L’ultime trahison

RÉDACTION NATIONALE

La présidente est toujours au rendez-vous lorsqu’il s’agit de trahir les salariés. Fermeture de France Ô pour soi-disant améliorer la visibilité de l’outre-mer. Suppression du Soir 3, dernier rendez-vous d’information d’une chaîne généraliste au cœur de la nuit et au succès jamais démenti tout au long de ses 40 années d’existence. Et maintenant, l’ultime trahison avec l’annonce de la disparition des éditions nationales de France 3 !

Oui, vous avez bien lu. Fini le 12/13, fini le 19/20 dès septembre 2023. Des suppressions suggérées par des propos peu respectueux de notre travail. La présidente laisse entendre que ces éditions ne sont que reboutiquage de reportages de France 2, sans aucune valeur ajoutée… Totalement faux ! Ces éditions ont une identité propre, mais la présidente préfère réduire à néant cette forme de pluralisme éditorial de l’information nationale, pourtant inscrite dans l’histoire du service public.

Le discours qui accompagne la fin de ces éditions emblématiques évoque un avenir obscur pour les journalistes de la 3 qui « travailleront et fabriqueront pour le réseau régional… », a dit la présidente sans autre précision !
Mais de quels journalistes parlez-vous madame ? Avez-vous oublié que la fusion des rédactions est passée par là et qu’il n’y’a plus de journalistes de France 2 ou de France 3 ? Alors qui choisira d’affecter tel ou telle aux éditions de France 2 et de reléguer les autres à des tâches beaucoup moins gratifiantes ? Un nouveau casting au-dessus du casting qui fait déjà tant de dégâts ? Tout n’est que cynisme dans ce choix. Cette transition brutale vers une info low-cost donnera l’illusion au pouvoir politique d’un vrai changement de logiciel à France Télévisions. Mais il n’en sera rien. Si des consœurs ou confrères en régions sont sans doute ravis de cette pseudo-régionalisation, comment relever ce défi impossible  ? Mais comment vont-ils faire pour assumer 1 heure et demie d’info par jour sans moyens supplémentaires ? 1/2 heure à 12H30 et 1 heure entre 19H et 20H. Quelle mascarade !!!

Ajoutons à cela, des modules sur l’actualité nationale et internationale fabriqués par les journalistes-deskeurs de France Info et envoyés à toutes les régions pour les inclure dans leurs journaux XXL. Une circulation de contenus qui prétend détruire toutes les barrières constituées par les accords d’entreprises à France Télévisions et France Info. Une attaque en règle qui justifiera, sans doute, un arbitrage de la justice.

Et l’emploi dans tout ça ?

Alors que la rupture conventionnelle collective (RCC) vide nos rangs, la présidente n’a visiblement pas l’intention d’embaucher de nouveaux journalistes à la rédaction nationale. 1 heure de moins à produire par jour, 7 jours sur 7, voilà qui va dégager une marge en termes d’effectifs !

Alors, destination les régions sur la base du volontariat ? Des redéploiements, selon la terminologie de nos chers DRH ! Pour qui et dans quelles conditions ? De la pure casse sociale, éditoriale… Une faute de plus !

Le SNJ n’accepte plus que cette entreprise soit dirigée par une présidente qui gouverne contre l’intérêt des salariés et contre la volonté d’un public fidèle à cette articulation locale, régionale, nationale et internationale !

Quant à nos directeurs qui, encore récemment, disaient travailler sur un nouveau 19/20, que pensent-ils de ces disparitions pures et simples ?

Sauvés la semaine dernière par Delphine Ernotte, voilà qu’elle se moque d’eux en faisant du passé table rase ! Qu’ils s’en aillent tous ! Ils ne sont pas dignes du service public. Nous exigeons de la présidente qu’elle vienne s’expliquer en face à face, au CSE du Siège.

L’heure n’est plus à la défiance mais à la résistance.

Paris, le 5 juillet 2022