Suppression des éditions nationales de France 3 : la direction rompt le dialogue social

Déclaration de l’intersyndicale au CSE Siège du 12 juillet 2022

Fait sans précédent, l’ensemble des organisations syndicales du CSE Siège a quitté la salle, après le refus de la direction d’expliquer le projet TEMPO. La suppression brutale des éditions nationales de France 3 aura des conséquences pour de nombreux salariés : journalistes, techniciens, administratifs… En réponse, quelle attitude ont adopté les principaux porteurs du projet ? Pire que le mépris, la politique de la chaise vide. 

Ni la présidente, ni le directeur des antennes et des programmes, ni le directeur de l’information, ni le directeur du réseau régional France 3 n’ont jugé bon de venir s’expliquer face aux élus du Siège. 

Mais où étaient-ils ?

Déjà en vacances après avoir lancé leur bombe à fragmentation ? 

Pas du tout !

Delphine Ernotte, devant sa webcam, répondait « en direct » aux questions posées par les salariés.

Laurent Guimier, était en mission déminage du projet Tempo à France Info puis à la rédaction nationale.

Et ce n’était pas la première fois, puisqu’il avait déjà échangé avec la SDJ de France 2. Celui que certains surnomment « l’illusionniste » a ainsi fait disparaître les corps intermédiaires. M. Guimier n’a pas eu l’aplomb de faire face aux élus du CSE Siège qui sont pourtant les premiers remparts face à ce funeste projet. 

Son courage légendaire, l’aurait-il abandonné ? A-t-il été empêché ?

A-t-il craint de voir ses propos, parfois à géométrie variable, retranscrits dans un procès-verbal ? Que les salariés ne s’y trompent pas, les promesses de la direction dans le cadre de discussions informelles, n’engagent que ceux qui les croient.

En revanche, ce qui est prononcé en CSE fait foi. Depuis vendredi, tout a été fait pour contourner cette instance et éluder le débat avec vos représentants. Un scénario à rebondissements qui a parfois frisé le ridicule. Un point inscrit à l’ordre du jour que le président a d’abord souhaité reporter avant de se raviser à la dernière minute. Le risque d’un délit d’entrave a-t-il conduit la direction à revoir sa copie ? En clair, la proposition faite à vos élus consistait finalement à débattre, mais avec le seul président du CSE qui n’a ni l’expertise, ni la maîtrise du projet. Sans lui faire offense, une mascarade !!!

Une provocation supplémentaire ! Tous les syndicats qui ont dénoncé cette volonté de contourner les instances ont donc décidé de ne pas siéger. L’unanimité dans la volonté de claquer la porte. Une réponse à la hauteur du mépris affiché par la direction qui n’a absolument pas pris la mesure de la détresse et de l’inquiétude des salariés. Le président de l’instance a ensuite fait le choix de dérouler les points à l’ordre du jour, en l’absence des organisations syndicales. 

Une stratégie non pas de dialogue social mais de monologue social que vos élus dénoncent unanimement car elle n’augure rien de bon… Avec le projet Tempo, la direction est à contretemps pour ne pas dire à côté de la plaque. 

Cela ne fait aucun doute, la rentrée sera chaude à France Télévisions. Les organisations syndicales vous assurent de leur vigilance et de leur mobilisation pour que Tempo ne soit pas un projet de destruction massive.

Paris, le 12 juillet 2022

Une si grande éclipse

PREALABLE AU CSE SIEGE DES 12 ET 13 JUILLET 2022

Tempo quel joli nom, pour une si triste nouvelle. Tempo, c’est la vitesse d’exécution d’une œuvre… 14 mois, nous disent les métronomes et leur présidente en chef. En septembre 2023, les éditions nationales de France 3 seront supprimées. 12/13, 19/20 basta cosi !!! 4 ans après la fin du Soir 3, la récidive ! Nos consœurs et confrères du réseau régional récupèrent le créneau pour deux heures d’information locale, régionale, nationale et internationale. Nous n’en savons pas plus sur le reste de la grille, mais sans doute que l’actuelle tranche de 18H30 serait remplacée. Nous verrons plus tard pour ce qui est de l’articulation de ces tranches baptisées « ici midi » et « ici soir ».

Mais revenons au sort réservé aux équipes du Siège toujours sidérées par l’annonce. Il y a encore quelques mois, les directeurs de l’information et de la rédaction nationale évoquaient un nouveau 19/20 national… Pardon ? « Des ateliers seront lancés en septembre  » ! Pardon ? « On a l’idée de faire de la réelle différenciation » ! Voilà le résumé du cynisme de ceux qui nous dirigent. Les patrons du réseau travaillaient en secret de leur coté sur cette disparition des éditions nationales pendant qu’au Siège, on nous faisait croire à un nouveau projet, certes, à minima mais quand même à un nouveau souffle.

Soyons clairs. Le SNJ écrit depuis que la fusion est annoncée que la disparition des éditions de France 3 étaient inscrites dans l’agenda. Mais parfois, on aimerait avoir tort. Une fois de plus, nous avions vu juste, tristement !

Alors maintenant, quel Tempo allons-nous subir ? De ce qui est sorti du CSE Central et de la conférence de rentrée mercredi dernier, la rédaction nationale va être écartelée. Il reste les journaux de France 2, et pour le reste ?

Qui travaillera pour ces éditions-là ? Avez-vous oublié, chers présidente et directeurs, que la fusion des rédactions est passée par là et qu’il n’y a plus de journalistes de France 2 ou de France 3 ? Alors qui choisira d’affecter tel ou telle aux éditions de France 2 et de réduire la mission des autres à du seul desk.

Un nouveau casting au-dessus du casting, qui fait déjà tant de dégâts. Ajoutons à cela des modules sur l’actualité nationale et internationale fabriqués par les journalistes-deskeurs de France Info et envoyés à toutes les régions pour les inclure dans leurs journaux XXL. Une circulation de contenus qui prétend détruire toutes les barrières constituées par les accords d’entreprises à France Télévisions et France Info. Une attaque en règle qui justifiera, sans doute, un arbitrage de la justice.

Et l’emploi dans tout ça ?

Alors que la rupture conventionnelle collective (RCC) vide nos rangs, la présidente n’a visiblement pas l’intention d’embaucher de nouveaux journalistes à la rédaction nationale. 1 heure de moins à produire par jour, 7 jours sur 7, voilà qui va dégager une marge en termes d’effectifs !

Alors, destination les régions sur la base du volontariat ? Des redéploiements, selon la terminologie de nos chers DRH ! Pour qui et dans quelles conditions ? De la pure casse sociale, éditoriale… Et que dire de celles et ceux qui sont en régie, en plateau, au montage, au mixage et tous ceux qui participent activement et avec passion à la fabrication de ces éditions nationales ? 14 mois avant la fin, c’est long ! Un supplice chinois pour les salariés frappés en plein cœur. Mais nous ne resterons pas les bras croisés.

La présidente n’a pas accepté de venir devant les élus du CSE Siège pour évoquer son projet. Le point reste inscrit à l’ordre du jour mais sans les bons interlocuteurs. Au même moment, le directeur de l’information préfère s’exprimer devant la SDJ de France 2, et parlera cet après-midi à la rédaction. C’est son choix, mais contourner les élus de cette façon est tout simplement une faute. On nous rétorque que « c’est seulement une intention stratégique et non un projet défini dans ses moindres détails », et qu’il est encore trop tôt pour venir en parler devant les élus du Siège.

Mais on peut parler à tout le monde en dehors de l’instance… Tout cela est pathétique d’improvisation et laissera des traces, socialement parlant.

Les élus SNJ ont décidé de quitter la séance de ce CSE du mois de juillet pour répondre à cet affront.

C’est le point de départ de notre combat pour défendre les éditions nationales de France 3 et éviter ainsi une si grande éclipse !

Paris, le 12 juillet 2022

Rédaction Nationale : les journalistes votent la défiance

Nous prenons acte du résultat du vote des SDJ (Sociétés des journalistes). La défiance envers Laurent Guimier s’est très nettement exprimée ! Delphine Ernotte a néanmoins décidé de maintenir le directeur de l’information à son poste. Mais pour le SNJ (Syndicat national des journalistes), la présidente ne pourra pas se contenter de cette seule réponse. Pour être tout à fait clairs, nous attendons autre chose ! Un changement global des lignes éditoriales ainsi que des pratiques managériales ; un abandon de la prédominance des éditions sur les services, la fin de la précarité organisée, le comblement des postes laissés vacants par la RCC (Rupture conventionnelle collective) et le respect des métiers afin de préserver la qualité de l’information de l’audiovisuel public ! Le SNJ demandait déjà tout cela à Laurent Guimier avant ce vote de défiance. Le SNJ reste donc vigilant mais avec une impatience accrue.

Paris, le 1er juillet 2022

Service des missions : l’été de tous les dangers !

Après avoir pris la décision brutale de fermer le service des missions, la direction a trouvé la solution ! Faire porter la charge supplémentaire sur les assistant(e) s des services de la rédaction nationale de France Télévisions et sur la coordination ! Les réservations de trains, d’avions et de véhicules de location, seront dès lundi prochain dans les nouvelles attributions de ces salarié(e)s, déjà surbmergé(e)s de travail. Voilà donc la nouvelle politique de la maison qui transfère les tâches de service en service pour régler le problème de l’emploi ! Il est hors de question que les assistant(e)s des services se retrouvent désormais à gérer les départs en missions.

Car cela prendrait beaucoup trop de temps entre les recherches, la validation de l’éditorial et du financier ! Les personnels sont en souffrance et, face à cette situation, les journalistes ont de quoi s’inquiéter pour leurs départs en reportage cet été. Pour Laurent Guimier, directeur de l’information, « ce n’est pas le signal d’une volonté d’externalisation rapide et généralisée, on a un problème de recrutement ».

Externaliser ou surcharger ! Dans les deux cas, pour le SNJ c’est non !

Paris, le 30 juin 2022

Régime sec

REDACTION NATIONALE

La direction annonce les mauvaises nouvelles à bas bruit ! Entre la fin juin et début juillet, 5 CDD sur 16 seront dirigés vers la sortie. Des détachements dans certains services s’arrêtent, des départs ne sont pas remplacés, et des transferts de postes sont effectués entre services.
Une saignée à la rédaction nationale sans que le mot “embauche” ne soit jamais prononcé !

De qui se moque-t-on ? Il y a quelques jours, la direction s’exprimait sur ce sujet en disant qu’aujourd’hui, on ne peut pas faire avec moins de personnel… Un double discours inacceptable !

Le SNJ l’avait hélas prédit en mars dernier dans son tract sur l’emploi ! Le régime sec se précise, la diète s’installe au moment où le pouvoir politique s’attaque à nos ressources, avec la suppression de la redevance. La Rupture Conventionnelle Collective, qui fait peser une charge de travail toujours plus importante sur les épaules de ceux qui restent, n’était donc qu’un avant-goût d’une politique de destruction massive du service public.

Le SNJ propose d’ores et déjà aux CDD remerciés sans ménagement, dans la violence sociale la plus totale, de se rapprocher de leurs représentants SNJ pour envisager des procédures aux prud’hommes, afin d’obtenir des requalifications. A moins que la direction ne revienne à la raison et à des pratiques conformes au droit du travail.

Nous ne laisserons pas nos consœurs et confrères sur le bas-côté. Sans les pigistes et les CDD, nos éditions ne seraient pas ce qu’elles sont. Qu’on se le dise…

Paris, le 23 juin 2022

Ras-le-bol !

PREALABLE SNJ AU CSE SIEGE DES 15 ET 16 JUIN 2022

Nous n’avons jamais réellement cru à l’illusion d’un management bienveillant. Ni au contenant, ni au contenu.

Un certain nombre d’événements récents nous donnent malheureusement raison…

Un journaliste écarté de l’antenne de France info pendant la quinzaine de Roland Garros, remplacé par une consœur venant de l’extérieur, sans avoir été prévenu en amont. Ce choix est d’autant plus incompréhensible qu’il intervient à un moment où l’on nous parle de forte contrainte budgétaire. Depuis, la direction de France Info a présenté ses excuses au salarié concerné au cours d’un entretien réclamé par le SNJ.

Des journalistes expérimentés à qui l’on impose des formations de quasi-débutants sous prétexte de lutter contre les castings des éditions. Cette initiative particulièrement humiliante est un aveu, de la part du directeur de l’information et du directeur de la rédaction nationale qui reconnaissent en filigrane l’existence d’un management pyramidal, et d’une mise à l’écart de certains journalistes. Ce fléau à l’origine de tant de souffrances, voilà donc comment ils souhaitent le traiter, en étant forts avec les faibles, et faibles avec les forts ! Le SNJ aurait préféré que l’on s’en prenne aux méthodes autoritaires de certaines éditions, et notamment du 20h de France2. Mais pour cela, il faudra repasser !

Autre exemple, une formation qui n’en est pas une autour de l’illustration sonore. Une véritable usine à gaz résumée en quelques pages et qui ne définit en rien le « qui doit faire quoi ». Le SNJ le dit clairement, ce mode de fonctionnement est inadapté à la pratique au quotidien des journalistes et des monteurs. Mais il est vrai que ceux qui décident de notre avenir ne passent pas beaucoup de temps à s’inquiéter de nos conditions de travail, trop occupés qu’ils sont à nous imposer leurs visions éditoriales.

Enfin, le deux poids deux mesures au registre des sanctions disciplinaires. Il existerait donc pour certains salariés, une deuxième chance. Un cadre, un ex-cadre même, puisque il a été sanctionné, vient d’être discrètement détaché quelques semaines pour… encadrer dans une autre rédaction que celle du Siège ! Oubliées les victimes qui lui reprochaient son autoritarisme, ses propos plus que déplacés et son penchant pour la stigmatisation à tour de bras. La tolérance zéro vient donc de s’autodétruire avec la complicité du directeur de la rédaction nationale qui assume cette décision. Les élus SNJ demandent maintenant à la présidente de redéfinir sa ligne en matière de procédure disciplinaire. Un dispositif qui ne serait sans pitié que pour les petits ? Doit-on considérer que toutes les victimes ne se valent pas ?

Le SNJ est engagé dans la lutte contre un certain nombre de comportements qui hélas n’ont toujours pas disparu et reviennent même en force. Management brutal parce que pyramidal, pressions sur les salariés précaires et titulaires, humiliations professionnelles… Oui tout cela est toujours d’actualité ! Nous demandons aux salariés de ne plus l’accepte. Signalements à la médecine du travail, auprès de vos élus, et à la RH, tout doit être fait pour que ces abus d’autorité soient connus puis sanctionnés.

Quand on nous parle de respect mutuel, il faudrait déjà que l’exemplarité soit au programme de la part de ceux qui nous dirigent. Pour toutes ces raisons, nous ne sommes pas dupes devant ce concept de management bienveillant. Il ne suffit pas de changer les mots, pour mettre les MAUX sous le tapis.

Paris, le 15 juin 2022

Hommage à Frédéric Leclerc-Imhoff, journaliste tué en Ukraine

Ce vendredi 10 juin, à 18h30, le SNJ appelle ses militants, ses adhérents et ses sympathisants à rendre hommage à Frédéric Leclerc-Imhoff, place de la République, à Paris.

Tué en reportage en Ukraine le 30 mai, Frédéric Leclerc-Imhoff était journaliste pigiste pour BFMTV. A 32 ans, ce journaliste que ses amis et ses proches décrivent comme passionné et discret, a été mortellement touché par un éclat d’obus dans la région de Severodonetsk.

Le SNJ perd un membre de sa famille, Frédéric Leclerc-Imhoff étant adhérent. Il était impliqué dans sa rédaction et incitait ses collègues à adhérer au syndicat.

Le SNJ présente ses plus sincères condoléances à sa famille et ses proches.

Huit journalistes ont été tués en Ukraine depuis le début de la guerre.

Pour les membres du SNJ, rendez-vous ce vendredi 10 juin à 18h30 au pied de la statue de la République à Paris.

Paris, le 10 juin 2022

Les aveux en filigrane du directeur de l’information

LETTRE OUVERTE A M. LAURENT GUIMIER

Monsieur le directeur,

En obligeant des journalistes spécialisés ou grands reporters à participer à des stages de quasi-débutants, vous assurez vouloir travailler en faveur de l’égalité pour tous les journalistes de la rédaction nationale. Mais par cette affirmation, vous reconnaissez implicitement l’existence d’une rédaction à deux vitesses, et donc de castings pour ne pas dire d’une politique discriminatoire.

En vous fixant comme objectif un changement de culture et une meilleure articulation entre services et éditions, vous confirmez en filigrane, l’existence d’un management pyramidal qui existe depuis de trop nombreuses années, sur lequel nous ne cessons de vous alerter, en particulier au sujet du 20h de France 2.

En identifiant des journalistes et en les désignant pour ces formations (ils sont au nombre de 8), parfois sans concertation ni information préalable, vous leur signifiez finalement et officiellement qu’ils ne font pas partie du casting, ce qui a le mérite de sortir du « non dit » mais qui est une démarche particulièrement stigmatisante.

En précisant que ces stages doivent leur permettre d’être plus à l’aise dans l’organisation, le montage et l’écriture de leurs sujets, même en situation d’urgence, avec un rappel des règles sur le tournage en séquences, vous détaillez par là-même des compétences normalement acquises en école de journalisme. Des objectifs qui peuvent être humiliants pour des salariés expérimentés.

En indiquant vouloir ainsi « améliorer leur employabilité », afin d’être davantage sollicités au quotidien et d’être mieux considérés et insérés dans la rédaction, vous admettez que dans un contexte de baisse des effectifs avec la Rupture Conventionnelle Collective, la charge de travail pèse essentiellement sur les épaules d’un nombre limité de journalistes.

En ajoutant que ces formations obligatoires dans le cadre du plan de développement des compétences, visent à adapter les salariés à leur poste de travail, vous insinuez donc qu’ils ne sont pas en phase avec des missions qu’ils exercent pourtant depuis de nombreuses années. C’est particulièrement choquant !

En concluant par le fait qu’un salarié ne saurait refuser de suivre ces formations parce qu’elles constituent « une modalité particulière d’exécution de son contrat de travail qui peut-être assimilée à l’exécution d’une mission professionnelle », vous sous-entendez clairement qu’un refus peut-être considéré comme une faute professionnelle.

En résumé, vos arguments sont clairs : ce sont les journalistes qui doivent s’adapter au formatage de certaines éditions, en particulier au 20h. En aucune manière, vous ne remettez en cause une hiérarchie autoritaire qui demande de multiples corrections sur les sujets, comme un enseignant à ses élèves, en éludant le débat éditorial. Jamais, vous ne pointez la faute qui consiste à mettre des salariés expérimentés sur la touche. Vous tentez de nous persuader de votre bonne volonté, mais comme le disait en substance un grand écrivain qui était aussi journaliste, celle-ci peut faire d’énormes dégats si elle n’est pas éclairée. Et c’est malheureusement le cas à la rédaction nationale.

Le SNJ sera bien évidemment aux côtés des journalistes qui ont refusé ces « formations ». Nous vous demandons de vous attaquer aux véritables racines du mal, autrement dit au management pyramidal, et non aux salariés qui en sont les victimes.

Paris, le 31 mai 2022

Une formation pour la direction

« Apprendre le métier de manager » ! Voilà la formation que le SNJ propose aux cadres de l’entreprise.

C’est un épisode particulièrement édifiant qui nous a donné cette idée lumineuse, entre provocation et indignation ! 8 journalistes de la Rédaction Nationale ont appris, pour certains sans entretien ni information préalable, qu’ils étaient convoqués à une session fin mai et mi-juin : « Mieux maitriser l’écriture et la construction d’un sujet ». Rien que ça ! Pour des journalistes d’expérience cela est pour le moins cocasse, mais c’est surtout particulièrement humiliant. Dans le détail, cette formation s’adresse à des quasi-débutants.

Nous ne sommes pas opposés par principe à ces formations, mais elles doivent être évoquées dans les entretiens annuels et adaptées à un déroulement de carrière. En aucun cas elles ne peuvent être imposées de cette façon.

Certains cadres osent même dire qu’ainsi les journalistes concernés pourront travailler sur toutes les éditions. Il y aurait donc un casting  ? Première nouvelle alors que quand nous dénonçons toutes les formes d’arbitrage éditorial dans les services de la Rédaction Nationale, la direction est éternellement dans le déni.

Nous demandons donc à la direction de la rédaction nationale de remettre tout à plat. De rencontrer individuellement chaque journaliste concerné par ces convocations insultantes et ensuite d’organiser éventuellement, au plus près des besoins et dans un objectif partagé, de nouvelles sessions de formation. Mais d’ores et déjà nous soutenons celles et ceux qui, se sentant humiliés par le procédé, ont refusé la formation.

Le SNJ exige une entrevue avec la direction de l’information pour que ces méthodes ne se reproduisent plus. Et que le management pyramidal et autoritaire qui prévaut depuis trop longtemps dans cette rédaction soit enfin éradiqué.

Paris, le 24 mai 2022