CSE Siège des 9 et 10 juin : préalable du SNJ

LE RETOUR DU FACE A FACE

Il ne faut jamais se priver de célébrer une bonne nouvelle ! Et retrouver un CSE dans cette salle du conseil en est une…

Espérons que cela soit le signe durable d’un retour à une démocratie sociale réelle, loin des ersatz du virtuel et du distanciel, sans oublier ceux qui s’inquiètent du retour dans l’entreprise, après tous ces mois de travail à domicile imposé.

Pour autant, tout au long de cette période, nos élus ont fait leur travail, celui pour lequel ils sont mandatés par le suffrage des salariés.

Car oui, nous sommes élus, pas désignés, pas nommés, pas parachutés de cabinets ministériels, ou sortis des coulisses du pouvoir politique ou économique. Nous sommes les défenseurs du Service Public et de l’intérêt collectif. C’est pourquoi, nous réaffirmons ici notre opposition au transfert des salariés de France Télévisions vers France Télévisions studio !

Que la gestion directe de ces productions fassent l’objet de ce tour de passe-passe est une chose, mais rien n’oblige la présidence à déplacer les salariés maison vers cette entité. Rien !

Alors ce ne sont pas les quelques aménagements de calendrier qui feront l’affaire.

Pour le SNJ c’est non ! Et ce ne sont pas non plus les arguments apportés avec une certaine arrogance par le directeur des Antennes et des Programmes qui nous feront changer d’opinion. Ce CSE et le prochain donneront lieu à de nouveaux débats avant le recueil d’un avis, nous préciserons donc notre position déjà bien claire.

A la direction de l’information, les choses semblent se préparer à bouger…

Déjà ce que nous demandions pour l’ensemble des salariés, à savoir la fin des collaborations extérieures dans des médias privés, s’applique à l’un de nos présentateurs de France 2, espérons que cela serve d’exemple sans exception.

Des mouvements sont en cours nous dit-on en coulisses, dans un grand élan de chaises musicales, en terme de postes d’encadrement.

Nous souhaitons du changement nous l’avons dit, mais pas dans un esprit de coupeurs de têtes. Au contraire, notre objectif est avant tout que les méthodes du passé passent aux oubliettes de l’histoire. Comment redonner des pouvoirs aux services et surtout aux journalistes face aux éditions souveraines qui cadencent le traitement de l’information, sans se soucier du reste.

Des commandes décommandées, des ordres devenus contre-ordres, des urgences comme par enchantement transformées en sujets secondaires, et des oublis magiquement considérés comme prioritaires, ne cessent de créer des tensions avec les journalistes de terrain et les encadrements intermédiaires.

Le résultat : des tensions et des dégradations psychologiques qui touchent à la santé des salariés. On entend souvent l’expression de “machine à broyer”. C’est insupportable, et c’est pourquoi nous demandons à la direction de bien réfléchir à cela. Il ne suffira pas de changer les généraux si les troupes restent aussi mal traitées professionnellement et humainement.

Un dernier mot enfin pour apporter notre soutien aux électriciens et éclairagistes des plateaux du Siège et au préavis de grève déposé par certaines organisations syndicales.

Nous réaffirmons ici que la sécurité est la priorité et celle-ci est loin d’être assurée, l’expertise évoquant même « un danger absolu ». Il semble surréaliste d’apprendre que les plans du réseau électrique ont été perdus. C’est pourtant la réalité. Aucune réforme ne pourra être mise en place sans obtenir des garanties en matière de sécurité. Pour cela, la direction devra obligatoirement s’appuyer sur les salariés dont l’expérience a déjà permis d’éviter des incidents graves.

Si le SNJ ne s’est pas associé à ce préavis, c’est uniquement pour des questions techniques. Mais soyez assurés de notre solidarité totale vis-à-vis de ces professionnels au rôle crucial sur les plateaux de France Télévisions.

Paris, le 9 juin 2021

Préalable CSE siège – A FTV, la casse continue …

Qui défend les valeurs d’un service public exemplaire ?
Qui défend réellement notre collectif en plein doute ?
Qui met en avant la qualité de nos professionnels en respectant les métiers de chacun ?

Il est peut-être présomptueux de répondre que nous nous reconnaissons dans ces combats. Mais pour autant, nous ne minimisons pas la force de nos engagements.
Au Siège comme ailleurs, sur le terrain et dans les instances, nous sommes sur une ligne cohérente qui allie défense de l’éthique, de la déontologie, respect des métiers et du savoir-faire des uns et des autres. Le journalisme télé est un sport individuel qui se pratique à plusieurs, pourrait-on ironiser. Mais l’important c’est le plusieurs.

Et justement, voilà que la direction, dans sa volonté de transformer l’entreprise, s’attaque à grands pas au service « son » de la rédaction nationale. Des départs non remplacés, des preneurs de sons multitâches, des tournages qui se réduisent comme peau de chagrin…

Un peu comme les illustrateurs sonores, on va sans doute nous expliquer qu’on veut professionnaliser le son en supprimant les professionnels…. La direction en est capable. Le SNJ demande d’urgence que la liquidation entamée cesse, et que les responsables réunissent les organisations syndicales pour exposer leur triste dessein. Le SNJ sera aux côtés de ces professionnels, si une mobilisation de salariés est nécessaire.
Les résultats de cette politique funeste sont déjà perceptibles. Aujourd’hui, des jeunes à peine embauchés, PTA comme journalistes, et dégoutés, pensent déjà à quitter FTV. L’entreprise ne fait plus rêver et la relève semble compromise. Mais finalement, après moi le déluge.

N’est-il pas plus important de réduire les ETP et les coûts ?

Dans ce non-respect des salariés, la présidence y va depuis des semaines de son couplet autour du transfert des troupes de France Télévisions vers France Télé Studios.
Une filiale qui devrait donc gérer la production en gestion directe de « Télématin », « Thalassa », « Des racines et des ailes » ou encore « Faut pas rêver »…. Près de 90 personnes embarquées sur le navire de la délocalisation. Et on ose nous dire que contester cela, c’est ne pas aimer la grande famille du Service Public ! Ce sont les propos du numéro 2 de l’entreprise, numéro 1bis devrait-on dire. Stéphane Sitbon Gomez décide tout et dans tous les domaines ! On entend dire que la direction de l’information aimerait renouveler la présentation de « Vous avez la parole » ? Il s’y oppose et laisse s’installer en interne des cumuls pour certains présentateurs ! Il réforme « Télématin », mais est-ce que les nouveaux présentateurs vont eux aussi faire partie des nouveaux salariés de FTS ? Là, a priori, non. Comme quoi déléguer la production ne rend pas obligatoire de se délester des salariés qui y participent !

C’est ça l’ambiguïté de cette direction. Les deux poids deux mesures en permanence ! Forte avec les faibles, et faible avec la tutelle… Faible par exemple, lorsqu’il s’était agi de défendre France Ô et France 4 ; Et crise sanitaire oblige, la présidente s’est convertie à la défense du canal 14 … après nous avoir expliqué que son maintien n’avait aucun sens.

Nous persistons et nous signons ! Il faut pérenniser France 4 et arrêter de passer de sursis en sursis.
Nous évoquons de ligne en ligne le respect des professionnels… Cela passe aussi par les moyens donnés à l’information nationale. À quoi joue cette direction ? La Rupture Conventionnelle Collective fait des dégâts partout, et dans les services de la rédaction nationale bien évidemment. Pendant que l’audit interne fait son chemin, la situation des services se dégrade. Pendant que se constituent les ateliers pour le chantier « Démocratie », nos rangs sont de plus en plus clairsemés. Et pendant que nous alertons sur la situation, on entend des rumeurs de transferts de salariés du Siège vers les régions de France 3.
Pour clore ce liminaire, à l’instar de nos élus du réseau, les élus SNJ du CSE Siège demandent que soit mis fin au confinement à MFTV dans le cadre de la fabrication des journaux. Régie commune et plateau commun sont des facteurs de transmission accélérée du Covid ! Le temps limité pour enchainer les éditions, régionales et nationales, ne permet pas sereinement de prendre toutes les mesures sanitaires nécessaires de protection. Sans parler bien sûr, du rythme imposé aux salariés.
Nous demandons donc à la présidence de prendre la décision de mettre fin à cela !

Paris, le 11 mai 2021 

Loin de la bienveillance

Préalable SNJ au CSE Siège des 13 et 14 avril 2021

Deux histoires pour illustrer la violence sociale constitueront aujourd’hui le préalable du SNJ.

Depuis le début du 3ème confinement généralisé, la direction a changé de pied et de ton. « Télétravail déguisé en garde d’enfants, vous êtes bien assez payés, vous pourriez être au chômage partiel, vous avez bien assez de congés, alors arrêtez de vous plaindre ». Voilà en résumé ce qu’on a pu lire ou entendre, concernant les demandes de dispense d’activité faites par certains parents à l’occasion de la mise en place de l’école à la maison, décidée par le Président de la République. La direction ponctionne donc d’abord toutes les RTT employeurs ou les récupérations qui sont à sa main avant éventuellement d’envisager des dispenses d’activité. Un discours tenu à celles et ceux par exemple qui n’ont pas de RTT au regard de leur organisation du temps de travail. Aucun discernement, un discours unique et sec comme seule réponse. Parent solo, crèches fermées pendant les nouvelles dates de vacances scolaires, situation de couple particulière en termes d’activité professionnelle… Non, rien n’y fait, la direction considère qu’elle a été assez “gentille” jusque-là. “Gentille”, oui ce terme a été utilisé par des encadrants. Même par certains qui font tout de chez eux depuis des mois, sans rendre de compte…

Les élus SNJ condamnent cette attitude vis-à-vis des salariés qui se retrouvent alors victimes d’une double peine. Une décision unilatérale de l’exécutif et une politique de rigueur économique inhumaine de la direction. Avec, en filigrane, un chantage au siège : si la direction accepte les absences, on reviendra aux sujets communs comme l’an dernier. La belle affaire… En effet, en même temps on rogne sur les remplacements et on fragilise les précaires. La réponse n’est donc pas liée à la crise sanitaire mais bien à la seule ligne qui compte pour Delphine Ernotte : faire des économies. Nous demandons ici à la direction de revoir sa copie, à la fois pour cette période de vacances qui s’ouvre, mais aussi pour la dernière semaine d’avril, nouvelle période d’école à la maison pour certains parents.

Le deuxième exemple de cynisme social commence ainsi :

« Merci pour tout ! Acceptez nos conditions ou partez ! »

C’est en substance ce qu’une centaine de nos collègues a retenu à l’issue de plusieurs réunions organisées en visioconférence, il y a deux semaines par la direction des Antennes et des Pro-grammes.

Des réunions qui ont laissé nos collègues, parmi lesquels on compte de nombreux journalistes, totalement désemparés, choqués, angoissés. Ils travaillent depuis des années pour des émissions emblématiques du service public, comme « Thalassa », « Télématin », « Passage des Arts », « Des racines et des ailes », « Des chiffres et des lettres », ou « Faut pas rêver ».

Des programmes historiques de nos chaînes, mais que la direction de France Télévisions ne veut plus fabriquer en interne. Pour ne plus avoir à assurer « la gestion directe » de ces émissions, la direction a l’intention de les céder à une filiale, FTV Studio.

Les collègues qui fabriquent ces émissions n’ont pas leur mot à dire et sont priés de préparer leurs cartons, se sentant abandonnés par une direction qui organise leur déclassement. 

Nous, élus du SNJ, sommes ici pour les représenter. Pour  rappeler  à  la direction l’état de sidération dans lequel la plupart de nos collègues se trouve depuis une semaine.

Ils ont le sentiment d’être balancés dans l’inconnu, et nous posent des dizaines de questions :

« Que va-t-il advenir de mon contrat ? De mon salaire, de mes  primes,  de  mon  ancienneté ?  De mes   jours   de  congés,   de   RTT ?   De   mes   souhaits   de   formation,  d’évolution professionnelle ? L’accord collectif de France Télévisions ne s’applique pas dans cette filiale, alors comment vais-je travailler ? Dans quelles conditions ? »

Toutes ces questions, ils ne devraient pas avoir à se les poser. Parce que les programmes qu’ils fabriquent depuis 10, 20 ou 30 ans sont des émissions de France Télévisions, créées au sein de France Télévisions, et elles doivent rester au sein de l’entreprise. Notre cœur de métier est de fabriquer de l’information et des programmes : on  ne  délègue  pas  son  cœur  de  métier  à  une filiale !

La direction annonce vouloir renoncer à la gestion directe de tous nos magazines de découverte, magazines culturels, émissions de plateau et jeux. Demain, que va-t-on transférer dans une filiale ? Nos cars-régie, nos moyens de production, La Fabrique ? Nos magazines d’information ou de sport ?

Combien de salariés seront alors transférés contre leur gré ?

Mais revenons à aujourd’hui. Les salariés que la direction souhaite « sortir » de France Télévisions dès septembre 2021sont sidérés, inquiets, en colère.

Nous le sommes aussi.

Parce que nous refusons de voir France Télévisions, jeune entreprise unique, être à nouveau morcelée à coup de transferts et de cessions d’actifs. Parce que nous nous opposons au développement de filiales lorsqu’il s’agit de servir d’alibi à une dangereuse réduction des effectifs, une sorte de tour de passe-passe destiné à masquer l’échec de la RCC. 

Parce que nous refusons que France Télévisions se transforme en simple entreprise de diffusion, une coquille vide qui commanderait ses programmes à des filiales ou à des producteurs privés.

Nous demandons donc à la direction de renoncer au transfert de nos collègues, et des émis-sions qu’ils fabriquent, vers FTVStudio.

Paris, le 13 mars 2021

Sombres horizons

Préalable CSE Siège des 9 et 10 mars 2021

Un audit pour seul projet… Voilà à cette heure ce que nous savons des perspectives de l’actuelle direction de l’Information. Une étude initiée avant la crise sanitaire, parait-il, et qui a commencé il y a peu. Des objectifs énoncés mais obscurs, un contexte mais sans sous-texte. De quoi nous inquiéter quant à sa finalité. Planification de notre activité, conformité des organisations du travail avec les accords collectifs – la belle affaire ! – une dose de gestion de congés, répartition des tâches entre les services. Et ce qui nous chagrine le plus en ce moment, ce sont les conditions des recours aux CDD. Un serpent de mer souvent mis en avant quand la direction veut faire des économies et se séparer de précaires ayant acquis des droits à l’intégration. Nous n’avons pas à avoir peur d’un audit, tant la rédaction nationale est à flux tendu depuis des lustres. Mais en revanche, si cette étude met en avant les castings exacerbés, les journalistes mis à l’écart, brimés, maltraités, discriminés, alors nous sommes preneurs. Si cet audit met en avant le trop grand nombre d’encadrants dans nos services et notre direction, là aussi nous disons banco. Et enfin si cela remettait seulement l’information au cœur de nos journaux, nous pourrions accompagner la démarche. Mais rien de tout cela… mais on nous dit quand même de ne rien y voir de suspect. L’éditorial attendra… nous verrons a priori fin avril ce que donnera cet audit et surtout à quoi il sera utilisé. Nous, pendant ce temps- là, nous aimerions voir tellement de choses changer…

Autre question cruciale pour les rédactions du Siège : à quoi sera utilisée l’agence de presse interne que France Télévisions vient de créer, via sa filiale france.tv studio ? Cette structure sera-t-elle un outil permettant aux journalistes et techniciens du service public de produire plus de magazines et de documentaires pour nos antennes ? Ou, au contraire, cette filiale va-t-elle siphonner les rares magazines encore produits au Siège ?

Le SNJ exige des engagements fermes de la direction sur ce point. Nous souhaitons d’ailleurs qu’à l’occasion du lancement imminent de l’émission « Affaires Sensibles » sur France 3, le CSE Siège puisse examiner la répartition des productions des magazines d’information nationaux de 2015 à 2020 : quelle part pour la production interne, quelle part pour les achats extérieurs ?

Nous souhaitons aussi interpeller la direction sur la situation de certains correspondants. Certains journalistes de France 2 en régions vont connaître un changement radical de leurs conditions de travail. À Rennes et à Poitiers, ces correspondants de la rédaction nationale vont perdre leur bureau indépendant pour intégrer les « newsrooms » des rédactions régionales de France 3 à la faveur d’un déménagement dans de nouveaux locaux.
Il nous semble nécessaire que la CSSCT (Commission Santé, Sécurité et Conditions de Travail) du siège se saisissent de ce dossier dans le cadre d’une dégradation des conditions de travail. Devoir se fondre dans une « newsroom » dont les missions diffèrent avec un encadrement différent est un non-sens journalistique. Avec une perte importante de confort de travail. 

En outre, avec la pandémie, cette intégration est également un non-sens sanitaire, d’autant que ces correspondants n’ont aucune possibilité de télétravail.

Nous voyons dans cette absorption les prémices d’un changement de mission des équipes, voire leur disparition pure et simple en tant que journalistes dédiées aux éditions nationales.

Il est important que la CSSCT du siège se penche sur ce dossier car elle concerne des journalistes de la rédaction nationale confrontés à un changement de structure. ‌

Ce liminaire alerte aussi sur la situation que nous avons déjà évoquée à multiples reprises auprès de l’actuelle direction de l’information. Celle du service des journalistes reporteurs d’images. Des alertes qui ne sont pas prises au sérieux, renvoyant les intéressés à leur encadrement. Mais l’un des soucis réside justement dans la gestion de ce service. Sans détailler outre mesure les problèmes rencontrés par les salariés, nous demandons que le directeur de l’information reçoive les élus pour aborder les graves dysfonctionnements qui abiment ce service, entité essentielle dans notre rédaction.

Paris, le 9 mars 2021

CSE Siège 9 et 10 février 2021 – DÉNIS EN SÉRIES

Confiance, respect, dialogue social, double langage ! Facile de trouver l’intrus : c’est celui qui qualifie le mieux le comportement de la direction.  

Dans cette instance, à plusieurs reprises, nous avons demandé des comptes sur les expérimentations concernant le métier de journaliste/monteur. Car une expérimentation est prévue dans un document officiel du plan de formation, puis démentie par la direction : « c’est une erreur, ne vous inquiétez pas, rien ne se fera sans consultation préalable des organisations syndicales. »

Le mois dernier, profitant de la présence au CSE du siège du rédacteur-en-chef de France Télévisions Régions (FTR) – rédaction basée à Vaise – nous lui posons la même question puisque l’expérimentation semblait annoncée entre autres sur son site. « C’était en effet programmé, dit-il, mais ce n’est plus d’actualité ». « Vos arguments nous ont convaincus », confirme alors le président de l’instance. 

Une semaine plus tard, les organisations syndicales  reçoivent une convocation pour assister à une discussion dans le cadre de l’ « Espace métiers », antichambre des négociations ! Et là, quelle mauvaise surprise ! À l’ordre du jour : FTR, les bureaux excentrés de France 3 et les 1ères seront concernés par des expérimentations de journaliste/monteur. Voilà comment la direction envisage le dialogue, tout simplement en nous faisant croire qu’à l’instant où elle nous répond, elle dit la vérité. Mais tout peut évoluer… en quelques jours, voire en quelques heures…

C’est tout simplement scandaleux ! Pire encore, cela ne gêne pas certaines organisations syndicales, tant sur la forme que sur le fond, ce qui en dit long sur les envies de cogestion de quelques-uns. Le tout évidemment au détriment des salariés qu’ils sont censés défendre, en tout cas quand on lit leur littérature électorale. Parce qu’en séance : ils se taisent.  

On n’insulte pas l’avenir en disant oui à tout au présent. 

Autre double discours de la direction, celui de l’emploi. Le SNJ n’a pas signé la Rupture Conventionnelle Collective, rebaptisée par les signataires Plan de Recomposition des Effectifs ! La belle affaire !  

Nous avons appris la semaine dernière que des CDD longs à la rédaction nationale vont s’arrêter. Nos jeunes consœurs et confrères seraient victimes d’une étude organisée par la direction pour jauger les effectifs dans les services. Ce ne serait pas lié à une trajectoire budgétaire pré-établie, mais aux effectifs présents en début d’année, qui ne nécessiteraient pas de conserver certains CDD. Ce qui est faux.

Au-delà de notre inquiétude légitime, les annonces faites à quelques jours de la fin de ces contrats en dit aussi long sur la méthode. Une direction sans boussole, qui placardise d’un côté avec des castings exacerbés qu’elle ne reconnait d’ailleurs pas, et qui de l’autre se sépare de jeunes talents mis en avant sur toutes nos antennes nationales. La concurrence, TF1 en tête, sait en profiter au grand dam de France télévisions ! 

Alors, parle-t-on vraiment d’une recomposition ou d’une décomposition des effectifs ? Rien sur l’encadrement pléthorique, comme sur le nombre de directeurs adjoints ou d’encadrants dans les services et les éditions ! Ni sur le coût en part variable qu’ils génèrent ! Non bien sûr, ceux qui nous dirigent n’ont que faire de la précarité des uns et de la souffrance au travail des autres. 

Revenons aux castings exacerbés. Le 28 janvier dernier, lors d’une rencontre avec le directeur de l’information, le SNJ a une nouvelle fois dénoncé ce fléau qui place certains journalistes au premier plan, dans le beau rôle de ceux qui passent à l’antenne. Et les autres dans un second rôle, celui de petites mains. Vos représentants ont rappelé cette phrase tristement célèbre du directeur de la rédaction nationale, selon laquelle « il y a des Ferrari et des 2 CV ». 

Cette dérive qui persiste depuis de nombreuses années, provoque beaucoup de souffrances. Elle s’est aggravée à cause du Covid, arme de destruction massive avec la mutualisation des sujets entre les différents JT nationaux. Certains journalistes ex-France 3, non acceptés parl’encadrement de France 2, ayant été empêchés, notamment pendant le premier confinement, de réaliser certains sujets pour France 3 car ils devaient être rediffusés dans le 20 heures !!  

Le directeur de l’information a soutenu que nous étions sortis « d’une période plus compliquée » du point du vue des castings au 20 heures. Et d’ajouter : « Les mots que vous employez sont graves, tout ce qui est de l’ordre de la discrimination est à bannir, toute situation mise au jour ne sera pas acceptée ». Le SNJ a insisté, en parlant de système qui broie certains salariés, en particulier au 20 heures. Démenti ou tentative de minimiser de la part d’un directeur adjoint pour qui « ce n’est pas systémique ». Et d’ajouter : « on n’est saisi que rarement » sur cette question. Pourtant, lorsque ce ne sont pas les rédacteurs-en-chef des éditions qui font le casting, les chefs-de-services s’en chargent à leur place.  

D’ailleurs, le détachement d’équipes itinérantes en régions, n’est-il pas, parfois, un moyen de sélectionner des journalistes au « profil 20-heures », sans doute au détriment de certains correspondants en régions ?  

La direction précise qu’elle posera la question du « qui fait quoi dans les services ? ». Une sorte d’audit, mais pas pour évaluer la productivité de chacun, selon le directeur de l’information.  

Mais alors pour quoi faire ? Pour se poser des « questions individuelles », « si des cas sont mis au jour, on les traitera», ajoute-t-il sans plus de précision. Va-t-on tenir compte du fait que celles et ceux qui ne sont pas dans le casting font inévitablement moins de sujets ? Le piège se refermera-t-il ainsi sur les journalistes que l’on veut écarter ? Le risque est patent. La ficelle est un peu trop grosse, et nous ne laisserons pas faire…  

Nous n’en sommes plus à dénoncer ces faits, nous voulons que la direction sorte du déni et mette fin à ces situations. Nous sommes prêts aujourd’hui à porter devant la justice, un certain nombre de témoignages édifiants. La direction est prévenue. 

Paris, le 9 février 2021