Qui veut la peau de l’audiovisuel public ?

« Le groupe France Télévisions est en plan social depuis 10 ans » : Ce sont les mots de Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, devant les députés fin 2021. 15% des effectifs, 1500 postes en moins : c’est ce qu’il aura fallu subir pour faire face au trou de 450 millions d’euros créé par la suppression de la publicité après 20 heures voulue par Nicolas Sarkozy en 2008…

Préavis de grève franceinfo: sport le 19 mars 2022 !

La direction de France Télévisions affirme vouloir développer l’offre d’information sportive sur ses plates-formes numériques, tout en refusant d’y affecter des postes permanents. 

Aujourd’hui, plus de 80% des articles publiés par franceinfo: sportsont écrits par des journalistes précaires (en CDD ou en piges), des apprentis ou des stagiaires ! Et du côté du pôle vidéo, ce n’est pas mieux : la direction n’y assume même pas son rôle d’employeur, préférant recourir massivement, et depuis des années, à des contrats de « prestations » avec des entreprises extérieures. 

Cette situation n’a que trop duré. Elle est devenue injustifiable par la direction, mais surtout insupportable pour nos collègues. A la rédaction numérique des Sports, des journalistes confirmés subissent cette précarité depuis parfois cinq ou dix ans. Ces consœurs et confrères se relaient 7 jours sur 7, de 7h à minuit, pour assurer notre mission d’information. Ils contribuent largement à la croissance et au succès de franceinfo: sport… mais la direction leur refuse toute perspective d’évolution. 

Là où des recrutements en CDI s’imposent, la direction préfère compter le nombre de jours travaillés par chaque pigiste ou journaliste en CDD, et le priver de travail quand un « plafond » artificiel et arbitraire est atteint !

Le SNJ a alerté la direction de France Télévisions à de nombreuses reprises. En novembre 2021, lors d’un Comité Social et Economique du Siège, les élus ont obtenu qu’un point de l’ordre du jour soit enfin consacré à la situation de la rédaction numérique des Sports. La direction a reconnu un taux de précarité très élevé, avec plus de 10 ETP (équivalent temps-plein) liés aux piges ou CDD, mais n’a pas voulu s’engager sur des embauches en CDI. 

Faute d’avoir été entendus, le SNJ et les journalistes de la rédaction expriment les revendications suivantes : 

– la fin de cette précarité imposée à la rédaction numérique des Sports, et donc le recrutement au cours de l’année 2022 de dix journalistes en CDI pour franceinfo: sport, dont au moins cinq au premier semestre ; 

– la fin du système actuel de « plafond » de jours travaillés pour les salariés non-permanents ; 

– la fin du système d’externalisation, via des contrats de prestation, d’activités permanentes liées à france.tv sport (community management, motion design, pôle vidéo…) et donc l’embauche par la direction des Sports de France Télévisions des salariés effectuant ce travail ; 

– la prise en compte de la pénibilité liée aux horaires décalés pour les journalistes de franceinfo: sport travaillant régulièrement au-delà de 23h ;  

– le versement, pour les journalistes (y compris les non-permanents) remplissant les critères prévus par l’accord collectif France Télévisions de mai 2013 et son avenant du 24 mars 2016, de la prime dite de « week-ends ». 

Pour faire aboutir ces revendications, le SNJ appelle l’ensemble des journalistes de la rédaction numérique des Sports de France Télévisions à cesser le travail à partir du samedi 19 mars 2022 à 00h01, pour une durée de 24 heures. 

Paris, le mercredi 9 mars 2022

L’été de tous les dangers pour les JT d’Auvergne-Rhône-Alpes

LETTRE OUVERTE AU DIRECTEUR DU RÉSEAU

Après un nouveau préavis de grève, les salariés de France 3 Auvergne ont obtenu gain de cause : il n’y aura pas de JT communs AURA pendant les « petites » vacances, et l’Auvergne récupère son JT pendant toute l’année. Nos collègues ont pris leurs responsabilités et nous saluons leur victoire. Mais vous, Monsieur le directeur du réseau, quand allez-vous prendre les vôtres ?

Nous vous écrivons aujourd’hui cette lettre, en forme de cahier de doléances, en tant que garant d’une équité entre les différentes régions du réseau France 3. Ce que vous nous dites, depuis plusieurs mois déjà, vouloir défendre à tout prix.
Vous avez annoncé à certains salariés du réseau, au cours de réunion d’échange avec eux, que sous réserve de l’approbation du Conseil d’Administration vous aviez obtenu pour 2022 de la présidence de France TV que le réseau cesserait d’être ponctionné. Ce fut le cas ces dix dernières années, les régions de France 3 ayant même fait les plus grosses économies en ETP (Equivalent Temps Plein).

La région Auvergne-Rhône-Alpes est réputée depuis longtemps pour sa gestion « au cordeau », ce qui a lui a valu d’être maintenue dans un sous-emploi chronique. Mais cela ne suffit pas : les salariés vont devoir encore faire des sacrifices, au mépris d’une cohérence éditoriale et d’un respect de nos téléspectateurs.

A l’heure de la régionalisation et devant une concurrence locale féroce, n’est-il pas nécessaire de renforcer l’information de proximité plutôt que de l’affaiblir ?
Que nous propose-t-on entre Lyon et Grenoble pour 2022 ?

Soit un été de JT communs sur 5 semaines complètes et 9 week-ends, soit des Tout Images dans chaque antenne. Tout en continuant les mutualisations entre Alpes et Rhône-Alpes les week-ends des autres vacances scolaires.
En somme, de partager une tente à 2 ou à 3, selon les cas !

Pire : en donnant raison aux salariés auvergnats, ce qui est légitime, ou en renforçant les équipes pendant les vacances de février dans les Alpes, tout autant légitime, on cherche à mieux diviser les salariés des antennes !

La réponse aux seules antennes à s’être mobilisées sur les moyens inexistants du 18h30, contre les JT communs et pour davantage de moyens, est qu’elles devraient subir aujourd’hui une double-peine ! En particulier pour Grenoble et Lyon, qui devraient désormais supporter seuls le poids du plan d’économies.

Les élus SNJ du CSE ont pourtant bien entendu les signes de compréhension que vous avez montrés lorsqu’ils dénonçaient l’incurie des moyens. C’est d’autant plus insupportable !

Par ailleurs, certaines régions, qui étaient en dépassement budgétaire, -ce n’était pas le cas d’AURA-, n’ont pas recours à des restrictions aussi dramatiques.

Comment expliquez-vous cette contradiction ? Serions-nous, malgré tous les efforts déjà consentis, région pilote d’une nouvelle austérité ?
Ou simplement coupables, malgré notre usure, d’avoir toujours envie de faire notre métier et de défendre la qualité de nos JT ?

Le SNJ appelle tous les salariés du réseau, journalistes et techniciens confondus, leurs représentants et les organisations syndicales à refuser cette fatalité.

Le SNJ demande au CSE du réseau de se saisir de ce dossier sous peine de voir encore s’allonger la longue liste des antennes en souffrance et en alerte sur la santé.

Paris, le 17 décembre 2021

Les Délégués Syndicaux SNJ en AURA :
Myriam Figureau, Vincent Habran, Julien Le Coq

JT Communs AUVERGNE – Préavis de grève

L’antenne de France 3 Auvergne se mobilise à nouveau contre les JT communs avec Lyon et Grenoble, maintenus par notre direction pendant les week-ends des vacances de Noël.

Pour lire le préavis de grève SNJ CGT FO, cliquer ci-dessous

Grève massive à la rédaction de franceinfo.fr

« En raison d’un appel à la grève de l’intersyndicale SNJ et SNJ-CGT, à France Télévisions, le fonctionnement du site franceinfo.fr est perturbé mardi 30 novembre. Nous vous prions de nous en excuser ». Pendant 24 heures, ce bandeau s’est affiché sur les écrans, pour informer les lecteurs de franceinfo.fr.

Une grève suivie à près de 93% ne peut être ignorée par la direction. Le SNJ et le SNJ-CGT, qui ont déposé le préavis de grève, à la demande de la rédaction numérique de franceinfo.fr, saluent la mobilisation exemplaire des journalistes et de l’assistante de la rédaction.

Les deux syndicats ont d’abord déposé une saisine, le 20 octobre, avec des revendications sur les effectifs et la charge de travail, puis un préavis de grève pour le 30 novembre. A chaque fois, dans les négociations, la direction de l’information et la RH n’ont pas apporté de réponses satisfaisantes, renvoyant aux arbitrages budgétaires et à la « trajectoire de baisse des ETP »  (équivalents temps-plein).

Seules propositions, pour alléger la lourde charge de travail : « faire moins, limiter la copie, réduire les ambitions, adapter l’offre, renoncer à des projets… », privilégier les activités de desk, le « chaud », c’est-à-dire revenir à la vision du web d’il y a dix ans. L’offre d’information du service public, sur le numérique, ne saurait se résumer à ça.

Ce serait donc, à quelques mois de l’élection présidentielle, la seule ambition de France Télévisions pour le média global de l’audiovisuel public ? Réduire la voilure, alors que franceinfo.fr se classe parmi les tout premiers sites d’information français ? Cantonner les journalistes à l’actu chaude, leur demander de renoncer à des papiers d’analyse, des angles originaux, des « grands formats » qui font la valeur ajoutée du site et permettent aux journalistes de mettre en pratique leur expertise ?

Les journalistes en grève (rédacteurs, secrétaires de rédactions et rédacteurs en chef adjoints) ont clairement exprimé que leur santé et leur vie privée ne devaient pas faire les frais d’une charge de travail devenue trop lourde. Ils disent non aux horaires et aux journées de travail sans fin. Pour autant, la solution ne passe pas par un rabougrissement, mais par des créations d’emplois, à la hauteur des enjeux d’information et des missions du service public.

Franceinfo.fr ne doit pas être condamnée à devenir essentiellement un « hub », une plateforme de contenus produits pour la télévision. Il s’agirait d’une stratégie vouée à l’échec, face à la concurrence des grands médias privés.

La rédaction tient à défendre la spécificité de ses métiers, son projet éditorial, avec des formats propres au web. Elle demande au directeur de l’information de s’engager et de dire comment il conçoit l’avenir et le développement de franceinfo.fr.

Le SNJ et le SNJ-CGT rappellent les revendications de la rédaction de franceinfo.fr :

  • Un renforcement des effectifs à franceinfo.fr, avec le recrutement immédiat en CDI de deux rédacteurs-journalistes spécialisés (pôle Inter et pôle Police Justice), d’un secrétaire de rédaction et d’un rédacteur en chef adjoint.
  • Le maintien du poste de rédacteur vidéo à franceinfo.fr et l’intégration en CDI du journaliste présent sur ce poste en CDD depuis 22 mois.
  • La confirmation du remplacement de la journaliste quittant franceinfo.fr dans le cadre de la RCC, dès son absence du planning en janvier 2022.
  • Le maintien des ETP à franceinfo Afrique et franceinfo Culture. Dans cette dernière rédaction, nous demandons également le comblement du 2/5e d’ETP laissé vacant par le temps partiel d’une salariée, ainsi que le remplacement des arrêts maladie.
  • L’intégration des activités de community management et de motion design au sein de la rédaction de franceinfo.fr.

Les deux syndicats en appellent au directeur de l’information, pour qu’il réponde sans tarder aux demandes de la rédaction numérique, dont la mobilisation massive témoigne d’un fort attachement à ses missions d’information.

Paris, le 1er décembre 2021

Le SNJ soutient les appels à la grève à Limoges et en Nouvelle-Aquitaine

Le SNJ soutient les appels à la grève à Limoges et en Nouvelle-Aquitaine contre l’externalisation de nos émissions.

Pour des raisons techniques, il n’a pas pu s’associer à temps aux deux préavis concernant l’externalisation des émissions, et en particulier de celle de la fabrication de « Vous êtes formidables » les 30 novembre et 1er décembre.

Mais soyons clairs : notre syndicat soutient pleinement ce mouvement. Il encourage tous les salariés, journalistes et PTA, à faire grève sur la base des préavis :

  • de SUD à Limoges pour trois jours, à partir du 29 novembre ;
  • et/ou de FO, CFDT et CGT en Nouvelle-Aquitaine, pour le 1er décembre.

Il en va, à terme, de l’avenir de l’activité à la station de France 3 Limousin. Journalistes, PTA, tous dans le même bateau ! Le SNJ considère comme essentiel de pérenniser l’activité en interne, sur site, en Limousin comme sur toute la Nouvelle-Aquitaine.

Alors que la direction du Réseau France 3 se projette vers une « régionalisation » annoncée, avec le renforcement de l’information de proximité, c’est un très mauvais signal envoyé à l’ensemble des salariés de Limoges et de Nouvelle-Aquitaine.

Fait à Limoges, le 26 novembre 2021