Des moyens pour un journalisme de qualité !

Rédactions numériques de France télévisions

L’annonce du dernier gadget gouvernemental, ce 9 novembre 2021, n’est pas pour nous rassurer. Il s’agirait de créer un « grand média numérique de la vie locale », selon les termes de la ministre de la culture.  Autrement dit un site commun aux réseaux France 3 et France Bleu. Quid du pluralisme de l’information ? Quelle place pour la ligne éditoriale et l’indépendance des rédactions ? Quelle hiérarchie de  l’information ? Quels moyens ? Sans aucun doute, ils seront encore prélevés sur ceux déjà indigents des rédactions numériques de France télévisions, au risque de dégrader encore plus les conditions de travail et la santé des salariés.

Une nouvelle confusion pour un projet venu d’en haut sans aucune concertation. Le tout au chapitre du prétendu « web first », qui est LE  projet d’entreprise, selon la présidence de France télévisions.

Web prétexte à économies, web vecteur de conditions de travail dégradée : le virage numérique est en réalité une sortie de route !

Réunis en assemblée générale les 9 et 10 novembre 2021, les adhérents du SNJ ont examiné la réalité du numérique, partout dans l’entreprise.

Le constat est inquiétant :

  • Moyens humains très insuffisants, dans le réseau France 3 et le réseau outre-mer, mais également à la rédaction nationale, où Franceinfo.fr doit toujours faire plus, à moyens constants.
  • Ligne éditoriale parfois floue ou inexistante
  • Injonctions fluctuantes faites aux journalistes sur la manière d’écrire, les mots à employer ou à bannir, les sujets à traiter ou pas
  • Impossibilité d’exercer pleinement la profession de journaliste : il faut alimenter les sites par du desk, au détriment des reportages. Ces derniers ne sont envisageables qu’à la condition de travailler seul, du tournage au montage !
  • Découragement de nombreux journalistes des rédactions numériques : les plus anciens préfèrent « revenir » à la rédaction télé ou radio, les plus jeunes ne voient aucun avenir, tant le décalage entre le discours et la réalité est abyssal.

Le SNJ apporte tout son soutien aux confrères et aux consœurs des rédactions numériques de France télévisions, dont celle de Franceinfo.fr, où les journalistes se mobilisent pour conserver des conditions de travail dignes et maintenir une offre éditoriale à la hauteur du service public.

Nous continuerons notre combat pour la qualité de l’information, l’intégrité de la profession, l’emploi et les conditions de travail.

Paris, le 10 novembre 2021

Une journaliste bousculée en plein tournage

MAUVAISE SCENE AU FESTIVAL LUMIERE DE LYON

Jeudi 14 Octobre, une journaliste reporteure d’images de la rédaction de Lyon, qui couvrait le Festival cinématographique Lumière, a été agressée sur la voie publique.

Des anti-presse ? Point du tout ! Il ne s’agissait rien de moins que le directeur du Festival, par ailleurs délégué général du Festival de Cannes.

La scène a lieu dans la rue, rue du Premier Film, alors que les journalistes attendaient l’arrivée du Prix Lumière 2021 : Jane Campion.

Le directeur, soi-disant « gêné » par la petite lampe d’appoint, s’est précipité vers notre consœur, et a donné un grand coup sur la caméra, qui était en train de tourner.

Une réaction hors de contrôle, bien éloignée de la maitrise de soi et de l’élégance qu’on peut attendre d’un professionnel du monde du cinéma, habitué à fréquenter les grands du 7e Art. Qui plus est dirigée contre une femme. Notre collègue, choquée, a eu beaucoup de mal à continuer son travail.

La scène a été filmée et diffusée dans le JT du lendemain pour dénoncer ce geste violent dont à aucun moment l’auteur ne s’est excusé.

Très vite, le rédacteur en chef de Lyon et la directrice régionale ont tenté de joindre l’intéressé pour protester contre cette attitude. Recevant en retour une réponse déniant toute responsabilité et même accusatoire.

Mais au-delà, quel silence assourdissant de la part de la direction du réseau et de celle de l’entreprise !

Quel manque de considération pour cette consœur, unanimement reconnue pour son professionnalisme toujours exercé dans une grande discrétion et qui ne faisait que son travail !

Est-ce à cause du carnet d’adresses bien rempli du directeur du festival dans lequel figureraient les noms des plus hauts responsables de France Télévisions ?

Loin de vouloir s’excuser de son comportement, l’auteur de ce geste violent menace désormais d’attaquer en diffamation ceux qui osent le dénoncer !

Les journalistes et les techniciens de l’antenne lyonnaise soutiennent leur collègue et sont indignés du traitement de cette affaire par l’entreprise.

Leurs délégués syndicaux et les représentants de proximité demandent à la direction de France Télévisions d’intervenir fermement publiquement, comme ils ont l’habitude de le faire pour d’autres agressions d’équipes de reportages.

Etre gêné par une petite lumière au festival du même nom pourrait prêter à rire : une sorte d’ « Arroseur Arrosé » (film de Louis Lumière de 1895 !).

Mais quand on se présente comme l’héritier des inventeurs du cinéma, de tels comportements sont inexcusables.

Lyon, le 19 octobre 2021

Grève à France 3 Alpes le 12 octobre : un moment historique !

Ce mardi 12 octobre, la mobilisation est massive et sans appel, aussi bien chez les techniciens que chez les journalistes : 70 % de grévistes !

Techniciens vidéo, scriptes, OPS, monteurs : 100 % de grévistes !

La directrice régionale AURA, Isabelle Staes, vient d’annoncer son départ.

Les salariés des Alpes interpellent donc Mr Martinetti, Directeur du réseau France 3, et lui demandent de s’asseoir à la table des négociations.

Paris, le 12 octobre 2021

Transfert de salariés : Danger Grave et Imminent

Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Voilà comment nous qualifions la situation de blocage dans laquelle la direction s’est installée dans le dossier des transferts de salariés de France Télévisions SA vers France Télévisions studio.

Mercredi 6 octobre, à la demande de la CSSCT (Commission santé, sécurité et conditions de travail) sous la houlette du secrétaire du Comité social et économique, nous étions réunis en CSE extraordinaire pour une alerte DGI (danger grave et imminent).

Une alerte pour interpeller en urgence la direction sur les risques psychologiques qui pèsent sur les femmes et les hommes concernés par ce transfert (plus de 80 salariés). La direction dit ne pas nier les témoignages que les élus ont produit en séance, mais pour autant propose un plan d’accompagnement inadapté !

Le souci n’est pas un manque de soutien psychologique, c’est bien le projet lui-même qui est nocif. Des témoignages validés par la médecine du travail en séance, ce qui est imparable pour la direction si elle était tentée de nier les propos des élus.

Le SNJ réitère donc sa demande claire et cohérente depuis le début. Ce projet doit être arrêté immédiatement ! De plus, les garanties données aux salariés et que la direction a communiquées par courrier individuel sont des garanties en trompe l’œil, car rien n’est dit quant à leur avenir si les émissions sont supprimées. Rien n’est dit non plus sur le régime appliqué en cas de licenciement !

Les élus du CSE siège, soutenus par le SNJ, la CGT, l’UNSA et la CFDT ont voté une résolution qui donne mandat au secrétaire du CSE pour qu’une enquête soit réalisée auprès des personnels en souffrance avec l’appui de psychologues indépendants. Le syndicat Force Ouvrière s’est abstenu, choisissant la voie de la négociation avec la direction, validant en quelque sorte le transfert.

La direction doit préserver la santé de ses salariés et mener toutes les actions nécessaires pour les protéger. Ce n’est pas le cas ici en maintenant ce projet, elle met clairement en danger des personnes qui se disent trahies, qui ont perdu toute confiance après avoir tant donné à l’entreprise ! Des détresses que vos élus SNJ ne laisseront pas dériver encore plus longtemps.

Paris, le 8 octobre 2021