Le SNJ refuse la suppression de la redevance

PREALABLE SNJ AU CSE SIEGE DES 18 ET 19 MAI 2022

Défendre la redevance n’est certes pas populaire, mais vouloir la supprimer est populiste !

Annoncée pendant sa campagne électorale, Emmanuel Macron a déjà mis sa menace à exécution. La redevance sera abrogée dès cette année.

Cette mesure dévastatrice sera inscrite cet été dans le projet de loi “pouvoir d’achat”. Oui, car le Président de la République pousse la mauvaise foi et le cynisme jusqu’à considérer, ou plutôt laisser croire, que la suppression de la redevance est un véritable coup de pouce au pouvoir d’achat des Français. En tout et pour tout, cela représente 11,50 € par mois, pour ceux qui la payent. Cette économie peut être salutaire pour celles et ceux qui sont dans le besoin, mais franchement, le tour de passe-passe est un peu gros.

Imaginer que cette somme permette aux Français de combattre les effets de l’inflation, de lutter contre la vie chère, est d’une démagogie sans limite.

Ajoutons à cela que supprimer ce que le Président réélu appelle « un impôt » revient à le remplacer par un financement de l’Etat, donc par l’argent des contribuables. Ce prétendu cadeau aux Français, on vous le donne d’un côté et on vous le reprend de l’autre. On est donc bien dans du grand n’importe quoi !

Comment seront compensés les plus de 3 milliards que rapporte chaque année la redevance, une manne qui bénéficie à plus de 60 % à France Télévisions ? Par le budget de l’Etat, une subvention décidée en Conseil des ministres qui pourra être modulée, accordée ou retirée chaque année, au gré des vents. C’est donc bien une volonté d’affaiblir l’audiovisuel public qui se profile. Un nouveau coup dur, un nouveau train d’économies demandées à l’encontre de cet audiovisuel public que le Président considérait comme “la honte de la République”.

Le SNJ ne peut accepter cette nouvelle attaque en règle et France Télévisions au budget déjà exsangue, ne pourra en aucune manière sortir indemne de nouvelles coupes claires. Dégâts de la Rupture conventionnelle collective, la RCC que nous n’avons pas validée, emploi en berne, CDD en danger… Et à tout ce lot de mauvaises nouvelles, vient maintenant s’ajouter la suppression de la redevance. Il y a de quoi inquiéter les salariés de France Télévisions mais aussi tous ceux qui participent à faire de notre entreprise une incontournable force.

Notre indépendance est en jeu, elle passe par un budget pérenne, qui ne varie pas en fonction du bon vouloir des députés ou du gouvernement. Ce que semble préparer l’actuelle majorité met en danger l’information de Service Public en s’attaquant une nouvelle fois aux moyens nécessaires pour la produire.

Le SNJ demande de toute urgence à être reçu par Emmanuel Macron, sans même attendre l’issue des prochaines élections législatives. Nous voulons une remise à plat de ce dossier plus que sensible. Il en va de l’avenir du Service Public, de sa crédibilité et même de son existence. Par cette décision dogmatique, celui qui prétendait représenter le camp républicain face au danger de l’extrême droite est en train de s’en prendre ostensiblement à l’un des piliers de notre démocratie.

Paris, le 18 mai 2022

L’urgence du pouvoir d’achat

L’amélioration du pouvoir d’achat de l’ensemble des salariés de France Télévisions constitue cette année – du fait d’une inflation galopante d’environ 5% – une priorité absolue ! Un préalable nécessaire pour que les mesures individuelles conservent  leur rôle de jalons dans une progression de carrière. 
Articuler mesures générales, catégorielles et individuelles paraît plus nécessaire que jamais pour corriger les inégalités constatées dans l’entreprise.

Le SNJ propose une augmentation des minimas garantis sur lesquels sont calculées les primes d’ancienneté.  Augmentation qui bénéficiera également aux nouveaux recrutés.

Le SNJ demande de prendre en compte le recul de l’âge moyen de départ à la retraite des salariés de France TV en prolongeant les grilles d’ancienneté :
• Prolongation jusqu’à 40 ans du calcul de la prime d’ancienneté PTA et métiers artistiques.
• Instauration de 2 nouveaux paliers pour les journalistes pour 35  et 40 années d’ancienneté professionnelle.

Le SNJ exige la mise en œuvre d’un plan spécifique pour les journalistes de la filière reportage, victimes d’un blocage dans le déroulement de leur carrière. Nous avons répertorié 260 journalistes en CDI  ayant  plus de 15 ans d’ancienneté professionnelle sans être JS ou plus de 20 ans sans être GR1. Ils représentent respectivement 10 % des membres de la filière reportage ayant entre 15 et 19 ans d’ancienneté professionnelle et 20 % de celles et ceux qui ont 20 ans ou plus d’ancienneté professionnelle. 260 journalistes pour lesquels le positionnement reconnu pourtant comme « normal » en 2012 par la direction au moment de la transposition journaliste n’est pas respecté.

L’ampleur de l’effectif concerné par ce grave dysfonctionnement prouve que déclarer ces salariés en retard comme « prioritaires » pour l’attribution d’une mesure individuelle n’est pas suffisant. Seule l’instauration d’un automatisme à 15 et 20 ans pour passer en JS et en GR1 réglera le problème. Il en va de même pour les changements de palier de GR1 à GR5, pour lesquels un mécanisme de progression garantie doit être introduit. C’est le seul moyen pour que les journalistes de la filière reportage bénéficient d’une véritable évolution de carrière, au même titre que ceux de la filière encadrement.

Face aux différentes crises politiques, sociales et écologiques dont les conséquences néfastes n’ont pas fini de se faire sentir sur les prix à la consommation, le SNJ souhaite une augmentation substantielle de l’enveloppe salariale. La direction doit nous présenter un plan à la hauteur de la période que nous traversons qui permette de corriger les effets de l’inflation et de mettre fin aux trop nombreuses injustices sur nos fiches de paie.  

Paris, le 16 mai 2022

Accord collectif, pas self service !

AFFAIRE « CANTINE FERMÉE » SUITE…

La Direction de Réunion La 1ère aurait-elle l’impression que l’accord collectif est un “menu au choix” ?

Le 28 janvier 2022 nous avons dénoncé en CSE le non paiement des primes dites de “cantine fermée”.
Nous avions reçu une réponse satisfaisante, aux allures de mise en bouche :

« Cette prime est due. Et il s’agit maintenant d’automatiser son traitement, j’ai cru comprendre qu’il y a eu un petit trou dans la raquette en 2021. (…) nous allons rétablir et mettre en place le côté automatique de ce versement pour 2022 (…) et une fois que c’est lancé, on regarde sur 2021 pour régulariser ce qui est à payer. L’important c’est que cette prime est due, voilà. »
(Verbatim complet sur simple demande)

Pourtant, sans nouveaux éléments concrets deux mois et demi après, nous avons dû (“deuxième service”…) renouveler notre alerte en rappelant les textes qui s’appliquent :
https://snj-francetv.fr/il-est-lor-monseignor/

Lors du CSE d’avril, une nouvelle question collective a été posée. Elle a reçu une réponse écrite surréaliste :
« La rétroactivité ne peut concerner que les périodes sur lesquelles les Gestionnaires de paye ont la main, soit sur la GTA soit sur les 16 dernières semaines soit début janvier 2022 ».

En clair, la direction prend 3 mois pour déclarer qu’elle ne peut agir que sur les 4 mois précédents.
C’est un peu comme faire bombance dans un restaurant en faisant exprès d’avoir oublié son portefeuille.

Ce revirement injustifiable scandalise le SNJ et aurait dû faire bondir les élus autour de la table.
Dans les réponses formelles faites en CSE, il ne peut y avoir “à boire et à manger”.

L’argument informatique est tout simplement HORS DE PROPOS.
La direction locale le sait, il y a toujours des moyens pour régulariser et, dans le cas présent, l’outil informatique est au contraire une aide précieuse pour recenser toutes les primes dues depuis 2021, voire avant.

Nous adressons une demande simple à la Direction :

Respectez les salariés (et leur pouvoir d’achat) !
Respectez l’accord collectif !
Respectez votre parole !

La Réunion, le 11 mai 2022

Faux départ

Déclaration liminaire des élus SNJ au CSE Réseau

Nous voici donc réunis pour inaugurer un nouveau mandat de 3 ans dans cette instance censée représenter plus de 3000 salariés. Nous profitons de cette première réunion ordinaire pour souhaiter un bon mandat à tous les élus, notamment à ceux qui viennent de s’engager courageusement.

Cette première réunion ordinaire devrait s’engager sous les meilleurs auspices. Mais d’ordinaire, elle n’aura sans doute que le nom « administratif ».

La plupart d’entre nous avons porté cette nouvelle représentation des salariés sur les fonts baptismaux lors d’un premier mandat éprouvant.

La tâche s’annonce d’ores et déjà bien rude.

Il y a eu, bien sûr, la crise sanitaire qui a pesé sur l’exercice du mandat précédent, mais aussi des dossiers lourds à gérer, notamment en matière de santé et de sécurité au travail.

Nous avons connu les limites d’une instance unique pour peser réellement sur la vie quotidienne de nos antennes, tant les dossiers s’accumulaient dans des ordres du jour débordés qui nous ont obligés à repousser certains points pour en privilégier d’autres.

La mission qui nous attend et qu’attendent les salariés de nos mandats est immense …

Et malgré les alertes sur la santé qui n’ont pas cessé de se multiplier et qui se poursuivent, la direction n’a rien trouvé de mieux à faire que d’assigner par voie d’huissiers les 8 membres de la nouvelle CSSCT ainsi que le secrétaire de l’instance.

La proposition de la DRH de l’entreprise en ouverture de réunion vient en partie répondre à la demande des élus .

Mais il conviendra néanmoins d’aller plus loin en revoyant les moyens accordés à cette commission importante.

Ce nouveau mandat a bien failli débuter par un bras de fer relativement déplorable.

L’inspection du travail vous rappelle d’ailleurs régulièrement vos obligations.

L’inspectrice du travail de Bordeaux vous l’écrivait très formellement il y a peu en précisant : « il ne s’agit plus de réparer les dommages dûs aux accidents, mais de promouvoir la santé avec la mise en place d’un environnement de travail favorisant la santé des salariés », fin de citation.

Voilà qui n’augure rien de bon pour un dialogue social apaisé et constructif, répété à satiété par notre directeur de réseau qui se révèle empêtré dans ses contradictions et peu enclin pour l’instant à joindre les actes aux paroles.

Et pourtant ne faudrait-il pas faire front ensemble ? S’engager dans une « alliance », puisque c’est un sujet d’actualité ?

Car les dossiers entamés dans la précédente mandature restent nombreux et, pour certains, toujours en souffrance.

L’ersatz de régionalisation continuera-t-il à produire des dégâts dans les antennes dépourvues de réels moyens pour présenter à nos publics des programmes et des sessions d’information dignes de ce nom ?

L’arrivée d’une plateforme numérique commune avec Radio France où la mobilisation de nos confrères sous forme de grève du clavier ne lasse pas de nous inquiéter pour la pérennité de nos propres sites, de notre marque et de l’incohérence éditoriale qui a déjà fait ses preuves en plusieurs semaines d’existence.

Et encore la plateforme ICI n’est pas partout… l’appli est répertoriée, pour l’instant seulement, sur androïd.

Les conséquences du plan de rupture conventionnelle collective ont achevé de mettre en péril la structure de l’emploi, occasionnant souffrances et surcroit de travail.

Les exemples navrants de tentative de suppression de monteurs à Lyon pendant les congés ou de non remplacements de scriptes, comme à Antibes, mettent en péril notre mission d’information régionale.

L’entêtement à imposer un déménagement d’Antibes à Nice, contre le consentement des salariés, sans aucun plan de prévention des RPS et avec des aménagements envisagés comme si le Covid n’avait pas existé, est un dossier de plus où la direction se bouche les oreilles et se met la main sur les yeux, décision souveraine de la présidente oblige.

Enfin, la perspective d’une suppression de la redevance annoncée par le gagnant de la présidentielle nous pose la question de la survie même de l’audiovisuel public dans une démocratie parlementaire soumise au bon vouloir d’un gouvernement encore incertain.

Bref, il n’y aura pas de période de grâce de 100 jours.

Sauf à ce que vous rétablissiez très vite la confiance par des actes forts.

Sur tous ces dossiers, les représentants du SNJ s’engagent plus que jamais à travailler dans le partage efficace et pour un dialogue renouvelé, afin de défendre l’intérêt de tous les salariés dans un service public fort face à une concurrence féroce.

Paris, le 4 mai 2022

CSE Siège du 27 avril 2022 : notre compte-rendu

Parmi les points abordés lors de ce CSE (Comité Social et Économique) du Siège : bilan de la précédente mandature, politique du déménagement permanent, demande de dérogation horaire non justifiée au Festival de Cannes, alerte du SNJ sur le service prise de son !

Nous condamnons l’atteinte à la liberté d’informer !

Débat du 2eme tour interrompu par des manifestants

Ce devait être un moment de confrontation de points de vue, d’échanges verbaux parfois âpres comme l’engagement politique le réclame parfois.

Sur notre plateau extérieur de Bastia hier soir, les principales sensibilités politiques étaient représentées, dans une temporalité particulière, où la question corse s’invite au plus haut sommet de l’Etat.

Mais à l’issue du second tour de la présidentielle, nos téléspectateurs ont été privés de débat après des jets de pétards tirés par un groupe de personnes. Ces mêmes personnes qui se plaignent, à tort, de ne pas avoir droit de cité dans les médias.

Dans ce moment de confusion où le propos devenait inaudible, la rédaction en chef a pris la décision de reprendre l’antenne.

Les syndicats SNJ et UNSA condamnent ces façons de faire, apportent leur soutien aux équipes de techniciens et de journalistes, et réaffirment avec force l’importance de la liberté de la presse. Outil indispensable pour informer et décrypter objectivement, librement. 

Bastia, le 25 avril 2022

Le débat autour du débat

Une délégation du SNJ a été reçue par le directeur de l’information et le directeur de la rédaction nationale. Une rencontre que nous avions réclamée dans notre communication syndicale du 13 avril dernier.

http://snj-francetv.fr/debat-de-lentre-deux-tours-la-direction-doit-nous-defendre/

Alors que nous nous interrogions sur cette triste tradition de candidats qui choisissent les journalistes pour ces débats, le directeur de l’information nous a clairement dit que cela ne fut pas le cas pour celui entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Pour la bonne et simple raison qu’Anne-Sophie Lapix n’aurait jamais été pressentie par France Télévisions pour animer ce débat. Laurent Guimier nous a répondu que dès le mois de janvier, en accord avec TF1, il avait été proposé un duo de présentateurs aux 5 principaux candidats, à l’époque les mieux placés dans les sondages. Et que dès le lendemain du premier tour, après échanges le dimanche soir avec les équipes des qualifiés, Léa Salamé et Gilles Bouleau étaient annoncés officiellement à la presse.

Mais pourquoi Marine Le Pen et son fidèle second ont-ils polémiqué dans les médias autour du refus d’Anne-Sophie Lapix ? Vos représentants restent perplexes, mais n’ont bien sûr aucune raison de mettre en doute la version de nos dirigeants. Des directeurs qui précisent comme pour démontrer qu’ils n’ont rien subi dans cette affaire qu’ils ont obtenu par exemple que des plans d’écoute puissent être faits pendant le débat, ce que les candidats refusaient dans un premier temps.

Voilà donc la réponse à ce qui serait donc une fausse polémique, d’après la direction, voire une manipulation de la candidate du Rassemblement National. Sans l’expliquer ni en comprendre d’ailleurs l’intérêt. Par la suite, Marine Le Pen a également refusé de venir au 20 heures jeudi et vendredi dernier, alors qu’Emmanuel Macron était reçu par Anne-Sophie Lapix le jeudi, au lendemain du débat.

A vous alors de vous faire une idée de ce triste épisode qui se répète avant chaque débat d’entre-deux-tours. Nous sommes garants de cette indépendance non négociable. Notre direction affirme la défendre à la place qui est la sienne. Dont acte… L’indépendance c’est aussi une question de budget pour pouvoir faire notre travail en toute liberté. Le président réélu s’est engagé sur la voie de la suppression de la redevance. Espérons que nos dirigeants sauront, pour une fois en matière budgétaire, ne pas accepter tous les diktats de la tutelle.

Paris, le 25 avril 2022