France TV lance une agence de presse « interne »

« France.tv Presse » : c’est le nom de l’agence de presse dont le groupe France Télévisions vient d’annoncer la création au sein de sa filiale France.tv studio. 

Dès l’annonce de ce projet, lors du Comité Social et Economique central de juillet 2020, le SNJ a exprimé à la fois des espoirs et des craintes liés à cette agence de presse interne. Pour quoi faire ? Avec qui ? Et comment ? 

Nos délégués ont notamment rencontré, cet automne, le PDG de France.tv Studio (Arnaud Lesaunier) et le PDG de France.tv Presse (Frédérick Lacroix); pour revenir sur ces questions. 

Sur le papier, rien n’empêche France.tv Presse de travailler pour d’autres clients au sein de l’audiovisuel public français, voire au-delà. 

Mais l’objectif affiché de la direction est bien d’utiliser cette agence de presse interne pour la fabrication de reportages, de magazines et de documentaires estampillés « France Télévisions ». 

Cette structure présente plusieurs avantages, notamment son statut juridique qui lui permet d’obtenir d’importants financements (CNC notamment) pour des formats longs. Elle pourra donc rivaliser avec les producteurs privés, mais avec une nuance de taille : les droits d’exploitation et les rushes des documentaires produits par France.tv Presse appartiendront au service public. 

L’ambition de cette agence de presse est-elle « d’aspirer » les reportages et magazines fabriqués aujourd’hui par les rédactions de France Télévisions ? La direction s’en défend, affirmant « qu’il est impossible de transférer tout ce volume de production à une structure modeste comme France.tv Presse« . Le SNJ estime que le risque de « dumping social » est bien réel, d’autant plus que les accords sociaux de France Télévisions ne sont pas (pour le moment) étendus à cette agence de presse.  

Question cruciale : qui travaillera pour France.tv Presse ? Les journalistes et techniciens en poste à France Télévisions pourront-ils y développer des formats longs qui ne sont pas réalisables au sein de leurs rédactions ? 

La direction affirme qu’une équipe très réduite va être recrutée pour lancer l’agence, mais que les projets des journalistes de France Télévisions sont les bienvenus. Elle rappelle également que France.tv Presse n’est qu’un producteur, au service de diffuseurs : ce sont ces derniers qui peuvent décider de retenir, ou pas, un projet. 

Concernant d’éventuels détachements ou mise à disposition de salariés, la réflexion reste à mener.  

Le SNJ prend donc acte de la création de cette agence de presse « interne » au groupe et souhaite bonne chance à ses équipes. 

Ce projet majeur ne pourra réussir que si France.tv Presse travaille avec les reporters et techniciens de France Télévisions, et pas en concurrence. L’agence doit être une opportunité pour les rédactions du service public, pas une menace ! 

Nous serons extrêmement attentifs au développement et au fonctionnement de cette structure, en veillant particulièrement au respect des principes professionnels des journalistes. 

Paris, le 15 février 2021

CSE Siège 9 et 10 février 2021 – DÉNIS EN SÉRIES

Confiance, respect, dialogue social, double langage ! Facile de trouver l’intrus : c’est celui qui qualifie le mieux le comportement de la direction.  

Dans cette instance, à plusieurs reprises, nous avons demandé des comptes sur les expérimentations concernant le métier de journaliste/monteur. Car une expérimentation est prévue dans un document officiel du plan de formation, puis démentie par la direction : « c’est une erreur, ne vous inquiétez pas, rien ne se fera sans consultation préalable des organisations syndicales. »

Le mois dernier, profitant de la présence au CSE du siège du rédacteur-en-chef de France Télévisions Régions (FTR) – rédaction basée à Vaise – nous lui posons la même question puisque l’expérimentation semblait annoncée entre autres sur son site. « C’était en effet programmé, dit-il, mais ce n’est plus d’actualité ». « Vos arguments nous ont convaincus », confirme alors le président de l’instance. 

Une semaine plus tard, les organisations syndicales  reçoivent une convocation pour assister à une discussion dans le cadre de l’ « Espace métiers », antichambre des négociations ! Et là, quelle mauvaise surprise ! À l’ordre du jour : FTR, les bureaux excentrés de France 3 et les 1ères seront concernés par des expérimentations de journaliste/monteur. Voilà comment la direction envisage le dialogue, tout simplement en nous faisant croire qu’à l’instant où elle nous répond, elle dit la vérité. Mais tout peut évoluer… en quelques jours, voire en quelques heures…

C’est tout simplement scandaleux ! Pire encore, cela ne gêne pas certaines organisations syndicales, tant sur la forme que sur le fond, ce qui en dit long sur les envies de cogestion de quelques-uns. Le tout évidemment au détriment des salariés qu’ils sont censés défendre, en tout cas quand on lit leur littérature électorale. Parce qu’en séance : ils se taisent.  

On n’insulte pas l’avenir en disant oui à tout au présent. 

Autre double discours de la direction, celui de l’emploi. Le SNJ n’a pas signé la Rupture Conventionnelle Collective, rebaptisée par les signataires Plan de Recomposition des Effectifs ! La belle affaire !  

Nous avons appris la semaine dernière que des CDD longs à la rédaction nationale vont s’arrêter. Nos jeunes consœurs et confrères seraient victimes d’une étude organisée par la direction pour jauger les effectifs dans les services. Ce ne serait pas lié à une trajectoire budgétaire pré-établie, mais aux effectifs présents en début d’année, qui ne nécessiteraient pas de conserver certains CDD. Ce qui est faux.

Au-delà de notre inquiétude légitime, les annonces faites à quelques jours de la fin de ces contrats en dit aussi long sur la méthode. Une direction sans boussole, qui placardise d’un côté avec des castings exacerbés qu’elle ne reconnait d’ailleurs pas, et qui de l’autre se sépare de jeunes talents mis en avant sur toutes nos antennes nationales. La concurrence, TF1 en tête, sait en profiter au grand dam de France télévisions ! 

Alors, parle-t-on vraiment d’une recomposition ou d’une décomposition des effectifs ? Rien sur l’encadrement pléthorique, comme sur le nombre de directeurs adjoints ou d’encadrants dans les services et les éditions ! Ni sur le coût en part variable qu’ils génèrent ! Non bien sûr, ceux qui nous dirigent n’ont que faire de la précarité des uns et de la souffrance au travail des autres. 

Revenons aux castings exacerbés. Le 28 janvier dernier, lors d’une rencontre avec le directeur de l’information, le SNJ a une nouvelle fois dénoncé ce fléau qui place certains journalistes au premier plan, dans le beau rôle de ceux qui passent à l’antenne. Et les autres dans un second rôle, celui de petites mains. Vos représentants ont rappelé cette phrase tristement célèbre du directeur de la rédaction nationale, selon laquelle « il y a des Ferrari et des 2 CV ». 

Cette dérive qui persiste depuis de nombreuses années, provoque beaucoup de souffrances. Elle s’est aggravée à cause du Covid, arme de destruction massive avec la mutualisation des sujets entre les différents JT nationaux. Certains journalistes ex-France 3, non acceptés parl’encadrement de France 2, ayant été empêchés, notamment pendant le premier confinement, de réaliser certains sujets pour France 3 car ils devaient être rediffusés dans le 20 heures !!  

Le directeur de l’information a soutenu que nous étions sortis « d’une période plus compliquée » du point du vue des castings au 20 heures. Et d’ajouter : « Les mots que vous employez sont graves, tout ce qui est de l’ordre de la discrimination est à bannir, toute situation mise au jour ne sera pas acceptée ». Le SNJ a insisté, en parlant de système qui broie certains salariés, en particulier au 20 heures. Démenti ou tentative de minimiser de la part d’un directeur adjoint pour qui « ce n’est pas systémique ». Et d’ajouter : « on n’est saisi que rarement » sur cette question. Pourtant, lorsque ce ne sont pas les rédacteurs-en-chef des éditions qui font le casting, les chefs-de-services s’en chargent à leur place.  

D’ailleurs, le détachement d’équipes itinérantes en régions, n’est-il pas, parfois, un moyen de sélectionner des journalistes au « profil 20-heures », sans doute au détriment de certains correspondants en régions ?  

La direction précise qu’elle posera la question du « qui fait quoi dans les services ? ». Une sorte d’audit, mais pas pour évaluer la productivité de chacun, selon le directeur de l’information.  

Mais alors pour quoi faire ? Pour se poser des « questions individuelles », « si des cas sont mis au jour, on les traitera», ajoute-t-il sans plus de précision. Va-t-on tenir compte du fait que celles et ceux qui ne sont pas dans le casting font inévitablement moins de sujets ? Le piège se refermera-t-il ainsi sur les journalistes que l’on veut écarter ? Le risque est patent. La ficelle est un peu trop grosse, et nous ne laisserons pas faire…  

Nous n’en sommes plus à dénoncer ces faits, nous voulons que la direction sorte du déni et mette fin à ces situations. Nous sommes prêts aujourd’hui à porter devant la justice, un certain nombre de témoignages édifiants. La direction est prévenue. 

Paris, le 9 février 2021

Bilan du fonds de soutien aux non-permanents

Ce vendredi 5 février, la direction et les syndicats signataires (CFDT, FO et SNJ) de l’accord « fonds de soutien » ont examiné le bilan chiffré de ce dispositif qui a fonctionné jusqu’à fin 2020.

Les CDD, intermittents ou pigistes éligibles au fonds de soutien avaient en effet jusqu’au 31 décembre pour se déclarer sur la plate-forme mise en place par Audiens et France Télévisions. 

A la demande des syndicats signataires, la direction a effectué, fin 2020, un large rappel auprès des non-permanents. Une opération efficace puisque plusieurs dizaines de salariés se sont inscrits « in extremis », dans les derniers jours de l’année, pour bénéficier d’une aide. 

1481 salariés non-permanents remplissaient les conditions d’accès au fonds de soutien. Parmi eux, 933 ont touché une aide en mai, 832 en juin, 748 en juillet, et 646 en août (le chiffre définitif sera sans doute légèrement plus élevé, quelques dossiers arrivés tard étant encore à l’étude). A noter que selon la direction, parmi ces 1481 salariés non-permanents, 64 ont été embauchés en CDI au cours de l’année. 

Au final, le dispositif a permis de verser plus de 1,9 millions d’euros (994 818€ dans le réseau France 3 régions, 800 340€ au Siège, et 119 514€ en outre-mer). 

En moyenne, les bénéficiaires ont touché 596 euros bruts d’indemnités complémentaires chaque mois, une somme correspondant au « manque à gagner » en raison de la crise sanitaire. 

La direction a ensuite présenté un comparatif de l’emploi « non-permanent » sur les deux dernières années. Ce tableau fait apparaître un recours important aux CDD, intermittents et pigistes en fin d’année 2020, plus important même qu’en 2019, avant la crise sanitaire. 

Pour la direction, c’est bien la preuve que l’activité a repris normalement depuis septembre 2020, et donc qu’il n’est pas nécessaire de prolonger le dispositif de soutien. 

Pour les syndicats, ce recours important aux non-permanents en fin d’année 2020 s’explique aussi par l’application d’un autre point de l’accord « fonds de soutien »: la limitation du nombre de jours de congés transférables dans le compte épargne-temps (une limitation prévue par l’accord « fonds de soutien »). En prenant la quasi-totalité de leurs congés en 2020, les CDI de France Télévisions ont d’évidence généré plus d’opportunités de contrats pour les non-permanents. 

Si cet accord a officiellement pris fin le 31 décembre, son dispositif solidaire a prouvé son utilité pendant les mois les plus difficiles (printemps et été 2020) pour les non-permanents. 

Ce dispositif doit pouvoir être réactivé si besoin : en période de crise, le service public ne peut pas tourner le dos à ses salariés les plus précaires.  

Paris, le 8 février 2021

18h30 réseau régional F3 : Le préavis de grève CGT-SNJ-SUD est levé ce dimanche 31 janvier à minuit

Après deux semaines de grève, les organisations syndicales CGT, SNJ et SUD constatent que la mobilisation a permis quelques avancées :

  • Suspension de la diffusion du 18h30 pendant la période des congés d’hiver toutes zones ;
  • Examen des moyens nécessaires dédiés, antenne par antenne, afin de proposer à notre public un 18h30 de qualité, sans dégrader celle des autres éditions d’information ;
  • Contrôle de cet examen des moyens par les délégués syndicaux et les instances représentatives du personnel (Comité social et économique du réseau et représentants de proximité).

Les organisations syndicales sont conscientes que sur la principale revendication, le report du 18H30 ou un programme FTR de substitution obligatoire dans toutes les antennes jusqu’au 8 mars, la direction n’a pas cédé. Elle en refuse toujours le principe, en renvoyant la responsabilité aux directions régionales.

Mais contrairement à cette direction, qui se montre inflexible, nous ne voulons pas prendre la responsabilité de mettre les salariés qui sont déjà en insécurité sanitaire, dans une insécurité financière, en les entrainant dans un bras de fer, dont aujourd’hui nous voyons les limites.

Toutefois, la direction s’engage à faciliter la mise à l’antenne de ce programme de substitution qui sera de fait indispensable partout, de même que le recours aux CDD puisque des renforts pourront être mobilisés sous la forme d’ETP non permanents.

Nous mettons en garde la direction du réseau régional : elle est tenue à une obligation de résultat. En levant le préavis de grève, nous nous ouvrons la possibilité de déposer autant de préavis locaux ou régionaux sur des créneaux horaires définis pour une durée reconductible, si des directions régionales refusaient d’entendre les demandes de moyens supplémentaires.

La direction est désormais prévenue que pour la régionalisation de France 3, elle devra compter avec les salariés et leurs organisations syndicales.

Nous invitons les salariés qui, pendant cette grève, ont listé tous les problèmes concrets de leur antenne, à se préparer si besoin à faire valoir leur cahier de revendications.

Le préavis de grève CGT-SNJ-SUD est levé ce dimanche 31 janvier à minuit.

La CGT Le SNJ et SUD

Le 31 janvier 2021

18h30 réseau régional F3 :

La direction refuse toute concession, le préavis de grève CGT-SNJ-SUD est reconduit jusqu’au 1er février

Au 12ème jour de mobilisation, les organisations syndicales CGT, SNJ et SUD, constatent qu’elles ont fait d’importantes concessions au cours des négociations.

La direction, aucune.

Nous avons accepté de renoncer au report en septembre du 18h30. Nous avons proposé à la place une simple suspension pendant la période des congés d’hiver toutes zones, dans toutes les antennes, avec un programme de remplacement, pour laisser le temps à l’évaluation des moyens dédiés nécessaires.

De son côté, la direction entend toujours procéder au cas par cas.

D’un côté les antennes qui manquent de moyens, et bénéficieraient donc d’une attention particulière, ainsi qu’un recours aux CDD, dans l’attente de moyens pérennes.

De l’autre, des antennes que la direction considère bien dotées (!), qui n’auraient pas besoin d’une telle attention, et seraient privées de moyens et d’emplois supplémentaires.

Un traitement au cas par cas désastreux pour les salariés !

La direction a toutes les cartes en main pour dénouer le conflit, permettre au 18h30 et à la régionalisation de débuter dans de bonnes conditions, offrir à notre public une antenne de qualité, tout en respectant les salariés, leurs conditions de travail et leur santé. Alors, pourquoi cet entêtement dogmatique ? Ce vendredi 29 janvier, à 18h00, la direction a envoyé une nouvelle proposition de protocole de levée du préavis de grève, avec des petites avancées à étudier.

Les organisations syndicales CGT, SNJ et SUD, appellent les salariés à maintenir la pression sur la direction, et à poursuivre leur mobilisation. Le préavis de grève est reconduit jusqu’au lundi 1er février.

La CGT – Le SNJ et SUD

Paris, le 29 janvier 2021