Lettre ouverte des élus SNJ à un directeur absent ~ Liminaire du SNJ au CSE du 1er octobre 2020

Quelle curieuse nomination ! Surprenante par la façon dont elle a fuité dans la presse et par le temps qu’il a fallu à notre présidente pour l’officialiser ! Plus d’un mois se sera écoulé entre le départ annoncé de la précédente directrice et votre arrivée prévue pour le 12 octobre.

Résultat, cette désignation est trop tardive pour vous permettre de présider cette instance !

Bienvenue néanmoins au sein du réseau des antennes de France 3 et de leurs pluralités qui font leur richesse culturelle.

Bienvenue dans un réseau auquel on a demandé depuis trop longtemps des sacrifices et des économies disproportionnés : des suppressions de postes, des réductions d’émissions et des rabotages financiers, des reculs et des renoncements alors que la direction affirmait vouloir tripler le temps d’antenne des régions… Tout cela a fini par exaspérer bon nombre de salariés.

Nous avons de plus le sentiment d’avoir été trop souvent infantilisé par une direction parfois frappée de cécité ou de surdité sur les mesures de précaution face à l’épidémie de Covid 19 ou la prévention des Risques Psycho-Sociaux,. Les salariés du réseau France 3 ne sont pas des mauvais élèves alors arrêtons de les traiter comme des enfants. Sachez nous faire confiance et bien des problèmes se règleront en évitant coups de mentons et brutalité managériale.

Le SNJ espère que vous serez à l’écoute de tous les personnels du réseau et de leurs  représentants.

La valse des directions a durée très déterminée nous a fait douter de l’attention prêtée à nos doléances.

Et encore récemment à Lille, les alertes syndicales ont été négligées par la direction en place alors qu’elles portent sur des souffrances réelles dans les collectifs de travail.

Une entreprise de l’audiovisuel public comme France télévisions qui se veut moderne et responsable ne peut pas continuer à afficher une telle image dans sa politique des ressources « humaines » 

Nous vous demandons aussi de prêter une attention toute particulière aux personnels en précarité qui se tournent vers la justice en désespoir de cause. Là également, FTV est régulièrement condamnée et défraie trop souvent la chronique judiciaire.

Nous vous demandons aussi au nom de votre obligation de sécurité, de veiller à rassurer les personnels inquiets en cette rentrée avec le rebond annoncé de l’épidémie.

Là encore, les disparités en matière de précaution sanitaire d’une antenne à l’autre font craindre le pire comme à Lyon ces derniers jours.

Vous devrez enfin porter l’étendard de la régionalisation abandonné au milieu du gué par celle qui vous a précédé à ce poste.

Nous ignorons toujours à ce stade les contours de ces projets qui restent bien flous pour nous, faute d’informations précises.

Le SNJ reste très préoccupé par la qualité des antennes et sera très attentif à votre implication dans la modernisation des stations régionales. Aussi incroyable que cela puisse paraître plusieurs régies du réseau ne sont toujours pas en haute définition et certaines vivent même dans une précarité technologique ! Il est urgent de pouvoir utiliser en interne les moyens les plus récents de fabrication comme des caméras 4K à grands capteurs, ou des palettes 3 D avec effets visuels et décors virtuels… Nous comptons sur vous pour tirer le réseau vers le haut aussi bien sur le plan technique qu’éditorial.

Quant au rapprochement avec une maison qui vous est chère, nous avions demandé à la direction précédente les détails de la convention avec Radio France pour les matinales communes en ce qui concerne les droits d’auteurs des journalistes.

Force est de constater que le document transmis à l’instance est incomplet et flou sur cette question cruciale de la maîtrise éditoriale et le respect du droit moral des journalistes de France 3 auteurs des reportages diffusés dans les matinales de France Bleu. Nous insistons à nouveau dans un souci de transparence et de confiance.

Pour en finir, M le  futur directeur, un simple rappel : France 3 n’est pas Radio France ni France bleu, même si nous partageons des valeurs communes. La Télé régionale, son histoire, son vécu, ses salariés exigent de l’attention, de la reconnaissance et de nouvelles pratiques managériales.

En résumé nous attendons de votre part écoute et respect à tous les niveaux du réseau.

Paris, le 1er octobre 2020