Déclaration préalable de votre représentante syndicale au CSE Siège du 8 juillet 2026
Voilà, c’est fini : 15 ans de travail balayés brutalement. Il faut mesurer ce que nous perdons à quelques mois de l’élection présidentielle :
- Une émission installée sur une case identifiée, le seul rendez-vous politique régulier sur une antenne de télévision généraliste.
- 1 million de téléspectateurs en moyenne en audience cumulée. Dimanche dernier, la part d’audience était de 6,3 %.
- Des téléspectateurs fidèles. Des invités aussi. 800 personnalités politiques de tous les bords ont répondu aux questions de Francis Letellier en 15 ans.
Alors nous avons une seule question : est-ce bien raisonnable ?
La politique d’austérité imposée par l’Etat actionnaire ne doit pas nous conduire à saborder ce qui est au cœur de notre mission de service public. Certes, “Dimanche en Politique” sera remplacée par une nouvelle émission sur France 2. On change de chaîne, on décale d’une heure et on remplace le présentateur. Un journaliste auquel on ne peut plus échapper. Tous les matins sur France Inter et désormais le dimanche à la télévision et dans les émissions politiques en soirée, où seront invités les candidats à la présidentielle. Le service public manque-t-il à ce point de compétences en interne pour confier l’essentiel des interviews politiques à une seule personne ? La direction de France Télévisions considère-t-elle qu’aucun des 3 000 journalistes qui composent nos rédactions n’est capable de remplir ce rôle ?
Avec la fin de “Dimanche en Politique”, c’est aussi le dernier programme d’information purement nationale sur France 3 qui disparaît. Le dernier acte d’un dépeçage en règle mené par la direction, après l’arrêt du Soir 3 en 2019 et du 19/20 en 2023. Déjà un doute se lève : qu’en sera-t-il de “Dimanche en Politique” sur nos antennes régionales ? Peut-on sincèrement croire que la diffusion sera maintenue alors que le rendez-vous national s’arrête ?
Une fois de plus, avec cette décision annoncée brutalement, la direction méprise ses salariés. Une fois de plus, elle crée malaise, colère et suspicion. Un cocktail explosif qui ne profite à personne à France Télévisions.
Paris, le 8 juillet 2026
