Conseil d’administration de France TV : une nomination malvenue

Une nouvelle plutôt embarrassante est tombée ce mardi 18 octobre. Elle s’est répandue dans les travées du Conseil Social et Économique (CSE) central de France Télévisions.

Il s’agit de la nomination (via un décret du ministère de la Culture) de Dominique Boutonnat au Conseil d’administration de France Télévisions.

Dominique Boutonnat est le président du Centre National du Cinéma et de l’image animée (CNC).

Le « timing » de cette nomination a de quoi surprendre : elle intervient quelques jours après l’annonce du renvoi de Dominique Boutonnat devant un tribunal correctionnel, où il devra répondre d’accusations d’agressions sexuelles.

Interpellée par le SNJ lors du CSE central, Delphine Ernotte a éludé la question. « Ce n’est pas moi qui nomme les membres du Conseil d’administration… et il est logique que le CNC soit représenté », a t-elle répondu. Et d’ajouter : « ce serait un comble qu’on en tienne rigueur à France Télévisions ».
Certes, il est d’usage que les présidents du CNC siègent au Conseil d’administration de France Télévisions. Et Dominique Boutonnat est évidemment présumé innocent.

Mais cette nomination intervient totalement à contretemps du calendrier judiciaire.

Nos dirigeants affichent souvent l’exemplarité comme l’une des valeurs du service public.

Le SNJ demande à Dominique Boutonnat de se mettre en retrait et de ne pas exercer de responsabilités à France Télévisions avant la fin de son procès.

Paris, le 19 octobre 2022

CSE réseau des 12 et 13 octobre 2022 : notre compte-rendu

Ce CSE réseau d’octobre a débuté traditionnellement avec la lecture des liminaires, dont celui du SNJ composé de sa liste non exhaustive des problèmes en cours au sein du réseau France 3.
Ont suivi :

  • Le compte-rendu de la commission antennes numériques et linéaires.
  • Le bilan social 2021 commission emploi/formation… Un constat : toujours moins de personnels dans le réseau.
  • Les lieux de stationnements des personnels dans les emprises de France 3… Suivant l’antenne, tu te gares ou tu galères ou tu payes.
  • Les conséquences sociales de l’arrêt de « Plus belle la vie »… Coup de chance, au pays de Pagnol ça tourne beaucoup en ce moment.
    Et pour le même prix dans ce compte rendu : la commission logement, les ASC et le bilan des entretiens annuels.
    Étaient présents pour la direction : Philippe Martinetti, directeur du réseau (seulement 1 journée sur deux pour cause de réunion GIE avec France bleu, décidément, le directeur du réseau est de moins en moins présent), Samuel Bignon, DRH du réseau, et Nathalie Dené, Responsable du développement managérial du Réseau de France 3.

Déménagement de France 3 Côte d’Azur ~ Préavis de grève intersyndical CGT FO SNJ SUD

Face à une direction qui persiste à vouloir passer en force pour entraîner les salariés d’Antibes dans un déménagement qui va coûter, au bas mot, 20 millions d’euros d’argent public et permettra à terme à la ville de Nice de récupérer le bâtiment construit par France télévisions,

Face au risque éditorial de ce qui est présenté de part et d’autre comme une future « vitrine »  de la métropole et de France TV,

Face à ce projet qui a fait l’objet d’un avis négatif du CSE confirmé par une expertise qui argue entre autres un manque de transparence,

Face au refus incompréhensible de réaliser un audit énergétique qui aurait pu être subventionné à 100 % par des aides à la transition pour envisager la rénovation du bâtiment historique dont elle est propriétaire à Antibes,

Face au mépris de l’annonce de la venue de cette même direction qui affirme avoir répondu à toutes les questions pour justifier sa présentation officielle le 20 octobre à Antibes,

La CGT, FO, le SNJ et Sud appellent les salariés de France 3 Côte d’Azur à la grève le 20 octobre à 0h00 pour une durée de 24 heures, afin de manifester leur opposition à cette opération de communication et demander un projet raisonnable, judicieux et transparent pour assurer la pérennité des équipes et de l’antenne.

À Antibes, le 11 octobre 2022

Marasme et incertitudes dans le réseau

Nous le savons désormais, avec Tempo, il faudra faire en région avec les moyens du bord. Nul besoin d’attendre de prétendus ateliers participatifs et une éventuelle concertation.

Dans les antennes, c’est peu dire que le projet n’enthousiasme pas les personnels. Y compris dans les rangs de l’encadrement où une question simple revient : avec qui ?

L’interrogation est d’autant plus prégnante dans les plus petites antennes qu’un certain nombre d’entre elles réalisent toujours les JT sans chef d’édition, avec un seul OPV, d’autres fonctionnent depuis trop longtemps avec des rédacteurs en chef et des adjoints intérimaires comme c’est le cas à Grenoble depuis maintenant plus de 2 ans.

Dans les Alpes, face à l’impossibilité de trouver un rédacteur en chef, la direction régionale d’AURA fait passer des annonces sur LinkedIn ? Résultat : le dernier rédacteur en chef recruté sur la plateforme a été débarqué au bout de 4 mois.

Partout, la conscience professionnelle des salariés permet la plupart du temps de compenser les carences de la direction et la faiblesse des moyens.

Mais à quel prix ? Un mal-être qui s’accentue avec la sensation du travail pas forcément bien fait par manque de temps, de préparation, de calage, de rigueur de l’encadrement intermédiaire, lui-même sous pression constante.

Le taux d’absentéisme dans le réseau est l’un des révélateurs de ce mal-être.
Alors un autre Tempo est-il possible ? Ne comptez pas en tout cas sur une éventuelle division entre salariés du national et ceux des régions pour faire passer un projet nocif pour l’audiovisuel public.

Un projet dont on entrevoit déjà les conséquences éditoriales pour le réseau : perte d’identité dans les régions, encore moins de proximité et tout cela pour répondre aux économies imposées par le gouvernement, aux désidératas de parlementaires en particulier de certains sénateurs avides d’une fusion France 3 / France Bleu.

Et que dire de cette communication honteuse de la direction régionale de PACA ? Elle laisse entendre que les préconisations des élus et de l’expert ont toutes été entendues avant le déménagement programmé du BRI d’Antibes malgré l’opposition des salariés.

Après s’être révélée incapable de communiquer sur ce projet, la direction régionale vient pondre ce communiqué sur le thème : circulez il n’y a plus rien à voir, sauf peut-être une image d’architecte 3D idyllique. Indigne.

Autre interrogation, nous avons appris qu’un accord a été signé entre France 3 Hauts-de-France et la RTBF avec un échange de contenus.

Pourriez -vous être plus clair avec nous sur cet accord de partenariat pour lequel aucune information n’a circulé préalablement ?

Par ailleurs, le projet d’un espace numérique à France 3 Paris Ile-de-France doit faire l’objet d’une information-consultation en CSE réseau en raison de son opacité. À Rouen, cet espace prévu dans les plans n’a jamais été utilisé pour le web et a été transformé en mini studio JT faute de place dans le studio principal pourtant tout neuf et déjà saturé.

Sur le numérique encore, les alertes se multiplient autour d’un outil qui ne fonctionne pas depuis sa mise en place : Gabari Stream. Des erreurs récurrentes de Player ne permettent pas aux utilisateurs de regarder la vidéo.

Une frustration pour ces derniers et une démoralisation pour les équipes du web déjà fragilisées qui ont le sentiment de travailler pour rien. Une situation qui constitue un RPS de plus dans une liste qui s’allonge de jour en jour.

Paris, le 12 octobre 2022

Questionnaire rédaction nationale : vos réponses sont essentielles !

Juste quelques clics. Un quart d’heure, vingt minutes de votre temps au maximum. Le SNJ compte sur vous pour remplir le questionnaire du cabinet CEDAET. Chaque salarié concerné a reçu par mail un lien personnel pour participer à cette enquête.

Vous serez dirigés vers un site indépendant, et vos témoignages resteront totalement anonymes.

L’objectif est clair : obtenir une photographie des maux qui rongent la rédaction nationale de France Télévisions. En particulier, des nombreux abus en matière d’amplitudes horaires.

Vos élus SNJ ne cessent de le répéter, le forfait jour ce n’est pas OPEN BAR.

L’accord collectif de mai 2013 limite la durée hebdomadaire de travail à 48 heures, ou 44 en moyenne sur une période de 12 semaines. En cas de dépassements réitérés des 11 heures incluant la pause repas, pendant au moins 10 journées de travail sur une période de deux mois, un entretien doit avoir lieu avec la hiérarchie. Il s’agit ici de mettre un terme à ce qui est considéré comme un dysfonctionnement. 11 heures, c’est également la durée du repos quotidien, celle-ci ne pouvant être ramenée à 9 heures que deux fois par semaine, en situation de forte actualité par exemple.

Combien de chefs respectent ces règles ? Pour certains, les connaissent-ils vraiment ?

Avec la rupture conventionnelle collective (RCC), les effectifs se réduisent comme peau de chagrin. La pression et la charge de travail retombent sur celles et ceux qui restent. Les dépassements horaires se multiplient. Une tendance qui s’accompagne parfois de violence managériale. Le système pyramidal est toujours là malheureusement. Et le poids sur les épaules des journalistes ayant choisi de rester à la rédaction nationale ne cesse de s’alourdir.

Sans parler de la qualité des reportages à la baisse à cause du vite fait mal fait imposé par la hiérarchie.

Pour certains journalistes ou PTA, France Télévisions et sa rédaction nationale deviennent une fabrique à risques psychosociaux (RPS). Et Tempo, le funeste projet de suppression des éditions nationales pour faire de France Info le centre névralgique du news, ajoute cacophonie et désarroi, pour ne pas dire désespoir. C’est pourquoi vos élus SNJ le combattent de toutes leurs forces. Non, la souffrance au travail n’est pas une fatalité, et il faut la dénoncer sans relâche.
Tout comme les nombreuses atteintes à la liberté journalistique, dues à la multiplication des éléments (au détriment des sujets complets), aux scénarios de reportages imaginés en conférence de rédaction ainsi qu’aux V2, V3, V4… imposées aux rédacteurs(trices).

Face à ce triste constat d’une rédaction en crise où la maltraitance est monnaie courante, la direction est dans le déni. Comme toujours !

Aidez le cabinet CEDAET et vos élus à établir des données incontestables. Si possible service par service, même si la déclaration de votre appartenance reste optionnelle.

Cette fois, grâce à votre participation massive, la hiérarchie et la DRH ne pourront plus mettre les problèmes sous le tapis.

Paris, le 10 octobre 2022

Des consultants sans consultés

Pour relancer sa réforme de l’information du Pôle Outremer, France Télévisions a choisi de recourir à un cabinet de consultants, Julhiet et Sterwen.

Premier déplacement de ces experts : La Réunion.
Durée du déplacement : 3 jours.

Modalité et durée des échanges : express.

Les cadres en place vont sans doute pouvoir exprimer leur ressenti sur l’organisation qui a découlé du choix –arbitraire – de mettre en place des rédacteurs-en-chef uniques dans les stations d’outremer et les services RH et Finances donneront aussi leur point de vue. Normal.

Mais grâce à quelle immense connaissance de nos métiers, de nos contraintes particulières (3 médias sous une seule bannière, un site excentré à Saint-Pierre) les experts peuvent-ils espérer faire le tour de la question en 3 jours ?
Pourquoi n’est-il prévu pour les journalistes (ceux dont le travail sera forcément modifié par le futur changement d’organisation) qu’un seul passage en conférence de rédaction et deux créneaux d’une heure ? L’un pour la rédaction radio. L’autre pour la rédaction télé. Quant à Internet…

Et les créneaux en question ? Le moment où la grande majorité des reporters sont sur le terrain et où les présentateurs sont indisponibles.
Et tout ça, sur inscription préalable.

Le SNJ est plus que dubitatif : quel diagnostic pourra bien sortir d’un examen aussi peu immersif, et aussi peu imprégné de la complexité de nos réalités ?

S’il s’agit de valider des présupposés, autant économiser l’argent public.

La Réunion, le 30 septembre 2022

France Télévisions : le Bateau ivre…

LIMINAIRE SNJ AU CSE RESEAU DU 20 SEPTEMBRE 2022

En arrivant ici, en traversant la Seine nous est revenu à l’esprit ce poème de Rimbaud.

Le Bateau ivre, ce poème épique écrit à l’âge de 16 ans par l’enfant de Charleville Mézières, où se mêlent à la fois, dans un style étourdissant, révolte, dérive et expérimentation.

Une trilogie qui colle parfaitement à l’air du temps de notre navire amiral (j’allais dire du tempo).

Un temps tumultueux où l’on navigue à vue, où les passagers inquiets se demandent quelle est la direction à prendre.

Les alexandrins rimbaldiens décrivent un navire sans maître, chahuté par les flots, à l’image de notre réseau balloté depuis des années entre des récifs et dont l’équipage s’interroge sur les chemins de navigation empruntés par les différents capitaines, plus soucieux de leurs galons que de la destinée de leurs marins si souvent comparés à des soutiers.

Suppression de la redevance, disparition programmée des éditions nationales à l’horizon 2023, moyens et effectifs constants pour le réseau, régionalisation en trompe l’œil… les tempêtes se succèdent, le bateau vacille mais l’orchestre continue à jouer sous la baguette du capitaine Martinetti pour les passagers du réseau sur un mauvais tempo… avec son cortège de fausses notes !

Aujourd’hui la tête de réseau, c’est un peu la cacophonie. Vous savez, cette répétition désagréable de sons de cloches différents destinée à perdre l’auditoire.

Quand Sophie Guillin, directrice du projet tempo, vient en CASAR nous expliquer sa partition, on entend plusieurs musiques à la fois et à l’arrivée on ne comprend toujours pas l’air qu’elle veut nous jouer entre le plan A « c’est le national qui fabriquera », un plan B « le réseau puisera dans un catalogue à sa guise » et le plan C « bof, on verra bien, des ateliers bla bla sont là pour ça ! ».
Au SNJ, nous maintenons le cap. Celui d’une opposition ferme et définitive à ce projet destructeur, tant pour la rédaction nationale que pour les antennes régionales, et ce par tous les moyens.

Nous ne vous laisserons pas faire et nous allons continuer à le faire savoir haut et fort.

En ce qui concerne la santé des salariés, nous vous demandons avec insistance une écoute, un dialogue constant avec les élus en proximité et la mise en place de plans d’actions et de prévention quand c’est nécessaire, et force est de constater que c’est évidemment nécessaire à tous les étages !

On voit la légèreté avec laquelle vous prônez l’utilisation des aviwest avec des câbles défectueux ou trop courts et des fiches préventives moins disantes, ce qui conduit – comme ce fut le cas récemment – à une déclaration d’accident du travail dans le réseau.

Là aussi, monsieur le directeur, vous trouverez le SNJ sur votre chemin pour rappeler le principe du volontariat sur ces outils à rayonnement électromagnétique, comme c’est déjà le cas à la rédaction nationale. Il n’y aura pas pour nous de deux poids deux mesures …

Et puis sur l’absentéisme, vous avez beau vous réfugier derrière le vieillissement des salariés, des études sérieuses menées à l’échelle nationale par notre mutuelle complémentaire WTW démontre que la mauvaise organisation du travail et l’absence de plans d’actions et de prévention génèrent de la souffrance au travail, et donc des arrêts maladie en cascade, dans le public comme dans le privé.

Alors oui aujourd’hui, nous vous demandons de dégager l’horizon, ici et maintenant. De ramener le navire sur le bon cap, celui du dialogue social et de la construction et de renoncer à ce mauvais projet tempo qui n’est – et nous le répétons avec insistance – qu’un cadeau empoisonné pour l’ensemble des salariés de France 3.

Paris, le 20 septembre 2022