Nouvelle agression d’un journaliste de France Télévisions

Dimanche dernier, le 15 août, un journaliste de France 3 Rouen a été lâchement agressé lors d’un tournage. Il a reçu un coup dans la nuque alors qu’il s’apprêtait à enregistrer un plateau de situation à Saint Etienne du Rouvray suite à une fusillade. Notre collègue a été très choqué et a immédiatement quitté les lieux avec le JRI. La direction a porté plainte.

Le Syndicat National des Journalistes tient à assurer ces deux confrères de son total soutien et condamne fermement ces actes de violence qui sont la négation même de toute liberté d’informer. Par ailleurs, l’équipe victime de cette agression avait déjà subi de multiples insultes la veille lors d’une manifestation anti-pass sanitaire.

A Caen samedi, des manifestants ont fait le siège devant la station de France 3 en proférant là aussi des insultes et en taguant les murs.

Depuis quelques années, les conditions de tournage se durcissent, des journalistes sont attaqués, physiquement ou verbalement.

Le droit à l’information reste un principe intangible de notre démocratie et nous serons toujours aux côtés de nos confrères et consœurs qui défendent ces valeurs en exerçant leur métier. Le SNJ reste vigilant quant aux conditions de sécurité indispensables à l’exercice de la profession de journaliste, qu’il faut préserver en toute circonstance

Paris, le 17 août 2021

Réseau F3 – Un nouveau directeur pour le réseau France 3

Un petit tour ….. et puis s’en va !

Décidément, le réseau France 3 multiplie les passages éclair à sa tête depuis un certain nombre d’années.

Les directeurs et directrices s’y succèdent à un rythme endiablé et ne semblent goûter que peu de temps à la fonction.

Une instabilité, érigée en outil de management ou plutôt de mise au pas, comme dans une entreprise du CAC 40. Une stratégie qui n’est pas digne d’un service public de l’information.

Des mandats de deux ans au plus. Celui de l’ex-directeur en poste n’aura pas excédé 9 mois avant de se transformer en une mission auprès de la présidente.

François Desnoyers aura désormais en charge les « synergies au sein de l’audiovisuel public ». Placard doré ou projet mystère ?

Alors que le réseau France 3 traverse depuis une décennie une période de disette sans précédent, que les départs dans le cadre de la rupture conventionnelle collective ne sont toujours pas remplacés et qu’une vaste réforme est attendue dans le cadre de la régionalisation à l’horizon 2022, voilà qu’une énième nomination, la quatrième en 4 ans, surgit comme une passe d’armes une veille de 14 juillet. Une nomination qui n’a pourtant rien de révolutionnaire puisque le nouvel élu occupait jusqu’alors le poste de directeur-adjoint en charge de l’antenne et des programmes pour les stations régionales.

Philippe Martinetti a dévoilé son ambition de créer, c’est son expression «  une task force régionale ».

Pour l’instant, l’urgence est plutôt de réparer des collectifs de travail parfois épuisés et de soulager des antennes souvent sous alimentées voire anémiées. Et non de réformer au pas de charge. Le réseau est toujours en attente de vrais moyens pour présenter à nos publics des éditions et des programmes dignes du service public dans le cadre d’une régionalisation souhaitée mais non pas précipitée et volontairement non financée.

Les salariés de France 3 ont cessé de se comporter en bons petits soldats car ils attendent depuis longtemps des réponses concrètes en termes d’emploi, d’éditorial, d’outils de travail de qualité et de conditions de travail non dégradées.

Rappelons ici que le réseau a enregistré 26 alertes sur la santé depuis moins de trois ans dont deux tentatives de suicide. Et ce ne sont pas les soi-disantes nouvelles perspectives ouvertes dans les différentes expérimentations comme sur la chaîne de plein exercice d’Aquitaine, NoA, qui les auront rassurés.

Pour le SNJ, ce nouveau jeu de chaises musicales démontre une fois de plus que le destin du réseau régional de France ne se joue pas là où on le croit, mais plutôt dans des cabinets ministériels ou des hémicycles et plus surement encore à la direction de la stratégie et à celle de la transformation de l’entreprise.

Le retour d’un management jacobin, sorte de trahison de l’ « esprit Bastille » !

Philippe Martinetti, nous le connaissons déjà mais lui, connait-il vraiment le réseau régional ? En tous cas, le nouveau directeur, qui a plusieurs fois montré un enthousiasme débordant pour le projet de régionalisation, sait aussi qu’il aura, face à lui, des interlocuteurs coriaces et attachés à une certaine idée du service public « Made In France 3 ».

Le SNJ attend de lui en tous cas que les élus, présents et futurs, soient véritablement écoutés et entendus, ce qui a rarement été le cas ces derniers mois et que ce CSE soit beaucoup plus qu’une instance prétexte ou un passage obligé.

Nous demandons surtout au nouveau directeur d’être à la hauteur des attentes de tous les salariés à l’heure où le Réseau, déjà malmené, doit s’orienter vers une vaste réforme qui ne pourra se faire qu’avec eux.

Paris, le 15 juillet 2021

Liminaire des élus SNJ au CSE Réseau régional des 30 juin et 1er juillet 2021

En premier lieu, le SNJ vous souhaite un bel été
et surtout un repos amplement mérité après une année harassante.

La pandémie nous a tous épuisés, tout comme le calendrier social extrêmement chargé par une direction empressée de faire signer au plus vite bon nombre d’accords.

Un CSE unique qui montre aussi ses limites avec des ordres du jour surchargés et parfois expédiés faute de temps, des visioconférences rendues nécessaires par la crise sanitaire mais qui ont engendré fatigue et frustration.

L’été ne sera pas néanmoins en pente douce avec une grille estivale appauvrie et dépourvue d’originalité avec ici et là des réductions drastiques d’antennes.
La formation des salariés, comme le révèle la commission emploi, n’est pas au beau fixe.
L’emploi est à la traîne, voire carrément sacrifié, puisque tous les départs dans le cadre de la RCC ne sont toujours pas remplacés (plus de 50 départs pour la seule région PACA, une saignée) et que les réductions d’effectifs dans les antennes font déjà des dégâts collatéraux depuis le début d’année avec le 18h30, comme nous le prédisions.
Le déménagement décidé au forceps de France 3 Côte d’Azur ne lasse pas de nous interroger et nous ne sommes pas les seuls car même la presse s’en étonne.

On sait maintenant à quoi est destiné le financement de la régionalisation.
13 millions pour déménager et pas un euro pour les programmes régionaux. Mais nous en reparlerons en temps et en heure dans cette instance.

Une rentrée qui s’annonce déjà maussade sous la bannière d’une régionalisation annoncée avec tambours et trompettes mais qui se présente surtout en pointillé et souvent nez au vent.
La régie automatisée qui sort par la grande porte de l’inspection du travail à Rouen mais qui refait son apparition par la fenêtre en Alsace.

Parlons de l’Humain maintenant.
Des salariés souvent épuisés et démotivés après cette crise sanitaire qui les a tenus éloignés et souvent esseulés. Et leurs représentants, les élus de ce CSE, peu écoutés voire méprisés avec lesquels vous entretenez une relation de défiance.

N’en jetez plus la coupe est pleine, mais malgré tout cela, vous, la direction de cette entreprise et du réseau, demeurez sourde et aveugle.
Les élus ont beau vous alerter à différents niveaux , rien n’y fait.
Vous prenez chaque alerte comme une attaque personnelle alors qu’il s’agit ni plus ni moins pour vous de répondre à une exigence, à une obligation encadrée par la loi : assurer la santé et la sécurité des salariés dans l’entreprise.
Ne vous plaignez plus alors si un jour vous êtes rattrapés par la patrouille.
Demander toujours plus d’antenne à des équipes dont vous réduisez les moyens, cela a un coût humain direct.
Un coût sur la santé physique et psychique des salariés qui se traduit par une perte de sens dans leur travail quotidien .
Interrogez chacun d’eux dans le réseau et ils seront nombreux à vous dire combien ils se sentent dévalorisés dans leur mission de service public de l’information.

Les différentes expertises sur la santé des salariés révèlent de manière criante que des risques psycho-sociaux se multiplient dans le réseau avec un encadrement dépassé et une direction des ressources humaines trop souvent aux abonnés absents ou mal formée sur ce sujet.
Et malgré tout cela, la direction veut encore s’attaquer aux métiers en encourageant la polyvalence et le déclin vers une télévision low cost.

Pour toutes ces raisons, le SNJ affichera sa plus grande vigilance face aux évolutions annoncées.
Il s’agit pour nous de préserver la qualité de l’information sur le service public de la télévision régionale dans l’intérêt des journalistes et de tous les salariés de France 3, mais aussi pour nos téléspectateurs qui doivent être notre priorité.

Le 30 juin 2021

Locales du littoral : une bouteille à la mer ?

Les trois éditions de proximité Nice, Marseille et Toulon doivent fusionner leurs éditions pour proposer une spéciale « locale de la mer  ». En théorie, donner un rendez-vous régulier aux téléspectateurs pour évoquer l’actualité « du littoral » semble être une bonne idée au départ à condition de ne pas empiéter sur l’information de proximité, l’un des mantras de notre mission de service public notamment dans le projet de chaînes régionales cher à Delphine Ernotte.

L’actualité des villes portuaires et les enjeux des zones du bord de mer sont certes riches d’informations. Sauf que mathématiquement, cette fusion des trois antennes de 7 minutes en une seule locale diminue de fait le temps consacré au traitement de l’actualité pour chacune.

Pour le SNJ, ce choix éditorial aurait des conséquences chiffrées sur le temps d’antenne locale et donc en terme éditorial avec moins de sujets en proximité à l’heure où la direction du réseau se gargarise de régionalisation.
On ne peut s’empêcher de penser que, gagner des moyens en mutualisant trois éditions une fois par semaine n’a pas que des vertus sinon économiques.
On nous promet qu’il n’y aura pas de diminution du nombre d’équipes. Maintenant peut-être mais après ?

Cela pourrait être imposé par le réseau dans un contexte toujours plus contraint.

Au SNJ, nous préférons les équations sans inconnue. Partager les moyens pour enrichir des éditions : oui. Les diviser : non.

Alors, jetons une bouteille à la mer : pourquoi ne pas envisager de garder chaque édition locale le vendredi en organisant des possibilités de compléments d’informations des autres locales quand cela se justifie ?
Avec une véritable coordination pour ne pas avoir cet effet de juxtaposition de sujets maritimes locaux. Et si le rendez-vous est pertinent, pourquoi pas une émission supplémentaire sur un nouveau temps d’antenne ? Faut pas rêver ? Et pourquoi pas ? Le pari n’est pas si risqué.

On pourrait même, comme en gastronomie, élargir à la montagne. Un terre et mer pour un menu complet. Ce ne sont pas les idées qui manquent, les équipes en ont. Elles pourraient même envisager , quand cela serait justifié, de proposer des sujets de cette nouvelle tranche dans des éditions d’informations pour concourir à l’effort collectif.

Mais pas au détriment du temps d’info de proximité.

Le SNJ s’oppose à cette mutualisation arbitraire décidée au détriment des équipes des locales de Nice, Toulon et Marseille et au mépris de l’information locale qui est le pilier de notre mission de journalistes en région.

Antibes et Marseille, le 3 juin 2021