Un journal « froid », sans âme ni proximité ? A qui la faute ?

Mardi 15 novembre, le rédacteur en chef de Nouvelle-Calédonie La 1ère a lancé que nous faisions un journal « froid » !

Mais à qui la faute, monsieur le rédacteur en chef ?

C’est vous et votre équipe encadrante qui signez éditorialement ces journaux « froids ».

Des journaux « froids » ?

Quel manque de considération de votre part vis-à-vis de la rédaction ! Faut-il rappeler au rédacteur en chef et à l’équipe encadrante, que ce sont ces mêmes journalistes qui, tout au long de l’année, fournissent les contenus aux éditions télé, radio et internet ?

Où étiez-vous lorsque nous réclamions plus d’anticipation et de prévisions pour nos éditions ? Où étiez-vous lorsqu’il fallait arbitrer les choix éditoriaux ?

Faut-il rappeler qu’il n’y a aucune interaction entre la radio, la télé et le web ? Aucun chef d’orchestre ! Aucune anticipation des tableaux de services ! Aucune gestion des équipes avec des managers qui motivent leurs troupes !

Autant de dysfonctionnements et de manquements qui, c’est vrai, impactent lourdement notre traitement de l’information…

Alors assumez votre bilan « froid » !

Nouméa, le 9 décembre 2022

Salaires : la direction n’a rien dans sa hotte !

Suite à notre saisine envoyée lundi 5 décembre, la direction a été claire : « on n’a rien dans notre hotte pour 2022 ».

Le SNJ s’étonne : la direction prétend qu’elle n’a pas d’argent alors qu’elle a trouvé les fonds pour vider les comptes épargne-temps (CET) ! Elle a en effet proposé de racheter des jours à tous ceux qui comptent plus de 80 jours sur leur CET (cela concernerait plus de 500 salariés).

« Mais on est en ordre de marche pour 2023 », assure la direction. Alors pourquoi pas une ouverture de la Négociation Annuelle Obligatoire sur la politique salariale dès janvier ?

On nous répond qu’il faut attendre le cadrage budgétaire de la tutelle au printemps. La direction évoque une possible NAO en avril, « on sait que la pression est forte ».

Pourtant, d’autres entreprises de l’audiovisuel public comme France Médias Monde ont entamé leur NAO en décembre pour 2023 !

Dans sa saisine, le SNJ a fait des propositions qui peuvent entrer en vigueur dès janvier :

  • Mesure générale ;
  • Revalorisation des grilles de salaires garantis ;
  • Création de paliers supplémentaires d’ancienneté en cohérence avec le recul de l’âge de départ à la retraite.

  • Par ailleurs, le SNJ a proposé une augmentation de la part patronale pour les transports en commun de 50 à 75% : certains forfaits, comme le pass Navigo en Ile-de-France, vont coûter beaucoup plus cher aux salariés.
    La direction doit prendre la mesure de l’urgence concernant le pouvoir d’achat des salariés.
    Le SNJ jugera sur pièce. En dernier lieu, le choix d’une mobilisation reviendra aux salariés.

Paris, le 8 décembre 2022

France Télévisions jette un froid
parmi les salariés

Des scènes surréalistes à France Télévisions. Dans une réunion, le thermomètre affiche 16 degrés, 17 au maximum !!! Le Siège se trouve dans le sud-ouest parisien, mais à l’intérieur, c’est le pôle Nord. Les participants grelottent malgré leurs épais manteaux et leurs écharpes. La salle se vide peu à peu, d’aucuns préfèrent rentrer chez eux pour suivre les débats à distance depuis leur domicile… Un salarié a choisi de prendre cela avec humour, en affichant une vidéo de cheminée sur l’écran de sa visioconférence.
La présidente de France TV, Delphine Ernotte, a-t-elle trouvé un nouveau moyen pour favoriser le télétravail  ? Officiellement, ce n’est pas l’objectif. Mais dans les ascenseurs, on croise des salariés excédés : « Je rentre, ce n’est plus tenable » !!!

Madame Ernotte a fait de la sobriété énergétique l’une de ses priorités, et c’est évidemment louable. Mais cette logique tournerait-elle à l’absurde ? Pour preuve, un journaliste qui ne tenait plus dans un local s’est rabattu sur la cafétéria (où la température est plus élevée) pour travailler ! Les salariés vont-ils devenir des « réfugiés climatiques » ? Des hauts cadres de l’entreprise ne cachent pas être eux aussi dans le brouillard quant aux causes de cette vague de froid en interne.
Revenons à nos bureaux… depuis quelques semaines, les salariés du siège ne peuvent plus régler eux-mêmes le thermostat de leur périmètre. Sauf à en faire la demande expresse via un logiciel, bref, une lourdeur administrative qui en refroidit plus d’un.

Selon la médecine du travail, l’employeur doit offrir aux salariés des conditions de travail confortables (20, 21 degrés) ! Autrement dit, en deçà de 19 degrés, « cela devient compliqué ». Entre 16 et 18, mieux vaut avoir « une activité modérée ». Alors que nous traitons des problèmes de froid dans les écoles et les entreprises dans nos journaux, faut-il conseiller le jogging aux employés de France TV ?
On nous laisse entendre que le pouvoir est bien au chaud au 8ème… à nous de faire monter la température sociale en 2023 !

Paris, le 7 décembre 2022

Objectif Lunaire et au-delà…

LIMINAIRE SNJ AU CSE DES 7 ET 8 DECEMBRE 2022

Il y a quelques jours nous apprenions qu’une Française de 40 ans, Sophie Adenot, venait d’être choisie par l’agence spatiale européenne pour la nouvelle promotion d’astronautes. Une âme d’exploratrice, parait-il, qui rêvait depuis toute petite du cosmos, des planètes et d’apesanteur…

En lisant les documents pour cette réunion du CSE de décembre, on ressent parfois aussi un curieux flottement, un décalage spatio-temporel, un style de langage très « Bienvenue à Gattaca ».

Comme si la direction regardait la réalité avec les yeux de Sophie, l’ingénuité en moins, depuis l’ISS.

Ainsi, l’Etat des lieux du parc de caméras parait avoir été écrit par Monsieur Spock. « Travail rigoureux …en s’appuyant sur la contribution des salariés » ; « savoir-faire de nos OPV et JRI au cœur de notre ambition » ; « pluralité des écritures » …Sur la planète réseau France 3, l’écriture image tous les jours se heurte à des trépieds cassés, des grands capteurs tant attendus qui restent dans les placards faute d’accessoires et de formations.

Mais cela ne saurait tarder nous dit-on.

Ainsi le Vaisseau Amiral Tempo continue sa tournée des régions, avec, selon le pilote, des informations pas toujours identiques, lacunaires, voire lunaires…et toujours rien de concret sur les fameux renforts qui viendraient du Siège. Une béance et un non-sens éditorial avec une rédaction nationale qui s’avance doucement vers le trou noir.

Ainsi vous prétendez poursuivre avec nous ce « merveilleux projet de régionalisation » …en essayant de priver les élus de son outil d’échanges : la CASAR. Le SNJ est opposé à la suppression de cette commission globale de suivi de ce projet stratégique, qui engage le quotidien futur des salariés du réseau et brade une organisation de travail cohérente qui placerait l’humain en son centre.

Parmi lesquels les cdd qui de plus en plus doivent choisir entre manger et se loger dignement en raison de frais de mission insuffisants au regard de l’inflation des tarifs des hôtels de plus en plus élevés. Et cela à des années lumières de la prise en compte de l’humain et de nos collègues les plus précaires. A quand des frais de mission dignes de ce nom ?

Alors certes, il y a de temps en temps quelques signes, fugaces comme de la poussière d’étoiles, qui disent « je vous ai entendus » jusqu’à ce que le mal-être, l’absentéisme, le repli sur soi dans un autre ailleurs, nous rattrapent, vous et nous !

Offrez donc pour Noël aux salariés du réseau une calculatrice pour leurs effectifs et leur budget, un kaléidoscope pour oublier votre réalité et un télescope. Parce que finalement, vous avez peut-être raison : mieux vaut regarder vers les étoiles.

Joyeux Noël à toutes et à tous.

Paris, le 07 décembre 2022

Salaires

Le SNJ exige des mesures à la hauteur

Le SNJ vient d’effectuer une saisine auprès de la direction sur la question des salaires.

Il s’agit d’une procédure de prévention des conflits, qui prévoit que la direction organise rapidement une réunion sur le sujet, et tente d’apporter des solutions aux problèmes soulevés.

Voici la lettre de saisine et nos revendications : (cliquer ci-dessous)

Pas de Tempo comme cadeau

PRÉALABLE SNJ AU CSE SIÈGE DES 5 ET 6 DÉCEMBRE 2022

Merci, Madame la Présidente, de gâcher le Noël des salariés. L’empilement de vos projets ou cadeaux empoisonnés n’apporte qu’inquiétude ou souffrance psychologique. Alors que les fêtes devraient permettre à chacun de souffler, la hotte est pleine ! Et tout en haut de votre liste, ça sent le sapin pour les éditions nationales de France 3… La rédaction nationale est rongée par ce funeste projet qui, aux dires de certains de vos lutins, concernera pas moins de 4000 salariés ! Pour une trêve des confiseurs, la pilule est difficile à avaler. Que vais-je devenir dans ce grand tout appelé Tempo ? La question mine les journalistes et PTA qui n’ont pas besoin de ça. Tous sont déjà épuisés par le management violent, l’augmentation de la charge de travail liée à la baisse endémique des effectifs, la perte de sens à tous les étages. Et le régime sec du point de vue salarial n’arrange rien alors que l’inflation grignote notre pouvoir d’achat. Le mal-être grandit, les médecins du travail qui reçoivent de très nombreux salariés en souffrance, peuvent malheureusement en témoigner.

La suppression des éditions nationales de France 3 constitue un nouveau choc après celle du Soir 3. La cerise sur le cadeau ! Une catastrophe sociale et éditoriale annoncée, un très mauvais livre bien mal emballé. Et vos mages, rois de Tempo qui font le tour des services et des régions en portant une bonne parole à géométrie variable, sont loin de rassurer, bien au contraire. Ici Soir serait peut-être mis en place en septembre 2023 et Ici Midi en septembre 2024. Ou tous les deux verraient le jour en même temps à la rentrée, juste après les vacances d’été ? Le discours change en fonction des interlocuteurs. De quoi perdre le Nord…

Et surtout, vos envoyés très spéciaux n’apportent aucune explication sur la future organisation de la rédaction nationale, sur les effectifs redéployés en régions dans l’encadrement comme sur le terrain. Nous sommes en droit d’attendre clarté et transparence. Mais nous ne croyons pas au Père Noël !
Madame la Présidente, le SNJ pourrait déposer un ouvrage sous votre sapin. Il s’intitulerait, « Tempo, un contresens de l’histoire ». Vous pourriez y apprendre bien des choses, à lire de préférence devant la cheminée. Mais pas trop près, pour éviter de se brûler les ailes… avec la forte mobilisation qui se prépare sur des bases solides. Vous pouvez compter sur ce présent du SNJ et, nous l’espérons, des autres organisations syndicales.

Nous appelons à une mobilisation massive. Oui à une vraie régionalisation mais pas low-cost ! Oui au développement de chaînes régionales de plein exercice, avec les moyens. Un non catégorique au mélange indigeste de l’info de proximité avec l’info nationale et internationale. Tout cela n’apportera que confusion et dissolution de l’identité de nos journaux régionaux, notamment dans les zones rurales.

Pour la nouvelle année, nous espérons enfin voir la lumière, même si l’heure est aux économies, et pas uniquement pour les énergies. La lumière, ce serait de vous voir renoncer au projet Tempo. En faisant le voeu que l’info de service public continue de briller à tous les niveaux, en préservant ce lien de proximité avec les téléspectateurs au travers de l’information régionale. Mais aussi en sauvegardant nos si précieuses éditions nationales de France 3.

Des rendez-vous aux fortes audiences qui sont le fondement du pluralisme et permettent de prendre de la hauteur sur les grandes problématiques nationales et internationales. Et cette exigence, ce n’est pas le 13 heures de France 2, copie de plus en plus conforme de celui de TF1, qui permettra de la satisfaire. Quant au 20 heures de France 2, il va aussi passer les fêtes dans le doute. Bientôt une nouvelle formule, un nouveau plateau, une nouvelle présentatrice ? Halte à la politique du changement permanent !!!

Pour le moment, Madame la Présidente, les salariés ne voient pas le sens de votre politique. Si ce n’est de réduire la masse salariale et d’habiller le tout par une fausse barbe (blanche si possible), teintée de pseudo considérations éditoriales. Tempo, le transfert de plusieurs émissions vers FTV Studio ou Campus qui annonce des déménagements à grande échelle.

Pour Noël, nous vous suggérons de fixer un cap, un vrai, et pourquoi pas, d’offrir une boussole aux salariés qui sont désorientés.

Madame la Présidente, même si les bulles de champagne auront un goût amer cette année, le SNJ vous souhaite de bonnes fêtes. Et vous envoie déjà sa carte de voeux, pour s’opposer de toutes ses forces au projet Tempo.

Paris, le 5 décembre 2022

CSE Siège des 23 et 24 novembre 2022 : notre compte-rendu

Une consultation déloyale pour le transfert ou détachement des salariés de plusieurs émissions vers France.tv Studio. La RCC (Rupture conventionnelle collective) ou plan social déguisé. La politique égalité professionnelle Femmes/Hommes progresse, mais peut mieux faire.

Et Campus ou les déménagements, une histoire sans fin.
En ouverture de ce CSE du Siège, vos élus du SNJ France Télévisions sont une nouvelle fois montés au créneau au sujet du rouleau compresseur appelé Tempo. Un train lancé à pleine vitesse que nous espérons arrêter, avec le soutien des salariés, même si des essais ont déjà été réalisés à France  3 Toutes Régions (FTR) sur les journaux d’Amiens et Montpellier. Même si l’équipe projet poursuit sa tournée dans tous les BRI (Bureaux régionaux d’information) en France, en espérant convaincre les salariés. Le SNJ dit NON à la suppression des éditions nationales de France 3 prévue en septembre 2023 et à une régionalisation Low-Cost. Ce projet funeste aura de graves conséquences sur l’éditorial mais aussi du point de vue social ! La rédaction nationale va-t-elle être divisée en deux, entre ceux qui, faisant partie du casting voulu par la direction, continueront de travailler pour les éditions de France 2, et les autres, chargés de fabriquer des sujets pour France Info et les Bureaux régionaux d’information de France 3 ?

La direction accélère le Tempo

PRÉALABLE SNJ AU CSE SIEGE DES 23 ET 24 NOVEMBRE 2022

Pas le temps de souffler pour les salariés et pour les organisations syndicales : la direction a décidé de donner un coup d’accélérateur à Tempo. Un CSE central extraordinaire sur ce seul dossier était prévu initialement début décembre et un point à l’ordre du jour du CSE Siège ce même mois. Ce calendrier semble chamboulé pour des raisons d’organisation mais pour autant le rouleau compresseur continue sa route, et tout cela n’est que partie remise ! L’équipe projet sillonne le réseau France 3 pour distiller sa bonne parole et convaincre les salariés d’adhérer à ce big bang de l’info. Et les chiffres tombent : Tempo touchera 4000 salariés de l’entreprise, soit près de la moitié des effectifs de France Télévisions. Mais pas de panique, nous dit-on : tout le monde y trouvera son compte, personne ne sera laissé sur le bord de la route. Et surtout, tous les salariés de la rédaction nationale pourront travailler sur les 13H et les 20H et même avoir le temps de traiter les sujets. Le pire cacherait donc le meilleur ? Quelle arnaque.

En plus, il n’y aura pas, nous assure le nouveau directeur de l’information, une « aristocratie » des ex-France 2 au détriment des ex-France 3. Plus de casting ? Alors qu’il n’existait pas, nous disait-on il y a encore peu ? Nous voilà rassurés… ou pas !

L’argument ultime pour nous convaincre : Tempo serait le seul moyen de préserver France 3, face aux velléités politiques de ceux qui veulent privatiser ou faire disparaître l’audiovisuel public et donc France Télévisions, en cas de victoire en 2027. Le cynisme dans toute sa splendeur. Un argument surprenant et surtout incohérent.

Et caricature de plus, selon la direction, Tempo serait même une opportunité pour tous les salariés du national car nous pourrons tout autant faire du France Info que du « desk » pour les régions, du reportage pour France 2, des papiers sur le web.

Bref, la transversalité et les nouveaux métiers sont au cœur du projet. Il n’y aura plus de spécialité et sans doute une meilleure qualité de vie au travail pendant que nous y sommes ?

Nous disons une nouvelle fois NON, NON et NON à Tempo qui détruira deux éditions historiques de France 3 aux audiences très fortes. Des rendez-vous emblématiques d’une information pluraliste qui seraient ainsi sacrifiés sur l’autel des réductions budgétaires et d’une fausse régionalisation sans ambition et sans moyens supplémentaires ! C’est d’ailleurs ce que les militants du SNJ ont rappelé à l’issue de leur Assemblée Générale annuelle. Journalistes du réseau régional, ultramarin et de la rédaction nationale sont unis contre ce projet.

La présidente a lancé le compte à rebours, un lent supplice dont on mesurera bientôt les dégâts. Mais il sera déjà trop tard, comme pour le projet de transfert des émissions de France Télévisions SA vers France Télévisions Studio.
Nous adressons un message clair à Madame Ernotte. Tempo, ce n’est pas le sens de l’histoire.

Le SNJ se battra jusqu’au bout, pour faire échouer votre projet funeste.

Paris, le 23 novembre 2022