Une rentrée particulière

Préalable des élus SNJ au CSE Siège des 15 & 16 septembre 2021

Des grands projets de la direction ces dernières années, certains ne retiennent que leur mise en place et leur évolution. Trop facile d’oublier les absences d’explications, les passages en force, les salariés abimés, et au bout du compte peu importe, parce qu’une idée chasse l’autre dans la tête de nos dirigeants ! La fusion des rédactions nationales, les multiples réformes des ressources humaines, les changements de pieds dans l’organisation de l’entreprise, un jour transversale un jour en silo et vice versa. Il y a de quoi donner le tournis…

Nous avons sans relâche dénoncé ces pertes de repères pour les salariés, ballotés par les nombreux mouvements hiérarchiques. En ligne de mire, les salariés des programmes affectés par le transfert de la gestion directe d’émissions vers France Télévisions Studio ! Comme le CSE Siège, le CSE Central vient de dire non au projet proposé par la présidence. Le SNJ s’oppose donc une fois de plus, clairement, au transfert des salariés. Ils doivent rester sous contrat France Télévisions SA.

Une revendication qui doit être entendue, comme doit l’être également ce que nous réclamons depuis des années à la rédaction nationale ! Les éditions ne doivent plus être les seules maîtres à bord. Il faut de toute urgence rééquilibrer les choses pour que l’éditorial reprenne ses droits et que les journalistes soient placés au cœur du dispositif. Cet engagement, pris par la nouvelle direction de l’information, doit se mettre rapidement en place, maintenant que le nouvel organigramme est installé. Nouveaux directeurs adjoints, nouveaux présentateurs, nouveaux rédacteurs-en-chef, nouveaux cadres dans les services…

Mais cela ne suffit pas. Nous ne sommes pas dupes ! Derrière tous ces changements, nous attendons un projet éditorial respectant les métiers, en particulier celui de journaliste.

De ce point de vue, les premières tendances qui émergent de cette rentrée sont loin d’être satisfaisantes. Un 13 heures ultra rubriqué transformant parfois les journalistes en guides touristiques, un 19/20 sans nouveau souffle, un 20 heures chantre du casting qui rend beaucoup de journalistes invisibles, et enfin un 12/13 fabriqué, parfois, avec les faibles moyens du bord… Il faut immédiatement renforcer les moyens alloués a l’élaboration des journaux à l’heure où des efforts semblent être consentis partout dans l’entreprise, sauf à l’information au quotidien.

A l’instar d’une direction qui préfère investir dans les bougies de France Info plutôt que dans le gâteau ! Se féliciter des 5 ans de la chaine est bien normal, mais ne rien faire pour régler les problèmes de la 27 pour la rendre encore plus performante est désolant ! Emploi, situation de certains salariés, organisation éditoriale… il y a encore beaucoup à faire pour que l’info s’éclaire vraiment et tout le temps.

Nos défis sont nombreux en cette année présidentielle, et au-delà des quelques émissions vitrines réservées à quelques-uns, comme d’habitude. La démocratie n’est pas un projet d’entreprise mais un enjeu de société ! A France Télévisions, afin de préserver le niveau d’exigence d’une information de service public digne de ce nom, soyons exemplaires, c’est notre seule mission !

Paris, le 15 septembre 2021

Un transfert au prix fort… pour les salariés !

Préalable du SNJ au CSE extraordinaire Siège du 3 septembre

Le monde du football vient de clore son « mercato ». Cette période de transhumance financière qui voit des joueurs changer de club, parfois à contrecœur, quand ils sont un enjeu économique loin des destinées sportives.
Certains de nos professionnels sont en train de vivre le même sort. Puisque la direction de France Télévisions veut les transférer sans leur aval à France TV Studio, ce sont les salariés qui vont le payer au prix fort.

Un simple transfert d’actifs, avec en prime plus de 80 salariés, et tout cela pour ne plus assurer la gestion directe d’émissions historiques : « Thalassa  », « Télématin », « Passage des Arts », «  Des Racines et des Ailes », « Des Chiffres et des Lettres » et « Faut pas Rêver » …

Ces programmes emblématiques du service public seront donc produits par la filiale France TV Studio, mais avec quelles garanties ? Le document qui décrit l’opération et que les élus ont pu consulter après la victoire en justice des instances, reste bien flou sur les conditions de ces transferts.

La pérennité des emplois n’est pas assurée, le recours prioritaire à la Fabrique pour la production des émissions n’est pas suffisamment étayé… On constate également une faille dans la démonstration. Il sera permis de faire appel à du personnel France Télévisions pour animer telle ou telle émission !

Alors pourquoi transférer des salariés qui pourraient tout à fait garder les contrats les liant à la maison mère ? Est-ce que les nouvelles têtes de pont de « Télématin » vont toutes être affiliées à France TV Studio même si elles travaillent pour d’autres émissions du groupe ?

Trop de questions sans réponse.
C’est la raison pour laquelle nous réitérons notre revendication première : les salariés concernés doivent conserver leurs contrats France Télévisions pour être totalement protégés, notamment d’un éventuel arrêt des émissions auxquelles ils collaborent.

La présidente fait un choix politique dangereux en transférant ces salariés. Notre vision du service public, telle que nous l’avions présentée devant le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, est fondée sur la nécessaire exemplarité dans la défense des salariés et des contenus.

Ce projet met clairement en péril l’égalité de traitement entre salariés ; comme un service public à deux vitesses, avec une seule variable d’ajustement : nous !

Paris, le 3 septembre 2021

Préalable CSE Siège – Pas de vacances pour nos revendications !

Nous entrons dans un moment charnière.

La fin de mandature des élus de ce Comité Social et Economique approche, mais nous entrons aussi, et surtout, dans une année d’élection présidentielle.

Et le moins que nous puissions dire, c’est que notre direction laisse tout le monde partir dans tous les sens. Une nouvelle émission politique sur France 2, une nouvelle émission politique sur France 5, chacun son hochet… comme d’habitude !

Mais alors que le directeur de l’information avance ses pions avec son projet « Démocratie », où allons-nous trouver l’ersatz d’un début de débat en interne pour évoquer l’échéance d’avril 2022 ? Allons-nous laisser privatiser ce débat démocratique par quelques présentateurs, quelques politologues, quelques pseudos débats (avec de « vrais gens » comme ils disent), pour arriver au bout du bout à gloser des heures et des heures sur le duel qu’on nous prédit partout et n’importe où ?

Le SNJ en appelle à la responsabilité de ceux qui nous dirigent pour organiser, en interne, une réflexion entre tous les acteurs de l’information impliqués par la présidentielle à venir. Et surtout qu’on ne nous oppose pas comme travail en cours, les fameux ateliers « Présilab » qui, entre autres, font appel à des influenceurs pour tenter de réfléchir à un meilleur traitement de la politique. Une caricature ! La politique dans toutes ses dimensions est une chose sérieuse.

Plus matériel que spirituel, évoquons maintenant la fameuse plateforme « HCorpo » qui, à la base, devait nous faciliter la tâche pour nos réservations d’hôtels et pour nos missions.

C’est pour l’instant, comme nous l’avons déjà dit en réunion de représentants de proximité, tout simplement ni fait ni à faire. Complexité générale du système, complexité pour réserver en même temps avec les autres membres de l’équipe quand la mission n’est pas complètement organisée, choix d’hôtels inadaptés par rapport aux lieux de certaines missions, opacité enfin sur le coût de cette plateforme pour France Télévisions. Nous avons plus l’impression d’enrichir un groupe hôtelier qu’autre chose. Pour nous c’est donc non !

Après nous avoir imposé la carte « Corporate », après nous avoir compliqué la vie avec « Concur », voilà la cerise sur le gâteau avec « HCorpo » ! Si la direction veut continuer à rendre l’organisation des missions toujours plus lourde et contraignante, si elle souhaite décourager les reporters, qu’elle continue ainsi.

Nous avons posé des questions à la direction concernée qui répondra par écrit pendant ce CSE, mais d’ores et déjà nous avons sollicité le secrétaire de l’instance pour qu’il négocie avec le président l’inscription d’un point sur « H Corpo » pour la réunion de septembre.

Quelques lignes de satisfaction maintenant. Sous le haut patronage des élus, le CSE Central et le CSE du Siège ont enregistré une première victoire dans le dossier du projet de transfert d’une centaine de salariés de France Télévisions vers France TV Studio. Un premier point marqué quant à la date de consultation des élus, repoussée de plusieurs mois, contrairement aux désirs de la direction.

Mais sur le fond le SNJ rappelle qu’il est opposé à ce transfert, toujours pas justifié selon nous. La gestion des émissions peut se faire avec France TV Studio, mais les salariés doivent rester liés par contrat à France Télévisions, et à 100% (lire ici le texte SNJ « Non au transfert forcé de nos collègues ! » : 2021 Préalable SNJ au CSE Central du 31 mars (snj-francetv.fr)

Un dernier mot en guise de rappel. Le mercato continue à la rédaction nationale. Certains continueront de cumuler, d’autres auront droit à des émissions ou des moyens supplémentaires. Et nous au quotidien, nous sommes pressés. Pressés de voir les services de la rédaction reprendre le pouvoir sur les éditions, pressés de voir certains encadrants sanctionnés pour leurs mauvais comportements managériaux, pressés d’assister à la remise en cause d’une fusion qui ne cesse de faire des dégâts humains, pressés enfin que nos diagnostics soient pleinement entendus, comme au service JRI par exemple.

Un certain nombre de dossiers individuels sont pris en compte par le nouveau directeur de la rédaction, c’est un fait. Mais notre patience a des limites … en septembre, il sera temps de demander des comptes à la nouvelle direction de l’information.

Nous ne nous laisserons pas endormir par les beaux discours ou par la « calinôthérapie ». Car nous l’avons bien compris, les projets de la direction pour nos rédactions se fondent sur le « reporter multitâche », qui devrait travailler non-stop pour toutes les rédactions du groupe, tout en montant lui-même ses sujets !

Cette vision low-cost de la télévision, avec une rédaction unique et des méthodes venues des chaînes d’info privées, nous ne la partageons pas. Elle menace les conditions de travail des journalistes et des techniciens, et elle réduit la diversité éditoriale de nos éditions d’information.

Paris, le 15 juillet 2021

La justice annule le licenciement du grand reporter Joseph Tual

Ce vendredi 18 juin 2021,le conseil des prud’hommes de Paris a donc annulé le licenciement de notre confrère Joseph Tual.

Ce grand reporter, figure de la rédaction nationale de France 3, avait été mis à la porte en 2018, après plus de trente ans passés dans les rédactions du service public, et alors même qu’il luttait contre une grave maladie.
Ce licenciement était totalement disproportionné au regard des faits allégués. La direction reprochait notamment à Joseph Tual d’avoir relayé et commenté sur les réseaux sociaux des textes d’organisations (syndicats, SDJ…) critiques à l’égard des patrons de l’Information de France Télévisions.
Les syndicats SNJ et SNJ-CGT étaient justement intervenants volontaires dans cette procédure, en soutien de notre confrère. Le conseil des prud’hommes a jugé notre intervention syndicale recevable, au titre du « préjudice causé à la profession de journaliste ».

La direction a quelques semaines pour faire appel de cette décision de justice, dont les motivations précises doivent être communiquées d’ici quelques jours. Nous y reviendrons très prochainement dans un nouveau texte.
Quoi qu’il en soit, nous sommes ravis pour Joseph Tual, dont la ténacité dans ce combat est une nouvelle fois exemplaire.
Le SNJ se félicite de cette décision du conseil des prud’hommes de Paris, qui a su entendre les arguments brillamment développés lors de l’audience par maître Joyce Ktorza. L’avocate, qui plaidait à la fois pour Joseph Tual et pour les syndicats de journalistes, a rappelé les faits (un grand reporter qui conteste des choix éditoriaux et le traitement de ses enquêtes) et le contexte (la fusion des rédactions nationales, la mise à l’écart de plusieurs professionnels reconnus, un management brutal infligé à de nombreux « anciens  »).

Méthode indigne contre un représentant du SNJ

Le SNJ déplore en revanche certains passages choquants de la plaidoirie de l’avocat mandaté par la direction, notamment ceux où l’honnêteté de plusieurs salariés de France Télévisions a été mise en cause.
L’un de nos délégués syndicaux, qui avait produit une attestation en faveur de Joseph Tual, a été particulièrement visé. Selon l’avocat de la direction, ce confrère ne serait là que pour « instrumentaliser » la procédure afin de servir ses propres intérêts ! Devant la justice prud’homale, il est expliqué que cet élu du personnel ne peut pas être de bonne foi, puisqu’il a été « candidat à la présidence de France Télévisions »  !

Au-delà de l’aspect grotesque de cette allégation, il est honteux de voir une direction, par l’intermédiaire d’un avocat, agir ainsi contre l’un des nôtres, délégué SNJ régulièrement élu par les salariés !
Avoir porté devant le CSA un projet différent de celui de la présidente était parfaitement légitime, et ne discrédite en rien l’action sincère d’un représentant du personnel !
Nous exigeons que la direction cesse d’employer des méthodes indignes qui ne servent aucune cause valable et ne font qu’abîmer les relations sociales au sein de notre entreprise.

Paris, le 21 juin 2021

Soutien aux éclairagistes et électriciens de plateaux en grève

Le SNJ l’a dit devant les élus du Comité Social et Economique du siège, il soutient avec force le mouvement de grève des éclairagistes et des électriciens de plateaux. Un mouvement qui a débuté aujourd’hui.
Il fait suite à l’avis négatif rendu à l’unanimité des élus et syndicats du CSE sur le projet d’évolution du système d’éclairage des plateaux du siège.

Un projet destructeur pour l’emploi, les conditions de travail, et qui fait fi des conditions de sécurité déplorables des installations électriques révélées par l’expertise du CSE.

Au regard d’une direction qui a choisi l’épreuve de force et le conflit social, le Syndicat National des Journalistes réitère son soutien aux salariés concernés et demande à la direction de reprendre la négociation.

Nous appelons nos adhérents et sympathisants à rejoindre le mouvement pour lui donner un peu plus d’ampleur encore.

Paris, le 14 juin 2021

CSE Siège des 9 et 10 juin : préalable du SNJ

LE RETOUR DU FACE A FACE

Il ne faut jamais se priver de célébrer une bonne nouvelle ! Et retrouver un CSE dans cette salle du conseil en est une…

Espérons que cela soit le signe durable d’un retour à une démocratie sociale réelle, loin des ersatz du virtuel et du distanciel, sans oublier ceux qui s’inquiètent du retour dans l’entreprise, après tous ces mois de travail à domicile imposé.

Pour autant, tout au long de cette période, nos élus ont fait leur travail, celui pour lequel ils sont mandatés par le suffrage des salariés.

Car oui, nous sommes élus, pas désignés, pas nommés, pas parachutés de cabinets ministériels, ou sortis des coulisses du pouvoir politique ou économique. Nous sommes les défenseurs du Service Public et de l’intérêt collectif. C’est pourquoi, nous réaffirmons ici notre opposition au transfert des salariés de France Télévisions vers France Télévisions studio !

Que la gestion directe de ces productions fassent l’objet de ce tour de passe-passe est une chose, mais rien n’oblige la présidence à déplacer les salariés maison vers cette entité. Rien !

Alors ce ne sont pas les quelques aménagements de calendrier qui feront l’affaire.

Pour le SNJ c’est non ! Et ce ne sont pas non plus les arguments apportés avec une certaine arrogance par le directeur des Antennes et des Programmes qui nous feront changer d’opinion. Ce CSE et le prochain donneront lieu à de nouveaux débats avant le recueil d’un avis, nous préciserons donc notre position déjà bien claire.

A la direction de l’information, les choses semblent se préparer à bouger…

Déjà ce que nous demandions pour l’ensemble des salariés, à savoir la fin des collaborations extérieures dans des médias privés, s’applique à l’un de nos présentateurs de France 2, espérons que cela serve d’exemple sans exception.

Des mouvements sont en cours nous dit-on en coulisses, dans un grand élan de chaises musicales, en terme de postes d’encadrement.

Nous souhaitons du changement nous l’avons dit, mais pas dans un esprit de coupeurs de têtes. Au contraire, notre objectif est avant tout que les méthodes du passé passent aux oubliettes de l’histoire. Comment redonner des pouvoirs aux services et surtout aux journalistes face aux éditions souveraines qui cadencent le traitement de l’information, sans se soucier du reste.

Des commandes décommandées, des ordres devenus contre-ordres, des urgences comme par enchantement transformées en sujets secondaires, et des oublis magiquement considérés comme prioritaires, ne cessent de créer des tensions avec les journalistes de terrain et les encadrements intermédiaires.

Le résultat : des tensions et des dégradations psychologiques qui touchent à la santé des salariés. On entend souvent l’expression de “machine à broyer”. C’est insupportable, et c’est pourquoi nous demandons à la direction de bien réfléchir à cela. Il ne suffira pas de changer les généraux si les troupes restent aussi mal traitées professionnellement et humainement.

Un dernier mot enfin pour apporter notre soutien aux électriciens et éclairagistes des plateaux du Siège et au préavis de grève déposé par certaines organisations syndicales.

Nous réaffirmons ici que la sécurité est la priorité et celle-ci est loin d’être assurée, l’expertise évoquant même « un danger absolu ». Il semble surréaliste d’apprendre que les plans du réseau électrique ont été perdus. C’est pourtant la réalité. Aucune réforme ne pourra être mise en place sans obtenir des garanties en matière de sécurité. Pour cela, la direction devra obligatoirement s’appuyer sur les salariés dont l’expérience a déjà permis d’éviter des incidents graves.

Si le SNJ ne s’est pas associé à ce préavis, c’est uniquement pour des questions techniques. Mais soyez assurés de notre solidarité totale vis-à-vis de ces professionnels au rôle crucial sur les plateaux de France Télévisions.

Paris, le 9 juin 2021