Soir 3, le laboratoire des métiers

 À quoi joue la direction, quand la nuit tombe sur nos rédactions ? Tout simplement aux apprentis sorciers ! Sous couvert de palier le manque cruel de moyens de la chaine info, elle se sert du travail des journalistes et monteurs du soir 3 pour alimenter de quelques reportages, clés en mains, la tranche nocturne du canal 27. Mais si cela n’est pas une nouveauté, et s’étend d’ailleurs à l’ensemble de nos reportages, la différence réside dans la confusion des métiers.

Les accords existants, que le SNJ n’a pas signés, permettent à la chaine info de s’appuyer sur des poly compétences. Mais cela est circonscrit au seul périmètre de celle-ci ! Mercredi soir, la direction a expérimenté de manière discrète, une nouvelle formule sur le premium. Une vacation de montage coupée en deux. Une partie classique, et en fin de nuit, l’habillage du même sujet à destination de l’antenne en continu. Ce qui pour nous et les monteurs des éditions de la rédaction nationale de France 3 est un précédent scandaleux. Même si la direction parle d’une unique expérimentation, elle laisse entendre à mots couverts que demain, cela pourrait se généraliser.

En clair, en s’appuyant sur l’accord chaine info, doublé de celui sur les compétences complémentaires du Siège, elle compte bien utiliser les monteurs du Soir 3 pour non seulement réaliser les sujets du journal, mais en plus de les habiller ensuite (charte graphique, synthés, etc.) pour les envoyer à France info.

Il est hors de question pour le SNJ que ce mélange de pratiques se prolonge, sous peine de créer les conditions d’un conflit social ! Que des salariés aspirent à des poly compétences est une chose, qu’elles s’imposent à tous en est une autre.

Le SNJ demande à être reçu de toute urgence par la direction de l’Information et celle des Moyens pour couper court à toute interprétation abusive des accords en vigueur.

Paris, le 12 octobre 2018

2018-10-12 Soir 3 labo des metiers

Merci pour cette large mobilisation !

La grève du 17 octobre a été largement suivie, preuve de la détermination des salariés à s’opposer aux pièges dénoncés par le SNJ ; le piège budgétaire tendu par l’Etat, qui s’emploie à asphyxier France télévisions ; et celui tendu par la présidence de France télévisions, seule responsable de nombreuses gabegies financières et humaines.

Cette mobilisation du 17 octobre conforte le SNJ dans ses revendications :

  • La protection de l’emploi, en particulier pour les CDD et pigistes, écartés par la direction ;
  • La pérennisation des éditions locales et la défense de l’intégrité du réseau régional de France 3 ;
  • Le refus de la fusion des rédactions nationales, désastreuse pour la qualité de l’information, les conditions de travail et la profession de journaliste ;
  • La fin des sujets en kits, dévalorisants et infantilisants pour les journalistes ;
  • Un vrai retour d’expérience sur la convergence des médias dans le réseau d’Outre-mer et de Malakoff ;
  • Le refus de l’externalisation des magazines d’information ;
  • La lutte contre la casse de nos métiers, mise en œuvre via les compétences complémentaires expérimentées sur la chaîne France Info ;
  • Des emplois de journalistes et de monteurs supplémentaires, dans le respect des métiers de France télévisions, à France Info ;
  • Un rééquilibrage du ratio encadrants/journalistes de terrain au Siège ;
  • La préservation d’instances de proximité pour représenter les salariés, le refus d’une instance unique pour tout le réseau régional de France 3.

Sur l’ensemble de ces revendications, la direction a fait la sourde oreille, espérant sans doute que la grève serait dirigée uniquement contre l’Etat, actionnaire unique et défaillant.

Le SNJ appelle les salariés à rester mobilisés. Ensemble, nous pouvons exiger de la tutelle qu’elle respecte son engagement et préserve le financement de France télévisions ; ensemble, nous pouvons exiger de la présidence de France télévisions qu’elle respecte les missions de service public, les métiers et les salariés de France télévisions.

Paris, le 18 octobre 2017

2017-10-18 Grève 17 octobre – Merci pour cette mobilisation

Compétences complémentaires : Discrédit sur l’information

Dans un monde de plus en plus complexe, la direction de France télévisions fait le choix de la simplicité. « Montages simples » effectués par des journalistes, « sujets simples » réalisés par des monteurs solitaires. Quand l’à peu-près est ainsi érigé en norme de qualité, c’est la crédibilité du travail de tous qui est en péril.

Le service public prétend se distinguer dans le flux des images et des sons disponibles sur le net en proposant une information traitée par des professionnels, à l’abri des pressions d’actionnaires privés ou d’annonceurs publicitaires intrusifs.

Chacun des journalistes employés par FTV sait qu’il engage au quotidien par son travail une part de la crédibilité collective des quelques 3000 journalistes permanents et pigistes que compte l’entreprise.

Le label France TV, la certification que confère cette signature apposée sur une information constitue un capital aussi précieux que fragile. L’AFP en a fait il y a deux ans l’amère expérience  en annonçant à tort la mort d’un chef d’entreprise. Elle a  depuis renforcé son dispositif de contrôle interne.

La confiance dont nous témoignent téléspectateurs, auditeurs et internautes n’est jamais définitivement acquise.

En décidant de poursuivre au-delà du 31 décembre 2017 les dérives mises en œuvre à titre expérimental il y a un an sur la Chaîne info, la direction avec l’accord de la CGT et de FO, met en péril cette confiance.

Pire, elle accroit les risques en étendant aux réseaux régional et ultramarin l’exercice de compétences complémentaires éditoriales désormais ouvert à différentes catégories de personnels techniques.

Au lieu de proposer à des volontaires de véritables reconversions vers le journalisme, validées à l’issue d’une formation sérieuse pour qu’ils  soient en capacité d’exercer d’autres fonctions que celle de « monteur-deskeur » pour France info , la direction instaure à France télévisions une forme de journalisme au rabais, exercé de temps à autres par des salariés dépourvus des protections que prévoit le statut légal des journalistes et auxquels ne s’appliquent ni les droits ni les devoirs de la déontologie de la profession.

La justice a été saisie du dossier par le SNJ et la CFDT et nous espérons que les juges mettront un terme à cette politique démagogique en rappelant que le journalisme n’est pas une compétence complémentaire.

 

Paris, le 3 octobre 2017

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