CSE Réseau régional du 24 juin 2020 : notre compte-rendu

LA REPRISE AU SIFFLET

Un nouveau CSE extraordinaire en visioconférence pour présenter essentiellement le PRA qui doit entrer en vigueur au lendemain du second tour de l’élection pour perdurer jusqu’à mi-juillet.

Décidément cette direction donne toujours le sentiment de l’improvisation, bousculée par les municipales alors qu’elle voulait imposer le confinement des éditions d’info du réseau jusqu’en septembre.

Les élus n’ont eu droit à aucun document sur les méthodes qui vont permettre aux salariés, jusque-là en travail à domicile forcé, de réinvestir les antennes régionales entre lundi prochain, pour les équipes JT et techniques, et à partir du 10 ou du 15 juillet pour tous les autres salariés.

Reprise massive à mon coup de sifflet

La principale information émanant de la direction du réseau concerne les journalistes et techniciens qui sont priés de revenir massivement sur site dès le 29 juin.

La fin du télétravail est donc clairement signifiée à l’exception des personnels vulnérables ou avec conjoint vulnérable, des personnes testées positives au covid-19 ou cas contact devant observer des quatorzaines. Pour les premiers, seuls des certificats d’isolement établis par les médecins traitants ou les médecins du travail pourront leur permettre de ne pas revenir sur site. Au mieux en télétravail et si ce n’est pas possible ils seront en absence autorisée payée, dixit le DRH du réseau.

En fait, tous les métiers liés à la fabrication des programmes et des sessions d’information sont fortement incités à obéir au coup de sifflet qui siffle la fin de séquences de travail à domicile forcées sans aucune communication préalable et sans beaucoup d’égard pour les personnels.

Dans le rôle de la directrice d’école maniant le sifflet, on devine l’ombre de la présidente sortante Delphine Ernotte, en campagne pour sa réélection.

Le retour de l’ensemble des personnels est prévu pour la mi-juillet entre le 10 et le 15, selon Laurence Mayerfeld, sans plus de précision. A la question « est-ce le 10 ou le 15 ? », la réponse de la directrice du réseau, toujours en mode improvisé : « je n’ai pas encore décidé ! ».

Le reste est à l’avenant avec seulement 20% des fonctions support qui seront autorisées à être présentes sur site entre le 29/6 et la mi-juillet.

Avec cette technique du « stop and go », la direction ne s’y prendrait pas autrement pour obliger ainsi les salariés inquiets sur les conditions sanitaires à poser davantage de congés cet été… Etrangement, Olivier Godard, le DRH réseau, se révèle incapable de chiffrer les demandes de congés supplémentaires.

Cette direction ne s’avance pas plus sur le terrain du télétravail malgré les demandes pressantes de certains élus. Elle ne jure que par son questionnaire envoyé cette semaine sur vos boîtes mails par les RH. 747 réponses ont été reçues par la direction à ce jour sur leur expérience de télétravail « contraint ».

Les analyses, en respectant l’anonymat des participants, seront partagées avec élus et organisations syndicales à la rentrée pour en tirer des enseignements, dixit Laurence Mayerfeld.

En fonction des réponses au fameux questionnaire, de nouvelles organisations de travail pourraient sortir du chapeau, mais pour l’instant la direction reste sur le principe de 2 jours de télétravail en moyenne par semaine. La directrice botte en touche sur d’éventuelles négociations concernant le télétravail.

Sur l’allègement des mesures sanitaires de distanciations physiques évoquées par le gouvernement, la direction se dit prudente et préfère attendre des décisions concrètes.

En attendant, les cloisons en plexiglass enfin commandées ne sont pas toutes installées dans les régions et il faudra attendre encore pour séparer efficacement les bureaux toujours en openspace.

Élections municipales en berne

Les audiences des débats sont à marée basse (entre 1,7 et 6,5 %), mais c’est tout à fait honorable, selon Sophie Guillin, responsable de l’info régionale.

Mais pourquoi avoir organisé à la hâte avec un schéma si réducteur et un déconfinement minimaliste, l’info pour ce second tour ? 

Organiser ces débats en mode semi-confiné, sans partenariat pour l’animation et la communication et parfois sans la totalité des candidats, tout cela a donné globalement un résultat antenne très pauvre.

Pourtant, cette campagne, sans meeting, ni porte à porte, se joue dans les médias et les réseaux sociaux.

Dans certaines régions, comme en Paca, les candidats ont refusé de débattre sur nos antennes. Des partenariats public/privé nous ont même damé le pion, comme en Occitanie ou France Bleu Hérault, Public Sénat et Midi Libre ont organisé un débat avec l’ensemble des candidats, en Facebook Live. Là aussi, le retour contraint semble avoir eu ses effets. Alors qu’on nous affirme à longueur d’année que partenariats et internet sont notre avenir, nous sommes restés seuls, dans notre coin. Comme si multiplication des débats signifiait repli sur soi.

Notre directrice du réseau comme la directrice de l’info régionale ne s’en chagrinent pas et l’absence de communication sur les projets éditoriaux pour la rentrée en dit long du poids de l’inertie qui pèse sur nos dirigeants et nos rédactions en chef…

Relocalisation à la hussarde

Pour les nouveaux locaux de Perpignan, déjà présentés pendant le confinement, la direction d’Occitanie a revu sa copie à la demande du CSE : elle ne prenait pas en compte les précautions « covid » les plus élémentaires.

Les plans ont donc été révisés en fonction des précautions sanitaires de distance physique dans la newsroom, mais sans tenir compte des risques d’un openspace évoqués au précédent CSE.

Les élus ont voté un avis qui met en garde sur ces « openspace couloirs » et les flux de circulations. Pour éviter un rapprochement des personnels et diminuer les nuisances sonores, ils demandent une étude acoustique et ergonomique sur ces nouveaux locaux qui devraient être aménagés avant la fin de l’année.

Nouvelle consultation sur les DUER

Consultés pour la deuxième fois en moins d’un mois sur les Documents Uniques d’Exposition aux Risques des 23 antennes, les élus ont constaté que dans la forme comme dans le fond ces documents officiels étaient trop disparates. Multiplier les consultations sur leur évolution est une intention a priori louable, mais les élus ont rappelé dans une résolution que les salariés devaient être associés à ces révisions. Et qu’après passage en CSE, les DUER devaient aussi être communiqués à tous, de façon claire et compréhensible, pour que chacun dans l’entreprise puisse s’approprier les mesures de précaution nécessaires pour limiter les risques, contre les virus mais aussi contre les RPS…

Ces DUER ressemblent malheureusement plus à des copier/coller de mesures tentants de garantir la tranquillité juridique de la direction plutôt qu’une véritable politique de prévention. Nous avons ainsi souligné que les consignes données pour les équipes de tournage en cas d’accidents industriels, incendies ou même de manifestations – « se placer sous le contrôle des autorités gestionnaires du sinistre (police, gendarmerie, préfecture…) » – relevaient en fait d’une logique de contrôle de l’info par les autorités. Les représentants du SNJ ont contesté la présence de ces consignes dans différents DUER, comme celui de Haute-Normandie.

Par ailleurs, certaines formulations des recommandations sont parfois très éloignées des réalités de terrain. On trouve ainsi dans certains DUER : « Evaluation des risques discutée en conférence de rédaction avant le départ des équipes de tournage ». On se dit que le rédacteur de cette phrase n’a jamais couvert de faits divers en étant réveillé à 4 heures du matin par le rédacteur en chef adjoint d’astreinte, que ce dernier a déjà tenté d’appeler au moins 5 JRI, que l’heure tourne et que le premier qui décrochera son téléphone devra partir le plus vite possible pour couvrir l’événement, peut-être même tout seul.

La direction veut rappeler le cadre de la loi mais dans le même temps elle reconnaît que l’exception du terrain qui consiste parfois à détourner ce cadre pour la bonne réalisation d’un reportage ne fera pas l’objet de sanction…

Prochain CSE : le 8 juillet toujours en visio-conférence… Pour la direction, les instances et les représentants des personnels doivent rester en mode confiné !

Vos élus et RSCE : Jean-Manuel Bertrand, François Ollier, Thierry Will et Hervé Colosio.

Des (passe-)droits et des devoirs

Elections municipales

Encore une fois, l’éthique à la mode France Télévisions laisse un goût amer aux salariés. D’un côté, la direction impose des règles, qui se veulent très strictes, à tous les journalistes qui seraient candidats aux élections municipales, voire aux conjoints des candidats. 

De l’autre, cette même direction affirme n’avoir « rien à dire » sur la situation d’Arnaud Ngatcha, qui est toujours patron des opérations spéciales à France Télévisions… tout en briguant la mairie du 9e arrondissement de Paris, où il est tête de liste de la majorité municipale sortante ! 

Évidemment, rien n’interdit à un dirigeant de la télévision publique de se présenter aux élections municipales, et Arnaud Ngatcha a parfaitement le droit d’intégrer l’état-major de campagne d’Anne Hidalgo. 

Et pourtant… dans deux notes internes diffusées cet automne, la direction de France Télévisions rappelait à tous ses salariés qu’ils ont  le devoir d’éviter « toute situation qui pourrait jeter le doute sur l’impartialité de l’entreprise ». Une note spécifique à l’attention des journalistes du réseau France 3 édicte même un certain nombre de règles, parfois très précises, pour mettre de la distance entre un candidat et l’antenne. 

Dans le même temps, le directeur des opérations spéciales mène campagne à Paris comme si de rien n’était… Une situation qui embarrasse même plusieurs cadres de l’information nationale. Et de l’aveu même de ces cadres, il a fallu une intervention très haut placée pour qu’Arnaud Ngatcha envisage de poser des congés dès le début de la campagne officielle, en février ! Comme il a fallu insister pour que son compte Twitter professionnel ne renvoie plus sur son compte Twitter politique ! 

Si l’engagement de M. Ngatcha est respectable, son parcours récent relance le débat sur les liens toujours étroits, et très controversés, entre monde politique et monde médiatique. Peu après l’élection d’Emmanuel Macron, au printemps 2017, il avait déjà quitté son poste (à l’époque, directeur des études de la diversité) pour devenir conseiller en stratégie et en communication auprès de la nouvelle ministre des Sports. Fin 2018, l’expérience tourne court et il réintègre France Télévisions, cette fois comme directeur des opérations spéciales. Un an plus tard, Arnaud Ngatcha tente donc à nouveau de se relancer en politique. 

Ce jeu d’allers-retours entre de hautes fonctions à France Télévisions et des mandats politiques est probablement légal. Mais il n’a rien d’exemplaire dans une entreprise publique qui est, rappelons-le, la plus grande rédaction de France. Une rédaction qui a déjà vu cette année l’un de ses directeurs (Stéphane Bijoux) être élu député européen après avoir subitement rejoint les rangs de La République En Marche ! 

Cette nouvelle candidature d’un cadre dirigeant, et la bienveillance qui semble l’accompagner en haut lieu, contribue à brouiller encore un peu plus l’image de France Télévisions. Elle renforce le sentiment que le service public est régi par des règles à plusieurs vitesses. France Télévisions ne doit pas être soupçonnée de connivence avec les « élites », qu’elles soient politiques ou économiques. 

France Télévisions ne peut plus donner l’impression que certains postes de direction, très bien rémunérés, servent parfois au « pantouflage » d’hommes politiques ambitieux disposant de réseaux bien établis.  

Paris, le 18 décembre 2019

Liminaire du SNJ au CSE de Malakoff

– REUNION DU 7 NOVEMBRE 2018 –

Malakoff, le « hub » parisien du réseau ultramarin, retrouve en ce jour une instance de plein exercice. La parenthèse des sept années de représentation des personnels du site à travers le Comité d’établissement du Siège se referme avec la mise en place de ce CSE distinct.

Cette autonomie retrouvée intervient dans un moment critique.

Moment critique d’abord parce que les ordonnances Travail, en faisant disparaitre CE, CHSCT et DP au profit d’une instance unique – le CSE – ont pour conséquence de réduire mécaniquement les lieux et les temps dédiés à l’exercice du dialogue social ;

Moment critique ensuite parce que le découpage du périmètre de l’établissement de Malakoff a laissé de côté plusieurs dizaines de salariés qui travaillent ici parmi nous mais relèvent pour leur part du CSE du Siège ;

Moment critique enfin parce que ce changement intervient après l’annonce  officielle de la fermeture de la chaîne France Ô courant 2020.

En 1997, au moment de quitter le seizième arrondissement de Paris pour s’installer à Malakoff, les élus du CE de l’époque ont veillé à ce que le nouvel immeuble conserve le nom de Pierre Bourdan.

Par ce geste, ils voulaient à la fois honorer la mémoire de cette voix de la France Libre et signifier la permanence des missions confiées à la communauté de travail qui les avait élus.

En 20 ans cependant, beaucoup de choses ont changé.

Changements techniques avec la TNT ici et là-bas, et – partout – l’émergence du numérique.

Changements juridiques avec l’entrée de RFO en 2004 dans la holding France télévisions, puis en 2009 dans l’entreprise unique.

Changements de caps avec la valse-hésitation autour du concept de diversité et de la priorité à l’Outre-mer.

Depuis 20 ans,  de RFO Sat à France Ô, en radio, en télé, sur internet, les équipes de Malakoff ont dû plus qu’ailleurs subir les incohérences de la tutelle, la condescendance de certains dirigeants de l’entreprise, le manque d’anticipation de la plupart d’entre eux.

En dix ans, les effectifs du site sont passés de 500 à 400 salariés.

Après la fermeture de l’AITV en 2014, voilà donc venue l’heure de France Ô.

À qui le tour demain ?

En dialoguant hier avec les salariés de l’établissement, la présidente Delphine Ernotte n’a pas dissipé ces inquiétudes.

Comment et selon quel calendrier précis se déroulera la transition entre la situation actuelle et le dispositif futur du tout numérique ?

Quelle sera alors la place des salariés dont l’activité est aujourd’hui en majorité liée à l’antenne de France Ô ?

Quelles garanties pour ceux d’entre eux toujours non-permanents en dépit de longues collaborations avec France télévisions ?

La direction, par la voix de la présidente, affirme vouloir associer les salariés de Malakoff à la définition des modalités de cette transition.

Pour cela le SNJ propose de créer au sein de ce CSE une commission chargée de travailler sur cette mutation.

Toutefois, les moyens prévus par l’accord d’entreprise du 9 mars 2018 pour les établissements dont les effectifs sont inférieurs à 500 salariés ne suffiront pas.

Avec 252 heures par an pour faire fonctionner l’ensemble des commissions y compris le CSSCT, le compte n’y est pas. Le SNJ réclame donc l’ouverture d’une négociation d’établissement permettant de dégager davantage de moyens pour associer les salariés à cette transformation.

La décision gouvernementale de fermer le canal hertzien de France Ô crée une situation inédite à laquelle aucun autre établissement de l’entreprise n’est confronté. Une réponse particulière doit y être apportée.

Enfin, chacun ici sait que le SNJ a saisi la justice de problèmes liés à l’organisation du scrutin du CSE de Malakoff. Ces requêtes ne mettent pas en cause la qualité des personnes concernées et portent exclusivement sur la défense de principes et le respect du droit.

Le SNJ déplore que la direction n’ait pas laissé le temps à la justice de se prononcer afin de procéder à l’installation de ce CSE sur des bases stabilisées.

Malakoff, le 7 novembre 2018

2018-11-07 Liminaire CSE Malakoff

1er CSE du réseau régional : qualité de l’information et déontologie, les priorités du SNJ

– Liminaire des élus au CSE réseau régional –

Les CE sont morts. Nous ne dirons pas « vive les CSE »,  tant cette instance nous semble être le vecteur d’une forte dégradation du dialogue social.

Nous l’avons dit à maintes reprises, y compris devant la justice, le SNJ aurait préféré 13 CSE dans le réseau France 3.

Nous restons convaincus que 13 instances, une par région, nous aurait permis de conserver plus de proximité entre élus et salariés.

Aujourd’hui nous sommes donc 26 élus pour représenter près de 3500 salariés dans 23 antennes de France 3… 26 pour 3500, c’est vertigineux !

Nous mesurons la tâche immense qui nous attend, ainsi que la somme de travail qui nous sera nécessaire pour être à la hauteur des mandats qui nous ont été confiés et répondre aux attentes des salariés.

Les chantiers qui s’ouvrent ne vont pas manquer. A commencer  par la réforme de l’audiovisuel public, avec sa gouvernance, son financement… et sans doute son plan de départs.

Quand la direction parle pudiquement de « balayage » de l’accord collectif de 2013, le SNJ entend remise en cause des métiers, des rythmes et des conditions de travail.

Nous veillerons particulièrement à ce que ne soit pas mis à mal tout ce qui concerne l’information et la déontologie.

Car n’oublions pas que nous sommes dans un contexte où le service public est attaqué, où ses journalistes sont régulièrement jetés en pâture à la vindicte populaire.

Comment faire face aux enjeux du numérique?

Aux nouvelles habitudes de consommation de nos téléspectateurs ?

Comment combattre les « informations déformées » improprement appelées « fake-news » ?

Comment protéger et donner du travail aux CDD confrontés à des mesures de seuil et de plafonnement imposées par la direction et totalement injustes et arbitraires ?

Telles sont quelques-unes des questions auxquelles il nous faudra répondre, des enjeux qu’il nous faudra affronter, avec un souci permanent d’exemplarité et en gardant en mémoire l’essentiel : préserver une télévision régionale de service public qui instruit, cultive et informe avec rigueur.

Paris, le 6 novembre 2018

2018-11-06 Liminaire CSE réseau

CSE Siège : un second tour pour confirmer

Nous sommes donc toujours représentatifs, toujours debout !

Les résultats du 1er tour de ces élections professionnelles sont une victoire, et pas seulement face à celles et ceux qui pensaient et théorisaient notre disparition.

Mais nous n’allons pas parler d’eux, mais de vous. Vous les salariés, les collègues qui permettent au SNJ de faire entendre sa voix au Siège.

Vous avez, avec force, fait tomber toutes les cloisons des préjugés : le SNJ a obtenu des voix de toutes les familles professionnelles !

Eh oui, au-delà des caricatures qui nous désignent comme un syndicat « corporatiste », vous avez compris que nous défendions une profession, mais également une vision de l’information. Ce combat nous, vous concerne tous! Et le résultat de ce 1er tour le démontre.

Lutter contre le taylorisme, le déclassement, la déprofessionnalisation, le management par la menace, c’est le combat de tous, au Siège et ailleurs ! Défendre les fondamentaux du journalisme, c’est le combat de tous ! Défendre l’éthique, la déontologie, bien sûr que ce sont des combats du SNJ depuis sa création en 1918, mais cela concerne aussi toutes celles et tous ceux qui participent à la fabrication de l’info ?

Oui, vous avez parfaitement compris que ce n’est pas le combat d’une catégorie de salariés, mais bien le combat de tous ceux qui sont attachés à l’information de service public. Et cela ne nie en rien la spécificité de la profession de journaliste.

La représentativité du SNJ est donc acquise depuis le 1er tour.

Maintenant nous vous appelons à voter, entre le 12 et le 18 octobre, pour un deuxième tour qui cette fois désignera vos élus au Conseil Social et Économique (CSE).

Avec son score du 1er tour, le SNJ pouvait compter sur 6 ou 8 élus (3 à 4 titulaires et autant de suppléants), soit plus qu’à l’issue du dernier scrutin, en 2015 !

À vous de confirmer cette marque de confiance, en portant à nouveau votre choix sur le SNJ.

Nous allons pouvoir peser sur les choix de toutes les rédactions, à l’Information, aux Magazines ou aux Sports.

Parmi les premiers chantiers, il y a celui du TVU Pack et des moyens de transmission.

Nous demandons à la direction de l’Information de convoquer au plus vite une négociation autour de l’utilisation des moyens de transmission cellulaire 4G/5G !

Avec en préambule, le volontariat et une charte éditoriale cadrant toute utilisation.

Nous allons également déposer une saisine concernant les tournages à la direction des Sports, pour que cesse cette externalisation galopante qui se fait au détriment de notre savoir-faire et de l’emploi du service public ! Pendant que certains fanfaronnent sous un si grand soleil, nos équipes de reportage peinent à travailler dans l’ombre.

Ce ne sont que deux exemples de nos actions à venir.

Mais au quotidien nous sommes près de vous depuis des années, à travers certains représentants que vous connaissez parfaitement.

Ils étaient il y a peu élus au CE, délégués du personnel ou élus au CHSCT.

Aujourd’hui, les candidats SNJ sont regroupés autour des mêmes convictions, pour se confronter à la démocratie sociale, dans un seul but : porter les collectifs !

Paris, le 11 octobre 2018

2018-10-11 Elections siège 2eme tour

Elections CSE : Premier objectif atteint, amplifions le succès au second tour !

Les établissements de Corse, Siège, Réseau France 3, Réunion et Malakoff ont  basculé jeudi 4 octobre dans l’ère des CSE tournant la page des DP, CE et CHSCT.

La participation a été inégale. Massive en Corse et à la Réunion, elle n’a pas été suffisante au Siège ainsi que dans les collèges Ouvriers-employés et Maitrise du Réseau France 3 et de Malakoff. Il y aura donc un second tour dans ces 3 établissements pour tout ou partie des sièges à pourvoir.

Le SNJ a obtenu l’essentiel : être représentatif pour 3 ans dans ces 5 établissements.

Grâce à votre mobilisation, nous avons dès ce premier tour, des élus dans les CSE du Réseau France 3, de Corse, de la Réunion et de Malakoff.

Au Siège, le SNJ est à la troisième place des syndicats représentatifs de l’établissement.

Il nous faut encore traduire cet élan en sièges à Paris lors du second tour qui se déroulera par vote électronique du 12 au 18 octobre.

Le nouveau calcul de la représentativité syndicale au niveau de l’entreprise s’établira après le déroulement du scrutin de Guadeloupe dont la direction a bloqué la mise en œuvre.

Compte tenu des résultats enregistrés jeudi et de ceux obtenus en juin dans les établissements de Guyane, Saint-Pierre et Miquelon, Martinique et Mayotte, la représentativité du SNJ va augmenter. Celle de FO le fera également, tandis que CGT et CFDT baisseront.

SUD, CGC et UNSA ne franchiront pas la barre des 10 % au niveau de l’entreprise, mais ces derniers sont représentatifs au Siège tandis que SUD l’est dans le réseau France 3. L’UNSA est également représentative en Corse.

Par ailleurs différents  recours liés à l’organisation de ces scrutins  introduits en justice par le SNJ dans 5 établissements, la direction en Guadeloupe, FO à la Réunion, la CFDT à Saint-Pierre et Miquelon,  l’UNSA et la CGC à Paris suivent leurs cours.

Nous remercions celles et ceux qui ont choisi de nous faire confiance dès le premier tour. Grâce à vos votes, le SNJ peut poursuivre son action au service des journalistes et de tous les salariés de France Télévisions.

Paris, le 8 octobre 2018

2018-10-08 Elections CSE – Premier objectif atteint…

5 bonnes raisons de voter SNJ France Télévisions

 Le temps presse… le premier tour des élections professionnelles va se clôturer le 4 octobre. Et chaque voix compte…

Vous ne savez pas pourquoi donner votre suffrage au SNJ France Télévisions ?

Voici quelques arguments, si vous n’êtes pas encore passés au vote :

1/ Je vote SNJ… le syndicat qui me défendra face aux projets funestes de la direction et de la tutelle : 2 000 départs plus ou moins volontaires en priorité parmi les plus de 58 ans, selon plusieurs sources; renégociation de l’accord collectif avec une forte dégradation des conditions de travail et, dit-on, la suppression de 10 jours de RTT chez les journalistes.

2/ Je vote SNJ… afin de ne pas laisser le champ libre aux organisations syndicales qui accompagnent toutes les réformes de la direction depuis des années : casse des métiers, fin de la proximité des instances représentatives du personnel…

3/ Je vote SNJ… car seul un syndicat de journalistes peut vraiment défendre les journalistes dans le CSE, une seule instance qui concentrera tous les pouvoirs de l’ancien CE, des DP et du CHSCT.

4/ Je vote SNJ… parce que tous les journalistes doivent se mobiliser dès le premier tour pour assurer la représentativité du syndicat au sein d’un collège électoral cadre élargi à tous les cadres de l’entreprise. La direction et d’autres syndicats ont refusé le principe d’un collège électoral journaliste pourtant prévu par la loi dans les entreprises de presse et mieux adapté aux spécificités de la profession de journaliste.

5/ Je vote SNJ… pour le syndicat à l’origine de la charte et des principes professionnels dont le respect de la déontologie est l’un des principaux combats. Un vote utile mais aussi de conviction face aux apprentis sorciers, apôtres de nombreuses dérives journalistiques comme la Taylorisation du reportage.

Pour que le métier de journaliste ne soit pas noyé et dévoyé dans les réformes à venir, pour se mobiliser face à la violence managériale et au désastre social qui s’annonce,

Je vote pour le SNJ FTV, le seul syndicat de journalistes représentatif de France Télévisions !

Paris, le 3 octobre 2018

 

2018-10-03 Cinq bonnes raisons de voter SNJ

Réseau régional France 3 : un JT en mode « au secours »

Casse des métiers et de l’information régionale : les projets de la direction semblent parfaitement clairs. La dernière preuve en date, le vendredi 28 septembre 2018, au 19/20 Rhône-Alpes.

Ce soir-là, le JT a été programmé dans son intégralité en extérieur, à Bourg-en-Bresse à l’occasion du congrès national des pompiers. Il a été cadré… par un JRI tout seul. Qui plus est : un JRI CDD ! Du jamais vu à France 3 Rhône-Alpes, et sans doute bien au-delà de ses frontières.

Explication de cette lamentable première : « il n’y avait pas d’OPV disponible ». Pourtant ce même jour, deux OPV statutaires ont été mis en repos non demandé. Cherchez l’erreur ou plutôt le très improbable acte manqué.

Car cette opération était prévue depuis des semaines : reportages tournés en amont, un ‘Dimanche en Politique’ spécial jusqu’aux désormais inévitables « modules » !

Et le cynisme ne s’arrête pas là. Puisqu’au dernier moment, un JRI CDD supplémentaire, basé à Strasbourg, a été appelé… pour suivre Gérard Collomb, ministre de l’intérieur et désormais candidat déclaré à la mairie de Lyon, en visite à ce même congrès.

Le SNJ dénonce la pression qu’a fait porter cette décision inique sur les épaules d’un JRI précaire, qui n‘était pas en mesure de refuser. Plus de 20 minutes à l’épaule, c’est intolérable !

Le SNJ rappelle par ailleurs que dans la définition des métiers, décrite dans l’Accord Collectif, seul un OPV a la capacité de mettre en images un JT, en plateau comme en extérieur.

Même sous le prétexte de « nouveaux formats » ou de « nouvelles écritures », il y a quand même des limites à ne pas franchir. Faudra-t-il appeler les secours pour que la direction retrouve ses esprits ?

Paris, le 2 octobre 2018

2018-10-02 F3 réseau – JT en mode au secours

NoA : Aide-toi, le ciel t’aidera !

 /// NoA, la nouvelle offre de télévision régionale en Nouvelle-Aquitaine \\\

NoA est née le 11 septembre 2018. Sur son berceau, de nombreuses fées se sont penchées. Des hauts dignitaires de France Télévisions, il n’en manquait aucun, la présidente en tête. Un vœu et puis s’en va car, pour le reste, cette nouvelle offre de télévision régionale publique, diffusée uniquement sur les « box » et internet, va devoir survivre par elle-même. Serait-ce un avant-goût de ce qui se prépare pour toutes les antennes du réseau régional de France 3 ?

À peine quelques centaines de milliers d’euros alloués par France Télévisions, le reste est financé par la région, un peu plus d’1 million par an sur 3 ans dans le cadre d’un contrat d’objectifs et de moyens.

Alors comment, avec si peu, faire une télévision? En privilégiant le recours à de nouvelles écritures via des outils « agiles », en misant sur l’enthousiasme des salariés, en récupérant des cadres détachés avec leur poste et en mettant en œuvre de nouvelles activités « hybrides » validées par un accord d’expérimentation…

Cet accord, le SNJ l’a signé non sans émettre quelques réserves : sanctuariser l’information, domaine exclusif des journalistes, pas de nouvelles compétences complémentaires journalistes/monteurs ou monteurs/journalistes, pas d’empilement des tâches et un réel volontariat des salariés.

Le volontariat, c’est la clé de voute de ce projet, le moyen d’accroitre la productivité en remplaçant « autant que de besoin » sans augmenter le nombre d’ETP.

Mais de quel volontariat parle-t-on ? Le « spontané » sans la moindre arrière-pensée, le « suscité » avec la perspective d’une contrepartie : mobilité, intégration, promotion ? Voire même « l’imposé » avec des tâches supplémentaires à effectuer et des changements d’horaires qui, pour la direction, relèvent de la stricte application du contrat de travail.

Conséquence : certains salariés se disent emballés mais d’autres mesurent déjà les tensions induites par la mise en œuvre de ce projet : manque de préparation en amont, insuffisance de coordination et de suivi éditorial, manque de temps pour être opérationnel, nombreux problèmes techniques (dysfonctionnements du serveur, mauvaise qualité du son, absence de synthés à l’antenne, matériel inapproprié …) avec pour point d’orgue la gestion d’antenne où les salariés sont à la limite de la rupture.

En tant que signataire de l’accord d’expérimentation, le SNJ participe pleinement à la commission d’évaluation, de suivi et d’ajustement. Ce texte est évolutif, et nous restons plus que jamais déterminés à veiller au respect des pratiques et des engagements pris.

Le SNJ tire la sonnette d’alarme concernant les premiers dysfonctionnements constatés et exige que soient respectés les engagements de la direction concernant la charge de travail.

Paris, le 1er octobre 2018

‘aidera

La fusion de tous les dangers

Responsables et coupables ! Oui celles et ceux qui ont lancé, imposé et mis en place la fusion des rédactions nationales, sont responsables et coupables.

Responsables, on peut facilement le comprendre puisque l’initiative datant de 2012 est de fait  une prérogative de la direction. A l’époque c’était Thierry Thuillier qui était à la manœuvre, sous la présidence de Remy Pflimlin. Les bases étaient posées, rien de plus, mais déjà le SNJ communiquait sur ce que contenait ce projet funeste. Puis la présidente Ernotte, pressée par une feuille de route écrite par toutes les tutelles, décide de ne pas arrêter le processus. Et c’est l’éphémère patron de l’information Michel Field qui installe les bases d’« info 2015 » en 2015.

Depuis, service après service, la fusion dévore nos rédactions. A marché forcée, contre l’avis massif des salariés de la rédaction nationale de France 3, contre l’ensemble des instances représentatives du personnel, « info 2015 » crache son venin. Derrière la façade d’un projet éditorial, c’est bien une mise sous tutelle de tous par quelques-uns. Déclassement, déprofessionalisation, taylorisme appliqué à l’information, management brutal. Journalistes, techniciens, administratifs, tout le monde passe à la moulinette !

Le service Économie, l’un des deux premiers services fusionnés avec la culture, perd de nombreux journalistes de la 3, brisés par le manager de l’époque, parti rejoindre Thierry Thuillier. Considérés comme des « sous professionnels » par ce dernier, l’ambiance est au jeu de massacre, et c’est toujours le cas aujourd’hui.

Plus tard, la résistance du service politique côté 3 fera reculer le couperet d’un an. Avec en apogée la menace de licenciement de 2 élus SNJ qui s’opposaient fermement au projet. Une menace d’une direction aux abois et qui voulait faire de ce bras de fer un exemple. Suivront les autres services et une cerise sur le gâteau : le démantèlement du service édition, et les scriptes de la 3, sacrifiées sur l’autel d’une mauvaise réforme. Un volet d’« info 2015 », où l’humiliation est érigée en mode de gestion.

En cours, la fusion des services JRI et Société ne nous fait pas baisser les bras pour autant. Et ce n’est pas le seul problème des journalistes de la 3, et on s’en rend bien compte à France 2. La fusion n’épargne personne et transforme jour après jour le traitement de l’information, elle abîme  au quotidien le travail de chacun. Certes il y a toujours ceux qui sont privilégiés, comme tout système clanique.

Mais les modes se démodent… Alors ça craque à tour de rôle, et le management intermédiaire n’est pas épargné, loin de là. Des directeurs éditoriaux opérationnels et des chefs de services qui chapeautent les services fusionnés. Voilà les gardiens du temple de la fusion ! Et à l’intérieur, ça passe ou ça casse !

Ensemble, nous pouvons freiner les effets pervers de la fusion des rédactions ! Non pas en nous opposant les uns aux autres, mais en mettant du collectif là où la direction ne met que de l’individualisme. Car la plus grande illusion de cette fusion, c’est bien de dire que ce projet est éditorial ! Il n’est que le premier épisode des réductions de périmètre de l’information nationale à France 3 comme à France 2. La construction d’une armée bleue et rouge au service de quelles éditions demain ? 

Si vous partagez ces interrogations, aidez-nous à les porter en votant SNJ !

Paris, le 1er octobre 2018

2018-10-01 La fusion de tous les dangers