Nous condamnons l’atteinte à la liberté d’informer !

Débat du 2eme tour interrompu par des manifestants

Ce devait être un moment de confrontation de points de vue, d’échanges verbaux parfois âpres comme l’engagement politique le réclame parfois.

Sur notre plateau extérieur de Bastia hier soir, les principales sensibilités politiques étaient représentées, dans une temporalité particulière, où la question corse s’invite au plus haut sommet de l’Etat.

Mais à l’issue du second tour de la présidentielle, nos téléspectateurs ont été privés de débat après des jets de pétards tirés par un groupe de personnes. Ces mêmes personnes qui se plaignent, à tort, de ne pas avoir droit de cité dans les médias.

Dans ce moment de confusion où le propos devenait inaudible, la rédaction en chef a pris la décision de reprendre l’antenne.

Les syndicats SNJ et UNSA condamnent ces façons de faire, apportent leur soutien aux équipes de techniciens et de journalistes, et réaffirment avec force l’importance de la liberté de la presse. Outil indispensable pour informer et décrypter objectivement, librement. 

Bastia, le 25 avril 2022

Le débat autour du débat

Une délégation du SNJ a été reçue par le directeur de l’information et le directeur de la rédaction nationale. Une rencontre que nous avions réclamée dans notre communication syndicale du 13 avril dernier.

http://snj-francetv.fr/debat-de-lentre-deux-tours-la-direction-doit-nous-defendre/

Alors que nous nous interrogions sur cette triste tradition de candidats qui choisissent les journalistes pour ces débats, le directeur de l’information nous a clairement dit que cela ne fut pas le cas pour celui entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Pour la bonne et simple raison qu’Anne-Sophie Lapix n’aurait jamais été pressentie par France Télévisions pour animer ce débat. Laurent Guimier nous a répondu que dès le mois de janvier, en accord avec TF1, il avait été proposé un duo de présentateurs aux 5 principaux candidats, à l’époque les mieux placés dans les sondages. Et que dès le lendemain du premier tour, après échanges le dimanche soir avec les équipes des qualifiés, Léa Salamé et Gilles Bouleau étaient annoncés officiellement à la presse.

Mais pourquoi Marine Le Pen et son fidèle second ont-ils polémiqué dans les médias autour du refus d’Anne-Sophie Lapix ? Vos représentants restent perplexes, mais n’ont bien sûr aucune raison de mettre en doute la version de nos dirigeants. Des directeurs qui précisent comme pour démontrer qu’ils n’ont rien subi dans cette affaire qu’ils ont obtenu par exemple que des plans d’écoute puissent être faits pendant le débat, ce que les candidats refusaient dans un premier temps.

Voilà donc la réponse à ce qui serait donc une fausse polémique, d’après la direction, voire une manipulation de la candidate du Rassemblement National. Sans l’expliquer ni en comprendre d’ailleurs l’intérêt. Par la suite, Marine Le Pen a également refusé de venir au 20 heures jeudi et vendredi dernier, alors qu’Emmanuel Macron était reçu par Anne-Sophie Lapix le jeudi, au lendemain du débat.

A vous alors de vous faire une idée de ce triste épisode qui se répète avant chaque débat d’entre-deux-tours. Nous sommes garants de cette indépendance non négociable. Notre direction affirme la défendre à la place qui est la sienne. Dont acte… L’indépendance c’est aussi une question de budget pour pouvoir faire notre travail en toute liberté. Le président réélu s’est engagé sur la voie de la suppression de la redevance. Espérons que nos dirigeants sauront, pour une fois en matière budgétaire, ne pas accepter tous les diktats de la tutelle.

Paris, le 25 avril 2022

Election présidentielle : la direction impose les temps de parole !

Les deux candidats à la présidentielle ont choisi de manière discrétionnaire, et ont obtenu, d’écarter une de nos consœurs de France 2 du débat du 20 avril au mépris de la liberté de la presse et de l’indépendance de l’audiovisuel public.
Voilà que la direction du réseau France 3 impose dès ce soir la diffusion d’une interview de 10 minutes de Marine Le Pen, réalisée à Avignon, à l’ensemble des antennes du réseau.

Demain, c’est le président-candidat Emmanuel Macron qui devrait avoir droit a nos faveurs et à un traitement identique, toujours sans aucune concertation avec l’ensemble des rédactions et de l’encadrement.

Cette décision brutale remet en cause, par sa longueur dans un journal télévisé régional, le traitement éditorial de chaque antenne ce soir et demain.
Les journalistes sont ainsi priés de préparer des éditions pour un journal considérablement raccourci.

L’information régionale se voit imposer un diktat de sa direction au nom d’une campagne nationale, alors qu’aucune soirée spéciale n’est prévue le 24 avril sur France 3, comme c’était encore la coutume il y a 5 ans .

Le SNJ s’élève contre ces pratiques autoritaires imposées d’en haut à des rédacteurs en chefs et des journalistes placés une fois de plus devant le fait accompli.

Paris, le 15 avril 2022

Débat de l’entre-deux-tours : la direction doit nous défendre !

Qui sont-ils ? Qui sont ces candidats à la fonction suprême de cette 5ème république pour bafouer ainsi des principes fondateurs comme la liberté de la presse et l’indépendance de l’audiovisuel public ?

Le président du Rassemblement National a donc clairement fait savoir que Marine Le Pen n’accepterait pas la présentatrice du 20 heures de France 2 comme modératrice du débat de l’entre-deux-tours. Et le candidat-président Emmanuel Macron ne serait pas non plus très fan de la présentatrice du 20 heures de France 2.

L’argument tombe comme un couperet : la journaliste serait trop « hostile » à la candidate du Rassemblement National. Autrement dit, pas assez docile pour celles et ceux qui briguent la plus haute fonction de la 5ème république ? C’est purement inadmissible.

Le SNJ condamne ces propos et réaffirme que les journalistes de France Télévisions travaillent en toute indépendance. Notre métier n’est pas de faire allégeance aux politiques pour avoir le droit de les interviewer, et ceci est valable également pour « Elysée 2022 », où des politiques mettent parfois des vetos sur certains journalistes pressentis.

Nous ne placerons évidemment pas sur le même plan la représentante de l’extrême-droite et le candidat-président qui lui est opposé pour ce second tour. Mais les réflexes sont les mêmes et ils portent atteinte à la liberté de la presse. Entre celle qui veut vendre le service public au privé, et celui qui souhaite supprimer la redevance, c’est la crédibilité, les moyens, et l’existence même de notre conception de l’information qui sont aujourd’hui en jeu.

Mais avant le seul verdict qui compte, celui des urnes, le SNJ dénonce le mode de désignation des présentateurs(-trices) du grand débat qui aura lieu le 20 avril. Au nom de quoi les états-majors des candidats auraient-ils le droit de récuser un ou une journaliste ? Les chaînes organisatrices, France 2 et TF1, doivent avoir toute latitude pour choisir, en respectant le critère de parité, les noms des journalistes-arbitres de cet événement déterminant de l’entre-deux-tours.

Ce droit de véto ou de récusation d’un autre temps doit être aboli dans les plus brefs délais. Car il contribue à semer le doute sur d’éventuelles connivences entre les journalistes et le pouvoir politique !

Le SNJ exprime tout son soutien envers la présentatrice du 20 heures de France 2, Anne-Sophie Lapix, et demande un rendez-vous au directeur de l’information du groupe France Télévisions. Laurent Guimier doit lui aussi, au nom de la liberté de la presse et du service public, œuvrer dans le but d’établir une barrière étanche entre les politiques et les rédactions. Les candidats qui restent en lice pour le second tour doivent entendre ce message clair : l’information de service public et les journalistes ne sont pas aux ordres, et il faut vite mettre un terme à ce système qui entretient la confusion et concourt à décrédibiliser notre profession.

Paris, le 13 avril 2022

Campagne présidentielle : un programme pour l’information, des droits nouveaux pour les rédactions

Parce que tout citoyen a le droit de bénéficier d’une information juste, complète, indépendante et pluraliste.

Parce que la démocratie a besoin de médias crédibles.

Parce que l’information est un bien public, qui ne peut être confisquée par quelques-uns, ou instrumentalisée à des fins politiques.

Parce que la presse, les médias, les journalistes, doivent se remobiliser autour d’une éthique commune, pour restaurer la confiance.

Fidèle à ses engagements, le SNJ met à la disposition de la profession, des citoyens et du débat public, son programme pour l’information et le journalisme.

Cliquer ici pour accéder au programme.

Paris, le 21 février 2022