Nous espérions partir en congés le cœur plus léger…

Comme le chantait Charles Trenet :

“Le ciel d’été

Remplit nos cœurs d′sa lucidité

Chasse les aigreurs et les acidités

Qui font l’malheur des grandes cités”

Pour ce CSE central du mois de juillet, on nous avait promis des précisions pour notre fin d’année, une trajectoire pour nos métiers et…

Las ! Nous terminons donc le semestre avec les exercices obligés : bilan social, bilan de l’emploi ou de la formation. Comme un cahier de vacances un peu décalé…

Nous ne vous en tiendrons pas rigueur, Madame la Présidente, puisque de toute évidence les arbitrages sur notre avenir ne sont pas (encore) rendus.

Seul léger vent de fraîcheur, contre vents et marées extrêmes, un contre rapport tente de rétablir les faits de l’attaque du premier pamphlet parlementaire contre l’audiovisuel public. En rappelant qu’une douzaine de griefs ne doit pas noyer 87 millions d’heures de programme en dix ans et que les difficultés de France TV viennent d’abord de la tutelle avant de venir des gestionnaires.

Dans les Outre-mer, à Paris, ou dans le réseau, les salariés de l’entreprise sont emplis de doutes et de questions sous la chaleur caniculaire de l’été. Conséquence du dérèglement climatique. Peut-être, mais pas seulement…

Car dans ce nouveau « flux » de réorganisation de l’ensemble de l’entreprise, on apprend que des territoires entiers n’appliquent même pas les règles en vigueur que dans le reste de l’entreprise.

De l’autre côté des mers, où certains rêvent de passer leurs vacances, la carte postale cache une part d’ombre : des salariés, souvent des femmes, oubliées de l’égalité (les trous dans la raquette du label Alliance) ; parfois pas de commission égalité Femmes-Hommes alors que c’est obligatoire. Des managers qui ne savent pas ce que sont les RPS, peut être par manque de formation. Et des antennes laboratoires de tout : des nouveaux logiciels, de la pluridisciplinarité forcée et des petits effectifs. Et pas non plus d’accueil planifié des stagiaires ou des alternants.

Dans le réseau France 3, une grille des programmes soi-disant inchangée alors que des émissions sont supprimées dans l’opacité aveuglante de ce début d’été.

Pas de place au soleil non plus au siège pour Dimanche en Politique. L’émission nationale disparaîtrait alors que la campagne des présidentielles sera au cœur de la rentrée. Mais là, la suppression de cette émission nationale ne passe pas inaperçu dans la presse hebdomadaire.

Alors pour quelques semaines, nous allons troquer les régies “bac à sable” contre les concours de châteaux, le Streaming First contre un bon Gulf Stream et Genesys contre une bonne génoise glacée. Et nous reviendrons sans hâte, sans doute halés, on l’espère reposés, mais combatifs – soyez en sûrs ! – contre la disparition de notre entreprise.

Paris, le 2 juillet 2026