« Insécurité managériale » et désinformation

COMMUNIQUÉ COMMUN SNJ – CGT

Le rédacteur en chef par intérim du BRI de Grenoble vient de quitter ses fonctions. En guise de communication, une simple information orale sans annonce préalable lors de la conférence de rédaction du 31 janvier par le directeur régional. Les causes de son départ : « l’insécurité managériale ». Un sentiment partagé, semble-t-il, par l’ensemble des adjoints.

Un départ qui n’a aucun lien avec les propos et les comportements paternalistes, dévalorisants ou sexistes vis-à-vis de nos 4 collègues femmes ? Aucun lien non plus avec des propos pour tenter de dissuader une salariée de prendre des mandats de représentation du personnel ?

Pas du tout, car le directeur régional d’Auvergne-Rhône-Alpes a déclaré qu’aucune faute ne lui était reprochée.

Les témoignages écrits et circonstanciés de 4 jeunes journalistes femmes sont accablants mais ils ne comptent pas. « Elles » ne comptent pas. En niant leurs paroles, c’est leur sentiment d’insécurité face à un manager, leur intégrité qui est remise en question. Par un insupportable renversement de situation, elles sont devenues les responsables et la cause du départ de leur supérieur hiérarchique, qui devient de fait une victime.

Pourtant, ce départ sonne comme un aveu. A aucun moment, contrairement aux rumeurs que certains colportent, la tête de quelqu’un n’a été réclamée. Mais les représentants du personnel étaient dans le devoir d’intervenir au vu de la situation de détresse des salariées concernées.

Dans la ligne de mire aussi, les syndicats et représentants du personnel, « briseurs » de sérénité et d’ambiance, qui ont soutenu leurs collègues. Pour le confort ou l’ambition de certains, il aurait été plus opportun de taire ces agissements. S’indigner des discriminations ou du sexisme dans un reportage est une chose. Appliquer les bonnes pratiques dans notre propre entreprise en est visiblement une autre, pour la direction AURA.

Une fois de plus, la direction ne prend pas ses responsabilités, ne respecte pas ses obligations, délégitime la parole des élus et instrumentalise une situation à son avantage.

Derrière un discours de bienveillance, nos dirigeants jettent l’opprobre sur les salariés et leurs représentants. L’antenne des Alpes déjà fragilisée n’avait pas besoin de cette manœuvre de désinformation.

Grenoble, le 1er février 2022

L’élection présidentielle sur France 3 ? Circulez, il n’y a rien à débattre !

Le débat démocratique et politique fait partie de notre mission de service public. Mais pas sur France  3. Il n’y aura pas de soirées électorales à l’occasion des deux tours de l’élection présidentielle. Quant aux émissions « Dimanche en politique » sur les antennes régionales, elles sont réduites au service minimum ou supprimées. Une faute lourde de la direction de France télévisions. Pire, un sabordage.

La soirée électorale du 1er tour de la présidentielle, et sans doute celle du second, se dérouleront sur France 2 et sur France Info. Exit France 3. Effacée.

C’est l’annonce faite par la direction de l’information. Encore une conséquence de la fusion des rédactions nationales de France 2 et de France 3, en réalité une absorption-disparition au détriment de France 3.

La direction démontre aussi, et une fois de plus, son désintérêt pour le réseau régional. Car le message est clair, le débat politique n’aurait pas sa place sur la chaîne des régions. En voici les preuves : annulation prévue de plusieurs débats de « Dimanche en politique » et pas plus d’un invité en plateau, exceptionnellement deux.

Officiellement, c’est la faute à la Covid-19. La crise sanitaire a bon dos : il n’y a aucune limitation du nombre d’invités sur les plateaux des autres antennes de France télévisions. Et encore moins de suppressions d’émissions !

Ceux qui pensent, en rétrécissant le champ de vision des téléspectateurs, faire monter l’audience de France  2 ces soirs-là, peuvent avoir de très mauvaises surprises. Rien ne prouve qu’une majorité des fidèles du 19/20 bascule sur France 2.

A peine sortis des JTs communs régionaux, imposés sans aucune raison valable, les salariés subissent donc à nouveau les mauvais traitements de la direction.

Le SNJ exige le rétablissement de soirées électorales pour la présidentielle sur France 3. En réfléchissant un peu, la direction devrait y arriver. Comme elle devrait arriver à être un minimum respectueuse des salariés du réseau régional, de notre public et de nos missions de service public.

Paris, le 28 janvier 2022

Les effacements présidentiels

Exemplaire ! Nous aimons mettre ce mot en exergue dans nos communications. Il est pour nous indissociable du Service Public que nous défendons. Et il faut hélas reconnaître que nous nous éloignons trop souvent de cette nécessaire exemplarité, de cette éthique indispensable à la confiance que nous devons inspirer à notre public au quotidien.

La campagne présidentielle qui se déroule sous nos yeux est un terrain de jeu idéal pour que cette exemplarité s’impose à nous et aux autres. Pourtant, malgré l’importance de l’échéance, certains comportements ne changent pas.
Par exemple, quand un présentateur qui pense toujours que l’édition qu’il incarne lui appartient, traite avec désinvolture une candidate à la présidentielle. Tout simplement parce qu’il ne voulait pas d’un invité politique dans son journal. Elle venait pourtant de se déclarer le matin même. Alors peu importe l’image de la rédaction, l’intégrité éditoriale… Ce qui compte, c’est lui et rien d’autre… Au SNJ nous disons que notre force c’est l’indépendance pas le mépris, le collectif pas l’égocentrisme, le respect combatif, pas l’irrévérence sans argument.

Dans un dispositif de couverture d’une élection présidentielle, il y a aussi les grands rendez vous comme «Elysée 2022». Il ne nous appartient pas d’en définir ici la ligne éditoriale mais nous sommes très surpris de l’annonce faite dans un quotidien par le directeur de l’information Laurent Guimier. La présence d’animateurs du groupe pour interroger les candidats invités est une confusion des genres inacceptable. Un magazine d’information doit rester un magazine d’information. On peut en plus s’interroger sur un changement de formule (énième changement), à quelques semaines de ce grand rendez-vous électoral. De plus, faire appel à des animateurs de France Télévisions alors qu’en même temps on se priverait des compétences de journalistes reconnus, constitue un affront à la rédaction nationale.

Dernière symbolique de cette présidentielle et des fausses notes internes : la soirée électorale du 1er tour et sans doute celle du second, se dérouleront sur France 2 et sur France Info. L’effacement de France 3 est acté. Ce n’est pas un problème de doublon, de cohérence ni d’économie. C’est un message clair qui prolonge le mauvais signal que portait en lui la fusion. Une acquisition-disparition. Et quand on nous dit que pour les législatives, France 2 laisserait l’antenne à France 3, on rit sous cape. Nous demandons donc à la direction de rétablir une soirée électorale pour les présidentielles du côté bleu. En mutualisant, en réfléchissant, en respectant tout le monde, elle devrait y arriver. Et pourquoi pas des soirées dans les différentes entités régionales, d’ailleurs.

Ceux qui pensent, en rétrécissant le champ de vision des téléspectateurs, faire monter l’audience de France 2 ce soir là, peuvent avoir de mauvaises surprises. Sachez que le plus souvent, une majorité des fidèles du 19/20 bascule ensuite sur une chaîne privée pour regarder le 20 heures (et nous le regrettons), comme nous le disions déjà au moment du funeste projet qu’est la fusion des rédactions. Alors restons fidèles à ceux qui sont, avec nous, attachés au service public. Et respectons aussi celles et ceux qui font vivre l’information au quotidien dans les éditions de toutes nos antennes.

Paris, le 27 janvier 2022

JTs communs : compte-rendu de la saisine intersyndicale

Le 17 janvier, une réunion s’est tenue avec Philippe Martinetti, directeur du réseau France 3.

Réunion d’échanges suite à la saisine des organisations syndicales de France 3 sur les JTs communs et le Plan de Continuité d’Activité (PCA).

A 12h05, la direction prévenait les organisations syndicales (SNJ, CGT, CFDT, FO, SUD) que la réunion initialement prévue à 14h, était reportée à 15h. À 14h06, la direction communiquait par mail sur la fin des JTs communs pour les antennes de France  3. Un enchaînement qui démontre une certaine fébrilité du côté de la direction. S’agissait-il de ne pas paraître céder aux salariés ? Quoi qu’il en soit, rédacteurs en chefs, chefs de centres et planificateurs ont été mis à rude épreuve.

La réunion sur la saisine s’est passée relativement sereinement, la direction ayant cédé à la principale demande.

Le directeur du réseau a confirmé qu’au 24 janvier, les 24 éditions reprennent, Dimanche en Politique également. Il a bien précisé qu’il s’agit d’une adaptation du PCA et non de la fin du plan.

Nous sommes revenus sur la façon dont a été lancé ce PCA juste avant la rentrée.

Pour Philippe Martinetti, il s’agissait de protéger les salariés tout en évitant une rupture d’antenne. D’après lui, jamais le prisme économique n’a été pris en compte.

Les organisations syndicales ont déploré la méthode, sa brutalité et son unilatéralité. Samuel Bignon, le DRH du réseau, a répondu que fin décembre, il fallait prendre une décision rapidement vu la virulence du variant Omicron.

Lors de cet échange, le SNJ a développé deux points.

Premièrement, cette crise a appuyé là où ça fait mal. Elle a montré que les organisations qui s’adaptent rapidement et efficacement sont celles qui s’appuient sur une autonomie des équipes de terrain, qui sont confrontées directement aux problèmes.

Or France 3, et plus largement France TV, se sont très fortement centralisés. D’où des réactions disproportionnées et inappropriées, comme ce deuxième confinement de l’info régionale.

Par ailleurs, parler de retour à la normalité est illusoire. La situation est incertaine et complexe. Il y aura d’autres crises, qu’elles soient environnementales, politiques ou sociales. Sans parler du fait que nous ne sommes pas sortis de celle liée au Covid-19. Il n’y aura donc pas de retour à la normalité précédente, mais bien création de nouvelles normalités.

Dans ce contexte, prétendre imposer verticalement un nombre de salariés maximal identique pour chaque antenne de France 3 est totalement inefficace.

Pour le SNJ, il y a nécessité de s’entendre sur une méthode et des objectifs.

Les objectifs : maintenir une offre d’information de proximité digne de ce nom, avec des éditions locales et d’antennes, tout en préservant la santé des salariés. Il ne s’agit pas de maintenir des éditions comme si de rien n’était, alors que nous sommes en crise. Montrer l’adaptation à l’antenne n’est pas un signe de faiblesse, mais au contraire un signe de vitalité et d’engagement auprès du public, au moment où il en a le plus besoin.

Sur la méthode : la détermination des actions à mettre en œuvre doit se faire au plus près du terrain. En partant des salariés et de leurs chefs de services et en y associant les répresentants du personnel.

Par ailleurs, cette crise interne, liée à la recentralisation de France 3, met en lumière un impensé de taille.

Depuis 2013, les régions administratives ont été profondément modifiées. Pourtant, aucun travail éditorial n’a été engagé pour repenser nos éditions régionales. Toute absorbée par la centralisation et la transformation des régions en réseau, l’entreprise n’a pas vu la nécessité de travailler l’évolution de son offre éditoriale avec ses équipes.

Résultat prévisible : une crise arrive, la direction supprime d’un trait de plume des JTs d’antennes dont elle ne sait que faire.

En conclusion, le SNJ s’est déclaré satisfait par le retour des éditions d’antennes. Nous sommes par contre réservés sur un retour à 100% du temps d’antenne de nos éditions avec 80% des effectifs, comme par exemple le montage en télétravail maintenu.

Nous n’accepterons pas la politique du yoyo. Celle qui consisterait à placer les salariés en difficulté avec un travail dégradé, pour ensuite de nouveau fermer les antennes.

Philippe Martinetti a affirmé qu’il n’en n’était pas question, il s’est par ailleurs engagé à revoir la méthodologie.

Dans un premier temps, les instances de proximité seraient sollicitées pour accompagner ce nouveau dispositif afin de prendre les décisions au plus près du terrain.

Un avenir relativement proche nous éclairera sur la mise en pratique des déclaration et engagements du directeur du réseau.

Une clause de revoyure est prévue le 21 janvier pour décider de la sortie ou non du PCA.

Paris, le 19 janvier 2022

Dry January

Liminaire SNJ au CSE Réseau régional des 19 et 20 janvier 2022

Au seuil de cette année 2022, nous voici donc, techniciens, administratives et journalistes, soumis par la direction au « Dry January ».
En Français dans le texte, on peut même parler de Triple Sec !

Au retour des vacances de fin d’année, les salariés de région ont reçu en guise d’étrennes une mise à sec avec un plan de continuité de l’activité totalement disproportionné. Une réduction « prévisionnelle » drastique d’équipes entrainant des Journaux Communs quand le besoin de proximité se fait plus pressant et des suppressions d’émissions mettant en danger celles dont les audiences ne sont pas encore enracinées.

Une décision absurde que les salariés du réseau ne comprennent pas et vivent douloureusement. Comme si on voulait souligner par là même leur inutilité quand leurs collègues de l’antenne nationale, information et programmes confondus, continuent de leur côté de travailler quasi normalement. Une iniquité de traitement qui creuse encore plus profond le sillon de la défiance, déjà bien tracé par la différence de moyens de plus en plus outrancière.

Une situation d’autant plus Orwellienne à leurs yeux et à ceux des élus que nous sommes, que les formations planifiées de longue date se tiennent, réunissant dans une même salle, parfois petite, plus de personnes qu’il n’est autorisé, par exemple, pour une conférence de rédaction ou une réunion d’antenne.

Sauf bien sûr à ce que, grâce à cet excès de prudence mal venu et à deux vitesses, la direction du réseau en profite pour faire de nouvelles économies, en ne remplaçant pas les journalistes et les techniciens en formation. Et en planifiant les RTT employeur.

Et ce n’est pas l’annonce cacophonique lundi de la reprise progressive des JT d’antenne qui va atténuer le désarroi ressenti par le personnel.

Autre sentiment d’inutilité : celui qui se dégage du bilan de l’avancée du projet numérique comme de celui des nouveaux JT. Malgré des chiffres impressionnants avancés par la direction du réseau sur le nombre de personnes impliquées, il s’agit pour la plus grande part ou de la totalité d’encadrants. Peu ou pas de journalistes de terrain, vous savez les « reporters », de journalistes web ou de techniciens notamment ceux qui concourent tous les jours à la fabrication de l’information. En matière de sécheresse, là c’est carrément le désert !

Ce n’est pas avec cette absence, avec ce manque de considération, dont vous prétendiez prendre le contrepied, que vous entrainerez les salariés dans des projets stratégiques, décidés au-dessus de leurs têtes.

Quant à l’arrêt des économies subies par le réseau régional, là encore la tournée n’est pas générale. Plusieurs régions vont demeurer dans l’abstinence les vacances prochaines et l’été, et encore bien au-delà de cette année qui commence. Une petite rasade de JT communs pour compenser le manque de moyens.

Alors oui, en guise de vœux pour cette année 2022, que nous souhaitons la meilleure et la moins sobre possibles à toutes et à tous, nous espérons surtout que la direction aura pris de meilleures résolutions. Pour que chacun se sente vraiment un maillon indispensable de cette entreprise et dans le réseau France 3 en particulier.

En visioconférence, le 19 janvier 2022

Levée du préavis : retour des JT régionaux en Bretagne et en Centre-Val de Loire

Suite à la mobilisation d’aujourd’hui, les représentants de proximité et délégués syndicaux ont rencontré en début d’après-midi leurs directions respectives pour échanger. Elles ont proposé un allègement du plan de continuité de l’activité (PCA).

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