Le SNJ, la CFDT et FO se félicitent de la signature de l’accord intéressement

L’été dernier, la négociation engagée sur l’idée d’un intéressement à France TV aboutissait à la conclusion d’un accord pluriannuel entre la Direction et 3 organisations syndicales – CFDT, FO et SNJ – sur les exercices 2020, 2021 et 2022. Le 28 août dernier, l’entreprise s’engageait ainsi à verser une prime à l’ensemble des salariés pour un total pouvant s’élever jusqu’à 6 millions d’euros pour chaque résultat d’exploitation consolidé bénéficiaire.

Outre l’existence de ce résultat bénéficiaire, 3 autres critères devaient être respectés :

  • un objectif lié à la maîtrise de la masse salariale ;
  •  un objectif d’audiences, relatif à la couverture hebdomadaire 4 écrans ;
  •  et un objectif lié à la réduction des émissions des gaz à effet de serre.

Pour cet exercice 2020, si particulier, nous redoutions un déficit, annihilant tout espoir de percevoir un intéressement. C’est donc une bonne nouvelle inattendue qui a été confirmée lors du dernier conseil d’administration, validant ce résultat.

L’intéressement devrait être versé en mai. 

Par ailleurs, un dispositif de plan d’épargne entreprise (PEE) et de plan d’épargne retraite d’entreprise (PERCOL) est en cours de négociation, afin de permettre à chaque salarié de choisir un mode de placement qui lui convient (ou pas). 

Durant cette négociation, la direction a proposé un abondement des dépôts sur ce PERCOL (l’équivalent d’un jour offert par l’entreprise pour 4 jours déposés), mais a proposé en contrepartie de limiter le nombre de jours que les salariés peuvent déposer dans leur CET.

Pour les organisations syndicales, on ne doit pas toucher au chiffre des 22 jours maximum par an d’alimentation du CET, car cela permet à tous les salariés de réaliser un projet personnel.

Il faut que le salarié soit libre de pouvoir choisir entre accepter un abondement en contrepartie de la réduction de l’alimentation de son CET à 5 jours par an ou garder le fonctionnement actuel du CET.

La direction doit nous proposer prochainement une date de réunion pour négocier sur ce thème.

Paris, le 1er avril 2021

Direction de l’information – Démocratie en chantiers

« Démocratie » : c’est le nom du grand projet présenté hier par le directeur de l’information, Laurent Guimier, aux organisations syndicales du siège.

Un projet qui définit l’évolution de l’information nationale sur France Télévisions pour les années à venir, sans échéance définie, ni objectif chiffré, mais avec un postulat :

« Nous sommes la plateforme d’information de la démocratie ».

Le projet se décline en 4 grands thèmes :

  1. Dynamiser nos rendez-vous et nos contenus
  2. Reprendre un temps d’avance
  3. Unir toutes les forces de l’info
  4. Ouvrir nos rédactions

A l’intérieur de ces thèmes, 17 projets éditoriaux. Entre autres, la direction veut :

  • redéfinir le cahier des charges de nos contenus ;
  • garantir une meilleure transparence de nos sources (sans remettre en cause leur protection) ;
  • créer une cellule de vérification des images et de fact-checking ;
  • consolider l’alliance entre l’information nationale et les deux réseaux France 3 et des 1ères ;
  • constituer un vivier de talents qui nous mettra au diapason de la société (une expression pour parler de diversité ?) ;
  • coordonner la production des matinales (Télématin et France info).

Des grandes ambitions donc, et certains constats que nous pouvons partager.

Mais ce projet ne peut être hors sol.

Pour arriver à le mener à bien, alors qu’une élection présidentielle se profile, il faut être réaliste. Et la réalité du moment, c’est que nos rédactions croulent sous des problèmes qu’il faut régler en urgence avant de se lancer dans un chantier pharaonique.

La fusion des rédactions nationales, étalée sur près de 8 ans entre son annonce et sa conclusion, a généré des tensions, des inéquités, des discriminations, de nombreux problèmes éditoriaux. S’y ajoutent depuis plusieurs mois de nouvelles difficultés liées aux restrictions budgétaires.

Comment embarquer tout le monde dans un projet quand, au quotidien, beaucoup se sentent oubliés, déclassés, déprofessionnalisés, dans des services à plusieurs vitesses ?

Depuis des années, nous constatons et dénonçons les effets délétères de la fusion. Ce bilan alarmant se heurte à l’indifférence, voire au déni de certains… Le directeur de l’information affirme vouloir aujourd’hui donner un sens à la fusion. Il est grand temps, presque trop tard…

Concernant son projet, le directeur de l’information veut faire le point régulièrement avec les organisations syndicales sur l’avancée des travaux. Le SNJ y est favorable. Pas dans un objectif affiché de cogestion, mais dans une volonté permanente et quotidienne de dire ce qu’est la réalité de notre rédaction nationale.

Le lendemain, nous avons dit la même chose au nouveau directeur de la rédaction nationale, Michel Dumoret. Nous jugerons tout cela sur pièces en exigeant que cette équipe, en partie nouvelle, se départisse des mauvaises pratiques que nous dénonçons depuis si longtemps. Et c’est non négociable.

Paris, le 24 mars 2021

Démocratie en chantiers

« Démocratie » : c’est le nom du grand projet présenté hier par le directeur de l’information, Laurent Guimier, aux organisations syndicales du siège.

Un projet qui définit l’évolution de l’information nationale sur France Télévisions pour les années à venir, sans échéance définie, ni objectif chiffré, mais avec un postulat : « Nous sommes la plateforme d’information de la démocratie ».

Le projet se décline en 4 grands thèmes :

  1. Dynamiser nos rendez-vous et nos contenus
  2. Reprendre un temps d’avance
  3. Unir toutes les forces de l’info
  4. Ouvrir nos rédactions

A l’intérieur de ces thèmes, 17 projets éditoriaux. Entre autres, la direction veut :

  • redéfinir le cahier des charges de nos contenus ;
  • garantir une meilleure transparence de nos sources (sans remettre en cause leur protection) ;
  • créer une cellule de vérification des images et de fact-checking ;
  • consolider l’alliance entre l’information nationale et les deux réseaux France 3 et des 1ères ;
  • constituer un vivier de talents qui nous mettra au diapason de la société (une expression pour parler de diversité ?) ;
  • coordonner la production des matinales (Télématin et France info).

Des grandes ambitions donc, et certains constats que nous pouvons partager.

Mais ce projet ne peut être hors sol.

Pour arriver à le mener à bien, alors qu’une élection présidentielle se profile, il faut être réaliste. Et la réalité du moment, c’est que nos rédactions croulent sous des problèmes qu’il faut régler en urgence avant de se lancer dans un chantier pharaonique.

La fusion des rédactions nationales, étalée sur près de 8 ans entre son annonce et sa conclusion, a généré des tensions, des inéquités, des discriminations, de nombreux problèmes éditoriaux. S’y ajoutent depuis plusieurs mois de nouvelles difficultés liées aux restrictions budgétaires.

Comment embarquer tout le monde dans un projet quand, au quotidien, beaucoup se sentent oubliés, déclassés, déprofessionnalisés, dans des services à plusieurs vitesses ?

Depuis des années, nous constatons et dénonçons les effets délétères de la fusion. Ce bilan alarmant se heurte à l’indifférence, voire au déni de certains… Le directeur de l’information affirme vouloir aujourd’hui donner un sens à la fusion. Il est grand temps, presque trop tard…

Concernant son projet, le directeur de l’information veut faire le point régulièrement avec les organisations syndicales sur l’avancée des travaux. Le SNJ y est favorable. Pas dans un objectif affiché de cogestion, mais dans une volonté permanente et quotidienne de dire ce qu’est la réalité de notre rédaction nationale.

Le lendemain, nous avons dit la même chose au nouveau directeur de la rédaction nationale, Michel Dumoret. Nous jugerons tout cela sur pièces en exigeant que cette équipe, en partie nouvelle, se départisse des mauvaises pratiques que nous dénonçons depuis si longtemps. Et c’est non négociable.

Paris, le 24 mars 2021

Le SNJ signe l’accord sur le télétravail, avec des réserves

Le télétravail, imposé depuis le début de la pandémie, va rester une pratique courante en temps normal. Il est donc nécessaire de l’encadrer. Le SNJ a choisi de signer l’accord proposé par la direction. Toutefois, nous serons vigilants quant au respect des droits des salariés, et nous proposerons d’améliorer le dispositif dès qu’un premier bilan sera effectué. 

Cet accord était très attendu par de nombreux salariés, pour qui un peu de télétravail permet un meilleur équilibre personnel : pas de perte de temps dans les transports et possibilité de mieux gérer son temps de travail.

Il sera donc possible pour chaque salarié de solliciter un avenant « télétravail » à son contrat, sous réserve du feu vert de sa hiérarchie. 

Dès le préambule de l’accord, des engagements importants sont rappelés :

– « la mise en place du télétravail résulte d’un choix du salarié » ;

– « le télétravail n’aura pas de conséquences sur l’aménagement des locaux (…) France Télévisions ne lie pas télétravail et diminution des bureaux attribués ».

Tout au long de la négociation, qui s’est étalée sur plusieurs mois, la direction n’a cessé de vanter un mode d’organisation du travail qui constituerait une nouvelle forme de liberté pour les salariés. Pourtant, l’accord signé comporte des failles, que le SNJ a relevées pendant la négociation :

– Après une demande de télétravail d’un salarié volontaire, les recours en cas de désaccord avec la hiérarchie sont insuffisants. Les syndicats se sont tous inquiétés de possibles disparités dans la gestion du télétravail. 

– Le nombre de jours maximum de télétravail (environ 100 jours par an) est plus élevé que nos préconisations. Pour le SNJ, il ne fallait pas dépasser 2 jours par semaine, voire moins pour les salariés en temps partiel. De plus, la possibilité de longues périodes, intégralement en télétravail, est un facteur de risques pour la santé des salariés et la cohésion des collectifs de travail.

– Le montant des indemnisations (240€ maximum par an) est trop faible. Même s’il est plafonné par des dispositions fiscales, il aurait été nécessaire de prévoir des indemnisations supplémentaires, liées à des achats de matériel (siège ergonomique, etc.).

– Les dispositions prévues, en cas de télétravail imposé en temps de crise, sont trop floues.

– Enfin, le SNJ a demandé que la négociation intègre la recherche de solutions alternatives aux rédactions en open space. Bruyant, stressant, fatigant, l’open space est aussi un facteur de risques en cas de pandémie. La direction a refusé cette demande.

Le SNJ a néanmoins décidé de signer l’accord télétravail. Nous entendons ainsi surveiller son application dans les rédactions et les services, peser dans les commissions de suivi, et faire évoluer ce texte, par avenant si nécessaire.

En effet, le travail imposé à domicile depuis la crise sanitaire a révélé des défaillances de l’entreprise, en particulier au regard de son obligation de santé et de sécurité. Des salariés ont été délaissés ou oubliés, ou au contraire submergés de demandes de la hiérarchie, sans aucun respect du temps de travail et du droit à la déconnexion.

Nous avons également identifié des dysfonctionnements, toujours en cours, dans l’organisation du travail des journalistes.

Selon les termes de notre accord collectif d’entreprise, « la conférence de rédaction est le lieu du débat éditorial ». Tous les journalistes doivent pouvoir y accéder, au besoin par audio ou visioconférence. Or, dans certaines antennes, cette obligation n’est pas respectée, comme elle n’est pas toujours respectée à la rédaction nationale.

Le SNJ invite les salariés à bien peser l’intérêt du télétravail avant de signer un avenant à leur contrat de travail. Notre syndicat se tient à leur disposition pour agir immédiatement si des dérives et des atteintes à leurs droits devaient apparaître.

Paris, le 23 mars 2021

Cyber-harcèlement, soutien à notre consœur de France Télévisions

Le Syndicat National des Journalistes, première organisation de la profession, apporte tout son soutien à notre consœur Claire Koç, reporter à France Télévisions, victime de cyber-harcèlement et de nombreuses menaces sur internet.

La publication de son ouvrage « Claire, le prénom de la honte » (où elle parle notam-ment de ses origines turques et de son parcours pour devenir française) est pris pour prétexte par des extrémistes pro-Erdogan pour se livrer à un cyber-harcèlement organisé.

Le SNJ dénonce fermement ces pratiques inacceptables, attentatoires à la liberté d’expression, qui touchent hélas de plus en plus de journalistes. A plusieurs reprises, ces dernières années, le SNJ a dû accompagner des consœurs et confrères devant les tribunaux.

A France Télévisions, après avoir assuré Claire Koç de notre soutien total, nous avons effectué un signalement auprès de la cellule « lutte contre le cyber-harcèlement » de France Télévisions. Notre consœur a également déposé plusieurs plaintes. Le SNJ demande à la direction de France Télévisions de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection de notre collègue.

Il est urgent de mettre fin à ces agissements, et de protéger les victimes de ce fléau qu’est le cyber-harcèlement.

Paris, le 22 mars 2021

Les JRI au bord du burn-out

Lettre ouverte à Michel Dumoret, directeur de la rédaction nationale

De retour dans une rédaction que tu connais, mais à un poste-clé, tu vas désormais mettre en œuvre le projet “Démocratie” annoncé par Laurent Guimier.

Bien que les contours de ce projet soient encore un peu flous, les reporteurs d’images te demandent de le réussir avec eux.

Aujourd’hui, beaucoup de ces journalistes sont en souffrance, noyés dans le plus grand service de la rédaction. Ils ne se reconnaissent plus dans les méthodes de travail ni dans la façon dont ils sont “gérés”.

D’un métier-passion dans une entreprise qui faisait rêver, ils sont devenus des numéros dans un monde de “prestataires de services”.

Au cœur de la rédaction, mais en même temps tout au bout de la chaîne de production éditoriale, ce collectif subit avant tout les méthodes de travail et les dérives imposées par la hiérarchie.

Des tournages en kit, ces “éléments” qui déresponsabilisent également nos confrères rédacteurs, jusqu’aux fameux micros-trottoirs, qui font office de ligne éditoriale, on ne dressera pas ici la liste des points qui fâchent. Qui mettent à mal le professionnalisme de tous : Jri, rédacteurs, monteurs, preneurs de son…

Mais on ne peut occulter un symbole, important au quotidien : la façon dont on est tenus à l’écart de notre propre activité. Plus aucune visibilité en effet sur les tournages passés, en cours et à venir, comme avec feu le logiciel Astérix. Son remplaçant, lui, n’est consultable que par l’encadrement. Suite à plusieurs demandes et à une pétition, on nous a pourtant promis le retour de ces fonctionnalités… d’ici quelques mois. Pourtant il est clair que l’on cherche à nous berner. Qui pourrait croire qu’un délai aussi long est nécessaire ? Il ne s’agit tout de même pas de revoir un logiciel conçu pour faire redécoller des Boeing !!

Mais c’est aussi et surtout au sein même du service que le bât blesse.

Certes, diriger un groupe d’une centaine de collaborateurs n’est pas aisé. Avec Info 2015 c’est pourtant l’entreprise qui a créé ce mastodonte, sans dimension humaine. Et elle en est responsable.

Si la direction a concrétisé l’objectif de la fusion des deux services Jri F2 et F3, elle a clairement échoué sur le plus important : créer un collectif de travail, motivé et serein. Aujourd’hui, ce service fusionné n’est qu’une illusion. Il est en réalité divisé et fonctionne à plusieurs vitesses.

Il y a ceux qui font de l’actu et ceux qui tournent des magazines. Il y a ceux qui partent régulièrement sur les missions les plus valorisantes. Et les autres, la grande majorité, cantonnés à Paris, qui partent de temps en temps. Et il y a ceux qui ne partent jamais.

Et il y a les “vieux ». Mis sur la touche après avoir tant donné aux rédactions et aux téléspectateurs. Ils pourraient encore apporter beaucoup. Et il y a les “jeunes” qui, entre deux missions, et avant de repartir, aimeraient qu’on débriefe un peu leur travail. Qu’on s’intéresse à leur progression.

Maintenant, il faut savoir écouter les demandes et les alertes, lancées par les Jri depuis des mois, des années.

Promouvoir les talents de chacun pour retrouver du plaisir et de la fierté à exercer son métier, derrière la caméra.

Il faut aussi que l’encadrement du service aille au-delà de la gestion des plannings et des Rtt. Qu’il assume et justifie pleinement ses fonctions éditoriales, à égalité avec les cadres des éditions et des services.

Redonner du sens à notre métier et de la valeur aux informations que nous apportons à des millions de téléspectateurs, remettre le reportage et l’image au cœur des JT, traiter les salariés avec équité et considération, c’est la direction que nous souhaitons te voir prendre.

Paris le 16 mars 2021

L’indépendance à géométrie variable

Ces derniers jours dans la presse, le service politique de la rédaction nationale est à l’honneur… La nomination d’un nouveau rédacteur en chef du service serait le signe d’une reprise en mains de Jupiter, alias Emmanuel Macron. La belle affaire !

Le SNJ n’est pas dupe de ce genre d’articles, qui n’est qu’un procès d’intention concernant l’un des journalistes du groupe et surtout un règlement de comptes qui vient de l’intérieur. Pas du ministère non, mais de la rédaction !

Si à la lumière de faits, de signes clairs, nous constatons que cette nomination est un geste en direction de l’Elysée, nous ne manquerons pas de le dénoncer, avec d’autres sans doute, car notre indépendance n’a pas de prix.

Mais là, la ficelle est trop grosse ! Cet article téléguidé n’a qu’un seul sens, celui de la politique de la terre brûlée pour cacher les défaillances du management dans ce service. Casting exacerbé, mises à l’écart de certains ex-France 3, discrimination par l’âge, discrimination syndicale, errements éditoriaux, pluralisme mis à mal ! Les problèmes sont ceux-là, et ajoutons-y une application de la fusion à trois vitesses ! Alors c’est certes moins glamour qu’un procès politique, mais c’est tout autant dévastateur, surtout pour les victimes de ces pratiques condamnables.

Mais au-delà de cette manipulation déplacée, il est intolérable d’imaginer que les journalistes du service politique pourraient être menés à la baguette, au service du chef de l’Etat. Le SNJ défend le collectif et son indépendance, même s’il est ostracisé par une partie de l’encadrement. La rancune n’est pas dans notre vocabulaire.

Nous serons tous vigilants quant au traitement de l’information tout au long de la campagne présidentielle, sur nos antennes, dans nos éditions. Les donneurs de leçons d’un jour devraient se remettre en question et défendre au quotidien cette chère indépendance !

Paris, le 15 mars 2021

Tournages avec des smartphones : le SNJ ne signera pas l’accord sur les « UTS »

Le SNJ ne signera pas l’accord portant sur l’extension de l’utilisation des smartphones en reportage à tout France télévisions. Le bilan de l’utilisation de cet outil, en place dans certaines rédactions, n’est pas satisfaisant. Il a parfois entraîné de fortes dégradations des conditions de travail. La situation ne pourra qu’empirer avec la volonté de la direction de réduire les équipes de reportage à un seul journaliste.

Le SNJ est favorable à certaines évolutions professionnelles et techniques (notre syndicat est d’ailleurs signataire d’accords « compétences complémentaires » depuis plus de quinze ans), mais pas à n’importe quel prix.

Nous avions signé un premier accord expérimental sur l’utilisation des  UTS, les unités de tournage avec smartphone, en Nouvelle-Aquitaine, dans la foulée de la naissance de la chaîne NoA. L’accord prévoyait alors les dispositions protectrices suivantes :

– Une équipe de reportage est constituée au minimum de deux journalistes, comme stipulé par l’accord collectif France TV. Le tournage seul est impossible, sauf par des journalistes à compétences complémentaires, JRI ou rédacteurs, dans des circonstances particulières liées à l’urgence de l’actualité ;

– Ce sont les journalistes qui décident d’utiliser ou pas un smartphone, sur la base du volontariat et selon les besoins du reportage ;

-L’utilisation de l’UTS est réservée aux seuls professionnels de l’image (JRI et OPV) ;

Malgré ces dispositions, le bilan de l’expérimentation est mitigé. Quand la direction évoque un outil « agile », nous voyons de nombreux problèmes.

L’UTS reste un matériel perfectible : image médiocre en faible lumière, difficultés pour cadrer correctement en plein soleil, impossibilité de zoomer, prise de son peu performante, choix des applis de tournage trop restreint.

Or, au regard des parcs cameras, qui sont limités, et des besoins croissants en images, les JRI risquent de se voir rapidement imposer l’UTS au détriment d’une caméra, le volontariat devenant illusoire.

Tout au long de la négociation, le SNJ a insisté pour faire inscrire dans le texte l’obligation d’une équipe de reportage constituée au minimum de deux journalistes. La direction a refusé, révélant son intention d’imposer le travail seul.

D’ailleurs, son projet de régionalisation et de 18h30 « low cost » de France 3 vont dans ce sens.

Malgré une grève de près de deux semaines, à l’appel du SNJ, de SUD et de la CGT, la direction a martelé son refus d’attribuer des moyens supplémentaires aux régions. Elle parle uniquement de gains de productivité. Il est question de redéploiements de salariés, de nouveaux métiers et « d’unités de compétences complémentaires »… c’est-à-dire de la casse du journalisme et d’autres métiers.

Enfin, la direction a inscrit dans son projet d’accord l’ouverture d’une nouvelle négociation, afin d’étendre l’utilisation des UTS à d’autres salariés.

Considérer que le simple fait d’avoir un téléphone « agile » fait de vous un JRI ou un OPV n’est que pure démagogie. Le SNJ ne cesse de le répéter : le journalisme n’est pas une compétence complémentaire.

Au-delà de l’outil, c’est bien une ligne éditoriale que la direction veut imposer aux journalistes : faire des directs en mode « selfie » à moindre coût et avec une équipe réduite à son strict minimum.

Nous refusons la dégradation de la qualité de l’information de service public et de nos conditions de travail.

Paris, le 10 mars 2021

Les journalistes ne sont pas aux ordres de la préfecture ou du gouvernement !

TRACT INTERSYNDICAL CGT SNJ SUD

Nous ne sommes ni en Pologne ni en Hongrie. Nous sommes en France. Mais en France aussi le pouvoir s’arroge le droit de rappeler à l’ordre la télévision de service public.

Généralement, les reproches et les injonctions s’opèrent de manière feutrée, sans heurts, avec la persuasion de la communication « positive ». Pas en Haute-Saône où l’on a préféré travailler, pourrait-on dire, à l’ancienne.

Ce qui s’est passé le 19 février en Franche-Comté fleure bon les années 60 et l’époque où les conducteurs de JT étaient validés par la préfecture.

Ce jour-là, le ministre de l’économie et des finances Bruno Le Maire devait notamment visiter l’entreprise Crossject d’Arc-lès-Gray. Un déplacement express, décidé au dernier moment, et dont la préfecture de Haute-Saône ne veut pas révéler le contenu aux rédactions.

Impossible d’obtenir des précisions, mais le ministère et son relais préfectoral ont décidé que Bruno le Maire serait en direct dans l’édition de la mi-journée de France 3 Franche-Comté.

Devant le peu d’empressement de la station de Besançon à répondre, la préfecture change de ton la veille de la visite ministérielle. Elle avertit cette fois des journalistes du bureau de Vesoul qu’elle pourrait bien s’opposer au tournage en cours d’un magazine avec les gendarmes du département, si une équipe n’était pas dépêchée le lendemain.

Le 19 février, les spectateurs découvrent donc Bruno Lemaire en direct dans le journal. Un choix éditorial, selon la rédaction en chef. Nous ne contestons pas cette décision, mais cela n’excuse en rien le chantage exercé par la préfecture de Haute-Saône.

Demander un reportage est une chose, menacer d’interrompre un tournage pour l’obtenir, c’est grave.

Les syndicats CGT, SUD et SNJ de France 3 entendent rappeler que nous ne sommes pas des valets de la préfecture. La pression exercée sur la rédaction de France 3 Franche-Comté relève d’une autre époque, celle où stagnent visiblement les responsables de cette affaire, qui ont si peu conscience de la notion de liberté de la presse qu’ils en ont même oublié d’être discrets.

Nous attendons également de notre direction régionale qu’elle rappelle à la préfecture de Haute-Saône le respect dû au travail des journalistes et à leur indépendance.

Besançon, le 1er mars 2021