L’info avant tout : compte-rendu SNJ du CSE Siège des 25 et 26 janvier 2023

De Tempo, avec la suppression annoncée des éditions nationales de France 3, à Campus qui prévoit de réduire drastiquement le nombre de sites du Siège !

La direction de la Sécurité sur la sellette après les tirs sur la façade de France Télévisions. Et le ras-le-bol de vos élus trop souvent victimes de harcèlement ou discrimination syndicale !

CSE réseau des 25 et 26 janvier 2023 : notre compte-rendu

Ce premier CSE de l’année s’est révélé particulièrement chargé.
Vos élus et représentant syndical n’ont pas manqué d’interpeller la direction du réseau sur les dangers qui pèsent sur les salariés avec la programmation jusqu’à l’absurde de Tempo à l’horizon de septembre.

Il a été question aussi de rapports d’expertises édifiants sur l’absentéisme et les bugs de « open média » ainsi que d’un compte-rendu très détaillé sur la lente croissance de l’égalité professionnelle.
Bref, ce fut pour le moins dense. Lire ici notre liminaire.

En réponse à nos interrogations, Philippe Martinetti a annoncé la résurrection de la Casar* au moins jusqu’en octobre. Cette commission d’ajustement et d’évaluation des projets de régionalisation reprend donc du service dès février afin de ne perdre aucun wagon du TGV Tempo lancé à trop vive allure dans un tunnel sombre et vers un futur à la fois proche et incertain.

La première réunion de la Casar devra établir une photographie des potentiels dans chaque région avec un expert Secafi pour assister aux échanges.
Autre nouvelle annoncée par la tête pensante du réseau : l’information-consultation du CSE sur la régionalisation (qui induit l’application Ici France 3 / Radio France, la régie automatisée Overdrive testée à Strasbourg et la énième réforme numérique) sera repoussée à octobre prochain.

« Les JT communs ne seront plus l’alpha et l’oméga de la promesse éditoriale », déclare en fanfare le directeur qui promet 24 éditions régionales autonomes « sans baisse d’ETP au budget », mais c’est connu, les promesses n’engagent que ceux… Devant la multiplication des éditions partagées (confère le tract intersyndical Rhône-Alpes et Alpes), Philippe Martinetti annonce avoir confié une mission sur ce sujet à la directrice de l’information du réseau, Isabelle Staes.

Tempo, le projet de trop

Préalable SNJ au CSE Siège du 26 janvier 2023

Image : P-L C

Jusqu’à présent, on pouvait considérer que nous étions dans le procès d’intention. Mais à la lecture du projet Tempo, nous sommes en fait loin du compte. L’intention stratégique entre donc en ce mois de janvier dans sa phase d’information / consultation. Mais au-delà de ces 77 pages indigestes, c’est tout un projet qui a beaucoup de mal à passer. Le point de départ, déjà, est et reste une ineptie.

Non, « Tempo » n’est pas une régionalisation digne de ce nom, c’est une réforme « low-cost ». En illustration, ces mots de la présidente Ernotte en Comité Social et Economique Central. Alors que les élus SNJ affirment ne pas comprendre la suppression des éditions nationales de France 3, pourtant très regardées, la présidente répond en substance : « Certes mais aujourd’hui c’est compliqué de maintenir 2 journaux nationaux le midi et le soir, notamment vis-à-vis des politiques. Il y a une forte pression sur France 3, et Tempo c’est aussi une réponse à cela. Maintenir les éditions nationales ce serait exposer France 3 aux attaques ».

Voilà comment expliquer qu’un soi-disant projet de régionalisation n’est en fait qu’un message envoyé à la tutelle. Et en monnaie d’échange, nous, salariés de la rédaction nationale, nous, acteurs de l’information au quotidien, nous, qui portons haut les couleurs du Service Public. Voilà donc de quoi Tempo est le nom : un sacrifice déguisé en réforme volontariste.

Comme la suppression du Soir 3, comme la fusion des rédactions nationales, comme le 18H30 ou la fermeture de certaines locales en régions. Une politique de gribouille qui nous emmènera dans le mur. En supprimant d’un côté et en ne développant rien de l’autre, c’est bien tout un édifice qui sera fragilisé.
Cette articulation locale, régionale, nationale et internationale qui donnait satisfaction au public est dissoute par Tempo. Et ce que nous présente l’équipe projet aujourd’hui n’a tout simplement aucun sens, aucune direction, et n’a qu’un seul point de départ qui est aussi le point d’arrivée. Un point final à l’histoire des éditions nationales de France 3.  Nous démontrerons dans les débats qu’à chaque page, tout est contradictoire et que surtout, au bout du compte, l’information nationale et internationale telle que proposée aujourd’hui n’aura que très peu de place sur les antennes régionales. On ne comprend rien aux découpages possibles de ces 24 nouvelles tranches, on ne comprend rien sur ce que sera demain le travail des différents services de la rédaction nationale. On ne sait pas ce qui sera produit ici, ni comment, ni pourquoi. Avant de se poser la question de l’avenir de nos emplois, nous pouvons être très sérieusement inquiets pour notre travail, car oui nous avons une conscience professionnelle, contrairement à ceux qui prônent la co-construction en pratiquant la seule destruction.

Rien n’est réellement dit clairement non plus sur les dégâts à venir concernant l’emploi. Que vont devenir les équipes dédiées des journaux (encadrement, scriptes, responsables d’édition, présentatrices), les CDD (par exemple à l’édition), les journalistes qui ne seront plus concernés par les journaux de France 2, dans une maison où le casting n’a jamais cessé ? Le volet « accompagnement » reconnait en creux que nous allons, nous, journalistes et les équipes qui travaillent avec nous, devenir des producteurs de contenus et perdre ainsi ce qu’est l’essence de notre métier !

Nous avons bien fait de refuser l’accord de méthode qui n’aurait fait que reculer l’échéance de ce supplice chinois commencé en juillet 2022.

Depuis ce moment, Tempo pèse au quotidien sur notre vie professionnelle et personnelle. Il n’ouvre aucune perspective, si ce n’est l’encouragement d’un accompagnement vers la sortie. Mobilité, rupture conventionnelle comme issues de secours ? C’est lire entre les lignes peut-être. Mais quand il est écrit « maintien des effectifs actuels » sans saisir ce que sera l’activité de chacun, on y voit sans exagérer un processus de déprofessionnalisation, de déclassification, qui n’a rien de très motivant, loin de là. Le SNJ ne milite pas pour avoir raison. Mais nous avions prévenu des conséquences de la fusion dès sa mise en place. Tempo n’est qu’un prolongement de cette destruction programmée de la partie nationale de France 3.

Mauvais pour le Siège mais aussi mauvais pour les rédactions régionales. Rien de neuf ne sera mis à l’antenne, le tout à moyens constants. Ne soyons pas sans réaction ! face à ce projet qui n’est qu’un deal entre pouvoir et présidence. Ne soyons pas sans voix face à ce sacrifice qui n’a rien d’éditorial. Soyons fiers de ce que nous sommes en nous opposant à ce projet de toutes nos forces.

Paris, le 26 janvier 2023

L’année de tous les dangers

Liminaire SNJ au CSE Réseau des 25 et 26 janvier 2023

Le SNJ vous souhaite tout d’abord ses meilleurs vœux pour cette année 2023 qui va s’avérer cruelle pour les éditions nationales de la 3 qui sont sacrifiées tant l’obstination aveugle de la présidence pour « repenser l’info » (ce sont ses propres termes prononcés en comité de groupe) nous plonge dans l’expectative et l’inquiétude.

Sachez M. le directeur, que vous trouverez toujours notre syndicat vent debout face à ce projet funeste et clivant qui impacte un réseau toujours dépourvu de réels moyens pour exercer sa mission de service public et qui efface d’un trait grossier une information nationale de qualité qui exposait aussi les reportages régionaux.

D’ailleurs à ce sujet, qu’advient-il de la CASAR qui est tombée en désuétude malgré vos promesses de fin d’année ?

Cette commission d’aménagement et de suivi nous paraît indispensable pour ne pas perdre le fil décousu du tempo et celui des autres projets de la « régionalisation », tous liés les uns aux autres et aux outils.

Mais le terme « régionalisation » étant désormais banni du langage de la direction, doit-on penser que Tempo ne concerne dorénavant que l’information nationale ? Car en régions on ne voit toujours pas à quoi ressembleront vraiment les éditions « ici midi et ici soir », dont la direction veut accélérer la mise en place jusqu’à l’absurde.

Avec une inflation galopante qui impacte l’ensemble de nos concitoyens et les salariés du réseau, il est temps de redéfinir une vraie politique salariale, transparente et partagée, où les plus anciens ne seraient pas les oubliés ainsi que les élus du personnel.

À l’heure où l’échec cuisant de la plate-forme Salto et sa gabegie financière s’affichent dans la presse, la direction peut s’enorgueillir d’avoir consacré un demi-million pour rattraper des écarts de salaire, mais cela paraît dérisoire tant les disparités subsistent dans un réseau fort de 2 642 ETP.

Une politique salariale juste et équitable s’impose plutôt que de réaliser au coup par coup des saupoudrages très partiaux.

En matière d’emploi, force est de constater que l’ensemble des départs en retraite ou en RCC n’a pas été remplacé.

Après on va nous faire croire que le réseau est à l’équilibre et que nous ne perdrons pas d’ETP alors que la saignée se poursuit au compte-goutte, cette fois par une direction toujours plus avide d’économies pour satisfaire la tutelle.
Et que dire des journaux partagés ou communs entre plusieurs antennes qui s’intensifient en 2023 pour atteindre parfois un tiers de l’ensemble des éditions ?

C’est là que se niche la baisse des ETP dans des régions pourtant peu riches en effectifs.

Est-ce ainsi que vous prétendez assurer les 2 fois 40 minutes supplémentaires générées par le projet Tempo  ?

Sur l’absentéisme que nous évoquerons ensemble, l’expertise révèle un problème organisationnel et un défaut de prévention primaire du côté d’une direction qui se retranche derrière une vision purement statistique en oubliant parfois de relever des accidents du travail en tant que tels.

Un absentéisme qui touche majoritairement les journalistes qui, comme les techniciens du réseau qui concourent à l’information, vivent au rythme – j’allais dire au tempo – permanent de réformes, des changements organisationnels et techniques depuis 15 ans.

Par ailleurs, une autre expertise révèle que les gains de productivité escomptés pour « open média » sont plus modestes que prévu en raison des bugs répétitifs et de la charge mentale générés par cet outil voulu à tout prix par la direction. Encore un changement imposé, alors que les effets du déploiement de la phase 1 et les changements récents ne sont pas réellement impactés.

Alors oui, le SNJ formule le vœu pour cette nouvelle année que cette escalade s’arrête enfin, que l’humain revienne vraiment au centre de tous ces projets au bénéfice des salariés, et pas d’abord au bénéfice de l’entreprise ou à son image.
Que France Télévisions, et en premier lieu son réseau régional appelé à devenir la vitrine de France 3, intensifie sa recherche de nouveaux financements plutôt que de faire incessamment des économies sur le dos des salariés !

Paris, le 25 janvier 2023

CSE Siège – Compte-rendu des 5 et 6 décembre 2022

Un nouvel affront de la direction, avec un mensonge de plus, cette fois sur la suppression de Passage des Arts, Pas de Tempo comme cadeau, c’est le vœu du SNJ, et un Coup de froid sur le CSE du Siège par manque de chauffage ! Vos élus n’avaient pas encore reçu les doudounes sans manches … 

Pour lire le compte-rendu du CSE Siège, cliquer ci-dessous

CSE Réseau des 7 et 8 décembre 2022 : notre compte-rendu

L’heure du bilan pour le dernier CSE de l’année

La réunion de ce CSE de décembre s’est déroulée dans un climat beaucoup plus apaisé grâce à l’effort de l’ensemble des élus et de la direction sur la situation très dégradée à France 3 Côte d’Azur.

Sur beaucoup des points à l’ordre du jour néanmoins, la vision de la direction du réseau est apparue à vos élus SNJ assez éloignée de la réalité du terrain et du quotidien des salariés. Lire notre liminaire « Objectif lunaire et au-delà » !

Le directeur du réseau a tenu à dresser un bilan positif de l’année 2022 en reconnaissant que « beaucoup de choses restent à améliorer ». 2023 verra la présentation d’une nouvelle organisation du numérique, la poursuite de la coopération avec France Bleu « quand cela a du sens » et la poursuite des prises d’antennes thématiques et des retransmissions sportives. Philippe Martinetti affirme que son ambition est de « continuer avec humilité d’être à l’écoute de l’ensemble des personnels avec le souci de donner des perspectives »…nous saurons lui rappeler dans les mois qui viennent.

Au menu de ce CSE :

-Le point sur le projet Tempo

-Bilan et perspectives du parc des caméras dans le réseau

-Bilan mensuel santé et conditions de travail

-Inquiétudes au service de la vidéographie de la Fabrique à Nancy

-Bilan 2021 du Handicap

-Le plan de formation pour 2023

Objectif Lunaire et au-delà…

LIMINAIRE SNJ AU CSE DES 7 ET 8 DECEMBRE 2022

Il y a quelques jours nous apprenions qu’une Française de 40 ans, Sophie Adenot, venait d’être choisie par l’agence spatiale européenne pour la nouvelle promotion d’astronautes. Une âme d’exploratrice, parait-il, qui rêvait depuis toute petite du cosmos, des planètes et d’apesanteur…

En lisant les documents pour cette réunion du CSE de décembre, on ressent parfois aussi un curieux flottement, un décalage spatio-temporel, un style de langage très « Bienvenue à Gattaca ».

Comme si la direction regardait la réalité avec les yeux de Sophie, l’ingénuité en moins, depuis l’ISS.

Ainsi, l’Etat des lieux du parc de caméras parait avoir été écrit par Monsieur Spock. « Travail rigoureux …en s’appuyant sur la contribution des salariés » ; « savoir-faire de nos OPV et JRI au cœur de notre ambition » ; « pluralité des écritures » …Sur la planète réseau France 3, l’écriture image tous les jours se heurte à des trépieds cassés, des grands capteurs tant attendus qui restent dans les placards faute d’accessoires et de formations.

Mais cela ne saurait tarder nous dit-on.

Ainsi le Vaisseau Amiral Tempo continue sa tournée des régions, avec, selon le pilote, des informations pas toujours identiques, lacunaires, voire lunaires…et toujours rien de concret sur les fameux renforts qui viendraient du Siège. Une béance et un non-sens éditorial avec une rédaction nationale qui s’avance doucement vers le trou noir.

Ainsi vous prétendez poursuivre avec nous ce « merveilleux projet de régionalisation » …en essayant de priver les élus de son outil d’échanges : la CASAR. Le SNJ est opposé à la suppression de cette commission globale de suivi de ce projet stratégique, qui engage le quotidien futur des salariés du réseau et brade une organisation de travail cohérente qui placerait l’humain en son centre.

Parmi lesquels les cdd qui de plus en plus doivent choisir entre manger et se loger dignement en raison de frais de mission insuffisants au regard de l’inflation des tarifs des hôtels de plus en plus élevés. Et cela à des années lumières de la prise en compte de l’humain et de nos collègues les plus précaires. A quand des frais de mission dignes de ce nom ?

Alors certes, il y a de temps en temps quelques signes, fugaces comme de la poussière d’étoiles, qui disent « je vous ai entendus » jusqu’à ce que le mal-être, l’absentéisme, le repli sur soi dans un autre ailleurs, nous rattrapent, vous et nous !

Offrez donc pour Noël aux salariés du réseau une calculatrice pour leurs effectifs et leur budget, un kaléidoscope pour oublier votre réalité et un télescope. Parce que finalement, vous avez peut-être raison : mieux vaut regarder vers les étoiles.

Joyeux Noël à toutes et à tous.

Paris, le 07 décembre 2022