CSE Réseau F3 des 16 et 17 février 2022

3 ANS, QUEL BILAN ?

Puisqu’il semble qu’il s’agisse là de la dernière réunion du CSE réseau
dans cette mandature, il est sans doute temps de faire un bilan.
Difficile de mettre un point final à ces trois ans et demi de représentation
des salariés… et ce n’est pas un problème de ponctuation.

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JTs communs : compte-rendu de la saisine intersyndicale

Le 17 janvier, une réunion s’est tenue avec Philippe Martinetti, directeur du réseau France 3.

Réunion d’échanges suite à la saisine des organisations syndicales de France 3 sur les JTs communs et le Plan de Continuité d’Activité (PCA).

A 12h05, la direction prévenait les organisations syndicales (SNJ, CGT, CFDT, FO, SUD) que la réunion initialement prévue à 14h, était reportée à 15h. À 14h06, la direction communiquait par mail sur la fin des JTs communs pour les antennes de France  3. Un enchaînement qui démontre une certaine fébrilité du côté de la direction. S’agissait-il de ne pas paraître céder aux salariés ? Quoi qu’il en soit, rédacteurs en chefs, chefs de centres et planificateurs ont été mis à rude épreuve.

La réunion sur la saisine s’est passée relativement sereinement, la direction ayant cédé à la principale demande.

Le directeur du réseau a confirmé qu’au 24 janvier, les 24 éditions reprennent, Dimanche en Politique également. Il a bien précisé qu’il s’agit d’une adaptation du PCA et non de la fin du plan.

Nous sommes revenus sur la façon dont a été lancé ce PCA juste avant la rentrée.

Pour Philippe Martinetti, il s’agissait de protéger les salariés tout en évitant une rupture d’antenne. D’après lui, jamais le prisme économique n’a été pris en compte.

Les organisations syndicales ont déploré la méthode, sa brutalité et son unilatéralité. Samuel Bignon, le DRH du réseau, a répondu que fin décembre, il fallait prendre une décision rapidement vu la virulence du variant Omicron.

Lors de cet échange, le SNJ a développé deux points.

Premièrement, cette crise a appuyé là où ça fait mal. Elle a montré que les organisations qui s’adaptent rapidement et efficacement sont celles qui s’appuient sur une autonomie des équipes de terrain, qui sont confrontées directement aux problèmes.

Or France 3, et plus largement France TV, se sont très fortement centralisés. D’où des réactions disproportionnées et inappropriées, comme ce deuxième confinement de l’info régionale.

Par ailleurs, parler de retour à la normalité est illusoire. La situation est incertaine et complexe. Il y aura d’autres crises, qu’elles soient environnementales, politiques ou sociales. Sans parler du fait que nous ne sommes pas sortis de celle liée au Covid-19. Il n’y aura donc pas de retour à la normalité précédente, mais bien création de nouvelles normalités.

Dans ce contexte, prétendre imposer verticalement un nombre de salariés maximal identique pour chaque antenne de France 3 est totalement inefficace.

Pour le SNJ, il y a nécessité de s’entendre sur une méthode et des objectifs.

Les objectifs : maintenir une offre d’information de proximité digne de ce nom, avec des éditions locales et d’antennes, tout en préservant la santé des salariés. Il ne s’agit pas de maintenir des éditions comme si de rien n’était, alors que nous sommes en crise. Montrer l’adaptation à l’antenne n’est pas un signe de faiblesse, mais au contraire un signe de vitalité et d’engagement auprès du public, au moment où il en a le plus besoin.

Sur la méthode : la détermination des actions à mettre en œuvre doit se faire au plus près du terrain. En partant des salariés et de leurs chefs de services et en y associant les répresentants du personnel.

Par ailleurs, cette crise interne, liée à la recentralisation de France 3, met en lumière un impensé de taille.

Depuis 2013, les régions administratives ont été profondément modifiées. Pourtant, aucun travail éditorial n’a été engagé pour repenser nos éditions régionales. Toute absorbée par la centralisation et la transformation des régions en réseau, l’entreprise n’a pas vu la nécessité de travailler l’évolution de son offre éditoriale avec ses équipes.

Résultat prévisible : une crise arrive, la direction supprime d’un trait de plume des JTs d’antennes dont elle ne sait que faire.

En conclusion, le SNJ s’est déclaré satisfait par le retour des éditions d’antennes. Nous sommes par contre réservés sur un retour à 100% du temps d’antenne de nos éditions avec 80% des effectifs, comme par exemple le montage en télétravail maintenu.

Nous n’accepterons pas la politique du yoyo. Celle qui consisterait à placer les salariés en difficulté avec un travail dégradé, pour ensuite de nouveau fermer les antennes.

Philippe Martinetti a affirmé qu’il n’en n’était pas question, il s’est par ailleurs engagé à revoir la méthodologie.

Dans un premier temps, les instances de proximité seraient sollicitées pour accompagner ce nouveau dispositif afin de prendre les décisions au plus près du terrain.

Un avenir relativement proche nous éclairera sur la mise en pratique des déclaration et engagements du directeur du réseau.

Une clause de revoyure est prévue le 21 janvier pour décider de la sortie ou non du PCA.

Paris, le 19 janvier 2022

Dry January

Liminaire SNJ au CSE Réseau régional des 19 et 20 janvier 2022

Au seuil de cette année 2022, nous voici donc, techniciens, administratives et journalistes, soumis par la direction au « Dry January ».
En Français dans le texte, on peut même parler de Triple Sec !

Au retour des vacances de fin d’année, les salariés de région ont reçu en guise d’étrennes une mise à sec avec un plan de continuité de l’activité totalement disproportionné. Une réduction « prévisionnelle » drastique d’équipes entrainant des Journaux Communs quand le besoin de proximité se fait plus pressant et des suppressions d’émissions mettant en danger celles dont les audiences ne sont pas encore enracinées.

Une décision absurde que les salariés du réseau ne comprennent pas et vivent douloureusement. Comme si on voulait souligner par là même leur inutilité quand leurs collègues de l’antenne nationale, information et programmes confondus, continuent de leur côté de travailler quasi normalement. Une iniquité de traitement qui creuse encore plus profond le sillon de la défiance, déjà bien tracé par la différence de moyens de plus en plus outrancière.

Une situation d’autant plus Orwellienne à leurs yeux et à ceux des élus que nous sommes, que les formations planifiées de longue date se tiennent, réunissant dans une même salle, parfois petite, plus de personnes qu’il n’est autorisé, par exemple, pour une conférence de rédaction ou une réunion d’antenne.

Sauf bien sûr à ce que, grâce à cet excès de prudence mal venu et à deux vitesses, la direction du réseau en profite pour faire de nouvelles économies, en ne remplaçant pas les journalistes et les techniciens en formation. Et en planifiant les RTT employeur.

Et ce n’est pas l’annonce cacophonique lundi de la reprise progressive des JT d’antenne qui va atténuer le désarroi ressenti par le personnel.

Autre sentiment d’inutilité : celui qui se dégage du bilan de l’avancée du projet numérique comme de celui des nouveaux JT. Malgré des chiffres impressionnants avancés par la direction du réseau sur le nombre de personnes impliquées, il s’agit pour la plus grande part ou de la totalité d’encadrants. Peu ou pas de journalistes de terrain, vous savez les « reporters », de journalistes web ou de techniciens notamment ceux qui concourent tous les jours à la fabrication de l’information. En matière de sécheresse, là c’est carrément le désert !

Ce n’est pas avec cette absence, avec ce manque de considération, dont vous prétendiez prendre le contrepied, que vous entrainerez les salariés dans des projets stratégiques, décidés au-dessus de leurs têtes.

Quant à l’arrêt des économies subies par le réseau régional, là encore la tournée n’est pas générale. Plusieurs régions vont demeurer dans l’abstinence les vacances prochaines et l’été, et encore bien au-delà de cette année qui commence. Une petite rasade de JT communs pour compenser le manque de moyens.

Alors oui, en guise de vœux pour cette année 2022, que nous souhaitons la meilleure et la moins sobre possibles à toutes et à tous, nous espérons surtout que la direction aura pris de meilleures résolutions. Pour que chacun se sente vraiment un maillon indispensable de cette entreprise et dans le réseau France 3 en particulier.

En visioconférence, le 19 janvier 2022

Liminaire SNJ au CSE du réseau régional des 7 et 8 décembre 2021

Bientôt les vœux, mais où sont les cadeaux ?

En cette fin de mandat qui se dessine, les élus SNJ du CSE réseau souhaitent vous adresser un message.
Un message en forme de carte de vœux avant l’heure.
Nous vous présentons 4 souhaits très précis afin de rejoindre votre volonté d’un dialogue social apaisé et constructif.
Nous demandons la fin des postures des directions qui déstabilisent les salariés au lieu de les rassurer.
Abandonnez les projets mal engagés et les pseudo- expérimentations qui n’ont pour but que de casser les métiers au nom de prétendues évolutions technologiques .
Engagez plutôt un vrai développement des programmes régionaux sans déshabiller les moyens des cases d’information.
Enfin, nous souhaitons que vous parveniez à redresser les audiences des antennes qui, à force de faire des économies, n’ont plus les marges nécessaires pour lancer de nouveaux projets.
Nous le répétons inlassablement :
La régionalisation ne doit pas se faire sans moyens dédiés.
Si elle doit se faire, c’est en respectant chaque métier et non en déconstruisant nos savoir-faire, que vous pourrez embarquer toutes les équipes derrière vous.
Nous l’avons assez martelé dans cette instance et ailleurs : depuis plus d’une décennie, le réseau a déjà payé un lourd tribut aux suppressions de postes toujours plus nombreuses à France télévisions, et cela ne peut pas continuer ainsi.
Alors nos questions sont simples :
A l’heure du développement régional, les arbitrages budgétaires seront-ils favorables pour une fois au réseau France 3 ?
Vous vous êtes engagés à défendre auprès de la présidence notre avenir régional, alors :
Avez vous été entendu ?
Et puis, allez-vous respecter l’obligation de sécurité et de santé des salariés qui vous incombe ?
Ce n’est pas en option dans le pilotage du réseau et c’est même un défi majeur qu’il vous faut relever d’urgence sous peine d’aggraver la souffrance au travail.
L’avenir du réseau régional et de notre chaîne France 3 est en jeu.
C’est notre bien commun et il convient d’arrêter de le malmener et d’inquiéter des salariés qui, parfois, ne se reconnaissent plus dans un réseau agité par des vents contraires ou balloté au gré des caprices politiques.
Alors M. Martinetti, le cap sera-t-il bon en 2022 ?
Sans vous prendre pour le père Noël, nous espérons que les cadeaux au pied du sapin seront enfin à la hauteur de nos bons vœux pour une régionalisation réussie.

Paris, le 7 décembre 2021

Liminaire CSE Réseau F3 – « Ateliers bla bla etc… »

Il y a deux semaines, quelques heures après l’annonce par Roselyne Bachelot aux parlementaires de la création d’une offre numérique commune, la communication du réseau régional envoyait à l’ensemble des salariés un bien curieux message …….

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Déclaration liminaire des élus SNJ au CSE réseau régional des 28 et 29 septembre 2021

LE CHANGEMENT, C’EST POUR QUAND ?

(EPISODE 2 / SAISON 1)

Il y a tout juste un mois, Monsieur Martinetti, vous avez répondu aux différents liminaires des élus lors du CSE d’Aout en présentant votre feuille de route.
Vous vouliez replacer l’humain au cœur des évolutions technologiques, aller au bout des choses en matière de santé, et instaurer un dialogue social renouvelé, apaisé, constructif…
Un mois plus tard que constatons-nous ?

Le projet de Régionalisation continue sa marche de bulldozer.

On nous parle de tester l’automate à Strasbourg pour nous faire avaler une pilule grossière sans ériger le moindre garde fous pour les salariés.
Cette nouvelle expérimentation sous forme d’une plateforme de test c’est justement ce que l’inspecteur du travail de Rouen avait dénoncé en son temps.

M. Dagognet a beau faire de jolis moulinets pour nous annoncer sa transformation régionale, nous constatons qu’aucun moyen sérieux de financement n’est mis en œuvre et que la seule nouveauté consiste à faire revenir par la fenêtre une régie automatisée dont l’expérimentation à Rouen fut un échec cuisant pour cette même direction.

Au sujet des évolutions numériques, la direction ne s’appuie que sur les demandes d’internautes sondés et non pas sur une réflexion éditoriale des rédactions régionales.

Un travail mené lors d’ateliers principalement fréquentés par des rédacteurs en chef et des pilotes web. Une réforme télécommandée en somme, bien au-dessus de la direction du réseau.

Où est donc le changement ?

En matière de santé, la direction a multiplié les bonnes paroles et les jolies intentions : management participatif, bienveillance, accord santé et bien-être au travail. Pourtant, depuis deux ans, malgré de multiples alertes, pas de réponse de la direction sur les dérives autoritaires et claniques d’un rédacteur en chef.

Dérives confirmées et étayées dans l’expertise diligentée par le CSE sur l’antenne de Montpellier.

Une expertise édifiante par le nombre de salariés concernés, par la gravité des atteintes individuelles et par la durée de « déviances managériales régulières  ».Un manager autocratique qui est toujours présent dans l’encadrement de la rédaction de Montpellier.

Est-ce cela aller au fond des choses ? Est-ce cela instaurer un dialogue apaisé et constructif ?

Aujourd’hui, votre responsabilité est donc grande face à ces manquements à la sécurité et à la santé des salariés de la part de l’employeur.

Des décisions rapides sont nécessaires, le collectif de travail les attend. Elles seront scrutées de près par les salariés et par leurs élus.

Quant au traitement de la crise sanitaire, il est toujours aussi lent : nos journaux télévisés continuent de faire des reportages vantant les mérites des capteurs de CO2 ou les purificateurs d’air, indispensables en matière de détection et d’assainissement des espaces de vie au travail.

Mais à France télévisions, la direction attend toujours de voir s’il existe de meilleurs capteurs que les modèles chinois jugés peu fiables. S’ajoutera à cela le temps nécessaire à un futur appel d’offre. Un temps de réaction totalement en décalage avec l’urgence sanitaire.

Dans la même idée, les nouveaux bâtiments à Pau, comme récemment à Tours, n’ont fait l’objet d’aucune réflexion posée ni même d’un débat éclairé sur les espaces de travail partagés en temps de pandémie.

Et contrairement à de grandes entreprises, France TV continue de gérer l’immobilier comme si la Covid-19 n’avait jamais existé.

A France 3 , la tête du réseau a changé mais les vieilles méthodes perdurent.

Alors… le changement, c’est pour quand exactement ?•

Paris, le 28 septembre 2021