Le SNJ, la CFDT et FO se félicitent de la signature de l’accord intéressement

L’été dernier, la négociation engagée sur l’idée d’un intéressement à France TV aboutissait à la conclusion d’un accord pluriannuel entre la Direction et 3 organisations syndicales – CFDT, FO et SNJ – sur les exercices 2020, 2021 et 2022. Le 28 août dernier, l’entreprise s’engageait ainsi à verser une prime à l’ensemble des salariés pour un total pouvant s’élever jusqu’à 6 millions d’euros pour chaque résultat d’exploitation consolidé bénéficiaire.

Outre l’existence de ce résultat bénéficiaire, 3 autres critères devaient être respectés :

  • un objectif lié à la maîtrise de la masse salariale ;
  •  un objectif d’audiences, relatif à la couverture hebdomadaire 4 écrans ;
  •  et un objectif lié à la réduction des émissions des gaz à effet de serre.

Pour cet exercice 2020, si particulier, nous redoutions un déficit, annihilant tout espoir de percevoir un intéressement. C’est donc une bonne nouvelle inattendue qui a été confirmée lors du dernier conseil d’administration, validant ce résultat.

L’intéressement devrait être versé en mai. 

Par ailleurs, un dispositif de plan d’épargne entreprise (PEE) et de plan d’épargne retraite d’entreprise (PERCOL) est en cours de négociation, afin de permettre à chaque salarié de choisir un mode de placement qui lui convient (ou pas). 

Durant cette négociation, la direction a proposé un abondement des dépôts sur ce PERCOL (l’équivalent d’un jour offert par l’entreprise pour 4 jours déposés), mais a proposé en contrepartie de limiter le nombre de jours que les salariés peuvent déposer dans leur CET.

Pour les organisations syndicales, on ne doit pas toucher au chiffre des 22 jours maximum par an d’alimentation du CET, car cela permet à tous les salariés de réaliser un projet personnel.

Il faut que le salarié soit libre de pouvoir choisir entre accepter un abondement en contrepartie de la réduction de l’alimentation de son CET à 5 jours par an ou garder le fonctionnement actuel du CET.

La direction doit nous proposer prochainement une date de réunion pour négocier sur ce thème.

Paris, le 1er avril 2021

Le SNJ signe l’accord sur le télétravail, avec des réserves

Le télétravail, imposé depuis le début de la pandémie, va rester une pratique courante en temps normal. Il est donc nécessaire de l’encadrer. Le SNJ a choisi de signer l’accord proposé par la direction. Toutefois, nous serons vigilants quant au respect des droits des salariés, et nous proposerons d’améliorer le dispositif dès qu’un premier bilan sera effectué. 

Cet accord était très attendu par de nombreux salariés, pour qui un peu de télétravail permet un meilleur équilibre personnel : pas de perte de temps dans les transports et possibilité de mieux gérer son temps de travail.

Il sera donc possible pour chaque salarié de solliciter un avenant « télétravail » à son contrat, sous réserve du feu vert de sa hiérarchie. 

Dès le préambule de l’accord, des engagements importants sont rappelés :

– « la mise en place du télétravail résulte d’un choix du salarié » ;

– « le télétravail n’aura pas de conséquences sur l’aménagement des locaux (…) France Télévisions ne lie pas télétravail et diminution des bureaux attribués ».

Tout au long de la négociation, qui s’est étalée sur plusieurs mois, la direction n’a cessé de vanter un mode d’organisation du travail qui constituerait une nouvelle forme de liberté pour les salariés. Pourtant, l’accord signé comporte des failles, que le SNJ a relevées pendant la négociation :

– Après une demande de télétravail d’un salarié volontaire, les recours en cas de désaccord avec la hiérarchie sont insuffisants. Les syndicats se sont tous inquiétés de possibles disparités dans la gestion du télétravail. 

– Le nombre de jours maximum de télétravail (environ 100 jours par an) est plus élevé que nos préconisations. Pour le SNJ, il ne fallait pas dépasser 2 jours par semaine, voire moins pour les salariés en temps partiel. De plus, la possibilité de longues périodes, intégralement en télétravail, est un facteur de risques pour la santé des salariés et la cohésion des collectifs de travail.

– Le montant des indemnisations (240€ maximum par an) est trop faible. Même s’il est plafonné par des dispositions fiscales, il aurait été nécessaire de prévoir des indemnisations supplémentaires, liées à des achats de matériel (siège ergonomique, etc.).

– Les dispositions prévues, en cas de télétravail imposé en temps de crise, sont trop floues.

– Enfin, le SNJ a demandé que la négociation intègre la recherche de solutions alternatives aux rédactions en open space. Bruyant, stressant, fatigant, l’open space est aussi un facteur de risques en cas de pandémie. La direction a refusé cette demande.

Le SNJ a néanmoins décidé de signer l’accord télétravail. Nous entendons ainsi surveiller son application dans les rédactions et les services, peser dans les commissions de suivi, et faire évoluer ce texte, par avenant si nécessaire.

En effet, le travail imposé à domicile depuis la crise sanitaire a révélé des défaillances de l’entreprise, en particulier au regard de son obligation de santé et de sécurité. Des salariés ont été délaissés ou oubliés, ou au contraire submergés de demandes de la hiérarchie, sans aucun respect du temps de travail et du droit à la déconnexion.

Nous avons également identifié des dysfonctionnements, toujours en cours, dans l’organisation du travail des journalistes.

Selon les termes de notre accord collectif d’entreprise, « la conférence de rédaction est le lieu du débat éditorial ». Tous les journalistes doivent pouvoir y accéder, au besoin par audio ou visioconférence. Or, dans certaines antennes, cette obligation n’est pas respectée, comme elle n’est pas toujours respectée à la rédaction nationale.

Le SNJ invite les salariés à bien peser l’intérêt du télétravail avant de signer un avenant à leur contrat de travail. Notre syndicat se tient à leur disposition pour agir immédiatement si des dérives et des atteintes à leurs droits devaient apparaître.

Paris, le 23 mars 2021

Direction des Sports — Après l’enquête et le constat, nous exigeons des actes !

Début avril, suite à un article du journal « L’Équipe », la direction de France Télévisions a commandé à un cabinet indépendant une enquête sur la direction des Sports.

Ce jeudi 25 juin, les conclusions de cette enquête ont été présentées oralement, en visioconférence, aux élus du Comité Social et Economique (CSE) du Siège, ainsi qu’aux salariés de la direction des Sports. Une restitution d’enquête qui tardait, mais finalement programmée (comme par enchantement) le jour de la publication d’un article de Mediapart.  

Lors de la restitution du cabinet Interstys, qui affirme avoir mené 115 entretiens au cours de l’enquête, aucun cas individuel n’a été abordé. En revanche, il est clairement décrit une « direction construite sur une culture extrêmement masculine, avec des grandes figures paternalistes, notamment chez les journalistes. Cet entre-soi masculin, associé à un « turn-over » très faible, a enraciné des habitudes, qui ont pu générer des comportements sexistes récurrents mais aussi des clichés sur les femmes et leur prétendue méconnaissance du sport. Une situation délicate qui a aussi perduré en raison de l’inaction de l’encadrement, qui n’intervient que trop rarement ».

L’enquête démontre explicitement que cette « culture hyper masculine, en particulier à la rédaction, a pu rendre difficile, voire impossible, l’intégration de nombreuses femmes ». Et même si de (légers) progrès ont été notés ces dernières années, même si les violences sexistes semblent le fait d’une minorité, d’autres clivages sont mis en évidence : rivalité entre des « jeunes » et des anciens, attitudes hautaines de certains journalistes à l’égard de collègues techniciens ou administratifs, ou encore tensions entre différents « clans » existant au sein de la rédaction.

Le même jour, « Mediapart » a donc publié une longue enquête journalistique titrée « A France Télévisions, le service des Sports est un bastion sexiste ». Sept femmes reporters qui ont travaillé dans la rédaction décrivent en détails la souffrance et les humiliations subies dans le cadre de leur travail. Les élus du SNJ tiennent à leur apporter, ainsi qu’à celles et ceux qui n’ont pas pu s’exprimer, notre plus sincère soutien.

Nous devons rappeler ici que la direction a été alertée à de nombreuses reprises au sujet des difficultés rencontrées par de nombreuses femmes aux Sports. Dès 2013 (!!), nos élus avaient publié un état des lieux : http://snj-francetv.fr/wp-content/uploads/tract-parite%CC%81-2-janvier-2013-OK.pdf 

L’attitude des dirigeants avait alors été consternante puisque cette alerte, et donc la situation de ces femmes, avait été reçue avec mépris. Aucune réponse, aucun plan d’action de la direction des Sports de l’époque ! Déni, défense de l’entre-soi, renforcement du sentiment d’impunité : tout cela pèse terriblement dans le bilan qui est exposé publiquement aujourd’hui.

Deux enquêtes effectuées par des personnes extérieures à France Télévisions confirment donc le constat dressé depuis des années par les représentants des salariés. La direction affirme aujourd’hui prendre « pleinement conscience du problème ». Le directeur des Sports, devant les élus du personnel, s’est même « engagé personnellement à rendre ce service exemplaire ». Nous en prenons acte. Les premières mesures annoncées répondent (enfin !) à une partie des demandes du SNJ : formations obligatoires à la prévention des agissements discriminatoires et sexistes, entretiens professionnels plus nombreux, et sanctions proportionnées quand des faits inadmissibles sont avérés et étayés.

Une réflexion sur l’organisation de la direction des Sports est prévue pour la rentrée. Là encore, le SNJ rappelle les préconisations faites depuis des années :

– permettre l’accès des femmes à tous les types de postes existant à la direction des Sports (il n’y a pas d’emplois réservés aux hommes, y compris dans l’encadrement !) ;

– les recrutements doivent favoriser la mixité, avec des embauches de femmes et d’hommes, permettant de rétablir les équilibres dans la rédaction et de refléter au mieux la diversité sociale de notre société.

Depuis plus de vingt ans, la direction de France Télévisions a commis trop d’erreurs dans ce dossier. Aujourd’hui, c’est une addition très lourde qui est payée par les équipes des Sports. Pour permettre à ces équipes de continuer à remplir leurs missions, dans un climat de travail respectueux de tous, la direction doit agir vite, et en toute transparence. C’est à elle, au moment où les regards réprobateurs sont tournés vers une partie de ses salariés, de prendre enfin ses responsabilités.

Paris, le 26 juin 2020

Violences sexistes : Lettre ouverte à la présidente de France Télévisions

Paris, le 8 avril 2020

Madame la Présidente, 

Nous avons lu samedi 4 avril, dans le journal « L’Equipe », le témoignage d’une ancienne journaliste de la direction des Sports. Dimanche 5 avril, dans le même quotidien, vous affirmez avoir découvert cette affaire la veille, et vous annoncez l’ouverture d’une vaste enquête interne. 

Même si nous pensons que la direction de l’entreprise n’ignorait pas ce dossier, nous prenons acte de votre implication personnelle et nous espérons sincèrement que cette enquête sera menée sérieusement et sans délai.  

Les révélations courageuses de notre ancienne consœur, en particulier sur les propos sexistes et misogynes subis lors de ses passages à la direction de l’Information et à la direction des Sports, font évidemment écho au formidable et terriblement essentiel mouvement #MeToo qui traverse toute la société, et notamment les entreprises de l’audiovisuel. Rappelons que d’autres femmes passées à la rédaction des Sports s’étaient publiquement exprimées lors du lancement de #MeToo, témoignant notamment avoir subi des insultes pendant des années : « pute, salope, pétasse, morue« . Le SNJ avait déjà relayé ces témoignages. 

Pourtant, côté direction, le déni a longtemps été de mise. Fin 2012, à la stupéfaction générale, le directeur des Sports de l’époque s’était présenté dans Le Figaro comme le grand défenseur de l’égalité professionnelle femmes/hommes. Le SNJ lui avait alors répondu longuement dans un texte où, chiffres à l’appui, nous analysions la réalité de la place des femmes dans la rédaction : Rédaction des Sports – Le cancre de la parité.

L’héritage de cette époque est lourd à porter. La situation des Sports a-t-elle progressé depuis ? Oui, il faut le reconnaître, mais pas aussi vite que d’autres directions de l’entreprise et surtout pas au rythme nécessaire pour rattraper un terrible retard. Nos consœurs en CDI ne sont toujours que 7 dans la rédaction (pour 50 hommes).  

Concernant les alertes sur les comportements sexistes, plusieurs dossiers ont été pris au sérieux par un encadrement plus à l’écoute qu’auparavant, mais sans toujours donner l’impression qu’il s’agit d’une priorité. Et les allusions sexuelles, les « blagues » misogynes et les sous-entendus sur la prétendue incompétence des femmes continuent à pourrir l’ambiance de travail. Oui, ces agissements sont le fait d’une petite minorité, mais ils ne sont pas toujours contredits ou combattus par les confrères présents. 

Si l’on y ajoute l’existence d’autres mécanismes de discrimination (notamment liés à la reconnaissance professionnelle), travailler aux Sports peut devenir un calvaire pour certaines femmes, qui préfèrent rejoindre d’autres rédactions. 

Madame la Présidente, nous ne serons pas de ceux qui vous appellent à régler la situation avec un jeu de chaises musicales dans l’organigramme. C’est d’un travail beaucoup plus sérieux, constant, engagé, et de changements beaucoup plus profonds dont nous avons urgemment besoin sur ces thématiques. A commencer par des formations généralisées sur la prévention des violences sexistes et sexuelles, comme nous vous l’avons demandé à plusieurs reprises, et encore récemment dans ce communiqué en octobre dernier : Agissements sexistes et violences sexuelles : Après la prise de conscience, les actes !

Certaines réactions à l’article de L’Equipe nous prouvent qu’il y a une méconnaissance criante de ce qu’est un agissement sexiste et des moyens de les prévenir. Contrairement à ce que nous avons pu parfois lire avec consternation, les rédactions du service public sont loin d’être les seules à avoir des progrès à faire. Mais cela ne nous exonère pas d’un devoir d’exemplarité. 

Madame la Présidente, vous avez engagé France Télévisions sur la voie de la « tolérance zéro » dans ce domaine. Nous partageons avec vous cet objectif, parce qu’il doit aider à la prévention des violences sexistes et donc protéger les victimes potentielles. Ces deux dernières années, notre entreprise a été confrontée à des affaires très lourdes et, au sein de plusieurs rédactions, des licenciements ont été prononcés. 

Nous constatons pourtant qu’aujourd’hui, des incidents, même ceux considérés comme « graves » par la direction, ne sont pas tous suivis de procédures disciplinaires sérieuses, envoyant un terrible message aux victimes. Le sentiment d’impunité est encore bien présent, surtout quand le rapport de forces (par exemple des femmes, jeunes, en contrat précaire, face à des hommes plus âgés et habitués de l’antenne) est totalement déséquilibré. 

L’encadrement, notamment dans les directions où il est quasi-exclusivement masculin (jusqu’à quand ?), doit être beaucoup plus sensibilisé à l’application de la « tolérance zéro » et doit pouvoir le rappeler régulièrement aux équipes quand la situation l’exige. Il doit garantir la protection des victimes qui souhaitent s’exprimer mais aussi la protection de ceux, représentants du personnel ou non, qui les aident et les écoutent. 

Il est de la responsabilité des cadres de protéger les personnes vulnérables et de mettre fin à ces pratiques inadmissibles, avec justesse et sans complaisance. 

Madame la Présidente, sachez enfin que nous sommes toutes et tous à la disposition des équipes chargées de mener cette enquête. 

Veuillez agréer, madame la Présidente, nos sincères salutations. 

Ce texte diffusé par le Syndicat National des Journalistes (SNJ) est la reprise d’une lettre ouverte envoyée à Mme Delphine Ernotte-Cunci par les représentants SNJ au Siège France Télévisions : Patricia Issa (représentante de proximité), Dominique Bonnet, Béatrice Gelot, Sophie Guillaumin (élus CSE),  Antoine Chuzeville, Serge Cimino, Anne Guillé, Francis Mazoyer (délégués syndicaux) 

ORTF 2.0 : POUR QUOI FAIRE ?

 

 

 

 

COMMUNIQUE DES SECTIONS SNJ : France Médias Monde – France Télévisions – Radio France

Après des mois d’attente, le gouvernement dévoile enfin les grandes lignes de sa réforme audiovisuelle. Franck Riester, ministre de la Culture, annonce notamment la création d’une « superstructure », la holding France Médias, qui regrouperait plus de 15.000 salariés. Cette holding serait dirigée par un PDG, nommé en 2021, appelé à devenir le nouveau grand patron de l’audiovisuel public. Une première depuis la suppression de l’ORTF il y a plus de quarante ans !

Les entreprises intégrées à cette holding (France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et l’INA) deviendraient dès 2022 des filiales de France Médias. Chacune des 4 entreprises sera dotée d’un directeur général, aux ordres de la « superstructure ». Officiellement, chaque entreprise conservera son indépendance éditoriale, mais les budgets seront tous contrôlés par la holding…

DES AMBITIONS TRÈS FLOUES

Mais tout ça… pour quoi, au final ? L’utilité de France Médias, sorte d’ORTF 2.0, apparaît peu évidente. Selon Franck Riester lui-même, la holding n’aurait « aucun pouvoir éditorial » mais pourtant, elle doit permettre de « mieux répondre à l’évolution des usages ». Comme si les entreprises de l’audiovisuel public n’étaient pas capables de s’adapter sans une strate administrative supplémentaire ! Comme si Radio France, par exemple, n’avait pas su proposer une offre de podcasts plébiscitée par le public ! Comme si FMM ne fidélisait pas 46 millions d’abonnés sur les réseaux sociaux !

D’ici 2022, la mise en place de cette holding peut aussi permettre de « préparer le terrain » à une opération moins avouable : la baisse de la dotation globale et une nouvelle diminution des effectifs du service public. Le discours de Franck Riester est en effet parsemé de petites phrases inquiétantes dans le contexte d’austérité budgétaire que nous subissons. Le ministre avoue ainsi que la holding a aussi pour but, dans un premier temps, « d’optimiser les fonctions supports entre les différentes sociétés ». Pourraient être rapidement concernées : les directions des achats, les régies publicitaires, les structures de formation…

Ce projet ressemble étrangement à ce que beaucoup de salariés de France Télévisions ont connu au début des années 2000 : des entreprises distinctes (France 2, France 3, RFO…), puis la création d’une holding France Télévisions, le rapprochement de fonctions supports, et enfin l’entreprise unique avec les fusions de services et de rédactions. Et la casse sociale qui a suivi.

Idem pour France Médias Monde, où le rapprochement de RFI avec France 24, prévu par la loi audiovisuelle de 2009, n’a fait qu’affaiblir la radio, sans permettre de développer la chaine de télé. Les économies drastiques impactent  l’éditorial des chaines au quotidien. Les deux plans sociaux à RFI font ressentir le manque d’effectifs.

UN BIG-BANG EN 2022 ?

Le message politique est clair : les fonctionnements et les financements actuels sont plus ou moins garantis jusqu’en 2022. A cette date, France Médias deviendrait la structure opérationnelle chargée de piloter l’audiovisuel public et ses budgets. En fonction des priorités politiques, cette holding pourrait devenir un outil au service des regroupements, des fusions et des économies d’échelle.

Quand on connaît l’obsession de nos dirigeants pour les suppressions de postes et les économies, on peut craindre qu’elles deviennent l’objectif principal de ce projet de réforme, bien loin du projet « d’adaptation » et de « développement » affiché.

Plus que jamais, les syndicats et les salariés de l’audiovisuel public seront vigilants et déterminés à défendre leurs missions et leurs spécificités.

Paris, le 25 septembre 2019

CONTACTS

SNJ France Télévisions : Raoul Advocat 06 22 69 30 14

SNJ Radio France : Valeria Emanuele 06 07 03 51 79

SNJ France Médias Monde : Nina Desesquelle 06 84 19 31 68

2019-09-25 ORTF 2.0 Pour quoi faire

L’association de la presse judiciaire et le SNJ lancent un guide de défense des journalistes

« Je suis journaliste : ma mission est d’informer le public. Mais les autorités peuvent voir d’un mauvais œil que je publie des informations confidentielles. Elles vont chercher à en savoir plus sur mon travail. De récentes affaires ont démontré combien la liberté de la presse et le secret des sources peuvent être menacés par la police et la justice ».

L’association de la presse judiciaire (APJ) et le Syndicat national des journalistes (SNJ) lancent conjointement un guide de défense des journalistes. Ce précieux document vise à prodiguer à nos consœurs et confrères les premiers conseils pour réagir correctement et légalement aux mesures de convocations et d’enquêtes qui se sont malheureusement multipliées ces derniers mois.

► Que faire en cas de garde-à-vue ?

► Que répondre aux questions des policiers et gendarmes ?

Ces intrusions policières et judiciaires ont pour objet principal d’identifier les sources des journalistes dont les reportages et les enquêtes dérangent les pouvoirs politiques et économiques. C’est la raison pour laquelle ce Guide rappelle un certain nombre de droits du journaliste.

Si la protection du secret des sources est garantie par la loi, des menaces et des pressions sont pourtant exercées sur les journalistes pour identifier leurs sources. Les journalistes sont des justiciables comme les autres mais ils possèdent des droits spécifiques pour leur permettre de remplir leur mission d’informer.

Le guide est à télécharger ci-dessous, en version courte ou en version longue

Paris, le 25 juin 2019

Guide de défense du journaliste version courte

Guide de défense du journaliste version longue

 

Sports : un terrain bientôt en friche ?

« France Télévisions, le plus grand terrain de sport » : un slogan que la direction ne se lasse pas d’utiliser depuis des années. Mais jusqu’à quand ?

La direction des Sports de France Télévisions tangue sérieusement depuis l’hiver dernier, après l’annonce d’une importante réduction de son budget pour 2018 et au-delà. Delphine Ernotte ne plaçait plus le sport parmi ses priorités et demandait la vente de droits sportifs majeurs. La direction évoquait même la cession des contrats pour la Coupe de France ou la Coupe de la Ligue de football.

Interpellés par les salariés et leurs représentants, les dirigeants jouaient l’apaisement et affichaient un optimisme de façade : « faites-nous confiance, nous allons stabiliser la situation ».

Aujourd’hui, rien ne permet d’être rassuré. Au contraire. France Télévisions n’a pas pu céder les droits du football, laissant planer le doute sur de nouvelles économies à réaliser dans d’autres domaines. Le directeur délégué aux Sports chargé de négocier les droits a quitté France Télévisions il y a plusieurs mois, et il n’a toujours pas été remplacé. Par ailleurs, France Télévisions n’a toujours aucune garantie concernant la diffusion des Jeux Olympiques 2024 en France.

France Ô et France 4, qui diffusaient des centaines d’heures d’événements sportifs chaque année, n’existeront bientôt plus sous leur forme actuelle. Le sport sera-t-il retransmis uniquement sur France 2 et France 3 ? Les contrats en cours seront-ils cédés au privé ? Là aussi, les salariés n’obtiennent aucune réponse rassurante.

Pourtant, la complémentarité des différentes chaînes du groupe offre la possibilité de diffuser, et avec succès, des rendez-vous sportifs comme Roland-Garros, le Tour de France ou les Championnats Européens. Ce dernier événement, organisé à Glasgow et Berlin, a permis au service public de proposer pendant dix jours des épreuves féminines et masculines d’athlétisme, natation, cyclisme, gymnastique, aviron, triathlon…

Quel autre grand groupe audiovisuel français propose une telle variété de sports à des millions de téléspectateurs ?

Il serait incompréhensible de voir le service public abandonner le terrain du sport. Un tel repli signerait l’abandon d’une partie de nos missions historiques. Ce serait un coup dur porté à l’ensemble de France Télévisions : l’acquisition de droits sportifs bénéficie en effet aux chaînes nationales et au site francetvsport.fr, mais également aux stations ultra-marines et aux stations régionales de France 3, qui diffusent régulièrement des compétitions.

Au-delà des retransmissions, le sport sur France Télévisions c’est surtout des milliers de reportages et de résumés, en « clair » ! Ils sont proposés toute la journée, en ligne, dans nos journaux (locaux, régionaux et nationaux) et dans nos émissions.

« Tout le Sport » et « Stade 2 », notamment, sont des rendez-vous uniques sur des chaînes historiques. Ils sont pourtant confrontés à des difficultés croissantes pour conserver la maîtrise de leurs reportages. Depuis plus d’un an, la direction organise l’externalisation des tournages et il devient de plus en plus difficile de travailler avec des JRI et des OPS de France Télévisions. L’explication est aussi simple que triste : nos dirigeants préfèrent faire appel à des sociétés de production privées.

C’est une perte de travail, d’emplois et de savoir-faire pour le service public. Mais pour la direction, qu’importe : la priorité est visiblement de diminuer le nombre d’ETP (équivalents temps plein) et de remplir quelques objectifs de parts variables ! Elle préfère utiliser son budget pour payer de lourdes factures au privé plutôt que d’embaucher dans le public…

Cette situation indigne ne peut plus durer et sur ce sujet, le SNJ va déposer une saisine auprès de la direction générale de l’entreprise.

France Télévisions ne doit pas abandonner le plus grand terrain de sport. Nous devons défendre notre projet éditorial dans ce domaine : il est ambitieux et singulier, soucieux de représenter la diversité des pratiques sportives. C’est l’engagement du service public.

Nous devons également cultiver et valoriser notre savoir-faire sur les reportages et la réalisation d’événements sportifs, en conservant en interne nos moyens de tournage et de production.

Paris, le 3 octobre 2018

2018-10-03 Sports – un terrain bientot en friche

Et la Palme d’Or de la dérive déontologique est attribuée à…

~ COMMISSION DÉONTOLOGIE DU 8 NOVEMBRE 2017 ~

La commission déontologie, prévue par l’accord collectif de France Télévisions, s’est réunie le 8 novembre. Comme d’habitude, la direction n’a pas fourni l’intégralité des documents nécessaires à son bon fonctionnement. Il manque par exemple les collaborations extérieures de France 3 et des Outremers 1ères. Voici le palmarès des plus graves dérives relevées par le SNJ.

Le Zéro d’Or à France 3

Le SNJ attribue le Zéro d’Or à la direction du réseau France 3 : aucun directeur n’a daigné assister à la réunion. La déontologie de l’information semble moins l’intéresser que la présentation des nouveaux décors des JT, qui s’est déroulée le même jour à Marseille. À chacun ses priorités… Le SNJ aurait pourtant bien aimé entendre la direction de France 3 sur plusieurs points :

– L’ordre moral qu’elle semble vouloir imposer çà et là : de nombreux journalistes de la rédaction nationale ont eu des remarques concernant des plans à ne pas mettre dans des montages. Exemple : l’image d’une piqûre dans le bras pour un sujet vaccin ou l’image de seins en gros plan pour un sujet sur le dépistage du cancer.

La pression sur les journalistes, avec menaces de sanctions, s’ils refusent de livrer gratuitement à une entreprise privée (Facebook) des « lives » et autres reportages complets.

Les mensonges proférés, toujours à propos des réseaux sociaux, sur de prétendus accords avec ces entreprises privées qui garantiraient la protection des droits moraux et patrimoniaux (droits d’auteurs) des journalistes.-

Le Tartuffe d’Or à la direction de l’information

Le 20H00 de France 2 a diffusé un sujet avec la personne qui a déposé plainte pour viol contre Tariq Ramadan qui, de son côté, a déposé plainte pour dénonciation calomnieuse. Pourquoi nos journaux (à l’exception de FranceInfo) n’ont-ils pas fait de sujets autour de la plainte de notre consœur Anne Saurat-Dubois contre Eric Monier, l’ex directeur de la rédaction de France 2 ?

Réponses de la direction : « Êtes-vous sûrs qu’une plainte a bien été déposée ? En avez-vous la preuve ? » et aussi « il n’y a pas eu consigne de taire l’information (…) il ne faut pas se précipiter pour être le premier dans ce genre d’information ».

Les Menottes d’Or à France 2

Le 26 octobre, le 20H00 de France 2 diffuse l’interview d’un djihadiste français prisonnier des Kurdes. Cette personne est filmée les yeux bandés, menottée dans le dos et en présence de deux gardiens, l’un flouté, l’autre recouvert d’une cagoule. La loi française nous interdit de filmer des prisonniers menottés, pourquoi avoir accepté de contrevenir à cette règle de droit ? De plus, cela ne respecte pas la convention de Genève qui considère tout « combattant » participant à un conflit comme un « prisonnier de guerre ».

Réponse de la direction : « il n’était pas reconnaissable (…) mais c’est vrai qu’on aurait dû expliquer aux téléspectateurs les conditions du tournage ». Et la violation de la convention de Genève ? Pas de réponse…

Le Ménage d’Or au service des Sports

Le recrutement de Thomas Thouroude pour présenter « Tout le Sport » a fortement ému la rédaction qui ne comprend pas comment un journaliste peut travailler chaque jour sur une chaîne de radio privée tout en présentant le JT des sports du service public. Ne trouvez-vous pas ce choix regrettable et dangereux dans une rédaction qui est déjà abîmée par un vaste système de ménages ? Réponse de la direction des sports : « il n’y avait pas en interne une personnalité qui s’imposait ». Et le mélange des genres public/privé ? La source de confusion pour nos téléspectateurs ? Et les salariés en CDD privés de contrats au nom des « nécessaires économies » alors que la direction permet ce cumul d’emplois ? Pas de réponse…

La Casse d’Or à la direction de Réunion 1ère

La direction de Réunion 1ère a transformé la station en laboratoire de casse de la déontologie de l’information. Les dernières expériences en date :

– La rédaction en chef a recruté une pigiste qui est par ailleurs blogueuse pour plusieurs sites de voyages, BudgetAir.fr et Lastminute.com. Ce mélange des genres entre journalisme et communication ne vous semble-t-il pas porter atteinte à l’indépendance et l’intégrité de cette journaliste et de la rédaction de France TV qui l’emploie ?

– Le 3 août dernier, la rumeur d’une prise d’otages dans un supermarché de St Paul se propage sur l’île. Loin de son devoir d’information, Réunion 1ère diffuse sur sa page Facebook des vidéos amateurs, sans aucun recul, et un animateur radio réalise des lives, relayés sur la page Réunion 1ère, qui participent à la propagation de la rumeur. Il faudra finalement que le public attende le lendemain pour apprendre qu’il ne s’agissait que d’un braquage (sans otage donc) ayant eu lieu quelques heures plus tôt. Le soir du braquage, un article signé du responsable de la cellule internet indiquait encore que les « otages » (sic) étaient sains et saufs.

– Après avoir offert – malgré les alertes du SNJ – pendant plus de six mois une vitrine télé hebdomadaire à une avocate/conseillère régionale et députée suppléante socialiste avant d’être candidate LREM aux dernières législatives, la direction de Réunion 1ère a récemment poussé le vice encore plus loin. Ainsi, début octobre, une salariée PTA a participé à la couverture de la visite de la ministre des outremers Annick Girardin dans le cirque de Mafate (vidéos live, interviews…). Outre le fait que cette collaboratrice n’est pas journaliste, le SNJ rappelle qu’il s’agit d’une élue de la majorité municipale de St Denis.

Pour faire face à la concurrence et booster les audiences, le directeur régional de Réunion 1ère s’est demandé récemment devant les IRP s’il serait judicieux de faire gagner de l’argent liquide au public. Soit pour des jeux, soit pour obtenir des scoops.

Le Lâchage d’Or à la direction de Polynésie 1ère

Lors du CE du 20 octobre, le directeur régional s’en est pris aux journalistes auxquels il a reproché des reportages « à charge » contre le gouvernement de Polynésie et ses ministres. Il a invité en plateau un ministre pour « déminer » le terrain et s’est offusqué ensuite de la façon dont l’interview avait été menée. Comment un directeur peut-il ainsi désavouer publiquement le travail de toute une rédaction en émettant des doutes sur sa probité ?

Paris, le 10 novembre 2017

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