Parts variables : malaise et défiance en primes à l’info

Il aura fallu quelques lignes dans le journal « Le Monde », pour qu’un nouveau morceau du voile opaque qui couvre la part variable des rédacteurs en chef de France Télévisions soit levé. Oui, les primes d’objectifs concernent bien l’éditorial. Nous l’avions souvent évoqué en interne, mais jamais aucun dirigeant n’avait voulu le confirmer. Aujourd’hui la chose est donc officielle. Des rédacteurs en chef ont droit à un important bonus annuel… parce qu’ils font tout simplement leur travail.

Quel constat d’échec ! Pour intéresser les cadres de l’info à l’actualité de l’Europe ou des territoires d’outre-mer, la seule solution serait donc de faire pleuvoir des milliers d’euros… Tout en générant un malaise dans les conférences de rédaction : pour les reporters, comment savoir si telle ou telle commande d’une édition est liée à un réflexe professionnel ou à la recherche d’une prime ?

Depuis son introduction à France 3 dans les années 2000, cette part variable nous a toujours heurtés, et le SNJ a régulièrement réclamé que cette prime disparaisse.

Au contraire, elle a été étendue par la suite à l’ensemble des rédactions. Au départ quasi-invariable, elle représentait un joli complément de rémunération pour les cadres d’un certain niveau. Mais jusqu’ici nous ne pensions pas que la hiérarchie de l’info pouvait être influencée par des « bonus »…

Qu’on ne s’y trompe pas : nous constatons nous aussi que nos journaux ne reflètent pas toujours la réalité de notre société. C’est pourtant une mission de service public et France Télévisions a effectivement des progrès à faire dans ce domaine. Mais cet objectif éditorial, s’il est partagé par tous, ne devrait ainsi bénéficier financièrement qu’à quelques-uns… creusant encore l’écart (salarial, mais pas seulement) entre les hiérarchies et les rédactions. 

Nous rappelons donc que nous sommes pour la suppression totale de cette part variable réservée aux cadres, et nous demandons au passage au directeur de l’information de faire toute la lumière sur ce qui pourrait transformer nos éditions en objectifs pour argent de poche.

Paris, le 29 janvier 2021

2021, mauvais départ, 2022, tout ira mieux ?

LIMINAIRE DU SNJ CSE RESEAU – JANVIER 2021

D’abord en guise de bons vœux, le SNJ vous souhaite Mesdames et Messieurs de la Direction du réseau, une bonne et heureuse année 2022 puisque l’année 2021 ne sera visiblement pas celle des bonnes résolutions de votre côté.

Le réseau est en grève depuis onze jours déjà et vous faites comme si de rien n’était.

Et vous avez, monsieur le directeur, sans doute fait vœu de dédoublement de personnalité puisqu’en négociation du préavis de grève, vous osez nous affirmer que vous n’avez pas été prévenu à temps de toutes les alertes sur le lancement prématuré du 18h30. Etait-ce bien vous qui siégiez depuis le mois d’octobre dans notre instance ? Nous avons un doute, rassurez nous.

Le lancement du 18h30 est un échec, la situation sanitaire est préoccupante et incertaine et, malgré tout, vous vous obstinez dans le déni et l’aveuglement pour faire plaisir à qui ? A Mme Ernotte, à la tutelle, aux téléspectateurs ?

Ne croyez-vous pas que les élus politiques et la population dans son ensemble ont d’autres préoccupations en ce moment que de se concentrer sur le lancement d’un 18h30 low cost ou peu cher, comme on dit à Marseille ?

Vœu en guise de provocation ? Le directeur de la communication du réseau se distingue par un tweet vendredi dernier en se félicitant des chiffres d’audience des JT régionaux dont la majorité, en grève depuis le 18 janvier, n’a pas été diffusée…

La direction propose même, dans ses communications aux salariés, des temps de pause, de la « food thérapie » et de la méditation de pleine conscience, alors que l’on demande par la grève des moyens pour informer correctement… on croit rêver.

Vœu maintenant en forme de plan comptable ?

Le réseau, qui a été saigné à blanc pendant plus d’une décennie, est à nouveau mis à contribution dès le début de cette année par une direction qui reste sourde aux revendications légitimes des élus des différentes organisations syndicales, et à la colère réelle de bon nombre de salariés .

21 ETP supprimés seulement, vous félicitez-vous, en faisant fi des dizaines et dizaines d’ETP rayés d’un trait de plume ces 10 dernières années.

Malgré tout cela, vous semblez continuer d’ignorer les alertes à répétition sur la santé au travail qui se déclarent ici et là.

Vous restez obstinément sourd aux moyens dédiés et cohérents pour fabriquer une nouvelle tranche d’information à 18h30 au risque de provoquer un accident industriel avec des dégâts collatéraux.

Nous le redisons ici avec force : la régionalisation oui, mais pas à marche forcée… pas dans un calendrier inversé, et cette étape est nécessaire avec tous les salariés. Tous sans exception.

D’ailleurs, c’est vous qui l’écrivez dans votre projet : « une vision qui devra être largement expliquée et nourrie afin que l’adhésion des équipes ouvre la voie à une créativité accrue. » Fin de citation.

Votre obstination est inacceptable car nous devons proposer une information de qualité à nos publics, c’est ce qui fait notre force et notre fierté d’appartenir à une chaîne d’information publique.

Ce projet de régionalisation tant attendu ressemble davantage à un outil de communication qu’à une feuille de route détaillée pour une étape aussi importante pour tous les salariés.

Et puisqu’on parle de santé au travail, évoquons ensemble cette enquête édifiante sur la santé des élus qui nous interroge et devrait vous questionner aussi sur le mauvais fonctionnement de nos instances et sur l’absence d’un vrai dialogue social respectueux et sincère de votre part.

Oui pour résumer, nous faisons le vœu d’une année respectueuse et sincère entre nous, d’écoute et de compréhension mutuelle, de respect des salariés du réseau et de progrès social.

Vos sempiternels « j’entends ce que vous dites » ne suffisent plus, le capital confiance s’étiole à grande vitesse.

Le 28 janvier 2021

18H30 réseau régional France 3 : le préavis de grève CGT SNJ SUD est reconduit pour le 27 janvier

Face au succès de la grève hier, 25 janvier, jour du lancement du 18h30, la direction a convié ce matin les syndicats signataires du préavis, CGT, SNJ et SUD, pour discuter d’un protocole de sortie de grève.

La direction se dit consciente de la mobilisation, elle souhaite sortir de la crise, tout en refusant de reporter le 18h30. Une position radicale et inacceptable pour nous.

Elle propose seulement de réunir en urgence la commission économie et structures du CSE Réseau France 3, élargie à 15 membres. Elle compte y présenter les moyens actuels de chaque antenne, dévolus au 18h30, et les rééquilibrer si besoin avec des ETP non-permanents.

Mais il y a urgence. Ces moyens supplémentaires doivent arriver tout de suite dans les antennes. Il n’est pas question de réunir une commission sans renforcer immédiatement les équipes sur le terrain.

La CGT, le SNJ et SUD ont fait une contre-proposition pour demander la suspension du 18h30 jusqu’à la fin des vacances de février. Le temps pour chaque région d’affiner son 18h30, et pour la commission économie et structures d’étudier les moyens à mettre en œuvre dans chaque antenne.

Aujourd’hui, le mouvement ne faiblit pas. Il n’y aura pas de 18h30 en Auvergne Rhône-Alpes, en Normandie, en Occitanie, en Nouvelle Aquitaine, soient 10 antennes. Plusieurs autres JT ont également été perturbés, comme à Antibes, Besançon, Nancy, Strasbourg… 

Le préavis est maintenu pour demain, 27 janvier. Il faut maintenir la pression sur cette direction qui n’entend que le rapport de force et qui reste sourde à la colère des salariés.

Paris, le 26 janvier 2021

Grève réseau régional F3 : gros flop pour le lancement du « 18h30 »

Ce 25 janvier devait être un moment fort pour la présidente Delphine Ernotte et la direction du réseau… mais c’est en fait un échec cuisant !

Le 18h30 qu’elles rêvent de faire sans moyens supplémentaires n’est pas du goût des salariés du réseau. Ils se sont fortement mobilisés contre ce passage en force.

En Auvergne Rhône-Alpes, en Nouvelle Aquitaine, en Occitanie, en PACA, en Pays de la Loire, il n’y a pas de 18h30 à l’antenne ce soir. Dans les autres régions, journalistes et PTA se sont également mis en grève. Et dans certaines, les diffusions se font grâce à des tripatouillages dans les plannings, bien peu glorieux.

Il est donc temps d’entendre les revendications, claires et justes. Pour assurer une nouvelle tranche, il faut des moyens dédiés, de la préparation et plus de temps.

Pour l’instant, la direction choisit de garder le silence, semblant privilégier le pourrissement. Mais elle sera confrontée aux représentants du personnel jeudi prochain lors d’un CSE qui s’annonce houleux. A force de se couper de ses équipes, la défiance s’est instaurée.

Le mouvement doit donc continuer et s’amplifier. Nous appelons tous les salariées à rejoindre la grève qui est reconduite pour le 26 janvier !

Notre santé, notre qualité de vie au travail, et la qualité du travail que nous devons à notre public, ne sont pas négociables !

Paris, le 25 janvier 2021

Lettre ouverte au directeur du réseau régional

Grève France 3 et information à notre public

Monsieur le directeur,

Depuis une semaine, les salariés du réseau régional France 3 sont en grève pour obtenir les moyens supplémentaires indispensables à la réussite de la nouvelle tranche d’information du 18h30, elle-même première étape de la régionalisation.

Or, le SNJ constate une nouvelle fois que la direction de France télévisions conserve la très mauvaise habitude de ne pas informer notre public des conflits sociaux en cours dans l’entreprise : pas le moindre sujet consacré à cette grève, ni sur l’antenne linéaire, ni sur les sites web, pas de bandeaux à l’antenne, à de très rares exceptions près.

Quel message souhaite donc passer la direction à ses salariés, qui se mobilisent pour des motifs légitimes et qui vont dans le sens de la réussite de notre entreprise ?

Quel message entend faire passer le direction à notre public, en ne l’informant pas de la grève, et en les obligeant de fait à s’informer ailleurs, dans les médias du privé ?

Monsieur le directeur du réseau, vous êtes arrivé à France 3 après une longue carrière dans une autre grande entreprise de service public, Radio France, bien plus respectueuse sur ce point que France télévisions : non seulement des messages sur une grève en cours sont régulièrement diffusés sur l’antenne, mais des sujets ou chroniques le sont aussi, afin d’informer les auditeurs.

Pouvons-nous compter sur vous pour que le respect et le droit à l’information de notre public deviennent la règle à France télévisions dès maintenant ?

On ne règle pas un conflit en le cachant.

Paris, le 25 janvier 2021

PRÉAVIS DE GRÈVE RÉSEAU RÉGIONAL CGT SNJ SUD :

3ème confinement à l’horizon

Une raison  supplémentaire pour reporter le 18h30 en septembre, 

Notre présidente qui nous dit être consciente des nombreuses difficultés que nous avons traversées, doit comprendre qu’il est primordial de reporter ce 18h30 si elle ne veut pas nous faire prendre des risques inconsidérés. L’agenda politique est une chose mais on ne joue pas avec la santé des salariés.

Les syndicats CGT, SNJ et SUD reconduisent donc le préavis de grève reconductible ce lundi 25 janvier à 00h, jour du lancement du 18h30.

La mobilisation de toutes et tous est impérative.

Pour le lire la suite, voir communiqué CGT SNJ et SUD