Les JRI au bord du burn-out

Lettre ouverte à Michel Dumoret, directeur de la rédaction nationale

De retour dans une rédaction que tu connais, mais à un poste-clé, tu vas désormais mettre en œuvre le projet “Démocratie” annoncé par Laurent Guimier.

Bien que les contours de ce projet soient encore un peu flous, les reporteurs d’images te demandent de le réussir avec eux.

Aujourd’hui, beaucoup de ces journalistes sont en souffrance, noyés dans le plus grand service de la rédaction. Ils ne se reconnaissent plus dans les méthodes de travail ni dans la façon dont ils sont “gérés”.

D’un métier-passion dans une entreprise qui faisait rêver, ils sont devenus des numéros dans un monde de “prestataires de services”.

Au cœur de la rédaction, mais en même temps tout au bout de la chaîne de production éditoriale, ce collectif subit avant tout les méthodes de travail et les dérives imposées par la hiérarchie.

Des tournages en kit, ces “éléments” qui déresponsabilisent également nos confrères rédacteurs, jusqu’aux fameux micros-trottoirs, qui font office de ligne éditoriale, on ne dressera pas ici la liste des points qui fâchent. Qui mettent à mal le professionnalisme de tous : Jri, rédacteurs, monteurs, preneurs de son…

Mais on ne peut occulter un symbole, important au quotidien : la façon dont on est tenus à l’écart de notre propre activité. Plus aucune visibilité en effet sur les tournages passés, en cours et à venir, comme avec feu le logiciel Astérix. Son remplaçant, lui, n’est consultable que par l’encadrement. Suite à plusieurs demandes et à une pétition, on nous a pourtant promis le retour de ces fonctionnalités… d’ici quelques mois. Pourtant il est clair que l’on cherche à nous berner. Qui pourrait croire qu’un délai aussi long est nécessaire ? Il ne s’agit tout de même pas de revoir un logiciel conçu pour faire redécoller des Boeing !!

Mais c’est aussi et surtout au sein même du service que le bât blesse.

Certes, diriger un groupe d’une centaine de collaborateurs n’est pas aisé. Avec Info 2015 c’est pourtant l’entreprise qui a créé ce mastodonte, sans dimension humaine. Et elle en est responsable.

Si la direction a concrétisé l’objectif de la fusion des deux services Jri F2 et F3, elle a clairement échoué sur le plus important : créer un collectif de travail, motivé et serein. Aujourd’hui, ce service fusionné n’est qu’une illusion. Il est en réalité divisé et fonctionne à plusieurs vitesses.

Il y a ceux qui font de l’actu et ceux qui tournent des magazines. Il y a ceux qui partent régulièrement sur les missions les plus valorisantes. Et les autres, la grande majorité, cantonnés à Paris, qui partent de temps en temps. Et il y a ceux qui ne partent jamais.

Et il y a les “vieux ». Mis sur la touche après avoir tant donné aux rédactions et aux téléspectateurs. Ils pourraient encore apporter beaucoup. Et il y a les “jeunes” qui, entre deux missions, et avant de repartir, aimeraient qu’on débriefe un peu leur travail. Qu’on s’intéresse à leur progression.

Maintenant, il faut savoir écouter les demandes et les alertes, lancées par les Jri depuis des mois, des années.

Promouvoir les talents de chacun pour retrouver du plaisir et de la fierté à exercer son métier, derrière la caméra.

Il faut aussi que l’encadrement du service aille au-delà de la gestion des plannings et des Rtt. Qu’il assume et justifie pleinement ses fonctions éditoriales, à égalité avec les cadres des éditions et des services.

Redonner du sens à notre métier et de la valeur aux informations que nous apportons à des millions de téléspectateurs, remettre le reportage et l’image au cœur des JT, traiter les salariés avec équité et considération, c’est la direction que nous souhaitons te voir prendre.

Paris le 16 mars 2021

L’indépendance à géométrie variable

Ces derniers jours dans la presse, le service politique de la rédaction nationale est à l’honneur… La nomination d’un nouveau rédacteur en chef du service serait le signe d’une reprise en mains de Jupiter, alias Emmanuel Macron. La belle affaire !

Le SNJ n’est pas dupe de ce genre d’articles, qui n’est qu’un procès d’intention concernant l’un des journalistes du groupe et surtout un règlement de comptes qui vient de l’intérieur. Pas du ministère non, mais de la rédaction !

Si à la lumière de faits, de signes clairs, nous constatons que cette nomination est un geste en direction de l’Elysée, nous ne manquerons pas de le dénoncer, avec d’autres sans doute, car notre indépendance n’a pas de prix.

Mais là, la ficelle est trop grosse ! Cet article téléguidé n’a qu’un seul sens, celui de la politique de la terre brûlée pour cacher les défaillances du management dans ce service. Casting exacerbé, mises à l’écart de certains ex-France 3, discrimination par l’âge, discrimination syndicale, errements éditoriaux, pluralisme mis à mal ! Les problèmes sont ceux-là, et ajoutons-y une application de la fusion à trois vitesses ! Alors c’est certes moins glamour qu’un procès politique, mais c’est tout autant dévastateur, surtout pour les victimes de ces pratiques condamnables.

Mais au-delà de cette manipulation déplacée, il est intolérable d’imaginer que les journalistes du service politique pourraient être menés à la baguette, au service du chef de l’Etat. Le SNJ défend le collectif et son indépendance, même s’il est ostracisé par une partie de l’encadrement. La rancune n’est pas dans notre vocabulaire.

Nous serons tous vigilants quant au traitement de l’information tout au long de la campagne présidentielle, sur nos antennes, dans nos éditions. Les donneurs de leçons d’un jour devraient se remettre en question et défendre au quotidien cette chère indépendance !

Paris, le 15 mars 2021

Tournages avec des smartphones : le SNJ ne signera pas l’accord sur les « UTS »

Le SNJ ne signera pas l’accord portant sur l’extension de l’utilisation des smartphones en reportage à tout France télévisions. Le bilan de l’utilisation de cet outil, en place dans certaines rédactions, n’est pas satisfaisant. Il a parfois entraîné de fortes dégradations des conditions de travail. La situation ne pourra qu’empirer avec la volonté de la direction de réduire les équipes de reportage à un seul journaliste.

Le SNJ est favorable à certaines évolutions professionnelles et techniques (notre syndicat est d’ailleurs signataire d’accords « compétences complémentaires » depuis plus de quinze ans), mais pas à n’importe quel prix.

Nous avions signé un premier accord expérimental sur l’utilisation des  UTS, les unités de tournage avec smartphone, en Nouvelle-Aquitaine, dans la foulée de la naissance de la chaîne NoA. L’accord prévoyait alors les dispositions protectrices suivantes :

– Une équipe de reportage est constituée au minimum de deux journalistes, comme stipulé par l’accord collectif France TV. Le tournage seul est impossible, sauf par des journalistes à compétences complémentaires, JRI ou rédacteurs, dans des circonstances particulières liées à l’urgence de l’actualité ;

– Ce sont les journalistes qui décident d’utiliser ou pas un smartphone, sur la base du volontariat et selon les besoins du reportage ;

-L’utilisation de l’UTS est réservée aux seuls professionnels de l’image (JRI et OPV) ;

Malgré ces dispositions, le bilan de l’expérimentation est mitigé. Quand la direction évoque un outil « agile », nous voyons de nombreux problèmes.

L’UTS reste un matériel perfectible : image médiocre en faible lumière, difficultés pour cadrer correctement en plein soleil, impossibilité de zoomer, prise de son peu performante, choix des applis de tournage trop restreint.

Or, au regard des parcs cameras, qui sont limités, et des besoins croissants en images, les JRI risquent de se voir rapidement imposer l’UTS au détriment d’une caméra, le volontariat devenant illusoire.

Tout au long de la négociation, le SNJ a insisté pour faire inscrire dans le texte l’obligation d’une équipe de reportage constituée au minimum de deux journalistes. La direction a refusé, révélant son intention d’imposer le travail seul.

D’ailleurs, son projet de régionalisation et de 18h30 « low cost » de France 3 vont dans ce sens.

Malgré une grève de près de deux semaines, à l’appel du SNJ, de SUD et de la CGT, la direction a martelé son refus d’attribuer des moyens supplémentaires aux régions. Elle parle uniquement de gains de productivité. Il est question de redéploiements de salariés, de nouveaux métiers et « d’unités de compétences complémentaires »… c’est-à-dire de la casse du journalisme et d’autres métiers.

Enfin, la direction a inscrit dans son projet d’accord l’ouverture d’une nouvelle négociation, afin d’étendre l’utilisation des UTS à d’autres salariés.

Considérer que le simple fait d’avoir un téléphone « agile » fait de vous un JRI ou un OPV n’est que pure démagogie. Le SNJ ne cesse de le répéter : le journalisme n’est pas une compétence complémentaire.

Au-delà de l’outil, c’est bien une ligne éditoriale que la direction veut imposer aux journalistes : faire des directs en mode « selfie » à moindre coût et avec une équipe réduite à son strict minimum.

Nous refusons la dégradation de la qualité de l’information de service public et de nos conditions de travail.

Paris, le 10 mars 2021

Et si on arrêtait de faire le trottoir ?

Une épidémie de micros-trottoirs fait des ravages à France 3 Paris IDF : chaque conférence de presse, annonce du gouvernement, déclaration de la mairie de Paris ou polémique (souvent imaginaire) donne lieu – c’est devenu systématique – à des sorties en reportage pour ce que l’on nomme aussi parfois « vox pop ». Eh oui le latin c’est tellement plus chic !

Nos équipes arpentent les marchés de Paris et parfois de banlieue, les rues et les sorties du métro pour des sujets dignes du café du commerce ou de la brève de comptoir. Confinement ? Re-confinement ? Dé-confinement ? Couvre-feu ? Ecole à l’extérieur ?

Le micro-trottoir, tellement plus facile que de réfléchir, anticiper et caler des interlocuteurs à l’expertise plus développée. Vite fait, bien (ou mal) fait, le reportage sera disponible dans l’heure, et la case covid remplie.

Dernière lubie en date de notre encadrement : détourner un beau matin une équipe de bureau excentré, annuler le tournage envisagé, pour l’envoyer dans un autre département tourner un… micro-trottoir (!), à quarante minutes de trajet. Le but, compléter un autre… micro-trottoir (!) en cours de tournage sur un marché d’un 3ème département !

Non seulement ce degré zéro du journalisme n’est pas digne du service public, mais il ne parvient pas à masquer l’indigence de la ligne éditoriale en vigueur depuis des mois dans notre rédaction. Il est temps de (re)faire confiance aux équipes, notamment celles des bureaux excentrés et à leur travail de terrain ! 

Cela passe bien évidemment par un débat éditorial ouvert mais aussi par le remplacement des absences, spécifiquement dans les BEX, quand les titulaires sont en formation longue durée. Sur les terrains sensibles, comme la Seine Saint Denis, il est inacceptable d’avoir des journées sans équipe (alors que le bureau compte 4 personnes), et pas acceptable non plus d’envoyer des remplaçants qui changent trop souvent et qui ne connaissent pas toujours le terrain.

Quand notre encadrement nous pousse sur le trottoir, c’est notre déontologie qu’elle met au caniveau.

Paris, le 10 mars 2021

Sombres horizons

Préalable CSE Siège des 9 et 10 mars 2021

Un audit pour seul projet… Voilà à cette heure ce que nous savons des perspectives de l’actuelle direction de l’Information. Une étude initiée avant la crise sanitaire, parait-il, et qui a commencé il y a peu. Des objectifs énoncés mais obscurs, un contexte mais sans sous-texte. De quoi nous inquiéter quant à sa finalité. Planification de notre activité, conformité des organisations du travail avec les accords collectifs – la belle affaire ! – une dose de gestion de congés, répartition des tâches entre les services. Et ce qui nous chagrine le plus en ce moment, ce sont les conditions des recours aux CDD. Un serpent de mer souvent mis en avant quand la direction veut faire des économies et se séparer de précaires ayant acquis des droits à l’intégration. Nous n’avons pas à avoir peur d’un audit, tant la rédaction nationale est à flux tendu depuis des lustres. Mais en revanche, si cette étude met en avant les castings exacerbés, les journalistes mis à l’écart, brimés, maltraités, discriminés, alors nous sommes preneurs. Si cet audit met en avant le trop grand nombre d’encadrants dans nos services et notre direction, là aussi nous disons banco. Et enfin si cela remettait seulement l’information au cœur de nos journaux, nous pourrions accompagner la démarche. Mais rien de tout cela… mais on nous dit quand même de ne rien y voir de suspect. L’éditorial attendra… nous verrons a priori fin avril ce que donnera cet audit et surtout à quoi il sera utilisé. Nous, pendant ce temps- là, nous aimerions voir tellement de choses changer…

Autre question cruciale pour les rédactions du Siège : à quoi sera utilisée l’agence de presse interne que France Télévisions vient de créer, via sa filiale france.tv studio ? Cette structure sera-t-elle un outil permettant aux journalistes et techniciens du service public de produire plus de magazines et de documentaires pour nos antennes ? Ou, au contraire, cette filiale va-t-elle siphonner les rares magazines encore produits au Siège ?

Le SNJ exige des engagements fermes de la direction sur ce point. Nous souhaitons d’ailleurs qu’à l’occasion du lancement imminent de l’émission « Affaires Sensibles » sur France 3, le CSE Siège puisse examiner la répartition des productions des magazines d’information nationaux de 2015 à 2020 : quelle part pour la production interne, quelle part pour les achats extérieurs ?

Nous souhaitons aussi interpeller la direction sur la situation de certains correspondants. Certains journalistes de France 2 en régions vont connaître un changement radical de leurs conditions de travail. À Rennes et à Poitiers, ces correspondants de la rédaction nationale vont perdre leur bureau indépendant pour intégrer les « newsrooms » des rédactions régionales de France 3 à la faveur d’un déménagement dans de nouveaux locaux.
Il nous semble nécessaire que la CSSCT (Commission Santé, Sécurité et Conditions de Travail) du siège se saisissent de ce dossier dans le cadre d’une dégradation des conditions de travail. Devoir se fondre dans une « newsroom » dont les missions diffèrent avec un encadrement différent est un non-sens journalistique. Avec une perte importante de confort de travail. 

En outre, avec la pandémie, cette intégration est également un non-sens sanitaire, d’autant que ces correspondants n’ont aucune possibilité de télétravail.

Nous voyons dans cette absorption les prémices d’un changement de mission des équipes, voire leur disparition pure et simple en tant que journalistes dédiées aux éditions nationales.

Il est important que la CSSCT du siège se penche sur ce dossier car elle concerne des journalistes de la rédaction nationale confrontés à un changement de structure. ‌

Ce liminaire alerte aussi sur la situation que nous avons déjà évoquée à multiples reprises auprès de l’actuelle direction de l’information. Celle du service des journalistes reporteurs d’images. Des alertes qui ne sont pas prises au sérieux, renvoyant les intéressés à leur encadrement. Mais l’un des soucis réside justement dans la gestion de ce service. Sans détailler outre mesure les problèmes rencontrés par les salariés, nous demandons que le directeur de l’information reçoive les élus pour aborder les graves dysfonctionnements qui abiment ce service, entité essentielle dans notre rédaction.

Paris, le 9 mars 2021

Les journalistes ne sont pas aux ordres de la préfecture ou du gouvernement !

TRACT INTERSYNDICAL CGT SNJ SUD

Nous ne sommes ni en Pologne ni en Hongrie. Nous sommes en France. Mais en France aussi le pouvoir s’arroge le droit de rappeler à l’ordre la télévision de service public.

Généralement, les reproches et les injonctions s’opèrent de manière feutrée, sans heurts, avec la persuasion de la communication « positive ». Pas en Haute-Saône où l’on a préféré travailler, pourrait-on dire, à l’ancienne.

Ce qui s’est passé le 19 février en Franche-Comté fleure bon les années 60 et l’époque où les conducteurs de JT étaient validés par la préfecture.

Ce jour-là, le ministre de l’économie et des finances Bruno Le Maire devait notamment visiter l’entreprise Crossject d’Arc-lès-Gray. Un déplacement express, décidé au dernier moment, et dont la préfecture de Haute-Saône ne veut pas révéler le contenu aux rédactions.

Impossible d’obtenir des précisions, mais le ministère et son relais préfectoral ont décidé que Bruno le Maire serait en direct dans l’édition de la mi-journée de France 3 Franche-Comté.

Devant le peu d’empressement de la station de Besançon à répondre, la préfecture change de ton la veille de la visite ministérielle. Elle avertit cette fois des journalistes du bureau de Vesoul qu’elle pourrait bien s’opposer au tournage en cours d’un magazine avec les gendarmes du département, si une équipe n’était pas dépêchée le lendemain.

Le 19 février, les spectateurs découvrent donc Bruno Lemaire en direct dans le journal. Un choix éditorial, selon la rédaction en chef. Nous ne contestons pas cette décision, mais cela n’excuse en rien le chantage exercé par la préfecture de Haute-Saône.

Demander un reportage est une chose, menacer d’interrompre un tournage pour l’obtenir, c’est grave.

Les syndicats CGT, SUD et SNJ de France 3 entendent rappeler que nous ne sommes pas des valets de la préfecture. La pression exercée sur la rédaction de France 3 Franche-Comté relève d’une autre époque, celle où stagnent visiblement les responsables de cette affaire, qui ont si peu conscience de la notion de liberté de la presse qu’ils en ont même oublié d’être discrets.

Nous attendons également de notre direction régionale qu’elle rappelle à la préfecture de Haute-Saône le respect dû au travail des journalistes et à leur indépendance.

Besançon, le 1er mars 2021

LIMINAIRE SNJ CSE RÉSEAU Monsieur le directeur, maîtrisez vos nerfs !

Le ton employé à l’égard des élus lors de notre dernier CSE nous a laissé un goût amer et n’augure rien de bon pour la suite du dialogue social au sein du réseau, si tant est que ce dialogue a toujours cours dans une instance que vous avez peu à peu vidée de son sens.

Un CSE qui se délite à coups de remarques désobligeantes, d’envois tardifs de documents, de méconnaissance des réalités régionales et d’indifférence pour un conflit social qui a durablement marqué ce début d’année.

Vos réflexions à haute voix, votre légèreté à l’égard de certains points abordés en séance, ont été blessantes.

Vous avez tancé l’enquête sur la santé des élus réalisée par une étudiante en psychologie sur ce ton, « Je ne vois pas en quoi le gentil rapport de la petite stagiaire nous apporte quelque chose. Tout ce qui est dedans nous le savons», comme le ferait un professeur revêche, la règle à la main, devant une classe de cancres ou de mauvaises têtes.

Vous n’êtes pas notre maître d’école et nous ne sommes pas vos élèves ! Et vous n’êtes surtout pas notre directeur de conscience en distribuant les bons et les mauvais points. Monsieur le directeur, maîtrisez vos nerfs !

Peut-être qu’avec la nomination d’un nouveau DRH à la tête du réseau, nous y gagnerons en dialogue, en écoute et en respect des élus. Car le précédent n’a pas fait montre d’une grande imagination dans la recherche de solutions, notamment sur les problèmes de santé au travail.

Nous avions souvent le sentiment d’être peu entendus, et même d’être disqualifiés sur nos alertes dans le réseau (26 au total, excusez du peu !) et que les expertises à peine restituées étaient vite glissées sous le tapis.

Dernier exemple en date, ce rapport des experts Lillois qui pointe les carences de la direction dans la gestion catastrophique d’un dossier douloureux. A Lille, des salariés sont toujours en souffrance après la restitution d’une enquête maladroite de la ligne directe harcèlement, instrumentalisée par une direction avide de désigner rapidement des boucs émissaires.

Dans ce cas précis, comme dans bien d’autres, comment allez-vous ramener les managers à leur rôle essentiel : gérer l’humain ? Plutôt que de gérer des cases, des produits, des audiences, du cross postage, comment allez-vous replacer les salariés au cœur de l’activité et de vos préoccupations ?

Et puis, comment allez-vous gérer les métiers que vous semblez vouloir remettre en cause à travers des négociations tronquées ? Les scriptes avec le projet NRCS ? Les techniciens avec les régies transformées en automates ? Les journalistes avec un 18h30 chronophage et si peu ambitieux ?

D’ailleurs, la réunion de la commission économie et structures élargie a été révélatrice de l’inertie qui semble vous gagner, malgré votre signature apposée au bas du protocole de sortie de grève SNJ-SUD-CGT, pour tenter de répondre à nos demandes …

Que veut dire votre signature, après 14 jours de conflit, si c’est pour bloquer tout recours à l’emploi non permanent, là où pourtant les besoins sont les plus criants?

Chaque antenne se voit attribuer des moyens dérisoires, insuffisants pour faire une tranche d’information de proximité et de qualité qui puisse répondre aux attentes de nos publics. Quelle déception pour les salariés du réseau !

Alors en conclusion, pour parodier le dernier message de la communication interne (« écrivons ensemble notre raison d’être ») écrivons ensemble cette régionalisation, mais vraiment ensemble ! En associant tous les salariés, pas en les mettant devant le fait accompli, comme vous continuez de le faire, sans scrupule ni réflexion.

Sachez que le SNJ prendra à nouveau toutes ses responsabilités au plan social et juridique si vous n’entendez pas ce message qui est, n’en doutez pas, un véritable ultimatum.

Le 24 février 2021