporte des failles, que le SNJ a relevées pendant la négociation :

– Après une demande de télétravail d’un salarié volontaire, les recours en cas de désaccord avec la hiérarchie sont insuffisants. Les syndicats se sont tous inquiétés de possibles disparités dans la gestion du télétravail. 

– Le nombre de jours maximum de télétravail (environ 100 jours par an) est plus élevé que nos préconisations. Pour le SNJ, il ne fallait pas dépasser 2 jours par semaine, voire moins pour les salariés en temps partiel. De plus, la possibilité de longues périodes, intégralement en télétravail, est un facteur de risques pour la santé des salariés et la cohésion des collectifs de travail.

– Le montant des indemnisations (240€ maximum par an) est trop faible. Même s’il est plafonné par des dispositions fiscales, il aurait été nécessaire de prévoir des indemnisations supplémentaires, liées à des achats de matériel (siège ergonomique, etc.).

– Les dispositions prévues, en cas de télétravail imposé en temps de crise, sont trop floues.

– Enfin, le SNJ a demandé que la négociation intègre la recherche de solutions alternatives aux rédactions en open space. Bruyant, stressant, fatigant, l’open space est aussi un facteur de risques en cas de pandémie. La direction a refusé cette demande.

Le SNJ a néanmoins décidé de signer l’accord télétravail. Nous entendons ainsi surveiller son application dans les rédactions et les services, peser dans les commissions de suivi, et faire évoluer ce texte, par avenant si nécessaire.

En effet, le travail imposé à domicile depuis la crise sanitaire a révélé des défaillances de l’entreprise, en particulier au regard de son obligation de santé et de sécurité. Des salariés ont été délaissés ou oubliés, ou au contraire submergés de demandes de la hiérarchie, sans aucun respect du temps de travail et du droit à la déconnexion.

Nous avons également identifié des dysfonctionnements, toujours en cours, dans l’organisation du travail des journalistes.

Selon les termes de notre accord collectif d’entreprise, « la conférence de rédaction est le lieu du débat éditorial ». Tous les journalistes doivent pouvoir y accéder, au besoin par audio ou visioconférence. Or, dans certaines antennes, cette obligation n’est pas respectée, comme elle n’est pas toujours respectée à la rédaction nationale.

Le SNJ invite les salariés à bien peser l’intérêt du télétravail avant de signer un avenant à leur contrat de travail. Notre syndicat se tient à leur disposition pour agir immédiatement si des dérives et des atteintes à leurs droits devaient apparaître.

Paris, le 23 mars 2021

Cyber-harcèlement, soutien à notre consœur de France Télévisions

Le Syndicat National des Journalistes, première organisation de la profession, apporte tout son soutien à notre consœur Claire Koç, reporter à France Télévisions, victime de cyber-harcèlement et de nombreuses menaces sur internet.

La publication de son ouvrage « Claire, le prénom de la honte » (où elle parle notam-ment de ses origines turques et de son parcours pour devenir française) est pris pour prétexte par des extrémistes pro-Erdogan pour se livrer à un cyber-harcèlement organisé.

Le SNJ dénonce fermement ces pratiques inacceptables, attentatoires à la liberté d’expression, qui touchent hélas de plus en plus de journalistes. A plusieurs reprises, ces dernières années, le SNJ a dû accompagner des consœurs et confrères devant les tribunaux.

A France Télévisions, après avoir assuré Claire Koç de notre soutien total, nous avons effectué un signalement auprès de la cellule « lutte contre le cyber-harcèlement » de France Télévisions. Notre consœur a également déposé plusieurs plaintes. Le SNJ demande à la direction de France Télévisions de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection de notre collègue.

Il est urgent de mettre fin à ces agissements, et de protéger les victimes de ce fléau qu’est le cyber-harcèlement.

Paris, le 22 mars 2021