CSE Siège des 16 et 17 novembre 2021 : notre compte-rendu

Un CSE du siège très dense : polémiques lancées par la direction sur la carte de presse, le nombre de JRI en restrictions. Une demande d’expertise sur les abus du forfait-jour ! Le numérique en sous effectifs aux sports ! Et FTV dans les sables mouvants du Dakar en Arabie saoudite…

Lire ici la suite :

Projet de transfert de salariés vers France Télévisions Studio : motion de soutien du SNJ

Réunis en Assemblée générale, les adhérents du SNJ apportent tout leur soutien aux salariés de France Télévisions concernés par le transfert de leur activité vers la filiale France Télévisions Studio.

Selon la direction, ce projet a pour but de renforcer l’activité de la filiale pour en faire le premier créateur de contenus de France Télévisions SA et développer la part de production interne du groupe.

A ce projet économique, fragile juridiquement, la direction a voulu associer le transfert forcé de près de 85 salariés travaillant sur les émissions suivantes : « Télématin », « Thalassa », « Des racines et des ailes », « Passage des Arts », « Faut pas Rêver » , « Des chiffres et des lettres ».

Toutes les instances représentatives du personnel se sont opposées à ce transfert, en proposant qu’il soit au moins basé sur le volontariat. Il aura fallu un drame, une tentative de suicide d’une salariée pour que la direction change de ton après plusieurs mois de refus sans concession.

Le volontariat est donc de mise pour les salariés concernés qui pourront continuer à collaborer à ces émissions sous forme de détachement par saison.

Il est donné mandat au nouveau bureau national du SNJ France Télévisions de surveiller la mise en place de ce transfert dans les nouvelles conditions que la direction projette de mettre en place. Une vigilance plus que nécessaire face à une violence sociale une fois de plus en vigueur dans la conduite d’un projet d’entreprise.

Paris, le 10 novembre 2021

Le transfert autoritaire des salariés à France TV Studio est abandonné

Ce matin, lors du Comité Social et économique du Siège, le secrétaire – au nom des élus – a fait la déclaration suivante :

Suite à une alerte pour danger grave et imminent, hier en CSE Central extraordinaire, la Présidente de France Télévisions a donné en partie raison aux élus des instances qui demandaient soit un retrait du projet de transfert des émissions produites en interne , soit un transfert des salariés de FTV SA vers FTV Studio sur la seule base du volontariat.

Cette deuxième option à été retenue. Le recours à l’article L-1224-1 du Code du travail qui permettait de transférer de force les salariés dans la filiale est abandonné, enfin ! Rien ne pourra se faire sans leur consentement.

Il aura malheureusement fallu un drame (la tentative de suicide d’une salariée) pour que les salariés concernés soient entendus et leurs représentants avec ! C’est bien une pitoyable conduite de projet qui a été stoppée hier ! C’est bien un mauvais projet également qui s’arrête ! 

Il va falloir désormais réparer les dégâts causés à ces salariés bien inutilement plongés dans le stress pendant plus de 6 mois. Il va falloir aussi préciser les conditions du volontariat et se pencher sérieusement sur le management pathogène qui a causé le drame.

Que cela serve de leçon à celles et ceux qui s’accrochent à des projets qui abîment les collectifs de travail et les personnes qui les composent.

Et que cela nous donne aussi confiance dans les combats à mener ! Sans cela, ils seraient tous perdus d’avance ! 

Bien sur le SNJ s’associe largement à cette déclaration. En séance, vos élus ont demandé que la direction prenne ses responsabilités au regard de ce cruel échec dans la conduite de ce projet. Et que celles et ceux qui ont défendu le transfert forcé pendant des mois tirent toutes les leçons de ce fiasco managérial et politique.

Paris, le 19 octobre 2021

Sans nous, pas de journaux !

Préalable SNJ du CSE siège des 19 et 20 octobre

Dans notre précédente communication syndicale, « A la croisée des chemins », nous réclamions une cohérence dans les offres entre les émissions de programme et d’information, mais aussi entre chaines du groupe dans le cadre du traitement de l’élection présidentielle. Confusion entre journalistes qui participent à la fois à des émissions politiques et de divertissement, confusion entre programmation d’invités politiques qui acceptent certaines invitations et pas d’autres, et encore confusion entre programmes de certaines chaines et d’autres de notre groupe. Voilà de quoi rendre la campagne présidentielle illisible en interne comme en externe.

Il ne s’agit pas, bien sûr, de fixer une ligne politique mais bien une ligne éditoriale à tout cela ! Après nous avoir dit que nous exagérions, et que nous n’étions pas très « corporate », il a été annoncé par la direction, lors du dernier Comité Social et économique Central, que cette mission de régulation, pourrait-on dire, serait confiée à Yannick Letranchant. Comme quoi la question qui n’existait pas, lorsqu’elle était portée par notre organisation, trouve quand même une réponse lorsque la direction finit par s’en saisir…

Et nous précisons une fois de plus, que tout cela va bien au-delà de l’arbre qui cache la forêt, ce polémiste qui veut supprimer la redevance mais accepte d’être invité par le service public !

Mais attention, une ligne a été fixée par la direction ! Il viendra quand il sera candidat ! Nous verrons en novembre puisqu’il est annoncé comme principale tête d’affiche de l’émission « Elysée 2022 ».

Autre point évoqué, que nous abordions dans ce précédent texte, les dérives déontologiques dans certaines rubriques « Consommation » du 13 heures en particulier. Cela ne concerne pas nos consœurs et nos confrères bien sûr, mais la ligne éditoriale de cette édition. Trop de place est faite au patrimonial, au touristique, à un certain traitement de la consommation. Le tout parfois très proche d’une certaine forme de promotion ! Confondant volontairement notre critique éditoriale et une attaque en règle de ladite édition, la direction réfute nos arguments, balayant nos remarques, considérant que la ligne éditoriale, c’est un choix de direction et rien d’autre.

Nous tenons à dire ici solennellement qu’à force de ne pas tenir compte de nos revendications éditoriales, il faudra un jour que nous fassions la démonstration que sans journaliste, ces éditions n’existent pas ! Et dans la continuité, cela passera bien évidemment par un rééquilibrage dans les choix journalistiques entre les éditions et les services, et dans les services entre les encadrants et les journalistes de terrain. Nous le rappelons, nous sommes indépendants et pas des prestataires de l’information !

Paris, le 19 octobre 2021

À la croisée des chemins

À notre demande, le SNJ a rencontré la direction de l’information pour un rendez-vous de début de saison. Un échange qui a eu lieu vendredi dernier, en présence de Laurent Guimier donc, du directeur de la rédaction nationale Michel Dumoret et de l’un des directeurs adjoints Sébastien Vibert.

Au programme, énormément de points. A commencer par la campagne présidentielle. Nous réclamons une cohérence dans les offres entre les émissions de programme et d’information, mais aussi entre les chaines du groupe. La confusion entre journalistes, qui participent à la fois à des émissions politiques et de divertissement, confusion entre programmation d’invités politiques, qui acceptent certaines invitations et pas d’autres, et encore confusion entre programmes de certaines chaines et d’autres de notre groupe. Voilà de quoi rendre la campagne présidentielle illisible en interne comme en externe.

Il ne s’agit pas, bien sûr, de fixer une ligne politique, mais bien une ligne éditoriale à tout cela ! Le moins qu’on puisse dire c’est que la direction, tout en comprenant la demande sans forcément la valider, semble être bien impuissante à pouvoir réguler ce que nous considérons comme très chaotique. Tout cela bien au-delà de l’arbre qui cache la forêt, ce polémiste qui veut supprimer la redevance, mais accepte d’être invité par le service public ! Mais attention, une ligne a été fixée par la direction : il viendra quand il sera candidat ! Nous verrons en novembre, puisqu’il est annoncé pour l’émission « Elysée 2022 ».

Autre point évoqué, les dérives déontologiques dans certaines rubriques « Consommation » du 13 Heures en particulier. Cela ne concerne pas nos consœurs et nos confrères bien sûr, mais la ligne éditoriale de cette édition. Trop de place est faite au patrimonial, au touristique, à un certain traitement de la consommation. Le tout parfois très proche d’une certaine forme de promotion ! Confondant volontairement notre critique éditoriale et une attaque en règle de ladite édition, la direction réfute nos arguments, balayant nos remarques, considérant que la ligne éditoriale, c’est un choix de direction et rien d’autre. Mais en revanche, faire des journaux sans nous, cela va être plus compliqué, avons-nous répondu.

Fort logiquement nous avons réitéré notre impatience quant au rééquilibrage entre éditions et services. Nous avons rappelé que nous n’étions pas des prestataires, et bien que salariés de France Télévisions, nous restons des journalistes indépendants, comme cela est défini dans notre charte d’éthique professionnelle. Là-dessus, on nous demande du temps, ce que nous pouvons comprendre, mais pendant les travaux, les mauvaises pratiques continuent
Nous avons enfin eu le temps d’évoquer la nécessaire surveillance de certaines dérives de management. Nous sommes bien entendu défenseurs du respect mutuel, mais pour autant le « deux poids deux mesures » dans la prise en compte des signalements reste défavorable aux salariés de base. La prérogative des sanctions est celle de l’employeur, notre rôle est d’alerter et pas d’instruire, et c’est à ce titre que nous avons fait passer le message.

Nous profitons de ce compte-rendu pour ajouter notre inquiétude en termes d’emploi et de moyens. La rédaction nationale est entrée depuis plusieurs mois dans une période de diète coupable que nous ressentons tous dans nos services respectifs. Nous interpellerons notre direction lors d’une prochaine rencontre. Il n’est plus possible d’assurer notre mission dans ces conditions, qui, de plus, a pour conséquence un non-respect des amplitudes horaires.

Paris, le 13 octobre 2021

Transfert de salariés : Danger Grave et Imminent

Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Voilà comment nous qualifions la situation de blocage dans laquelle la direction s’est installée dans le dossier des transferts de salariés de France Télévisions SA vers France Télévisions studio.

Mercredi 6 octobre, à la demande de la CSSCT (Commission santé, sécurité et conditions de travail) sous la houlette du secrétaire du Comité social et économique, nous étions réunis en CSE extraordinaire pour une alerte DGI (danger grave et imminent).

Une alerte pour interpeller en urgence la direction sur les risques psychologiques qui pèsent sur les femmes et les hommes concernés par ce transfert (plus de 80 salariés). La direction dit ne pas nier les témoignages que les élus ont produit en séance, mais pour autant propose un plan d’accompagnement inadapté !

Le souci n’est pas un manque de soutien psychologique, c’est bien le projet lui-même qui est nocif. Des témoignages validés par la médecine du travail en séance, ce qui est imparable pour la direction si elle était tentée de nier les propos des élus.

Le SNJ réitère donc sa demande claire et cohérente depuis le début. Ce projet doit être arrêté immédiatement ! De plus, les garanties données aux salariés et que la direction a communiquées par courrier individuel sont des garanties en trompe l’œil, car rien n’est dit quant à leur avenir si les émissions sont supprimées. Rien n’est dit non plus sur le régime appliqué en cas de licenciement !

Les élus du CSE siège, soutenus par le SNJ, la CGT, l’UNSA et la CFDT ont voté une résolution qui donne mandat au secrétaire du CSE pour qu’une enquête soit réalisée auprès des personnels en souffrance avec l’appui de psychologues indépendants. Le syndicat Force Ouvrière s’est abstenu, choisissant la voie de la négociation avec la direction, validant en quelque sorte le transfert.

La direction doit préserver la santé de ses salariés et mener toutes les actions nécessaires pour les protéger. Ce n’est pas le cas ici en maintenant ce projet, elle met clairement en danger des personnes qui se disent trahies, qui ont perdu toute confiance après avoir tant donné à l’entreprise ! Des détresses que vos élus SNJ ne laisseront pas dériver encore plus longtemps.

Paris, le 8 octobre 2021

L’action juridique contre le projet de transfert autoritaire est impérative

Réponse de l’intersyndicale

Les organisations syndicales CGT, CFDT, SNJ, UNSA, SUD se sont réunies ce mercredi 22 septembre pour envisager la poursuite de la mobilisation contre le projet de transfert autoritaire des 85 salariés des émissions Télé matin, Thalassa, Faut pas rêver, Des Racines et des ailes, des Chiffres et des lettres, Passage des arts.

Cette démarche s’inscrit dans le droit fil des avis négatifs adoptés à l’unanimité des élus et organisations syndicales du CSE Siège et du CSE Central et des nombreuses initiatives de salariés concernés et de leurs représentants opposés à ce projet.

En ne tenant pas compte de cette contestation, la direction commet trois fautes majeures :

  • Elle utilise de façon abusive l’article L 1224-1 du Code du travail en le détournant de sa finalité qui est de protéger les salariés victimes de restructurations
  • Elle génère des risques psycho sociaux avérés sur les personnels concernés par le projet en raison de la brutalité de la démarche
  • Elle remet gravement en cause tous ses engagements sur un « haut niveau de dialogue social à FTV » et entraine l’entreprise dans une conflictualité durable.

La direction semble s’être fait un allié du syndicat Fo qui a engagé une stupéfiante démarche pour tenter de convaincre les salariés concernés de se soumettre à la décision de la direction. Démarche d’autant plus incongrue qu’avec 23,50% de représentativité pondérée au niveau du groupe (18,8% des voix aux élections professionnelles), ce syndicat minoritaire n’a évidemment pas la capacité de valider seul un accord d’entreprise.

Autre initiative, encore plus choquante, celle d’un élu Fo au Conseil d’administration qui joue, en son nom et en privé, le négociateur entre certains salariés visés par le transfert et la direction générale de FTV au mépris des engagements de son syndicat auprès des élus des CSE.

Bien évidemment les syndicats réunis le 22 septembre ont condamné ces initiatives et confirmé leur intention de mobiliser par tous les moyens contre ce funeste projet. Ne pas combattre aujourd’hui aux côtés des 85 victimes de cette éviction serait la porte ouverte demain pour amputer des secteurs entiers de l’entreprise.

Les rendez-vous sont pris chez les avocats pour combattre sur le fond le projet et barrer la route à ce démantèlement programmé de notre entreprise de service public.

« Ceux qui luttent ne sont pas sûrs de gagner
mais ceux qui ne luttent pas ont déjà perdu.
 »

Paris, le 23 septembre 2021