Un peu plus de 9 secondes, c’est le temps consacré à l’information sur France 3 dans le teaser présenté par le directeur du Réseau à la presse le 1er septembre dernier. 9 secondes et demie dans un clip de 3 minutes 08 reprenant des extraits d’émissions qui seront diffusées dans les décrochages régionaux de France 3.

9 secondes et demie d’extraits de JT et d’édition spéciale mais aucune image de reportages, aucune trace de l’investissement des équipes qui couvrent l’actualité des régions parfois dans un dénuement inquiétant. L’info régionale peut aller se rhabiller.

9 secondes et demie quand près de 3 minutes sont consacrées aux programmes, souvent issus de liaisons dangereuses avec le privé. Des programmes labellisés “régionaux” alors qu’il s’agit de programmes mutualisés. Une tromperie pour les téléspectateurs qui les regardent depuis leurs territoires. Comme entreprise de séduction, on a connu mieux.

L’été a pourtant bien été torride pour les équipes sur le terrain. Les journalistes et techniciens ont dû couvrir les incendies dévastateurs à répétition, les conséquences des épisodes caniculaires sur l’agriculture ou les hôpitaux. Dans des conditions de travail pénibles et sans vraie relève car en situation de soi-disant “basse activité” ! Que les antennes soient seules pour la couverture de l’actualité ou en JT communs avec leur voisine, le nombre d’équipes par jour a été réduit à deux ou trois. Des territoires entiers ont été délaissés. Dans les rédactions, les présentateurs et parfois les rédacteurs en chef adjoints se retrouvent avec deux éditions à gérer, midi et soir. On est loin de la partie de plaisir.

Et pourtant, “la proximité est l’un des plus puissants antidotes à la défiance”, assure sans rougir sur Facebook le directeur délégué du pôle actualité. Nous n’avons pas la même vision de cette proximité. Car après les programmes régionaux, ce sont les JT qui s’éloignent des habitants. Pour faire des économies, les JT sont remplis avec des formats inter-régions, certes tournés “en province” mais qui ne parlent pas aux téléspectateurs, toujours séduits par ce qui se passe près de chez eux. La défiance, c’est bien ce qui nous menace en réduisant en permanence la couverture de l’actualité au plus près et en s’éloignant de nos missions de service public.

9 secondes et demie.

Finalement, pourquoi s’investir dans une relation qui pourrait bientôt se terminer ? Car ce qui intéresse vraiment et inquiète les salariés en cette rentrée c’est la vérité face aux rumeurs de cette fin d’été.

Le site de presse audiovisuelle Satellifacts a évoqué la possibilité d’un vaste plan de départs volontaires à l’étude. La direction n’a pourtant donné aucune information à ce sujet aux instances représentatives des personnels, ni démenti formellement ces fuites. Une situation qui nécessite un éclaircissement pourtant rapide et de la transparence, pour des salariés amenés à exercer dans un climat de peur et d’inconnu. L’ensemble des syndicats vient d’ailleurs de suspendre sa participation aux négociations de l’accord collectif.

9 secondes et demie donc, quand ce sont des heures de reportages, chroniques, JT, qui sont produits chaque jour. Un travail sans lequel le modèle “Streaming first”, grande star de la rentrée, ne proposerait pas grand chose. Les salariés méritent un peu mieux que ces poignées de secondes de considération.

Vos élus et votre représentante syndicale SNJ à Paris, le 9 septembre 2026