Le SNJ défend vraiment l’emploi et tous les salariés, permanents, CDD, pigistes et cachetiers

Toutes les organisations syndicales s’engagent à défendre l’emploi, certaines sont pourtant des pompiers pyromanes. En signant la rupture conventionnelle collective (RCC), avec la suppression annoncée d’un millier d’emplois, en mai 2019, la CGT, la CFDT et FO ont fait le choix d’affaiblir notre entreprise. Pas le SNJ !

Et sans le SNJ, les CDD, pigistes et intermittents de France télévisions n’auraient bénéficié d’aucune aide salariale pendant la crise sanitaire.

Enfin, c’est encore grâce à l’appui du SNJ que de nombreux salariés, permanents et CDD ont gagné en justice. La preuve par les faits.

La CGT, la CFDT et FO paradent pendant les réunions des CSE en se disant défenseurs de l’emploi. Dans les faits, ces syndicats ont signé la rupture conventionnelle collective, hypocritement cachée sous le titre « accord cadre pour le déploiement du projet d’entreprise de FTV  ». Aux côtés de la direction, ils sont donc co-responsables de la suppression massive d’emplois et de ses conséquences : casse des métiers, polyvalence à outrance et dégradation des conditions de travail.

Le SNJ, lui, a toujours été clair en refusant de signer : la cogestion n’est pas notre projet !

Pourtant, le mal est fait. Dans les réseaux, régional et Outre-mer la 1ère, à la rédaction nationale, à France Info, les départs dans le cadre de la RCC s’ajoutent au non remplacement des départs classiques. Tout cela cumulé rend notre travail au quotidien harassant, à cause des postes vacants, non pourvus ou gelés, du nombre de CDD réduit et des longues collaborations remises en question.
Un seul salarié non remplacé dans un service ou une rédaction, et c’est tout le travail collectif qui en est affecté, diminué.

Le SNJ continuera la lutte, y compris par l’appel à la grève, pour la préservation de nos emplois !

C’est dans le même état d’esprit que le SNJ a bataillé dès le début de la crise sanitaire pour que les CDD, pigistes et intermittents ne soient pas oubliés. Nous avons multiplié les démarches auprès des pouvoirs publics et de la direction de France télévisions, qui refusait dans un premier temps de prendre ses responsabilités d’employeur.

Ce combat a permis d’imposer la négociation d’un fonds de soutien aux non-permanents à France télévisions. Sans la signature du SNJ, la majorité des organisations syndicales représentatives n’aurait pas été atteinte pour permettre la validité de l’accord d’entreprise portant création de ce fonds de soutien. Un de ces syndicats qui se targue de défendre l’emploi a refusé de venir en aide aux plus précaires.

A l’heure du bilan, 1481 salariés non-permanents remplissaient les conditions d’accès au fonds de soutien et ont obtenu une aide. Le dispositif a permis de verser plus de 1,9 millions d’euros (994 818€ dans le réseau France 3 régions, 800 340€ au Siège, et 119 514€ en outre-mer).

Au-delà du refus des suppressions d’emplois et du soutien aux plus précaires, le SNJ n’hésite pas à saisir les tribunaux et à accompagner les salariés pour obtenir justice. Des dizaines de salariés ont obtenu gain de cause avec l’appui du SNJ. Il s’agissait de licenciement abusif, d’application déloyale du contrat de travail et de dégradation de l’état de santé pour des salariés permanents, et d’obtention de contrats en CDI pour des CDD.

Pour continuer à défendre l’emploi et tous les salariés, le SNJ a besoin de votre voix pour rester représentatif !

Paris, le 8 mars 2022

Égalité professionnelle femmes-hommes : avec le SNJ, on continue la lutte !

A la veille du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, retour sur l’accord égalité professionnelle femmes-hommes.
Grâce à l’action constante du SNJ, 2021 a été une année d’avancée pour une
meilleure reconnaissance des femmes à France Télévisions.

Le SNJ s’est pleinement impliqué dans la négociation d’un nouvel accord, bien meilleur que le précédent que nous n’avions pas signé, parce qu’il était insuffisant. Le nouvel accord apporte des changements positifs, principalement un dispositif complet de lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes, et une enveloppe spécifique de rattrapage des disparités en défaveur des femmes.

Les négociateurs du SNJ ont amené dans la négociation de nombreux amendements qui figurent aujourd’hui dans l’accord 2021/2024 que nous avons donc signé. (Cf Newsletter Egalité)

Pour autant, la lutte pour une meilleure équité ne s’arrête pas là et doit se poursuivre.

Sur les salaires tout d’abord. Deux enveloppes spécifiques de rattrapage en 12 ans (2009 et 2021), c’est mince pour une entreprise comme France Télévisions qui prétend à l’excellence sur ce sujet (notamment via le label Afnor diversité) et à crever le plafond de verre. Certaines entreprises, privées ou publiques, prévoient des rattrapages chaque année.

L’enveloppe 2021, qui devait bénéficier à 343 femmes dans l’entreprise, en a finalement concerné 286 dont 151 techniciennes et administratives et 131 journalistes. Si l’effort financier a été important, il n’a pas réglé toutes les disparités que la direction prétendait pourtant effacer d’un seul trait.

Pour les journalistes, avant 2021 la cartographie des différences de salaires n’incluait pas notamment les paliers de grand reporteur.

Certaines femmes, et aussi des hommes restent à la traîne à cause d’un niveau de salaire insuffisant au recrutement.

Chez les technicien.ne.s et administratif.ve.s, dans certains groupes de classification, se retrouvent plusieurs métiers, les uns majoritairement masculins, les autres à forte dominance féminine. Même si la direction étudie ces disparités par métier, le calcul est parfois faussé.

Enfin la direction a mis en place un observatoire de l’évolution des carrières qui doit être développé pour les fonctions de journalistes.

Sur un meilleur équilibre dans les effectifs, l’effort doit être poursuivi et intensifié pour féminiser certains métiers techniques comme les OPS et masculiniser d’autres fonctions comme la gestion RH ou la communication. Cela doit passer par une augmentation des alternant.e.s dans ces domaines. Et à plus long terme, par des relations plus étroites avec les collèges et lycées.

Sur la place de femmes sur les antennes, de gros efforts ont été consentis ces dernières années : un plus grand nombre de femmes présentatrices, animatrices d’émissions de débats, plus d’expertes, plus d’héroïnes de fictions. Mais la visibilité de quelques-unes ne doit pas cacher que cette volonté touche moins le réseau régional (France 3) et les Outre-mer (les 1ères), et très peu les journalistes correspondants à l’étranger. Souvent le naturel revient au grand galop, comme on l’a vu à l’occasion de la crise sanitaire avec des antennes souvent occupées par des spécialistes hommes, médecins ou scientifiques.

● Enfin, sur le harcèlement sexuel et les agissements sexistes, l’application de ce tout nouveau chapitre dans l’accord devra être accompagné de nombreuses formations pour les encadrants, les responsables des ressources humaines comme pour les salariés.

Car les mentalités évoluent très lentement sur ce sujet. C’est un progrès, encore faut-il s’approprier les principales mesures contenues dans ce chapitre. Le SNJ, en pointe dans l’accompagnement des collègues dans certaines affaires ces dernières années, veillera scrupuleusement à son application.

Le SNJ s’engage à continuer de se battre pour cette question essentielle de l’égalité professionnelle.

Le SNJ compte sur vous, femmes et hommes, pour lui donner le moyen de continuer son action. Votez et faites voter pour les candidat.e.s SNJ du 10 au 16 mars 2022 !

Paris, le 7 mars 2022

Non aux « placards » de fin de carrière !

France Télévisions condamnée pour manquement à l’obligation de sécurité

Six mois après avoir reconnu des faits de harcèlement moral au sein du service « Société » de la rédaction nationale, la direction de France Télévisions vient d’être condamnée pour la gestion de la fin de carrière d’un journaliste de « Faut Pas Rêver ». Ces dérives managériales visant trop souvent les « seniors » ne sont pas une fatalité : désormais reconnues par tous, elles doivent disparaître de nos rédactions. 

« En décidant d’interdire à monsieur A. l’exercice de sa profession de grand reporter, la société France Télévisions a profondément ébranlé son salarié, a pris un grand risque sur sa santé mentale et a ainsi commis un grave manquement à son obligation de sécurité ». 

Cette phrase est extraite d’un jugement du conseil des prud’hommes de Paris, rendu en novembre 2021, qui condamne France Télévisions pour « manquement à l’obligation de sécurité de résultat ».  La direction de France Télévisions ayant décidé de ne pas faire appel du jugement, celui-ci est donc définitif, et l’entreprise devra indemniser la victime de ces agissements.

Cette victime est l’un de nos confrères, récemment retraité, et qui a subi une fin de carrière indigne du service public. Grand reporter pendant 25 ans pour le magazine « Faut Pas Rêver », A. est victime d’un grave accident du travail lors d’un tournage en 2014. Sa longue convalescence s’accompagne d’une défiance injustifiée et d’humiliations professionnelles infligées par l’encadrement. Ce dernier décide notamment, de manière brutale et arbitraire, de ne plus lui confier la réalisation de reportages. À près de soixante ans, A. se retrouve donc puni, déclassé. Son activité se limite au « soutien » d’autres journalistes, notamment les présentateurs de « Faut Pas Rêver », avec lesquels il prépare les plateaux de l’émission. Cette exclusion, imposée par l’encadrement du magazine, est mise en pièces par le jugement de novembre 2021 : « la décision prise de priver monsieur A. de travail sur le « terrain » doit s’analyser comme une remise en cause de son poste, de ses fonctions, donc une rétrogradation s’analysant comme une exécution déloyale du contrat de travail ». Rappelons que la direction de France Télévisions n’a pas fait appel de ce jugement. 

A. va subir ce management violent pendant plusieurs années. Son état de santé se dégrade, et notre confrère ne peut plus travailler sereinement.  Affaibli physiquement et psychologiquement, il est licencié pour inaptitude (après avis de la médecine du travail) en 2019. Soutenu par le SNJ, il devra saisir la justice pour que ce management soit condamné et que le préjudice subi soit enfin reconnu… deux ans plus tard. 

La décision des juges dans le dossier de A. fait tristement écho aux conclusions du rapport d’expertise présenté, en juillet 2021, aux élus du CSE du Siège de France Télévisions. Ce rapport détaillait la maltraitance et les brimades infligées à D., journaliste du service « Société » de France Télévisions. Reporter en fin de carrière, D. a lui aussi subi une mise à l’écart et un dénigrement injustifiés pendant plusieurs années, en particulier entre 2011 et 2018. Lui aussi a vu son état de santé se dégrader fortement. Lui aussi a été licencié pour inaptitude, après ce que l’expert a qualifié de « faits constitutifs de harcèlement moral ». Le SNJ avait publié un compte-rendu détaillé de la restitution de ce rapport: CSE-S-15-et-16-juillet-2021.pdf (snj-francetv.fr)

Lors de cette restitution, Laurent Guimier (directeur de l’information) et Michel Dumoret (directeur de la rédaction nationale) avaient déclaré « accepter les conclusions » de l’expert et « en tirer de nombreux enseignements ».  La direction s’était engagée publiquement à indemniser le préjudice subi par D. Lors de cette restitution, le SNJ avait rappelé que le cas de D. n’était malheureusement pas isolé, et que d’autres journalistes ont subi, ou subissent encore, ces « mises au placard » ou déclassements professionnels. Certaines victimes sont actuellement en procédure devant les tribunaux. 

Le SNJ réaffirme sa solidarité avec A., D. et tous les journalistes « seniors » poussés vers la sortie, ou placés dans des impasses professionnelles par leur encadrement. Ce traitement inacceptable est dénoncé par les experts et condamné par la justice ! Depuis des années, les représentants du personnel SNJ combattent ces dérives managériales et exigent que la direction y mette fin. 

Le SNJ soutient nos consœurs et confrères victimes de telles pratiques et les accompagnera devant les tribunaux s’ils le souhaitent. 

Paris, le 28 février 2022

Plateforme numérique commune France Bleu – France 3 : « Ici » ou ailleurs, nous n’en voulons pas !

/// Communiqué commun SNJ France TV / Radio France \\\

Le Syndicat National des Journalistes (SNJ) de France Télévisions et de Radio France réaffirme son opposition au projet politique de fusion des sites internet de France Bleu et de France 3 sur une plateforme baptisée « ici ».

Sur le fond, ce projet, mené à marche forcée, n’a pas de sens. Les plateformes web et les applications des deux réseaux ont largement trouvé leur public et sont devenues des sites de référence, notamment en termes d’information locale.

Chaque réseau s’est construit avec des professionnels motivés et volontaires qui, au fil des années, ont trouvé leur propre organisation pour répondre aux besoins des internautes de plus en plus nombreux à consulter nos sites.

Le projet de Groupement d’Intérêt Économique (GIE), qui a été décidé par les directions, risque de détruire tous les efforts consentis par les salariés.

A l’heure du « web first » et du développement des réseaux sociaux, perdre nos plateformes et nos marques, c’est inacceptable !

Sur la forme, plus nous interrogeons nos directions respectives, moins l’organisation future semble claire, en particulier sur la coordination éditoriale, dans les cas d’informations contradictoires, ou d’urgence de publication.

A Radio France, comme à France Télévisions, l’expérience de France Info a laissé des traces et les plaies sont loin d’être refermées, concernant le site de la chaine.

Des moyens pour de vrais projets

Ce n’est pas d’un projet commun dont nos sites ont besoin, mais de vrais moyens pour les faire tourner, dans les rédactions de France 3 et dans les locales de France Bleu.

Il faut des moyens aussi pour enrichir la grille de France 3 le matin, sans passer par l’artifice d’une matinale de radio filmée à peu de frais, et très peu regardée.

Enfin, les réseaux du service public de proximité n’ont pas besoin d’un début de fusion, mais de moyens pour être réellement présents dans les territoires.

Pour porter des projets ambitieux qui respectent les identités, les salariés et le pluralisme de l’information, le SNJ sera toujours là. Il continuera de se battre contre les stratégies dictées par des injonctions politiques absurdes.

Le SNJ appellera les salariés et les organisations syndicales de France télévisions et de Radio France à une mobilisation contre le projet de plateforme numérique commune, qui porte atteinte au pluralisme de l’information, détruit nos emplois, et dégrade nos conditions de travail.

Paris, le 25 février 2022

Campagne présidentielle : un programme pour l’information, des droits nouveaux pour les rédactions

Parce que tout citoyen a le droit de bénéficier d’une information juste, complète, indépendante et pluraliste.

Parce que la démocratie a besoin de médias crédibles.

Parce que l’information est un bien public, qui ne peut être confisquée par quelques-uns, ou instrumentalisée à des fins politiques.

Parce que la presse, les médias, les journalistes, doivent se remobiliser autour d’une éthique commune, pour restaurer la confiance.

Fidèle à ses engagements, le SNJ met à la disposition de la profession, des citoyens et du débat public, son programme pour l’information et le journalisme.

Cliquer ici pour accéder au programme.

Paris, le 21 février 2022

L’ENGAGEMENT SNJ

La nouvelle mandature qui se profile est un nouveau défi pour vos
représentants SNJ : défendre les journalistes mais aussi les autres
métiers dont les missions sont de plus en plus mises à mal par une
politique d’économies !

Pour lire le préalable du SNJ au CSE siège des 15 et 16 février 2022, cliquer ci-dessous

L’élection présidentielle sur France 3 ? Circulez, il n’y a rien à débattre !

Le débat démocratique et politique fait partie de notre mission de service public. Mais pas sur France  3. Il n’y aura pas de soirées électorales à l’occasion des deux tours de l’élection présidentielle. Quant aux émissions « Dimanche en politique » sur les antennes régionales, elles sont réduites au service minimum ou supprimées. Une faute lourde de la direction de France télévisions. Pire, un sabordage.

La soirée électorale du 1er tour de la présidentielle, et sans doute celle du second, se dérouleront sur France 2 et sur France Info. Exit France 3. Effacée.

C’est l’annonce faite par la direction de l’information. Encore une conséquence de la fusion des rédactions nationales de France 2 et de France 3, en réalité une absorption-disparition au détriment de France 3.

La direction démontre aussi, et une fois de plus, son désintérêt pour le réseau régional. Car le message est clair, le débat politique n’aurait pas sa place sur la chaîne des régions. En voici les preuves : annulation prévue de plusieurs débats de « Dimanche en politique » et pas plus d’un invité en plateau, exceptionnellement deux.

Officiellement, c’est la faute à la Covid-19. La crise sanitaire a bon dos : il n’y a aucune limitation du nombre d’invités sur les plateaux des autres antennes de France télévisions. Et encore moins de suppressions d’émissions !

Ceux qui pensent, en rétrécissant le champ de vision des téléspectateurs, faire monter l’audience de France  2 ces soirs-là, peuvent avoir de très mauvaises surprises. Rien ne prouve qu’une majorité des fidèles du 19/20 bascule sur France 2.

A peine sortis des JTs communs régionaux, imposés sans aucune raison valable, les salariés subissent donc à nouveau les mauvais traitements de la direction.

Le SNJ exige le rétablissement de soirées électorales pour la présidentielle sur France 3. En réfléchissant un peu, la direction devrait y arriver. Comme elle devrait arriver à être un minimum respectueuse des salariés du réseau régional, de notre public et de nos missions de service public.

Paris, le 28 janvier 2022

Les effacements présidentiels

Exemplaire ! Nous aimons mettre ce mot en exergue dans nos communications. Il est pour nous indissociable du Service Public que nous défendons. Et il faut hélas reconnaître que nous nous éloignons trop souvent de cette nécessaire exemplarité, de cette éthique indispensable à la confiance que nous devons inspirer à notre public au quotidien.

La campagne présidentielle qui se déroule sous nos yeux est un terrain de jeu idéal pour que cette exemplarité s’impose à nous et aux autres. Pourtant, malgré l’importance de l’échéance, certains comportements ne changent pas.
Par exemple, quand un présentateur qui pense toujours que l’édition qu’il incarne lui appartient, traite avec désinvolture une candidate à la présidentielle. Tout simplement parce qu’il ne voulait pas d’un invité politique dans son journal. Elle venait pourtant de se déclarer le matin même. Alors peu importe l’image de la rédaction, l’intégrité éditoriale… Ce qui compte, c’est lui et rien d’autre… Au SNJ nous disons que notre force c’est l’indépendance pas le mépris, le collectif pas l’égocentrisme, le respect combatif, pas l’irrévérence sans argument.

Dans un dispositif de couverture d’une élection présidentielle, il y a aussi les grands rendez vous comme «Elysée 2022». Il ne nous appartient pas d’en définir ici la ligne éditoriale mais nous sommes très surpris de l’annonce faite dans un quotidien par le directeur de l’information Laurent Guimier. La présence d’animateurs du groupe pour interroger les candidats invités est une confusion des genres inacceptable. Un magazine d’information doit rester un magazine d’information. On peut en plus s’interroger sur un changement de formule (énième changement), à quelques semaines de ce grand rendez-vous électoral. De plus, faire appel à des animateurs de France Télévisions alors qu’en même temps on se priverait des compétences de journalistes reconnus, constitue un affront à la rédaction nationale.

Dernière symbolique de cette présidentielle et des fausses notes internes : la soirée électorale du 1er tour et sans doute celle du second, se dérouleront sur France 2 et sur France Info. L’effacement de France 3 est acté. Ce n’est pas un problème de doublon, de cohérence ni d’économie. C’est un message clair qui prolonge le mauvais signal que portait en lui la fusion. Une acquisition-disparition. Et quand on nous dit que pour les législatives, France 2 laisserait l’antenne à France 3, on rit sous cape. Nous demandons donc à la direction de rétablir une soirée électorale pour les présidentielles du côté bleu. En mutualisant, en réfléchissant, en respectant tout le monde, elle devrait y arriver. Et pourquoi pas des soirées dans les différentes entités régionales, d’ailleurs.

Ceux qui pensent, en rétrécissant le champ de vision des téléspectateurs, faire monter l’audience de France 2 ce soir là, peuvent avoir de mauvaises surprises. Sachez que le plus souvent, une majorité des fidèles du 19/20 bascule ensuite sur une chaîne privée pour regarder le 20 heures (et nous le regrettons), comme nous le disions déjà au moment du funeste projet qu’est la fusion des rédactions. Alors restons fidèles à ceux qui sont, avec nous, attachés au service public. Et respectons aussi celles et ceux qui font vivre l’information au quotidien dans les éditions de toutes nos antennes.

Paris, le 27 janvier 2022

Agressions de journalistes d’Envoyé Spécial : le procès s’est tenu à Tarascon, délibéré le 21 février 2022

COMMUNIQUÉ INTERSYNDICAL SNJ / CFDT-journalistes / SNJ-CGT

Le SNJ, la CFDT-Journalistes et le SNJ-CGT étaient parties civiles à ce procès devant le tribunal de police de Tarascon. Le prévenu était un gros exploitant local qui répondait de « violences légères » envers une équipe de reporters du magazine de France 2 Envoyé Spécial qui enquêtaient sur l’exploitation de travailleurs saisonniers dans le sud de la France en 2020. 

A l’audience, le prévenu a refusé obstinément de reconnaître des violences pourtant filmées par les journalistes victimes et ne s’est pas excusé, expliquant son geste par un accès  « de colère » !

Son avocat a comparé les faits à d’autres violences légères comme celles qui consistent « à arroser une personne avec un tuyau d’arrosage » ou  « ébouriffer quelqu’un sans son consentement (sic) ».

Le président du tribunal, qui a visionné les images du reportage d’Envoyé Spécial  a, lui, donné une tout autre vision de l’agression, la décrivant comme « violente tant physiquement que verbalement. Si vous vouliez faire peur aux journalistes, et bien vous avez réussi votre coup, ils ont eu très peur », a t’il estimé. 

Pour le représentant du ministère public, qui a réclamé 700 € d’amende contre l’exploitant agricole soit quasiment le maximum prévu par la loi (750€), ce dossier aurait dû être jugé devant un tribunal correctionnel car le fait de foncer sur les journalistes avec un véhicule 4X4 de 2 tonnes qui représente une arme par destination aurait pu blesser plus grièvement notre confrère.

L’avocat des syndicats de journalistes (SNJ – CFDT-Journalistes – SNJ-CGT)  a demandé au tribunal de condamner l’intéressé à 1 € symbolique et aux entiers dépens de l’instance au nom des agressions répétées contre une profession de plus en plus menacée en France et de l’atteinte intolérable faite à la liberté de la presse. 

Nous syndicats de journalistes, dénonçons ces violences inadmissibles et nous demandons à la justice de les considérer comme des délits qui sont susceptibles d’être poursuivis devant un tribunal correctionnel et non comme des contraventions de simple police.

Le nombre dagressions ne cesse de croître et nous ne pouvons plus tolérer de tels actes de violence à l’égard des journalistes qui ne font que leur métier, celui dinformer et d’éclairer légitimement les citoyens.

Dans une démocratie, la liberté d’informer librement est une garantie de progrès. La bafouer, c’est interdire le libre accès à une information éclairée et certifiée.

Paris, le 21 décembre 2021