Et si on arrêtait de faire le trottoir ?

Une épidémie de micros-trottoirs fait des ravages à France 3 Paris IDF : chaque conférence de presse, annonce du gouvernement, déclaration de la mairie de Paris ou polémique (souvent imaginaire) donne lieu – c’est devenu systématique – à des sorties en reportage pour ce que l’on nomme aussi parfois « vox pop ». Eh oui le latin c’est tellement plus chic !

Nos équipes arpentent les marchés de Paris et parfois de banlieue, les rues et les sorties du métro pour des sujets dignes du café du commerce ou de la brève de comptoir. Confinement ? Re-confinement ? Dé-confinement ? Couvre-feu ? Ecole à l’extérieur ?

Le micro-trottoir, tellement plus facile que de réfléchir, anticiper et caler des interlocuteurs à l’expertise plus développée. Vite fait, bien (ou mal) fait, le reportage sera disponible dans l’heure, et la case covid remplie.

Dernière lubie en date de notre encadrement : détourner un beau matin une équipe de bureau excentré, annuler le tournage envisagé, pour l’envoyer dans un autre département tourner un… micro-trottoir (!), à quarante minutes de trajet. Le but, compléter un autre… micro-trottoir (!) en cours de tournage sur un marché d’un 3ème département !

Non seulement ce degré zéro du journalisme n’est pas digne du service public, mais il ne parvient pas à masquer l’indigence de la ligne éditoriale en vigueur depuis des mois dans notre rédaction. Il est temps de (re)faire confiance aux équipes, notamment celles des bureaux excentrés et à leur travail de terrain ! 

Cela passe bien évidemment par un débat éditorial ouvert mais aussi par le remplacement des absences, spécifiquement dans les BEX, quand les titulaires sont en formation longue durée. Sur les terrains sensibles, comme la Seine Saint Denis, il est inacceptable d’avoir des journées sans équipe (alors que le bureau compte 4 personnes), et pas acceptable non plus d’envoyer des remplaçants qui changent trop souvent et qui ne connaissent pas toujours le terrain.

Quand notre encadrement nous pousse sur le trottoir, c’est notre déontologie qu’elle met au caniveau.

Paris, le 10 mars 2021

CSE Réseau France 3 des 26-27 novembre et 4 décembre 2020 : notre compte-rendu

EN MODE CONFINEMENT, UN CSE TOUJOURS SOUS TENSION

Décidément le CSE du réseau régional France 3 vit un automne bien compliqué. Le nouveau président de l’instance, François Desnoyers, a pris ses fonctions mi-octobre mais il semble avoir un peu de mal à prendre la main sur une instance marquée jusque-là par une grande instabilité directoriale.

Les élus veulent parler de sujets généraux comme la régionalisation ou les nouvelles tranches d’information qui débutent dans à peine six semaines, mais la direction n’est pas disposée à argumenter sur le fond et elle  fait reporter ces sujets aux CSE de janvier ou février !

Des élus abordent des sujets plus concrets, comme les conditions de travail par temps de confinement hivernal… et ils se font vertement rembarrés par un DRH très nerveux ! Ce ne serait ni le moment ni l’instance pour en parler, alors que les directeurs régionaux renvoient sans cesse les questions des représentants de proximité vers le CSE !

Tour à tour étonné ou agacé par nos questions, notamment sur les moyens du futur 18h30, le nouveau directeur du réseau, malgré plus de douze heures d’échanges, n’a pas pu vraiment répondre à nos questions pourtant très diverses . Et résultat : plus de la moitié des points prévus à l’ordre du jour ont dû être reportés.

Nouveau système d’information des rédactions (NRCS) à France 3 Paris Ile-de-France.

Le NRCS se veut l’articulation de deux logiciels Newsboard et Open Média qui vont à terme remplacer Gilda au national, Mona Lisa dans les régions, inews pour les rédactions d’outre-mer, et Dalet à France Info.

Le déploiement de ces nouveaux systèmes se fera jusque fin 2023 dans le réseau régional, mais l’urgence du moment c’est F3 Paris-Ile-de-France.

Intégrées dans les outils techniques du siège, la rédaction et les équipes techniques d’IDF doivent adopter au plus vite les systèmes qui se déploient pour la rédaction nationale. D’où la consultation en urgence de notre instance.

Le responsable des équipes techniques au siège, porteur du projet informatique, se veut très rassurant. « Il n’y aura aucun impact direct sur les métiers et les pratiques… du moins dans l’immédiat », précise Romuald Rat. Pour autant, les élus n’ont pas voulu donner carte blanche à la direction sur les déploiements de ces nouveaux logiciels. Pour plus d’efficacité, ils ont simplement élargi la mission d’expertise donnée par le CSE central au cabinet Secafi, et ont chargé les experts de ce cabinet de nous donner un éclairage particulier sur ses conséquences sur l’emploi et les métiers pour tous les actuels et anciens personnels d’IDF.

Charte de téléphonie pour le projet “Un smartphone pour tous”

Au détour de ce projet de charte, les élus SNJ ont dénoncé le risque d’une atteinte au principe de la protection des sources. Si nous avons obtenu quelques promesses de modification, ces compléments sont très succincts et ne règlent pas deux problèmes essentiels à nos yeux :

  • comment fournir aux personnels non permanents, notamment aux CDD « longues collaborations », des téléphones devenus indispensables à l’exercice de nos métiers ?
  • comment protéger réellement les sources des journalistes qui nous semblent potentiellement menacées à travers ce projet de charte ?

Nous avons finalement participé à l’expression unanime des élus et organisations syndicales sur ce sujet, tout en réitérant notre demande de négociation d’un accord syndicats/direction pour mieux protéger les sources et les données des journalistes. Face à nos arguments, le directeur du réseau a bien concédé qu’à son avis « il y a là un vrai sujet. Je ne peux mengager sur louverture dune négociation mais je mengage à porter la demande de négociation sur le sujet de la protection des sources des journalistes. »

Nous vérifierons très vite si cet engagement est tenu et si ce n’est pas le cas, le SNJ entamera toutes les démarches nécessaires pour protéger les journalistes dans l’exercice de leur métier.

Compte rendu de la commission Antennes numériques et linéaires, et de l’information régionale et locale du 24 novembre 2020

A l’occasion de ce compte rendu de cette commission « Antennes », nous aurions bien voulu faire le point sur les projets des rédactions régionales pour le nouveau 18h30… mais selon le directeur du réseau, « c’est trop tôt ». Un mois et demi avant la mise en place les différents directeurs ont été incapables de nous parler concrètement de ce projet ! Chaque région devra avoir écrit le contenu de son projet au 15 décembre.

Si le directeur du réseau a repoussé le démarrage de cette tranche d’infos au 25 janvier, il précise : « Mais ce 18h30 nest pas du tout représentatif de la logique de régionalisation que je veux mettre en œuvre lan prochain. »

François Desnoyers affirme qu’il faut inventer de nouvelles méthodes mais ne dit pas lesquelles. Et il agite de possibles menaces sur le service public de télévision s’il n’est pas au rendez-vous de la régionalisation. « Mon projet, je vous le présenterai fin janvier, au plus tard mi-février ! » Difficile d’en savoir plus.

La principale contrainte pour tout le monde, c’est l’absence de moyens financiers spécifiques pour ces nouveaux créneaux, contrairement à ce qui nous avait été annoncé à la fin de l’été. Il faudrait donc faire plus d’antenne sans récupérer les moyens alloués jusque-là aux programmes du national dans la même case de programme ! Une consigne assumée par François Desnoyers :

« Dans le réseau, on va donc continuer nos projets mais en lissant [c’est-à-dire en reportant] le déploiement des France Bleu sur France 3 et on va éviter de prendre de largent dans la poche des programmes. Et leffort d’économies du réseau régional ne devrait plus être aussi haut.  »

Quant aux UTS (unités de tournage avec smartphone), présentées comme une solution pour Germain Dagognet, directeur du projet de régionalisation, « ce n’est pas une fin en soi », pour Valérie Giacomello, directrice de l’information régionale. Pour l’un, cet outil s’impose aujourd’hui, pour l’autre, les UTS ne doivent pas représenter une obligation… juste un outil au service d’un mode de narration. 

Bilan de l’emploi au premier semestre 2020

Le DRH, Olivier Godard, s’est montré peu bavard et souvent très tendu lorsque des précisions lui ont été demandées. Les élus du CSE ont pu constater qu’il y a en la matière de vrais problèmes dans la gestion RH des quelques 3000 salariés du réseau.

Le réseau régional perd de l’emploi permanent de façon importante – 94  PTA et – 42 journalistes sur un an. Ce n’est pas nouveau et ça fait mal à l’heure où le projet de la régionalisation devrait au minimum conduire à maintenir les effectifs. Seul lot de consolation, il y a un léger rééquilibrage avec plus de femmes présentes parmi les journalistes.

-10 postes en AURA, = en BFC, – 4  en Bretagne, = en Centre Val-de-Loire, – 7 pour Grand Est, – 8 en Hauts de France, – 2 en Normandie, – 12 en Nouvelle Aquitaine, – 10 en Occitanie, – 60 pour PIDF mais attention transfert de salariés PTA dans les effectifs du siège, – 3 en Pays-de-la-Loire, – 13 en PACA, – 10 pour les services centraux du réseau. Y compris DRH, qui conserve plus de 90 postes.

Sans compter une perte d’effectifs de 27 postes pour la Fabrique.

Le plus dur à encaisser c’est que cette perte de postes de permanents s’accompagne d’une réduction très forte des CDD et intermittents : au global – 72,3 ETP (équivalent temps plein) pour les PTA, et – 21 ETP de journalistes. Et par région AURA – 6,9, BFC – 4,2, Centre-Val-de-Loire – 6,4, Grand Est – 9,5, Hauts de France – 14,1, Normandie – 5,3, Nouvelle Aquitaine – 10,5, Occitanie – 14,1, Paries-Ile-de-France – 17,1, Pays de la Loire – 1,8, PACA – 4,9.

A noter que ces réductions d’ETP concernent très majoritairement les PTA, sauf en Nouvelle Aquitaine et en Occitanie. Cette dernière région est même la seule où la réduction d’ETP CDD concerne majoritairement les journalistes.

La commission a également souhaité faire un focus avec beaucoup d’interrogations sur l’organisation du service RH du réseau ce qui a, à nouveau, passablement agacé son directeur. Le DRH Réseau s’est contenté de renvoyer à la présentation prévue en CSE central d’une nouvelle organisation de la RH de France Télévisions.

Les grandes lignes du plan de formation

Côté plan de développement des compétences, les élus de la commission ont souligné l’absence de présentation des orientations du projet stratégique de formation, ce qui a conduit le DRH Réseau à présenter le projet de plan 2021 comme un outil se construisant et s’adaptant en permanence, « au fil de l’eau ». Les élus ont reconnu la nécessité de s’adapter à ces circonstances exceptionnelles comme les épisodes de confinement et la crise sanitaire, mais ils ont estimé que cela n’exonérait pas la direction de présenter ses véritables intentions de formation et également de distinguer entre les formations obligatoires et non obligatoires.

Là encore, malgré la volonté de dialogue affichée par le Président de la commission, les élus qui y siègent ont du faire leur travail d’analyse avec des informations incomplètes ou mal mises en forme. Sans nier l’effort global de formation réalisé par FTV, les élus ont pointé ces carences importantes dans la présentation qui leur en a été faite.

Santé au travail : compte rendu des CSSCT extraordinaires du 23 novembre 2020 et du 1er décembre 2020.

Les points « Santé, sécurité et conditions de travail » ont donné lieu encore une fois à des échanges très tendus.

A la demande de la direction, les élus devaient en urgence donner leur avis sur les 23 Papripact (programme annuel de prévention des risques). Mais ni les membres de la commission SSCT ni les élus du CSE n’ont eu connaissance de ces documents suffisamment en avance pour rendre un avis motivé et éclairé. D’où une résolution très critique votée à l’unanimité des élus, par laquelle ils demandent au CSE central de rendre un avis négatif sur la politique de prévention des risques à FTV.

Puis la rapporteuse de la CSSCT a poursuivi la lecture des comptes rendus par le rapport d’enquête pour danger grave et imminent concernant une salariée de Grenoble détachée au siège. Cette enquête menée conjointement par une élue et une RRH représentant la direction a listé un certain nombre de préconisations très concrètes, dont certaines n’ont pas encore été réalisées. 

Mais déstabilisé par cette présentation, le DRH du réseau a souhaité y mettre un terme brutalement. Après discussion, il a été décidé de remettre à la CSSCT du 9 décembre les échanges sur ce rapport d’enquête et que la question reviendrait de façon plus synthétique au CSE des 17 et 18 décembre. Une décision prise après des échanges assez houleux, le DRH prenant à partie nommément certains élus et les accusant de mettre de l’huile sur le feu.

Des propos clairement menaçants auxquels le président a mis un terme en levant la séance. La suite du rapport de la CSSCT aura donc lieu au prochain CSE, avec encore des gros dossiers suite aux expertises ou enquêtes menées dans les antennes de Côte d’Azur et de Lorraine.

Prochain CSE, en visioconférence les 17 et 18 décembre 2020

Vos élus et représentants syndicaux SNJ :

Jean-Manuel Bertrand, Myriam Figureau, François Ollier, Hervé Colosio et François Latour

Massacre à la tronçonneuse

Depuis maintenant quelques jours, les éditions de France 3 Paris IDF subissent des décrochages en plein JT, 6 coupures en 4 semaines dont 3 d’affilée lundi, mardi et mercredi, c’est inadmissible. La cyber-attaque semble hors de cause, à moins qu’elle n’ait ciblé que Paris IDF, puisque seules nos éditions sont touchées…

C’est le travail de toute une rédaction qui est dégradé, c’est l’image de l’édition régionale qui est abimée, c’est le moral des journalistes et de leurs encadrants qui est en berne.

Malgré les mails de notre direction, les échanges téléphoniques, rien n’y fait, depuis samedi dernier nous subissons des décrochages intempestifs sur l’édition des initiatives.

Antenne coupée pendant plusieurs dizaines de secondes, et jusqu’à 3 minutes lundi dernier, puis retour plateau en plein milieu d’un autre sujet. Démarrage du JT sur les initiatives et raccrochage sur le JT Régional, tout cela sans prévenir la présentatrice pour qui le journal se déroule normalement…

Même au moment de notre arrivée au siège nous n’avons subi de tels ratés, le gâchis en quelques jours est palpable. Travailler toute une journée, voire plusieurs semaines comme pour l’émission spéciale élections de lundi dernier et assister jours après jours, sans pouvoir intervenir, à la Bérézina de nos éditions est un crève-cœur ; tous les ingrédients sont là pour démotiver une rédaction.

Alors que nous partageons le plateau et la régie avec l’édition nationale, nous sommes les seuls à subir ces dysfonctionnements à la diffusion. Nous ouvrons la tranche d’information de France 3, nous ne sommes pas pour autant l’exercice d’échauffement des éditions nationales.

Peut-on imaginer de telles coupures à répétitions dans les éditions nationales de France télévisions sans une réaction de la présidence ? Le fait que ce soit les JT régionaux de Paris IDF qui les subissent ne semble pas la déranger.

Avant notre arrivée au siège, on nous avait assuré que passer d’un système régional intégrant diffusion et fabrication à une relation client/fournisseur allait être à notre bénéfice. Huit mois après, on voit que le fournisseur a tendance à privilégier les anciens clients au détriment du petit nouveau.

Les problèmes techniques cela arrive, techniciens et journalistes les résolvent quotidiennement, mais la récurrence de ces décrochages intempestifs frise la maltraitance. Cela ne peut durer, le SNJ n’admet pas et n’admettra jamais que le travail de toute une rédaction soit ainsi détérioré.

Paris, le 2 juillet 2020

Chronique d’un sabordage* annoncé

DEMENAGEMENT DE VANVES

On nous avait promis au pire les mêmes conditions de travail qu’à Vanves, au mieux une amélioration… Après 4 jours dans la maison FTV le bilan est pathétique.

Alors que nous sommes encore en période de vacances, et que nos JT font 7 minutes de moins en diffusant l’édition de comblement « Initiatives locales », nous arrivons à peine à sortir une édition équivalente à celle que nous réalisions à Vanves, sans compter l’usure des personnels, encadrants compris, qui s’échinent jour après jour après des processus de fabrication inadaptés à notre mode de fonctionnement.

Un état des lieux accablant malgré les enseignements des JT blancs

Perte de temps pour partir en reportage : à Vanves 5mn, ici de 25 à 30 minutes en raison de la perte de temps au magasin et de l’emplacement non ciblé des véhicules de France 3 PIF. Les équipes parcourent les 2 parkings -1 et -2 à la recherche de leur voiture.

– Ingest : les rushes n’arrivent pas systématiquement dans le bon clipbin. Rédacteurs et monteurs perdent souvent une demi-heure à chercher leurs rushes.

Perte de droits inexpliqués dans certaines salles de montage : les monteurs ne peuvent plus ouvrir leur session montage.

Droits retirés à IDF pour accéder au dossier politique et sport (F2/F3/France Info y ont accès). Obligation pour nous donc de passer par le PC Info, ne serait-ce que pour accéder à l’audition du préfet de police de Paris à l’Assemblée Nationale (encore une perte de temps).

– Envoi des rushes par les 4 Bureaux d’Information de proximité qui prend trois fois plus de temps que lorsque nous étions à Vanves. Dernièrement record battu : plus de 3 heures entre l’envoi depuis Cergy et la réception au PC info pour 25 mn de rushes ! A vélo, cela aurait été plus rapide !

Pas d’imprimante sur le plateau du JT, impossible pour la présentatrice d’imprimer des dépêches en cas de breaking news.

Impossibilité depuis le 25/10 d’ouvrir nos sessions au montage. Or de nombreux rédacteurs travaillent simultanément sur plusieurs sujets et ont besoin de leur session pour caler et/ou écrire, notamment quand ils montent toute la journée. Idem pour les desks souvent débutés en rédaction pendant que la doc cherche les archives et poursuivis en montage. Gilda ne permet pas cela.

Pas d’imprimante directe à proximité des montages IDF. Demande faite il y a plus de 10 jours par les formateurs. Le 30/10, un sujet a failli ne pas être diffusé, la journaliste lance l’impression de son commentaire depuis le montage pour faire une cabine, 1er photocopieur HS, 2eme OK mais elle n’avait pas son badge sur elle, le formateur a dû piquer un sprint de 200 mètres pour imprimer.

– Personne n’a expliqué aux journalistes où se trouvait la cabine et comment elle fonctionnait (à Vanves c’est la régie son qui ouvrait le micro cabine, ici c’est au journaliste d’appuyer sur le bon bouton -il y en a 10- au bon moment).

Iredac toujours absent sur nos téléphones

L’édition est en surchauffe : nous devons nous conformer au processus de fabrication du siège, qui a 2 personnes dédiées à l’édition par JT. France 3 IDF, c’est 1 chef d’édition par JT avec la même charge de travail que les JT nationaux…

– Pour les programmes de France 3 PIF, l’émission Panam qui se montait à Vanves en 5 jours avec des heures supplémentaires (50 heures de travail sur 5 jours). Ici les monteurs viennent d’apprendre qu’ils auront 4 jours ½ pour effectuer le même travail !

Suppression d’1 salle de montage par rapport à Vanves : 10 contre 11. Résultat : des montages déprogrammés alors que les journalistes sont planifiés…

Toutes ces pertes de temps cumulées font que les personnels de France 3 Paris Ile-de-France passent 60% de leur temps à régler des problèmes techniques au lieu de se concentrer sur leur cœur de métier. Alors que nos éditions sont diffusées ½ heure avant celles du national !

La présidence, relayée par les différentes directions concernées (Siège, fabrication de l’info, chef de centre Vanves, RH), avait assuré au personnel que ce déménagement ne changerait rien quant à l’autonomie, à l’indépendance, aux moyens mis à disposition, à la productivité (info + programme), c’est tout le contraire !

Dans les faits nous devons coller aux méthodes de fabrication du siège, mais sans les personnels affectés à ces méthodes. On produisait plus et mieux à Vanves avec les moyens limités qui étaient les nôtres.

Certes les locaux sont jolis, le mobilier moderne, l’accueil chaleureux. Rien ne manque donc à l’enterrement de 1ère classe de France 3 Paris Ile-de-France, concocté par la direction de FTV. En effet, l’impression générale du personnel est que tout a été sciemment fait à l’envers, alors que les instances et le comité de suivi du déménagement tirent la sonnette d’alarme depuis des mois. RIEN N’A ÉTÉ FAIT.

L’antenne de France 3 Paris Ile-de-France et ses salariés (amputés de la moitié) sont en train de couler et en guise de bouée, une enclume leur est lancée.

Vu cette situation de péril, vu l’épuisement des personnels et les dégâts psychosociaux d’ores et déjà constatés après seulement 4 jours d’édition à MFTV, le SNJ ne laissera pas mourir l’antenne régionale de France 3 Paris Ile-de-France sans réagir.

Paris, le 31 octobre 2019

* Le sabordage est un terme de marine désignant le fait de couler volontairement un bateau par l’équipage ou un membre de l’équipage sans que les autres le sachent lorsqu’il est mandaté par l’armateur pour toucher l’assurance qui le couvre qui le contrôle et consiste à créer une ou plusieurs voies d’eau

‘un sabordage annoncé

Pour une poignée de minutes

JT en danger, personnels en souffrance

Retour de vacances difficile pour les personnels de France 3 Paris Ile-de-France : en quelques jours le rallongement des éditions du matin et du soir les a déjà mis à genoux. Dans la région capitale, toujours en avance sur son temps, fini le : « faire plus à moyen constant », la nouveauté c’est plus avec moins, beaucoup moins…

Avec un conducteur du journal de midi de 3 pages et 2 monteurs en moins, la direction tente à coup de marteau sur ses salariés de faire entrer un rond dans un carré. Avant les vacances, nous faisions déjà l’impasse, faute de moyens, sur des sujets, pourtant incontournables ; nous en sommes réduits à déshabiller le 12/13 et le 19/20 pour habiller ces 14 minutes supplémentaires.

Comme nous n’avons plus de moyens pour faire du reportage dans nos JT régionaux, on cherche tous les jours des invités plateau pour combler le manque… déshabiller les JT de leurs oripeaux pour laisser tout le monde en guenilles, une grande spécialité de notre DR.

Alors que d’autres régions ont tout simplement jeté l’éponge, notre direction régionale, toujours prête à jouer les gros bras, décide de mettre ses équipes au pied du mur, ou plutôt au bord du gouffre ! Le tout réalisé dans une improvisation technique et éditoriale remarquable.

Et ce alors que nos installations techniques, provisoires depuis 3 ans, n’en finissent plus d’agoniser… Les insuffisances et les bugs récurrents de notre station nous donnent le sentiment de revenir aux pires heures de notre retour post-incendie.

Le résultat ne s’est pas fait attendre : une fabrication chaotique et épuisante pour tous et tout particulièrement des monteurs surchargés, pour la plupart en souffrance aiguë après à peine 3 semaines de ce nouveau régime… Et pour notre direction, pourtant alertée par de multiples canaux, pas de surcharge de travail, pas de problème, circulez il n’y a rien à voir !

Alors histoire de charger encore un peu plus l’esquif déjà bien lourd, 2 journées d’éditions spéciales en extérieur les 21 septembre et 10 octobre, ainsi qu’une édition spéciale gilets jaunes de 52’ début novembre, à peine une semaine après la fusion-absorption prévue à la maison de France Télévisions !

Une fusion qui implique un changement complet de workflow pour les personnels, l’apprentissage de nouveaux savoirs et de nouvelles procédures, des JT à blanc à réaliser…

Un Big Bang qui mettra également en danger la rédaction nationale de France 3, puisque nous partagerons le même plateau ainsi que la régie. Nos confrères et consœurs devront préparer leur édition 1/2 heure plus tôt, ce qui ne risque pas d’améliorer la réactivité face à l’actualité.

Ultime phase de ce qui ressemble furieusement à une opération de déstabilisation : le départ précipité du rédacteur en chef, en plein déménagement, suivi de son remplacement par un adjoint et des JRI qui viennent d’apprendre qu’ils n’auront plus de bureau affecté au siège, prémisses de leur intégration dans le pool image du siège.

Après l’absorption de la quasi intégralité des techniciens de France 3 Paris IDF par la Maison FTV, le personnel et donc le budget de la télévision régionale de la capitale se réduit comme peau de chagrin.

En novlangue, régionalisation se traduit donc par centralisation. A quelques mois des municipales, suppression du Soir 3, turnover des rédacteurs en chef, enterrement de 1ère classe de France 3 Paris IDF, choix des sujets qui se fait par les chefs avant la conférence de rédaction, tout est en place pour que le citoyen, bien informé, fasse le bon choix.

Alors, inconscience, frénésie destructrice, allégeance du service public ? Quelle que soit la réponse à cette question, la direction devra en assumer les conséquences.

En envoyant ses salariés dans le mur en toute connaissance de cause, elle ne fait qu’aggraver des risques psychosociaux déjà aigus, après le burn-out dû à la surcharge de travail, voici le brown-out, la perte de sens de nos métiers orchestré par la direction.

Il est temps de dire stop à cette spirale pathogène !

Vanves, le 23 septembre 2019

2019-09-23 VANVES Pour une poignée de minutes