Des consultants sans consultés

Pour relancer sa réforme de l’information du Pôle Outremer, France Télévisions a choisi de recourir à un cabinet de consultants, Julhiet et Sterwen.

Premier déplacement de ces experts : La Réunion.
Durée du déplacement : 3 jours.

Modalité et durée des échanges : express.

Les cadres en place vont sans doute pouvoir exprimer leur ressenti sur l’organisation qui a découlé du choix –arbitraire – de mettre en place des rédacteurs-en-chef uniques dans les stations d’outremer et les services RH et Finances donneront aussi leur point de vue. Normal.

Mais grâce à quelle immense connaissance de nos métiers, de nos contraintes particulières (3 médias sous une seule bannière, un site excentré à Saint-Pierre) les experts peuvent-ils espérer faire le tour de la question en 3 jours ?
Pourquoi n’est-il prévu pour les journalistes (ceux dont le travail sera forcément modifié par le futur changement d’organisation) qu’un seul passage en conférence de rédaction et deux créneaux d’une heure ? L’un pour la rédaction radio. L’autre pour la rédaction télé. Quant à Internet…

Et les créneaux en question ? Le moment où la grande majorité des reporters sont sur le terrain et où les présentateurs sont indisponibles.
Et tout ça, sur inscription préalable.

Le SNJ est plus que dubitatif : quel diagnostic pourra bien sortir d’un examen aussi peu immersif, et aussi peu imprégné de la complexité de nos réalités ?

S’il s’agit de valider des présupposés, autant économiser l’argent public.

La Réunion, le 30 septembre 2022

Accord collectif, pas self service !

AFFAIRE « CANTINE FERMÉE » SUITE…

La Direction de Réunion La 1ère aurait-elle l’impression que l’accord collectif est un “menu au choix” ?

Le 28 janvier 2022 nous avons dénoncé en CSE le non paiement des primes dites de “cantine fermée”.
Nous avions reçu une réponse satisfaisante, aux allures de mise en bouche :

« Cette prime est due. Et il s’agit maintenant d’automatiser son traitement, j’ai cru comprendre qu’il y a eu un petit trou dans la raquette en 2021. (…) nous allons rétablir et mettre en place le côté automatique de ce versement pour 2022 (…) et une fois que c’est lancé, on regarde sur 2021 pour régulariser ce qui est à payer. L’important c’est que cette prime est due, voilà. »
(Verbatim complet sur simple demande)

Pourtant, sans nouveaux éléments concrets deux mois et demi après, nous avons dû (“deuxième service”…) renouveler notre alerte en rappelant les textes qui s’appliquent :
https://snj-francetv.fr/il-est-lor-monseignor/

Lors du CSE d’avril, une nouvelle question collective a été posée. Elle a reçu une réponse écrite surréaliste :
« La rétroactivité ne peut concerner que les périodes sur lesquelles les Gestionnaires de paye ont la main, soit sur la GTA soit sur les 16 dernières semaines soit début janvier 2022 ».

En clair, la direction prend 3 mois pour déclarer qu’elle ne peut agir que sur les 4 mois précédents.
C’est un peu comme faire bombance dans un restaurant en faisant exprès d’avoir oublié son portefeuille.

Ce revirement injustifiable scandalise le SNJ et aurait dû faire bondir les élus autour de la table.
Dans les réponses formelles faites en CSE, il ne peut y avoir “à boire et à manger”.

L’argument informatique est tout simplement HORS DE PROPOS.
La direction locale le sait, il y a toujours des moyens pour régulariser et, dans le cas présent, l’outil informatique est au contraire une aide précieuse pour recenser toutes les primes dues depuis 2021, voire avant.

Nous adressons une demande simple à la Direction :

Respectez les salariés (et leur pouvoir d’achat) !
Respectez l’accord collectif !
Respectez votre parole !

La Réunion, le 11 mai 2022

Il est l’or, Monseignor !

…L’or de se réveiller

Lors du CSE du 28 janvier dernier, le SNJ a mis sur la table le problème des primes de cantine non versées pour tous les salariés travaillant les week-end et jours fériés.

La Direction assurait alors travailler à la résolution de cette anomalie et promettait une régularisation imminente. Depuis, aucune trace de primes rétroactives sur nos bulletins de salaires.

Le Directeur régional dit avoir envoyé une note aux managers pour que le versement de cette prime soit programmé de façon quasi automatique.

De ce que nous en avons compris, ce n’est qu’une question de transmission des tableaux de services réalisés.

Le SNJ vous invite à vérifier que les primes figureront bien sur vos prochaines paies.

La Direction doit, quant à elle, faire verser au plus vite toutes les primes dues.
Il n’y a, en l’espèce, pas de date limite à la rétroactivité.

Pour notre organisation syndicale, la seule date qui compte est celle de l’entrée en vigueur de l’accord collectif et de son article 2.2.3.1 :

« Les salariés dont les horaires de travail ne permettent pas de bénéficier d’un service de restauration sur place ou à proximité, perçoivent une prime de restauration d’un montant de 11 euros. ».

Le SNJ ne compte pas laisser l’entreprise se constituer des cagnottes aux dépens des droits et du pouvoir d’achat des salariés.

le 13 avril 2022

Bruce Régent, Représentant syndical de section SNJ Réunion la 1ère

Propos racistes à l’encontre d’une journaliste de Nouvelle-Calédonie la 1ère

Le SNJ tient à dénoncer les propos racistes tenus par plusieurs internautes, à l’encontre de notre consœur Nadine Goapana. Des propos inadmissibles qui ont été tenus sur les réseaux sociaux dans un contexte politique tendu. Ils démontrent une fois de plus que les journalistes sont des proies faciles, et que la liberté de la presse est une nouvelle fois attaquée. Et ce, dès que les propos des journalistes déplaisent à certains.

Ce n’est malheureusement pas la première fois que ce genre de commentaire haineux est diffusé sur la toile, une autre journaliste en a également été victime cette année. Le SNJ tient à réaffirmer son total soutien à nos consœurs et confrères agressés, et il se tient à leur disposition pour les accompagner devant les tribunaux.

Le Syndicat national des journalistes, première organisation de la profession, tient également à condamner la montée de violences à l’encontre des journalistes, que ce soit lors de reportages effectués sur des manifestations ou sur les réseaux sociaux, et rappelle que le respect de la liberté de la presse est essentiel au bon fonctionnement d’une démocratie.

Nouméa, le 21 décembre 2021

Guyane et Covid 19 : menaces et entraves contre des journalistes et des médias

Alors que la Guyane est durement touchée par la 4ème vague de l’épidémie de Covid, des journalistes locaux et personnel de média sont pris à partis par des militants « anti-vaccins » et/ou « anti-obligation vaccinale », ce qui créé un climat peu propice à la liberté d’informer, alertent les sections du Syndicat National des Journalistes (SNJ) de Guyane la 1ère et de france-guyane.fr. Peu après le 20 septembre, dans un audio largement partagé sur whatsApp, un homme qualifie de « propagande » les chiffres de décès de la covid, et cite nommément une journaliste de Guyane la 1ère, comme étant « la pire en ce moment des journalistes », ajoutant : « il faut qu’on la rappelle à l’ordre (…) on va s’occuper de son cas ». 

Le 17 septembre, dans le Journal télévisé de Guyane la 1ère, cette journaliste avait fait un « fact checking » sur le caractère non expérimental du vaccin Pfizer, contrairement à ce qui est martelé sur des réseaux sociaux.  

Le 20 septembre, la même journaliste a fait un reportage sur des faits de la veille : des militants d’une association d’usagers de la santé et d’autres engagés contre l’obligation vaccinale ont fait irruption devant un stand de vaccination de la Croix Rouge Française dans une zone d’habitat précaire à Cayenne, invectivant notamment avec un mégaphone l’équipe médicale et les gens venus se faire vacciner, qui ont quitté les lieux. Le reportage montre des vidéos tournées par les militants et la réaction de la Croix Rouge.  

Le 26 septembre, la direction régionale du média public transmet le message WhatsApp au procureur de la république pour un « suivi judiciaire ». 

Dans un communiqué du 22 septembre, le collectif « caravane pour la liberté » engagé contre l’obligation vaccinale, dément tout fait violent et lien avec l’incident de la Croix Rouge, menace de « diffamation » Guyane la 1ère et France-Guyane, taxés de « désinformation » et de connivence avec l’Etat et l’ARS.  

Le 13 septembre, Guyane la 1ère couvre le blocage par les militants anti- obligation vaccinale d’un pont sur la RN1, axe majeur de circulation. « Si je vois ma voiture dans ton reportage, ça va mal aller », menace un manifestant.  

Le 3 septembre, des militants de l’association « Trop Violans », membre de ce collectif, bloquent l’entrée de la radio « Radio Peyi » pour empêcher le préfet, invité, de s’exprimer sur ce média. Il pourra entrer après l’intervention de la police. Le directeur de « Radio Peyi » est qualifié de « traitre » par un auditeur et dénigré sur sa vie privée sur whatsApp et une radio associative le lendemain.    

Le Syndicat National des Journalistes (SNJ) dénonce ces pressions et adresse son soutien aux journalistes et personnel de média menacés ou entravés dans l’exercice de leur métier. La presse peut être critiquée, mais cela ne doit pas aller jusqu’aux menaces, pressions ou blocages, qui nuisent à la recherche d’une information sourcée et vérifiée, garante de la démocratie.  

Guyane, le 4 octobre 2021