L’année de tous les dangers

Liminaire SNJ au CSE Réseau des 25 et 26 janvier 2023

Le SNJ vous souhaite tout d’abord ses meilleurs vœux pour cette année 2023 qui va s’avérer cruelle pour les éditions nationales de la 3 qui sont sacrifiées tant l’obstination aveugle de la présidence pour « repenser l’info » (ce sont ses propres termes prononcés en comité de groupe) nous plonge dans l’expectative et l’inquiétude.

Sachez M. le directeur, que vous trouverez toujours notre syndicat vent debout face à ce projet funeste et clivant qui impacte un réseau toujours dépourvu de réels moyens pour exercer sa mission de service public et qui efface d’un trait grossier une information nationale de qualité qui exposait aussi les reportages régionaux.

D’ailleurs à ce sujet, qu’advient-il de la CASAR qui est tombée en désuétude malgré vos promesses de fin d’année ?

Cette commission d’aménagement et de suivi nous paraît indispensable pour ne pas perdre le fil décousu du tempo et celui des autres projets de la « régionalisation », tous liés les uns aux autres et aux outils.

Mais le terme « régionalisation » étant désormais banni du langage de la direction, doit-on penser que Tempo ne concerne dorénavant que l’information nationale ? Car en régions on ne voit toujours pas à quoi ressembleront vraiment les éditions « ici midi et ici soir », dont la direction veut accélérer la mise en place jusqu’à l’absurde.

Avec une inflation galopante qui impacte l’ensemble de nos concitoyens et les salariés du réseau, il est temps de redéfinir une vraie politique salariale, transparente et partagée, où les plus anciens ne seraient pas les oubliés ainsi que les élus du personnel.

À l’heure où l’échec cuisant de la plate-forme Salto et sa gabegie financière s’affichent dans la presse, la direction peut s’enorgueillir d’avoir consacré un demi-million pour rattraper des écarts de salaire, mais cela paraît dérisoire tant les disparités subsistent dans un réseau fort de 2 642 ETP.

Une politique salariale juste et équitable s’impose plutôt que de réaliser au coup par coup des saupoudrages très partiaux.

En matière d’emploi, force est de constater que l’ensemble des départs en retraite ou en RCC n’a pas été remplacé.

Après on va nous faire croire que le réseau est à l’équilibre et que nous ne perdrons pas d’ETP alors que la saignée se poursuit au compte-goutte, cette fois par une direction toujours plus avide d’économies pour satisfaire la tutelle.
Et que dire des journaux partagés ou communs entre plusieurs antennes qui s’intensifient en 2023 pour atteindre parfois un tiers de l’ensemble des éditions ?

C’est là que se niche la baisse des ETP dans des régions pourtant peu riches en effectifs.

Est-ce ainsi que vous prétendez assurer les 2 fois 40 minutes supplémentaires générées par le projet Tempo  ?

Sur l’absentéisme que nous évoquerons ensemble, l’expertise révèle un problème organisationnel et un défaut de prévention primaire du côté d’une direction qui se retranche derrière une vision purement statistique en oubliant parfois de relever des accidents du travail en tant que tels.

Un absentéisme qui touche majoritairement les journalistes qui, comme les techniciens du réseau qui concourent à l’information, vivent au rythme – j’allais dire au tempo – permanent de réformes, des changements organisationnels et techniques depuis 15 ans.

Par ailleurs, une autre expertise révèle que les gains de productivité escomptés pour « open média » sont plus modestes que prévu en raison des bugs répétitifs et de la charge mentale générés par cet outil voulu à tout prix par la direction. Encore un changement imposé, alors que les effets du déploiement de la phase 1 et les changements récents ne sont pas réellement impactés.

Alors oui, le SNJ formule le vœu pour cette nouvelle année que cette escalade s’arrête enfin, que l’humain revienne vraiment au centre de tous ces projets au bénéfice des salariés, et pas d’abord au bénéfice de l’entreprise ou à son image.
Que France Télévisions, et en premier lieu son réseau régional appelé à devenir la vitrine de France 3, intensifie sa recherche de nouveaux financements plutôt que de faire incessamment des économies sur le dos des salariés !

Paris, le 25 janvier 2023

Objectif Lunaire et au-delà…

LIMINAIRE SNJ AU CSE DES 7 ET 8 DECEMBRE 2022

Il y a quelques jours nous apprenions qu’une Française de 40 ans, Sophie Adenot, venait d’être choisie par l’agence spatiale européenne pour la nouvelle promotion d’astronautes. Une âme d’exploratrice, parait-il, qui rêvait depuis toute petite du cosmos, des planètes et d’apesanteur…

En lisant les documents pour cette réunion du CSE de décembre, on ressent parfois aussi un curieux flottement, un décalage spatio-temporel, un style de langage très « Bienvenue à Gattaca ».

Comme si la direction regardait la réalité avec les yeux de Sophie, l’ingénuité en moins, depuis l’ISS.

Ainsi, l’Etat des lieux du parc de caméras parait avoir été écrit par Monsieur Spock. « Travail rigoureux …en s’appuyant sur la contribution des salariés » ; « savoir-faire de nos OPV et JRI au cœur de notre ambition » ; « pluralité des écritures » …Sur la planète réseau France 3, l’écriture image tous les jours se heurte à des trépieds cassés, des grands capteurs tant attendus qui restent dans les placards faute d’accessoires et de formations.

Mais cela ne saurait tarder nous dit-on.

Ainsi le Vaisseau Amiral Tempo continue sa tournée des régions, avec, selon le pilote, des informations pas toujours identiques, lacunaires, voire lunaires…et toujours rien de concret sur les fameux renforts qui viendraient du Siège. Une béance et un non-sens éditorial avec une rédaction nationale qui s’avance doucement vers le trou noir.

Ainsi vous prétendez poursuivre avec nous ce « merveilleux projet de régionalisation » …en essayant de priver les élus de son outil d’échanges : la CASAR. Le SNJ est opposé à la suppression de cette commission globale de suivi de ce projet stratégique, qui engage le quotidien futur des salariés du réseau et brade une organisation de travail cohérente qui placerait l’humain en son centre.

Parmi lesquels les cdd qui de plus en plus doivent choisir entre manger et se loger dignement en raison de frais de mission insuffisants au regard de l’inflation des tarifs des hôtels de plus en plus élevés. Et cela à des années lumières de la prise en compte de l’humain et de nos collègues les plus précaires. A quand des frais de mission dignes de ce nom ?

Alors certes, il y a de temps en temps quelques signes, fugaces comme de la poussière d’étoiles, qui disent « je vous ai entendus » jusqu’à ce que le mal-être, l’absentéisme, le repli sur soi dans un autre ailleurs, nous rattrapent, vous et nous !

Offrez donc pour Noël aux salariés du réseau une calculatrice pour leurs effectifs et leur budget, un kaléidoscope pour oublier votre réalité et un télescope. Parce que finalement, vous avez peut-être raison : mieux vaut regarder vers les étoiles.

Joyeux Noël à toutes et à tous.

Paris, le 07 décembre 2022

Pas de Tempo comme cadeau

PRÉALABLE SNJ AU CSE SIÈGE DES 5 ET 6 DÉCEMBRE 2022

Merci, Madame la Présidente, de gâcher le Noël des salariés. L’empilement de vos projets ou cadeaux empoisonnés n’apporte qu’inquiétude ou souffrance psychologique. Alors que les fêtes devraient permettre à chacun de souffler, la hotte est pleine ! Et tout en haut de votre liste, ça sent le sapin pour les éditions nationales de France 3… La rédaction nationale est rongée par ce funeste projet qui, aux dires de certains de vos lutins, concernera pas moins de 4000 salariés ! Pour une trêve des confiseurs, la pilule est difficile à avaler. Que vais-je devenir dans ce grand tout appelé Tempo ? La question mine les journalistes et PTA qui n’ont pas besoin de ça. Tous sont déjà épuisés par le management violent, l’augmentation de la charge de travail liée à la baisse endémique des effectifs, la perte de sens à tous les étages. Et le régime sec du point de vue salarial n’arrange rien alors que l’inflation grignote notre pouvoir d’achat. Le mal-être grandit, les médecins du travail qui reçoivent de très nombreux salariés en souffrance, peuvent malheureusement en témoigner.

La suppression des éditions nationales de France 3 constitue un nouveau choc après celle du Soir 3. La cerise sur le cadeau ! Une catastrophe sociale et éditoriale annoncée, un très mauvais livre bien mal emballé. Et vos mages, rois de Tempo qui font le tour des services et des régions en portant une bonne parole à géométrie variable, sont loin de rassurer, bien au contraire. Ici Soir serait peut-être mis en place en septembre 2023 et Ici Midi en septembre 2024. Ou tous les deux verraient le jour en même temps à la rentrée, juste après les vacances d’été ? Le discours change en fonction des interlocuteurs. De quoi perdre le Nord…

Et surtout, vos envoyés très spéciaux n’apportent aucune explication sur la future organisation de la rédaction nationale, sur les effectifs redéployés en régions dans l’encadrement comme sur le terrain. Nous sommes en droit d’attendre clarté et transparence. Mais nous ne croyons pas au Père Noël !
Madame la Présidente, le SNJ pourrait déposer un ouvrage sous votre sapin. Il s’intitulerait, « Tempo, un contresens de l’histoire ». Vous pourriez y apprendre bien des choses, à lire de préférence devant la cheminée. Mais pas trop près, pour éviter de se brûler les ailes… avec la forte mobilisation qui se prépare sur des bases solides. Vous pouvez compter sur ce présent du SNJ et, nous l’espérons, des autres organisations syndicales.

Nous appelons à une mobilisation massive. Oui à une vraie régionalisation mais pas low-cost ! Oui au développement de chaînes régionales de plein exercice, avec les moyens. Un non catégorique au mélange indigeste de l’info de proximité avec l’info nationale et internationale. Tout cela n’apportera que confusion et dissolution de l’identité de nos journaux régionaux, notamment dans les zones rurales.

Pour la nouvelle année, nous espérons enfin voir la lumière, même si l’heure est aux économies, et pas uniquement pour les énergies. La lumière, ce serait de vous voir renoncer au projet Tempo. En faisant le voeu que l’info de service public continue de briller à tous les niveaux, en préservant ce lien de proximité avec les téléspectateurs au travers de l’information régionale. Mais aussi en sauvegardant nos si précieuses éditions nationales de France 3.

Des rendez-vous aux fortes audiences qui sont le fondement du pluralisme et permettent de prendre de la hauteur sur les grandes problématiques nationales et internationales. Et cette exigence, ce n’est pas le 13 heures de France 2, copie de plus en plus conforme de celui de TF1, qui permettra de la satisfaire. Quant au 20 heures de France 2, il va aussi passer les fêtes dans le doute. Bientôt une nouvelle formule, un nouveau plateau, une nouvelle présentatrice ? Halte à la politique du changement permanent !!!

Pour le moment, Madame la Présidente, les salariés ne voient pas le sens de votre politique. Si ce n’est de réduire la masse salariale et d’habiller le tout par une fausse barbe (blanche si possible), teintée de pseudo considérations éditoriales. Tempo, le transfert de plusieurs émissions vers FTV Studio ou Campus qui annonce des déménagements à grande échelle.

Pour Noël, nous vous suggérons de fixer un cap, un vrai, et pourquoi pas, d’offrir une boussole aux salariés qui sont désorientés.

Madame la Présidente, même si les bulles de champagne auront un goût amer cette année, le SNJ vous souhaite de bonnes fêtes. Et vous envoie déjà sa carte de voeux, pour s’opposer de toutes ses forces au projet Tempo.

Paris, le 5 décembre 2022

La direction accélère le Tempo

PRÉALABLE SNJ AU CSE SIEGE DES 23 ET 24 NOVEMBRE 2022

Pas le temps de souffler pour les salariés et pour les organisations syndicales : la direction a décidé de donner un coup d’accélérateur à Tempo. Un CSE central extraordinaire sur ce seul dossier était prévu initialement début décembre et un point à l’ordre du jour du CSE Siège ce même mois. Ce calendrier semble chamboulé pour des raisons d’organisation mais pour autant le rouleau compresseur continue sa route, et tout cela n’est que partie remise ! L’équipe projet sillonne le réseau France 3 pour distiller sa bonne parole et convaincre les salariés d’adhérer à ce big bang de l’info. Et les chiffres tombent : Tempo touchera 4000 salariés de l’entreprise, soit près de la moitié des effectifs de France Télévisions. Mais pas de panique, nous dit-on : tout le monde y trouvera son compte, personne ne sera laissé sur le bord de la route. Et surtout, tous les salariés de la rédaction nationale pourront travailler sur les 13H et les 20H et même avoir le temps de traiter les sujets. Le pire cacherait donc le meilleur ? Quelle arnaque.

En plus, il n’y aura pas, nous assure le nouveau directeur de l’information, une « aristocratie » des ex-France 2 au détriment des ex-France 3. Plus de casting ? Alors qu’il n’existait pas, nous disait-on il y a encore peu ? Nous voilà rassurés… ou pas !

L’argument ultime pour nous convaincre : Tempo serait le seul moyen de préserver France 3, face aux velléités politiques de ceux qui veulent privatiser ou faire disparaître l’audiovisuel public et donc France Télévisions, en cas de victoire en 2027. Le cynisme dans toute sa splendeur. Un argument surprenant et surtout incohérent.

Et caricature de plus, selon la direction, Tempo serait même une opportunité pour tous les salariés du national car nous pourrons tout autant faire du France Info que du « desk » pour les régions, du reportage pour France 2, des papiers sur le web.

Bref, la transversalité et les nouveaux métiers sont au cœur du projet. Il n’y aura plus de spécialité et sans doute une meilleure qualité de vie au travail pendant que nous y sommes ?

Nous disons une nouvelle fois NON, NON et NON à Tempo qui détruira deux éditions historiques de France 3 aux audiences très fortes. Des rendez-vous emblématiques d’une information pluraliste qui seraient ainsi sacrifiés sur l’autel des réductions budgétaires et d’une fausse régionalisation sans ambition et sans moyens supplémentaires ! C’est d’ailleurs ce que les militants du SNJ ont rappelé à l’issue de leur Assemblée Générale annuelle. Journalistes du réseau régional, ultramarin et de la rédaction nationale sont unis contre ce projet.

La présidente a lancé le compte à rebours, un lent supplice dont on mesurera bientôt les dégâts. Mais il sera déjà trop tard, comme pour le projet de transfert des émissions de France Télévisions SA vers France Télévisions Studio.
Nous adressons un message clair à Madame Ernotte. Tempo, ce n’est pas le sens de l’histoire.

Le SNJ se battra jusqu’au bout, pour faire échouer votre projet funeste.

Paris, le 23 novembre 2022

La coupe est pleine !

PRÉALABLE SNJ AU CSE SIÈGE DES 25 ET 26 OCTOBRE 2022

Jusqu’ici, nous n’avions pas réagi au départ de Laurent Guimier et aux nominations qui ont suivi. Un nouveau directeur de l’information, encore un, flanqué d’une coordinatrice éditoriale. Les chaises musicales toujours, pour des projets pas encore définis. Ils ont préféré rencontrer la SDJ de France 2, avant les organisations syndicales. Déjà un premier signe de mépris envers la représentation sociale et en particulier à l’égard de notre organisation syndicale, la première de la profession. Pour le reste, le peu que nous entendons sur la feuille de route ne nous inspire rien de bon. Ou pas grand-chose.

Quel serait le projet de la nouvelle direction de l’info ? Accompagner Tempo, maitriser les ETP voire les réduire, et revoir la ligne éditoriale du 20 heures. Tempo, pour nous, c’est non. Les ETP manquent et les précaires sont en danger. Quant au 20H, le changement passerait par des règlements de comptes et des départs annoncés en coulisses, en particulier celui de la présentatrice de la semaine. L’Elysée ne voudrait pas d’elle, comme nous l’avons écrit il y a quelques mois ? Certains cadres de l’info seraient maintenant prêts à donner satisfaction au pouvoir. Il faut dire que sur France 2, d’aucuns se plaignaient de ne pas avoir eu le Président en plateau. Mais là, deux fois en quinze jours, ça ne dérange personne. On y perd son latin journalistique, éthique et déontologique. Pour clore le chapitre de la nouvelle équipe en place, elle affirme vouloir s’atteler à restaurer la sérénité au sein de la rédaction nationale… où ça craque de partout. Managers en roue libre, cadres protégés, justice interne à deux vitesses, remise en cause du droit du travail, et la liste n’est pas exhaustive…

Nous vous parlions d’un sujet majeur, l’emploi. De ce point de vue, nous attendons bien sûr avec impatience les informations demandées par nos soins depuis des mois concernant les conséquences de la RCC, rupture conventionnelle collective. De nombreux départs à la rédaction et quoi en retour ? Des postes supprimés, ou transférés… Quid des embauches de jeunes journalistes, promises depuis des années ? Que deviendront les CDD historiques, en sursis jusqu’en décembre 2022 ? Et après ? Pourquoi supprimer l’un des postes de rédacteur à Bruxelles tout en expliquant que l’on peut traiter une partie de l’actualité européenne depuis Paris ? Ce poste serait transféré au Siège, mais quelles garanties avons-nous qu’il ne sera pas définitivement rayé de la carte ? Dans le même temps, il serait question de rapatrier l’autre correspondant permanent sur place avant les élections européennes de mai 2024 pour muter à Bruxelles une titulaire en poste à Paris ? Sous couvert de régler une situation individuelle, non seulement la direction crée un problème et en plus réduit les effectifs à un endroit où l’actualité est centrale avec la guerre en Ukraine et la crise énergétique. Un très mauvais signal synonyme de recul de la couverture éditoriale des institutions européennes de la part du service public. En résumé, nous attendons donc de pied ferme ce débat sur l’emploi à la rédaction nationale, tout comme dans les rédactions numériques où le SNJ a déjà porté les revendications des salariés concernés.

Dans cette ambiance lourde, voilà que le projet TEPI revient à la une. Ce projet de transfert de plusieurs émissions produites en interne (« Télématin », « Thalassa », « Faut Pas Rêver » notamment) est combattu depuis plus d’un an par le SNJ et une majorité d’élus du CSE. Il avait été interrompu à la suite de la tentative de suicide d’une salariée de Télématin. La brutalité du projet avait abimé les équipes qui ne voulaient pas du transfert forcé des salariés à France Télévisions Studio. La direction avait cédé sur ce point après s’être trop longtemps obstinée.

Pourtant, alors que nous avons obtenu le principe du volontariat, autrement dit le libre choix entre un transfert ou un détachement, le nouveau projet reste encore à améliorer. Propositions de primes et autres gratifications pour accepter de quitter France Télévisions pour aller à la filiale, et trop d’ambiguïtés sur les conditions sociales ! Notre message est simple : un détachement pour celles et ceux qui ne veulent pas partir vers la filiale, c’est un détachement point barre. Pas une solution transitoire au travers de la signature d’un avenant temporaire.

Cette politique est insupportable, et la présidence ne se rend pas du tout compte qu’il faut arrêter d’empiler les réformes. Déménagements incessants, projet Campus, TEPI, Tempo. On en a assez, à un moment où en plus, les salariés vivent comme tous les citoyens dans un contexte sociétal sombre, avec une inflation galopante qui rogne leur pouvoir d’achat. La mesure d’augmentation générale de 1,2 % à France Télévisions est d’ailleurs perçue comme un affront. L’entreprise est fragile et beaucoup d’entre-nous sont à bout. Que ce message soit enfin entendu !

Paris, le 25 octobre 2022

Marasme et incertitudes dans le réseau

Nous le savons désormais, avec Tempo, il faudra faire en région avec les moyens du bord. Nul besoin d’attendre de prétendus ateliers participatifs et une éventuelle concertation.

Dans les antennes, c’est peu dire que le projet n’enthousiasme pas les personnels. Y compris dans les rangs de l’encadrement où une question simple revient : avec qui ?

L’interrogation est d’autant plus prégnante dans les plus petites antennes qu’un certain nombre d’entre elles réalisent toujours les JT sans chef d’édition, avec un seul OPV, d’autres fonctionnent depuis trop longtemps avec des rédacteurs en chef et des adjoints intérimaires comme c’est le cas à Grenoble depuis maintenant plus de 2 ans.

Dans les Alpes, face à l’impossibilité de trouver un rédacteur en chef, la direction régionale d’AURA fait passer des annonces sur LinkedIn ? Résultat : le dernier rédacteur en chef recruté sur la plateforme a été débarqué au bout de 4 mois.

Partout, la conscience professionnelle des salariés permet la plupart du temps de compenser les carences de la direction et la faiblesse des moyens.

Mais à quel prix ? Un mal-être qui s’accentue avec la sensation du travail pas forcément bien fait par manque de temps, de préparation, de calage, de rigueur de l’encadrement intermédiaire, lui-même sous pression constante.

Le taux d’absentéisme dans le réseau est l’un des révélateurs de ce mal-être.
Alors un autre Tempo est-il possible ? Ne comptez pas en tout cas sur une éventuelle division entre salariés du national et ceux des régions pour faire passer un projet nocif pour l’audiovisuel public.

Un projet dont on entrevoit déjà les conséquences éditoriales pour le réseau : perte d’identité dans les régions, encore moins de proximité et tout cela pour répondre aux économies imposées par le gouvernement, aux désidératas de parlementaires en particulier de certains sénateurs avides d’une fusion France 3 / France Bleu.

Et que dire de cette communication honteuse de la direction régionale de PACA ? Elle laisse entendre que les préconisations des élus et de l’expert ont toutes été entendues avant le déménagement programmé du BRI d’Antibes malgré l’opposition des salariés.

Après s’être révélée incapable de communiquer sur ce projet, la direction régionale vient pondre ce communiqué sur le thème : circulez il n’y a plus rien à voir, sauf peut-être une image d’architecte 3D idyllique. Indigne.

Autre interrogation, nous avons appris qu’un accord a été signé entre France 3 Hauts-de-France et la RTBF avec un échange de contenus.

Pourriez -vous être plus clair avec nous sur cet accord de partenariat pour lequel aucune information n’a circulé préalablement ?

Par ailleurs, le projet d’un espace numérique à France 3 Paris Ile-de-France doit faire l’objet d’une information-consultation en CSE réseau en raison de son opacité. À Rouen, cet espace prévu dans les plans n’a jamais été utilisé pour le web et a été transformé en mini studio JT faute de place dans le studio principal pourtant tout neuf et déjà saturé.

Sur le numérique encore, les alertes se multiplient autour d’un outil qui ne fonctionne pas depuis sa mise en place : Gabari Stream. Des erreurs récurrentes de Player ne permettent pas aux utilisateurs de regarder la vidéo.

Une frustration pour ces derniers et une démoralisation pour les équipes du web déjà fragilisées qui ont le sentiment de travailler pour rien. Une situation qui constitue un RPS de plus dans une liste qui s’allonge de jour en jour.

Paris, le 12 octobre 2022

France Télévisions : le Bateau ivre…

LIMINAIRE SNJ AU CSE RESEAU DU 20 SEPTEMBRE 2022

En arrivant ici, en traversant la Seine nous est revenu à l’esprit ce poème de Rimbaud.

Le Bateau ivre, ce poème épique écrit à l’âge de 16 ans par l’enfant de Charleville Mézières, où se mêlent à la fois, dans un style étourdissant, révolte, dérive et expérimentation.

Une trilogie qui colle parfaitement à l’air du temps de notre navire amiral (j’allais dire du tempo).

Un temps tumultueux où l’on navigue à vue, où les passagers inquiets se demandent quelle est la direction à prendre.

Les alexandrins rimbaldiens décrivent un navire sans maître, chahuté par les flots, à l’image de notre réseau balloté depuis des années entre des récifs et dont l’équipage s’interroge sur les chemins de navigation empruntés par les différents capitaines, plus soucieux de leurs galons que de la destinée de leurs marins si souvent comparés à des soutiers.

Suppression de la redevance, disparition programmée des éditions nationales à l’horizon 2023, moyens et effectifs constants pour le réseau, régionalisation en trompe l’œil… les tempêtes se succèdent, le bateau vacille mais l’orchestre continue à jouer sous la baguette du capitaine Martinetti pour les passagers du réseau sur un mauvais tempo… avec son cortège de fausses notes !

Aujourd’hui la tête de réseau, c’est un peu la cacophonie. Vous savez, cette répétition désagréable de sons de cloches différents destinée à perdre l’auditoire.

Quand Sophie Guillin, directrice du projet tempo, vient en CASAR nous expliquer sa partition, on entend plusieurs musiques à la fois et à l’arrivée on ne comprend toujours pas l’air qu’elle veut nous jouer entre le plan A « c’est le national qui fabriquera », un plan B « le réseau puisera dans un catalogue à sa guise » et le plan C « bof, on verra bien, des ateliers bla bla sont là pour ça ! ».
Au SNJ, nous maintenons le cap. Celui d’une opposition ferme et définitive à ce projet destructeur, tant pour la rédaction nationale que pour les antennes régionales, et ce par tous les moyens.

Nous ne vous laisserons pas faire et nous allons continuer à le faire savoir haut et fort.

En ce qui concerne la santé des salariés, nous vous demandons avec insistance une écoute, un dialogue constant avec les élus en proximité et la mise en place de plans d’actions et de prévention quand c’est nécessaire, et force est de constater que c’est évidemment nécessaire à tous les étages !

On voit la légèreté avec laquelle vous prônez l’utilisation des aviwest avec des câbles défectueux ou trop courts et des fiches préventives moins disantes, ce qui conduit – comme ce fut le cas récemment – à une déclaration d’accident du travail dans le réseau.

Là aussi, monsieur le directeur, vous trouverez le SNJ sur votre chemin pour rappeler le principe du volontariat sur ces outils à rayonnement électromagnétique, comme c’est déjà le cas à la rédaction nationale. Il n’y aura pas pour nous de deux poids deux mesures …

Et puis sur l’absentéisme, vous avez beau vous réfugier derrière le vieillissement des salariés, des études sérieuses menées à l’échelle nationale par notre mutuelle complémentaire WTW démontre que la mauvaise organisation du travail et l’absence de plans d’actions et de prévention génèrent de la souffrance au travail, et donc des arrêts maladie en cascade, dans le public comme dans le privé.

Alors oui aujourd’hui, nous vous demandons de dégager l’horizon, ici et maintenant. De ramener le navire sur le bon cap, celui du dialogue social et de la construction et de renoncer à ce mauvais projet tempo qui n’est – et nous le répétons avec insistance – qu’un cadeau empoisonné pour l’ensemble des salariés de France 3.

Paris, le 20 septembre 2022

Le tempo des contretemps

LIMINAIRE SNJ AU CSE RESEAU DES 30 ET 31 AOÛT 2022

Le projet est assourdissant mais il n’en est même pas fait mention dans l’ordre du jour de ce CSE, comme si toute dissonance était interdite. Et alors qu’un CSE extraordinaire s’est tenu au Siège lundi. Le Tempo n’est pas le même pour tous !

Vous l’appelez « Tempo » et c’est peu de dire qu’il est à contretemps : à contretemps de l’histoire de la construction de l’information sur France 3, à contretemps des audiences, à contretemps d’un pluralisme de l’information à l’intérieur du service public.

Vous nous parlez de « Défi du Temps Réel » ou de « Défi du Temps Long »… de renforcer les éditions nationales alors que vous rayez d’un trait les tranches d’informations de France 3.

Un projet qui apparait déjà comme le moyen de sortir France Info de ses audiences d’estime et de parachever la fusion avec Radio France.

Tout cela sans aucun échange, y compris avec les cadres intermédiaires. Las d’être mis devant le fait de la princesse ou du prince – c’est selon – les salariés de France 3 ne se sentent plus partie prenante et subissent en permanence un manque d’information sur leur avenir. Car il est devenu habituel à France TV de prendre des décisions capitales pour l’avenir de l’entreprise sans aucune concertation avec les salariés et encore moins avec les instances représentatives du personnel perçues davantage comme des chambres d’enregistrement que des lieux de co-construction ou de dialogue.

Nous voulons ici avoir une pensée pour nos consœurs et confrères du siège, qui après avoir subi l’humiliation d’une fusion des services, se voient aujourd’hui « recartographiés », terme employé il y a quelques années par les dirigeants de la Fabrique. On en voit aujourd’hui les conséquences néfastes. La suppression brutale du soir 3 était déjà en soi une décision funeste pour les salariés de la rédaction nationale.

Nous réclamons de la transparence et de la pédagogie sur vos prises de décisions et nous exigeons à minima qu’elles soient dûment argumentées. Nous sommes déjà dans un avenir plus qu’incertain concernant notre financement. Merci de ne pas en rajouter davantage en y répondant par l’effacement de tranches d’information.

Vous pensez écrire et faire un présent à un réseau, toujours en panne de moyens, en jouant les fossoyeurs d’une information nationale qui avait gagné tous ses titres de noblesse et d’indépendance éditoriale depuis des décennies. En fait, il ne s’agit pas d’un cadeau mais d’un gage donné à nos chers gouvernants.

Alors avec cette manière très solitaire, très jupitérienne, d’écrire notre avenir, surtout, ne vous étonnez pas que vos choix ne soient pas compris et que vous ne parvenez pas à nous embarquer. Même les salariés en quête de changements et de nouveauté ont bien compris que cette tranche augmentée se fera sans les moyens nécessaires.

Le projet Tempo est un cadeau empoisonné car, sous couvert de régionalisation ou plutôt de développement des chaînes régionales, un terme qui ne veut plus rien dire d’ailleurs, vous distribuez de la ciguë à la rédaction nationale tout en pensant réserver une sucrerie aux rédactions régionales.

Au nom d’une fusion définitive, vous exécutez d’un trait de plume une info nationale et internationale de qualité qui avait toute sa place dans cet espace réduit qu’on appelle l’audiovisuel public… et avec un « en même temps » très à la mode, vous nous dites ne pas savoir à quoi va ressembler cette nouvelle tranche qui sera à l’antenne dans un an. Une équipe projet ultra resserrée de 5 personnes va porter sur ses épaules l’avenir de l’ensemble des salariés de France 3.

Cette case hautement stratégique financièrement avec ses coupures publicitaires nécessite une audience forte, ce que fournissait le 19/20. La supprimer au bénéfice d’un « projet » inconnu, ne peut qu’inquiéter davantage l’ensemble du personnel. Les bœufs se retrouvent à l’arrière de la charrue, le bon sens aurait souhaité l’inverse.

Ainsi, le projet de régionalisation pour l’information cède la place à ce Tempo.
Mais où se trouve le projet complet linéaire et numérique de la télévision régionale de 2023 ? Ne nous dites pas qu’il s’écrit au fil de l’eau, vous nous l’avez déjà répété depuis 2 ans déjà sans rien voir apparaitre. La « Montée en puissance du Numérique » se fait en mode largo. Les réformes successives avec l’application ICI qui ne trouve toujours pas son public et la désorganisation, voire la démotivation, dans les services du web devraient réellement vous interroger…

Nous espérons que derrière cette annonce se cache une stratégie réfléchie pour notre avenir, d’autant qu’aucune autre entreprise n’arrête aussi brutalement des programmes qui fonctionnent.

Même les chaînes privées soucieuses de leur audience comme à la prunelle de leurs yeux s’en gardent bien. Quand le public se met à singer le privé, c’est souvent pire…

Il s’agit donc bien d’une pure question d’économies de moyens, de principes de vases communicants au profit de France 2, considérée aux étages supérieurs comme la chaîne phare du groupe. Tout tient dans un seul terme, l’économie et les économies de grande échelle.

Dans les dossiers à l’ordre du jour, on relève ça et là « découragement des salariés », « tensions , souffrances », « perte de confiance des salariés envers leur direction »… des constats faits non pas par les élus, mais par les psychologues et les médecins du travail.

Nous attendons des explications claires et précises de la direction du réseau sur ce projet, comme sur le devenir des autres projets en cours. Et surtout les moyens de confiance et de transparence qu’elle entend mettre en œuvre pour cette « co-construction » souhaitée mais qui ne se décrète pas.

Paris, le 30 août 2022

Une si grande éclipse

PREALABLE AU CSE SIEGE DES 12 ET 13 JUILLET 2022

Tempo quel joli nom, pour une si triste nouvelle. Tempo, c’est la vitesse d’exécution d’une œuvre… 14 mois, nous disent les métronomes et leur présidente en chef. En septembre 2023, les éditions nationales de France 3 seront supprimées. 12/13, 19/20 basta cosi !!! 4 ans après la fin du Soir 3, la récidive ! Nos consœurs et confrères du réseau régional récupèrent le créneau pour deux heures d’information locale, régionale, nationale et internationale. Nous n’en savons pas plus sur le reste de la grille, mais sans doute que l’actuelle tranche de 18H30 serait remplacée. Nous verrons plus tard pour ce qui est de l’articulation de ces tranches baptisées « ici midi » et « ici soir ».

Mais revenons au sort réservé aux équipes du Siège toujours sidérées par l’annonce. Il y a encore quelques mois, les directeurs de l’information et de la rédaction nationale évoquaient un nouveau 19/20 national… Pardon ? « Des ateliers seront lancés en septembre  » ! Pardon ? « On a l’idée de faire de la réelle différenciation » ! Voilà le résumé du cynisme de ceux qui nous dirigent. Les patrons du réseau travaillaient en secret de leur coté sur cette disparition des éditions nationales pendant qu’au Siège, on nous faisait croire à un nouveau projet, certes, à minima mais quand même à un nouveau souffle.

Soyons clairs. Le SNJ écrit depuis que la fusion est annoncée que la disparition des éditions de France 3 étaient inscrites dans l’agenda. Mais parfois, on aimerait avoir tort. Une fois de plus, nous avions vu juste, tristement !

Alors maintenant, quel Tempo allons-nous subir ? De ce qui est sorti du CSE Central et de la conférence de rentrée mercredi dernier, la rédaction nationale va être écartelée. Il reste les journaux de France 2, et pour le reste ?

Qui travaillera pour ces éditions-là ? Avez-vous oublié, chers présidente et directeurs, que la fusion des rédactions est passée par là et qu’il n’y a plus de journalistes de France 2 ou de France 3 ? Alors qui choisira d’affecter tel ou telle aux éditions de France 2 et de réduire la mission des autres à du seul desk.

Un nouveau casting au-dessus du casting, qui fait déjà tant de dégâts. Ajoutons à cela des modules sur l’actualité nationale et internationale fabriqués par les journalistes-deskeurs de France Info et envoyés à toutes les régions pour les inclure dans leurs journaux XXL. Une circulation de contenus qui prétend détruire toutes les barrières constituées par les accords d’entreprises à France Télévisions et France Info. Une attaque en règle qui justifiera, sans doute, un arbitrage de la justice.

Et l’emploi dans tout ça ?

Alors que la rupture conventionnelle collective (RCC) vide nos rangs, la présidente n’a visiblement pas l’intention d’embaucher de nouveaux journalistes à la rédaction nationale. 1 heure de moins à produire par jour, 7 jours sur 7, voilà qui va dégager une marge en termes d’effectifs !

Alors, destination les régions sur la base du volontariat ? Des redéploiements, selon la terminologie de nos chers DRH ! Pour qui et dans quelles conditions ? De la pure casse sociale, éditoriale… Et que dire de celles et ceux qui sont en régie, en plateau, au montage, au mixage et tous ceux qui participent activement et avec passion à la fabrication de ces éditions nationales ? 14 mois avant la fin, c’est long ! Un supplice chinois pour les salariés frappés en plein cœur. Mais nous ne resterons pas les bras croisés.

La présidente n’a pas accepté de venir devant les élus du CSE Siège pour évoquer son projet. Le point reste inscrit à l’ordre du jour mais sans les bons interlocuteurs. Au même moment, le directeur de l’information préfère s’exprimer devant la SDJ de France 2, et parlera cet après-midi à la rédaction. C’est son choix, mais contourner les élus de cette façon est tout simplement une faute. On nous rétorque que « c’est seulement une intention stratégique et non un projet défini dans ses moindres détails », et qu’il est encore trop tôt pour venir en parler devant les élus du Siège.

Mais on peut parler à tout le monde en dehors de l’instance… Tout cela est pathétique d’improvisation et laissera des traces, socialement parlant.

Les élus SNJ ont décidé de quitter la séance de ce CSE du mois de juillet pour répondre à cet affront.

C’est le point de départ de notre combat pour défendre les éditions nationales de France 3 et éviter ainsi une si grande éclipse !

Paris, le 12 juillet 2022