Direction des Sports — Après l’enquête et le constat, nous exigeons des actes !

Début avril, suite à un article du journal « L’Équipe », la direction de France Télévisions a commandé à un cabinet indépendant une enquête sur la direction des Sports.

Ce jeudi 25 juin, les conclusions de cette enquête ont été présentées oralement, en visioconférence, aux élus du Comité Social et Economique (CSE) du Siège, ainsi qu’aux salariés de la direction des Sports. Une restitution d’enquête qui tardait, mais finalement programmée (comme par enchantement) le jour de la publication d’un article de Mediapart.  

Lors de la restitution du cabinet Interstys, qui affirme avoir mené 115 entretiens au cours de l’enquête, aucun cas individuel n’a été abordé. En revanche, il est clairement décrit une « direction construite sur une culture extrêmement masculine, avec des grandes figures paternalistes, notamment chez les journalistes. Cet entre-soi masculin, associé à un « turn-over » très faible, a enraciné des habitudes, qui ont pu générer des comportements sexistes récurrents mais aussi des clichés sur les femmes et leur prétendue méconnaissance du sport. Une situation délicate qui a aussi perduré en raison de l’inaction de l’encadrement, qui n’intervient que trop rarement ».

L’enquête démontre explicitement que cette « culture hyper masculine, en particulier à la rédaction, a pu rendre difficile, voire impossible, l’intégration de nombreuses femmes ». Et même si de (légers) progrès ont été notés ces dernières années, même si les violences sexistes semblent le fait d’une minorité, d’autres clivages sont mis en évidence : rivalité entre des « jeunes » et des anciens, attitudes hautaines de certains journalistes à l’égard de collègues techniciens ou administratifs, ou encore tensions entre différents « clans » existant au sein de la rédaction.

Le même jour, « Mediapart » a donc publié une longue enquête journalistique titrée « A France Télévisions, le service des Sports est un bastion sexiste ». Sept femmes reporters qui ont travaillé dans la rédaction décrivent en détails la souffrance et les humiliations subies dans le cadre de leur travail. Les élus du SNJ tiennent à leur apporter, ainsi qu’à celles et ceux qui n’ont pas pu s’exprimer, notre plus sincère soutien.

Nous devons rappeler ici que la direction a été alertée à de nombreuses reprises au sujet des difficultés rencontrées par de nombreuses femmes aux Sports. Dès 2013 (!!), nos élus avaient publié un état des lieux : http://snj-francetv.fr/wp-content/uploads/tract-parite%CC%81-2-janvier-2013-OK.pdf 

L’attitude des dirigeants avait alors été consternante puisque cette alerte, et donc la situation de ces femmes, avait été reçue avec mépris. Aucune réponse, aucun plan d’action de la direction des Sports de l’époque ! Déni, défense de l’entre-soi, renforcement du sentiment d’impunité : tout cela pèse terriblement dans le bilan qui est exposé publiquement aujourd’hui.

Deux enquêtes effectuées par des personnes extérieures à France Télévisions confirment donc le constat dressé depuis des années par les représentants des salariés. La direction affirme aujourd’hui prendre « pleinement conscience du problème ». Le directeur des Sports, devant les élus du personnel, s’est même « engagé personnellement à rendre ce service exemplaire ». Nous en prenons acte. Les premières mesures annoncées répondent (enfin !) à une partie des demandes du SNJ : formations obligatoires à la prévention des agissements discriminatoires et sexistes, entretiens professionnels plus nombreux, et sanctions proportionnées quand des faits inadmissibles sont avérés et étayés.

Une réflexion sur l’organisation de la direction des Sports est prévue pour la rentrée. Là encore, le SNJ rappelle les préconisations faites depuis des années :

– permettre l’accès des femmes à tous les types de postes existant à la direction des Sports (il n’y a pas d’emplois réservés aux hommes, y compris dans l’encadrement !) ;

– les recrutements doivent favoriser la mixité, avec des embauches de femmes et d’hommes, permettant de rétablir les équilibres dans la rédaction et de refléter au mieux la diversité sociale de notre société.

Depuis plus de vingt ans, la direction de France Télévisions a commis trop d’erreurs dans ce dossier. Aujourd’hui, c’est une addition très lourde qui est payée par les équipes des Sports. Pour permettre à ces équipes de continuer à remplir leurs missions, dans un climat de travail respectueux de tous, la direction doit agir vite, et en toute transparence. C’est à elle, au moment où les regards réprobateurs sont tournés vers une partie de ses salariés, de prendre enfin ses responsabilités.

Paris, le 26 juin 2020

Violences sexistes : Lettre ouverte à la présidente de France Télévisions

Paris, le 8 avril 2020

Madame la Présidente, 

Nous avons lu samedi 4 avril, dans le journal « L’Equipe », le témoignage d’une ancienne journaliste de la direction des Sports. Dimanche 5 avril, dans le même quotidien, vous affirmez avoir découvert cette affaire la veille, et vous annoncez l’ouverture d’une vaste enquête interne. 

Même si nous pensons que la direction de l’entreprise n’ignorait pas ce dossier, nous prenons acte de votre implication personnelle et nous espérons sincèrement que cette enquête sera menée sérieusement et sans délai.  

Les révélations courageuses de notre ancienne consœur, en particulier sur les propos sexistes et misogynes subis lors de ses passages à la direction de l’Information et à la direction des Sports, font évidemment écho au formidable et terriblement essentiel mouvement #MeToo qui traverse toute la société, et notamment les entreprises de l’audiovisuel. Rappelons que d’autres femmes passées à la rédaction des Sports s’étaient publiquement exprimées lors du lancement de #MeToo, témoignant notamment avoir subi des insultes pendant des années : « pute, salope, pétasse, morue« . Le SNJ avait déjà relayé ces témoignages. 

Pourtant, côté direction, le déni a longtemps été de mise. Fin 2012, à la stupéfaction générale, le directeur des Sports de l’époque s’était présenté dans Le Figaro comme le grand défenseur de l’égalité professionnelle femmes/hommes. Le SNJ lui avait alors répondu longuement dans un texte où, chiffres à l’appui, nous analysions la réalité de la place des femmes dans la rédaction : Rédaction des Sports – Le cancre de la parité.

L’héritage de cette époque est lourd à porter. La situation des Sports a-t-elle progressé depuis ? Oui, il faut le reconnaître, mais pas aussi vite que d’autres directions de l’entreprise et surtout pas au rythme nécessaire pour rattraper un terrible retard. Nos consœurs en CDI ne sont toujours que 7 dans la rédaction (pour 50 hommes).  

Concernant les alertes sur les comportements sexistes, plusieurs dossiers ont été pris au sérieux par un encadrement plus à l’écoute qu’auparavant, mais sans toujours donner l’impression qu’il s’agit d’une priorité. Et les allusions sexuelles, les « blagues » misogynes et les sous-entendus sur la prétendue incompétence des femmes continuent à pourrir l’ambiance de travail. Oui, ces agissements sont le fait d’une petite minorité, mais ils ne sont pas toujours contredits ou combattus par les confrères présents. 

Si l’on y ajoute l’existence d’autres mécanismes de discrimination (notamment liés à la reconnaissance professionnelle), travailler aux Sports peut devenir un calvaire pour certaines femmes, qui préfèrent rejoindre d’autres rédactions. 

Madame la Présidente, nous ne serons pas de ceux qui vous appellent à régler la situation avec un jeu de chaises musicales dans l’organigramme. C’est d’un travail beaucoup plus sérieux, constant, engagé, et de changements beaucoup plus profonds dont nous avons urgemment besoin sur ces thématiques. A commencer par des formations généralisées sur la prévention des violences sexistes et sexuelles, comme nous vous l’avons demandé à plusieurs reprises, et encore récemment dans ce communiqué en octobre dernier : Agissements sexistes et violences sexuelles : Après la prise de conscience, les actes !

Certaines réactions à l’article de L’Equipe nous prouvent qu’il y a une méconnaissance criante de ce qu’est un agissement sexiste et des moyens de les prévenir. Contrairement à ce que nous avons pu parfois lire avec consternation, les rédactions du service public sont loin d’être les seules à avoir des progrès à faire. Mais cela ne nous exonère pas d’un devoir d’exemplarité. 

Madame la Présidente, vous avez engagé France Télévisions sur la voie de la « tolérance zéro » dans ce domaine. Nous partageons avec vous cet objectif, parce qu’il doit aider à la prévention des violences sexistes et donc protéger les victimes potentielles. Ces deux dernières années, notre entreprise a été confrontée à des affaires très lourdes et, au sein de plusieurs rédactions, des licenciements ont été prononcés. 

Nous constatons pourtant qu’aujourd’hui, des incidents, même ceux considérés comme « graves » par la direction, ne sont pas tous suivis de procédures disciplinaires sérieuses, envoyant un terrible message aux victimes. Le sentiment d’impunité est encore bien présent, surtout quand le rapport de forces (par exemple des femmes, jeunes, en contrat précaire, face à des hommes plus âgés et habitués de l’antenne) est totalement déséquilibré. 

L’encadrement, notamment dans les directions où il est quasi-exclusivement masculin (jusqu’à quand ?), doit être beaucoup plus sensibilisé à l’application de la « tolérance zéro » et doit pouvoir le rappeler régulièrement aux équipes quand la situation l’exige. Il doit garantir la protection des victimes qui souhaitent s’exprimer mais aussi la protection de ceux, représentants du personnel ou non, qui les aident et les écoutent. 

Il est de la responsabilité des cadres de protéger les personnes vulnérables et de mettre fin à ces pratiques inadmissibles, avec justesse et sans complaisance. 

Madame la Présidente, sachez enfin que nous sommes toutes et tous à la disposition des équipes chargées de mener cette enquête. 

Veuillez agréer, madame la Présidente, nos sincères salutations. 

Ce texte diffusé par le Syndicat National des Journalistes (SNJ) est la reprise d’une lettre ouverte envoyée à Mme Delphine Ernotte-Cunci par les représentants SNJ au Siège France Télévisions : Patricia Issa (représentante de proximité), Dominique Bonnet, Béatrice Gelot, Sophie Guillaumin (élus CSE),  Antoine Chuzeville, Serge Cimino, Anne Guillé, Francis Mazoyer (délégués syndicaux) 

Rallye « DAKAR » : La direction doit prendre ses responsabilités

Début janvier 2020, une vingtaine de salariés de France Télévisions vont s’envoler pour l’Arabie Saoudite afin d’assurer la couverture d’une nouvelle édition du rallye-raid « Dakar », dont le parcours a été dévoilé aujourd’hui.

Cette opération a été présentée aux élus du Comité Social et Économique (CSE) du Siège de France Télévisions, mardi 12 novembre. À cette occasion, les élus ont pu interpeller la direction sur les conditions de travail de nos collègues envoyés en Arabie Saoudite.

Un dialogue plutôt tendu, car la couverture du « Dakar » 2020 présente plusieurs problèmes majeurs.

Le premier, c’est évidemment la sécurité de nos collègues, qui vont devoir se déplacer et travailler dans un pays en guerre : l’Arabie Saoudite est en effet engagée depuis des années dans un conflit sanglant avec le Yémen. Conflit qui a d’ailleurs poussé les autorités françaises à rappeler à leurs ressortissants souhaitant voyager dans ce pays que « des tirs de missiles et de drones visent fréquemment l’Arabie Saoudite » et qu’il faut « maintenir en toutes circonstances un niveau de vigilance renforcée ».

Est-ce le bon moment pour y organiser une compétition sportive ?

Si la course est maintenue, France Télévisions doit déployer tous les moyens pour assurer une protection maximum à nos collègues, y compris, si nécessaire, annuler la couverture d’étapes dans des zones jugées trop dangereuses.
La direction doit également s’engager à faciliter le rapatriement de nos collègues qui ne se sentiraient plus en sécurité sur place.

Le nouvel hôte du « Dakar » est un pays en guerre qui souffre aussi d’un régime dictatorial et brutal, connu pour piétiner les droits humains et en particulier ceux des femmes.

L’Arabie Saoudite est également un des pires prédateurs de la liberté de la presse, capable d’assassiner sauvagement un de ses journalistes, à l’automne 2018.
Pourtant, quelques mois plus tard, la société privée qui organise le « Dakar » a choisi de nouer un partenariat avec ce pays.

La direction de France Télévisions ne s’est pas exprimée sur ce dossier, ou trop discrètement. Elle doit pourtant prendre la parole pour garantir la totale indépendance éditoriale des équipes envoyées sur place !

Le service public a pour mission première l’information, y compris sur des événements où sport, politique et business sont étroitement mêlés.

Nous avons confiance en nos collègues et nous n’accepterons pas qu’ils subissent la moindre pression de la part des organisateurs du « Dakar » ou des autorités locales.
La direction doit rappeler publiquement qu’elle est garante de la sécurité des salariés et de l’autonomie éditoriale de ses équipes.

Paris, le 20 novembre 2019

TOURNAGE « SPORTS » : Compte-rendu de la saisine du SNJ

Suite à la saisine déposée par le SNJ, la direction a organisé début novembre une réunion autour des tournages de la direction des Sports (cf. saisine du 23 octobre dernier, ci-joint).

Étaient présents :

– côté direction, Cécile Lefèvre, Sabrina Porquerel et Marie-Aude Cellier (DRH Siège), Elvire Moyaux (direction de l’Information), Laurent-Eric Le Lay, Pascal Golomer et Gilles Silard (direction des Sports).

– pour le SNJ, Dominique Bonnet, Antoine Chuzeville et Serge Cimino.

Le SNJ a d’abord rappelé pourquoi cette saisine avait été déposée : la vive inquiétude des équipes devant des tournages Sports de plus en plus souvent effectués par des sociétés extérieures, et de moins en moins par les JRI et OPS de France Télévisions.

Réponse de la direction : « depuis un an il y a moins de JRI de l’info disponibles chaque semaine pour les tournages Sports, c’est vrai. Nous sommes passés d’un « potentiel » maximum de 6 à 4. Mais selon nos chiffres, le recours aux sociétés extérieures n’a pas augmenté depuis 2015. Certes il y a eu un « pic » entre septembre et décembre 2017, où plus d’un tiers des tournages était délégué au privé, mais la situation est rétablie depuis ».

Le SNJ conteste une partie de ces chiffres (certains tournages extérieurs n’étant visiblement pas pris en compte).

Mais même s’ils étaient parfaitement justes, ils restent inquiétants et confirment une baisse globale du volume des tournages pour « Tout le Sport » et « Stade2 ».

Concernant l’avenir : la direction refuse de s’engager par écrit sur un pourcentage minimum de tournages à effectuer en interne.

En revanche, elle affirme qu’en 2019, la priorité sera toujours donnée aux tournages avec les équipes internes, via :

– un recours aux plannings JRI et OPS des rédactions nationales France 2 et France 3, sur une base de 4 détachements « Sports » par jour (curieusement le regroupement imminent des services JRI, tant vanté par la direction, n’a pas ici d’effet positif) ;

– des détachements éventuels de JRI en poste dans d’autres rédactions (régions France 3 ou France Ô) ;

– une utilisation des compétences complémentaires JRI des journalistes rédacteurs des Sports, pour ceux qui sont en capacité d’exercer cette compétence ;

– des recrutements (en CDI et CDD), « quand ce sera possible », de jeunes journalistes capables de travailler comme rédacteurs ou comme JRI.

Le SNJ appuie toutes les solutions qui permettent d’effectuer les tournages Sports avec des équipes entièrement employées par France Télévisions.

Le recours aux sociétés extérieures ne peut être justifié que par des circonstances exceptionnelles, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui : en moyenne, un tournage Sports est effectué chaque jour par le privé !

Nous déplorons l’attitude de la direction, pour qui la priorité reste l’assèchement de l’emploi à France Télévisions, y compris pour les postes de JRI.

Le message envoyé aux équipes de l’Information et des Sports est très inquiétant: quel métier est plus symbolique de l’activité d’une télévision que celui de Journaliste Reporter d’Images ?

Le SNJ va consulter les salariés concernés sur la suite à donner à cette saisine et continuera à défendre l’emploi et le savoir-faire de nos équipes.

Paris, le 14 novembre 2018

2018-11-14 CR SNJ Saisine Sports

Sports : un terrain bientôt en friche ?

« France Télévisions, le plus grand terrain de sport » : un slogan que la direction ne se lasse pas d’utiliser depuis des années. Mais jusqu’à quand ?

La direction des Sports de France Télévisions tangue sérieusement depuis l’hiver dernier, après l’annonce d’une importante réduction de son budget pour 2018 et au-delà. Delphine Ernotte ne plaçait plus le sport parmi ses priorités et demandait la vente de droits sportifs majeurs. La direction évoquait même la cession des contrats pour la Coupe de France ou la Coupe de la Ligue de football.

Interpellés par les salariés et leurs représentants, les dirigeants jouaient l’apaisement et affichaient un optimisme de façade : « faites-nous confiance, nous allons stabiliser la situation ».

Aujourd’hui, rien ne permet d’être rassuré. Au contraire. France Télévisions n’a pas pu céder les droits du football, laissant planer le doute sur de nouvelles économies à réaliser dans d’autres domaines. Le directeur délégué aux Sports chargé de négocier les droits a quitté France Télévisions il y a plusieurs mois, et il n’a toujours pas été remplacé. Par ailleurs, France Télévisions n’a toujours aucune garantie concernant la diffusion des Jeux Olympiques 2024 en France.

France Ô et France 4, qui diffusaient des centaines d’heures d’événements sportifs chaque année, n’existeront bientôt plus sous leur forme actuelle. Le sport sera-t-il retransmis uniquement sur France 2 et France 3 ? Les contrats en cours seront-ils cédés au privé ? Là aussi, les salariés n’obtiennent aucune réponse rassurante.

Pourtant, la complémentarité des différentes chaînes du groupe offre la possibilité de diffuser, et avec succès, des rendez-vous sportifs comme Roland-Garros, le Tour de France ou les Championnats Européens. Ce dernier événement, organisé à Glasgow et Berlin, a permis au service public de proposer pendant dix jours des épreuves féminines et masculines d’athlétisme, natation, cyclisme, gymnastique, aviron, triathlon…

Quel autre grand groupe audiovisuel français propose une telle variété de sports à des millions de téléspectateurs ?

Il serait incompréhensible de voir le service public abandonner le terrain du sport. Un tel repli signerait l’abandon d’une partie de nos missions historiques. Ce serait un coup dur porté à l’ensemble de France Télévisions : l’acquisition de droits sportifs bénéficie en effet aux chaînes nationales et au site francetvsport.fr, mais également aux stations ultra-marines et aux stations régionales de France 3, qui diffusent régulièrement des compétitions.

Au-delà des retransmissions, le sport sur France Télévisions c’est surtout des milliers de reportages et de résumés, en « clair » ! Ils sont proposés toute la journée, en ligne, dans nos journaux (locaux, régionaux et nationaux) et dans nos émissions.

« Tout le Sport » et « Stade 2 », notamment, sont des rendez-vous uniques sur des chaînes historiques. Ils sont pourtant confrontés à des difficultés croissantes pour conserver la maîtrise de leurs reportages. Depuis plus d’un an, la direction organise l’externalisation des tournages et il devient de plus en plus difficile de travailler avec des JRI et des OPS de France Télévisions. L’explication est aussi simple que triste : nos dirigeants préfèrent faire appel à des sociétés de production privées.

C’est une perte de travail, d’emplois et de savoir-faire pour le service public. Mais pour la direction, qu’importe : la priorité est visiblement de diminuer le nombre d’ETP (équivalents temps plein) et de remplir quelques objectifs de parts variables ! Elle préfère utiliser son budget pour payer de lourdes factures au privé plutôt que d’embaucher dans le public…

Cette situation indigne ne peut plus durer et sur ce sujet, le SNJ va déposer une saisine auprès de la direction générale de l’entreprise.

France Télévisions ne doit pas abandonner le plus grand terrain de sport. Nous devons défendre notre projet éditorial dans ce domaine : il est ambitieux et singulier, soucieux de représenter la diversité des pratiques sportives. C’est l’engagement du service public.

Nous devons également cultiver et valoriser notre savoir-faire sur les reportages et la réalisation d’événements sportifs, en conservant en interne nos moyens de tournage et de production.

Paris, le 3 octobre 2018

2018-10-03 Sports – un terrain bientot en friche