France Télévisions : le Bateau ivre…

LIMINAIRE SNJ AU CSE RESEAU DU 20 SEPTEMBRE 2022

En arrivant ici, en traversant la Seine nous est revenu à l’esprit ce poème de Rimbaud.

Le Bateau ivre, ce poème épique écrit à l’âge de 16 ans par l’enfant de Charleville Mézières, où se mêlent à la fois, dans un style étourdissant, révolte, dérive et expérimentation.

Une trilogie qui colle parfaitement à l’air du temps de notre navire amiral (j’allais dire du tempo).

Un temps tumultueux où l’on navigue à vue, où les passagers inquiets se demandent quelle est la direction à prendre.

Les alexandrins rimbaldiens décrivent un navire sans maître, chahuté par les flots, à l’image de notre réseau balloté depuis des années entre des récifs et dont l’équipage s’interroge sur les chemins de navigation empruntés par les différents capitaines, plus soucieux de leurs galons que de la destinée de leurs marins si souvent comparés à des soutiers.

Suppression de la redevance, disparition programmée des éditions nationales à l’horizon 2023, moyens et effectifs constants pour le réseau, régionalisation en trompe l’œil… les tempêtes se succèdent, le bateau vacille mais l’orchestre continue à jouer sous la baguette du capitaine Martinetti pour les passagers du réseau sur un mauvais tempo… avec son cortège de fausses notes !

Aujourd’hui la tête de réseau, c’est un peu la cacophonie. Vous savez, cette répétition désagréable de sons de cloches différents destinée à perdre l’auditoire.

Quand Sophie Guillin, directrice du projet tempo, vient en CASAR nous expliquer sa partition, on entend plusieurs musiques à la fois et à l’arrivée on ne comprend toujours pas l’air qu’elle veut nous jouer entre le plan A « c’est le national qui fabriquera », un plan B « le réseau puisera dans un catalogue à sa guise » et le plan C « bof, on verra bien, des ateliers bla bla sont là pour ça ! ».
Au SNJ, nous maintenons le cap. Celui d’une opposition ferme et définitive à ce projet destructeur, tant pour la rédaction nationale que pour les antennes régionales, et ce par tous les moyens.

Nous ne vous laisserons pas faire et nous allons continuer à le faire savoir haut et fort.

En ce qui concerne la santé des salariés, nous vous demandons avec insistance une écoute, un dialogue constant avec les élus en proximité et la mise en place de plans d’actions et de prévention quand c’est nécessaire, et force est de constater que c’est évidemment nécessaire à tous les étages !

On voit la légèreté avec laquelle vous prônez l’utilisation des aviwest avec des câbles défectueux ou trop courts et des fiches préventives moins disantes, ce qui conduit – comme ce fut le cas récemment – à une déclaration d’accident du travail dans le réseau.

Là aussi, monsieur le directeur, vous trouverez le SNJ sur votre chemin pour rappeler le principe du volontariat sur ces outils à rayonnement électromagnétique, comme c’est déjà le cas à la rédaction nationale. Il n’y aura pas pour nous de deux poids deux mesures …

Et puis sur l’absentéisme, vous avez beau vous réfugier derrière le vieillissement des salariés, des études sérieuses menées à l’échelle nationale par notre mutuelle complémentaire WTW démontre que la mauvaise organisation du travail et l’absence de plans d’actions et de prévention génèrent de la souffrance au travail, et donc des arrêts maladie en cascade, dans le public comme dans le privé.

Alors oui aujourd’hui, nous vous demandons de dégager l’horizon, ici et maintenant. De ramener le navire sur le bon cap, celui du dialogue social et de la construction et de renoncer à ce mauvais projet tempo qui n’est – et nous le répétons avec insistance – qu’un cadeau empoisonné pour l’ensemble des salariés de France 3.

Paris, le 20 septembre 2022

Le tempo des contretemps

LIMINAIRE SNJ AU CSE RESEAU DES 30 ET 31 AOÛT 2022

Le projet est assourdissant mais il n’en est même pas fait mention dans l’ordre du jour de ce CSE, comme si toute dissonance était interdite. Et alors qu’un CSE extraordinaire s’est tenu au Siège lundi. Le Tempo n’est pas le même pour tous !

Vous l’appelez « Tempo » et c’est peu de dire qu’il est à contretemps : à contretemps de l’histoire de la construction de l’information sur France 3, à contretemps des audiences, à contretemps d’un pluralisme de l’information à l’intérieur du service public.

Vous nous parlez de « Défi du Temps Réel » ou de « Défi du Temps Long »… de renforcer les éditions nationales alors que vous rayez d’un trait les tranches d’informations de France 3.

Un projet qui apparait déjà comme le moyen de sortir France Info de ses audiences d’estime et de parachever la fusion avec Radio France.

Tout cela sans aucun échange, y compris avec les cadres intermédiaires. Las d’être mis devant le fait de la princesse ou du prince – c’est selon – les salariés de France 3 ne se sentent plus partie prenante et subissent en permanence un manque d’information sur leur avenir. Car il est devenu habituel à France TV de prendre des décisions capitales pour l’avenir de l’entreprise sans aucune concertation avec les salariés et encore moins avec les instances représentatives du personnel perçues davantage comme des chambres d’enregistrement que des lieux de co-construction ou de dialogue.

Nous voulons ici avoir une pensée pour nos consœurs et confrères du siège, qui après avoir subi l’humiliation d’une fusion des services, se voient aujourd’hui « recartographiés », terme employé il y a quelques années par les dirigeants de la Fabrique. On en voit aujourd’hui les conséquences néfastes. La suppression brutale du soir 3 était déjà en soi une décision funeste pour les salariés de la rédaction nationale.

Nous réclamons de la transparence et de la pédagogie sur vos prises de décisions et nous exigeons à minima qu’elles soient dûment argumentées. Nous sommes déjà dans un avenir plus qu’incertain concernant notre financement. Merci de ne pas en rajouter davantage en y répondant par l’effacement de tranches d’information.

Vous pensez écrire et faire un présent à un réseau, toujours en panne de moyens, en jouant les fossoyeurs d’une information nationale qui avait gagné tous ses titres de noblesse et d’indépendance éditoriale depuis des décennies. En fait, il ne s’agit pas d’un cadeau mais d’un gage donné à nos chers gouvernants.

Alors avec cette manière très solitaire, très jupitérienne, d’écrire notre avenir, surtout, ne vous étonnez pas que vos choix ne soient pas compris et que vous ne parvenez pas à nous embarquer. Même les salariés en quête de changements et de nouveauté ont bien compris que cette tranche augmentée se fera sans les moyens nécessaires.

Le projet Tempo est un cadeau empoisonné car, sous couvert de régionalisation ou plutôt de développement des chaînes régionales, un terme qui ne veut plus rien dire d’ailleurs, vous distribuez de la ciguë à la rédaction nationale tout en pensant réserver une sucrerie aux rédactions régionales.

Au nom d’une fusion définitive, vous exécutez d’un trait de plume une info nationale et internationale de qualité qui avait toute sa place dans cet espace réduit qu’on appelle l’audiovisuel public… et avec un « en même temps » très à la mode, vous nous dites ne pas savoir à quoi va ressembler cette nouvelle tranche qui sera à l’antenne dans un an. Une équipe projet ultra resserrée de 5 personnes va porter sur ses épaules l’avenir de l’ensemble des salariés de France 3.

Cette case hautement stratégique financièrement avec ses coupures publicitaires nécessite une audience forte, ce que fournissait le 19/20. La supprimer au bénéfice d’un « projet » inconnu, ne peut qu’inquiéter davantage l’ensemble du personnel. Les bœufs se retrouvent à l’arrière de la charrue, le bon sens aurait souhaité l’inverse.

Ainsi, le projet de régionalisation pour l’information cède la place à ce Tempo.
Mais où se trouve le projet complet linéaire et numérique de la télévision régionale de 2023 ? Ne nous dites pas qu’il s’écrit au fil de l’eau, vous nous l’avez déjà répété depuis 2 ans déjà sans rien voir apparaitre. La « Montée en puissance du Numérique » se fait en mode largo. Les réformes successives avec l’application ICI qui ne trouve toujours pas son public et la désorganisation, voire la démotivation, dans les services du web devraient réellement vous interroger…

Nous espérons que derrière cette annonce se cache une stratégie réfléchie pour notre avenir, d’autant qu’aucune autre entreprise n’arrête aussi brutalement des programmes qui fonctionnent.

Même les chaînes privées soucieuses de leur audience comme à la prunelle de leurs yeux s’en gardent bien. Quand le public se met à singer le privé, c’est souvent pire…

Il s’agit donc bien d’une pure question d’économies de moyens, de principes de vases communicants au profit de France 2, considérée aux étages supérieurs comme la chaîne phare du groupe. Tout tient dans un seul terme, l’économie et les économies de grande échelle.

Dans les dossiers à l’ordre du jour, on relève ça et là « découragement des salariés », « tensions , souffrances », « perte de confiance des salariés envers leur direction »… des constats faits non pas par les élus, mais par les psychologues et les médecins du travail.

Nous attendons des explications claires et précises de la direction du réseau sur ce projet, comme sur le devenir des autres projets en cours. Et surtout les moyens de confiance et de transparence qu’elle entend mettre en œuvre pour cette « co-construction » souhaitée mais qui ne se décrète pas.

Paris, le 30 août 2022

Une si grande éclipse

PREALABLE AU CSE SIEGE DES 12 ET 13 JUILLET 2022

Tempo quel joli nom, pour une si triste nouvelle. Tempo, c’est la vitesse d’exécution d’une œuvre… 14 mois, nous disent les métronomes et leur présidente en chef. En septembre 2023, les éditions nationales de France 3 seront supprimées. 12/13, 19/20 basta cosi !!! 4 ans après la fin du Soir 3, la récidive ! Nos consœurs et confrères du réseau régional récupèrent le créneau pour deux heures d’information locale, régionale, nationale et internationale. Nous n’en savons pas plus sur le reste de la grille, mais sans doute que l’actuelle tranche de 18H30 serait remplacée. Nous verrons plus tard pour ce qui est de l’articulation de ces tranches baptisées « ici midi » et « ici soir ».

Mais revenons au sort réservé aux équipes du Siège toujours sidérées par l’annonce. Il y a encore quelques mois, les directeurs de l’information et de la rédaction nationale évoquaient un nouveau 19/20 national… Pardon ? « Des ateliers seront lancés en septembre  » ! Pardon ? « On a l’idée de faire de la réelle différenciation » ! Voilà le résumé du cynisme de ceux qui nous dirigent. Les patrons du réseau travaillaient en secret de leur coté sur cette disparition des éditions nationales pendant qu’au Siège, on nous faisait croire à un nouveau projet, certes, à minima mais quand même à un nouveau souffle.

Soyons clairs. Le SNJ écrit depuis que la fusion est annoncée que la disparition des éditions de France 3 étaient inscrites dans l’agenda. Mais parfois, on aimerait avoir tort. Une fois de plus, nous avions vu juste, tristement !

Alors maintenant, quel Tempo allons-nous subir ? De ce qui est sorti du CSE Central et de la conférence de rentrée mercredi dernier, la rédaction nationale va être écartelée. Il reste les journaux de France 2, et pour le reste ?

Qui travaillera pour ces éditions-là ? Avez-vous oublié, chers présidente et directeurs, que la fusion des rédactions est passée par là et qu’il n’y a plus de journalistes de France 2 ou de France 3 ? Alors qui choisira d’affecter tel ou telle aux éditions de France 2 et de réduire la mission des autres à du seul desk.

Un nouveau casting au-dessus du casting, qui fait déjà tant de dégâts. Ajoutons à cela des modules sur l’actualité nationale et internationale fabriqués par les journalistes-deskeurs de France Info et envoyés à toutes les régions pour les inclure dans leurs journaux XXL. Une circulation de contenus qui prétend détruire toutes les barrières constituées par les accords d’entreprises à France Télévisions et France Info. Une attaque en règle qui justifiera, sans doute, un arbitrage de la justice.

Et l’emploi dans tout ça ?

Alors que la rupture conventionnelle collective (RCC) vide nos rangs, la présidente n’a visiblement pas l’intention d’embaucher de nouveaux journalistes à la rédaction nationale. 1 heure de moins à produire par jour, 7 jours sur 7, voilà qui va dégager une marge en termes d’effectifs !

Alors, destination les régions sur la base du volontariat ? Des redéploiements, selon la terminologie de nos chers DRH ! Pour qui et dans quelles conditions ? De la pure casse sociale, éditoriale… Et que dire de celles et ceux qui sont en régie, en plateau, au montage, au mixage et tous ceux qui participent activement et avec passion à la fabrication de ces éditions nationales ? 14 mois avant la fin, c’est long ! Un supplice chinois pour les salariés frappés en plein cœur. Mais nous ne resterons pas les bras croisés.

La présidente n’a pas accepté de venir devant les élus du CSE Siège pour évoquer son projet. Le point reste inscrit à l’ordre du jour mais sans les bons interlocuteurs. Au même moment, le directeur de l’information préfère s’exprimer devant la SDJ de France 2, et parlera cet après-midi à la rédaction. C’est son choix, mais contourner les élus de cette façon est tout simplement une faute. On nous rétorque que « c’est seulement une intention stratégique et non un projet défini dans ses moindres détails », et qu’il est encore trop tôt pour venir en parler devant les élus du Siège.

Mais on peut parler à tout le monde en dehors de l’instance… Tout cela est pathétique d’improvisation et laissera des traces, socialement parlant.

Les élus SNJ ont décidé de quitter la séance de ce CSE du mois de juillet pour répondre à cet affront.

C’est le point de départ de notre combat pour défendre les éditions nationales de France 3 et éviter ainsi une si grande éclipse !

Paris, le 12 juillet 2022

18 points à l’ordre du jour à ce CSE de juin… Qui dit mieux ?

LIMINAIRE SNJ AU CSE RESEAU DES 15 ET 16 JUIN 2022

Le nouveau mandat à peine débuté et déjà le calendrier social déborde de toutes parts et les élus sont déjà écrasés sous le poids des dossiers, réunions, commissions et négociations qui s’empilent.

En supprimant l’instance de juillet, on rentre tout au chausse-pied et pourtant rien ne permet d’affirmer que deux jours suffiront pour aborder toutes ces questions.

Tout cela n’est pas très respectueux pour le mandat des élus qui ont par ailleurs un métier à assumer.

Notre liminaire se bornera donc à appeler l’attention sur certains points cruciaux…

La menace de suppression de la contribution à l’audiovisuel public (CAP, ex-redevance) est un vrai sujet d’inquiétude et nous avons besoin que la direction soit à nos côtés pour défendre l’indépendance du réseau dans l’audiovisuel public.

Si on fait un focus sur la régionalisation ou ce qu’il en reste : hyper proximité, terme choisi par la direction pour cacher un mot désormais poussiéreux, le constat est tout autant alarmant et notre désillusion sur ce sujet est immense.

Lors du dernier CSE Central, Stéphane Sitbon-Gomez, qui supervise le projet, a clairement évoqué un rapprochement avec les 44 stations locales de Radio France. Il a parlé aussi de redéploiement des postes gelés ou cachés par des directions régionales soucieuses de les garder jalousement au fond d’un tiroir de peur de se les faire dérober.

Quand aurons-nous un tableau lisible de tous les ETP avec la correspondance par métier pour chaque région au regard des départs en RCC ?

Il est question aussi de revoir le dispositif de maillage territorial pour – citons le n°2 de France TV – « remplir les angles morts », ces territoires ruraux qui seraient délaissés par les BRI au profit des grandes métropoles.

M. Martinetti, nous avons besoin de réponses claires et concises sur ces propos qui ne lassent pas de nous interroger.

La santé des salariés, vous le savez, est au cœur de nos préoccupations mais aussi des vôtres, votre obligation de sécurité à notre égard n’est pas une option.
Pourtant, le rapport Secafi sur la fabrique de Bordeaux est accablant par la somme de constats désolants qu’il dresse dans la gestion désastreuse de salariés qui vivent un sentiment d’abandon.

Toutes les cases y sont cochées pour le concours du plus grand nombre de RPS dans un même collectif de travail.

Nous avons le sentiment d’être dans un trou d’air, un entre-deux reformes prévues de longue date pour nous essorer encore. La mise en place prend un peu plus de temps que prévu et dans plusieurs métiers les postes sont gelés dans tout le réseau.

Les métiers de scriptes, par exemple, que vous avez prévus de faire évoluer avec l’arrivée de l’assistant de production. Cela entraîne une pénurie de scriptes qui dure, faute de vivier et de formations sur site. Les RP de France 3 Limousin viennent justement de déposer une alerte pour danger grave et imminent suite à cette pénurie de scriptes qui était pourtant prévisible. D’autres antennes ont dû se résoudre à des JT communs avec leurs voisins faute de scripte, comme ce fut le cas en Côte d’Azur. Et cela sans aucun regret de la part de la direction.

On retrouve ce même décalage à la fois dans le suivi du projet de proximité, quasiment à l’arrêt, et aussi dans le bilan du plan de formation. Les grandes lignes stratégiques développées par la direction viennent totalement contredire une réalité dans les antennes qui se comptent en « moins » tous les jours et en engagements non tenus.

Vous juriez la main sur le cœur, il y a encore quelques mois, que les installations de France Bleu dans les locaux de France 3 n’étaient qu’un hasard, une opportunité de bâtiment, pourtant toutes les pistes explorées par notre tutelle ne parlent même plus de rapprochement, mais plutôt de fusion, on comprend aisément que la manœuvre a commencé depuis longtemps.

Nous aimerions vous entendre dire que nous savons où nous allons, que la route est tracée, que les financements sont présents, pérennes et garantissent notre indépendance garante de notre démocratie. Mais même avec votre vocabulaire très inventif en novlangue ce n’est pas possible.

Nous sommes fragilisés comme jamais et dans une incertitude totale. Ce liminaire est donc forcément un peu amer, et nous nous souhaitons du courage pour sauver notre bien commun.

Paris, le 15 juin 2022

Ras-le-bol !

PREALABLE SNJ AU CSE SIEGE DES 15 ET 16 JUIN 2022

Nous n’avons jamais réellement cru à l’illusion d’un management bienveillant. Ni au contenant, ni au contenu.

Un certain nombre d’événements récents nous donnent malheureusement raison…

Un journaliste écarté de l’antenne de France info pendant la quinzaine de Roland Garros, remplacé par une consœur venant de l’extérieur, sans avoir été prévenu en amont. Ce choix est d’autant plus incompréhensible qu’il intervient à un moment où l’on nous parle de forte contrainte budgétaire. Depuis, la direction de France Info a présenté ses excuses au salarié concerné au cours d’un entretien réclamé par le SNJ.

Des journalistes expérimentés à qui l’on impose des formations de quasi-débutants sous prétexte de lutter contre les castings des éditions. Cette initiative particulièrement humiliante est un aveu, de la part du directeur de l’information et du directeur de la rédaction nationale qui reconnaissent en filigrane l’existence d’un management pyramidal, et d’une mise à l’écart de certains journalistes. Ce fléau à l’origine de tant de souffrances, voilà donc comment ils souhaitent le traiter, en étant forts avec les faibles, et faibles avec les forts ! Le SNJ aurait préféré que l’on s’en prenne aux méthodes autoritaires de certaines éditions, et notamment du 20h de France2. Mais pour cela, il faudra repasser !

Autre exemple, une formation qui n’en est pas une autour de l’illustration sonore. Une véritable usine à gaz résumée en quelques pages et qui ne définit en rien le « qui doit faire quoi ». Le SNJ le dit clairement, ce mode de fonctionnement est inadapté à la pratique au quotidien des journalistes et des monteurs. Mais il est vrai que ceux qui décident de notre avenir ne passent pas beaucoup de temps à s’inquiéter de nos conditions de travail, trop occupés qu’ils sont à nous imposer leurs visions éditoriales.

Enfin, le deux poids deux mesures au registre des sanctions disciplinaires. Il existerait donc pour certains salariés, une deuxième chance. Un cadre, un ex-cadre même, puisque il a été sanctionné, vient d’être discrètement détaché quelques semaines pour… encadrer dans une autre rédaction que celle du Siège ! Oubliées les victimes qui lui reprochaient son autoritarisme, ses propos plus que déplacés et son penchant pour la stigmatisation à tour de bras. La tolérance zéro vient donc de s’autodétruire avec la complicité du directeur de la rédaction nationale qui assume cette décision. Les élus SNJ demandent maintenant à la présidente de redéfinir sa ligne en matière de procédure disciplinaire. Un dispositif qui ne serait sans pitié que pour les petits ? Doit-on considérer que toutes les victimes ne se valent pas ?

Le SNJ est engagé dans la lutte contre un certain nombre de comportements qui hélas n’ont toujours pas disparu et reviennent même en force. Management brutal parce que pyramidal, pressions sur les salariés précaires et titulaires, humiliations professionnelles… Oui tout cela est toujours d’actualité ! Nous demandons aux salariés de ne plus l’accepte. Signalements à la médecine du travail, auprès de vos élus, et à la RH, tout doit être fait pour que ces abus d’autorité soient connus puis sanctionnés.

Quand on nous parle de respect mutuel, il faudrait déjà que l’exemplarité soit au programme de la part de ceux qui nous dirigent. Pour toutes ces raisons, nous ne sommes pas dupes devant ce concept de management bienveillant. Il ne suffit pas de changer les mots, pour mettre les MAUX sous le tapis.

Paris, le 15 juin 2022

Projet campus : le dernier mensonge de la direction ?

Préalable au CSE Malakoff du 2 juin 2022

Le vote favorable du conseil d’administration de FTV
intervenu mardi sur le projet Campus de regroupement
des sites parisiens autour du Siège a scellé le sort de
l’établissement de Malakoff……. pour lire la suite, cliquer ci-dessous

Déménager, ce n’est pas seulement changer d’adresse

PREALABLE SNJ AU CSE CENTRAL DU 25 MAI 2022

Le document transmis aux membres du CSEC contient des informations en matière de localisation, de surfaces, de prix, de calendrier mais ne renseigne en rien les représentants des salariés sur les caractéristiques des sites retenus, Seine Ouest et Quadrans.
Pour apprécier la qualité de ces locaux, les données fournies doivent être complétées. Il nous parait nécessaire de disposer d’informations, notamment sur la performance énergétique de ces bâtiments, leur impact sur l’environnement, ainsi que sur leur exposition aux risques naturels, en particulier aux crues de la Seine. A l’heure du réchauffement climatique et de la transition énergétique cet angle mort de la documentation transmise aux élus pose problème.
En termes d’organisation, si la majorité des sites concernés par le projet relève d’un même établissement, celui du Siège, ce n’est pas le cas du centre Pierre Bourdan de Malakoff. Son cas est particulier parce qu’il s’agit d’un établissement distinct, mais aussi parce qu’il constitue un élément du réseau Outre-mer.
La fermeture de Malakoff pénalisera mécaniquement les stations si les services qu’assument pour elles aujourd’hui les équipes de Malakoff ne sont pas tous maintenus dans un futur site. Malakoff est un centre de conception éditoriale, de fabrication de programmes et de diffusion. Malakoff répond aux demandes des stations et formule des propositions. Sa rédaction exerce un rôle d’agence en radio et télé pour les chaînes 1ères.
L’établissement assure également des prestations RH pour l’ensemble des stations et contribue à la visibilité des Outre-mer par la fourniture de journaux TV et radio sur les antennes du groupe, celles de Radio France et de France Médias Monde.
Ces missions pourront-elles être maintenues à l’identique une fois Malakoff fermée ?
La question n’est pas théorique. Le déménagement de la direction régionale Ile-de-France de Vanves au Siège a permis de mesurer l’impact d’une telle migration sur le potentiel du collectif de travail concerné. Le risque pour les stations des Outre-mer serait que la fermeture de Malakoff débouche sur l’instauration d’une relation entre elles et le siège analogue à celle qui prévalait à l’époque de FR3 DOM-TOM avant la création de RFO en 1982.
La mise en œuvre de ce projet constituera par ailleurs, pour de nombreux salariés des sites parisiens déjà présents dans l’entreprise en 2009 lors de la fusion des ex-sociétés, une nouvelle épreuve de réorganisation. De nombreux salariés qui travaillent actuellement à EOS, Boulogne ou Linois ont déjà été confrontés à ce type de situations. Un facteur générateur de risques psycho-sociaux à ne pas négliger. Une catégorie d’impacts à prévoir pour le futur bilan du projet.

Paris, le 25 mai 2022

Le SNJ refuse la suppression de la redevance

PREALABLE SNJ AU CSE SIEGE DES 18 ET 19 MAI 2022

Défendre la redevance n’est certes pas populaire, mais vouloir la supprimer est populiste !

Annoncée pendant sa campagne électorale, Emmanuel Macron a déjà mis sa menace à exécution. La redevance sera abrogée dès cette année.

Cette mesure dévastatrice sera inscrite cet été dans le projet de loi “pouvoir d’achat”. Oui, car le Président de la République pousse la mauvaise foi et le cynisme jusqu’à considérer, ou plutôt laisser croire, que la suppression de la redevance est un véritable coup de pouce au pouvoir d’achat des Français. En tout et pour tout, cela représente 11,50 € par mois, pour ceux qui la payent. Cette économie peut être salutaire pour celles et ceux qui sont dans le besoin, mais franchement, le tour de passe-passe est un peu gros.

Imaginer que cette somme permette aux Français de combattre les effets de l’inflation, de lutter contre la vie chère, est d’une démagogie sans limite.

Ajoutons à cela que supprimer ce que le Président réélu appelle « un impôt » revient à le remplacer par un financement de l’Etat, donc par l’argent des contribuables. Ce prétendu cadeau aux Français, on vous le donne d’un côté et on vous le reprend de l’autre. On est donc bien dans du grand n’importe quoi !

Comment seront compensés les plus de 3 milliards que rapporte chaque année la redevance, une manne qui bénéficie à plus de 60 % à France Télévisions ? Par le budget de l’Etat, une subvention décidée en Conseil des ministres qui pourra être modulée, accordée ou retirée chaque année, au gré des vents. C’est donc bien une volonté d’affaiblir l’audiovisuel public qui se profile. Un nouveau coup dur, un nouveau train d’économies demandées à l’encontre de cet audiovisuel public que le Président considérait comme “la honte de la République”.

Le SNJ ne peut accepter cette nouvelle attaque en règle et France Télévisions au budget déjà exsangue, ne pourra en aucune manière sortir indemne de nouvelles coupes claires. Dégâts de la Rupture conventionnelle collective, la RCC que nous n’avons pas validée, emploi en berne, CDD en danger… Et à tout ce lot de mauvaises nouvelles, vient maintenant s’ajouter la suppression de la redevance. Il y a de quoi inquiéter les salariés de France Télévisions mais aussi tous ceux qui participent à faire de notre entreprise une incontournable force.

Notre indépendance est en jeu, elle passe par un budget pérenne, qui ne varie pas en fonction du bon vouloir des députés ou du gouvernement. Ce que semble préparer l’actuelle majorité met en danger l’information de Service Public en s’attaquant une nouvelle fois aux moyens nécessaires pour la produire.

Le SNJ demande de toute urgence à être reçu par Emmanuel Macron, sans même attendre l’issue des prochaines élections législatives. Nous voulons une remise à plat de ce dossier plus que sensible. Il en va de l’avenir du Service Public, de sa crédibilité et même de son existence. Par cette décision dogmatique, celui qui prétendait représenter le camp républicain face au danger de l’extrême droite est en train de s’en prendre ostensiblement à l’un des piliers de notre démocratie.

Paris, le 18 mai 2022