Le réseau compresseur !

LIMINAIRE DU SNJ CSE RESEAU – Décembre 2020

Après une année très éprouvante, une année hors du commun marquée par une crise sanitaire sans précédent qui nous a tous affectés, nous tirons un bilan à la fois amer et singulier.

Singulier car le réseau n’aura pas été épargné, les atermoiements de la direction pour veiller à la protection des salariés comme l’affaire du gel hydro alcoolique défectueux ou l’absence de masques auront pesé sur le moral des troupes.

La mise en place du télétravail fut tout aussi poussive et incertaine sans les moyens que doit mettre en place une entreprise moderne et responsable.

Que dire aussi de la vraie fausse prime covid, dite « exceptionnelle », qui génère des tensions, des incompréhensions dans les antennes entre salariés et qui est laissée au pouvoir discrétionnaire des seuls managers ?

Malgré cela, les salariés ont tenu leurs rangs et ils sont fiers d’avoir pu continuer à assurer un service public de l’information et la qualité des antennes au plus près des téléspectateurs.

Mais que penser des traces que va laisser cette pandémie qui perdure et à laquelle il va falloir ajouter les économies encore demandées à l’entreprise pour répondre aux difficultés du moment ?

Le réseau a déjà payé un lourd tribut en termes de perte d’ETP !

Quant aux engagements non tenus, ils provoquent amertume et dépit chez un grand nombre de salariés.

Tous ces départs massifs dans le cadre de la RCC (Rupture Conventionnelle Collective), qui ne sont pas remplacés. Et malgré tout, la direction s’obstine à faire passer au forceps une réforme de la régionalisation à flux tendus et sans aucuns moyens humains et financiers pérennes.

La restitution des fameux ateliers de réflexion est un véritable simulacre de concertation.

Chaque direction tire vers le bas ces 13 minutes supplémentaires qui seront mises à l’antenne à la rentrée avec une impréparation totale, pour ne pas dire une improvisation qui laisse à désirer.

Avec « ce projet industriel ambitieux et nécessaire », comme vous l’avez-vous-mêmes qualifié, monsieur Desnoyers, lors de notre dernier CSE, on risque désormais l’accident industriel brutal !

Avec comme corollaire, la casse méthodique des métiers et les risques psychosociaux qui gagnent du terrain chaque jour sur des personnels épuisés.

Et que dire de l’égalité femmes hommes, qui n’est toujours pas atteinte et a même reculé ?

Dans le réseau régional, malgré un deuxième mandat pour une femme à la tête de l’entreprise FTV,  le plafond de verre encore épais est toujours là.

Nous vous avons alertés à plusieurs reprises sur toutes ces questions cruciales.

Vous dites que vous entendez, certes, mais vous faites encore la sourde oreille !

C’est pourquoi le SNJ prendra ses responsabilités et étudiera tous les moyens nécessaires pour être vraiment entendu, et ce, dans l’intérêt de l’ensemble des salariés du réseau France 3.

Le 17 décembre 2020

CSE Réseau France 3 des 26-27 novembre et 4 décembre 2020 : notre compte-rendu

EN MODE CONFINEMENT, UN CSE TOUJOURS SOUS TENSION

Décidément le CSE du réseau régional France 3 vit un automne bien compliqué. Le nouveau président de l’instance, François Desnoyers, a pris ses fonctions mi-octobre mais il semble avoir un peu de mal à prendre la main sur une instance marquée jusque-là par une grande instabilité directoriale.

Les élus veulent parler de sujets généraux comme la régionalisation ou les nouvelles tranches d’information qui débutent dans à peine six semaines, mais la direction n’est pas disposée à argumenter sur le fond et elle  fait reporter ces sujets aux CSE de janvier ou février !

Des élus abordent des sujets plus concrets, comme les conditions de travail par temps de confinement hivernal… et ils se font vertement rembarrés par un DRH très nerveux ! Ce ne serait ni le moment ni l’instance pour en parler, alors que les directeurs régionaux renvoient sans cesse les questions des représentants de proximité vers le CSE !

Tour à tour étonné ou agacé par nos questions, notamment sur les moyens du futur 18h30, le nouveau directeur du réseau, malgré plus de douze heures d’échanges, n’a pas pu vraiment répondre à nos questions pourtant très diverses . Et résultat : plus de la moitié des points prévus à l’ordre du jour ont dû être reportés.

Nouveau système d’information des rédactions (NRCS) à France 3 Paris Ile-de-France.

Le NRCS se veut l’articulation de deux logiciels Newsboard et Open Média qui vont à terme remplacer Gilda au national, Mona Lisa dans les régions, inews pour les rédactions d’outre-mer, et Dalet à France Info.

Le déploiement de ces nouveaux systèmes se fera jusque fin 2023 dans le réseau régional, mais l’urgence du moment c’est F3 Paris-Ile-de-France.

Intégrées dans les outils techniques du siège, la rédaction et les équipes techniques d’IDF doivent adopter au plus vite les systèmes qui se déploient pour la rédaction nationale. D’où la consultation en urgence de notre instance.

Le responsable des équipes techniques au siège, porteur du projet informatique, se veut très rassurant. « Il n’y aura aucun impact direct sur les métiers et les pratiques… du moins dans l’immédiat », précise Romuald Rat. Pour autant, les élus n’ont pas voulu donner carte blanche à la direction sur les déploiements de ces nouveaux logiciels. Pour plus d’efficacité, ils ont simplement élargi la mission d’expertise donnée par le CSE central au cabinet Secafi, et ont chargé les experts de ce cabinet de nous donner un éclairage particulier sur ses conséquences sur l’emploi et les métiers pour tous les actuels et anciens personnels d’IDF.

Charte de téléphonie pour le projet “Un smartphone pour tous”

Au détour de ce projet de charte, les élus SNJ ont dénoncé le risque d’une atteinte au principe de la protection des sources. Si nous avons obtenu quelques promesses de modification, ces compléments sont très succincts et ne règlent pas deux problèmes essentiels à nos yeux :

  • comment fournir aux personnels non permanents, notamment aux CDD « longues collaborations », des téléphones devenus indispensables à l’exercice de nos métiers ?
  • comment protéger réellement les sources des journalistes qui nous semblent potentiellement menacées à travers ce projet de charte ?

Nous avons finalement participé à l’expression unanime des élus et organisations syndicales sur ce sujet, tout en réitérant notre demande de négociation d’un accord syndicats/direction pour mieux protéger les sources et les données des journalistes. Face à nos arguments, le directeur du réseau a bien concédé qu’à son avis « il y a là un vrai sujet. Je ne peux mengager sur louverture dune négociation mais je mengage à porter la demande de négociation sur le sujet de la protection des sources des journalistes. »

Nous vérifierons très vite si cet engagement est tenu et si ce n’est pas le cas, le SNJ entamera toutes les démarches nécessaires pour protéger les journalistes dans l’exercice de leur métier.

Compte rendu de la commission Antennes numériques et linéaires, et de l’information régionale et locale du 24 novembre 2020

A l’occasion de ce compte rendu de cette commission « Antennes », nous aurions bien voulu faire le point sur les projets des rédactions régionales pour le nouveau 18h30… mais selon le directeur du réseau, « c’est trop tôt ». Un mois et demi avant la mise en place les différents directeurs ont été incapables de nous parler concrètement de ce projet ! Chaque région devra avoir écrit le contenu de son projet au 15 décembre.

Si le directeur du réseau a repoussé le démarrage de cette tranche d’infos au 25 janvier, il précise : « Mais ce 18h30 nest pas du tout représentatif de la logique de régionalisation que je veux mettre en œuvre lan prochain. »

François Desnoyers affirme qu’il faut inventer de nouvelles méthodes mais ne dit pas lesquelles. Et il agite de possibles menaces sur le service public de télévision s’il n’est pas au rendez-vous de la régionalisation. « Mon projet, je vous le présenterai fin janvier, au plus tard mi-février ! » Difficile d’en savoir plus.

La principale contrainte pour tout le monde, c’est l’absence de moyens financiers spécifiques pour ces nouveaux créneaux, contrairement à ce qui nous avait été annoncé à la fin de l’été. Il faudrait donc faire plus d’antenne sans récupérer les moyens alloués jusque-là aux programmes du national dans la même case de programme ! Une consigne assumée par François Desnoyers :

« Dans le réseau, on va donc continuer nos projets mais en lissant [c’est-à-dire en reportant] le déploiement des France Bleu sur France 3 et on va éviter de prendre de largent dans la poche des programmes. Et leffort d’économies du réseau régional ne devrait plus être aussi haut.  »

Quant aux UTS (unités de tournage avec smartphone), présentées comme une solution pour Germain Dagognet, directeur du projet de régionalisation, « ce n’est pas une fin en soi », pour Valérie Giacomello, directrice de l’information régionale. Pour l’un, cet outil s’impose aujourd’hui, pour l’autre, les UTS ne doivent pas représenter une obligation… juste un outil au service d’un mode de narration. 

Bilan de l’emploi au premier semestre 2020

Le DRH, Olivier Godard, s’est montré peu bavard et souvent très tendu lorsque des précisions lui ont été demandées. Les élus du CSE ont pu constater qu’il y a en la matière de vrais problèmes dans la gestion RH des quelques 3000 salariés du réseau.

Le réseau régional perd de l’emploi permanent de façon importante – 94  PTA et – 42 journalistes sur un an. Ce n’est pas nouveau et ça fait mal à l’heure où le projet de la régionalisation devrait au minimum conduire à maintenir les effectifs. Seul lot de consolation, il y a un léger rééquilibrage avec plus de femmes présentes parmi les journalistes.

-10 postes en AURA, = en BFC, – 4  en Bretagne, = en Centre Val-de-Loire, – 7 pour Grand Est, – 8 en Hauts de France, – 2 en Normandie, – 12 en Nouvelle Aquitaine, – 10 en Occitanie, – 60 pour PIDF mais attention transfert de salariés PTA dans les effectifs du siège, – 3 en Pays-de-la-Loire, – 13 en PACA, – 10 pour les services centraux du réseau. Y compris DRH, qui conserve plus de 90 postes.

Sans compter une perte d’effectifs de 27 postes pour la Fabrique.

Le plus dur à encaisser c’est que cette perte de postes de permanents s’accompagne d’une réduction très forte des CDD et intermittents : au global – 72,3 ETP (équivalent temps plein) pour les PTA, et – 21 ETP de journalistes. Et par région AURA – 6,9, BFC – 4,2, Centre-Val-de-Loire – 6,4, Grand Est – 9,5, Hauts de France – 14,1, Normandie – 5,3, Nouvelle Aquitaine – 10,5, Occitanie – 14,1, Paries-Ile-de-France – 17,1, Pays de la Loire – 1,8, PACA – 4,9.

A noter que ces réductions d’ETP concernent très majoritairement les PTA, sauf en Nouvelle Aquitaine et en Occitanie. Cette dernière région est même la seule où la réduction d’ETP CDD concerne majoritairement les journalistes.

La commission a également souhaité faire un focus avec beaucoup d’interrogations sur l’organisation du service RH du réseau ce qui a, à nouveau, passablement agacé son directeur. Le DRH Réseau s’est contenté de renvoyer à la présentation prévue en CSE central d’une nouvelle organisation de la RH de France Télévisions.

Les grandes lignes du plan de formation

Côté plan de développement des compétences, les élus de la commission ont souligné l’absence de présentation des orientations du projet stratégique de formation, ce qui a conduit le DRH Réseau à présenter le projet de plan 2021 comme un outil se construisant et s’adaptant en permanence, « au fil de l’eau ». Les élus ont reconnu la nécessité de s’adapter à ces circonstances exceptionnelles comme les épisodes de confinement et la crise sanitaire, mais ils ont estimé que cela n’exonérait pas la direction de présenter ses véritables intentions de formation et également de distinguer entre les formations obligatoires et non obligatoires.

Là encore, malgré la volonté de dialogue affichée par le Président de la commission, les élus qui y siègent ont du faire leur travail d’analyse avec des informations incomplètes ou mal mises en forme. Sans nier l’effort global de formation réalisé par FTV, les élus ont pointé ces carences importantes dans la présentation qui leur en a été faite.

Santé au travail : compte rendu des CSSCT extraordinaires du 23 novembre 2020 et du 1er décembre 2020.

Les points « Santé, sécurité et conditions de travail » ont donné lieu encore une fois à des échanges très tendus.

A la demande de la direction, les élus devaient en urgence donner leur avis sur les 23 Papripact (programme annuel de prévention des risques). Mais ni les membres de la commission SSCT ni les élus du CSE n’ont eu connaissance de ces documents suffisamment en avance pour rendre un avis motivé et éclairé. D’où une résolution très critique votée à l’unanimité des élus, par laquelle ils demandent au CSE central de rendre un avis négatif sur la politique de prévention des risques à FTV.

Puis la rapporteuse de la CSSCT a poursuivi la lecture des comptes rendus par le rapport d’enquête pour danger grave et imminent concernant une salariée de Grenoble détachée au siège. Cette enquête menée conjointement par une élue et une RRH représentant la direction a listé un certain nombre de préconisations très concrètes, dont certaines n’ont pas encore été réalisées. 

Mais déstabilisé par cette présentation, le DRH du réseau a souhaité y mettre un terme brutalement. Après discussion, il a été décidé de remettre à la CSSCT du 9 décembre les échanges sur ce rapport d’enquête et que la question reviendrait de façon plus synthétique au CSE des 17 et 18 décembre. Une décision prise après des échanges assez houleux, le DRH prenant à partie nommément certains élus et les accusant de mettre de l’huile sur le feu.

Des propos clairement menaçants auxquels le président a mis un terme en levant la séance. La suite du rapport de la CSSCT aura donc lieu au prochain CSE, avec encore des gros dossiers suite aux expertises ou enquêtes menées dans les antennes de Côte d’Azur et de Lorraine.

Prochain CSE, en visioconférence les 17 et 18 décembre 2020

Vos élus et représentants syndicaux SNJ :

Jean-Manuel Bertrand, Myriam Figureau, François Ollier, Hervé Colosio et François Latour

L’émotion, mauvaise conseillère…

PREALABLE CSE SIEGE DU 4 NOVEMBRE

Bien sûr, l’heure est à la solidarité ! Notre métier n’est pas hermétique aux douleurs du monde. Nous sommes des témoins privilégiés, pas des citoyens sans humeur. Être aux premières loges de l’horreur, pousse souvent à s’endurcir mais n’oblige pas à ne plus rien ressentir. 

L’honnêteté de nos propos percute des murs de provocations. Trop souvent, nos mots mesurés ne pèsent pas lourd face aux messages de haine, notre neutralité nous laisse parfois sans armes face aux surenchères. Pour autant, nous ne devons pas servir de marchepied aux extrémismes, à ceux qui remettent en cause l’état de droit, à ceux qui fracturent à dessein notre société. 

Nous devons apporter de la sérénité, du recul, des explications ! Ne pas faire d’une polémique une aubaine mais la décoder, la mettre en perspective, et la dénoncer si elle est nauséabonde au regard de nos règles et de nos lois. Privilégier le travail d’enquête et non le micro-trottoir du bas de la rue. Ce n’est pas d’un prétendu journalisme de solutions dont nous parlons mais bien d’une solution pour le journalisme. Revenir aux fondamentaux, sans parti pris idéologique ! Mais redéfinir des angles, échanger avec nos pairs, ne pas faire de hiérarchie entre des donneurs d’ordres, et des équipes sur le terrain qui sont malheureusement reléguées au rang de prestataires ! La seule hiérarchie qui tienne c’est celle de l’information, le reste n’est qu’organisation.

Les crises que nous traversons posent à nouveau les questions que les crises précédentes posaient également. Nous défendions déjà les mêmes valeurs, celles que le SNJ défend inlassablement. Mais on préférait voir en nous des « idéologues », comme si nous ne participions pas au quotidien à l’effort d’information. Comme si l’expression syndicale ne représentait pas ici des reporters et des techniciens qui, chaque jour, concourent à cette mission de Service Public. Comme si nous regardions tout cela de loin. Non, le SNJ ce n’est pas cela ! 

C’est le terrain qui nourrit notre expérience et notre propos au quotidien. Dans les rédactions, nous portons ce nécessaire débat éditorial devenu une exception alors qu’il devrait être la règle ! Et il n’est pas question ici d’opposer les journalistes entre eux ! Non, ici nous en appelons à cet incontournable sursaut qui doit, au pire des moments pour notre démocratie, jouer pleinement son rôle ! 

Ramener le pluralisme de l’information sur le devant de la scène. Ne pas oublier que la pandémie et les terribles attentats terroristes de ces dernières semaines ne doivent pas éclipser le reste de l’actualité du monde. Ne pas occulter que ces sujets qui nous inquiètent tout autant à titre personnel, ne doivent pas être traités par la seule émotion, même si elle est grande. Il faut interroger les contradictions du pouvoir en place et les manquements des précédents, il faut dénoncer la communication quand elle se pare injustement des vertus de l’information, il faut expliquer à ceux qui soufflent sur les braises qu’ils sont aussi dangereux pour la démocratie que ceux qu’ils dénoncent. 

Nous ne nous plaçons au-dessus de personne, bien au contraire. Mais ce que nous dénonçons ici, c’est que nous ne sommes pas sollicités au quotidien pour penser nos journaux… juste pour les fabriquer. Pas pour les construire mais les alimenter. Et qu’on ne nous oppose pas l’argument de la distanciation physique qui empêcherait TOUT DÉBAT éditorial, c’était déjà le cas avant ! Distanciation, un drôle de mot d’ailleurs quand nous journalistes, nous avons besoin de prendre du recul, de la distance, et ce n’est pas la même chose…

Nos journaux montrent la force de nos rédactions partout dans le monde, et l’investissement de nos équipes n’est pas en question. Doit–on se taire parce que les crises nous ébranlent ? Nous avons répondu non à chaque fois ! Il en va de cette nécessaire confiance du public et de la crédibilité de nos offres, qui doivent rester une référence.

Paris, le 4 novembre 2020

Compte-rendu du CSE du réseau France 3 des 29 et 30 octobre 2020

Pour cette première réunion sous la présidence du nouveau directeur du réseau régional, François Desnoyers, ce fut un CSE à la mode « Halloween », à demi nomade et à demi masqué. Puisque la réunion s’est tenue sur une matinée le premier jour, pour permettre aux élus présents à Paris de regagner leurs belles provinces. Et une seconde journée entièrement en visio-conférence… ce qui devrait être encore le cas pour quelques semaines.

Confinement à la saison des citrouilles

La première partie des débats a concerné le nouveau confinement, annoncé la veille par le Président de la République, avec des règles très différentes de celles du printemps pour les antennes de France 3. Un mode d’emploi que vos élus SNJ vous communiquaient dès ce premier jour de réunion. Cette fois, en effet, chacun garde son propre JT, sa ou ses éditions locales et ses émissions de l’antenne. Ce qui change beaucoup la donne et la jauge à l’intérieur de nos locaux. Le télétravail, pour tous ceux qui peuvent travailler à distance, étant de nouveau d’actualité.

Un confinement 2 avec deux mots d’ordre : maintenir le plus haut niveau d’activité possible et accorder une attention toute particulière aux salariés en télétravail.

Ce qui implique en premier lieu de ne pas faire de JT grande région. Pour Patrice Schumacher, directeur des programmes, « si toutefois nous n‘avions pas des effectifs suffisants, nous avons la possibilité d’abord de raccourcir les JT ; puis de faire circuler des sujets entre les antennes ».

Quant au télétravail, les personnes concernées devront pouvoir bénéficier d’un matériel informatique adéquat, de chaise de bureau. Selon François Desnoyers, « chaque manager devra accorder une attention accrue à ses salariés, avec, si besoin, la mise en place d’outils d’aide psychologique ».

A l’heure où nous écrivons, la possibilité pour le montage des JT de se faire à distance n’était pas tranchée. Dans plusieurs antennes, c’est une demande des monteurs surtout quand les règles sanitaires se sont un peu relâchées.

A la question des élus SNJ aux restrictions d’accès pour les journalistes sur le terrain, comme observé dans certaines régions au printemps, le directeur du réseau répond clairement que « les sites à l’époque n’étaient pas équipés. Les restrictions d’accès ne peuvent donc pas être les mêmes qu’en mars. »

En revanche, la mise à disposition sur les sites de masques FFP2 pour les tournages en milieu difficile, reste sans réponse !

Le projet de régionalisation en « trick or treat » !

La régionalisation du réseau, projet phare du 2e mandat de Delphine Ernotte et dans la feuille de route du nouveau directeur du réseau (« c’est pour cela que je suis là », explique-t-il), a occupé presque la totalité des débats du CSE. Tant il est vrai que ce projet avec comme ambition « l’inversion du modèle » – entendez la prise par les régions de créneaux d’antenne nationale – reste plus que flou. Et pourtant on assiste à une accélération du calendrier et la mise en place d’ateliers à marche forcée dans une partie des antennes. De même les formations qualifiées de « stratégiques » par la direction suivent le même rythme : à l’inverse de l’UFTV qui ferme pour cause de confinement, les formations « régie automatisée » à Rouen et NRCS sont maintenues. De manière générale, François Desnoyers le reconnait : « il y a un problème de communication sur ce projet et nous en prenons notre part ».

Le démarrage de la nouvelle tranche de 18h30, en réalité avec les servitudes plutôt sur 13 minutes, sera effectif au 25 janvier. Le nouveau directeur a préféré reculer la date de lancement prévue initialement le 4 janvier. Une tranche grande région mais qui ne reproduira pas, nous assure-t-on, ce qui a été mis à l’antenne çà et là pendant la première période de confinement.

Une tranche d’information donc, mais qui ne sera pas du JT et réalisée uniquement en interne (pas en production exécutive). La nouvelle équipe de direction semble avoir du mal à concilier cette ambition qui, dans beaucoup de rédactions, va se heurter de plein fouet aux moyens insuffisants. Ainsi dans de petites antennes comme celle des Alpes, et ce n’est pas une exception, les journalistes décrivent des conditions de travail avec « la tête sous l’eau », parvenant à grand peine à remplir les 10 minutes supplémentaires imposées à la rentrée dernière, avant les journaux de midi et de 19h. Dans la majorité des cas, là où des ateliers ont été organisés, une impression de « vernis participatif » se dégage. Ce que semble découvrir le nouveau directeur du réseau qui a pris ses fonctions le 12 octobre.

L’ambition affichée se heurte aux principes de réalité de nos antennes avec des effectifs à flux tendus en raison des non remplacements de départs en RCC et en l’absence cruelle de moyens nouveaux. Le patron du réseau a la conviction que la démarche d’autonomie de certaines stations doit commencer dès maintenant et ne pas attendre 2022. Olivier Godard n’est pas plus rassurant en n’évoquant que le comblement de rares postes gelés mais pas l’ensemble des départs effectifs en  RCC chez les journalistes.

En revanche, ces réalités ne devraient pas échapper au directeur de la transformation, Germain Dagognet, qui pour la première fois dans l’instance détaille ce projet, qui suscite beaucoup d’enthousiasme de sa part. A terme, c’est même toute la tranche 18h/19h30 qui est visée. Une manière de « re-régionaliser » le réseau, avec de nouveaux outils et en plus grande proximité avec nos téléspectateurs. Et sur les effectifs trop réduits : « On peut dégager des moyens  grâce aux nouvelles pratiques, nouvelles technologies, à des modes d’organisation différents », commente Germain Dagognet.

Si notre manière de travailler doit forcément évoluer, cette vision apparait à vos élus un peu décalée de la réalité de ce qui se fait déjà. Nous avons pris acte de l’engagement de François Desnoyers de nous fournir un « document-projet » plus précis pour éviter, dit-il « les procès d’intention ou les incompréhensions ».

Bleues comme matinales

L’expérience de diffusion des matinales de France Bleu sur les antennes de France 3 sur la tranche 7h/8h40 continue. Trois nouvelles « radios filmées » démarreront d’ici à la fin de l’année à Laval, Strasbourg et en Limousin. 12 autres en 2021.

La nouveauté sur ce dossier, ce sont des audiences réalisées par la direction des études. Uniquement pour quelques-unes puisque la Creuse, la Côte d’Azur, la Bretagne, la Loire et la toute nouvelle Gironde ne peuvent pas être mesurées (comme souvent les éditions locales de France 3 quand elles existent dans ces zones).

Des audiences très contrastées : de 1,1 % de PDA en PACA (audience déduite) à 2,9 à Toulouse et 4,6 à Lille.

Et des bleus au moral

Enfin le gros malaise des salariés de la Fabrique à Bordeaux a une nouvelle fois mis la direction des moyens internes de fabrication sur la défensive : une nouvelle activité baptisée Fab Lab au point mort, des postes non remplacés et du matériel obsolète. Ajoutez à cela l’organisation de la Fabrique avec des décideurs le plus souvent à distance… la rumeur d’une fermeture pure et simple de ce site de l’ex filière prod a été catégoriquement démentie par la direction qui, encore une fois, devant la mobilisation des élus, a promis d’intervenir.

La prochaine réunion du CSE réseau est prévue les 26 et 27 novembre prochains. Un calendrier qui, en raison du confinement, pourrait être bousculé et donner lieu comme au printemps à des CSE extraordinaires dans l’intervalle.

Vos élus et représentant SNJ :

Jean-Manuel Bertrand, Hervé Colosio, Myriam Figureau et Vincent Habran

CSE Réseau régional des 1er et 2 octobre : notre compte-rendu

UN CSE POUR LA FORME

En deux ans de mandat, c’est la première fois que les élus du CSE étaient réunis sans qu’intervienne le plus haut représentant de la direction du Réseau. Et pour cause : l’ancienne directrice, Laurence Mayerfeld est devenue, depuis le 28 septembre, DRH de FTV. Le nouveau directeur, François Desnoyers, nommé à la veille du CSE, ne prendra ses fonctions que le 12 octobre…

Pourtant c’est bien à lui que les élus SNJ ont adressé leur liminaire : Lettre ouverte à un directeur absent.

Comme nous le pressentions, son absence a largement réduit la portée de nos échanges avec les membres restants de la direction. Sur l’ensemble des points pour lesquels nous étions consultés, aucun des problèmes évoqués par les élus ne semble avoir interrogé ces deuxièmes lignes de la tête du réseau !

Il semblait impossible d’ébranler leurs certitudes. Comme si l’inoxydable DRH du réseau, Olivier Godard, avait contaminé les intervenants : adoptant, pour la plupart, des postures de défense, ils n’ont pas osé s’aventurer sur le terrain d’un vrai dialogue.

Nous avons donc eu droit à un CSE pour la forme, sans info déterminante. Par exemple, rien sur la régionalisation, alors que certains directeurs régionaux annoncent déjà dans certaines antennes des 19/20 rallongés de 30 minutes ! Aucune confirmation lors de ce CSE, alors que notre réseau s’apprête à mettre en œuvre un projet de régionalisation décisif pour son avenir.

Situation générale du réseau

Ce point un peu fourre-tout nous a permis d’avoir la confirmation que l’entreprise ne modifierait pas sa politique de prévention des risques Covid, en fonction de l’évolution de la situation sanitaire… sauf si le gouvernement demandait des mesures plus drastiques. Notre direction ne cherche donc pas vraiment à limiter les risques, juste à être le bon élève du service public, petit doigt sur la couture… des masques !

Le travail à domicile est à nouveau préconisé surtout dans les zones « rouge écarlate », mais pas de télétravail pour les monteurs, et très peu pour les journalistes.

Pas d’explication non plus sur les JT grandes régions pratiqués tous les week-end en Occitanie jusqu’en janvier 2021… mais notons quand même un engagement du DRH à ce qu’il n’y ait pas d’extension au reste du réseau de cette pratique que nous, au SNJ, nous estimons contraire à notre raison d’être : l’info de proximité.

Et puis gros pataquès sur la question des primes : il y en aura bien pour ceux qui ont travaillé pendant la crise Covid, mais pas pour tous, puisque ce ne seront pas les primes Covid défiscalisables rendues possibles par le gouvernement. Elles seront donc attribuées « à la tête du client » par les managers.

Opposés à ce type de gratification, les élus SNJ ont quand même obtenu une info précise du DRH réseau : ces primes individuelles seront tirées d’une enveloppe spécifique mais qui fait partie de l’enveloppe globale pour l’évolution des rémunérations en 2020… Traduction: les sommes versées en prime ponctuelle pour les salariés considérés « méritants » par leurs chefs, diminuent d’autant les mesures générales ou individuelles ! Donc, pour les vraies évolutions de carrière que réclament les élus SNJ dans les comités des salaires, il faudra repasser et patienter. Ce n’est pas demain que les inégalités salariales se réduiront à FTV.

France Bleu sur France 3

Quasiment un serpent de mer depuis un an, le texte de la convention avec Radio France nous a enfin été communiqué, mais nous avons le sentiment d’avoir eu une info au rabais. Expurgé des éléments les plus sensibles, le texte transmis nous a semblé bien imprécis et dans tous les cas insatisfaisant sur les points qui sont pour nous les plus essentiels : rien ou presque sur la façon dont notre direction fera respecter le droit moral des journalistes. Rien ou presque sur la façon dont seront réglées les éventuelles contradictions éditoriales entre les différentes rédactions. Unique engagement de la direction : harmoniser les logiciels Radio-France/FTV pour le paiement effectif des droits d’auteur qui, selon Germain Dagognet, seront très minimes. 

Au final, pas de quoi rassurer les journalistes sourcilleux de la réutilisation de leurs reportages, alors que le déploiement des locales France Bleu sur France 3 se poursuit inéluctablement. Prochaine étape : France Bleu Gironde diffusée par F3 Aquitaine à partir de cette semaine.

Juste une info concrète côté technique : l’automatisation des décrochages depuis Paris est prévue pour le 15 octobre. « Si ça marche », nous déclare Germain Dagognet, visiblement pas très rassuré sur la fiabilité de la technique à France 3. Cela permettra d’éviter, dans chaque station concernée, le réveil matinal et une demi-vacation pour un vidéo qui chaque jour doit assurer en 3 heures de temps principalement deux opérations : décrocher de l’antenne nationale à 7h et raccrocher à 8h40 !

Notoriété ne rime pas forcément avec NoA 

C’est Xavier Le Fur, l’expert “sondages” de FTV, qui nous a présenté en instance une étude qualitative portant sur un panel d’un millier de personnes. Ce sondage montre surtout que la chaîne NoA, après plus d’un an d’existence, souffre d’un cruel déficit de notoriété.

Seuls 13% de néo-aquitains connaissent la chaîne, qui touche essentiellement des téléspectateurs de plus de 50 ans…

Il faut dire que la petite chaîne chère à notre direction n’est visible que sur 45% des box et que l’objectif visé de capter un public plus jeune n’est pas atteint. La chaîne locale privée de Bordeaux fait souvent mieux et la chaîne classique France 3 reste la référence en matière d’info régionale pour bon nombre de sondés.

Le monde d’avant à Toulon 

Le déménagement de la locale toulonnaise se fera aux forceps avant la fin de l’année.

La pile de documents ayant trait à la climatisation n’a pas rassuré les élus et la direction de Paca, droite dans ses bottes, n’a pas cherché, depuis le dernier CSE, à trouver des solutions de stationnement aux véhicules et des garages à vélo pour les salariés de cette locale.

Rien de sérieux n’est envisagé sur ces questions et le SNJ déplore que toutes les relocalisations à l’image de celles de Perpignan et de Tours, maintiennent les “open Space”, comme si le covid n’existait pas.

Les élus ont rendu un avis négatif et le SNJ souhaite inviter le nouveau responsable de l’immobilier dans un prochain CSE afin de remettre à plat cette politique qui date assurément du monde d’avant. 

Expérimentation Régies automatisées : ça passe ou ça casse ?

L’expérimentation qui entoure le déploiement des régies automatisées a pris quatre mois de retard pour cause de covid.

Les responsables de la technique de FTV, Marck Krief et Michaël Friedrich, sont venus devant le CSE pour présenter le nouveau planning de l’expérimentation. Les formations vont démarrer dès le mois de novembre. Nous souhaitons bon courage aux planificateurs puisqu’elles vont se superposer aux formations NRCS qui auront lieu en même temps. Le début des JT à blanc est fixé au 8 février 2021 et la mise à l’antenne est maintenant planifiée du 22 février 2021au 28 mars 2021. L’utilisation de cet automate pourrait même devenir définitive alors que la négociation sur les nouveaux métiers qui en découlent ne sera pourtant pas achevée.

Lors de la présentation de ce nouveau planning à Rouen le 21 septembre dernier, les techniciens avaient boycottés cette présentation.

Les élus du CSE ont alors demandés à Marck Krief et Michaël Friedrich comment allaient-ils renouer le dialogue ? Un léger malaise s’installe alors dans les rangs de la direction…

Marck Krief le concède : « Nous allons devoir revenir à Rouen pour expliquer… Il faut être deux dans une discussion et pour le moment ce n’est pas le cas. »

Les élus soulignent que visiblement, ça commence mal. La rapporteuse de la CSSCT met l’accent sur le manque de formation des cadres dans l’accompagnement des salariés lors de modifications conséquentes de leurs emplois et pointe du doigt les risques psycho-sociaux sous-jacents. En réponse, Marck Krief insiste sur la nécessité de ces évolutions technologiques et méthodes de production qui s’imposent à nous et selon lui, il ne faudrait pas se faire dépasser par la concurrence.  

Pour le SNJ, les évolutions technologiques ne peuvent se faire sans le personnel et un accompagnement à la hauteur s’impose.

Santé au travail

Ce point habituellement considéré comme essentiel dans la vie de notre instance n’a pourtant été abordé qu’en fin de CSE.

Résultat, si le bilan de l’accompagnement d’expert auprès des RP et de la direction de Nouvelle Aquitaine par SECAFI a pu donner lieu à des explications complètes, le compte-rendu de la CSSCT et le vote d’une expertise sur la situation dans les antennes de Lille et Amiens ont dû être traités beaucoup trop rapidement. Et pourtant la situation des rédactions des Hauts-de-France mérite qu’on s’y attarde. Pas moins de 22 accidents du travail et une dizaine d’arrêts maladie ont fait suite à une restitution d’enquête pour le moins brutale réalisée par une experte désignées par le dispositif « ligne directe harcèlement ».

Ces accidents du travail et arrêts maladie dont le bien-fondé est contesté par la direction sont pourtant apparus comme un signal extrêmement fort de souffrance au travail pour une grande majorité des élus du CSE. Actuellement, il n’y a pratiquement plus aucun journaliste au travail pour le web de l’antenne de Lille ! Cette situation de crise a entraîné le dépôt d’une alerte pour danger grave et imminent par les représentants de proximité.

Une expertise a donc été déclenchée par le CSE afin de recueillir la parole de tous les salariés concernés, d’analyser la situation et de proposer un véritable plan d’action qui prenne en compte toutes les parties prenantes des conflits signalés par les élus lillois et amiénois à leurs différentes directions depuis plus de 6 ans.

Seul représentant de la direction des Hauts-de-France, le RRH régional Sylvain Cau-Bareille n’a pas trouvé grand-chose à dire pour justifier son inaction, si ce n’est qu’il s’était mis à l’ouvrage avec une enquête déclenchée plus de huit jours après l’alerte… en oubliant de mentionner que c’était après l’injonction de l’inspecteur du travail !

Pêle-mêle :

Un poste de RP à Toulouse a été renouvelé suite à la démission d’une élue en désaccord avec un élu SNJ, secrétaire de l’instance : Chantal Frémy (CGT) a été désignée à l’unanimité.

Pas de consensus en revanche sur la meilleure façon d’assurer la pérennité du Ci-Ortf qui doit se transformer en Comité des activités sociales et culturelles interentreprises (CASCIE), comme la loi Macron nous y oblige. Au contraire, ce point a donné lieu à une regrettable division syndicale. Deux représentants au Ci-Ortf se sont permis d’étaler leurs différends en pleine séance, sous les yeux d’un DRH qui semblait compter les points. Face à l’impossibilité de trouver un accord, le vote du mandat au secrétaire du CSE pour transformer juridiquement le Ci-Ortf a été reporté.

Prochain CSE les 29 et 30 octobre dans un lieu encore à déterminer.

Vos élus et représentant syndical SNJ : Jean-Marie Barféty, Jean-Manuel Bertrand, François Ollier et Hervé Colosio.

Lettre ouverte des élus SNJ à un directeur absent ~ Liminaire du SNJ au CSE du 1er octobre 2020

Quelle curieuse nomination ! Surprenante par la façon dont elle a fuité dans la presse et par le temps qu’il a fallu à notre présidente pour l’officialiser ! Plus d’un mois se sera écoulé entre le départ annoncé de la précédente directrice et votre arrivée prévue pour le 12 octobre.

Résultat, cette désignation est trop tardive pour vous permettre de présider cette instance !

Bienvenue néanmoins au sein du réseau des antennes de France 3 et de leurs pluralités qui font leur richesse culturelle.

Bienvenue dans un réseau auquel on a demandé depuis trop longtemps des sacrifices et des économies disproportionnés : des suppressions de postes, des réductions d’émissions et des rabotages financiers, des reculs et des renoncements alors que la direction affirmait vouloir tripler le temps d’antenne des régions… Tout cela a fini par exaspérer bon nombre de salariés.

Nous avons de plus le sentiment d’avoir été trop souvent infantilisé par une direction parfois frappée de cécité ou de surdité sur les mesures de précaution face à l’épidémie de Covid 19 ou la prévention des Risques Psycho-Sociaux,. Les salariés du réseau France 3 ne sont pas des mauvais élèves alors arrêtons de les traiter comme des enfants. Sachez nous faire confiance et bien des problèmes se règleront en évitant coups de mentons et brutalité managériale.

Le SNJ espère que vous serez à l’écoute de tous les personnels du réseau et de leurs  représentants.

La valse des directions a durée très déterminée nous a fait douter de l’attention prêtée à nos doléances.

Et encore récemment à Lille, les alertes syndicales ont été négligées par la direction en place alors qu’elles portent sur des souffrances réelles dans les collectifs de travail.

Une entreprise de l’audiovisuel public comme France télévisions qui se veut moderne et responsable ne peut pas continuer à afficher une telle image dans sa politique des ressources « humaines » 

Nous vous demandons aussi de prêter une attention toute particulière aux personnels en précarité qui se tournent vers la justice en désespoir de cause. Là également, FTV est régulièrement condamnée et défraie trop souvent la chronique judiciaire.

Nous vous demandons aussi au nom de votre obligation de sécurité, de veiller à rassurer les personnels inquiets en cette rentrée avec le rebond annoncé de l’épidémie.

Là encore, les disparités en matière de précaution sanitaire d’une antenne à l’autre font craindre le pire comme à Lyon ces derniers jours.

Vous devrez enfin porter l’étendard de la régionalisation abandonné au milieu du gué par celle qui vous a précédé à ce poste.

Nous ignorons toujours à ce stade les contours de ces projets qui restent bien flous pour nous, faute d’informations précises.

Le SNJ reste très préoccupé par la qualité des antennes et sera très attentif à votre implication dans la modernisation des stations régionales. Aussi incroyable que cela puisse paraître plusieurs régies du réseau ne sont toujours pas en haute définition et certaines vivent même dans une précarité technologique ! Il est urgent de pouvoir utiliser en interne les moyens les plus récents de fabrication comme des caméras 4K à grands capteurs, ou des palettes 3 D avec effets visuels et décors virtuels… Nous comptons sur vous pour tirer le réseau vers le haut aussi bien sur le plan technique qu’éditorial.

Quant au rapprochement avec une maison qui vous est chère, nous avions demandé à la direction précédente les détails de la convention avec Radio France pour les matinales communes en ce qui concerne les droits d’auteurs des journalistes.

Force est de constater que le document transmis à l’instance est incomplet et flou sur cette question cruciale de la maîtrise éditoriale et le respect du droit moral des journalistes de France 3 auteurs des reportages diffusés dans les matinales de France Bleu. Nous insistons à nouveau dans un souci de transparence et de confiance.

Pour en finir, M le  futur directeur, un simple rappel : France 3 n’est pas Radio France ni France bleu, même si nous partageons des valeurs communes. La Télé régionale, son histoire, son vécu, ses salariés exigent de l’attention, de la reconnaissance et de nouvelles pratiques managériales.

En résumé nous attendons de votre part écoute et respect à tous les niveaux du réseau.

Paris, le 1er octobre 2020

CSE Siège du 9 septembre 2020 : notre compte-rendu

La crise sanitaire a largement dominé les débats. Mais la fermeture de France Ô, le sursis de France 4 et la situation financière du groupe ont également été abordés lors de ce CSE du siège du 9 septembre. En ouverture de séance, les élus SNJ ont fait cette déclaration liminaire (Delphine Ernotte Saison 2).

France Télévisions face au COVID, trop de salariés au siège

Dans le cadre de la présentation du rapport de la CSSCT (Commission santé, sécurité et conditions de travail), le nombre de 8 salariés du siège positifs au COVID à la date du 3 septembre est communiqué aux élus. Aucun détail n’est fourni sur les services concernés. 

Le 2 septembre, on comptait 1445 personnes présentes dans les locaux de FTV, une proportion que la direction entend réduire de manière significative. « Il y a beaucoup trop de monde au siège », affirme Muriel Sobry, responsable de la sécurité. 

185 000 masques en papier ont été distribués à FTV en juillet, selon la direction qui estime disposer de stocks et d’un approvisionnement suffisants pour faire face à une éventuelle pénurie. 

Selon le rapport de la CSSCT, une deuxième campagne de distribution de masques en tissu va commencer en ce mois de septembre après 100 jours d’utilisation des premiers. 

La responsable de la sécurité de FTV indique que la dotation de masques en tissu répond à l’une des priorités du groupe : le respect de l’environnement. « Des masques de catégorie 1 qui ont une capacité de filtration supérieure à 90 % », alors que « les masques chirurgicaux ont une capacité  de filtration de 94 % », précise-t-elle. 

Le mystère des masques KN 95 enfin élucidé  

La responsable de la sécurité de FTV a fait amende honorable après sa promesse non tenue concernant les masques KN 95, similaires aux FFP2. Lors du CSE du mois de juin qui précédait les élections municipales, elle s’était engagée à en fournir aux équipes de reportages mobilisées sur des regroupements et manifestations. 

Seulement voilà, le magasin à Paris n’était pas achalandé. Et notre courrier aux directeurs de l’information et de la rédaction était resté sans réponse.

« Je m’étais avancée et je m’en excuse », a dit Mme Sobry. Les médecins ont trouvé que « ce n’était pas une bonne idée de ma part », sans donner plus de précisions. Vos élus SNJ n’ont jamais lâché sur ce point, et précisent que les médecins que nous avons contactés démentent de s’être opposés à l’utilisation de ces masques plus protecteurs par les journalistes. 

Finalement, les équipes qui couvraient la manifestation des gilets jaunes à Paris ont pu bénéficier des KN 95. De plus, Romuald Rat nous a informés que ces masques sont envoyés cette semaine aux équipes en région. Les élus SNJ ont bien fait de ne pas lâcher ce dossier.

Protocole en cas de symptômes : des trous dans la raquette 

Les personnes symptomatiques sont invitées à rentrer chez elles (pas en transports en commun), mais selon la CSSCT, « en cas de survenue d’un cas avéré, l’encadrement en concertation avec la médecine du travail  procède à une enquête, et s’il constate que les gestes barrière ont bien été respectés, la mise en quarantaine et les tests ne sont pas demandés ».

Et d’ajouter avoir constaté que « ces enquêtes n’ont pas été systématiquement menées », notamment au sujet d’un chef d’édition de France Info testé positif, connu pour positionner son masque « sous le menton ».

Six mois après la première vague de Covid-19, « nous ne sommes pas au niveau, on est au bord du droit d’alerte, on fait semblant d’être à la hauteur, mais l’entreprise ne fait pas son travail », a martelé l’un de vos élus SNJ. 

Un exemple éloquent : un journaliste du service politique présente des symptômes laissant planer une suspicion de Covid, mais l’information ne passe pas  et il faut attendre 3 jours avant d’obtenir une désinfection (légère) des locaux.

« On vous l’accorde, la réactivité n’a pas été suffisante, il faut que chacun puisse s’approprier les procédures pour que ce type d’événement ne puisse pas accroître le risque », concède Stéphane Chevallier, président du CSE du siège. 

Le 17 mars dernier, l’un de vos représentants du SNJ faisait valoir son droit de retrait pour non prise en charge du foyer épidémique de France 3 Ile-de-France. Ce droit n’était pas reconnu dans l’entreprise qui cependant, s’engageait à ne pas aller en justice, trop aimable. Aujourd’hui, nous en sommes encore là, réduits à batailler pour que la direction respecte son obligation de sécurité envers les salariés. 

PRIME COVID, une mesure en trompe l’œil

Le président de l’instance, M. Chevallier a rappelé que le dispositif s’élevait à 3,2 millions d’euros pour 2020. L’objectif est de « valoriser la contribution des uns et des autres pendant la crise sanitaire ». L’enveloppe budgétaire a été notifiée aux différentes directions. Les préconisations se situent « entre 300 et 450 euros avec la possibilité de s’écarter à la hausse ou à la baisse ». 

La décision reviendra aux managers en relation avec les DRH. Des mesures attribuées en toute opacité, comme le déplorent vos élus SNJ. 

Rappelons à celles et ceux qui auraient la tentation de se réjouir trop vite que la hausse du budget NAO (augmentations pour 2020) est siphonnée par cette prime. Autrement dit, ce versement se fera au détriment du nombre et des montants des mesures salariales. Une mesure en trompe l’œil, un tour de passe-passe de la direction. 

Climatisation, vecteur de propagation du virus ? 

Selon la CSSCT, « une grande partie des salariés est très méfiante vis-à-vis du système d’aération/climatisation du siège et le considère comme un vecteur de propagation du virus ». 

La commission regrette « qu’aucune communication n’existe concernant l’entretien de la climatisation » et indique que « la direction se veut rassurante », en affirmant que « les filtres ont été changés fin juillet et que l’apport d’air se fait à 100% en air neuf sans recyclage ». 

Les élus des différents syndicats demandent depuis longtemps à la direction de produire une fiche pratique sur le fonctionnement du système. Des paroles… nous attendons les actes. 

Tests de dépistage, que fait l’entreprise ? 

La direction envisage de positionner un camion au pied du siège de FTV à Paris afin que le personnel puisse se faire tester. Ce dispositif, qui serait mutualisé avec Radio France, France Medias Monde et l’Ina, devrait être mis en place d’ici la fin du mois de septembre. 

La médecine du travail devrait alors orienter vers ce camion les salariés ayant des symptômes ainsi que les cas contacts, les tests devant se réaliser sur la base du volontariat. La CSSCT indique que « ceci répondrait à la demande de nombreux salariés, d’autant qu’il est toujours compliqué de réaliser un test, surtout à Paris où il faut faire la queue pendant plusieurs heures ». 

Par ailleurs, la direction de FTV prévoit le dépistage systématique et obligatoire des salariés mobilisés sur Rolland Garros, d’après la CSSCT. 

Télétravail, un accord en négociation

Avec l’augmentation du nombre de cas en France, la règle à FTV n’est plus le « présentiel mais le télétravail ». A ce sujet, Stéphane Chevallier, président de l’instance, rappelle qu’une négociation est ouverte à l’échelle de l’entreprise. Deux dispositifs doivent, selon lui, être mis en place : l’un devant être appliqué hors crise sanitaire et l’autre en période de pandémie. 

Pour le moment, le télétravail est régi par un avenant à l’accord QVT (que le SNJ n’a pas signé) et il donne droit au maximum à deux jours de télétravail par semaine. Notre syndicat estime qu’il n’est pas nécessaire d’aller au-delà afin d’éviter d’avoir des salariés à distance qui finiraient par être coupés du collectif. 

Le télétravail doit être possible pour les journalistes, pour le web, mais aussi dans le but de préparer des reportages depuis son domicile.

Finances 2020, le coût du Covid estimé à 10,2 millions d’euros

Lors d’un point sur les finances 2020, la direction a estimé le coût du Covid pour toute l’entreprise à 10, 2 millions d’euros : masques, gels, nettoyages, plexiglas… 

Ces dépenses ne sont pas prises en compte dans le projet de budget, idem pour l’annulation des JO de Tokyo. 

Mais la direction envisagerait une perte globale pour cette année d’environ 10 millions d’euros, même si pour l’instant la perte prévue est de 22 millions. Même si FTV a continué de payer les salaires, de nombreuses économies ont pu être faites, car il y a eu des arrêts d’activités, les frais de mission ont été moins importants. Les pertes publicitaires ont été en partie rattrapées pendant l’été. 

Sur la RCC en 2020, la direction financière explique qu’elle ne constitue pas une charge particulière, car elle constitue cette année une reprise de provisions. 150 millions ont été provisionnés afin de financer la totalité du plan. 

Que représente financièrement le maintien de France 4 pour l’année ? Pour l’instant, cela n’a rien coûté, nous dit-on, car 10 millions avaient été gelés, au cas où la chaîne continuerait.

Pour France 4, soumise à un changement de ligne éditoriale, 2021 devrait nécessiter un investissement plus important en matière de programmes. En général, pour tout le groupe, l’année prochaine pourrait être plus délicate à aborder sur le plan financier. 

Fermeture de France Ô, sursis pour France 4, « une torture sociale »

Lors d’un point sur le triste destin de ces deux chaînes – arrêt de France Ô le 23 août et sursis pour France 4 jusqu’au 20 août 2021 – vos élus SNJ ont dénoncé « une torture sociale, un scandale en supprimant des chaînes linéaires et en supprimant la dignité des salariés ». Le président du CSE du siège, Stéphane Chevallier, s’est associé « d’une certaine manière à ce qui est dit là » : « avoir fait perdurer cette situation a pu être une période extrêmement difficile à vivre ». 

La direction qui a fait un point sur le reclassement des salariés des deux chaînes a réfuté s’être inclinée devant la tutelle. 

Pour France Ô, le pacte de visibilité des outre-mers sur les autres chaînes du service public nous paraît très insuffisant, il ne compensera en rien cette fenêtre qui était offerte par France Ô.

Par ailleurs, la direction est venue présenter la dernière saison de France 4 basée sur trois axes éditoriaux : l’éducatif, l’informatif et le récréatif. Une déclinaison des programmes Lumni, Okoo et une synergie de programmes de divertissement avec les autres chaînes en donnant une nouvelle exposition par exemple au « Monde de Jamy ». 

Concur, un logiciel inadapté à nos missions

Concur a été sous le feu des critiques des élus du CSE du siège, dont ceux du SNJ bien sûr, lors de la présentation de la réorganisation de la Direction Déléguée Infrastructures Technologiques et Services (ITS). D’abord, aucun chiffre n’est donné sur le coût de ce logiciel. 

Selon la direction, il n’y a pas de bug, nous avons une version extrêmement sophistiquée et des évolutions avec le processus de dématérialisation des factures ont permis de simplifier. 

Non, les nombreuses difficultés rencontrées ne sont pas liées à la complexité des modalités de remboursement mais à ce système qui s’avère inadapté, selon vos élus SNJ. 

La direction ITS était présente afin de détailler un nouvel organigramme -avec une suppression de poste, permettant de se transformer en centre de services. 

Cette direction gère la hotline, répond aux demandes d’espaces informatiques sur le cloud ou en data center afin de mieux gérer les différents projets.  

Par exemple, pour le projet NRCS (futur nouvel outil regroupant entre autre Dalet et Gilda), 30 serveurs ont été mis à disposition. La nouvelle messagerie via Microsoft a pour objectif de permettre une meilleure sécurité à l’heure où les attaques sont de plus en plus nombreuses, assure la direction. Mais le fait de voir ainsi un grand nombre d’informations externalisé, peut également être une source d’inquiétude.

Vos élus SNJ ont protesté car la tenue du CSE Siège sur une journée ne permet pas d’aborder sereinement tous les points à l’ordre du jour. 

A notre demande, le vote sur le changement de statut du CI Ortf a été reporté. 

Prochain CSE du siège, les 13 et 14 octobre

C’est pour quand le changement ? [liminaire du CSE Réseau régional des 9 et 10 septembre 2020]

D’abord nous vous souhaitons une excellente rentrée à toutes et tous et en particulier à vous, madame la directrice, car vous êtes promise à de nouvelles fonctions au sein de l’entreprise.

A ce propos, le SNJ espère voir souffler un vent nouveau dans le domaine des ressources humaines. Nous espérons donc que les points suivants feront partie de vos priorités lors de votre prochain mandat :

– D’abord, respecter le dialogue social et mettre en œuvre un terme qui vous est cher, la co-construction, dont nous avons du mal pour l’instant à voir les résultats concrets.

– Ensuite, être à l’écoute de tous les salariés et de leurs représentants. En particulier quand des alertes syndicales parviennent à la direction, sur des questions de souffrance au travail, de harcèlement, elles doivent être prises au sérieux et non pas négligées comme ce fut le cas à France 3 Alpes par exemple. Une entreprise responsable ne peut pas traiter ces questions uniquement lorsqu’elles défraient parfois la chronique sociale, médiatique ou judiciaire au sein de France Télévisions.

– Enfin, nous espérons un souffle nouveau sur la question de l’emploi des salariés précaires, dont l’entreprise use et abuse avant de les rejeter, les obligeant à se lancer dans de longues et coûteuses procédures prudhommales. Coûteuses en souffrance morale pour ces salariés, coûteuses en euros pour France Télévisions, qui perd quasiment tous les procès intentés.

Aujourd’hui, dans cette instance, nous avons toujours affaire à la directrice du réseau. Nous vous questionnons donc sur les 1100 embauches prévues à l’horizon d’un plan de rupture conventionnelle collective, que le SNJ se félicite de ne pas avoir signé, et dont nous savons tous ici que l’objectif de 2000 départs sera très difficile à atteindre.

Où seront ponctionnées les économies réclamées par la tutelle dans ce plan de départs très partiel ? Qui seront les victimes budgétaires ? Encore les salariés ?

Pour revenir à cette rentrée 2020, elle s’annonce déjà comme hors du commun en raison des dispositions sanitaires qui prédominent, avec la recrudescence de contamination au Covid-19 dans l’hexagone.

La disparité des mesures de précaution sanitaire d’une antenne à l’autre nous fait craindre de nouvelles incompréhensions, erreurs et cafouillage, comme nous l’avons connu pendant la période du confinement, sur la question du gel hydroalcoolique, non conforme et inefficace.

A ce propos, vous n’êtes pas sans ignorer que les open space qui sont en place dans les rédactions régionales sont sources de stress et de fatigue en raison du bruit, et de propagation de virus en cas de pandémie. Pour le SNJ, il est urgent de repenser à une nouvelle organisation du travail, qui ne soit pas du nomadisme bon marché ou du télétravail comme remède aux mauvaises conditions de travail sur sites.

Un mot sur la grille : même si on nous annonce une rentrée officielle pour janvier 2021, les ajustements ou disparitions de certains rendez-vous dans des rédactions dès le mois de septembre confirment que les disparités restent, hélas, de règle dans le réseau.

Un réseau qui est devenu sous votre gouverne un hydre à plusieurs têtes pensantes qui penchent dans des directions souvent contraires. Résultat : les salariés ont le sentiment de suivre des directives comme des girouettes agitées par le mistral.

Enfin, passé l’effet d’annonce, la création de nouvelles chaînes régionales à l’horizon 2021 inspire crainte et défiance chez bon nombre d’entre nous, faute d’informations.

Qui participera aux fameux comités de réflexion dont on ne connaît toujours ni la date de mise en œuvre, ni la constitution effective ? La régionalisation promise est-elle une vague promesse ? Et comment cette régionalisation sera-t-elle financée ? Avec ou sans conséquences dommageables pour les salariés de France Télévisions, dans le réseau régional et dans les autres secteurs de l’entreprise ?

Dijon, le 9 septembre 2020

Delphine Ernotte, SAISON 2

Une rentrée c’est toujours un moment particulier, et parfois plus encore… Celle qui commence aujourd’hui en fait partie ! Le contexte y est pour quelque chose mais l’épidémie ne doit pas faire oublier, loin de là, nos préoccupations.

Nous réclamons depuis des mois que les éditions nationales reprennent leurs autonomies éditoriales respectives. Nous l’avons dit au directeur de l’information, enfin l’ancien mais comme le nouveau était dans la salle, le message est passé. La fusion est une chose, mais cela ne doit pas se faire au détriment des éditions. C’était d’ailleurs parait-il la philosophie d’ « info 2015 » : rééquilibrer les moyens entre les chaînes… Le Covid a tout balayé et aujourd’hui des services souffrent cruellement d’une charge mal repartie. Entre un casting exacerbé et des absences légitimes non remplacées pour cause de vulnérabilité cela devient inextricable, et surtout très lourd pour les présents.

Nous nous inquiétons également des conséquences de la rupture conventionnelle collective. Les objectifs précisés dans l’accord que le SNJ n’a pas signé donnent aujourd’hui lieu à de multiples interprétations. Si les 2000 départs ne sont pas atteints, et c’est d’ores et déjà le diagnostic partagé, quid des 1100 embauches prévues ? Et si l’économie demandée par la tutelle à travers ce plan de départs n’est pas effective, qui sera la victime budgétaire ?

Une autre de nos inquiétudes ne surprendra pas la direction, celle du management brutal qui perdure. Le télétravail ou plutôt le travail à domicile imposé, a même démontré s’il en était besoin, que cela n’est en rien un monopole des cadres de l’information ! La distance a libéré quelques pulsions managériales ! Nous en appelons donc à la direction de l’entreprise pour que ces comportements cessent, et en particulier en écoutant et en respectant les signalements qui sont faits auprès des ressources humaines. Même chose pour les propos ou comportements  sexistes ! La crise qui a traversé le service des sports est en partie la conséquence de l’inaction et de silences coupables des directions successives, pourtant alertées par nos soins. Ce sont ces sujets là que nous avons choisi de mettre sur la table, pour ce premier Comité Social et Economique de cette nouvelle saison qui s’ouvre.

Un dernier mot, sur cette nouvelle gouvernance dont parle dans toute la presse, la présidente au début de son deuxième mandat comme nous l’avons défendu dans notre campagne pour la Présidence, nous réclamons une gouvernance éthique pour un service public exemplaire. Et ce n’est pas le dernier jeu de chaises musicales qui nous fera changer de pied ! Nous ne voulons plus avoir à réclamer que se tiennent les réunions de la commission déontologie, nous ne voulons plus avoir à regretter la non prise en compte de signalements de comportements coupables de certains managers, nous ne voulons plus avoir à dénoncer la confusion des genres entre carrière politique et présence dans la direction de l’entreprise… Le premier mandat de Delphine Ernotte a déçu beaucoup de salariés, le deuxième doit être celui du sursaut. D’ores et déjà nous sommes vigilants, comme toujours !

Paris, le 9 septembre 2020