Cyber-harcèlement, soutien à notre consœur de France Télévisions

Le Syndicat National des Journalistes, première organisation de la profession, apporte tout son soutien à notre consœur Claire Koç, reporter à France Télévisions, victime de cyber-harcèlement et de nombreuses menaces sur internet.

La publication de son ouvrage « Claire, le prénom de la honte » (où elle parle notam-ment de ses origines turques et de son parcours pour devenir française) est pris pour prétexte par des extrémistes pro-Erdogan pour se livrer à un cyber-harcèlement organisé.

Le SNJ dénonce fermement ces pratiques inacceptables, attentatoires à la liberté d’expression, qui touchent hélas de plus en plus de journalistes. A plusieurs reprises, ces dernières années, le SNJ a dû accompagner des consœurs et confrères devant les tribunaux.

A France Télévisions, après avoir assuré Claire Koç de notre soutien total, nous avons effectué un signalement auprès de la cellule « lutte contre le cyber-harcèlement » de France Télévisions. Notre consœur a également déposé plusieurs plaintes. Le SNJ demande à la direction de France Télévisions de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection de notre collègue.

Il est urgent de mettre fin à ces agissements, et de protéger les victimes de ce fléau qu’est le cyber-harcèlement.

Paris, le 22 mars 2021

Harcèlement moral : une condamnation sans appel de la direction de France Télévisions

Souvent, à raison, il est question de management brutal dans nos communications syndicales ! Le déni des directions successives est loin de nous convaincre bien évidemment. Mais lorsque la justice tranche, c’est sans appel !

Il y a un an, le 27 septembre 2019, le conseil  des prud’hommes a donné raison à une journaliste de France Télévisions qui travaillait à la Rédaction Nationale de France 3, et qui n’est plus aujourd’hui dans la société. C’est en accord avec l’intéressée que nous communiquons aujourd’hui sur ce dossier. La juridiction a jugé nul son licenciement pour inaptitude, mais elle a également condamné France Télévisions pour harcèlement moral et manquement à son obligation de sécurité et de résultat. L’entreprise n’a pas fait appel.

Dommages et intérêts, et indemnité pour réparer mais ce sont bien les mots qui soignent les maux !

Après des mois de mise à l’écart, d’indifférence de la part de la direction, de souffrance non prise en compte par la direction, la salariée s’était engagée, à bout de forces, dans un processus de rupture conventionnelle individuelle. La direction a, au dernier moment, voulu effacer l’ardoise en proposant une transaction qui intégrait bien sûr l’engagement de ne pas poursuivre l’entreprise. Mais c’était une humiliation supplémentaire pour l’intéressée qui a refusé la proposition, alors que depuis le début de la négociation, personne coté entreprise n’avait évoqué cette option.

L’heure était donc à la demande de réparation pour tout ce qui avait été subi ! Isolement professionnel organisé, refus de prendre en compte la réalité de la compétence complémentaire de cette journaliste et donc après un accident de travail de lui permettre de se consacrer à la rédaction et plus à la caméra. Mensonges en série des encadrants, propositions de sujets refusées sans raison, etc… Cela concerne autant les managers des ressources humaines que ceux  de l’information.

Une souffrance au travail organisée et reconnue comme telle par la justice prudhommale qui installe, s’il en était besoin, la nécessité de demander reconnaissance et réparation devant les juridictions compétentes, et qui en l’espèce pourrait aller jusqu’au pénal, pour déterminer les responsabilités individuelles cette fois ! Sachez que vous aurez toujours le SNJ à vos côtés pour combattre ces fautes  managériales

Paris, le 28 septembre 2020

Violences sexistes : Lettre ouverte à la présidente de France Télévisions

Paris, le 8 avril 2020

Madame la Présidente, 

Nous avons lu samedi 4 avril, dans le journal « L’Equipe », le témoignage d’une ancienne journaliste de la direction des Sports. Dimanche 5 avril, dans le même quotidien, vous affirmez avoir découvert cette affaire la veille, et vous annoncez l’ouverture d’une vaste enquête interne. 

Même si nous pensons que la direction de l’entreprise n’ignorait pas ce dossier, nous prenons acte de votre implication personnelle et nous espérons sincèrement que cette enquête sera menée sérieusement et sans délai.  

Les révélations courageuses de notre ancienne consœur, en particulier sur les propos sexistes et misogynes subis lors de ses passages à la direction de l’Information et à la direction des Sports, font évidemment écho au formidable et terriblement essentiel mouvement #MeToo qui traverse toute la société, et notamment les entreprises de l’audiovisuel. Rappelons que d’autres femmes passées à la rédaction des Sports s’étaient publiquement exprimées lors du lancement de #MeToo, témoignant notamment avoir subi des insultes pendant des années : « pute, salope, pétasse, morue« . Le SNJ avait déjà relayé ces témoignages. 

Pourtant, côté direction, le déni a longtemps été de mise. Fin 2012, à la stupéfaction générale, le directeur des Sports de l’époque s’était présenté dans Le Figaro comme le grand défenseur de l’égalité professionnelle femmes/hommes. Le SNJ lui avait alors répondu longuement dans un texte où, chiffres à l’appui, nous analysions la réalité de la place des femmes dans la rédaction : Rédaction des Sports – Le cancre de la parité.

L’héritage de cette époque est lourd à porter. La situation des Sports a-t-elle progressé depuis ? Oui, il faut le reconnaître, mais pas aussi vite que d’autres directions de l’entreprise et surtout pas au rythme nécessaire pour rattraper un terrible retard. Nos consœurs en CDI ne sont toujours que 7 dans la rédaction (pour 50 hommes).  

Concernant les alertes sur les comportements sexistes, plusieurs dossiers ont été pris au sérieux par un encadrement plus à l’écoute qu’auparavant, mais sans toujours donner l’impression qu’il s’agit d’une priorité. Et les allusions sexuelles, les « blagues » misogynes et les sous-entendus sur la prétendue incompétence des femmes continuent à pourrir l’ambiance de travail. Oui, ces agissements sont le fait d’une petite minorité, mais ils ne sont pas toujours contredits ou combattus par les confrères présents. 

Si l’on y ajoute l’existence d’autres mécanismes de discrimination (notamment liés à la reconnaissance professionnelle), travailler aux Sports peut devenir un calvaire pour certaines femmes, qui préfèrent rejoindre d’autres rédactions. 

Madame la Présidente, nous ne serons pas de ceux qui vous appellent à régler la situation avec un jeu de chaises musicales dans l’organigramme. C’est d’un travail beaucoup plus sérieux, constant, engagé, et de changements beaucoup plus profonds dont nous avons urgemment besoin sur ces thématiques. A commencer par des formations généralisées sur la prévention des violences sexistes et sexuelles, comme nous vous l’avons demandé à plusieurs reprises, et encore récemment dans ce communiqué en octobre dernier : Agissements sexistes et violences sexuelles : Après la prise de conscience, les actes !

Certaines réactions à l’article de L’Equipe nous prouvent qu’il y a une méconnaissance criante de ce qu’est un agissement sexiste et des moyens de les prévenir. Contrairement à ce que nous avons pu parfois lire avec consternation, les rédactions du service public sont loin d’être les seules à avoir des progrès à faire. Mais cela ne nous exonère pas d’un devoir d’exemplarité. 

Madame la Présidente, vous avez engagé France Télévisions sur la voie de la « tolérance zéro » dans ce domaine. Nous partageons avec vous cet objectif, parce qu’il doit aider à la prévention des violences sexistes et donc protéger les victimes potentielles. Ces deux dernières années, notre entreprise a été confrontée à des affaires très lourdes et, au sein de plusieurs rédactions, des licenciements ont été prononcés. 

Nous constatons pourtant qu’aujourd’hui, des incidents, même ceux considérés comme « graves » par la direction, ne sont pas tous suivis de procédures disciplinaires sérieuses, envoyant un terrible message aux victimes. Le sentiment d’impunité est encore bien présent, surtout quand le rapport de forces (par exemple des femmes, jeunes, en contrat précaire, face à des hommes plus âgés et habitués de l’antenne) est totalement déséquilibré. 

L’encadrement, notamment dans les directions où il est quasi-exclusivement masculin (jusqu’à quand ?), doit être beaucoup plus sensibilisé à l’application de la « tolérance zéro » et doit pouvoir le rappeler régulièrement aux équipes quand la situation l’exige. Il doit garantir la protection des victimes qui souhaitent s’exprimer mais aussi la protection de ceux, représentants du personnel ou non, qui les aident et les écoutent. 

Il est de la responsabilité des cadres de protéger les personnes vulnérables et de mettre fin à ces pratiques inadmissibles, avec justesse et sans complaisance. 

Madame la Présidente, sachez enfin que nous sommes toutes et tous à la disposition des équipes chargées de mener cette enquête. 

Veuillez agréer, madame la Présidente, nos sincères salutations. 

Ce texte diffusé par le Syndicat National des Journalistes (SNJ) est la reprise d’une lettre ouverte envoyée à Mme Delphine Ernotte-Cunci par les représentants SNJ au Siège France Télévisions : Patricia Issa (représentante de proximité), Dominique Bonnet, Béatrice Gelot, Sophie Guillaumin (élus CSE),  Antoine Chuzeville, Serge Cimino, Anne Guillé, Francis Mazoyer (délégués syndicaux) 

Agissements sexistes et violences sexuelles : Après la prise de conscience, les actes !

~MOTION~

Les militants du SNJ France Télévisions, réunis en assemblée générale à Paris, appellent une nouvelle fois à combattre les agissements sexistes et les violences sexuelles qui perdurent dans le monde du travail, y compris au sein des entreprises de presse.

Nous remercions solennellement les consœurs et les confrères qui, ces derniers mois, ont permis cette prise de conscience sans précédent. Grâce à leurs enquêtes, à leurs témoignages et à leurs luttes, le voile a été grandement levé sur ces souffrances dans les rédactions.

Ces révélations confirment qu’aucune forme de presse n’est épargnée et qu’aucune génération n’échappe à ces comportements inacceptables.

Nous devons être conscients que tous sont concernés : dirigeants, reporters, cadres intermédiaires, ou militants syndicaux.

Aujourd’hui, le travail qui reste à mener est considérable. France Télévisions, société de service public, peut et doit faire beaucoup plus pour protéger les femmes et les hommes qu’elle emploie.

Le SNJ exige donc que la direction de France Télévisions mette en place un plan de formation spécifique, en « présentiel », consacré à la lutte contre les agissements sexistes, le harcèlement sexuel, les agressions sexuelles et les viols, au travail. Avant la fin de l’année 2020, tous les salariés de France Télévisions, et en priorité les encadrants, devront avoir été formés.

Nous souhaitons également que la direction, comme elle l’a fait le 11 juin dernier à la suite de l’enquête sur la rédaction numérique de Franceinfo, informe ses équipes des sanctions qui seraient prononcées à la suite de violences sexistes ou sexuelles, tout en préservant l’anonymat.

Nous demandons enfin que la direction s’engage à protéger les salariés, victimes ou témoins, qui signaleraient de tels faits à leur hiérarchie ou aux responsables des ressources humaines, comme l’exige la loi.

Paris, le 8 octobre 2019

2019-10-08 Motion Sexisme et violences

Soutien aux victimes de harcèlement moral

~MOTION~

Réunis en assemblée générale les 7 et 8 octobre 2019, les adhérents du SNJ France télévisions rappellent tout leur soutien et leur solidarité, ainsi que leur amitié envers leur consœur, représentante du personnel à France 3 Alpes.

Face à une direction qui s’est enfermée dans le déni et refuse toujours d’assumer ses responsabilités, le SNJ a porté plainte afin que toute la lumière soit faite par la Justice. Six mois après la tentative de suicide sur le lieu de travail, la direction de FTV a été incapable de prendre la moindre mesure, même conservatoire, pour garantir la sécurité de notre élue et celle du collectif de travail.

Notre syndicat réaffirme son engagement aux côtés de son élue de proximité afin de l’assister moralement et juridiquement.

Les adhérents du SNJ FTV mandatent leur bureau national afin de poursuivre toutes les actions nécessaires à France 3 Grenoble, ainsi qu’aux côtés de tout salarié victime de harcèlement moral.

Paris, le 8 octobre 2019

2019-10-08 Motion soutien Grenoble