Nous devions « ringardiser les autres journaux régionaux avec notre fond vert« , dixit le directeur du réseau régional. Ce premier JT 12/13 de France 3 Paris Ile-de-France réalisé jeudi 2 juillet dans le nouveau plateau F sur fond vert, partagé avec nos camarades ultramarins n’a finalement été que la catastrophe que tous annonçaient.
Le seul vert qui est apparu fut celui de notre rage.
Rage de ne pas avoir été entendus malgré les alertes, rage d’être encore et toujours la variable d’ajustement, rage de voir notre travail déconsidéré par une mise à l’antenne indigne d’une télévision de service public.
La colère et les larmes. Celles de notre présentatrice au sortir du plateau. Comment ne pas désespérer quand à l’antenne les sujets ne partent pas, pas plus que les synthés et le prompteur, sans parler de la qualité de l’image.
D’ailleurs la version replay de cette édition du 12/13 est introuvable ; personne n’assume !
Selon la direction de la Fabrique, qui a comme spécialité de nous faire avaler des couleuvres, le
dispositif devait être prêt à temps.
Tout va bien madame la Marquise : le plateau allait être génial et les problèmes seraient réglés.
On a vu le résultat et nos téléspectateurs aussi.
Pour préparer ce qui devait être le premier JT du réseau sur fond vert utilisant la vidéo par IP (Internet Protocole), le projet GENESYS, il était prévu des JT blancs.
Il y en a eu, mais pas suffisamment.
Les deux derniers ont été annulés pour régler des problèmes techniques.
Mardi et mercredi on règle les problèmes, jeudi on fait un vrai JT, advienne que pourra…
Ce fut le pire.
Après analyse, on nous explique alors que le workflow n’a pas été respecté, que c’est une erreur humaine. Peut-être cette possibilité si foireuse soit-elle aurait-elle pu être testée lors des JT à blanc ? Ceux qui ont si pertinemment été annulés ?
Maintenant ça suffit. La présidence de France Télévisions doit prendre ses responsabilités après cette catastrophe industrielle.
Elle doit arrêter d’écouter des directions hors sol qui oublient que l’alpha et l’oméga des métiers de journaliste et de technicien, c’est de voir son travail mis à l’antenne sans être dénaturé.
Jeudi 2 juillet, une chose est certaine, nous avons touché le fond… et pas le fond vert.
Paris, le 3 juillet 2026
