Faux départ

Déclaration liminaire des élus SNJ au CSE Réseau

Nous voici donc réunis pour inaugurer un nouveau mandat de 3 ans dans cette instance censée représenter plus de 3000 salariés. Nous profitons de cette première réunion ordinaire pour souhaiter un bon mandat à tous les élus, notamment à ceux qui viennent de s’engager courageusement.

Cette première réunion ordinaire devrait s’engager sous les meilleurs auspices. Mais d’ordinaire, elle n’aura sans doute que le nom « administratif ».

La plupart d’entre nous avons porté cette nouvelle représentation des salariés sur les fonts baptismaux lors d’un premier mandat éprouvant.

La tâche s’annonce d’ores et déjà bien rude.

Il y a eu, bien sûr, la crise sanitaire qui a pesé sur l’exercice du mandat précédent, mais aussi des dossiers lourds à gérer, notamment en matière de santé et de sécurité au travail.

Nous avons connu les limites d’une instance unique pour peser réellement sur la vie quotidienne de nos antennes, tant les dossiers s’accumulaient dans des ordres du jour débordés qui nous ont obligés à repousser certains points pour en privilégier d’autres.

La mission qui nous attend et qu’attendent les salariés de nos mandats est immense …

Et malgré les alertes sur la santé qui n’ont pas cessé de se multiplier et qui se poursuivent, la direction n’a rien trouvé de mieux à faire que d’assigner par voie d’huissiers les 8 membres de la nouvelle CSSCT ainsi que le secrétaire de l’instance.

La proposition de la DRH de l’entreprise en ouverture de réunion vient en partie répondre à la demande des élus .

Mais il conviendra néanmoins d’aller plus loin en revoyant les moyens accordés à cette commission importante.

Ce nouveau mandat a bien failli débuter par un bras de fer relativement déplorable.

L’inspection du travail vous rappelle d’ailleurs régulièrement vos obligations.

L’inspectrice du travail de Bordeaux vous l’écrivait très formellement il y a peu en précisant : « il ne s’agit plus de réparer les dommages dûs aux accidents, mais de promouvoir la santé avec la mise en place d’un environnement de travail favorisant la santé des salariés », fin de citation.

Voilà qui n’augure rien de bon pour un dialogue social apaisé et constructif, répété à satiété par notre directeur de réseau qui se révèle empêtré dans ses contradictions et peu enclin pour l’instant à joindre les actes aux paroles.

Et pourtant ne faudrait-il pas faire front ensemble ? S’engager dans une « alliance », puisque c’est un sujet d’actualité ?

Car les dossiers entamés dans la précédente mandature restent nombreux et, pour certains, toujours en souffrance.

L’ersatz de régionalisation continuera-t-il à produire des dégâts dans les antennes dépourvues de réels moyens pour présenter à nos publics des programmes et des sessions d’information dignes de ce nom ?

L’arrivée d’une plateforme numérique commune avec Radio France où la mobilisation de nos confrères sous forme de grève du clavier ne lasse pas de nous inquiéter pour la pérennité de nos propres sites, de notre marque et de l’incohérence éditoriale qui a déjà fait ses preuves en plusieurs semaines d’existence.

Et encore la plateforme ICI n’est pas partout… l’appli est répertoriée, pour l’instant seulement, sur androïd.

Les conséquences du plan de rupture conventionnelle collective ont achevé de mettre en péril la structure de l’emploi, occasionnant souffrances et surcroit de travail.

Les exemples navrants de tentative de suppression de monteurs à Lyon pendant les congés ou de non remplacements de scriptes, comme à Antibes, mettent en péril notre mission d’information régionale.

L’entêtement à imposer un déménagement d’Antibes à Nice, contre le consentement des salariés, sans aucun plan de prévention des RPS et avec des aménagements envisagés comme si le Covid n’avait pas existé, est un dossier de plus où la direction se bouche les oreilles et se met la main sur les yeux, décision souveraine de la présidente oblige.

Enfin, la perspective d’une suppression de la redevance annoncée par le gagnant de la présidentielle nous pose la question de la survie même de l’audiovisuel public dans une démocratie parlementaire soumise au bon vouloir d’un gouvernement encore incertain.

Bref, il n’y aura pas de période de grâce de 100 jours.

Sauf à ce que vous rétablissiez très vite la confiance par des actes forts.

Sur tous ces dossiers, les représentants du SNJ s’engagent plus que jamais à travailler dans le partage efficace et pour un dialogue renouvelé, afin de défendre l’intérêt de tous les salariés dans un service public fort face à une concurrence féroce.

Paris, le 4 mai 2022

CSE Réseau F3 des 16 et 17 février 2022

3 ANS, QUEL BILAN ?

Puisqu’il semble qu’il s’agisse là de la dernière réunion du CSE réseau
dans cette mandature, il est sans doute temps de faire un bilan.
Difficile de mettre un point final à ces trois ans et demi de représentation
des salariés… et ce n’est pas un problème de ponctuation.

Pour lire la suite du liminaire, cliquer ci-dessous

L’ENGAGEMENT SNJ

La nouvelle mandature qui se profile est un nouveau défi pour vos
représentants SNJ : défendre les journalistes mais aussi les autres
métiers dont les missions sont de plus en plus mises à mal par une
politique d’économies !

Pour lire le préalable du SNJ au CSE siège des 15 et 16 février 2022, cliquer ci-dessous

JTs communs : compte-rendu de la saisine intersyndicale

Le 17 janvier, une réunion s’est tenue avec Philippe Martinetti, directeur du réseau France 3.

Réunion d’échanges suite à la saisine des organisations syndicales de France 3 sur les JTs communs et le Plan de Continuité d’Activité (PCA).

A 12h05, la direction prévenait les organisations syndicales (SNJ, CGT, CFDT, FO, SUD) que la réunion initialement prévue à 14h, était reportée à 15h. À 14h06, la direction communiquait par mail sur la fin des JTs communs pour les antennes de France  3. Un enchaînement qui démontre une certaine fébrilité du côté de la direction. S’agissait-il de ne pas paraître céder aux salariés ? Quoi qu’il en soit, rédacteurs en chefs, chefs de centres et planificateurs ont été mis à rude épreuve.

La réunion sur la saisine s’est passée relativement sereinement, la direction ayant cédé à la principale demande.

Le directeur du réseau a confirmé qu’au 24 janvier, les 24 éditions reprennent, Dimanche en Politique également. Il a bien précisé qu’il s’agit d’une adaptation du PCA et non de la fin du plan.

Nous sommes revenus sur la façon dont a été lancé ce PCA juste avant la rentrée.

Pour Philippe Martinetti, il s’agissait de protéger les salariés tout en évitant une rupture d’antenne. D’après lui, jamais le prisme économique n’a été pris en compte.

Les organisations syndicales ont déploré la méthode, sa brutalité et son unilatéralité. Samuel Bignon, le DRH du réseau, a répondu que fin décembre, il fallait prendre une décision rapidement vu la virulence du variant Omicron.

Lors de cet échange, le SNJ a développé deux points.

Premièrement, cette crise a appuyé là où ça fait mal. Elle a montré que les organisations qui s’adaptent rapidement et efficacement sont celles qui s’appuient sur une autonomie des équipes de terrain, qui sont confrontées directement aux problèmes.

Or France 3, et plus largement France TV, se sont très fortement centralisés. D’où des réactions disproportionnées et inappropriées, comme ce deuxième confinement de l’info régionale.

Par ailleurs, parler de retour à la normalité est illusoire. La situation est incertaine et complexe. Il y aura d’autres crises, qu’elles soient environnementales, politiques ou sociales. Sans parler du fait que nous ne sommes pas sortis de celle liée au Covid-19. Il n’y aura donc pas de retour à la normalité précédente, mais bien création de nouvelles normalités.

Dans ce contexte, prétendre imposer verticalement un nombre de salariés maximal identique pour chaque antenne de France 3 est totalement inefficace.

Pour le SNJ, il y a nécessité de s’entendre sur une méthode et des objectifs.

Les objectifs : maintenir une offre d’information de proximité digne de ce nom, avec des éditions locales et d’antennes, tout en préservant la santé des salariés. Il ne s’agit pas de maintenir des éditions comme si de rien n’était, alors que nous sommes en crise. Montrer l’adaptation à l’antenne n’est pas un signe de faiblesse, mais au contraire un signe de vitalité et d’engagement auprès du public, au moment où il en a le plus besoin.

Sur la méthode : la détermination des actions à mettre en œuvre doit se faire au plus près du terrain. En partant des salariés et de leurs chefs de services et en y associant les répresentants du personnel.

Par ailleurs, cette crise interne, liée à la recentralisation de France 3, met en lumière un impensé de taille.

Depuis 2013, les régions administratives ont été profondément modifiées. Pourtant, aucun travail éditorial n’a été engagé pour repenser nos éditions régionales. Toute absorbée par la centralisation et la transformation des régions en réseau, l’entreprise n’a pas vu la nécessité de travailler l’évolution de son offre éditoriale avec ses équipes.

Résultat prévisible : une crise arrive, la direction supprime d’un trait de plume des JTs d’antennes dont elle ne sait que faire.

En conclusion, le SNJ s’est déclaré satisfait par le retour des éditions d’antennes. Nous sommes par contre réservés sur un retour à 100% du temps d’antenne de nos éditions avec 80% des effectifs, comme par exemple le montage en télétravail maintenu.

Nous n’accepterons pas la politique du yoyo. Celle qui consisterait à placer les salariés en difficulté avec un travail dégradé, pour ensuite de nouveau fermer les antennes.

Philippe Martinetti a affirmé qu’il n’en n’était pas question, il s’est par ailleurs engagé à revoir la méthodologie.

Dans un premier temps, les instances de proximité seraient sollicitées pour accompagner ce nouveau dispositif afin de prendre les décisions au plus près du terrain.

Un avenir relativement proche nous éclairera sur la mise en pratique des déclaration et engagements du directeur du réseau.

Une clause de revoyure est prévue le 21 janvier pour décider de la sortie ou non du PCA.

Paris, le 19 janvier 2022

Dry January

Liminaire SNJ au CSE Réseau régional des 19 et 20 janvier 2022

Au seuil de cette année 2022, nous voici donc, techniciens, administratives et journalistes, soumis par la direction au « Dry January ».
En Français dans le texte, on peut même parler de Triple Sec !

Au retour des vacances de fin d’année, les salariés de région ont reçu en guise d’étrennes une mise à sec avec un plan de continuité de l’activité totalement disproportionné. Une réduction « prévisionnelle » drastique d’équipes entrainant des Journaux Communs quand le besoin de proximité se fait plus pressant et des suppressions d’émissions mettant en danger celles dont les audiences ne sont pas encore enracinées.

Une décision absurde que les salariés du réseau ne comprennent pas et vivent douloureusement. Comme si on voulait souligner par là même leur inutilité quand leurs collègues de l’antenne nationale, information et programmes confondus, continuent de leur côté de travailler quasi normalement. Une iniquité de traitement qui creuse encore plus profond le sillon de la défiance, déjà bien tracé par la différence de moyens de plus en plus outrancière.

Une situation d’autant plus Orwellienne à leurs yeux et à ceux des élus que nous sommes, que les formations planifiées de longue date se tiennent, réunissant dans une même salle, parfois petite, plus de personnes qu’il n’est autorisé, par exemple, pour une conférence de rédaction ou une réunion d’antenne.

Sauf bien sûr à ce que, grâce à cet excès de prudence mal venu et à deux vitesses, la direction du réseau en profite pour faire de nouvelles économies, en ne remplaçant pas les journalistes et les techniciens en formation. Et en planifiant les RTT employeur.

Et ce n’est pas l’annonce cacophonique lundi de la reprise progressive des JT d’antenne qui va atténuer le désarroi ressenti par le personnel.

Autre sentiment d’inutilité : celui qui se dégage du bilan de l’avancée du projet numérique comme de celui des nouveaux JT. Malgré des chiffres impressionnants avancés par la direction du réseau sur le nombre de personnes impliquées, il s’agit pour la plus grande part ou de la totalité d’encadrants. Peu ou pas de journalistes de terrain, vous savez les « reporters », de journalistes web ou de techniciens notamment ceux qui concourent tous les jours à la fabrication de l’information. En matière de sécheresse, là c’est carrément le désert !

Ce n’est pas avec cette absence, avec ce manque de considération, dont vous prétendiez prendre le contrepied, que vous entrainerez les salariés dans des projets stratégiques, décidés au-dessus de leurs têtes.

Quant à l’arrêt des économies subies par le réseau régional, là encore la tournée n’est pas générale. Plusieurs régions vont demeurer dans l’abstinence les vacances prochaines et l’été, et encore bien au-delà de cette année qui commence. Une petite rasade de JT communs pour compenser le manque de moyens.

Alors oui, en guise de vœux pour cette année 2022, que nous souhaitons la meilleure et la moins sobre possibles à toutes et à tous, nous espérons surtout que la direction aura pris de meilleures résolutions. Pour que chacun se sente vraiment un maillon indispensable de cette entreprise et dans le réseau France 3 en particulier.

En visioconférence, le 19 janvier 2022

Liminaire SNJ au CSE du réseau régional des 7 et 8 décembre 2021

Bientôt les vœux, mais où sont les cadeaux ?

En cette fin de mandat qui se dessine, les élus SNJ du CSE réseau souhaitent vous adresser un message.
Un message en forme de carte de vœux avant l’heure.
Nous vous présentons 4 souhaits très précis afin de rejoindre votre volonté d’un dialogue social apaisé et constructif.
Nous demandons la fin des postures des directions qui déstabilisent les salariés au lieu de les rassurer.
Abandonnez les projets mal engagés et les pseudo- expérimentations qui n’ont pour but que de casser les métiers au nom de prétendues évolutions technologiques .
Engagez plutôt un vrai développement des programmes régionaux sans déshabiller les moyens des cases d’information.
Enfin, nous souhaitons que vous parveniez à redresser les audiences des antennes qui, à force de faire des économies, n’ont plus les marges nécessaires pour lancer de nouveaux projets.
Nous le répétons inlassablement :
La régionalisation ne doit pas se faire sans moyens dédiés.
Si elle doit se faire, c’est en respectant chaque métier et non en déconstruisant nos savoir-faire, que vous pourrez embarquer toutes les équipes derrière vous.
Nous l’avons assez martelé dans cette instance et ailleurs : depuis plus d’une décennie, le réseau a déjà payé un lourd tribut aux suppressions de postes toujours plus nombreuses à France télévisions, et cela ne peut pas continuer ainsi.
Alors nos questions sont simples :
A l’heure du développement régional, les arbitrages budgétaires seront-ils favorables pour une fois au réseau France 3 ?
Vous vous êtes engagés à défendre auprès de la présidence notre avenir régional, alors :
Avez vous été entendu ?
Et puis, allez-vous respecter l’obligation de sécurité et de santé des salariés qui vous incombe ?
Ce n’est pas en option dans le pilotage du réseau et c’est même un défi majeur qu’il vous faut relever d’urgence sous peine d’aggraver la souffrance au travail.
L’avenir du réseau régional et de notre chaîne France 3 est en jeu.
C’est notre bien commun et il convient d’arrêter de le malmener et d’inquiéter des salariés qui, parfois, ne se reconnaissent plus dans un réseau agité par des vents contraires ou balloté au gré des caprices politiques.
Alors M. Martinetti, le cap sera-t-il bon en 2022 ?
Sans vous prendre pour le père Noël, nous espérons que les cadeaux au pied du sapin seront enfin à la hauteur de nos bons vœux pour une régionalisation réussie.

Paris, le 7 décembre 2021

Liminaire CSE Réseau F3 – « Ateliers bla bla etc… »

Il y a deux semaines, quelques heures après l’annonce par Roselyne Bachelot aux parlementaires de la création d’une offre numérique commune, la communication du réseau régional envoyait à l’ensemble des salariés un bien curieux message …….

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Sans nous, pas de journaux !

Préalable SNJ du CSE siège des 19 et 20 octobre

Dans notre précédente communication syndicale, « A la croisée des chemins », nous réclamions une cohérence dans les offres entre les émissions de programme et d’information, mais aussi entre chaines du groupe dans le cadre du traitement de l’élection présidentielle. Confusion entre journalistes qui participent à la fois à des émissions politiques et de divertissement, confusion entre programmation d’invités politiques qui acceptent certaines invitations et pas d’autres, et encore confusion entre programmes de certaines chaines et d’autres de notre groupe. Voilà de quoi rendre la campagne présidentielle illisible en interne comme en externe.

Il ne s’agit pas, bien sûr, de fixer une ligne politique mais bien une ligne éditoriale à tout cela ! Après nous avoir dit que nous exagérions, et que nous n’étions pas très « corporate », il a été annoncé par la direction, lors du dernier Comité Social et économique Central, que cette mission de régulation, pourrait-on dire, serait confiée à Yannick Letranchant. Comme quoi la question qui n’existait pas, lorsqu’elle était portée par notre organisation, trouve quand même une réponse lorsque la direction finit par s’en saisir…

Et nous précisons une fois de plus, que tout cela va bien au-delà de l’arbre qui cache la forêt, ce polémiste qui veut supprimer la redevance mais accepte d’être invité par le service public !

Mais attention, une ligne a été fixée par la direction ! Il viendra quand il sera candidat ! Nous verrons en novembre puisqu’il est annoncé comme principale tête d’affiche de l’émission « Elysée 2022 ».

Autre point évoqué, que nous abordions dans ce précédent texte, les dérives déontologiques dans certaines rubriques « Consommation » du 13 heures en particulier. Cela ne concerne pas nos consœurs et nos confrères bien sûr, mais la ligne éditoriale de cette édition. Trop de place est faite au patrimonial, au touristique, à un certain traitement de la consommation. Le tout parfois très proche d’une certaine forme de promotion ! Confondant volontairement notre critique éditoriale et une attaque en règle de ladite édition, la direction réfute nos arguments, balayant nos remarques, considérant que la ligne éditoriale, c’est un choix de direction et rien d’autre.

Nous tenons à dire ici solennellement qu’à force de ne pas tenir compte de nos revendications éditoriales, il faudra un jour que nous fassions la démonstration que sans journaliste, ces éditions n’existent pas ! Et dans la continuité, cela passera bien évidemment par un rééquilibrage dans les choix journalistiques entre les éditions et les services, et dans les services entre les encadrants et les journalistes de terrain. Nous le rappelons, nous sommes indépendants et pas des prestataires de l’information !

Paris, le 19 octobre 2021