Projet TEMPO – Préavis de grève intersyndical déposé

Le 5 juillet dernier, c’est par un communiqué interne que la direction de France Télévisions a annoncé le lancement de la réforme baptisée « Tempo ». Un choc pour des centaines de salariés, car derrière ce nom inoffensif se cache un projet de casse sociale et éditoriale de très grande ampleur, qui frappe France 3 de plein fouet.

Pour lire le préavis intersyndical, veuillez cliquer ci-dessous

CET – Rétroactivité Bridage des jours déposés

Plusieurs salariés nous ont alerté sur l’inquiétude, mêlée de colère pour certains, qu’ils ont éprouvée à l’annonce d’un bridage du CET à 5 jours en 2022. Il s’agit de salariés qui ont déjà déposé plus de 5 jours sur leurs CET, parfois depuis le début de l’année en conformité avec les accords en vigueur dans l’entreprise.

Pour lire la suite du courrier envoyé à la direction, cliquez ci-dessous

CDD à la rédaction nationale : premier recul de la direction

Le SNJ est impatient. À peine après avoir appris que la direction allait sacrifier 5 de nos CDD historiques à la fin du mois de juin et début juillet, nous avons réagi dans un tract intitulé Régime Sec. Aujourd’hui nous avons été reçus par le directeur de l’information qui annonce le maintien des 5 CDD (sur 16 CDD longue durée à la rédaction nationale) jusqu’à la fin de l’année et promet 2 embauches en CDI. C’est en partie ce que nos réclamions mais nous  restons vigilants ! La pression d’une organisation comme la nôtre n’est pas à négliger, malgré un discours anti-syndical primaire, comme toujours ! Si les promesses ne sont pas tenues, nous renouvelons notre soutien aux CDD concernés pour toute procédure possible et imaginable.
Par ailleurs concernant les rediffusions de sujets envisagées durant l’été, la direction affirme revoir sa copie et travaille à la réduction de la durée des éditions.

Paris, le 24 juin 2022

Stop aux sujets mutualisés et aux JT partagés

Mardi 7 décembre, dans le JT soir de Rhône-Alpes, était diffusé un reportage sur la difficulté de trouver des saisonniers dans la station de montagne de Chalmazel dans la Loire. Un sujet d’actualité tourné…par une équipe de France 2 !

C’était la 3ème diffusion de ce reportage dans la région, après le JT d’Auvergne et l’édition locale de Saint Etienne.

Depuis le 1er septembre, 57 reportages faits par une équipe du siège ont été diffusés en Rhône-Alpes (locales comprises), 42 depuis le début de l’année dans les Alpes et 20 en Auvergne ! Pêle-mêle « la hausse du prix des lentilles du Puy », « le blocage du réseau secondaire dans la Loire » ou « le cèpe, star des sous-bois ».

Des reportages qui auraient pu être faits par des équipes de l’une ou l’autre des 3 rédactions ou dont les angles ne correspondent pas aux attentes et aux connaissances de nos téléspectateurs.

Ce qui met en rage les salariés des antennes d’AURA, ce sont les moyens utilisés pour ce sujet à Chalmazel : un jour de tournage, un jour de montage, sans oublier un drone et un boitier 5D Canon. Quand les journalistes de France 3 en région auront-ils le droit d’utiliser ces mêmes outils ?

A ce stade, ce n’est plus un soufflet, c’est une énorme claque ! Une marque de défiance et de non reconnaissance des compétences de ses propres journalistes qui ont pourtant la connaissance de leur territoire, un mot maintes fois mis en avant dans le projet de régionalisation.

Au moins, ces journalistes du siège – dont la qualité des sujets n’est pas en cause – auront-ils eu la satisfaction de voir leurs noms crédités dans nos synthés. Un privilège qui nous est refusé dans les éditions nationales qui reprennent tout ou partie de nos reportages.

Il en va de notre fierté !

Mais lorsqu’on connait les intentions de la nouvelle direction régionale en matière de JT communs, rien n’étonne plus : 3 minutes 50 de sujet sans avoir utilisé un seul journaliste, un OPS ou un monteur, c’est autant de « jours-homme » de gagnés !

La mutualisation à l’excès des reportages, pratiqué depuis longtemps entre Lyon et Grenoble, s’érige désormais en mode de fonctionnement quotidien.
La ligne éditoriale n’existe plus. Ce n’est qu’une ligne vide à remplir dans un conducteur et une ligne comptable à inscrire en moins dans le bilan budgétaire. Nos responsables financiers et de l’activité continuent donc à figurer parmi les meilleurs élèves.

Nos directions, régionales et de réseau, ne feraient-elles pas mieux de défendre nos intérêts en stoppant cette hémorragie programmée d’Equivalent Temps Plein dans le réseau régional qui n’a que trop payé ? Les régions les moins bien dotées participant tout autant que les autres à ce jeu de massacre.
Sujets grandes régions, sujets mutualisés avec France 2, JT communs…mais où cela s’arrêtera-t-il ?

Car les conséquences prévisibles de cette politique de chasse à l’ETP sont à très court terme avec cette baisse d’activité provoquée, un risque de fusion définitive des rédactions et services techniques, la suppression des postes gelés dans le cadre de la Rupture Conventionnelle Collective et des conditions de travail toujours dramatiques pour la santé des salariés. Nous sommes tous concernés : journalistes mais aussi techniciens et même administratifs qui voient disparaitre leurs tâches.

Pour le SNJ, c’est non aux reportages mutualisés et c’est non au JT communs aux 3 antennes d’Auvergne-Rhône-Alpes !

Sur ce dossier comme sur d’autres, les élus du SNJ défendent tout autant les journalistes que les techniciens ou administratifs qui concourent à la fabrication de nos journaux et de nos émissions.

L’avenir de France 3 en régions ne doit pas être décidé par des financiers mais partagé par tous.

Paris, le 9 décembre 2021

Des moyens pour un journalisme de qualité !

Rédactions numériques de France télévisions

L’annonce du dernier gadget gouvernemental, ce 9 novembre 2021, n’est pas pour nous rassurer. Il s’agirait de créer un « grand média numérique de la vie locale », selon les termes de la ministre de la culture.  Autrement dit un site commun aux réseaux France 3 et France Bleu. Quid du pluralisme de l’information ? Quelle place pour la ligne éditoriale et l’indépendance des rédactions ? Quelle hiérarchie de  l’information ? Quels moyens ? Sans aucun doute, ils seront encore prélevés sur ceux déjà indigents des rédactions numériques de France télévisions, au risque de dégrader encore plus les conditions de travail et la santé des salariés.

Une nouvelle confusion pour un projet venu d’en haut sans aucune concertation. Le tout au chapitre du prétendu « web first », qui est LE  projet d’entreprise, selon la présidence de France télévisions.

Web prétexte à économies, web vecteur de conditions de travail dégradée : le virage numérique est en réalité une sortie de route !

Réunis en assemblée générale les 9 et 10 novembre 2021, les adhérents du SNJ ont examiné la réalité du numérique, partout dans l’entreprise.

Le constat est inquiétant :

  • Moyens humains très insuffisants, dans le réseau France 3 et le réseau outre-mer, mais également à la rédaction nationale, où Franceinfo.fr doit toujours faire plus, à moyens constants.
  • Ligne éditoriale parfois floue ou inexistante
  • Injonctions fluctuantes faites aux journalistes sur la manière d’écrire, les mots à employer ou à bannir, les sujets à traiter ou pas
  • Impossibilité d’exercer pleinement la profession de journaliste : il faut alimenter les sites par du desk, au détriment des reportages. Ces derniers ne sont envisageables qu’à la condition de travailler seul, du tournage au montage !
  • Découragement de nombreux journalistes des rédactions numériques : les plus anciens préfèrent « revenir » à la rédaction télé ou radio, les plus jeunes ne voient aucun avenir, tant le décalage entre le discours et la réalité est abyssal.

Le SNJ apporte tout son soutien aux confrères et aux consœurs des rédactions numériques de France télévisions, dont celle de Franceinfo.fr, où les journalistes se mobilisent pour conserver des conditions de travail dignes et maintenir une offre éditoriale à la hauteur du service public.

Nous continuerons notre combat pour la qualité de l’information, l’intégrité de la profession, l’emploi et les conditions de travail.

Paris, le 10 novembre 2021